- il y a 7 semaines
Chaque week-end, Alice Darfeuille vous accompagne de 21h à 00h dans BFM Grand Soir.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00L'immigration, je voudrais qu'on entende et je vous ferai réagir évidemment les uns les autres.
00:03Le candidat que vous soutenez, Gabriel Attel, qui était sur ce plateau il y a dix minutes,
00:07ce qu'il propose, lui, en matière d'immigration, écoutez.
00:11C'est un vrai sujet, évidemment, l'immigration.
00:14Je l'ai dit à plusieurs reprises, sur ce sujet-là, il y a un échec des dernières années.
00:19Aujourd'hui, on ne maîtrise pas suffisamment notre immigration, qu'elle soit illégale ou légale.
00:23Et donc, là aussi, il faut changer le système.
00:25Moi, je ne crois pas qu'on en ait encore à se dire on va prendre telle mesure, telle autre.
00:29Moi, je propose qu'on change notre modèle migratoire.
00:31Et je vais même plus loin, je propose concrètement la manière dont ça va se faire.
00:33Je propose que tous les deux ans, les partenaires sociaux se réunissent,
00:37identifient les besoins de l'économie en matière migratoire,
00:40et qu'ensuite ces besoins de l'économie identifiés soient transmis au Parlement,
00:43et que le Parlement vote des quotas.
00:45Tous les deux ans, des quotas d'immigration, pas des quotas indicatifs,
00:49des quotas limitatifs, des quotas par secteur économique,
00:52et des quotas par origine aussi, par nationalité,
00:55parce qu'il faut qu'il y ait une immigration qui soit plurielle,
00:57si on veut qu'elle soit intégrable ou assimilable,
01:00selon le terme que vous préférez utiliser.
01:03Ça vous agace d'entendre ça, Philippe ?
01:04Je vous parlais tout à l'heure des mots d'or des années 90,
01:07c'était une proposition de Jacques Chirac en 89.
01:09Donc en fait, ça fait...
01:10De Sarkozy aussi.
01:11De Sarkozy, c'est tout le temps la même chose.
01:13On radife des quotas, il y a déjà des listes de métiers en tension,
01:18où vous êtes régularisé ou pas régularisé,
01:20et les visas de travail, aujourd'hui il y a une politique,
01:22du ministère de l'Intérieur, on ne donne pas d'inset de travail à n'importe qui.
01:24Donc il n'y a rien de nouveau dans ce que dit Gabriel Attal ?
01:26En fait, on invente la poudre mille fois,
01:28donc ce n'est pas ça le problème.
01:29En France, ce n'est pas l'immigration de travail, on en a besoin.
01:32Et les taxes de la gauche, vous avez raison.
01:33Non, le problème qu'on a en France sur l'immigration,
01:36ce n'est pas un vrai...
01:36On a 150 000 au QTF, c'est 150 000,
01:40il y en a plein de gens qui sont au travail,
01:41qui sont bien insérés,
01:42et qui ont fait vivre un harcèlement bureaucratique insupportable,
01:45à devoir prendre des rendez-vous en préfecture,
01:47d'attendre six mois, un an avant d'être régularisé,
01:49alors qu'ils travaillent.
01:50Et le problème, c'est qu'on a seulement 10 000 étrangers dangereux,
01:54qui, eux, on laisse en tranquillité,
01:56parce qu'on préfère harceler les 150 000 qui, eux, travaillent.
01:59Moi, je propose une chose,
02:00c'est qu'on régularise tous les sans-papiers qui travaillent.
02:02Vous travaillez, vous avez le droit de citer en France.
02:06C'est un tract ambulant, en fait.
02:07On fait...
02:08Pour l'immigration irrégulière.
02:09Non.
02:09Si, votre proposition, c'est un tract ambulant
02:14pour l'immigration irrégulière.
02:15Vous avez le droit de travailler.
02:16C'est pas sérieux.
02:16Vous le savez très bien.
02:17Vous travaillez en France.
02:17Vous payez votre loyer.
02:18Vos enfants se comportent bien à l'école.
02:20Vous avez le droit d'avoir un petit déjeuner.
02:21Oui, parce que vous êtes venus de façon régulière sur le territoire.
02:24Donc, vous ne réduisez pas l'immigration.
02:26En revanche, les 10 000 étrangers dangereux
02:28qui sortent de prison,
02:29qui ont été mis en cause dans des méfaits, etc.,
02:32on les expulse.
02:32Aujourd'hui, on n'expulse personne.
02:34Donc, c'est très simple.
02:34On fait des grands discours.
02:36Le quota, on prend des positions en martial.
02:39On fait de la comme toute la journée.
02:40La vérité, c'est qu'on a un taux d'expulsion des OQTF
02:42qui est extrêmement faible.
02:44Donc, vous n'expulsez personne et vous faites des quotas.
02:45Moi, je dis, on régularise les gens qui bossent
02:47parce qu'il y a plein de gens qui bossent.
02:49Moi, je vous l'ai dit, maraîchers chez moi.
02:50Ils ont des travailleurs.
02:51Des gens qui sont là depuis 10 ans
02:52et avec les circulaires de M. Retailleau
02:54qui ne peuvent plus aujourd'hui être régularisés
02:56et qu'on harcèle.
02:57Moi, je pense qu'il faut mettre fin à ce harcèlement
02:58des étrangers qui travaillent.
03:00Serge Raffi, je vous voyais réagir.
03:02On est dangereux.
03:03On sort de prison.
03:06Je suis un peu surpris
03:08parce qu'on entend toujours ce même discours,
03:11ce débat sur l'immigration.
03:12À mon avis, c'est un débat qui est un peu pipé.
03:16Pourquoi ?
03:16C'est un sujet majeur sur lequel il y a des attentes ?
03:19Non, ce que je veux dire par là,
03:20c'est qu'aujourd'hui, le principal problème,
03:22et je pense que beaucoup de candidats à la présidentielle
03:24en sont convaincus,
03:26c'est un problème de l'éducation.
03:28C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
03:29le problème, c'est que les communautés immigrées en France
03:33ne sont plus intégrées du tout.
03:35Elles ne sont plus intégrées du tout
03:36pour plein de raisons d'ailleurs.
03:37Pas seulement pour des raisons d'éducation,
03:40mais aussi pour des raisons que simplement,
03:41elles vivent hors sol.
03:43Elles vivent dans un pays
03:44où elles ne connaissent pas l'histoire du pays
03:46et elles ne connaissent rien.
03:47Elles vivent sur les réseaux sociaux
03:49ils sont tous avec les antennes paraboliques
03:52à écouter Al Jazeera, etc.
03:55Ils sont en France physiquement,
03:56mais mentalement, ils ne sont pas en France.
03:59Donc l'énorme travail que nos politiques
04:01vont avoir à mener dans les années à venir,
04:03il est gigantesque.
04:04Je ne vous cache pas que c'est gigantesque.
04:05C'est l'éducation.
04:07Le niveau scolaire est arrivé à un niveau...
04:09Je viens de finir un livre qui est formidable,
04:11que je vous conseille,
04:12qui s'appelle « Les héritiers de la haine »,
04:14d'un monsieur qui s'appelle Omar Youssef Suleyman,
04:16et qui a vécu...
04:17Lui, c'est un musulman d'origine syrienne
04:20et qui fait des ateliers d'écriture en France
04:22dans tous les collèges
04:23et qui découvre à quel point
04:25l'acculturation est devenue la règle
04:28dans la plupart des établissements
04:30et personne ne veut regarder ça en face.
04:32Or, les politiques, c'est ça qu'ils vont avoir à affronter.
04:35Ce n'est pas seulement savoir le nombre de quotas ou pas.
04:37Oui, mais malgré tout...
04:38Et justement, il y a Geoffroy Roux-de-Bézieux
04:40qui nous écoute là, en coulisses,
04:42et que je vais recevoir dans un instant.
04:44Venez vous asseoir, monsieur Roux-de-Bézieux.
04:45Et ensuite, promis, on sera seul en tête-à-tête.
04:48Mais je trouvais ça intéressant.
04:49Non, parce qu'on a un moment tête-à-tête
04:53dans quelques minutes, en direct.
04:55Non, mais je voulais vous entendre quand même
04:57sur cette proposition de Gabriel Attal
05:00que défendait évidemment Prisca Thévenot
05:02sur ces quotas, quotas d'immigration
05:04pour les entreprises, quotas de travail.
05:06Philippe Brun dit, bon, on a déjà fait ça.
05:08Ça fait 40 ans qu'on essaie ça.
05:09Ça ne fonctionne pas.
05:10Vous en pensez quoi, vous ?
05:11Parce qu'avant ça, on peut juste faire
05:12un petit diagnostic de c'est quoi
05:14les gens qui travaillent sans papier.
05:16En fait, on dit sans papier,
05:17mais ce n'est pas vrai.
05:18Parce qu'employer des gens sans papier,
05:20c'est illégal, ça s'appelle du 3 et de Noir.
05:22Et moi, je suis fondamentalement contre.
05:25Les gens dont on parle,
05:26c'est des gens qui ont des papiers.
05:29L'employeur ne peut pas vérifier.
05:31On n'a pas le droit en tant qu'employeur
05:33de vérifier si les papiers sont en règle
05:35et les fichiers ne correspondent pas.
05:36Et donc, quelquefois, il peut y avoir un doute,
05:39mais enfin, ce n'est pas à nous de faire la police.
05:41Ce n'est pas votre rôle ?
05:43C'est important de dire ça,
05:44parce que je pense que, en tout cas,
05:46moi, en tant qu'ancien président de l'EF,
05:47je ne peux pas défendre des gens
05:49qui emploient vraiment des gens sans papier.
05:51Parce qu'en général, ils en profitent
05:53pour imposer des conditions de travail
05:55épouvantables pour les sous-pays.
05:56Enfin, on est vraiment dans une forme
05:59d'esclavagisme moderne.
06:00Donc, on parle des gens
06:01qui ont une forme de papier
06:02qui est soit un faux, soit une copie,
06:04soit un...
06:05Le renouvellement aussi est très long.
06:06Voilà, avec un signe très long.
06:08Je ne pense pas qu'ils fassent
06:09les réguliers massivement.
06:11Il faut le faire comme ça se faisait
06:12avant la circulaire Retailleau,
06:13c'est-à-dire en fonction de l'intégration
06:15et du travail.
06:17Mais moi, je ne suis pas contre
06:18cette politique de quota.
06:19Elle est simplement très difficile
06:21à mettre en place
06:21parce qu'il faut la négocier
06:22avec les pays.
06:23Et on a vu que Mélanie
06:25a essayé de le faire en Italie
06:26avec un succès.
06:28Alors, d'abord,
06:28ce n'était pas la politique
06:29qu'elle avait annoncée,
06:29pour commencer.
06:30Et elle a eu un succès,
06:31on va dire, modéré.
06:33Donc, pas inintéressant,
06:34mais complexe à faire.
06:36Allons au fond du problème
06:36pour dézoomer un tout petit peu.
06:38Oui, on a besoin
06:39d'immigration économique.
06:40Ça, c'est la réalité.
06:41Parce que sinon,
06:43si la France faisait assez d'enfants
06:45et qu'on n'avait pas de problème
06:46de démographie,
06:46on serait l'exception européenne.
06:48L'Europe va avoir besoin d'immigration.
06:50La question,
06:50mais vous l'avez évoquée, monsieur,
06:52c'est comment on fait
06:53pour qu'on les intègre.
06:54Ce n'est plus une question
06:55de chef d'entreprise,
06:55c'est une question de société.
06:58Nous, notre rôle,
06:58c'est en faisant travailler les gens,
07:01en leur donnant du travail,
07:02ça contribue.
07:03Enfin, on peut se verrer.
07:04Quelqu'un qui travaille
07:05aime mieux intégrer
07:06que quelqu'un qui ne travaille pas.
07:08Voilà.
07:08C'est aussi simple que ça.
07:09Oui, je voulais simplement...
07:11Oui, j'avais une question
07:11parce que quand on regarde...
07:13Parce que Gabriel Attal dit
07:14que ça se fait ailleurs.
07:15Et quand on regarde
07:16ce qui se fait à l'étranger,
07:16on voit qu'il y a deux modèles.
07:17En fait, il y a un modèle
07:18qui consiste à fixer
07:20un nombre, effectivement,
07:21plus ou moins grand.
07:22La Suisse étant, par exemple,
07:23connue pour un système
07:24très restrictif,
07:258500 personnes par an,
07:27je crois, pas davantage, etc.
07:28Et puis, il y a un autre modèle
07:29qui est le modèle scandinave
07:30qui ne fixe pas de quotas chiffrés
07:33mais qui dit
07:34on vous laisse rentrer
07:35à condition que vous arriviez
07:37avec un contrat de travail,
07:39éventuellement un certain niveau
07:40de rémunération
07:41et que le travail
07:42que vous venez exercer chez nous
07:45correspond évidemment
07:46à un besoin
07:47pour faire tourner notre économie.
07:49Oui.
07:49Le modèle suédois
07:50ne fonctionne plus tellement.
07:52Alors, ce n'est pas
07:53que les Suédois, en l'occurrence.
07:54Le modèle scandinave
07:55est en train de se heurter
07:56à un certain nombre de problèmes.
07:57Je ne crois pas trop
07:58à ce système
07:58parce qu'il faudrait
07:59que l'employeur soit capable
08:00d'aller chercher
08:01je ne sais pas quoi
08:02dans un pays,
08:02dans un pays,
08:03les contrats,
08:04c'est très compliqué.
08:06Mais la proposition
08:07de la table,
08:08je n'étais pas là,
08:08je n'ai pas entendu le truc,
08:09c'est de laisser
08:10les partenaires sociaux
08:11essayer de fixer
08:12par branche des quotas.
08:14Je trouve qu'il y a
08:14un début de solution.
08:15Après, je reconnais
08:17que ce n'est pas facile
08:17à mettre en place
08:18mais dire,
08:18il faut que ce soit
08:19le marché du travail
08:20qui répond,
08:20que ce soit les entreprises
08:21qui répondent.
08:24Mais je finis
08:25en disant une chose,
08:26c'est quand même
08:26une décision politique
08:27à la fin.
08:29Ça ne peut pas être
08:29les chefs d'entreprise
08:31qui fixent
08:32la politique
08:32de la politique
08:33du pays,
08:33ce n'est pas possible
08:34parce que c'est un sujet
08:35beaucoup plus vaste
08:36qu'un sujet économique,
08:37c'est un sujet
08:37de nature politique,
08:38culturelle,
08:39historique,
08:39etc.
08:40Tout à fait,
08:42c'est prendre l'avis
08:43effectivement
08:44des partenaires sociaux,
08:46des branches
08:46secteur par secteur
08:47pour connaître
08:48leurs besoins économiques
08:49et ensuite
08:50les envoyer au Parlement
08:51pour que ce soit
08:52la décision politique
08:53qui puisse fixer
08:54effectivement
08:55ces quotas.
08:56Vous êtes un bureaucrate
08:57monsieur le député ?
08:58La bureaucratie.
08:59Non mais franchement,
08:59vous avez un député là
09:01à la veille du débat
09:02parlementaire sur le budget
09:03qui vous explique
09:03qu'il est un bureaucrate.
09:04Non, vous êtes un décideur politique.
09:05Pourquoi vous dites bureaucratie ?
09:07C'est quand même l'une heure.
09:08Vous voulez vous déresponsabiliser
09:10d'une action
09:12qu'on doit porter ?
09:13Laissez le répondre.
09:15Pourquoi vous parlez ?
09:15On a juste du fonctionnement
09:16actuel.
09:16Si vous vous rendez compte
09:17concrètement,
09:18vous êtes employeur.
09:19Vous avez besoin
09:21de main d'oeuvre
09:22et vous ne trouvez pas
09:22et donc il y a quelqu'un
09:23de la société étrangère
09:24qui se présente
09:25qui a des papiers
09:26qui sont en cours
09:26de renouvellement.
09:27C'est le cas pour la plupart du cas
09:28et donc il a besoin
09:29de ce travail.
09:30Donc vous lui signez le CDI
09:31et vous faites une demande
09:32de titre de séjour pour lui
09:33pour qu'il puisse travailler
09:34de manière régulière.
09:36Tout cela est instruit
09:37par un service.
09:38Vous imaginez la dépense publique
09:39d'ailleurs aujourd'hui
09:40sur tous les gens
09:40qui sont censés
09:42et là vous traitez le cas
09:43déjà qui sont déjà
09:45l'un de pays.
09:46C'est ce qu'on dit ?
09:47Moi je parle de ceux-là.
09:48Et ensuite,
09:52on instruit
09:53et puis ensuite
09:54on vérifie
09:54que le métier est bien en tension.
09:55Si on a trouvé un CDI,
09:57c'est que du coup
09:58il est déjà en tension.
09:59Maintenant,
10:00le quota,
10:01il ne sera jamais respecté.
10:03Vous ne respectez pas
10:03les occupiers.
10:03Donc un élu,
10:05un député vous dit
10:06que ce qui va voter
10:06ne sera pas respecté.
10:07Il est bien de gauche.
10:09C'est plus facile
10:10de maîtriser l'entrée
10:10que la sortie...
10:11Pardonnez-moi madame,
10:11mais sous François Hollande
10:12on exécutait plus de QTF
10:13que ce Gabriel Attal.
10:14D'accord ?
10:15En tout cas,
10:16ça suscite évidemment du débat
10:17et c'est pour ça
10:18que je voulais vous entendre.
10:19Vous exécutez plus
10:19qu'on s'entendait mieux
10:20avec l'Algérie que vous.
10:21Donc en fait,
10:22on exécute plus.
10:23Et moi je préfère
10:24qu'on exécute vraiment
10:25pour les étrangers
10:26qui sont dangereux
10:27plutôt que de harceler
10:28de manière bureaucratique
10:29tous les gens
10:29qui travaillent dans ce pays.
10:31Merci, merci à tous
10:32d'avoir été là.
10:33Je vous libère
10:35puisque c'est mon moment
10:35avec Joe Farouk Bessier.