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  • il y a 22 minutes
L'archive de Maxime Lledo



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##ARCHIVE_SUD-2026-03-29##

Catégorie

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News
Transcription
00:00Il est 7h18 sur Sud Radio et l'archive ce matin, elle a du goût.
00:05Il faut reconnaître que nous vivons une époque étrange, une époque qui ne veut plus distinguer en réalité,
00:09une époque qui supporte de moins en moins l'idée qu'il existe des degrés, des hauteurs, des sommets,
00:14puis des chefs-d'oeuvre. Tout doit être mis désormais au même niveau.
00:17Le débutant avec le génie, la jeune pousse avec la légende, l'apprenti avec le maître.
00:22Et puis, pour preuve, on distribue des prix pour tout, pour rien, pour n'importe quoi,
00:26jusqu'à épuiser l'idée même de récompense.
00:29Dans les musées, les foules restent s'accrocher à leur téléphone, photographiant les chefs-d'oeuvre
00:33et incapables d'admirer un tableau autrement qu'à travers un écran.
00:36Au théâtre, par exemple, on ne regarde plus toujours la pièce, on attend simplement la fin
00:40pour prendre en photo la star des planches pendant les applaudissements.
00:43Nous vivons un temps étrange où l'on trouve volontiers, snob et brutal,
00:46le simple fait d'affirmer qu'un violon de Ravel vaut mieux qu'un vacarme interchangeable,
00:50qu'un grand film est autre chose qu'un divertissement vulgaire ou qu'une sculpture n'est pas un graffiti.
00:55Bref, qu'il existe, oui, désolé de vous l'apprendre,
00:57une hiérarchie du beau.
00:59Et c'est précisément pour cela que cette archive fait du bien ce dimanche matin.
01:12Nous sommes en 1992 et Claude Sauté signe Un cœur en hiver, un film de silence,
01:18de regards retenus, de blessures muettes.
01:20On y trouve Daniel Auteuil, Emmanuel Béard et André Dussolier.
01:23Et puis dans ce monde de lutterie, de bois noble, de violon comme vous l'attendez derrière moi,
01:27de vernis patient et de son qu'on polie comme on polie une vie,
01:30il y a un personnage qui transperce l'écran avec une scène, il faut le reconnaître, délicieuse.
01:35Au stand, incarné par l'acteur Jean-Luc Bidot,
01:38lors d'un dîner en compagnie des protagonistes principaux,
01:40il se lance dans une envolée pleine de convictions, une colère presque élégante.
01:44Il dit, en substance, ce que beaucoup n'osent plus formuler.
01:47Surtout aujourd'hui, que tout est désormais mis sur le même plan.
01:50La sculpture et le graffiti, le grand film et l'émission vulgaire de télévision,
01:53l'air de violon sublime et le bruit qui passe.
01:56Ce n'est pas un caprice, un dested, ce n'est pas une moute vieux monsieur regrettant le temps d
01:59'avant,
02:00c'est une inquiétude bien plus profonde.
02:02Celle d'un monde qui, à force de ne plus vouloir juger,
02:05finit par ne plus savoir admirer.
02:07Et c'est cela qui rend cette scène si belle.
02:09Elle n'est pas réactionnaire, elle est lucide.
02:10Et puis elle rappelle accessoirement qu'un chef-d'œuvre ne se remplace pas
02:13et que tout ne se vaut pas.
02:15Jean-Luc Bidot, Claude Sauté, dans ce chef-d'œuvre qui a un cœur en hiver, 1992.
02:19« Sous prétexte que tout est culturel, on finit par mettre sur le même plan
02:22un clip et une pièce de Claudel, un mur barbouillé par des taguères
02:25et une fraise de Pierrot de la Francesca,
02:27la sonate de Ravel que notre ami va jouer
02:29et pourquoi pas la tarte aux pommes de Madame Hamet. »
02:32« Vous préférez un fré-fré ? »
02:33« Je suis sûr qu'elle est délicieuse. »
02:34« Non mais il y a une confusion extraordinaire, sans précédent, tout est là, pêle-mêle. »
02:38« Mais rien ne nous interdit de choisir. »
02:40« Mais si, justement, puisque tout se vaut,
02:42on subit tout avec la même attention flottante.
02:43L'horreur, c'est ce consentement collectif,
02:45cette chose molle qui nous assiège.
02:47Excusez-moi, je crois à une certaine vigilance de la pensée. »
02:50« Diable. »
02:50« Ça vous paraît un peu ? »
02:51« Non, nous écoutons la voix de la tradition. Sévère. »
02:55« Mais quoi, je... »
02:55« La tradition. C'est ça. Je suis réac. »
02:59« Non. Non, tu exprimes, dans un monde menacé
03:01par le débordement démocratique,
03:03le point de vue d'une élite inquiète à juste titre. »
03:05« L'élitisme, je l'ai combattu toute ma vie.
03:07Il y a quelque chose de bêlant dans tout ce qu'on entend aujourd'hui. »
03:10« Je suis d'accord qu'il y a des confusions.
03:12Mais au moins la culture n'est plus le domaine réservé de quelques-uns.
03:15Ça reste un privilège, mais plus partagé. »
03:17« Mais non, Camille, c'est pire.
03:19Toutes ces foules sans aucun repère
03:21qui piétinent dans les musées. »
03:23« Mais c'est dans ce musée, au milieu de cette foule qui ne voit rien,
03:25il n'y a qu'une seule personne qui rencontre une œuvre
03:27qui la touche, qui va peut-être changer sa vie.
03:29C'est déjà beaucoup, non ? »
03:30« Mais ça s'est toujours passé comme ça. »
03:32« Je ne crois pas. »
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