00:00Absolument, dans l'année 2014-2015, 18 cas de suspicions d'agressions sexuelles.
00:07Absolument, et les process à l'époque aussi, mais le fait le plus générateur de cette demande, ce sont des
00:16agressions dans les conservatoires.
00:18A l'occasion de cela, remonte et on nous informe, on m'informe par les voix de l'administration.
00:25Vous savez, le maire, il a comme information ce qui lui remonte et donc je suis informée de cette situation.
00:33Cette situation est très grave. Je décide d'agir immédiatement en commandant cette inspection générale qui va être décisive puisqu
00:41'elle va lancer tout un processus qui n'existait pas alors de professionnalisation, de recueil des signalements.
00:50Et pardon, mais la convention avec le procureur est extrêmement importante parce que la convention avec le procureur, elle va
00:59faciliter aussi la relation évidente.
01:03Et on voit qu'il y a un déficit là-dessus.
01:05Madame Hidalgo, la convention, on y reviendra, ça concerne les modalités de mise en place, encore une fois, des actions.
01:12Moi, je vous repose la question, encore une fois, qu'est-ce que vous saviez précisément et concrètement, concrètement, qu
01:20'avez-vous mis en place sans attendre en fait des résultats de ce rapport d'inspection,
01:25puisqu'en fait, le rapport a été commandé au mois de novembre et les résultats en juin.
01:29Donc, il y a eu huit mois qui se sont découlés.
01:31C'était juste une question concrète.
01:33La mise en place, vous savez, j'arrive comme maire de Paris en 2014, dans la foulée, c'est-à
01:39-dire en novembre 2014, je demande ce rapport.
01:45Donc, je n'ai pas beaucoup attendu parce que, évidemment, très consciente et très concernée par ce sujet des violences
01:52contre nos enfants, voulant protéger les enfants.
01:55Je demande à l'administration, parce qu'il faut travailler sérieusement, il faut aussi faire des enquêtes administratives pour connaître
02:02la réalité du point de vue de l'administration, de ce qui s'est passé.
02:06J'engage cette discussion avec le parquet parce qu'il va y avoir des suites judiciaires et c'est important
02:12d'avoir ce travail partenarial avec le parquet.
02:15Et sur les situations, je demande depuis le début, depuis la connaissance de ces éléments-là, la suspension des agents,
02:24le signalement des faits, parce que je l'ai dit tout à l'heure,
02:28chaque fois que j'ai eu connaissance d'un délit commis, y compris par des adjoints de mon équipe, j
02:36'ai immédiatement alerté le parquet.
02:39Donc, la procédure de l'article 40, je l'ai, pardon du terme, dégainé un nombre très important.
02:48On va y revenir, madame Hidalgo.
02:49Donc ça, plus les suspensions et les enquêtes administratives.
02:54Ce que je constate, c'est qu'en fait, dès novembre 2014, et c'est écrit dans le rapport, il
02:59y avait d'ores et déjà des signalements qui mettaient en cause des agents,
03:0212 signalements en 2014 et 12 en 2015, mais vous dites, en fait, ne pas avoir été informé de ces
03:10signalements.
03:11Je n'ai pas dit cela. Je dis qu'au vu de la situation préoccupante dans laquelle il y avait
03:19des signalements qui avaient été faits,
03:21des cas dans les conservatoires parisiens et dans le périscolaire, j'ai décidé d'agir et d'agir sérieusement dans
03:30ma responsabilité de maire,
03:31en lançant cette inspection générale, en recueillant très vite les recommandations de cette inspection générale
03:38et en engageant le travail nécessaire, bien sûr, au sein de mon administration, avec la DRH, avec toutes les équipes
03:45nécessaires,
03:46mais aussi avec le parquet de Paris et le procureur Molas.
03:49Oui, nous allons dérouler tous ces faits.
03:51Ma deuxième question, en fait, vise à comprendre à quel moment avez-vous compris que ces violences périscolaires, en fait,
03:59n'étaient plus quelques cas isolés, mais concernaient un grand nombre d'écoles à Paris ?
04:07À quel moment ?
04:08En 2014, lorsque je décide de lancer cette inspection générale, c'est parce que je comprends qu'il y a
04:16un sujet
04:17et que ce sujet doit être traité de façon professionnelle, qu'il y a des temps qui sont des temps,
04:22entre guillemets,
04:23de danger potentiel, le temps du recrutement, et on va recruter, bien sûr, beaucoup, parce que nous mettons en place
04:30le service,
04:31notamment du périscolaire, mais c'est vrai aussi pour la petite enfance.
04:35Il y a le temps dans l'école, l'information, la formation des agents, et puis il y a le
04:43traitement des signalements et des victimes,
04:46à la fois par l'administration et la relation qui doit être précisée avec les familles et avec les autres
04:53institutions.
04:54Donc, je prends conscience, dès 2014, de l'importance de cela.
04:59Et d'ailleurs, dans tous les rapports, les éléments des plans successifs et des corrections du dispositif qu'on a
05:08apporté,
05:08et chaque fois qu'il y avait un signalement qui montrait une faille, cela montre que j'ai eu, pendant
05:14mes 12 années de mère, une conscience aiguë.
05:18Et pour moi, la protection de l'enfance, vous l'avez dit, c'est une valeur, c'est un élément
05:25essentiel dans notre rôle d'adulte, d'institution et de mère.
05:29Nous sommes là pour protéger les plus fragiles, les plus vulnérables.
05:32Les plus vulnérables d'entre nous sont bien sûr les enfants.
05:34Donc, j'ai toujours eu conscience de l'importance, de la gravité de ces situations.
05:39C'est pour cela que, de 2015 à 2026, fin de mon mandat en mars 2026, j'ai eu à
05:47cœur de mettre en place ces différents processus
05:51qui ont montré leur faillibilité.
05:55Parce que si nous sommes là, c'est que malgré tout cela, il y a quand même des prédateurs qui
06:01se sont inscrits et qui ont agressé nos enfants.
06:06Sinon, nous ne serions pas là.
06:07Donc, il y a un échec collectif.
06:09Mais pour ce qui est de ma prise de conscience, vous savez qu'en 2020, je nomme Dominique Versigny comme
06:16adjointe, après ma réélection,
06:19comme adjointe en charge de la protection de l'enfance et des droits de l'enfant, c'est une première.
06:25Elle a été défenseure des droits de l'enfant.
06:26Je sais qu'elle va aussi m'aider à rehausser le dispositif que nous avons fait en temps.
06:31Ma question, elle était très précise.
06:32Oui, ma réponse l'est aussi.
06:33A quel moment avez-vous compris que ces affaires étaient systémiques et que ça n'était pas quelques cas isolés
06:40?
06:40Je vous redonne les chiffres qui m'ont été donnés d'ailleurs par le parquet il y a quelques jours.
06:45121 écoles maternelles publiques ont fait l'objet d'enquêtes.
06:49Cela signifie que 33% des écoles maternelles publiques, c'est-à-dire près d'une école maternelle sur trois,
06:55est concernée par une enquête judiciaire et une élémentaire publique sur six.
07:00Est-ce que vous maintenez que ces violences périscolaires n'ont pas de caractère systémique ?
07:05Je ne sais pas ce que vous entendez par systémique.
07:07Ce sont des violences d'une gravité absolue dans laquelle, et vous l'avez dit au début et M. le
07:14Président aussi,
07:15nous sommes là pour rechercher où les failles ont été, où elles peuvent être identifiées,
07:22pour qu'il n'y ait plus à l'issue de cette commission d'enquête, je l'espère,
07:27et que le législateur prenne aussi sa place dans le dispositif à venir, qu'il n'y ait plus de
07:34failles.
07:34Je ne sais pas ce que vous entendez par systémique.
07:36C'est un sujet national, c'est un sujet global.
07:41La violence contre nos enfants...
07:42Attendez, je réponds, madame.
07:43Je parle à l'échelle de Paris.
07:45Je réponds.
07:45Quand on a un tiers des écoles concernées par des enquêtes, c'était ça ma question tout à fait concrète.
07:51Ce qui est systémique, c'est la violence globale, les agressions contre nos enfants.
07:5480% de ces agressions ont lieu dans les familles.
07:58Et le reste, effectivement, dans tous les endroits où les enfants sont accueillis,
08:03que ce soit les centres de loisirs, les écoles, le périscolaire, les colonies de vacances.
08:08Bref, là où il y a des enfants.
08:09Ce qui est systémique dans notre pays, c'est qu'il y a enfin aujourd'hui une prise de conscience
08:15de nos institutions.
08:16Et je m'en félicite et votre commission contribue à cela.
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