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  • il y a 12 minutes
Avec Lisa Hirsig, Enseignante, chroniqueuse et auteur de la grande garderie (Albin Michel)
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##ET_SI_CETAIT_VOUS-2026-09-08##

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Transcription
00:007h24, vous en avez pris l'habitude, c'est « Et si c'était vous ? »
00:03C'est à vous de décider.
00:04Tous les jours, à 7h20, une personnalité fait une proposition présidentielle sur Sud Radio,
00:09même s'il est 7h24.
00:11Bonjour Lisa Hirzig, vous êtes enseignante.
00:14Et si vous étiez ministre de l'éducation, vous auriez une proposition très précise
00:17à formuler ce matin à Sud Radio ?
00:23Alors, j'ai une proposition très précise, très banale finalement,
00:27puisqu'elle consisterait à proposer un bon éducation,
00:31c'est-à-dire à rendre aux parents le choix de l'école de leurs enfants.
00:37Alors, je dis qu'elle est très banale parce qu'elle existe dans d'autres pays.
00:39Vous allez par exemple au Canada, les parents choisissent l'école
00:43dans laquelle ils veulent inscrire leurs enfants,
00:45et l'État donne cette école de l'équivalent de ce qui coûte un élève
00:49dans le système public, si vous voulez choisir.
00:53Absolument toutes les écoles que vous voulez,
00:54du moment qu'elles sont reconnues par l'État,
00:56qu'elles doivent vivre véritablement un service d'instruction,
00:59ce qui les oblige évidemment à être inspectés régulièrement
01:02et à répondre à certaines conditions.
01:05Mais il n'y a pas d'optimation de mettre son enfant dans une école publique
01:09pour qu'elle soit financée.
01:10Alors, en France, vous sortez du système public,
01:13c'est à vous de financer l'école de vos enfants,
01:15même s'il est très bon contribuable,
01:18donc vous doublez.
01:21Alors, Lisa Herzig, on a un tout petit souci de son,
01:24je ne sais pas si vous pouvez arranger cela de votre côté.
01:27On a évidemment compris le sens de votre proposition,
01:30et on vous écoute également,
01:32sachant qu'aujourd'hui,
01:33on va avoir le rapport PISA sur le classement de la France,
01:38et on s'attend peut-être à un nouveau déclassement,
01:41je ne sais pas.
01:41Est-ce que vous qui êtes enseignante,
01:44vous pensez que l'un des moyens de combattre l'illettrisme,
01:50eh bien, c'est aujourd'hui de redonner le sens de l'oralité,
01:54il faut mieux faire s'exprimer les enfants ?
01:56Lisa Herzig ?
01:58Oui, alors, je crois que les résultats de PISA sont tombés,
02:02ou vont tomber aujourd'hui.
02:03Oui.
02:04On n'a pas beaucoup de doutes,
02:06moi je ne les ai pas vus encore,
02:07mais enfin, on n'a quand même pas beaucoup de doutes
02:08sur leur contenu,
02:09et les résultats que les élèves français vont obtenir.
02:13Il faut juste voir que la chute est occidentale,
02:17il n'y a pas que la France dont les résultats sont mauvais,
02:19c'est une chute générale,
02:20mais les résultats des français chutent plus vite
02:23que ceux des autres élèves,
02:24donc c'est quand même inquiétant.
02:26Alors, c'est lié à plein de choses,
02:28il y a notamment le volume horaire consacré aux fondamentaux
02:31qui a très sensiblement baissé,
02:35depuis une cinquantaine d'années,
02:36c'est par exemple à la fin des années 70,
02:39un élève d'école primaire avait une quinzaine d'heures
02:41de français par semaine,
02:44aujourd'hui c'est plutôt 8 à 10.
02:46Donc en fait, si on prend toute une scolarité
02:48d'école primaire d'un élève moyen,
02:51ça fait en gros une année de français en moins,
02:53si vous voulez,
02:53donc ça fait quand même beaucoup d'enseignements fondamentaux en moins.
02:57Il y a la méthode de lecture, évidemment,
02:59qui est très critiquable en France,
03:00puisque contrairement à ce qu'on dit,
03:03il y a très peu d'enseignants qui utilisent véritablement
03:05la méthode qui fonctionne le mieux,
03:07c'est-à-dire la méthode phonique stricte.
03:10On utilise encore beaucoup ce qu'on appelait autrefois
03:12la méthode globale,
03:13qu'aujourd'hui on appelle la méthode mixte,
03:15pour maquiller le fait qu'on l'utilise,
03:17parce qu'en réalité,
03:18M. Blanquer, il y a quelques années,
03:19a voulu la faire interdire,
03:21mais en réalité,
03:21il y a moins de 5% des enseignants en France
03:23qui utilisent la bonne méthode,
03:25c'est-à-dire celle qui fonctionne avec tous les élèves,
03:27y compris ceux qui viennent des milieux,
03:29on va dire défavorisés,
03:31pour le dire comme tout le monde aujourd'hui.
03:33Il y a évidemment le problème de la formation des professeurs,
03:37qui est très orienté idéologiquement,
03:40très axé sur le développement durable,
03:43la lutte contre les inégalités entre les garçons et les filles,
03:47contre les stéréotypes de genre,
03:49j'en passe.
03:50Allez visiter les sites de formation des enseignants,
03:53vous allez voir des choses très surprenantes,
03:56très idéologiques.
03:58Pour boucler avec votre proposition,
03:59en quoi votre proposition d'un bond de 7000 euros par famille
04:04pourrait finalement améliorer le niveau des élèves ?
04:11Ah, je crois qu'on a un petit...
04:13Je vous entends, ça y est, je vous entends.
04:15Je vous demandais en quoi votre proposition de bond de 7000 euros par famille
04:19pourrait améliorer le niveau des élèves ?
04:23Par la concurrence, c'est-à-dire que la grande majorité des parents,
04:26la très grande majorité des parents,
04:28est très lucide sur ce que propose l'école publique aujourd'hui,
04:32mais finalement est contrainte d'y inscrire ses enfants.
04:36Donc, si il y avait la concurrence,
04:37si les gens avaient le choix, un vrai choix financier,
04:40parce qu'avoir le choix, c'est pouvoir s'offrir,
04:43ce genre de choses,
04:44si les gens avaient le choix,
04:45ils choisiraient sans doute des écoles
04:47dans lesquelles l'enseignement est plus proche de l'instruction
04:50que de la rééducation idéologique, si vous voulez.
04:54Et aujourd'hui, ils n'ont pas ce choix.
04:55C'est toute une approche qui serait radicalement différente.
04:59Merci infiniment, Lisa Ayerzik,
05:01de nous avoir partagé votre proposition,
05:05si vous étiez ministre dans cette rubrique,
05:07et si c'était vous.
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