00:00Et donc les enfants sont livrés dans ce pays, il faut le dire, à eux-mêmes.
00:03On s'en occupe 144 jours par an, dans de très mauvaises journées de classe,
00:08et le reste du temps, débrouillez-vous.
00:10Il n'y a pas un pays du monde qui fait ça.
00:12Notre avenir est sacrifié.
00:13Vous avez été le ministre qui a porté la réforme des rythmes scolaires,
00:18avec le passage de la semaine de 4 jours à 4 jours et demi,
00:22et la création des activités périscolaires.
00:24On est ainsi passé de 840 000 enfants de primaire qui fréquentent le périscolaire en 2012,
00:29à 2,6 millions d'enfants en 2015-2016.
00:34Selon vous, avait-on à l'époque suffisamment réfléchi à la question essentielle
00:38du recrutement et de la formation des agents ?
00:40Jamais une réforme n'a été autant concertée.
00:43Et c'est peut-être son point faible.
00:45Elle a été concertée, je viens de le dire, en amont,
00:48parce qu'il y avait eu des tas de commissions qui ont duré des mois, des années de consultations.
00:53J'ai noté d'ailleurs qu'on recommençait.
00:55On ne cesse de se concerter sur les rythmes scolaires.
00:57Ces oeufs, machin.
00:58Le problème, à un moment politique, c'est qu'il faut prendre des actes et avoir du courage.
01:04Donc, concertation maximum.
01:06Donc, nous nous trouvons dans cette grande concertation
01:10et nous répondons à un certain nombre de demandes.
01:13Maintenant, j'en viens à votre sujet de préoccupation.
01:16Est-ce que les gens se rendaient compte que nous allions modifier totalement ?
01:19Évidemment.
01:20Donc, nous savions que nous avions un problème.
01:22Il est tellement évident.
01:24Il est arithmétique.
01:26De recrutement, d'encadrement, de formation des animateurs.
01:32Les demandes des maires étaient de deux ordres.
01:34L'argent, absolument légitime.
01:37Absolument légitime.
01:38On ne peut pas dire, nous allons nous occuper des enfants dans le public et ne pas mettre d'argent.
01:44Enfin, j'ai eu à batailler très dur pour obtenir 300 millions d'euros.
01:50Je dis aujourd'hui que cette somme était absolument ridicule par rapport aux besoins.
01:55Les estimations minimums, vous savez d'ailleurs celle de mon prédécesseur, étaient d'un milliard.
02:0193% des communes, en fait, sont revenues à quatre jours.
02:04Et comment expliquez-vous ce retour massif à la semaine de quatre jours ?
02:09Lorsque j'ai eu à prendre ces décisions, au milieu de nombreuses décisions, en cette période de juin 2017,
02:16c'était face à un constat, tout simplement, qui était une très grande hétérogénéité de la situation,
02:22de très grandes difficultés de mise en place de cette réforme depuis qu'elle avait commencé quatre ans et demi
02:28auparavant.
02:29On a beaucoup parlé d'intérêt de l'enfant dans ces questions.
02:32Et c'est en effet ce qui doit venir en premier.
02:34Pour autant, au fond, les choses avaient été faites de telle façon que l'intérêt de l'enfant était totalement
02:39abîmé par la manière dont les choses se passaient.
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