00:10Un invité avec nous tous les midis pour décrypter les enjeux de la séance en cours, les enjeux à la
00:15mi-journée et puis pour parler un peu de ce qu'on va regarder cette semaine.
00:19John Plassard, associé responsable de la stratégie d'investissement pour la Banque Cité Gestion. Bonjour John.
00:26Bonjour Pauline.
00:27Alors John, bienvenue dans un monde où les dirigeants d'Enthropic, d'OpenAI et de XAI appellent à ralentir l
00:35'avancée de l'intelligence artificielle et remettent en question les investissements massifs du secteur technologique aujourd'hui John.
00:44Oui, alors je pense que le facteur déclencheur c'est vraiment Jacob Coxon.
00:49Tout le monde en a parlé alors qu'il était presque inconnu avant la semaine passée.
00:55On rappelle, c'était un ancien chercheur d'OpenAI et d'Enthropic qui a accusé, c'est le terme à
01:02utiliser, les deux groupes de courir vers des systèmes auto-améliorants sans garde-fou suffisant.
01:10Qu'est-ce que ça veut dire auto-améliorants ?
01:12C'est-à-dire que c'est l'intelligence artificielle générative qui se nourrit non pas de la big data
01:20mais de ces données et anticipe d'une certaine manière le futur, un peu comme ceux qui ont regardé les
01:28films du Terminator où c'est les robots qui prennent le pouvoir.
01:32Donc il fallait répondre à ça. On savait que certains dirigeants avaient déjà averti sur le fait qu'il fallait
01:39faire attention.
01:40Pourquoi ? Parce qu'on avait certains modes d'entropie et certains d'OpenAI qui avaient été attaqués par leur
01:50propre intelligence artificielle.
01:53C'est-à-dire qu'ici la cybersécurité ne suffirait pas ou plus et en fait la crainte vient vraiment
02:02de l'intérieur de cette intelligence artificielle.
02:06Donc en fait on est dans une situation où le risque ne se limite pas simplement à une réponse erronée
02:12d'un chatbot qu'on pourra avoir, vous poser une question, il vous donne une mauvaise réponse.
02:16Mais là on est vraiment dans une question de contournement des tests actuels, la manipulation des utilisateurs, ce qu'on
02:27a vu ça, et puis l'exploitation des failles, d'une faille potentielle informatique.
02:33Et donc ça fait extrêmement peur. Donc tout le monde s'est mis dedans, vous l'avez dit, que ce
02:39soit le dirigeant d'Enthropic, OpenAI et même Elon Musk,
02:42en disant qu'il faut ralentir non pas l'intelligence artificielle, il ne faut pas arrêter l'intelligence artificielle, mais
02:50peut-être ralentir les capacités les plus avancées de l'intelligence artificielle
02:56sans qu'elles aillent un garde-fou. Alors Pauline, vous me direz, mais c'est quoi le problème ?
03:01Le problème c'est que les États-Unis ne sont pas seuls. Et la Chine ici n'a évidemment pas
03:08la même volonté de mettre des garde-fous.
03:11Donc on va au-devant d'un combat qu'on avait déjà avant entre la progression de l'intelligence artificielle
03:18aux États-Unis,
03:19où ils sont les leaders, et la progression de l'intelligence artificielle en Chine, où ils étaient un peu en
03:25retard.
03:25Et là, potentiellement, si on met des garde-fous aux États-Unis, vous allez avoir la Chine qui va rattraper
03:32tout ça
03:32et qui va même dépasser les États-Unis plus tôt que prévu. Et l'Europe, bien évidemment.
03:37Donc ici, on a, et je terminerai là-dessus, on a le président américain qui monte sur ses grands chevaux
03:45en disant
03:45« Ben non, non, on est les leaders, on a déjà assez de garde-fous, il ne faut surtout pas
03:50ralentir parce qu'on va perdre de la compétitivité. »
03:54Il y aurait un risque économique. Donc c'est vraiment, il y a une question philosophique, une question politique, une
04:00question économique et, évidemment, une question technologique.
04:04Oui, donc beaucoup de questions, vous l'avez rappelé, John, et puis un risque de sécurité, tout simplement.
04:12On va suivre ce qui se passera dans les prochains jours.
04:16Pendant ce temps-là, le pétrole poursuit sa hausse, le baril de Brent progresse, je le disais en intro, mais
04:23encore de 4% ce matin.
04:25Il tutoie les 110 dollars. Et puis ça fait déjà quelques jours que ce baril se maintient au-delà du
04:33seuil psychologique de 100 dollars.
04:36Est-ce que, enfin, quel est le risque là pour le marché ? Un risque désormais vraiment présent sur l
04:43'inflation ?
04:43Et comment réagissent les investisseurs encore aujourd'hui ?
04:47Alors, on a un problème ici parce qu'en fait, on ne se focalise plus sur les volumes produits.
04:52On se focalise sur la capacité réelle à les acheminer.
04:56On l'avait dit, eh bien, bien évidemment, le détroit d'Hormuz, on a la mer Rouge avec les outils.
05:01Et puis, on a ce fameux oléoduc saoudien qui s'appelle l'oléoduc Est-Ouest qui a été bombardé, qui
05:10a été mis à l'arrêt.
05:12Et puis, c'est extrêmement inquiétant. Pourquoi ? Parce que cette infrastructure permettait normalement d'éviter le détroit d'Hormuz
05:21pour exporter le brut vers la mer Rouge.
05:24Mais oui, un oléoduc hyper stratégique sur place, hyper stratégique.
05:29Exactement, exactement. Donc, en fait, on est sur une question de capacité d'acheminement, pas de volume, mais de capacité
05:36d'acheminement.
05:37De l'autre côté, on espérait qu'il y ait des discussions entre l'Iran et d'autres pays, d
05:44'autres États du Golfe.
05:45On avait même été assez loin vendredi en pensant que l'Arabie saoudite et l'Iran, qui sont des frères
05:54ennemis, si je peux dire, comme on les appelle,
05:56eh bien, se mettent à la table de négociation avec Oman, bien évidemment, pour discuter d'un passage sécurisé dans
06:04le détroit d'Hormuz.
06:05Eh bien, ce matin, on a appris que c'est repoussé au calandre grec. Et donc là, évidemment, il y
06:11a plusieurs questions.
06:12Alors, après plusieurs séances au-dessus des 100 dollars, eh bien, on a un risque de perturbation durable qui devient,
06:22d'une certaine manière, qu'on le veuille ou non, un scénario assez central.
06:26Et ça, ce n'est pas positif. Ce n'est pas positif pour l'inflation, notamment de second tour. Ce
06:31n'est pas positif pour les banques centrales.
06:33On va en parler après. Mais vous savez, une banque centrale qui monte ses taux pour faire baisser le prix
06:39du baril, ça n'a jamais marché.
06:40Et évidemment, c'est important parce que vous avez le diesel qui continue de monter. Vous avez le fret. Vous
06:49avez les assurances maritimes qui continuent de monter.
06:52Et ça, tout ça, c'est inflationniste.
06:54Et puis, on va revenir rapidement sur les banques centrales, justement, sur le diesel. Un galon américain qui n'a
07:02jamais été aussi haut que ces derniers jours,
07:04qui touche même les 8 dollars en Californie sur une moyenne nationale de 6 dollars. Parlons des banques centrales.
07:11Il nous reste deux minutes, John, pour parler de cette hausse des taux de la Fed. Alors, il y aura
07:16d'autres réunions de banques centrales cette semaine.
07:18Mais je vous propose qu'on se focalise sur la réserve fédérale américaine. 90 % de chance d'une hausse
07:24mercredi, c'est acté.
07:27Oui, mais je suis un peu mal à l'aise, pour être honnête avec vous, Pauline. Pourquoi ? Parce qu
07:31'on sait qu'aujourd'hui, l'inflation...
07:35On a eu les derniers chiffres du CPI vendredi. Et on a vu que l'inflation core, c'est-à
07:40-dire l'inflation où vous enlevez l'alimentation et l'énergie,
07:44bien sûr, un an, elle a baissé. Elle est passée de 2,5 à 2,4 %.
07:48Et elle est au plus bas depuis 2021.
07:51Exactement. Donc, on est dans une situation où, effectivement, vous n'avez pas toute l'inflation qui part.
07:57Et on remarque, c'est assez évident, que l'inflation aujourd'hui, elle est seulement induite par l'énergie.
08:03Et je répète ce que je disais juste avant. On n'a jamais vu une banque centrale monter ses taux
08:08pour faire baisser le prix du baril,
08:10à moins, bien évidemment, qu'elle fasse rentrer l'économie en récession et qu'il n'y ait plus de
08:14demande.
08:14Alors là, évidemment, ça va baisser. Mais ce n'est pas le but.
08:16Donc, ici, on est dans une situation où, selon la logique,
08:22Gavin Walsh devrait monter les taux mercredi, même si je mettrais une petite pièce sur le fait qu'il les
08:28stabilise en ayant un discours au quiche.
08:31Mais s'il devait monter les taux, eh bien, il aurait peut-être un discours de viche.
08:37Parce qu'on voit ici qu'on n'est pas dans un, normalement, en tout cas aujourd'hui, on n
08:42'est pas à l'entame d'un cycle de hausse des taux d'intérêt.
08:46On est juste sur une hausse d'intérêt pour calmer un petit peu une certaine inflation, mais pas sur l
08:54'énergie.
08:54Oui, une hausse peut-être assurantielle pour la réserve fédérale américaine, contrairement à la BCE, qui pourrait, avec le discours
09:04de Christine Lagarde la semaine dernière,
09:07entamer pour le coup un vrai cycle de hausse des taux.
09:09On verra ça dans les prochains mois.
09:11Merci beaucoup, John.
09:12John Plassard, associé et responsable de la stratégie d'investissement pour la Banque Cité Gestion.
09:18Merci d'avoir été avec nous, comme tous les lundis.
09:21Merci à vous de nous avoir suivis.
09:22Et on se retrouve ce soir en direct à 17h30.
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