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  • il y a 56 minutes
Avec Sandrine Rousseau, députée Écologiste de Paris
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##L_INVITE_POLITIQUE-2026-09-16##

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News
Transcription
00:01Jacques Cardoze
00:02Il est 8h30, à l'écoute de Sud Radio, l'heure du grand entretien politique.
00:07Aujourd'hui, Jacques, vous recevez Sandrine Rousseau, députée écologiste de Paris.
00:11Bonjour Sandrine Rousseau.
00:12Bonjour.
00:13Commençons par le pouvoir d'achat, la colère monte face au prix du carburant.
00:17Hier, un auditeur me disait, ici même, finalement, je suis content d'être passé à l'électrique.
00:21Est-ce que vous, vous vous réjouissez de ces prix élevés ?
00:24C'est une forme de victoire pour l'écologie ?
00:26Certainement pas comme ça.
00:27Certainement pas comme ça, surtout après des mois de conflits sur le détroit d'Hormuz
00:32et aucune espèce de politique publique d'accompagnement.
00:35C'est-à-dire que moi, je pense qu'il faut qu'on sorte des voitures thermiques,
00:38mais certainement pas comme ça.
00:39Là, c'est du chacun pour soi.
00:40En 2021, vous disiez, il faut que l'essence augmente, car c'est ce qui pollue et c'est ce
00:44qui nous met en danger.
00:45Oui, bien sûr.
00:46Mais avec des politiques publiques, c'est précisément le sujet.
00:48C'est qu'on aide les personnes.
00:50Là, les personnes, elles sont toutes seules.
00:51Enfin, moi, je pense à toutes les personnes qui ont besoin absolument de leur voiture pour aller travailler.
00:54Mais quel enfer !
00:55Entre ça et le logement, ça devient les deux principaux postes de la plupart des Français aujourd'hui.
01:00C'est-à-dire qu'une fois que vous avez payé votre essence, une fois que vous avez payé votre
01:02loyer,
01:02vous n'avez plus de quoi même manger.
01:04Il y a un Français sur dix aujourd'hui qui se prive de nourriture.
01:07On est là, on est la septième puissance du monde.
01:09Enfin, on se rend compte un peu de la situation.
01:11Donc, vous ne le dites plus aujourd'hui ?
01:12Vous ne dites plus, il faut que l'essence augmente ?
01:25C'est un effondrement écologique.
01:26Mais si on ne le dirige pas, si on ne le pilote pas, si on ne fait pas des politiques
01:30publiques,
01:31eh bien, ça va être du chacun pour soi.
01:32Et là, on est déjà dedans.
01:33Et on voit à quel point c'est violent socialement.
01:36On voit également avec les marins pêcheurs à quel point, effectivement, c'est violent socialement.
01:40On a connu un été très chaud avec des températures d'océan très élevées, donc moins de poissons.
01:45C'est ce que nous disait également encore ce matin un marin pêcheur.
01:48Qu'est-ce que vous lui dites ?
01:49Vous le dites, c'est le sens de l'histoire ?
01:50Quelque part, il faut arrêter de pêcher ?
01:52Ce n'est pas le sens de l'histoire.
01:54Malheureusement, on aurait pu faire autrement.
01:55Mais à force de repousser les politiques publiques contre le réchauffement climatique,
01:59eh bien, on se retrouve en effet avec un effondrement de la biodiversité,
02:03donc des poissons dans l'océan.
02:04Là, les océans, la mer Méditerranée a atteint des records de températures.
02:09Les coraux sont en train de disparaître de manière extrêmement accélérée.
02:13Et en fait, s'il n'y a pas de coraux, il n'y a pas de nurserie,
02:16et c'est toute la biodiversité de l'océan qui est menacée.
02:19Et moi, ce que je dis aux pêcheurs, c'est que ce n'est pas de votre faute.
02:22Ce n'est pas de votre faute, mais qu'il va falloir quand même encadrer la pêche
02:25et que surtout, vous gardiez vos revenus, que vous gardiez votre capacité à vivre.
02:31En fait, c'est ça le sujet, c'est qu'on ne va pas pouvoir continuer comme avant.
02:34Mais par contre, il faut que les personnes qui sont dans des secteurs qui doivent évoluer
02:39gardent une capacité à vivre, gardent des vrais revenus.
02:41Et pour ça, on a besoin de l'État.
02:43Et on a l'impression que l'État s'est enfui.
02:45Moi, j'ai l'impression que le gouvernement, pendant tout l'été, était aux abonnés absents.
02:49On a l'impression que c'était la fuite à Varennes, quasiment.
02:51Enfin, vraiment, non, mais là, on a, au retour de l'été, une interview de 5 pages.
02:57Vous les trouvez totalement absents, là, sur la crise des carburants ?
02:59Mais incroyable ! Au retour de l'été, on a une interview de 5 pages du Premier ministre Sébastien Lecornu.
03:045 pages dans Le Parisien.
03:06Vous savez que cette interview, ce n'est pas à vous que je vais la prendre,
03:08c'est évidemment une interview importante à la rentrée.
03:11Il n'y a pas le mot réchauffement climatique.
03:13Il n'y en a pas.
03:14C'est incroyable, après l'été qu'on a passé.
03:17On le voit bien, il y a des sécheresses partout, les maisons craquent, les agriculteurs.
03:20Qu'est-ce que vous leur dites ?
03:21Le nombre de suicides qu'on va avoir chez les agriculteurs, moi, j'attends de voir les chiffres.
03:24Mais là, aujourd'hui, une profession qui est à ce point-là en difficulté,
03:29en tous les cas pour les petits agriculteurs,
03:32va souffrir de manière absolument incroyable.
03:34On n'a rien en face.
03:36Une autre colère s'exprime dans le pays, c'est celle des policiers.
03:38Vous les soutenez toujours dans leur action, les policiers ?
03:41Les policiers, je les soutiens, évidemment, qu'on a besoin de la police,
03:45mais pas d'une police sans avoir de réflexion sur à quoi sert la police,
03:52à quoi sert la sûreté.
03:55Ce n'est pas un maintien de l'ordre par la force,
03:57ce n'est pas un maintien de l'ordre raciste,
03:59c'est quelque chose qui est au service des citoyens.
04:01Un maintien de l'ordre raciste ?
04:02Oui, parce qu'on l'a vu, il y a des vidéos,
04:04il y a des personnes qui...
04:06On l'a vu à Carcassonne, on l'a vu ailleurs,
04:08c'était la police municipale, mais je veux dire, à un moment...
04:10C'était une police municipale en 2025 ?
04:12Oui, mais il y a une autocritique à faire,
04:17et il y a quelque chose à travailler au sein de la police
04:19sur les préjugés qu'il peut y avoir,
04:21les préjugés sexistes, les préjugés racistes, etc.
04:23Et qu'en fait, une police qui est respectée,
04:25c'est aussi une police qui travaille sur ces préjugés-là.
04:28Je prends pour exemple la police de Londres, par exemple,
04:31qui a fait un énorme travail là-dessus,
04:34et c'est comme ça qu'on se fait davantage respecter.
04:36Donc moi, je soutiens, évidemment, on a besoin de la police,
04:39de commissariat de proximité, etc.
04:41Mais attention à ne pas virer dans une police
04:43qui est une police qui renforce l'ordre social
04:49et qui est là uniquement pour conserver un ordre social déjà dépassé.
04:53Vous reprenez à votre compte le slogan,
04:55la police tu, qu'on entend souvent dans les cortèges de la France insoumise ?
04:58Il y a trop de morts dans des opérations de police en France.
05:02Enfin, je veux dire, il faut l'accepter, il faut l'entendre.
05:05C'est une affirmation qui ne s'appuie pas sur une étude, en tous les cas.
05:09Ah ben, on a...
05:10Alors là, je n'ai pas révisé le chiffre juste avant de venir,
05:12mais on est parmi les pays d'Europe
05:14qui avons le plus de mortalité lors des opérations de police.
05:19Ce n'est pas possible.
05:19Et puis moi, je me souviens des gilets jaunes.
05:21Je me souviens des gilets jaunes.
05:22Oui, mais enfin, les gilets jaunes, c'est inadmissible.
05:24Ce n'est pas pareil de dire la police tu et effectivement,
05:28il y a eu des exactions durant les manifestations des gilets jaunes.
05:33Si on a des blessures et si on a un nombre de morts qui est important
05:38et qu'on ne fait pas le travail pour les diminuer,
05:40alors on est dans un système où les actions policières conduisent à la mort.
05:45Et ça, ce n'est pas possible.
05:46Alors, passons à cette campagne qui semble passionner les Français.
05:49D'abord, on a du mal à comprendre à quoi sert la candidature de Marine Tondelier à gauche.
05:53Je regarde les sondages, tout simplement, je vois entre 3,5 et 6%.
05:57Pourquoi elle maintient sa candidature, Marine Tondelier ?
05:59Je vous propose de lui poser la question.
06:01Parce que moi, je voudrais que nous ayons...
06:03Mais vous faites partie du même mouvement.
06:03Oui, mais je voudrais que nous ayons un vote des militants.
06:06C'est ce sur quoi je me bats.
06:07Les gens ne se rendent pas bien compte de tout le travail qui est fait en interne des partis.
06:11Et je comprends pourquoi ils ne s'en rendent pas compte,
06:13parce que ce n'est pas extrêmement agréable à regarder
06:14et que ce n'est pas la face la plus brillante de la politique.
06:18Mais à l'intérieur des partis, nous faisons un travail énorme
06:21pour qu'il y ait enfin un vote des militants.
06:23Des militants, pas des cadres.
06:24Des militants de notre parti politique.
06:27Et en fait, aujourd'hui, force est de constater
06:29qu'il y a quand même une volonté de flou,
06:33il y a une volonté de recul de ce vote le plus loin possible,
06:36le plus tardivement possible.
06:37Et moi, je dis, c'est quand même...
06:38Marine Tondelier refuse le vote des militants ?
06:41En tous les cas, elle ne veut pas le faire maintenant.
06:43Pourquoi ?
06:43Eh bien, c'est la question.
06:45Et moi, je voudrais que nous le fassions...
06:47Alors, je suis d'accord pour attendre la fin de la primaire des socialistes,
06:50parce que je pense que c'est aussi quelque chose de réglo vis-à-vis des partenaires de gauche.
06:54Mais une fois que la primaire socialiste est connue,
06:57qu'on sait qui est le vainqueur ou la vainqueur de cette primaire,
07:01eh bien, qu'on prenne une décision.
07:02On ne peut pas rester dans un grand écart comme ça,
07:05comme on le fait actuellement.
07:06La politique, c'est de prendre des décisions
07:07et de participer à la campagne.
07:09Juste une dernière phrase pour dire
07:10qu'il y a énormément de militants chez nous
07:12qui ne rêvent que d'une chose, c'est d'entrer en campagne.
07:15Parce qu'évidemment, on fait de la politique
07:16parce qu'on a des convictions,
07:17parce qu'on veut changer les choses
07:19et que ce qui se prépare en 2027 nous inquiète
07:21et donc nous devons partir en campagne sur une ligne claire.
07:24Et les militants dont vous parlez,
07:25ils veulent savoir s'ils suivent Marine Tondelier
07:27ou s'ils vous suivent et s'ils suivent Jean-Luc Mélenchon ?
07:29Non, la question, c'est est-ce qu'on fait alliance avec l'EPS ?
07:32Est-ce qu'on maintient une candidature autonome
07:34ou est-ce qu'on fait alliance avec LFI ?
07:35La question, elle est simple en réalité.
07:37Et j'imagine qu'au bout du bout, il y a quand même évidemment
07:40la qualification de celui que vous choisirez
07:43pour la gauche et pour le second tour.
07:45Est-ce qu'il y a un risque que Marine Tondelier
07:48soit la Christiane Taubira de Jean-Luc Mélenchon ?
07:51La Christiane Taubira de Jean-Luc Mélenchon ?
07:54Je fais référence à une élection
07:56où on a dit que Christiane Taubira,
07:58parce qu'elle avait maintenu sa candidature,
08:00et bien Lionel Jostin n'avait pas réussi à passer au second tour.
08:03On se souvient de cette élection.
08:04C'est le risque, c'est le risque.
08:06Et je pense qu'il y aura vraiment des comptes à rendre
08:10devant les citoyens et citoyennes,
08:13que l'histoire se souviendra des stratégies politiques,
08:17et surtout si on empêche la gauche d'être au second tour
08:20de cette élection présidentielle.
08:22Enfin vraiment, moi j'appelle à la responsabilité là-dessus,
08:25ça n'est pas une élection comme les autres.
08:26En tous les cas, vous, c'est clair, vous l'avez toujours dit,
08:28vous continuez de soutenir Jean-Luc Mélenchon ?
08:31Moi je souhaite qu'il y ait une alliance avec LFI,
08:35que notre parti soit en alliance avec LFI,
08:37mais je souhaite aussi qu'il y ait une alliance sur un fonds programmatique,
08:41c'est-à-dire qu'on ait véritablement des négociations,
08:43que ce ne soit pas un ralliement comme ça sec, je dirais,
08:47mais qu'il y ait une alliance sur la base d'éléments programmatiques,
08:51comme ça se fait à chaque fois.
08:52Quand allez-vous vous prononcer ?
08:55Moi je fais tout le travail en interne pour qu'il y ait un vote,
08:58donc ça c'est ma priorité actuellement.
09:00Si on n'y arrive pas, on va voir,
09:02on va avoir des échéances importantes.
09:04Vous n'excusez pas de vous prononcer ?
09:05Je n'excuse rien du tout,
09:06mais pour l'instant je me bats pour qu'il y ait un vote à l'intérieur de mon parti,
09:09parce que je ne veux pas faire ce qu'a fait par exemple Yannick Jadot,
09:13de sortir tout de suite.
09:14Moi je veux qu'il y ait un vote,
09:15parce que je veux respecter les militants,
09:16et après chacun prendra ses responsabilités,
09:18et peut-être que je les prendrai,
09:19mais je veux qu'il y ait un vote des militants.
09:21Je ne me résous pas à ce que les écologistes,
09:24qui étaient un parti qui se revendiquait de la démocratie,
09:27qui mettaient ça comme drapeau devant son siège en disant
09:30on est le parti le plus démocratique,
09:32on renonce à la démocratie dans ce moment-là.
09:34Vous risquez, vous le savez,
09:35si vous faites cavalier seul, l'exclusion,
09:38comme Yannick Jadot que vous venez citer.
09:39Il n'a pas été exclu.
09:41Oui, pas formellement,
09:42mais j'ai cru comprendre que Marine Tondelier disait qu'il s'était exclu de lui-même.
09:46Oui, ça c'est les formules...
09:49Avançons sur la France insoumise.
09:52Avançons sur la France insoumise,
09:53qui pour vous n'est pas un repoussoir,
09:55malgré différentes affaires.
09:57Je pense au boycott de la DJ Barbara Butch,
10:01au prétexte qu'elle défend Israël.
10:02Arima Hassan, qui sera jugée aujourd'hui même pour apologie du terrorisme.
10:06Tout ça ne vous empêche pas de suivre et de soutenir la France insoumise.
10:10sur Barbara Butch, j'ai pris une position qui, d'ailleurs, n'a pas été forcément comprise par les militants
10:14LFI.
10:16J'ai reçu énormément de retours là-dessus,
10:19mais pour moi, elle a juste signé une pétition
10:24et elle est allée faire un set dans l'ambassade de France en Israël.
10:28Bon, voilà, je pense que c'était pas...
10:30Enfin, moi, je ne l'aurais pas fait.
10:32Maintenant, boycotter ou interdire l'exercice de la culture,
10:36en fait, il faut aussi réfléchir à ce que ça génère si le Rassemblement national vient au pouvoir.
10:42C'est-à-dire que, du coup, ça légitime aussi le fait qu'on puisse interdire la prise de parole
10:46ou des actes culturels de gens qui ne leur plairaient pas.
10:51Donc, moi, je ne suis pas là-dessus
10:52et j'appelle vraiment à ce qu'on réfléchisse à 360 degrés aux actions que nous menons.
10:58Voilà, maintenant, je ne suis pas LFI, je suis écologiste,
11:03mais je souhaite qu'il y ait une forme de rupture
11:06avec le système économique et social que nous connaissons actuellement
11:09et forcée de constater qu'aujourd'hui, dans le paysage politique,
11:13c'est LFI qui le porte.
11:14Alors, polémique autour de la chasse.
11:17Vous n'êtes pas l'ami des chasseurs, ça, c'est pas un scoop.
11:19Vous avez même déclaré qu'il fallait les affronter lors de cette ouverture de la chasse.
11:23Willy Schren a eu des propos assez durs sur cette antenne ce week-end.
11:28Je le cite, elle est folle.
11:30Quand on est parlementaire et qu'on dit des choses comme ça, c'est incroyable, c'est de la folie.
11:34Qu'est-ce qui va se passer demain sur nos territoires
11:35s'il y a des gens qui s'opposent physiquement aux chasseurs
11:38et prennent cela au pied de la lettre ?
11:40Qu'est-ce que vous lui répondez ?
11:42Que c'est incroyable de dire ça après un été de sécheresse
11:46où la faune sauvage a souffert comme jamais,
11:49qu'il y a eu des feux, des incendies énormes
11:52et qu'on autorise même la chasse dans les forêts
11:54dans lesquelles il y a eu ces incendies à Fontainebleau, par exemple.
11:57Et que vous imaginez bien que s'il y a de la chasse dans la partie
12:00qui n'a pas été brûlée,
12:02les animaux vont être poussés vers la partie brûlée.
12:04Donc en fait, pour eux, je ne comprends pas
12:07que les chasseurs ne prennent pas leurs responsabilités dans ce moment
12:11et qu'ils s'accrochent en dépit du bon sens
12:15et en dépit de la préservation de la biodiversité
12:18dans leur activité de loisir,
12:19simplement parce que ça leur fait plaisir d'aller tirer des animaux le week-end.
12:22Mais je dis aussi que le terme de folle est un terme sexiste
12:26et qu'en fait, c'est aussi la révélation,
12:28ça révèle le masculinisme des chasseurs.
12:31C'est-à-dire qu'en fait, c'est une organisation
12:33qui est dans une appropriation virile de la nature.
12:37C'est-à-dire, c'est à moi, je tire quand je veux.
12:39Et s'il y a des écologistes qui se promènent dans la forêt à ce moment-là,
12:43eh bien, c'est eux le problème.
12:44Moi, je dis attention.
12:46Vous essentialisez les chasseurs, vous dites ils...
12:47Quand ils me traitent de folle, ils m'essentialisent.
12:50C'est Willy Schrenn qui le fait.
12:51Oui, mais enfin, c'est la Fédération Nationale des Chasseurs
12:54qui a intenté un procès contre moi
12:57parce que j'avais dit que les fusils de chasse
12:59pouvaient le week-end servir à des féminicides,
13:01ce qui est statistiquement prouvé.
13:03Et j'ai gagné d'ailleurs ce procès deux fois.
13:06Et ils me doivent d'ailleurs des dommages et intérêts.
13:08Et donc, à un moment, on ne fait pas de la...
13:12Enfin, on peut avoir un débat sur la chasse,
13:15mais on ne fait pas de l'intimidation comme ils le font
13:17par la justice et par des mots comme folle.
13:19À un moment, ce monde-là,
13:21où les hommes peuvent se permettre de traiter les femmes de folle,
13:24est terminé.
13:24Et pardon Willy Schrenn, il va falloir évoluer.
13:27Sandrine Rousseau est notre invitée dans la deuxième partie.
13:29On vous demandera si on peut poser nue et être féministe.
13:33C'est l'une des polémiques dont on parle beaucoup
13:36ces dernières heures sur les réseaux sociaux
13:37à propos d'une photo de Sidney Sweeney,
13:40une actrice américaine.
13:41Un auditeur vous interrogera sur les méga-bassines
13:44et puis vous aurez trois minutes pour nous convaincre
13:45qu'il faut abandonner ce que vous appelez l'ancien monde.
13:48À tout de suite.
13:56Sandrine Rousseau est l'invité du Grand Entretien.
13:58Dans un instant, vous nous direz ce que vous pensez
14:00de la publicité qui fait polémique
14:02tournée par l'actrice américaine Sidney Sweeney.
14:05Un auditeur a choisi de vous interroger sur le stockage de l'eau.
14:07Mais d'abord, nous vous proposons une carte blanche.
14:09Vous avez trois minutes pour nous convaincre
14:11qu'il faut abandonner ce que vous appelez l'ancien monde.
14:14C'est quoi l'ancien monde ?
14:15L'ancien monde, c'est le monde dans lequel on était maître et possesseur de la nature,
14:19dans lequel on avait l'impression que notre technique et notre technologie
14:22allaient nous sauver quoi qu'il se passe.
14:23C'est un monde dans lequel aussi on gaspillait énormément.
14:27On pouvait utiliser du pétrole qui a nécessité des millions d'années pour être produit
14:34et on l'utilisait en plastique qu'on jetait dans les quelques secondes
14:38après l'avoir utilisé.
14:40Et en fait, c'est un monde de gaspillage, de destruction, de prédation
14:43et que j'invite vraiment tout le monde à sortir de ce monde-là.
14:46Nous rentrons dans un monde d'incertitude.
14:48Et pour cela, il faut se poser la question de ce qui est essentiel pour nous.
14:52Qu'est-ce qui est essentiel ?
14:53L'eau, la nourriture, le logement, les liens sociaux, la culture sans doute aussi, l'éducation.
14:59Mais peut-être que cette espèce de consommation de masse
15:01et cette accumulation dans nos placards d'objets
15:04dont on ne se sert qu'une fois tous les deux ans
15:06n'est pas forcément nécessaire.
15:08Et c'est cela le monde qui nous préserverait de l'avenir.
15:11Et je voudrais juste en finir pour dire
15:13vous aimez vos enfants, vous les choyez, vous les adorez,
15:16vous faites tout pour qu'ils soient heureux.
15:18Eh bien, faites en sorte que nous préservions les conditions de leur vie sur Terre.
15:22Et pour cela, il va falloir changer et sortir de notre mode de consommation
15:26et notamment aussi de la viande.
15:28Alors concrètement, concrètement, qu'est-ce que cela signifie ?
15:30Notamment la question du stockage de l'eau,
15:33de cette ressource essentielle pour nous tous
15:35et en particulier pour les agriculteurs.
15:37On a une question d'un auditeur qui a souhaité vous interroger sur cet aspect-là.
15:41Bonjour Madame Ronceau.
15:42Je suis Philippe, agriculteur au nord du Lot, à Casziat, au nord de la région Occitanie.
15:46Voilà, donc aujourd'hui très touché par la canicule
15:48qui a frappé tout le pays de plein fouet depuis plusieurs mois.
15:52La trésorerie des agriculteurs est complètement assèche
15:55comme les cours d'eau, comme les rivières.
15:56Pour le monde agricole, pour des retenues d'eau,
15:58voilà, que comptez-vous faire ?
15:59Merci Madame Ronceau.
16:01Et moi je pense que l'agriculture ne doit pas vivre uniquement
16:05du cours des matières premières sur les marchés internationaux.
16:08C'est-à-dire qu'on doit trouver une manière de donner un revenu aux agriculteurs
16:13qui prennent en compte l'ensemble des activités de préservation de la biodiversité
16:18et de l'agroforesterie, de la qualité des sols.
16:21Mais aussi qu'on aille, et je sais que c'est un tabou chez les agriculteurs,
16:25mais vers un revenu minimum de l'agriculture.
16:27C'est marrant, c'est la question que j'allais vous poser.
16:29Vous voudriez une sorte de revenu minimum pour tout le monde ?
16:31Pourquoi ce serait tabou pour les agriculteurs ?
16:34Parce que dans le monde agricole et dans la mentalité agricole,
16:37il y a beaucoup d'agriculteurs qui refusent de vivre de subventions
16:41ou de la redistribution.
16:44Mais en fait, la politique agricole commune est une forme de redistribution.
16:48Donc de toute façon, il y a déjà une part du revenu agricole actuel
16:51qui est liée à cette redistribution.
16:53Ce que vous dites, c'est que ce serait un moyen de se préserver des deux côtés,
16:55c'est-à-dire à l'écologie, de faire son chemin,
16:58mais aussi aux agriculteurs de se préserver.
16:59Exactement, et j'avais fait les calculs.
17:01Si on verse un revenu minimum des agriculteurs à 1 000 euros
17:04pour tout agriculteur en deçà d'un certain seuil de rentabilité,
17:10eh bien, c'est la moitié du budget de la PAC.
17:12En fait, ça se fait, quoi.
17:13C'est possible, politiquement, c'est possible.
17:15Il suffit d'avoir une volonté.
17:16Alors, j'avais envie qu'on aborde la question du stockage de l'eau.
17:20Est-ce que vous avez entendu l'intervention de Julien de Normandie,
17:23il y a quelques semaines, ancien ministre et ingénieur agronome,
17:26qui dit notamment sur cette question
17:28qui crispe un peu tout le monde du stockage et des mégabassines,
17:31qu'il faut arrêter de voir cette question-là
17:35sans l'aborder par la qualité des sols et par leur inclinaison.
17:39Que si on ne le fait pas, ça n'a pas de sens.
17:41Est-ce que sur cette question-là, il y a trop de crispations
17:45et est-ce que vous ne faites pas, finalement, un peu trop preuve d'idéologie ?
17:49Mais il faut regarder la capacité des sols à retenir l'eau.
17:54C'est ça qui est essentiel.
17:55C'est pour ça que je vous parlais des haies tout à l'heure.
17:58Rémunérer les agriculteurs pour des haies.
18:00Alors, c'est fait aujourd'hui, mais de manière extrêmement faible.
18:02Mais rémunérer les agriculteurs pour entretenir des haies,
18:04c'est aussi maintenir une humidité des sols.
18:07C'est empêcher qu'il y ait aussi un ruissellement
18:10qui emmène toute la matière fertile des sols.
18:12Donc, en fait, c'est en cela qu'on doit revoir l'agriculture et le modèle agricole.
18:17Vous ne dites pas non aux méga-bassines ?
18:20Vous dites qu'il faudrait mieux irriguer ?
18:21Ah si, je pense qu'il faut...
18:23Les méga-bassines, c'est des retenues d'eau qui pompent dans la nappe phréatique aujourd'hui.
18:28Vous voyez bien que dans l'état de sécheresse dans lequel on est,
18:30on ne peut pas se permettre d'avoir comme ça une partie de la nappe phréatique
18:33qui est utilisée, conservée pour uniquement des usages...
18:38Ce n'est peut-être pas la seule explication.
18:39Il y a aussi une question de circulation de l'eau.
18:42C'est ce que nous disent les ingénieurs agronomes.
18:43Ça dépend tellement des terres.
18:45Oui, mais les ingénieurs agronomes, je rappelle quand même
18:47qu'ils ont sacrifié la plupart des ruisseaux,
18:50la plupart des rivières pour aménager le territoire.
18:54Et qu'aujourd'hui, si on avait ces ruisseaux et ces rivières au moins en partie,
18:57on ne serait pas dans les situations de sécheresse que nous connaissons actuellement.
19:00Donc, en fait, quand je vous disais qu'on sort du vieux monde,
19:03c'est qu'on sort aussi de cette vision de l'ingénierie du monde.
19:07Ça ne peut pas être non plus tout l'un ou tout l'autre.
19:08C'est un peu ça ma question.
19:09Déjà, je rappelle quand même que les méga-bassines
19:12servent une infime minorité des agriculteurs
19:15qui font de l'agriculture très intensive
19:17et notamment du maïs pour l'élevage.
19:19C'est pour ça que je mène ce combat sur la viande
19:21pour que l'agriculture puisse nourrir tout le monde,
19:24mais aussi préserver l'eau pour tout le monde,
19:26préserver les sols pour tout le monde.
19:27Aujourd'hui, on a besoin des insectes, on a besoin des oiseaux.
19:30Et c'est pour ça que j'ai eu cette phrase
19:32qui a choqué beaucoup sur la rentabilité.
19:33C'est que plus on va dans une rentabilité purement économique de l'agriculture,
19:39plus on détruit la matière même qui nous permet de continuer à vivre,
19:44de retenir l'eau, d'avoir de la biodiversité, etc.
19:46Et donc d'éviter aussi des maladies.
19:48En fait, c'est tout notre rapport à la terre que l'on doit modifier.
19:52Mais pour cela, et je le redis,
19:54on doit aussi prendre soin des agriculteurs.
19:56Il n'est pas possible de les laisser seuls face à leur stock de dettes
20:00et regarder leurs comptes se vider petit à petit.
20:03Sandrine Rousseau, un tout autre sujet,
20:04une réaction sur les 4 milliards consacrés par le gouvernement
20:08à la loi intégrale sur la protection de l'enfance
20:12et les agressions sexuelles.
20:13Est-ce que c'est une bonne nouvelle, ce que vient d'annoncer le gouvernement ?
20:16Alors, il l'a annoncé, je l'ai vu et je salue cette annonce.
20:20Maintenant, je voudrais voir comment ça va s'incarner dans le PLF et le PLFSS,
20:24donc les deux budgets, État et Sécurité Sociale,
20:26parce que les gouvernements successifs nous ont préparés
20:31et ont eu de multiples annonces comme ça
20:33où en fait, ils ressortaient des espèces de vieilles lignes budgétaires
20:36qui existaient déjà.
20:37Donc, permettez que je ne m'enthousiasme pas
20:40et que je regarde un petit peu.
20:41Et pour l'instant, nous n'avons aucune précision
20:43sur où sont pris ces 4 milliards.
20:44La France Insoumise, notamment, n'a pas co-signé le texte de loi
20:47sur les violences conjugales
20:48parce qu'ils disent qu'il y a des manques dans les fondamentaux.
20:52C'est un peu la même idée ? Vous attendez de voir ?
20:54Oui, mais moi, d'ailleurs, je ne l'ai pas signé encore
20:56parce que j'attends de voir si on va sur du tout répressif
20:59ou si c'est une véritable loi qui permette
21:01et la prévention et la détection et l'accompagnement.
21:04Alors, on aborde ce fameux sujet avec vous, Benjamin Glez.
21:07Vous nous avez rejoint sur cette polémique autour des réseaux sociaux
21:10et cette publicité d'une Américaine
21:13qui provoque un énorme tollé, y compris en France.
21:15Oui, alors, une Américaine, en l'occurrence l'actrice Sydney Sweeney,
21:18depuis vendredi dernier, elle apparaît dans un spot publicitaire
21:21pour un site de Paris sportif dont elle est actionnaire.
21:24Dans cette publicité, la comédienne pose nue ou presque.
21:28On la voit notamment cacher sa poitrine
21:29à l'aide de deux ballons de foot américains.
21:31À notre moment, c'est un panier de basket qui cache ses parties intimes.
21:35Tout ça pour parler de sport, uniquement de sport,
21:38dit-elle à la caméra.
21:46Sur les réseaux sociaux, de nombreux athlètes sont montés au créneau aux Etats-Unis
21:50comme en France pour dénoncer une sexualisation du sport féminin.
21:53Parmi les mots qui reviennent, immonde ou encore régression.
21:57Sandrine Rousseau, mon corps, mon choix,
21:59est-ce que c'est une icône féministe selon vous
22:01ou une complice des masculinistes ?
22:04Déjà, je voudrais dire que les femmes posent nue si elles souhaitent poser nue,
22:07mais que là, on revient quand même au salon de l'automobile
22:11dans lequel il y avait des femmes à moitié nues
22:13qui posaient sur les capots des voitures de manière lassive
22:17pour attirer le consommateur.
22:19Là, j'ai quand même l'impression qu'on revient aussi
22:21au calendrier Pirelli, etc.
22:24Donc évidemment qu'il y a une dimension sexiste dans cette affaire.
22:27C'est-à-dire qu'on utilise le corps d'une femme
22:29et pas n'importe quelle femme
22:30pour attirer les hommes et faire en sorte qu'ils s'inscrivent.
22:33Donc oui, il y a une dimension sexiste.
22:35Maintenant, je rappelle qu'évidemment, les femmes font ce qu'elles veulent de leur corps.
22:38Est-ce qu'il y a une forme de puritanisme ou pas dans le féminisme aujourd'hui ?
22:41Il n'y a pas de puritanisme.
22:43D'ailleurs, je crois que le féminisme d'aujourd'hui
22:49s'incarne aussi par une révolution sexuelle des femmes.
22:51Les femmes se réapproprient leur plaisir,
22:53leur volonté de maîtriser leur plaisir, leur orgasme.
22:57Ce qui est quand même quelque chose de tout à fait nouveau dans la sexualité féminine.
23:00Donc au contraire, je pense qu'il n'y a rien de puritain.
23:02Mais par contre, qu'on utilise les femmes comme des espèces d'appâts,
23:07le corps des femmes comme des appâts
23:09pour que les hommes dépensent de l'argent,
23:11permettait quand même que je pose une limite à cela.
23:14Sardine Rousseau, Sidney Sweeney,
23:16elle desserre la cause féminine en faisant cela ?
23:18Elle revient aux années 70, je vous dis, au salon de l'automobile.
23:22Oui, c'est quelque chose que vous ne voulez plus voir.
23:24Non, je pense que ces corps de femmes dans les pubs hyper sexualisés,
23:30c'est aussi quelque chose qui a diminué dans l'espace public
23:34grâce aussi aux actions féministes.
23:36C'est-à-dire que la question, ce n'est pas notre nudité,
23:39la question, c'est à quoi sert cette nudité
23:41et pourquoi est-elle utilisée ?
23:42Néanmoins, vous apportez votre soutien à cette actrice ou pas ?
23:47Parce qu'au-delà de la marque, c'est elle qui est véritablement ciblée.
23:51Directement, vous avez dit que son corps lui appartient.
23:53C'est-à-dire que vous défendez cette actrice
23:56vis-à-vis des attaques dont elle est la cible.
23:57Ça, c'est un des lignes que j'essaye d'imposer dans le débat politique
24:00qui n'est pas toujours comprise, c'est de dire
24:02attention, nous n'utilisons jamais, jamais
24:05les méthodes que nous dénonçons par ailleurs.
24:08C'est-à-dire qu'on n'harcèle pas une femme
24:10même si on estime que son action n'est pas correcte,
24:13on n'harcèle pas une femme
24:14parce que nous sommes contre le harcèlement d'une manière générale.
24:16Donc oui, je suis très claire là-dessus,
24:19on n'a pas harcelé cette femme.
24:20Par contre, est-ce que la pub là est sexiste ?
24:23La réponse est oui.
24:25Merci beaucoup Sandrine Rousseau d'avoir été notre invitée ce matin.
24:28On va continuer de parler de Sidney Sweeney.
24:30Peut-on poser nue et être féministe ?
24:32Ce sera dans notre débat à partir de 9h.
24:35Le vrai féminisme, est-ce lutter contre l'hypersexualisation ?
24:40Voilà l'une des questions que l'on pourra poser.
24:41On sera également avec Fatima Benonard
24:43d'Oser le féminisme.
24:45A tout de suite.
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