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  • il y a 3 heures
C'est tout un art, celui du filigrane au Portugal, un vieille tradition méditerranéenne, sur lequel nous nous penchons aujourd'hui. Direction ensuite le Maroc, où l'essor de l'art contemporain se conjugue de plus en plus au féminin. Enfin, on se dirige vers la Corse, et on pose notre regard sur la conservation des magnifiques collections du Musée Fesch à Ajaccio. Année de Production :

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Transcription
00:05C'est tout un art, celui du filigrane au Portugal, une vieille tradition méditerranéenne.
00:11Au Maroc, l'essor de l'art contemporain se conjugue de plus en plus au féminin.
00:16Enfin, regard sur la conservation des magnifiques collections du musée Fêche à Ajaccio.
00:43Transformé de minuscules fils d'or en véritable œuvre de dentelle métallique, c'est tout l'art du filigrane portugais.
00:50Hérité de traditions anciennes venues du bassin méditerranéen et de l'Orient,
00:54cet artisanat se pratique aussi en Espagne, en Italie, en Inde ou au Moyen-Orient.
00:58Mais au Portugal, il est devenu bien plus qu'un savoir-faire, un emblème culturel façonné par des générations d
01:06'artisans.
01:17Le fil est d'une extrême finesse.
01:20Sa mise en place dans la structure également.
01:23Pour ces bijoutiers, trouver le juste positionnement requiert une certaine habitude.
01:35C'est un peu comme faire du vélo, n'est-ce pas ?
01:38Avec le temps, tout devient plus facile.
01:40Au début, bien sûr, c'est plus difficile, principalement pour la tension,
01:44donner la bonne tension pour que ça ne saute pas et que ce soit bien ajusté.
01:48Mais ensuite, avec le temps, tout devient très naturel.
01:51C'est presque comme un puzzle.
01:54Adéline au Soares ?
01:56Alors, Philippa, qu'est-ce que tu fais ?
01:58Toi aussi, tu fais une partie de l'escalier ?
02:02Et ça se passe bien ?
02:03Transmet la tradition familiale à ses employés.
02:06A l'intérieur de la structure métallique, les fils d'or ou d'argent sont façonnés en forme de haisse,
02:13de spirale, d'escargot ou de corne d'abondance.
02:16Les possibilités sont infinies pour créer des bijoux ou des pièces plus importantes.
02:21Du remplissage à la soudure, les jeunes employés effectuent toutes les étapes du processus.
02:30Il leur faudra quelques années pour réussir à atteindre le niveau d'excellence et maîtriser toute la technique.
02:36Pouvoir travailler sur n'importe quel type de pièce sans difficulté.
02:42À ce moment-là, ils vont atteindre un autre niveau de compétence, naturellement.
02:46Mais pour l'instant, il faut du temps, de la persévérance, du bon goût et de la patience.
02:51Beaucoup de patience et beaucoup de volonté.
02:57À quelques kilomètres de Porto, Gondomar est l'un des berceaux du filigrane au Portugal et aujourd'hui son cœur
03:03battant.
03:09Au commencement, il y a le métal en fusion.
03:13Et ses gestes répétés par Adéline Osoares et sa famille depuis des décennies.
03:27Et puis, il y a le long processus de laminage et de tréfilage pour donner à ses barres de métal
03:34la légèreté et la finesse indispensables.
03:40Bien sûr, nous devons le rendre plus fin, car la certification exige un maximum de 0,18 millimètres.
03:47Nous arrivons aussi à travailler le fil avec des variations entre 0,16 et 0,18.
03:54Formé par son père,
04:01Adéline Osoares connaît et pratique toutes les étapes de la création de ses bijoux,
04:10qui, à l'origine, étaient très modestes.
04:17Le pays était pauvre.
04:19Il n'y avait pas beaucoup de richesses et cette technique s'est donc développée.
04:23Travailler ses fils très fins pour créer des bijoux avec du volume en utilisant peu d'or.
04:27C'est de là que vient le travail de ces fils.
04:29Ces fils fins permettaient de fabriquer un bijou.
04:32Ainsi, même les personnes modestes pouvaient posséder un bijou,
04:35car il ne fallait pas beaucoup d'or pour le fabriquer.
04:40Même s'il en faut peu pour un bijou, ici, les coffres regorgent d'or.
04:45Je crois que je ne te l'ai jamais dit,
04:47mais le cœur doit être placé avec la pointe tournée vers le côté du cœur.
04:51Ah, je ne le savais pas, c'est curieux.
04:53C'est la grande différence et la particularité de ce cœur, c'est qu'il est double.
04:58Sandra Almeida possède une collection de 60 bijoux,
05:01notamment des cœurs de Vianna, cette pièce emblématique du filigrane portugais.
05:04Elle a été pendant 12 ans conseillère municipale de Gondomar,
05:08chargée entre autres du patrimoine.
05:12Moi, je porte presque tous les jours du filigrane.
05:15Ces bijoux, bien sûr, je ne les porte que lors de moments importants,
05:18que ce soit sur le plan personnel ou professionnel.
05:22Cette passion remonte à environ 10 ans.
05:24Quand j'ai pris mes fonctions à la municipalité de Gondomar
05:26et que j'ai découvert le processus de fabrication du filigrane,
05:29j'en suis tombée amoureuse.
05:31Et je suis tombée amoureuse des artisans.
05:37Patricia, la fille de Sandra, ne possède pas ses propres bijoux en filigrane,
05:41mais elle a libre accès aux écrins de sa mère.
05:49C'est un goût transmis par ma mère.
05:51Je ne les porte pas tous les jours, comme elle.
05:53Mais peut-être qu'un jour, le moment venu,
05:56je porterai les pièces les plus importantes, comme elle.
06:02Pour attirer les jeunes vers la profession et pour éviter que l'art du filigrane ne se perde,
06:07l'école de bijouterie Sindor a vu le jour à Gondomar en 1985.
06:152500 personnes se forment ici chaque année.
06:1811 mois de tronc commun, puis une spécialisation en filigrane, par exemple.
06:23« Effectivement, comme pour tout dans la vie,
06:28il est très important que les jeunes apprennent les techniques ancestrales et les perpétuent.
06:33Notre objectif est d'innover dans la tradition.
06:36Nous savons que la tradition est importante,
06:39mais nous comprenons aussi qu'il existe de nouvelles attentes,
06:42de nouveaux marchés et de nouvelles tendances de consommation. »
06:47Johanna Alves a bien l'intention de dépoussiérer le filigrane avec la flamme de sa jeunesse.
06:54Un diplôme de design graphique déjà en poche,
06:58elle fourmille d'idées pour venir bousculer le monde feutré de la bijouterie.
07:03« Je pense que je n'aimerais peut-être pas seulement appliquer le filigrane à de la joaillerie classique,
07:10comme les bagues ou les bracelets.
07:11J'aimerais essayer d'appliquer le filigrane à d'autres choses,
07:14peut-être à des livres ou à des œuvres d'art que l'on peut voir.
07:17Je pense que le filigrane a beaucoup de potentiel au-delà des bagues et des colliers.
07:21Il y a encore beaucoup à découvrir et j'aimerais explorer cela davantage. »
07:34Diadème, accessoires.
07:35Lors de la semaine de la mode de Lisbonne,
07:38le filigrane s'est évadé du strict univers de la joaillerie.
07:44Omniprésent dans la collection de Francis Canabinho.
07:51Ce jour-là, la jeune styliste de 25 ans vient présenter ses créations à Lisbonne,
07:56dans l'un des temples du filigrane portugais.
08:01« Bonjour ! Bonjour ! Tout va bien, Fatima ? »
08:05« Tu as apporté des petites pièces ? »
08:06« Oui, j'ai ici un petit sac avec quelques-unes de mes créations. »
08:14Des pièces dessinées par Francisca et réalisées par des artisans portugais.
08:20« Tu as fait beaucoup d'étoiles. Quelle était ton inspiration ? »
08:25« C'était la nostalgie de l'enfance.
08:27La joaillerie m'a permis d'explorer cet univers avec une technique très traditionnelle.
08:32Cela crée un contraste très intéressant. »
08:36Pour refléter au mieux l'excellence du filigrane,
08:38Francis Canabinho a travaillé en collaboration avec les meilleurs artisans
08:42afin de réaliser ces objets hors du commun.
08:48« Je suis toujours très attentive à l'artisanat
08:51car j'aime l'intégrer dans mon travail en tant que designer.
08:55Je travaille beaucoup avec des matériaux et des techniques anciennes et traditionnelles,
08:59donc découvrir le filigrane pour les bijoux a été une combinaison parfaite.
09:06La journaliste Fatima Lopez est l'égérie du groupe Valeurs du Temps
09:10qui, au travers de plusieurs marques, met en valeur l'artisanat portugais.
09:15« Le filigrane est de plus en plus connu en dehors du Portugal.
09:19Au Portugal, tout le monde le connaît.
09:20Mais à l'étranger, beaucoup de gens ne connaissent pas cet art.
09:23Et chaque fois que nous présentons une pièce de filigrane à quelqu'un qui n'est pas portugais,
09:27la réaction est toujours « Waouh ! Qui fait ça ? »
09:31C'est ce travail que nous faisons aujourd'hui,
09:33faire connaître le filigrane dans le monde pour entendre encore plus souvent ce « Waouh ! »
09:41Ce joaillier britannique, en visite dans la boutique, est plutôt admiratif.
09:47Si l'art du filigrane ne se limite pas au portugane,
09:51les bijoux qu'il a pu découvrir ce matin-là ont dépassé toutes ses attentes.
09:56C'est plus raffiné que ce à quoi je m'attendais.
10:01J'avais vu des réalisations en Angleterre, mais pas aussi belles que celles-ci.
10:08Très loin de Londres,
10:12dans la campagne de Gondomar, c'est traditionnellement à domicile que les remplisseuses tissaient leur art.
10:19Quelques-unes le font toujours, comme Elsa Vidao, tombée dans le filigrane dès son plus jeune âge.
10:26Le filigrane, quand ma grand-mère en faisait, je m'asseyais à côté d'elle.
10:30Je prenais les outils et j'essayais d'apprendre cet art.
10:34J'ai appris très jeune.
10:36J'avais 8 ans quand j'ai commencé à travailler.
10:40De 8 à 14 ans, j'ai travaillé dans le filigrane.
10:44Ensuite, j'ai suivi un autre chemin,
10:46puis je suis revenu au filigrane à mes 40 ans.
10:51Pour préserver le savoir-faire traditionnel et l'authenticité,
10:56Sandra Almeida dirige l'association Auma do Fio, l'âme du fil.
11:01L'un des objectifs est de faire entrer le filigrane portugais
11:05au patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO.
11:08Il existe peu de produits classés par l'UNESCO.
11:13Ce serait donc une immense fierté que le filigrane,
11:16cet art emblématique du Portugal,
11:19soit reconnu comme patrimoine mondial de l'humanité de l'UNESCO.
11:23Cela apporterait encore plus de protection et d'attention
11:27à ceux qui pratiquent cet art et à ceux qui l'achètent.
11:32Chaque année au mois d'août,
11:34Viana do Castelo, dans le nord du Portugal,
11:36accueille la procession de la Mordomia.
11:39Environ 500 femmes y défilent un habit traditionnel
11:42portant fièrement au cou les cœurs en filigrane
11:46qui font la renommée de la ville.
11:49C'est, paraît-il, la plus vaste exposition d'or en plein air au monde.
12:02En pleine transformation économique et sociale,
12:05le Maroc mise sur l'ouverture et la modernisation
12:07pour renforcer son rayonnement international.
12:10Cette dynamique touche aussi le secteur culturel
12:13où l'art contemporain connaît un essor marqué.
12:16Dans ce paysage en évolution,
12:18de nombreuses femmes, artistes, galeristes,
12:20commissaires d'exposition ou collectionneuses,
12:23participent activement à cette effervescence créative.
12:43Armé de sa meule, de son marteau, de son burin,
12:46Ikram Kabaj travaille le marbre depuis près de 40 ans.
12:51Un processus créatif très physique pour cet artiste sculpteur.
12:55C'est une pionnière de l'art contemporain au Maroc.
13:00Le plus compliqué, c'est quand on essaye de trouver le concept
13:05pour l'exécuter dans un bloc de marbre.
13:08Tout commence par une idée mise sur papier, maquettée,
13:12avant de travailler la pierre.
13:13J'ai cette face-là, que je décide et que je vais creuser,
13:17que je vais travailler,
13:20parce que c'est plus simple de travailler comme ça,
13:25de dominer la pierre,
13:27parce que la pierre, c'est un matériau qui est assez solide,
13:30donc c'est plus pratique.
13:32Un marbre blanc de Carrard, reconnu pour sa qualité, sa pureté,
13:37s'ensuit un dialogue entre l'artiste et la pierre,
13:40leurs failles et leurs forces,
13:41en fonction du type de création.
13:45Ikram Kabaj est précurseur d'un art public accessible à tous,
13:49un concept encore émergeant dans le pays.
13:52Je vois l'espace qu'on m'offre
13:55et j'essaye de créer selon l'espace,
13:58ce qui est une espèce d'harmonie entre la nature et la sculpture.
14:02Son inspiration provient aussi de l'environnement de travail
14:05très floral de son atelier extérieur de Marrakech,
14:08un prototype à l'échelle 1 dixième aux formes souvent organiques
14:13qui jouent sur les courbes,
14:14se transforme en macro-structures.
14:17La taille finale est contrainte par les 4 mètres du bloc de marbre.
14:21Pour d'autres matériaux, aucune limite.
14:24Pour l'artiste marocaine diplômée des beaux-arts de Casablanca et de Paris,
14:28être une femme n'a jamais été un frein,
14:30même si son parcours est jalonné d'anecdotes,
14:33parfois révélatrices.
14:34Quand j'ai besoin d'une grue, que j'appelle le gars,
14:38il ne pense pas que c'est moi qui fais la sculpture
14:42et c'est moi qui travaille la pierre.
14:44Donc il me regarde comme ça, au début il est sceptique et tout.
14:47Puis après il me dit « ouais, c'est toi, waouh ! »
14:51Donc au début, et après le rapport il change,
14:54parce que je suis une femme.
14:56Automatiquement les gens pensent que c'est un métier masculin.
15:01Dans une société marocaine aux diverses facettes,
15:05à plusieurs vitesses,
15:07la scène artistique contemporaine est multiple.
15:10Toutes les artistes n'ont pas la même notoriété,
15:13les mêmes motivations,
15:14ne se sont pas confrontées aux mêmes freins.
15:16Mais pour beaucoup,
15:17la démarche se nourrit d'expériences personnelles.
15:20C'est une transition où j'étais voilée.
15:25Et ici, comment les autres me voyaient, me regardaient.
15:30Et après, il y a la partie où je me suis posée
15:34beaucoup de questions dans ma vie.
15:35Est-ce que je le veux ou je ne le veux pas ?
15:37Est-ce que c'est un truc que je l'ai choisi
15:40ou c'était imposé par la société ou la famille ?
15:43Et à un moment donné, ça m'a étouffée.
15:47Et je me suis dit, ok,
15:50je vais prendre les choses en main
15:53et je vais me libérer de tout ce poids
15:56et se réconcilier avec moi-même.
15:58Et c'était une phase de renaissance.
16:01Une renaissance qui permet à Aïcha Abouache
16:04de s'émanciper personnellement et dans son travail.
16:07Entre tradition et modernité,
16:09elle explore la perception du corps féminin
16:11souvent soumis à des normes sociales,
16:13culturelles et politiques,
16:14sans oublier pour autant ses racines, ses origines.
16:18Une partie des œuvres de l'artiste
16:20s'inspire de l'héritage culturel nord-africain
16:22de symboles amazires
16:24qu'elle déconstruit en fonction du message
16:26qu'elle veut transmettre.
16:27Des formes géométriques
16:29à l'image des tatouages berbères.
16:32Alors par exemple, ici,
16:34j'ai pris ce triangle-là
16:37que je l'ai pris d'ici,
16:40de ce symbole-là
16:41qui symbolise aussi la masculinité.
16:45Je l'ai pris, je l'ai déconstruit
16:48et après je l'ai mixé avec ce symbole-là
16:52qui est le symbole de la famille, de l'arbre.
16:57Objectif final de l'artiste,
16:58se libérer d'un carcan,
17:00dénoncer le poids des responsabilités
17:02et l'attention perçue
17:03par une partie des femmes marocaines,
17:05comme un mélange de thérapie
17:07et d'études sociologiques,
17:09mais aussi des messages plus joyeux,
17:11positifs, colorés.
17:12Quand j'étais petite,
17:16je partais au bled.
17:18C'est la période aussi des mariages.
17:20Je voyais beaucoup de femmes
17:23porter les accessoires à mazir
17:26qui sont très colorés.
17:28Les couleurs vives pour moi,
17:29c'est une manière aussi de dire
17:31que j'ai ma place dans cette société.
17:35À Marrakech, le Makal
17:37est un musée d'art dédié
17:39à la création contemporaine
17:40du continent africain
17:41et de ses diasporas.
17:42Le but ?
17:43Promouvoir les expressions créatrices
17:45plastiques du continent,
17:47rendre accessible le rapport à l'art.
17:49L'équipe du musée
17:50est composée à près de 90% de femmes,
17:53essentiellement marocaines,
17:54des professionnelles passionnées
17:56et exigeantes,
17:58comme lors de la vérification hebdomadaire
18:00des salles du musée.
18:08Au milieu d'un parcours divers et stimulant,
18:11une œuvre presque scénographique
18:13signée Fatiha Zemmoury,
18:15tel un appel à la méditation.
18:18Une superposition de calligraphie
18:20à base de terre de l'Atlas,
18:22des tons différents
18:23pour un matériau local,
18:25mais universel,
18:26adapté à l'introspection.
18:28En fait, on sait très bien que c'est de la terre
18:30qui est un matériau quand même sec
18:33et assez inconfortable.
18:35Et quand on la regarde,
18:38on sent,
18:39on perçoit autre chose,
18:41on perçoit quelque chose de très doux
18:42et de très velouté.
18:43C'est cette ambiguïté-là
18:45qui m'intéresse beaucoup aussi.
18:46C'est ce fil ténu entre ce qu'on voit
18:49et ce qu'on perçoit.
18:50Et dans les différentes salles du musée,
18:52le visiteur perçoit,
18:54ressent,
18:55vibre,
18:55grâce aux sculptures,
18:57peintures,
18:58photographies.
18:59Le Macal est reconnu
19:01pour la diversité de ses œuvres
19:03à l'image de l'art contemporain au Maroc.
19:06Le Maroc est quand même au carrefour
19:08de plusieurs cultures.
19:09Il lui-même revêt
19:11un certain nombre de cultures
19:12à travers le pays,
19:14du nord au sud.
19:15Il est important de ne pas le visualiser
19:16comme un bloc.
19:17Ce dynamisme artistique du pays
19:19devient une vitrine reconnue.
19:21Valoriser sa culture,
19:22ses savoir-faire traditionnels,
19:24affirmer son identité
19:25au-delà des frontières du royaume.
19:27Ce textile s'appelle
19:28Talisman Afhenna
19:30et c'est une œuvre de Amina Exney
19:32qui représente le Maroc
19:36à la Biennale de Venise cette année.
19:37Elle défie vraiment les frontières
19:39entre l'architecture,
19:40le design,
19:41les arts traditionnels,
19:42l'art contemporain
19:44qui sont des codes,
19:45des canons
19:46qui ont été hérités
19:48de l'Occident,
19:49de la colonisation.
19:50En faisant fi
19:52de ces codes,
19:53de ces catégorisations,
19:54elle nous montre
19:55à quel point
19:56l'expression artistique
19:59n'a pas besoin
20:00de catégorie pour exister.
20:02Elle se vit.
20:03Une expression artistique
20:05vivante et vivace,
20:07ouverture de musées,
20:08multiplication des galeries,
20:09à l'instar de son développement
20:11dans le bassin méditerranéen
20:12et le monde arabe,
20:13le marché de l'art au Maroc
20:15se structure,
20:16se développe.
20:17Un marché
20:18à deux vitesses.
20:20Il va très très vite
20:21pour les peintres modernes,
20:24il va lentement
20:25pour les artistes contemporains.
20:27D'où l'importance
20:30du travail,
20:31de promotion
20:32que peuvent faire aussi
20:33à la fois les galeries,
20:35mais aussi le soutien
20:37des institutions,
20:38parce que, évidemment,
20:41les artistes contemporains
20:42d'aujourd'hui
20:43deviendront des classiques
20:44demain.
20:46Soutenir des femmes
20:47et des hommes
20:48inspirés,
20:49créatifs,
20:50c'est le défi
20:50de cette galerie
20:51d'artistes
20:52et de nombreux passionnés
20:53partout dans le pays
20:54pour démocratiser
20:56et faire rayonner
20:57une scène contemporaine
20:59marocaine,
20:59dynamique
21:00et talentueuse.
21:10À Ajaccio,
21:11un lieu discret
21:12abrite des milliers
21:13d'objets patrimoniaux,
21:14dont près de 500 toiles.
21:16Une occasion unique
21:17d'évoquer les enjeux
21:18de la conservation
21:19et de la restauration
21:20des œuvres peintes.
21:21Cet espace,
21:22habituellement fermé
21:23au public,
21:24se situe dans les sous-sols
21:25du Palais Fêche,
21:26le musée des Beaux-Arts
21:28d'Ajaccio.
21:37Sous-sol du Palais Fêche.
21:41Napoléon en exil.
21:43Napoléon conquérant.
21:45Napoléon d'après le peuple.
21:47En céramique,
21:48en bois ou en bronze,
21:49en pipe
21:50ou en coupe-papier,
21:53bonbonnière bicorne,
21:55tabatière d'ivoire,
21:57médaille commémorative,
21:58Napoléon est partout.
22:03Le Palais Fêche
22:05est un musée napoléonien.
22:07Mais c'est aussi
22:08un musée des Beaux-Arts
22:09dont les réserves
22:10regorgent de trésors.
22:12Depuis 34 ans,
22:14ces œuvres sont sous
22:15la protection
22:15de Christelle Brottier
22:17qui s'assure
22:18de leur confort optimal.
22:20Ici, dans les réserves,
22:21il fait relativement frais.
22:22Bien sûr,
22:23par rapport à l'extérieur,
22:24on est en moyenne,
22:25on essaye de maintenir
22:2620 degrés.
22:27Une température contrôlée
22:29et un taux d'humidité
22:30de 50%
22:32sans variation rapide.
22:33C'est l'idéal
22:34pour ces tableaux
22:35conservés ici
22:36depuis la création
22:37du musée
22:37au milieu du 19e siècle.
22:40Ces salles,
22:40elles,
22:41ont été créées
22:42lors de la rénovation
22:43du Palais Fêche
22:43en 1990
22:44et équipées
22:46de ces 72 grilles
22:47de stockage sur rail,
22:48un outil
22:49qui a révolutionné
22:50la conservation.
22:52Le premier incident
22:53sur les œuvres,
22:54c'est même pas la variation,
22:55c'est déjà la manipulation.
22:56Et donc,
22:56quand on ne s'est pas manipulé,
22:58on tape un peu à droite,
22:59un peu à gauche,
23:00on fait des trous
23:01et c'est très embêtant.
23:02Parmi les tableaux
23:03de la réserve,
23:04nombreux sont ceux
23:05qui ont subi
23:06les ravages du temps.
23:07Dans ces cas-là,
23:08on peut procéder
23:09à des mesures
23:09de conservation préventive
23:11et recouvrir
23:12la couche picturale
23:13de papier japon
23:14collée à l'eau
23:14pour éviter
23:15qu'elle ne continue
23:16à se dégrader.
23:17Il suffit parfois
23:18de nettoyer un vernis
23:19pour que la peinture
23:20retrouve son éclat d'antan.
23:22D'autres œuvres,
23:23en bon état,
23:24n'ont besoin
23:25que d'un petit dépoussiérage
23:26tout en délicatesse.
23:28Et puis,
23:29il y a celles
23:29qui nécessitent
23:30une intervention d'au fond.
23:31Mais comment les choisit-on ?
23:34Si vraiment un tableau,
23:36on voit que les altérations
23:37évoluent très vite,
23:38on va le mettre
23:39comme une œuvre prioritaire
23:40à restaurer
23:41même si le sujet,
23:42même si l'auteur
23:44ne l'est pas.
23:45On va faire quelque chose
23:46et là,
23:47il faut faire appel
23:47à un restaurateur.
23:49Et si on en avait
23:50bien sur place,
23:51habiliter le musée de France,
23:52bien évidemment,
23:53franchement,
23:54ça ne serait pas un luxe.
23:55Ça ne serait pas un luxe
23:56d'avoir quelqu'un
23:56à demeure
23:57qui serait là
23:58pour vraiment
23:59s'occuper
24:00au quotidien des œuvres.
24:03Ça,
24:03c'est une protection arrière
24:04que les restaurateurs
24:05placent après restauration
24:07pour éviter
24:07que la poussière
24:09vienne s'accumuler
24:10au fil des années.
24:11Parce que c'est
24:12très embêtant.
24:13La poussière
24:14se coince
24:15entre la toile
24:16et le châssis
24:16en bas
24:16et donc ça crée
24:18des déformations
24:22sur la toile
24:22à l'avant
24:23qui finissent par trouer.
24:23Ça s'appelle
24:24des scrupules.
24:26Ces 12 toiles
24:27ont été sélectionnées
24:28par les équipes du musée
24:29car elles étaient
24:30en mauvais état.
24:31Assez mauvais,
24:32en tout cas,
24:33en l'état,
24:34ils ne pouvaient pas
24:35être exposés.
24:37Donc,
24:37maintenant,
24:38ils sont en bon état
24:39mais on ne peut toujours
24:40pas les exposer.
24:42normalement,
24:43la série de peinture
24:43datée des XVIIe
24:44et XVIIIe siècles
24:45devrait être exposée
24:46dans cette salle du musée
24:48baptisée
24:48la salle des apôtres.
24:50Mais pour l'instant,
24:51les murs restent
24:52désespérément vides
24:53et les portraits
24:54ne peuvent être accrochés.
24:56Ils sont arrivés
24:56l'an dernier
24:57retour de restauration
24:59et maintenant,
24:59ils ont 12 cadres
25:01ce qui représente
25:02à peu près
25:0232 000 euros
25:03puisqu'ils sont en bois
25:05doré à la feuille
25:06et nous n'avons pas
25:08les moyens
25:09ni les financements
25:10pour pouvoir assurer
25:11pour l'instant
25:11l'encadrement
25:12donc,
25:13l'aménagement
25:13de cette salle.
25:15Pourtant,
25:15des cadres,
25:16le musée n'en manque pas
25:18en réserve
25:19et pour chacun d'entre eux
25:20il faut mener l'enquête
25:21car la conviction
25:22de Christelle Brottier
25:23c'est que rien ne vaut
25:24le mariage
25:25entre une oeuvre
25:25et son cadre d'origine.
25:27Certains cadres,
25:28heureusement,
25:29ont des cartouches
25:30où est écrit
25:32le nom du peintre
25:33le nom de l'oeuvre.
25:35Il y a des fois
25:35où par contre
25:36on ne sait pas qui c'est.
25:37C'est un métier de passion,
25:39un métier de patience
25:40je ne peux pas dire
25:41autre chose
25:42que c'est merveilleux.
25:43Au sous-sol du palais,
25:45l'enquête merveilleuse
25:47continue.
25:57Méditerranéo est terminé
25:58pour aujourd'hui.
25:59Rendez-vous prochainement
26:00pour de nouvelles découvertes
26:02en Méditerranée.
26:03Sous-titrage Société Radio-Canada
26:14Sous-titrage Société Radio-Canada
26:17Sous-titrage Société Radio-Canada
26:20Sous-titrage Société Radio-Canada
26:21Méditerranéo
Commentaires

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  1. Enora Hope
    il y a 5 jours