00:06Et à 7h48, nous posons la question ce matin, dans quel état se trouvent nos écoles après les épisodes caniculaires,
00:16toujours en cours sur le sud du pays.
00:18Bonjour Guillaume Perrin.
00:21Bonjour.
00:22Vous êtes le directeur général du programme Action des collectivités territoriales pour l'efficacité énergétique.
00:31Guillaume Perrin, j'ai noté que le gouvernement avait réduit l'enveloppe destinée à la rénovation des écoles de 50
00:38millions d'euros à 10 millions.
00:41Vous le confirmez ?
00:43Oui absolument, c'est l'une des mauvaises nouvelles de cette rentrée.
00:46Très mauvaise nouvelle, il faut le dire.
00:48Très concrètement, après l'effort de chaleur, Guillaume Perrin, de cet été, dans quel état, tout simplement, sont aujourd'hui
00:54les écoles françaises soumises aux épisodes de canicule ?
01:02En très mauvais état, en l'occurrence, puisqu'on estime que près de 75% du bâti scolaire, donc à
01:08la fois école maternelle, primaire, mais aussi collège et lycée, ne sont pas adaptés aux épisodes de forte chaleur.
01:13Ce qu'on a connu à fin mai et fin juin, et probablement aussi pour les départements concernés, pour la
01:19période qui s'annonce.
01:20Donc une vraie difficulté, à la fois pour les enseignants, les personnels, mais aussi évidemment les élèves et les scolaires.
01:26Donc j'imagine que ces 40 millions d'euros, 50 moins 10, donc 40 millions d'euros qui disparaissent au
01:33passage, étaient très utiles.
01:35Pour quel type d'équipement dans nos établissements scolaires ?
01:39Le plan avait été conçu pour couvrir à peu près 25% des écoles, donc 12 500 sur 42 000
01:45écoles en France aujourd'hui.
01:46Et il couvrait deux sujets.
01:48D'une part, le diagnostic, 100% gratuit d'une école qui permettait de savoir exactement sur quoi agir, quel
01:54plan de travaux réaliser.
01:56Et ensuite, ce qu'on appelait les petits travaux.
01:58Petits parce qu'ils ne coûtent pas cher, ils sont rapides à mettre en œuvre, mais pour autant assez efficaces.
02:03Les deux éléments principaux, ce sont tout ce qui va permettre, tout ce qui va empêcher le soleil de rentrer
02:09dans le bâtiment.
02:10Brise soleil, store ban, voler, etc.
02:12On gagne 4 à 5 degrés en température mesurée.
02:16Et le deuxième élément, effectivement, ce sont des brasseurs d'air, des ventilateurs plafonds, placés au bon endroit,
02:21qui permettent de faire circuler l'air.
02:23Et ça, ça permet de gagner 2 à 3 degrés en température ressentie.
02:26Puisqu'effectivement, la manière qu'a un humain pour faire baisser cette température, c'est la transpiration.
02:31Et plus il y a du brassage d'air, du vent, plus effectivement ce phénomène est favorisé.
02:36Et donc, on a un sentiment de confort, de rafraîchissement qui est beaucoup plus important.
02:40Et c'est important pour les élèves et les enseignants de tous âges.
02:44Est-ce que ça signifie aujourd'hui qu'il y a une dizaine de milliers d'écoles très à risque,
02:49si je puis dire,
02:50parce qu'elles le sont toutes, en réalité, ou presque toutes, qui vont devoir se débrouiller seules ?
02:56C'est même plus que ça, en réalité, puisqu'on avait quantifié, comment est-ce qu'on avait quantifié ce
03:01plan-là ?
03:02C'est qu'on se disait, on est capable d'équiper, d'ici mai de l'année prochaine, à peu
03:07près, un peu plus de 10 000 écoles dans ces travaux-là.
03:10C'est pas qu'on disait qu'il n'y en avait que 10 000, on disait juste qu'effectivement,
03:14il y en avait au moins 10 000,
03:16et qu'on était en capacité, en moins d'un an, de les équiper.
03:19En rabotant le budget, on réduit l'ambition à 2500 écoles,
03:23qui sont définies de manière prioritaire par le ministère de l'Éducation nationale,
03:26c'est donc un recul assez fort, et celle qu'on n'a pas pu accompagner dès maintenant,
03:31ça repousse l'action, si tant est qu'elle puisse être lancée,
03:35et effectivement, on va laisser beaucoup d'écoles de côté.
03:37Un budget raboté, parce que le prochain budget de la France va être un nouveau casse-tête,
03:43vous y ajoutez le milliard débloqué pour les agriculteurs, qu'il va falloir bien trouver également.
03:47Est-ce que nous sommes en train de reproduire le même scénario que lors des précédentes canicules,
03:51le Guillaume Perrin, à savoir le constat que les écoles ne sont pas adaptées,
03:55puis du bricolage, si je puis dire, dans l'urgence, quand c'est possible même ?
04:00C'est en ce sens que c'est une vraie déception de la part de nos élus,
04:04effectivement, c'est la trajectoire qu'on prend,
04:06puisque effectivement, tout le monde a compris,
04:07pour réussir cette adaptation-là, il fallait deux sujets.
04:10Un, une conviction politique, psychologique,
04:12et là, je pense que malheureusement, avec les dernières canicules,
04:14tout le monde est convaincu qu'il faut faire quelque chose,
04:17tout le monde connaît l'état du bâti,
04:18et tout le monde comprend la nécessité d'agir.
04:20Et deux, un petit coup de pouce financier.
04:22L'enveloppe de 50 millions, elle était très modeste,
04:24mais elle permettait déjà, avec ces petits travaux très efficaces,
04:28de réduire la température ressentie,
04:30et d'avoir un gain entre 5 et 7 degrés en intérieur,
04:32ce qui était déjà très intéressant,
04:34et qui éventuellement, dans certains cas,
04:36pouvait monter, mener à l'installation de climatisation,
04:39pompe à chaleur, qui peuvent rester nécessaires dans un certain nombre de cas.
04:41Guillaume Perrin, il vous reste une poignée de secondes, là.
04:44Vous avez Sébastien Lecornu devant vous,
04:46qu'est-ce que vous lui demandez ?
04:50De prendre en compte, effectivement, les besoins
04:53et les attentes très fortes des citoyens,
04:55notamment des enfants qui ont un système aussi immunitaire
04:58qui est plus faible que le nôtre
04:59et qui sont encore plus exposés aux canicules,
05:01donc de remonter le budget pour couvrir un nombre d'écoles suffisant
05:05et de prendre en compte réellement cette problématique de la canicule
05:08et l'adaptation de nos services publics et de notre vie à venir.
05:11Allez, le message est lancé.
05:12Merci infiniment, Guillaume Perrin,
05:14directeur général du programme Action des collectivités territoriales
05:18pour l'efficacité énergétique.
05:21Merci à vous, 0826 300 300.
05:24Vous avez la parole dans un court instant.
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