- il y a 50 minutes
- #sudradio
Avec Jean-Pierre Colombiès (ancien commandant de police, auteur de « La face obscure de la police aux éditions Max Milo
Retrouvez La France dans tous ses états du lundi au vendredi de 12h à 14h sur #SudRadio.
---
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry
———————————————————————
▶️ Suivez le direct : https://dai.ly/x8jqxru
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
———————————————————————
🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100063607629498
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————
☀️ Et pour plus de vidéos de Bercoff dans tous ses états : https://www.youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDQe5oKZlhHutOQlGCq7EVU4
##LE_FACE_A_FACE-2026-09-16##
Retrouvez La France dans tous ses états du lundi au vendredi de 12h à 14h sur #SudRadio.
---
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry
———————————————————————
▶️ Suivez le direct : https://dai.ly/x8jqxru
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
———————————————————————
🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100063607629498
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradioofficiel/
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————
☀️ Et pour plus de vidéos de Bercoff dans tous ses états : https://www.youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDQe5oKZlhHutOQlGCq7EVU4
##LE_FACE_A_FACE-2026-09-16##
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:01Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face-à-face.
00:27Sous-titrage Société Radio-Canada
00:37Je suis chargé ma chère Anissa et nous recevons sur un sujet épineux qui est celui de la police française
00:43que nous respectons, que nous vénérons quelques fois parce que ce sont des fonctionnaires extrêmement méritants et sans police il
00:51n'y a pas de démocratie.
00:52Alors il y a des polices qui peuvent être totalitaires, on a vu de tout, un flic c'est un
00:55flic, mais les grandes démocraties se sont toujours honorées d'avoir de grandes polices et quand les états lâchent la
01:01police, je pense à 58, en général le régime s'affaiblit.
01:05Voilà, on reçoit une figure qui est Jean-Pierre Colombiez, qui est un habitué de la maison, qui a écrit
01:11un livre sans ménagement, la face...
01:16Obscure de la police.
01:19C'est paru en mai quand j'ai lu le livre à l'époque, je me suis dit mais comme
01:22il y va fort, et je disais que évidemment ça fait des grincements chez certains policiers, mais en privé ils
01:28reconnaissent qu'il était nécessaire de dire ce que vous avez dit Jean-Pierre Colombiez, justement pour défendre cette institution.
01:33Le courage c'est de reconnaître qu'il peut y avoir des défauts, des défaillances, des carences, et mettre le
01:37point dessus, ça permet d'abord de les résorber, et ça permet aussi de dire ce qui va bien, et
01:41ce qui va bien est évidemment essentiel.
01:42Jean-Pierre Colombiez, vous imaginez que je vous invite parce qu'il s'est passé des choses à Carcassonne, voilà,
01:48qui ont été très mises en valeur.
01:50Je pense que si on devait faire l'accent, mettre l'accent sur toutes les dérives des pouvoirs publics, il
01:55y a des choses peut-être encore plus graves.
01:56On parle beaucoup de la justice et de la magistrature, qui même quand ils se trompent, ils ne sont pas
02:00vraiment punis.
02:01Un policier quand il se plante, il en prend bien la gueule, et c'est toute institution qui est montrée
02:05du doigt, sans parler des insinuations d'un certain parti politique,
02:09qui considèrent que la police tue, et qu'il faut donc la neutraliser et retirer les armes.
02:14Jean-Pierre Colombiez, on va revenir sur votre outrage, on va le redécrypter parce que vous êtes prévolitoires.
02:20Vous mettez l'accent et vous mettez les points sur les îles de tous les sujets qui aujourd'hui animent
02:25le débat.
02:27Ce qui s'est passé à Carcassonne, c'est une bavure, c'est une connerie, ou c'est quand même
02:31le signal d'une petite dérive idéologique chez certains,
02:34chez les polices municipales, ne confondons pas, mais est-ce que quand on est porteur de l'autorité publique, avec
02:41l'autorité et l'arme,
02:43est-ce qu'on peut à un moment donné se laisser aller parce qu'on est exaspéré par certaines situations
02:46?
02:46Comme vous l'avez su, alors, rebonjour, et bonjour à ceux qui nous écoutent, celles et ceux qui nous écoutent.
02:53La police est faite par un métier de femmes et d'hommes qui sont juste des êtres humains, donc faillibles.
03:00Donc, perdre son sang-froid, commettre une erreur, ça fait partie, je dirais, du lot quotidien.
03:07Je ne connais pas une institution, quelle qu'elle soit, qui n'est pas un de ses membres, ou plusieurs
03:13de ses membres, qui ne commettent des fautes, c'est tout.
03:15Même les journalistes.
03:17Ça, c'est... Vous l'avez dit.
03:21Non, mais il faut quand même rappeler que la police est l'institution la plus contrôlée.
03:26Elle est contrôlée par qui veut la contrôler.
03:28Et quand je dis ça, ça veut dire qu'un citoyen qui estimerait qu'il a été mal reçu,
03:32que sa plainte n'est pas conforme à ce qu'il a déclaré, par exemple.
03:35On pourrait démultiplier les exemples.
03:37On peut dénoncer le fonctionnaire qu'il a reçu auprès de plateformes de dénonciation.
03:42Appelons un chat, un chat, qui est la plateforme IGPN, qui permet de signaler.
03:46C'est une plateforme de signalement que telle ou telle personne n'a pas exercé sa mission telle qu'il
03:53estime qu'il aurait dû le faire.
03:55Après, vous avez le contrôle hiérarchique, tout simplement,
03:58puisque les chefs de service peuvent solliciter des enquêtes administratives.
04:01Et puis, in fine, vous avez l'autorité judiciaire, parce qu'il faut quand même ne jamais perdre de vue,
04:06que quelle que soit l'action des policiers, le seul commandement qui compte, c'est le commandement judiciaire.
04:12Il faut vraiment avoir ça en tête, que l'action des policiers, quelle qu'elle soit, du terrain jusqu'à
04:17la procédure,
04:18sa sanction, l'autorité à qui elle rend compte au bout d'un moment, c'est le magistrat, c'est
04:23la justice.
04:24Et c'est là où il y a un paradoxe, si vous voulez.
04:27Et c'est que l'autorité administrative, je parle des chefs de service, ont ce qu'on appelle, je dirais,
04:31l'opportunité des moyens.
04:34C'est-à-dire que si vous êtes enquêteur dans un service de police, quel qu'il soit,
04:37vous exercez plus ou moins bien votre métier en fonction des moyens dont vous disposez.
04:41Parlons clair de voitures, de moyens matériels, ce genre de choses, les bidons et les gamelles.
04:47Mais tout ça se fait avec la sanction des magistrats.
04:50C'est-à-dire que si vous travaillez bien, tout le monde s'en fout, parce qu'on considérera que
04:53vous avez fait votre job.
04:54Si vous travaillez mal, par contre, vous aurez droit à des remontrances, à des remarques, voire plus.
04:59Vous savez que le policier qui fait mal son boulot est un des rares métiers qui engage sa responsabilité pénale.
05:05Ce n'est pas rien.
05:06Bien sûr.
05:07Un PV qui serait estimé contrevenir à la procédure ou à la loi, vous en êtes redevable personnellement devant la
05:14justice.
05:15Avec une police des polices.
05:16Est-ce que tout le monde a une IGS dans sa fonction institutionnelle ?
05:20Oui, il y en a, mais elles ne sont pas comparables.
05:22De mon point de vue, elles ne sont pas comparables.
05:22Certains considèrent que même M. Darmanin a évacué.
05:25Il serait bien que la magistrature elle-même ait une institution qui s'assure que...
05:29De contrôles, oui, et de sanctions.
05:30Et de sanctions, ce qui est le cas dans la police.
05:32Et voilà, on met le doigt.
05:34Chacun y va de sa bonne idée, vous savez, ou de sa fausse bonne idée plutôt.
05:37J'ai même entendu certains dire, oui, ce serait bien que les militaires s'y mettent pour contrôler l'action
05:40de la police.
05:41Bon, là je préfère arrêter là le propos parce que soit on en rigole, soit ça fait grincer des dents
05:45quand on sait les exploits de la police militaire, et de la justice militaire plutôt.
05:50Donc voilà, on est dans ce paradoxe aujourd'hui, dans cette dérive, dans cette crise.
05:56Pour moi, il y a une vraie crise de société qui n'est pas simplement une crise de la police,
05:59comprenons-nous bien.
06:00Il y a une crise de société, il y a une crise de pouvoir.
06:03L'État et ceux qui le représentent n'ont pas la même conception de l'État de droit que ce
06:08qu'il existait, ne serait-ce que 30 ou 40 ans.
06:10C'est évident. Jean-Pierre Colombiès, dans la face obscure de la police, j'appelle aux éditions Max Milliau, à
06:15lire absolument que l'on soit policier,
06:17ou que l'on soit simple citoyen, vous donnez une lumière, une précision, une clarté sur le phénomène policier,
06:22qui est un phénomène de société, et je sais si cette institution est importante, vous posez un certain nombre de
06:27questions.
06:28La lutte contre le narcotrafic est-elle devenue une mascarade ? La police est-elle davantage au service du pouvoir
06:32que de la population ?
06:33Pourquoi certains agents dérapent-ils ? Jusqu'à quel point la franc-maçonnerie tient-elle la police ?
06:38Les syndicats font-ils plus de mal que de biais aux fonctionnaires ?
06:41Comment comprendre le grand remplacement de la police nationale par les polices municipales dépendantes des marquilles au coup ?
06:46Voilà. Là, vous posez le départ.
06:49On commence par celui-là qui suit l'actualité.
06:55Pourquoi certains agents dérapent-ils ?
06:57Il y a plein de raisons à ça.
06:59Il y a plein de dérapages différents.
07:01Oui, il y a plein de raisons.
07:02Lorsqu'il y a un acte de violence, est-ce que l'exaspération des policiers qui savent que les gens
07:06qui les arrêtent vont être lâchés dans quelques heures,
07:09quitte à ce qu'ils viennent faire de la mobilette devant le commissariat pour narguer,
07:13est-ce qu'on n'est pas tenté à un moment donné ?
07:14Il ne faut pas le faire, c'est absolument interdit.
07:16Mais est-ce qu'à un moment donné, on ne craque pas et on fout une raclée ?
07:19On ne va pas se mentir. C'est une des raisons. C'est un moteur.
07:23Mais ça rejoint ce que je disais précédemment de façon très succincte.
07:26Ça rejoint le délitement d'autorité de l'État.
07:29C'est-à-dire que si on avait un État respectable qui se fasse respecter et une loi dont on
07:34est consciente de l'impact,
07:36on ne pourrait pas se permettre ce genre de choses.
07:37Une classe politique respectable déjà.
07:39Oui, déjà, commençons par là.
07:40Et là, je suis désolé, au-delà du problématique de la police, on a un vrai problème avec le personnel
07:45politique.
07:46Je parle à tous les niveaux.
07:47Du plus haut niveau de la présidence au plus bas niveau, parfois avec l'attitude de sa pas-mère.
07:52Quand on voit un ancien président de la République qui va en prison,
07:53ensuite on peut contester le bien-fondé de cette incarcération.
07:56Mais vous imaginez le message que ça envoie un ancien président,
08:00et Sarkozy n'était pas le plus tendre, qui va en prison.
08:03Pas nécessairement le plus honnête.
08:05Je ne parle pas simplement du point de vue moral.
08:06On est d'accord, mais l'image.
08:07Je parle du point de vue moral.
08:08L'image, donc ça veut dire que même au sommet d'État, tout se pourrit.
08:12Ça dérape totalement.
08:13Il y a une perte de conscience totale que l'exemplarité doit primer.
08:17Vous savez, on dit souvent, il ne peut pas être inquiété, il ne peut pas aller en prison.
08:20C'est un ancien président.
08:22On l'a cité Nicolas Sarkozy, mais on pourrait citer aussi beaucoup, beaucoup.
08:25Ils ont frôlé Jacques Chirac avec les...
08:27C'était limite.
08:30On ne compte même plus les dossiers qui concernent les uns et les autres.
08:33Mais on perd de vue un point essentiel, qui est l'exemplarité.
08:38Et on dit souvent, donc ça, on se retranche derrière la fonction.
08:40Ah, mais il a rempli telle ou telle fonction, ce serait déshonorant pour l'État s'il y allait.
08:45Sauf qu'on oublie un principe qui, pour moi, est fondamental.
08:47C'est qu'une faute de prince, je vais paraphraser certains auteurs classiques,
08:51doit être plus sévèrement punie que la faute d'un manant, que d'un gueux.
08:54Machiavel est formel.
08:55Et je suis absolument d'accord avec ce principe.
08:58Dès lors que vous êtes détenteur d'une autorité régalienne,
09:02conférée principalement par le vote de la population, le vote du peuple, la sanction du peuple.
09:06Ce qui n'est pas le cas de tous, la preuve, c'est que notre président n'a pas été
09:08élu.
09:08Donc la sanction proportionnelle à la fonction.
09:10Mais bien sûr.
09:11Est-ce qu'il est normal que M. Cahuzac, on parlait de Sarkozy, mais il n'y a pas plus,
09:14M. Cahuzac n'a pas fait un jour de prison.
09:17Alors qu'il a menti devant la représentation nationale.
09:19Il est parjure.
09:21Enfin, je veux dire, à un moment donné, il faut remettre les poings sur l'île, les barres sur l
09:24'été.
09:24Vous avez la gentillesse de rappeler, c'est ce que je fais dans le bouquin.
09:26Ça vaut pour tout le monde du reste.
09:28Ça vaut pour tous les corps qui représentent l'État.
09:30Dès lors que vous commettez une faute qui est incompatible avec l'exercice de votre mission,
09:35vous devez être sanctionné à la hauteur de ce que vous avez fait.
09:38Et d'ailleurs, c'est ce qu'on rappelle aux policiers.
09:40Vous savez que depuis les années 80, les policiers sont supposés avoir sur eux,
09:44en permanence, le code de déontologie.
09:46Résumé ou complet, c'est à votre libre arbitre.
09:48Mais c'est une obligation.
09:50Donc, on ne peut pas imposer à la base des règles d'emploi strictes
09:54et puis soi-même, au niveau des directions d'emploi,
09:56des grands directeurs de ce pays ou des hommes d'État,
09:58faire un petit peu que la fête commence.
10:01Moi, j'aime bien le film de Tavernier.
10:04Enfin, ce n'est pas que je l'aime bien, c'est un chef-d'œuvre.
10:05Chef-d'œuvre.
10:05Jean-Pierre Colombiès, ce que vous évoquez a toujours existé.
10:09Il y a toujours eu des scandales dans laquelle la police pouvait ne pas être...
10:13ne serait-ce que le film Les Ripoux avec Noiré et Thierry Lhermitte.
10:16Mais pas que, je vous renvoie à L627.
10:18L627, bien sûr.
10:20Pour autant, en face, on a aussi des attitudes policières totalement exemplaires.
10:24Absolument, c'est ce que j'explique.
10:25Il y a eu des grands flics, je pense à Broussard, par exemple.
10:27Mais pas seulement.
10:28Lui, parce qu'il est médiatisé.
10:30Il faut vous dire qu'un policier...
10:31Oui, mais enfin, c'est bien qu'aussi ces gens-là soient médiatisés.
10:34Il y a les flics inconnus qui ont fait des boulots exemplaires.
10:37Pour moi, et j'aime le mot compagnie républicaine de sécurité,
10:41qui est un terme qui fait peur, c'est RSSS.
10:43Je pense qu'un policier français est d'abord un vrai républicain.
10:46Et je pense qu'autour de vous, vous avez connu des flics, des policiers haut-gradés
10:51qui étaient d'abord de grands républicains.
10:52Et c'est à eux que je voulais rendre hommage aussi en écrivant ce bouquin.
10:55Parce qu'on parle souvent de grands flics.
10:57On reçoit des directeurs, directeurs d'emploi, des préfets anciennement policiers.
11:02On dit, ah, c'était un grand policier.
11:03Mais moi, je dis simplement qu'un grand policier,
11:04c'est souvent quelqu'un qui a eu la chance de travailler avec des hommes et des femmes
11:07qui étaient extrêmement dévoués à ce qu'ils faisaient dans toutes les brigades.
11:11Où j'ai travaillé, que ce soit les stups, la brigade criminelle, les atteintes aux personnes.
11:14Je pourrais les citer tous, mais je ne peux pas tous les citer.
11:17Vous aviez des femmes et des hommes qui s'arrachaient l'âme pour remplir leur job.
11:22Vous savez, on vous a même une fois interdit de bosser sur un violeur en série.
11:25Je pense à Boulogne-Billancourt.
11:26J'en ai parlé dans le bouquin.
11:28Par cause, du moins à cause de la rentabilité horaire,
11:31on nous avait dit, ne vous investissez plus.
11:33C'est le travail de l'APJ.
11:34Alors que ce type violait des gamines.
11:36On a désobéi à cette ordre.
11:38Je suis fier d'avoir désobéi à cette ordre.
11:40Nous allons poursuivre effectivement ce face-à-face avec Jean-Pierre Colombi,
11:43à son ancien commandant de police et auteur de la face obscure de la police.
11:46Nous confronterons son constat au regard de Pierre-Henri Honneguer, avocat pénaliste.
11:51Que devient le travail de la police une fois ?
11:53Le dossier transmis à la justice.
11:55Procédure trop lourde, enquête fragilisée, classement sans suite.
11:58Il nous dira ce qu'il observe quotidiennement sur le terrain judiciaire.
12:01Mais vous aussi, vous avez votre mot à dire.
12:02Alors réagissez au 0826 300 300.
12:08Vous êtes bien sur Sud Radio.
12:10Il est 13h20.
12:12Débat, échange passionné, si essentiel.
12:15On raconte tellement de choses aujourd'hui sur ce qui se passe dans ce pays.
12:19Et à juste titre, parce que nous sommes tous interpellés, bouleversés, pas contents.
12:24La France dans tous ses états, c'est l'humeur du moment relatée à l'actualité.
12:29Avec votre témoignage, et là je reçois Jean-Pierre Colombiès, auteur de La face obscure de la police.
12:35Et vraiment, on est en plein dans le sujet parce que l'actualité rattrape ce livre prémonitoire.
12:39Jean-Pierre Colombiès est un ancien commandant de police.
12:42Il a monté tous les grades.
12:44C'est un vrai flic comme on les aime, qui parle vrai, qui a vécu des choses terribles,
12:50qui reconnaît que la vie d'un policier est une épreuve en permanence et qu'il faut assumer.
12:54Parce que c'est une mission, c'est une mission quasiment nationale, politique, sociale.
12:59Et qu'il faut tenir le coup et que quelquefois on a le droit de flancher, on a le droit
13:03d'avoir des faiblesses.
13:04Et comme tout être humain, on peut avoir une défaillance.
13:07Jean-Pierre Colombiès, on était en train là, vous parliez justement, les policiers, ceux à quoi ils sont confrontés.
13:13Il y a un problème de hiérarchie, il y a un problème de valeur institutionnelle.
13:16Nous disions que ce sont de grands républicains et un policier français, c'est d'abord quelqu'un qui applique
13:22les lois de la République,
13:23qui les fait respecter, qui s'assure, avec évidemment sous l'autorité de l'autorité judiciaire, de la justice.
13:28Et au nom du pouvoir parlementaire, ce sont les représentants du peuple français qui font la loi.
13:35Les juges l'appliquent, mais les policiers sont là pour s'assurer qu'elle est respectée.
13:39Il y a eu aujourd'hui, on peut dire en 2026, un certain nombre de dérives qui posent un problème.
13:45Parce qu'il y a une défaillance de l'État, il n'y a plus d'argent dans les caisses.
13:49Je me souviens quand en 1985, Pierre Jox, qui n'est pas le pire ministre de l'Intérieur, vous vous
13:53en souvenez,
13:54avait exigé que l'on affiche dans les commissariats de police, la déclaration, les droits d'hommes et le code
13:58de déontologie.
13:59Est-ce que c'était si nécessaire ? En 1985, ça fait donc 31 ans, pardon, 41 ans, est-ce
14:07que c'était déjà si nécessaire
14:08qu'on rappelle aux policiers leurs devoirs institutionnels ?
14:11Il faut remonter dans la machine, remonter le temps en État.
14:16Après l'élection de François Mitterrand, il y a beaucoup de démagogie derrière tout ça.
14:19Parce que dans le même temps, François Mitterrand démultipliait les écoutes illégales pour écouter ce qui me gênait.
14:25Donc je relativise beaucoup, beaucoup, beaucoup, je dirais l'honnêteté morale qui sous-tendait à tout ça.
14:32Moi, la grande qualité que je trouve à Pierre Jox, parce que je fais que le croiser,
14:37dans les services à la brigade des stups, à l'époque, j'étais au Quai des Orfèvres.
14:41Et la seule question qu'il posait aux directeurs d'emploi, donc les chefs de division,
14:46ce que moi j'appelle les vos gradés, c'était de quoi avez-vous besoin ?
14:49Voilà, ça se limitait à ça.
14:51Au-delà, bien évidemment, de la philosophie qui sous-tendait ça,
14:55il y avait le souhait, le désir, et puis l'honnêteté de reconnaître que nous manquions considérablement de moyens.
15:02C'était pas que des discours.
15:04Et je peux témoigner qu'après ça, effectivement, on a eu les moyens conséquents,
15:08notamment au stup, des bagnoles, des équipements, ce qu'on appelait des kits malibres,
15:12déjà à l'époque, mais pour des radios qui pesaient 2 kilos.
15:15Est-ce qu'il fallait pour autant rappeler de cette façon-là,
15:18là encore, on est un peu dans la com', vous me l'accorderez.
15:20Bien sûr, oui.
15:20Parce que, dans un temps, on vous rappelle les principes de la déontologie,
15:24dans le même, vous avez l'affaire des Irlandais,
15:26vous avez quand même pas mal de manipulations de l'institution poly-gendarmorie
15:30qui ferait grincer des dents.
15:32Beaucoup de démocrates, ou de gens dits démocrates.
15:34Ce que nous vivons aujourd'hui, je pense qu'il faut aller au-delà.
15:36Ce que nous vivons aujourd'hui, de mon point de vue, est encore plus grave.
15:39C'est-à-dire que nous sommes gouvernés par des personnalités
15:42qui ont une vision de l'État et de la démocratie qui posent problème.
15:46C'est-à-dire qu'ils considèrent que le peuple, finalement,
15:50est un élément accessoire du système sociologico-économique qui nous gouverne.
15:54Et que la police, finalement, devient un régulateur social
15:57pour éviter qu'il y ait de trop grandes explosions,
16:01justement, de manifestations populaires qui débordent.
16:04Ça, ça leur fait peur.
16:05Juste la sécurité au quotidien.
16:07Je passe mes mots.
16:08Justement, Jean-Pierre Colombiès, on a avec nous
16:11Pierre-Henri Honneguer, avocat pénaliste,
16:13qui a beaucoup réfléchi, s'est exprimé, sur la question.
16:16Bonjour, maître.
16:17Bonjour, maître.
16:18Bonjour.
16:19Bonjour.
16:20Bonjour.
16:20Vous êtes, j'allais dire, en permanence en contact avec cette réalité de la police.
16:28Vous avez pris des positions, on vous a entendu.
16:30Vous entendez Jean-Pierre Colombiès.
16:32Est-ce qu'il y a aujourd'hui un besoin de reprendre en main
16:35les codes, les valeurs, les vertus de la police,
16:38ou c'est juste des dérives individuelles ?
16:41Déjà, la première chose qu'il faut dire quand on parle de la police,
16:44c'est que c'est les polices.
16:46C'est-à-dire que ce n'est pas du tout la même chose la police municipale,
16:49comme dans l'affaire de Carcassonne,
16:51de la police judiciaire et de la police nationale,
16:55comme dans l'affaire Naël, par exemple,
16:58dans lequel on a des recrutements qui sont différents,
17:00on a des formations qui sont différentes,
17:02on a des missions qui sont différentes,
17:04voire même de la gendarmerie,
17:05qui, dans certaines zones, ont des fonctions de police
17:08et qui ont aussi un recrutement, une formation, une hiérarchie
17:11qui est totalement différente.
17:12C'est-à-dire que quand on s'intéresse à ces cas individuels,
17:16de policiers qui ne respectent pas ce qu'on attendrait d'eux,
17:19il faut aussi regarder cette diversité-là.
17:22Il faut aussi dire une chose,
17:24c'est que l'immense majorité des policiers,
17:26c'est des gens qui se donnent,
17:28qui donnent leur vie pour cette mission,
17:30qui sont extrêmement investis pour ça.
17:32Il ne faut jamais l'oublier,
17:34que c'est un métier difficile,
17:35avec souvent des vocations très très fortes.
17:38Et aussi, comme le disait ce monsieur juste avant,
17:41des problèmes de moyens gigantesques.
17:44La police, aujourd'hui,
17:45elle ne travaille pas du tout avec les moyens qui sont nécessaires.
17:48On attend énormément d'eux
17:49et on ne leur donne pas suffisamment.
17:51Et c'est vrai que dans ce marasme de diversité,
17:53bah oui, il y a des cas
17:55qui sont extrêmement problématiques,
17:57de fonctionnement,
17:58qui font que, soit,
18:00pour des raisons strictement individuelles,
18:02on a des dérives et qui doivent être sanctionnées,
18:04soit, parfois même, en raison d'un système qui désfonctionne,
18:07ça laisse exister des choses qui ne devraient pas exister.
18:10Et le problème qui se pose,
18:12aussi, c'est celui de la sanction,
18:15pas forcément de quel type de sanction on prononce,
18:19mais du système qui permet de sanctionner ou pas ces dérives.
18:23Et aujourd'hui, on a un système, en réalité,
18:24qui ne fonctionne pas.
18:26Ça marche très bien pour ce qu'on appelait les ripoux avant,
18:28vers les gens qui tapent dans la caisse,
18:30les gens qui font de la corruption,
18:33l'IGPN,
18:35en fait, le service de la police,
18:37des polices,
18:37marche très bien pour ces gens-là.
18:39Mais quand il s'agit des violences policières,
18:41le système dysfonctionne,
18:43parce que, en fait,
18:44on a l'impression, parfois,
18:46que les violences,
18:47ça fait partie du rôle de la police,
18:49et on a un système qui n'est pas forcément capable
18:52de sanctionner,
18:52de comprendre correctement ce qui se passe,
18:54parce qu'il est chapeauté par des policiers,
18:57et parce qu'il est à l'initiative d'un parquet
18:59qui, lui-même, est dépendant de ces policiers,
19:01qui, parfois, n'a pas forcément le courage
19:03de venir poursuivre des dossiers,
19:05en se disant,
19:06oh là là, si là, je pointe du doigt un de mes policiers,
19:08ça ne va plus du tout fonctionner avec eux.
19:10Et donc, peut-être qu'il y a un certain nombre
19:11de changements qui devraient être faits
19:12pour avoir un système qui soit plus efficace,
19:15mais surtout,
19:16qui donne plus de légimité aux policiers,
19:18et qui donne un peu plus,
19:20j'allais dire,
19:20une meilleure image auprès de la population
19:22pour qu'elle fasse confiance à sa police.
19:24Parce que c'est ça, le problème,
19:25c'est qu'on a une perte de confiance dans la police,
19:27et il faut absolument remédier à ça.
19:29Jean-Pierre Colombier,
19:30je suppose que vous partagez en partie
19:33ce que Philippe Honneguer.
19:37On va revenir sur ce débat-là
19:40dans quelques instants.
19:41Vous répondrez à Jean-Philippe Honneguer,
19:43et puis,
19:43Anissa nous fera un petit résumé,
19:46une petite synthèse
19:47de ce qui se passe dans la police aujourd'hui.
19:57Vous êtes bien sur Sud Radio,
19:58il est 13h31,
19:59je reçois Jean-Pierre Colombier,
20:01auteur de Police,
20:03la face obscure de la police.
20:06Nous discutons justement
20:07sur l'état de la police française aujourd'hui,
20:10ses crises,
20:11ses angoisses,
20:11ses défaillances,
20:12parce que ce sont des êtres humains
20:13et qu'ils peuvent avoir aussi des défauts.
20:15Et on était en échange
20:16avec Philippe-Henri Honneguer,
20:17avocat pénaliste,
20:18Jean-Pierre Colombier,
20:19se répondait à Philippe-Henri Honneguer.
20:22Oui, je pense notamment
20:23sur l'ambiance violente,
20:26cette violence qui est là
20:27de plus en plus prégnante.
20:29C'est ce que j'ai expliqué,
20:30on en discutait,
20:31on a beaucoup débattu hors antenne.
20:34Elle est inhérente
20:35à une philosophie globale
20:36imposée avec un tempo
20:38donné par le politique.
20:40On ne va pas tourner autour du pot.
20:43Emmanuel Macron a pris la décision
20:45à un moment donné
20:46de réprimer toutes les manifestations
20:49du terrain
20:50à sa façon.
20:51Ça remonte au Président de la République,
20:53ce genre de décision.
20:53Il peut insuffler
20:54ce genre de méthode
20:55à son ministre de l'Intérieur.
20:57À partir du moment
20:57où vous nommez quelqu'un
20:59qui, je le rappelle,
21:00avait été
21:03catégorisé
21:04par Alain Juppé
21:05lorsqu'il est arrivé
21:06préfet à Bordeaux
21:07de nazi.
21:07Ce n'est pas moi qui le dis,
21:08je ne fais que le citer.
21:09Vous parlez de M. Lallemand ?
21:10Oui, je parle de M. Lallemand,
21:11qui ensuite a été nommé
21:13préfet de police.
21:13Vous savez très bien
21:14ce que vous faites.
21:14Bien sûr.
21:15Et quand vous autorisez
21:16M. Didier Lallemand
21:17à mettre en place
21:17une contre-pratique totale
21:19du maintien de l'ordre,
21:20c'est-à-dire que
21:21quand vous suivez
21:22des formations
21:23même très limitées
21:24en matière de maintien de l'ordre,
21:26notamment auprès des forces de CRS,
21:27qui sont parmi les meilleurs au monde
21:28du reste,
21:29et eux vous expliquent quoi ?
21:30Qu'il faut toujours laisser
21:31un échappatoire
21:32à la manifestation,
21:33justement pour éviter
21:34le surincident.
21:35Que ce soit au préjudice
21:36des forces de l'ordre
21:37ou au préjudice
21:38des manifestants.
21:39On fait en sorte que
21:39la manifestation
21:40puisse s'écouler
21:41à un moment donné
21:42pour justement
21:43faire tomber la pression.
21:44Lorsque vous avez un préfet
21:45qui arrive
21:46et qui vous dit
21:46exactement l'inverse,
21:47on va nasser,
21:48on va nasser
21:49et j'autorise les forces de l'ordre
21:50à une politique de contact.
21:52Nasser, c'est-à-dire
21:52coincer les manifestants.
21:54Et coincer les manifestants.
21:55C'était le cas
21:55dans plusieurs...
21:56Et on réprime.
21:56Et on réprime.
21:57Le contact,
21:58le contact,
21:59ça veut tout dire rien dire
22:00le contact.
22:00Si je vous touche l'épaule,
22:01je suis à votre contact.
22:02Si je vous mets mon poids
22:03sur la gueule,
22:03c'est un autre contact.
22:04Oui.
22:04Mais pas le même.
22:05et pas avec les mêmes conséquences.
22:06Vous voyez ce que je veux dire ?
22:07On est dans une hypocrisie totale
22:09parce que dans le même temps,
22:10ces politiciens
22:12tiennent des discours
22:13qui sont exactement
22:14à l'inverse
22:14de leur théorie
22:16et de leur principe
22:17de gouvernance.
22:18Et c'est là
22:19où il y a un malaise
22:19ensuite
22:20vis-à-vis du ressenti
22:21des policiers de terrain
22:22qui sont totalement désavoués
22:23par les mêmes politiques
22:24qui leur donnent
22:25un ordre
22:25qui est parfaitement contraire
22:27à leur propre
22:29méthodologie traditionnelle.
22:29Je me souviens
22:30d'une anecdote
22:31absolument sidérante.
22:32C'était avec
22:33madame Ramayade.
22:34J'ai dit Ramayade
22:36c'est peut-être pas Ramayade.
22:37Ramayade, Ramayade.
22:38Elle m'excuse
22:39s'il l'entend.
22:40Pas de sa faute.
22:41Il y avait une opération
22:42dans un département X
22:44on s'en fiche
22:44c'est pas le problème
22:46sous l'autorité
22:46du directeur départemental
22:48pour des contrôles
22:48de sans-papiers.
22:50Donc on voyait
22:50ce directeur départemental
22:52préfet pas loin
22:52probablement
22:53qui est allé au contact
22:54d'une population immigrée
22:56probablement
22:56peut-être
22:57en tout cas
22:57sans-papiers.
22:58Et arrive
23:00madame Yad
23:01qui leur oppose
23:02avec des propos
23:04très durs
23:04vraiment leur reproche
23:05cette intervention
23:07qu'elle qualifie
23:07de raciste.
23:08Et l'autorité
23:10de l'état
23:10qui est là
23:10le directeur
23:11qui est là
23:11il comprend plus
23:12parce que lui
23:12ne fait qu'obéir
23:13aux ordres de la préfecture
23:14qui sont très incisifs
23:16qui sont très directifs.
23:17Donc vous avez
23:18c'est Alice
23:19au pays des merveilles
23:20vous avez une autorité
23:21administrative
23:22avec la complicité
23:23parfois des parquets
23:24qui sollicitent
23:26les policiers de terrain
23:27pour faire des opérations
23:28démultipliées
23:29de contrôle
23:29sur le terrain
23:30de contrôle d'identité
23:31dans une chasse
23:32je mets le mot
23:34je l'emploie
23:35au sens premier du terme
23:38la chasse
23:39aux étrangers
23:39en situation irrégulière
23:40tout en rappelant
23:41que ça n'est pas
23:42un des contrôles
23:43au faciès
23:44et deux
23:44c'est surtout pas
23:45signatisant
23:46non mais soyons sérieux
23:47deux secondes
23:48deux secondes
23:49donc si vous voulez
23:49quand vous êtes policier de terrain
23:50ça vous tapez la tête
23:51contre les murs.
23:52Je rappelle que Ramayal
23:53était ministre délégué
23:54aux droits de l'homme
23:55aux affaires européennes
23:56et aux droits d'homme
23:56sous la présidence
23:57de Nicolas Sarkozy
23:58et qu'elle n'a pas démissionné
23:59quand M. Kadhafi
24:00est venu planter sa tente
24:01sur les Champs-Elysées
24:02alors que ce monsieur
24:03était commanditaire
24:04de deux attentats aériens
24:05pas un
24:06deux
24:06parce qu'il faut rappeler
24:07que Lockerbie
24:08c'est quand même lui
24:08on est dans le fait
24:09que je dis
24:10ne faites pas ce que je fais
24:11voilà exactement
24:12Philippe Henri Honiguer
24:13maître
24:14la réaction de Jean-Pierre Colombier
24:15vous inspire
24:16vous convenez
24:17qu'effectivement
24:18il peut y avoir
24:18une dérive
24:19à un moment donné
24:19qui vient au sommet d'état
24:20qui provoque
24:21quelquefois
24:21des confusions
24:23mais ce qu'il dit
24:24est tout à fait exact
24:25et pas du tout
24:26contradictoire
24:26avec ce que je disais
24:27ce qu'il a indiqué
24:28sur les règles d'engagement
24:29dans le cadre
24:30du maintien de l'ordre
24:31c'est effectivement
24:32à la fois
24:33une révolution
24:33par rapport à ce qui existait avant
24:35un scandale
24:36et une erreur
24:37qui est strictement politique
24:39et ça revient un peu
24:40à ce que je disais
24:41c'est à dire que
24:42quand on s'intéresse
24:43à ça effectivement
24:44il y a des fautes
24:45individuelles des policiers
24:46il y a des comportements
24:47qui sont condamnables
24:48à l'échelle individuelle
24:49mais ils ne sont
24:50que le résultat
24:51d'un système
24:52que parfois
24:53on laisse dysfonctionner
24:55ou on permet
24:55de dysfonctionner
24:56parce qu'il va servir
24:58d'autres intérêts
24:59ce qu'on vous disait
25:00à l'instant
25:00on va nasser
25:01parce que ça permet
25:02de réprimer
25:02extrêmement violemment
25:03les manifestations
25:04et donc d'un point de vue politique
25:06de se dire
25:07qu'on met une pression
25:09sur les opposants
25:10pour pas qu'ils puissent
25:10s'exprimer
25:11donc effectivement
25:12politiquement
25:12c'est intéressant
25:13mais du point de vue
25:14des pratiques
25:15on expose des policiers
25:16à ce qu'ils commettent
25:17des violences disproportionnées
25:18et qu'ils engagent
25:19leurs responsabilités individuelles
25:21bien sûr
25:21on se souvient
25:22les plus anciens
25:22se souviennent
25:23de Moïse Grimaud
25:23préfet de police
25:24de Paris en 1968
25:25dont l'intelligence
25:27et la compétence
25:28avaient certainement
25:29évité
25:30malgré les instructions
25:31du gouvernement
25:32on se souvient
25:33que le général de Gaulle
25:35le ministre de l'Intérieur
25:36s'appelait Christian Fouché
25:37et il lui dit
25:38faites tirer
25:39Pompidou prend Fouché
25:40à la sortie du conseil ministre
25:41surtout pas
25:42ensuite il avait été remplacé
25:43par Raymond Marcelin
25:44qui a laissé un souvenir
25:45de ministre autoritaire
25:46mais Moïse Grimaud
25:47lui était un républicain
25:49responsable
25:49et il a évité
25:50la catastrophe
25:51le pire
25:52Anissa
25:52vous nous faites
25:53un point
25:53sur
25:54est-ce que c'est
25:55un problème
25:56d'effectifs
25:56ou de mauvaise répartition
25:57c'est une question
25:58qu'on peut se poser
25:58aussi également
26:00alors la police
26:01n'est pas seulement
26:01débordée
26:02elle est encore
26:03déployée
26:04selon une carte
26:05désuète
26:05héritée de 1941
26:08alors je suis un petit peu
26:09de provocation
26:09mais je vais être plus précise
26:11on parle aussi
26:12on parle vrai
26:14mais surtout
26:14on parle juste
26:15en fait le partage
26:16territorial entre
26:17police nationale
26:18et gendarmerie
26:18repose sur un système
26:19dont l'origine juridique
26:22remonte au régime
26:23de police d'état
26:23de 1941
26:24et c'est bien
26:25un constat
26:25de la cour des comptes
26:27dans un document
26:28publié le 25 mars
26:29dernier
26:30dans son rapport
26:31public annuel
26:31avec un chapitre
26:32intitulé
26:33adapter
26:33l'organisation
26:34de la sécurité
26:35du quotidien
26:36aux besoins
26:36des territoires
26:38alors finalement
26:39est-ce que le problème
26:40de la police française
26:41n'est pas seulement
26:42le manque d'effectifs
26:42on ne revient pas dessus
26:43ça est évident
26:44mais aussi l'endroit
26:45où l'état
26:45les affecte
26:46la cour des comptes
26:47révèle donc
26:48la répartition
26:48entre police
26:49et gendarmerie
26:52a été quelquefois
26:53corrigée
26:54selon des seuils
26:54de population
26:55mais ce système
26:56tient insuffisamment
26:57compte
26:58de la délinquance
26:59réelle
26:59des trafics
27:00des flux de population
27:01ou de l'évolution
27:02des villes
27:03résultat
27:04spectaculaire
27:05la Lausère
27:05département le moins
27:06touché par la délinquance
27:07dispose proportionnellement
27:09de davantage
27:10de policiers
27:10et de gendarmes
27:11que le Rhône
27:11pourtant 5 fois plus
27:14criminogènes
27:15après ça dépend
27:16vous les mettez
27:17alors voilà comment
27:18en tout cas
27:19on peut recruter
27:1910 600 policiers
27:20gendarmes supplémentaires
27:21depuis 2016
27:22sans que les agents
27:23ni les habitants
27:24ne ressentent
27:24véritablement
27:25l'amélioration
27:25les renforts
27:26ne sont pas toujours
27:27envoyés
27:27là où la pression
27:28est la plus forte
27:29on demande donc
27:30à certains commissariats
27:31de contenir
27:32la violence d'aujourd'hui
27:33avec une organisation
27:35territoriale
27:35pensée pour la France
27:36d'hier
27:37la police n'est pas
27:38seulement abandonnée
27:39elle est parfois
27:40laissée au mauvais endroit
27:41elle est même
27:42même d'avant-hier
27:43Jean-Pierre Colombi
27:44est très très mal géré
27:46constat assez précis
27:47d'Alissa ou non ?
27:48Oui on pourrait
27:48aller même encore
27:48beaucoup plus loin
27:49à l'intérieur même
27:50de ce que vous avez décrit
27:51il y a des problèmes
27:52de répartition
27:53c'est-à-dire que
27:53quand il y a eu
27:54les attentats
27:55lorsque les attentats
27:56on a connu
27:57cette vague terrible
27:58à partir de Charlie Hebdo
28:00on a renforcé
28:01de façon totalement
28:02démultipliée
28:03et illogique
28:03les services de renseignement
28:04ce que je veux dire par là
28:05c'est qu'on s'est dit
28:06on a échoué à ce niveau-là
28:07donc on va renforcer
28:08renforcer renforcer
28:09au final
28:10on a totalement
28:11déshabillé la sécurité publique
28:12et vous avez des services
28:13de renseignement
28:14en province notamment
28:14qui sont surnuméraires
28:16on ne sait pas où les mettre
28:17on ne sait pas quoi leur faire
28:18et vous avez
28:19la sécurité publique
28:20et l'APJ surtout
28:21qui sont totalement démunis
28:23on paye aussi
28:24et ça il faut remonter
28:26au-delà de François Hollande
28:28Nicolas Sarkozy
28:29qui a supprimé
28:30la police de proximité
28:31alors là j'en fais pas
28:31ça c'est un vrai
28:32c'est un vrai
28:32parce qu'on en parle tout le temps
28:33c'est une vraie défaillance
28:35oui alors oui
28:36pourquoi
28:37là je ne fais pas de dogmatisme
28:39ce n'est pas du politique
28:40ce dont je suis en train
28:41de vous parler
28:42c'est simplement
28:43à deux niveaux
28:44un contact citoyen
28:45entre la population
28:47et ce qui représente l'état
28:48c'est à dire que
28:49le policier
28:50avec son scooter
28:51qui était l'îlotier
28:52de base
28:53sans grade particulier
28:55sans mission
28:55vraiment très très
28:56très bien définie
28:57était un interlocuteur
28:59indispensable
28:59à ses habitants
29:00de quartier
29:00rôle de conseil
29:02et puis tout simplement
29:02rôle humain
29:03pilote simple flic
29:04oui mais avec un rôle humain
29:05considérable
29:06humain tout à fait
29:06de proximité
29:07considérable
29:08ça portait bien son nom
29:09mais bien sûr
29:09et puis surtout un rôle
29:10de renseignement
29:11qu'on a complètement perdu
29:12de vue
29:13on a oublié
29:14que ces petits flics
29:15qui étaient en scooter
29:16voyaient grandir
29:17les gens de leur quartier
29:19ils les connaissaient
29:19tout le monde
29:20ils les tutoyaient
29:20les appelaient par leur prénom
29:21bien sûr
29:21et donc il y avait
29:22une autorité immédiate
29:23et il n'y a rien de dégradant
29:23là-dedans
29:24et ils les connaissaient
29:25or quand on a commencé
29:26à voir les affaires
29:28comme Mera
29:28et puis d'autres
29:29et puis les frères Kouachi
29:30on s'est rendu compte
29:31que ces types-là
29:32avaient évolué
29:33dans les quartiers
29:33et qu'on ne les connaissait pas
29:35enfin on les connaissait
29:35mais de loin
29:36oui
29:36mais sinon avant
29:37ils auraient été repérés
29:38ou localisés
29:39on aurait pu faire du présentif
29:42il y avait des balises
29:43des alertes
29:43moi j'ai connu des gens
29:45des RG
29:45qui venaient nous voir
29:46dans les services de proximité
29:47pour nous demander
29:48si on connaissait
29:49un tel ou un tel
29:50et on l'appelait
29:51l'îlotier du coin
29:52on le faisait venir
29:53ils discutaient entre eux
29:54et les gendarmes
29:54qui s'arrêtaient dans les fermes
29:55et comme ça
29:57ils s'apprenaient
29:57que souvent ils foutaient
29:58une baffe aux gamins
29:59qui avaient été irresponsables
30:00et ça s'arrêtait là
30:00Jean-Pierre Colombier
30:01nous avons un autre
30:02Jean-Pierre
30:03qui nous appelle
30:03le Mont-de-Marsan
30:04bonjour Jean-Pierre
30:05oui bonjour
30:06bon vous êtes
30:07vous êtes policier vous-même
30:08ou pas du tout
30:09vous avez eu affaire
30:10oui je suis un ancien
30:11commissaire de police
30:12c'est très
30:13police judiciaire
30:14mais une affectation très spéciale
30:15bienvenue dans l'émission
30:16Jean-Pierre
30:17je vous remercie
30:18une affectation très spéciale
30:20qui en fait
30:22est extrêmement médiatisée
30:24c'est la police financière
30:25qui travaille principalement
30:27sur les délits de société
30:29l'ingérence
30:30et évidemment
30:31les délits
30:32on peut pas appeler politique
30:34mais tout ce qui peut toucher
30:35à notre démocratie
30:36voilà
30:36donc bon
30:38les dernières affaires
30:38par exemple
30:39c'était des condamnations
30:40qui ont emmené
30:41les condamnations de Juppé
30:42de Chirac
30:43mon dernier service
30:45il y a fait l'affaire Sarkozy
30:47dont les relations
30:48je dirais
30:48de ces services
30:49très spécialisées
30:50c'est principalement
30:52je dirais
30:52une vitesse
30:53qui est nettement inférieure
30:55à celle de la presse
30:56quoi
30:57et dont on attend
30:59beaucoup
30:59de ces services-là
31:00et qui pourtant
31:02sont au travail
31:03je peux vous le dire
31:03avec des gens très compétents
31:04et qui consacrent
31:06beaucoup de leur temps
31:06dans ce genre d'affaires
31:07ce sont ces affaires
31:08dont on parle assez peu
31:09alors c'est dommage
31:10parce qu'on en parle
31:11beaucoup dans les médias
31:12mais assez peu
31:13dans l'administration
31:14c'est les enfants pauvres
31:17j'ai une petite précision
31:18je crois que pour compléter
31:19le propos
31:20pour être un bon flic
31:22en financière
31:22parce qu'il se trouve
31:23que j'ai commencé
31:23à la brigade financière
31:24au SDPJ des Hauts-de-Seine
31:25à l'époque
31:26et moi je voulais aller
31:27au stup
31:27bon c'est encore
31:28une autre histoire
31:28mais ce que j'ai retenu
31:30de cette expérience
31:30c'est que pour faire
31:31un bon flic de financière
31:32il faut 5 à 10 ans
31:34et je ne pense pas
31:35que l'interlocuteur
31:35il faut bien 5 ans
31:37oui
31:37j'ai fait 20 ans
31:38de formation
31:39j'étais au départ
31:40une formation d'expert comptable
31:41quand je suis rentré
31:43malheureusement
31:43dans les années 75-73
31:46ensuite j'ai fait
31:47la formation
31:47évidemment
31:49des formations comptables
31:50à nos enquêteurs
31:51je pense qu'il faut
31:52quand même 5 ans
31:53de pratique
31:53un minimum
31:53ah oui
31:54un minimum
31:55c'est un travail
31:56qui est difficile
31:57ce sont des fonctionnaires
31:58qui sont motivés
31:59des dossiers
32:00relativement longs
32:01très complexe
32:01alors pas long
32:02parce qu'on manque
32:02de moyens
32:03comme partout
32:03évidemment
32:04mais de moyens
32:05en personnel je dirais
32:06mais les personnels
32:07c'est aussi la formation
32:08et puis des moyens techniques
32:09aujourd'hui
32:10quand on voit
32:11moi je me souviens
32:12il n'y avait pas
32:12de machine incalculée
32:13dans la brigade financière
32:14on était principalement
32:16intéressés
32:17par armer
32:18les brigades d'intervention
32:19ce qui est tout à fait normal
32:20mais par contre
32:21la financière
32:21c'était les fonctionnaires
32:23qui devaient se payer
32:24eux-mêmes
32:24leur propre machine
32:25avec quelques épisodes
32:27puisque l'adresse
32:28de la brigade financière
32:29à Paris
32:29c'est le rue du château
32:30des rentiers
32:31ça ne s'invente pas
32:31ça ne s'invente pas
32:32mais justement
32:34là j'en profite
32:35c'est une perche
32:36qu'il faut surtout
32:37ne pas oublier
32:38de saisir
32:39c'est un peu
32:40à cause d'eux
32:41que la procédure pénale
32:43s'est considérablement
32:44alourdie
32:44et que les services judiciaires
32:45ont commencé à faire peur
32:46je pense notamment
32:47à l'affaire Urba Graco
32:48avec l'inspecteur Godineau
32:50à Marseille
32:50qui a commencé
32:51à tirer un petit fil
32:52comme ça
32:53tout simplement
32:54avec un petit bout de facture
32:55il a tiré les chevaux
32:57et le poteau rose est sorti
32:59et à partir de là
32:59on ne va pas se mentir
33:00c'est à partir de là
33:01que véritablement
33:02la PJ a commencé
33:02à faire peur aux politiques
33:03on continue à en parler avec vous
33:05Jean-Pierre Colombiès
33:06sur Sud Radio
33:07on vous retrouve
33:08et il y a encore quelques sujets
33:10à aborder
33:10et puis surtout
33:11vous nous appelez
33:11au 0826 300 300
33:13et à Nyssa
33:14je n'ai plus rien à ajouter
33:15vous avez tout dit
33:16mais non mais non
33:17il est 13h48
33:19vous êtes bien sur Sud Radio
33:20nous parlons
33:20police française
33:21police nationale
33:22avec Jean-Pierre Colombiès
33:24ancien commandant
33:24et auteur de
33:26la face obscure
33:27de la police
33:27aux édictions
33:28Max Milot
33:29à lire absolument
33:29que l'on soit policier
33:30j'allais dire
33:32homme politique
33:32ou citoyen
33:33qui veut comprendre
33:34ce qui se passe
33:34dans cette grande institution
33:36qui est confrontée
33:37j'allais dire
33:38aux aléas du temps
33:39à l'affaiblissement de l'état
33:41à des manques de moyens
33:42et puis aux fragilités
33:43qu'il peut y avoir
33:43des hommes et des femmes
33:45qui sont confrontés
33:45quelquefois
33:46à des situations épouvantables
33:47qui ne se sentent pas soutenus
33:49aimer des français
33:50oui on l'a vu
33:51quand il y a eu
33:51des grandes épreuves
33:52la solidarité du peuple français
33:54avec sa police
33:54et puis lorsqu'il y a une bavure
33:56tout de suite
33:56le vent tourne
33:57et ça devient tout de suite
33:59des représentants d'autorité
34:00qui peuvent se comporter
34:01de façon brutale
34:02et Jean-Pierre Colombiès
34:03a parfaitement décrypté
34:04les phénomènes
34:05qui peuvent conduire
34:06à ce genre de confusion
34:07nous avons Chantal
34:08qui nous appelle de Bastia
34:10bonjour Chantal
34:11bonjour Pélico
34:12est-ce qu'à Bastia
34:14l'ordre républicain
34:15règne
34:16grâce à la police française
34:18alors franchement
34:19nous on a
34:20je crois qu'on doit être
34:21une région
34:22où il y en a le plus
34:24il y avait une blague
34:25qui disait
34:26un arbre
34:26un CRS
34:27un arbre
34:27un CRS
34:28encore ça
34:29alors écoutez
34:30nous franchement
34:30moi quand je discute
34:31avec des policiers
34:32ils sont bien
34:32contre nous mettre ici
34:34parce que c'est assez
34:36tranquille malgré tout
34:36je ne dis pas
34:37qu'il n'y a pas de travail
34:37attention
34:39parce qu'il y a quand même
34:40la BAC
34:40il y a le problème
34:42des stupéfiants
34:44mais globalement
34:46moi en tout cas
34:46je me sens en sécurité
34:48ce qui n'est pas le cas
34:49de tous les français
34:49selon où ils sont
34:50moi ce que je voulais dire
34:53surtout
34:54moi j'avais
34:55je le dis au passé
34:56un grand respect
34:57pour la police
34:58et les gendarmes
34:59parce que ce sont
35:00des métiers difficiles
35:02ingrats
35:04en revanche
35:04quand j'ai vu
35:05le comportement
35:06avec les gilets jaunes
35:08avec quand il y a
35:09la manifestation
35:09des retraites
35:10quand j'ai vu même
35:11contre les pompiers
35:12certains CRS
35:13gazaient les pompiers
35:14c'est même
35:15des gendarmes
35:16qui sont intervenus
35:17et ce qui a fait
35:19vraiment basculer
35:20mon avis
35:21c'est par rapport
35:22aux agriculteurs
35:23c'est à dire que moi
35:24je veux bien
35:24qu'on manque de moyens
35:25vous voyez dans le GERF
35:27les agriculteurs
35:28on aurait mieux fait
35:29de traquer les pédophiles
35:31les magistrats
35:32ce ne sont pas eux
35:33qui votent les lois
35:34ce sont nos députés
35:36nos sénateurs
35:36qui ne servent à rien
35:38qui font comme ils le veulent
35:39la police
35:41vis-à-vis des OQTF
35:43je ne vois pas
35:44comment ils peuvent faire
35:44puisque ce n'est plus
35:45un délit
35:46merci monsieur Hollande
35:48puisque c'est
35:49une décision
35:50administrative
35:52aujourd'hui
35:53donc la police
35:54ils ont beau
35:54tous les arrêtés
35:55ça ne change rien
35:57donc
35:57quant au narcotrafic
35:59on ne leur donne pas
36:00les moyens
36:01il n'y a qu'à voir
36:01la ville du Havre
36:02qui est la porte ouverte
36:03je pense que
36:04c'est monsieur
36:05Philippe
36:06qui est maire du Havre
36:07qui vaut
36:08se présenter
36:09pour les présidentielles
36:10en 2027
36:12donc
36:12entre la pédocriminalité
36:14la drogue
36:15on ne leur donne pas
36:16les moyens
36:16quand ils commencent
36:17à tirer un peu trop
36:19le fil de la pelote
36:20il y a des gens
36:21au-dessus d'eux
36:22qui leur disent
36:23maintenant vous ne bougez plus
36:25les magistrats
36:26ont des coups de fil
36:27à gogo
36:27du ministère de l'Intérieur
36:28de la justice
36:29ne les mettez pas en prison
36:31parce qu'ils ont pris du retard
36:32sur les places de prison
36:33donc commençons
36:34à changer nos politiques
36:36mettons des gens courageux
36:38après la police
36:39et bien à un moment
36:39ils ont aussi
36:40le droit de retrait
36:42et je pense
36:42que les agriculteurs
36:45et bien ils devraient l'avoir
36:46la voie fonctionnaire
36:48je l'ai
36:48et croyez-moi
36:50et bien c'est bien dommage
36:51mais à un moment donné
36:52si on est solidaires
36:53et que tout le monde
36:54baisse les arbres
36:55parce que moi
36:56je suis désolée
36:57moi j'ai l'impression
36:57d'avoir affaire
36:58à une police politique
36:59aujourd'hui
37:00qui répond au pouvoir
37:01et pas au peuple
37:02et ça
37:03ça me déplaît
37:04et Dieu sait
37:04que j'avais
37:05vraiment une estime
37:07et il y a un père militaire
37:08quand même
37:09croyez-moi
37:10que c'est quelque chose
37:11que je respectais
37:11et je sais
37:12que ce n'est pas
37:12des métiers faciles
37:13mais à un moment
37:14on a le choix
37:15aussi de dire
37:16non
37:16là je n'y vais pas
37:17Jean-Pierre Colombiès
37:18parce que moi
37:19tant que fonctionnaire
37:20je l'ai fait
37:20on sent la colère de Chantal
37:22il y a beaucoup de choses
37:22dans ce qu'elle dit
37:23je pense qu'il y a des aspects
37:25de ce qu'elle approche
37:26avec laquelle vous êtes d'accord
37:26plus ou moins d'accord
37:28ça signale un malaise quand même
37:29de la part d'une citoyenne
37:30qui a été à un moment donné
37:31j'entends parfaitement ce qu'elle dit
37:32alors déjà premièrement
37:33pendant les Gilets jaunes
37:35notamment
37:35je suis souvent intervenu
37:37c'est là où vraiment
37:37j'ai intervenu énormément
37:39dans les médias
37:39pour rappeler
37:40une chose très simple
37:41c'est que malgré
37:42justement cette légitimité
37:45apparente
37:45dans la violence
37:46tout fonctionnaire
37:47qui commettrait
37:48une faute personnelle
37:49devrait en rendre compte
37:50devant les tribunaux
37:52parce que ça ne vous exonère pas
37:53tout simplement
37:54de faire preuve
37:55je dirais
37:55d'intelligence
37:56et de discernement
37:57et ce n'est pas parce que
37:58vous êtes commandé par quelqu'un
37:59qui vous dit rentrer dans le tas
38:00que vous devez vous sentir
38:02autorisé
38:02à taper sur tout ce qui bouge
38:04il y a quand même
38:05une autorité de contrôle
38:06on en a parlé tout à l'heure
38:07il y a les GS
38:07avant de passer au tribunal
38:08il y a déjà une sanction
38:09administrative interne
38:10les victimes peuvent aussi
38:11déposer plainte
38:12se porter partie civile
38:12qui a été faite
38:13heureusement d'ailleurs
38:14heureusement
38:14donc tout ça
38:16effectivement
38:18revient à
38:19analyser une ambiance
38:21globale
38:21on parlait des recrutements
38:22tout à l'heure
38:22il ne faut pas oublier
38:23qu'ils démissionnent
38:2410 000 fonctionnaires par an
38:2510 000 policiers par an
38:26démissionnent
38:2710 000 policiers par an
38:28démissionnent en France
38:29chaque année
38:30oui mais oui
38:31où sortez-vous ce chiffre
38:32c'est officiel
38:33c'est du ministère
38:33mais ça ne le dira pas
38:34il vous dira l'inverse
38:35c'est pas la traite
38:36c'est des gens
38:37qui jettent l'éponge
38:38qui se reconvertissent
38:39qui vont ailleurs
38:40qui font autre chose
38:41ça plus le fait
38:42qu'il y a moins d'embauches
38:42parce qu'il y a moins de vocation
38:45on va arriver à un point
38:46de...
38:46c'est pour ça qu'on recrut
38:47à 5 ou 6 de moyenne
38:48monsieur Perricot
38:49d'accord
38:50vous voyez où le débat
38:51où ça se situe
38:53on en est là
38:53d'accord
38:54on a énormément de démissions
38:55donc on prend n'importe quoi
38:56on prend n'importe quoi
38:57n'importe comment
38:57donc c'est pour ça
38:58que vous avez adoré
39:00les bavures d'hier
39:01vous allez adorer
39:02celles d'après-demain
39:03donc des gens moins compétents
39:04moins formés
39:05pour aucune vocation
39:06il y a de la lumière
39:07on est un peu payé
39:08on y va
39:08voilà
39:09c'est ça le constat
39:10et on rajoute à ça
39:12le déploiement
39:13de ce qui pour moi
39:14est une mesure antidémocratique
39:15globale
39:16c'est le développement
39:17de la police municipale
39:18alors là je vais faire
39:19hurler certains
39:20mais c'est pas grave
39:21c'est dans votre livre
39:22on est d'accord
39:23on n'est pas là
39:23pour tenir la longue voie
39:24vous parlez de grand remplacement
39:26on parle de grand remplacement
39:27je paraphrase volontairement
39:29de façon très provocante
39:30et Carcassonne illustre
39:31ce qui a pu se passer
39:32mais c'est pas le plus grave
39:33je vais vous dire un truc
39:34c'est même pas le plus grave
39:35parce que ce qui va se passer
39:36à terme
39:37c'est qu'on va avoir
39:37des baronies
39:38des sortes de féodalité locale
39:40où vous allez avoir
39:41un maire tout puissant
39:42parce que seuls
39:43les mairies qui auront
39:44suffisamment de moyens
39:45pourront se payer
39:46des polices municipales
39:47dignes de ce nom
39:48mais vous m'accorderez que
39:50il y en a très bien aussi
39:51vous reconnaissez
39:51qu'il y en a qui fonctionnent très bien
39:52je n'ai pas dit
39:52que c'était tous des voyages
39:54je n'ai pas dit ça
39:55et il y a des gens formidables
39:56qui font partie de la police municipale
39:57moi je place le débat
39:58si vous voulez
39:58je mets le curseur un peu plus haut
40:00j'ai compris
40:00on élève un petit peu le truc
40:01le stade d'observation
40:03ce que je considère
40:04c'est que vous n'aurez pas
40:05la même police municipale
40:06que vous résidiez à Nice
40:08ou à Saint-Denis
40:09vous m'accorderez que
40:10celui qui va gérer l'orchestre
40:12le maître
40:13le chef d'orchestre de tout ça
40:14c'est le maire
40:15d'accord
40:15et d'ailleurs
40:17Bakayoko l'a dit clairement
40:18il a dit moi j'ai une politique
40:19de la sécurité
40:20qui est la mienne
40:21qui est propre
40:21à ma personne
40:23et à mon parti
40:23maire de Saint-Denis
40:24maire de la France insoumise
40:25de Saint-Denis
40:25cette police municipale future
40:28correspondra
40:28à ce schéma philosophique
40:30et idem
40:32à Nice
40:32ou Cannes
40:33mais ceux qui n'ont pas voté
40:34pour lui
40:35qu'est-ce qu'on va en faire
40:36ceux qui n'ont pas voté
40:37pour Eric Ciotti
40:38ou
40:40monsieur Bakayoko
40:40donc on les met dans le même sac
40:41ils vont subir
40:42quelque part
40:43ce diktat
40:43et ça pour moi
40:44c'est pas envisageable
40:45parce que pour moi
40:46la police nationale
40:48ça veut dire ce que ça veut dire
40:49elle correspond à une philosophie
40:51nationale
40:51alors c'était
40:52on a cité Pétain
40:53on aurait pu citer aussi
40:54surtout Napoléon
40:55qui lorsqu'il a créé
40:56le corps de la préfectorale
40:57c'est ce qu'il voulait
40:58il voulait que la loi
40:59soit appliquée
41:01partout de la même façon
41:02en France
41:03bon avec Fouché
41:03au ministère de l'Intérieur
41:04vous m'accorderez que
41:05il y avait déjà
41:06une petite arrière
41:06très efficace
41:07autrement dit
41:08voilà
41:08une solidité de l'état
41:09une légitimité des institutions
41:11et un respect
41:12avec des dérives
41:13avec des dérives
41:13enfin il n'y a pas de police
41:14la police n'est respectée
41:16que si elle est crainte
41:17on est d'accord
41:17mais il faut qu'elle soit crainte
41:18vous savez Napoléon
41:19quand il a créé la préfectorale
41:20c'est parce qu'il avait peur du peuple aussi
41:22bien sûr
41:22il avait bien connu le peuple en action
41:23ça c'est peut-être des choses
41:24qui sont toujours d'actualité
41:25la peur du peuple
41:26on l'a vu pendant les gilets jaunes
41:27et ça l'expliquait
41:28et on n'est pas à l'abri
41:29Jean-Pierre Colombier
41:30chaque fois que vous venez
41:31je vous dis
41:31on vous invite bientôt
41:32il y a tellement de choses
41:34non mais vous couvrez un sujet
41:35d'abord
41:35qui nous touche très à coeur
41:37il y a beaucoup de sujets
41:38la police française
41:39c'est important
41:39la gendarmerie
41:40les autorités
41:40à une époque
41:41où on sent que la république
41:42est en train de se déliter
41:43et que l'autorité se perd
41:44on espère qu'on aura
41:45une police solide
41:46convaincue
41:47passionnée
41:47avec la vocation
41:48et commandée par des gens
41:49qui ont le service public
41:51je dirais chevillé
41:52et des gens tels que vous
41:53qui auront le courage
41:54de dire quand ça va
41:55et quand ça va pas
41:56à très bientôt
41:56Jean-Pierre Colombier
41:57je vous renouvelle l'invitation
41:59Anissa
41:59merci également
42:00ben oui c'est fini
42:01on remercie également
42:01Barka Zerouali
42:02on remercie Sarah
42:04la mère d'une enfant
42:05victime du scandale
42:06du périscolaire
42:07Philippe Aurioneguer
42:07l'avocat
42:08évidemment
42:09Pierre-Henri
42:10Pierre-Henri
42:11Philippe-Henri
42:13Philippe-Henri
42:13et puis évidemment
42:16merci à tous ceux
42:17qui nous ont écoutés
42:18merci pour vos appels
42:18vos témoignages
42:19on se retrouve demain
42:20à suivre
42:22Brigitte
42:22là-hé
42:23évidemment
42:23vous savez de quoi
42:24elle va nous parler
42:24j'ai pas reçu
42:26cette délicieuse information
42:27elle va nous parler d'amour
42:28d'amour
42:29et ben voilà
42:30ça fera du bien
42:31quand on vient en parler
42:32pendant une heure
42:32l'amour de la police
42:33à demain
42:34on vous embrasse tous
42:35merci au revoir
Commentaires