00:01BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:06Novartis, alors on en parlait, Novartis perd 10% aujourd'hui à la Bourse de Zurich,
00:10l'une des pires séances de son histoire, une nouvelle déception sur un essai clinique,
00:13ça illustre la difficulté de certains grands labos à trouver un avenir,
00:16alors qu'une falaise de brevets les attend à Novartis, une semaine très compliquée.
00:21Mais ce secteur de la santé garde du potentiel.
00:25Jérémy Blackwell va nous en parler, fondateur de Blackwell Family Office.
00:28Bonjour Jérémy. Bonjour Guillaume.
00:29Ça fait un moment que tout le monde nous dit qu'il faut investir dans la santé,
00:31et on voit que ce n'est pas facile pour tous les labos.
00:33Aujourd'hui, Novartis souffre, Sanofi aussi souffre,
00:35mais pour vous, le secteur de la santé reste attractif.
00:40Alors oui, tout à fait, dans le climat actuel plein d'incertitudes,
00:44avec un pétrole qui frise des 100 dollars,
00:46la France n'a jamais emprunté aussi cher depuis 2011,
00:50je pense que le secteur de la santé a pas mal d'atouts,
00:53puisque c'est un secteur qui est très défensif,
00:55et qui va être complètement décorrélé des cycles économiques,
00:57et notamment de l'évolution des cours du pétrole.
00:59Oui, donc vous allez nous présenter vos convictions.
01:02On va tout de suite rentrer dans les travaux pratiques,
01:03et ceux qui nous écoutent se feront leur opinion.
01:05Vous allez nous présenter vos titres préférés dans cet univers.
01:10Tiens, UCB, je ne connaissais pas celle-là.
01:12C'est une biopharma belge spécialisée en immunologie et neurologie.
01:15Son traitement s'appelle le BIMZELX ?
01:18BIMZELX, c'est ça que j'ai réussi à le dire.
01:21Alors c'est quoi le BIMZELX et pourquoi vous aimez cette valeur UCB ?
01:24Alors UCB, c'est une société belge qui pèse à peu près 40 milliards d'euros,
01:28mais qui n'est pas très connue effectivement, en tout cas en France et même en Europe.
01:32Donc le BIMZELX, c'est un traitement contre le psoriadisme,
01:36et également contre le rhumatisme psoriasidique.
01:38C'est le psoriasidique, c'est le produit phare d'UCB,
01:45puisqu'il représente 36% de son chiffre d'affaires,
01:48et c'est ce qu'on appelle un blockbuster,
01:50qui réalise déjà plusieurs milliards d'euros de chiffre d'affaires.
01:53Ce blockbuster porte les chiffres d'UCB qui sont excellents,
01:56puisqu'au dernier semestre, la croissance d'UCB était de 22%
02:00et de l'Ibitat de 68%,
02:02donc très important pour un laboratoire pharmaceutique.
02:05et UCB, c'est une société qui a déjà un gros blockbuster,
02:10qui ne va pas perdre son revers avant au moins mises années,
02:13autour de 2035,
02:15donc qui est bien protégé par rapport à cela.
02:16Donc vous l'aimez cette valeur, à quel prix vous l'achetez ?
02:19Au cours actuel, on est à peu près à 209 euros,
02:22ça nous fait un PR pour l'an prochain de 17,
02:25contre 23 cette année,
02:26avec une croissance d'à peu près 30% par an.
02:29Donc si la société continue à ce rythme,
02:31en 2030, son PR devrait tomber autour de 10-11,
02:34ce qui est vraiment très très faible pour une valeur de cette qualité,
02:36et très défensive.
02:38Alors, autre valeur de qualité que vous regardez,
02:40que vous recommandez chaudement,
02:42c'est Essilor ou Sotica.
02:44Bon, on va dire que le pari est un peu gonflé,
02:46sur un an ça perd 53%,
02:49du côté de l'activité très porteuse,
02:52des lunettes connectées,
02:53alors qu'on nous a vendu un petit peu comme Mons et Merveille,
02:56il y a 2-3 écueils,
02:57il y a la concurrence,
02:58il y a la qualité,
02:59il commence à y avoir des problèmes réglementaires.
03:02On a vu que la Norvège était en train de vraiment...
03:05Tout ce qui est RGTD, oui.
03:06Oui, voilà.
03:07Comme les smartwatches au début avec leurs photos,
03:09j'y reviens toujours,
03:11mais oui, la limite, elle est peut-être là, justement.
03:14Mais vous, vous continuez à être positif là-dessus, pourquoi ?
03:17Oui, tout à fait.
03:18Alors, c'est vrai que le titre a baissé pour plusieurs raisons.
03:20Alors déjà, il partait d'une valorisation qui était relativement élevée.
03:23C'est un titre qui s'est toujours payé cher.
03:26Et puis, il y a eu ces craintes qui sont, selon moi,
03:28assez exagérées sur les lunettes connectées.
03:31Les lunettes connectées, alors certes,
03:33il y a une marge un petit peu plus faible,
03:34mais ça apporte quand même 5 à 6 points de croissance par an
03:37sur les chiffres d'affaires.
03:397 millions de lunettes connectées vendues l'an dernier,
03:4110 millions visées cette année.
03:42Et puis, il ne faut pas oublier tout le reste des Cilerlous Sotica,
03:45parce que c'est aussi de la belle marque.
03:47C'est de la marge et c'est des produits,
03:49on ne va pas dire d'ultra luxe,
03:52mais à très forte plus-value.
03:54Ils ont des belles licences, ils ont un savoir-faire.
03:57Et si le titre a aussi temps baissé,
03:59c'est d'ailleurs peut-être pas trop, finalement,
04:02à cause du sujet des lettres connectées,
04:04qui est un peu un épiphénomène.
04:06C'est surtout pour les problèmes de gouvernance familiale,
04:08puisqu'il y a eu le décès du fondateur l'an dernier.
04:13Du coup, c'est ses 6 enfants, sa femme et son beau-fils
04:15qui sont en train de se partager l'héritage.
04:17Il y a des tensions, notamment avec le fils du fondateur.
04:20Qui réclame une autre stratégie.
04:21Qui réclame une autre stratégie qui, selon moi,
04:24pourrait peut-être attirer des fonds activistes
04:26ou justement être un catélyseur de relance d'Essilor
04:30qui détient effectivement des belles marques
04:32et un savoir-faire qui est assez unique,
04:34donc avec des fortes barrières à l'entrée.
04:35Pour vous, on est sur un bon point d'entrée,
04:37Essilor Luxottica, aujourd'hui ?
04:38Oui, tout à fait.
04:39Essilor Luxottica, normalement, historiquement,
04:41se paye à peu près 30 fois les bénéfices,
04:44avec un saut à 60 fois il y a 2-3 ans.
04:47Et là, maintenant, on est plutôt sur un PR de 20
04:50pour l'an prochain.
04:51Donc, on est revenu à des niveaux vraiment très raisonnables
04:54pour une valeur de qualité, défensive, saine.
04:57Bon, alors chacun sera sa conviction, bien évidemment.
04:59Tout ça, ce sont des idées, des paris,
05:01des idées de diversification.
05:03Et vous avez promis de nous en amener une troisième,
05:05toujours dans le secteur de la santé,
05:06pour illustrer son potentiel.
05:08Vous nous dites que la santé est un refuge en bourse.
05:10Mais cette troisième valeur, elle concerne notre santé.
05:12Enfin, non.
05:12Non, pas notre santé, en fait.
05:14Celle de nos animaux de compagnie.
05:15Exactement.
05:16C'est VIRBAC.
05:17C'est ça.
05:17J'ai voulu proposer différents choix assez complémentaires.
05:21Et c'est vrai que je trouvais ça important
05:22d'avoir plutôt un laboratoire vétérinaire.
05:26Et en plus, VIRBAC est une valeur française.
05:29C'est une société franco-italienne,
05:30mais VIRBAC, c'est vraiment une valeur française,
05:32qui est un des leaders, justement,
05:34sur les médicaments pour les animaux de compagnie
05:36et aussi pour les animaux d'élevage.
05:38Et c'est une société qui est le leader,
05:40notamment mondial, de la dermatologie
05:42pour les animaux de compagnie.
05:44Donc, c'est une société présente dans plus de 100 pays,
05:47très bien gérée, en assez forte croissance,
05:49qui est, selon moi, assez sous-estimée par le marché,
05:52puisque le titre est en forte baisse également
05:55depuis le début de l'année.
05:57Et c'est traite à des niveaux très bas,
05:59c'est-à-dire à peu près 15 fois les bénéfices.
06:00Et oui, et vous le disiez,
06:01on est dans la santé animale,
06:03de plus en plus de gens.
06:05Alors, je ne veux pas dire qu'ils remplacent
06:06le fait d'avoir un enfant par un animal,
06:07mais bon, il y a de plus en plus d'animaux quand même.
06:09Il y a un argument de long terme, du coup,
06:10autour de la thématique VIRBAC,
06:12pour la suite, pour les portes frais ?
06:13Oui, tout à fait.
06:14Alors, ils ont un plan, d'ailleurs,
06:15qui s'appelle Grandir Ensemble 2030,
06:19qui est assez détaillé,
06:20qui vise à porter l'EBIT de 16 à 20 %,
06:23donc d'ici 2030.
06:25Donc, c'est une belle ambition.
06:26Et c'est vrai que les derniers shifts,
06:28VIRBAC était très bon.
06:29Le marché avait d'abord bien progressé le jour même,
06:33et puis finalement, ça a rebaissé.
06:35Moi, je pense que VIRBAC,
06:36c'est un titre qui est assez sous-estimé,
06:38avec une croissance qui est en train de se réaccélérer.
06:41Et ça ne m'étonnerait pas
06:42qu'on ait un relèvement des objectifs
06:44sur cette société
06:47qui me paraît mal pressée par le marché.
06:49En tout cas, le marché me semble assez dur
06:51avec cette belle valeur.
06:52Bon, vos trois convictions,
06:53VIRBAC et Ciroluxotica et UCB,
06:55je ne sais pas s'il y a une hiérarchie
06:56dans ces trois convictions.
06:57Il y a un point commun, en tout cas, entre elles ?
06:59Alors oui, il y a un point commun.
07:00Alors bien sûr, en dehors du secteur de la santé,
07:01c'est trois sociétés qui sont plutôt délaissées
07:04pour des choses qui ne sont pas vraiment
07:07fondamentalement liées à leur activité.
07:10UCB paie un peu une exigence excessive
07:12sur son traitement, le BIMSEX,
07:13qui rencontre pourtant un grand succès.
07:16Et Ciroluxotica a baissé,
07:18surtout pour des raisons de gouvernance familiale.
07:21Et VIRBAC est une société
07:23qui est mal valorisée par le marché.
07:25Je pense que le marché a un petit peu de mal
07:26à appréhender son potentiel de croissance en ce moment,
07:28alors que la société fonctionne très bien
07:31et se développe beaucoup mieux, par exemple,
07:32que son concurrent américain, Zoetis,
07:34qui fait pas mal.
07:35Jérémy Blackwell, le fondateur de Blackwell Family Office
07:37et partenaire stratégique de Goliath, c'est ça, Jérémy ?
07:41Oui, tout à fait.
07:43Goliath, c'est une plateforme qui permet d'investir
07:45dans plusieurs classes d'actifs,
07:46dont bien sûr les actions.
07:50Je deviens donc partenaire stratégique de Goliath
07:52pour les aider à s'améliorer
07:54et également à se faire connaître.
07:56Parce que j'aime beaucoup ce qu'ils font.
07:57Oui, c'est mieux.
07:59Merci beaucoup de nous avoir accompagnés.
08:00Le CAC 40 est en baisse.
08:01Bon retour, Jérémy.
08:02Puis votre argumentaire sur chaque valeur
08:03est à retrouver en replay, bien sûr,
08:05dans quelques instants sur l'application BFM Business.
08:07Il est avec nous régulièrement dans BFM Bourg,
08:09Jérémy Blackwell.