- il y a 6 minutes
Avec Arnaud de Morgny, Directeur adjoint du centre de recherches appliquées de l’École de Guerre Économique
—
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry
———————————————————————
▶️ Suivez le direct : https://www.dailymotion.com/video/x75...
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
———————————————————————
🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOffi...
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradiooff...
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————
———————————————————————
☀️ Et pour plus de vidéos du Grand Matin Week-End : https://www.youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDSoOQuH74IIXMno3AffxfUT
##SUD_RADIO_VOUS_EXPLIQUE_WK-2026-02-28##
—
Abonnez-vous pour plus de contenus : http://ow.ly/7FZy50G1rry
———————————————————————
▶️ Suivez le direct : https://www.dailymotion.com/video/x75...
🎧 Retrouvez nos podcasts et articles : https://www.sudradio.fr/
———————————————————————
🔴 Nous suivre sur les réseaux sociaux 🔴
▪️ Facebook : https://www.facebook.com/SudRadioOffi...
▪️ Instagram : https://www.instagram.com/sudradiooff...
▪️ Twitter : https://twitter.com/SudRadio
▪️ TikTok : https://www.tiktok.com/@sudradio?lang=fr
———————————————————————
———————————————————————
☀️ Et pour plus de vidéos du Grand Matin Week-End : https://www.youtube.com/playlist?list=PLaXVMKmPLMDSoOQuH74IIXMno3AffxfUT
##SUD_RADIO_VOUS_EXPLIQUE_WK-2026-02-28##
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00Sud Radio, le grand matin week-end, 6h10, Maxime Liedot.
00:05Et à 7h39 sur Sud Radio, on se pose cette question et on vous explique,
00:09sommes-nous en train, et quand je dis sommes-nous,
00:11est-ce que la France est en train d'organiser son propre décrochage industriel ?
00:14Bonjour Arnaud Morny.
00:16Bonjour Monsieur.
00:16Merci beaucoup d'être avec nous ce matin, vous êtes le directeur adjoint
00:18du centre de recherche appliqué de l'école de guerre économique.
00:21Et si on avait envie de vous entendre ce matin, c'est qu'il y a eu,
00:23il y a quelques heures, une annonce fracassante dans le monde industriel
00:26qui est le groupe électroménager SEB que tous les Français connaissent
00:29puisque ce sont les marques Tefal, SEB, Roventa et autres,
00:33qui a annoncé en réalité une réduction d'effectifs, pour parler poliment,
00:38de 2100 postes à l'échelle mondiale.
00:40Est-ce que, comment on explique qu'un tel groupe aujourd'hui en France
00:43qui était en bonne santé annonce une telle restructuration ?
00:47Alors il y a plusieurs raisons, je vous propose de partir de ce que eux-mêmes disent
00:50et puis après je ferai un commentaire.
00:53Donc selon le communiqué de presse qui accompagne le plan de rebond,
00:57les causes principales sont l'augmentation des droits de douane aux Etats-Unis,
01:03la volatilité des désignes, c'est-à-dire la parité des devises qui bougent
01:09et une baisse historique de la commande des matériels professionnels.
01:16Alors, premier axe d'analyse, en fait c'est que dorénavant,
01:21la géopolitique a un impact de plus en plus grand sur les entreprises,
01:26quel que soit leur lieu d'installation.
01:27Et sur tous les grands groupes.
01:29Mais même, c'est-à-dire que lorsqu'on est un grand groupe industriel français,
01:34on peut avoir des fournisseurs qui viennent de partout dans le monde.
01:37Donc en fait, les politiques, les rapports géopolitiques, les tensions,
01:42les sanctions économiques, etc. ont des conséquences,
01:45elles en ont toujours eu, mais elles sont de plus en plus importantes sur les entreprises.
01:49Donc ça veut dire que les entreprises doivent anticiper, se former
01:52et réfléchir différemment sur leur stratégie commerciale ou financière.
01:57C'est-à-dire que les règles classiques de la compétition, les lois de porteurs, etc.
02:02sont devenues pour partie obsolètes.
02:04Il faut intégrer ces nouvelles réalités.
02:06Le deuxième aspect, c'est dans la déclaration,
02:09c'est la diminution du marché des professionnels.
02:12Donc il faut faire un lien avec une autre dimension,
02:15c'est-à-dire le nombre de restaurants en France qui ferment,
02:19les conséquences des politiques en matière de crise sanitaire sur les restaurateurs.
02:23Donc en fait, Seb est aussi victime d'un contexte extérieur
02:28qui en réalité est un contexte réglementaire,
02:31directement sur leur production,
02:34mais aussi indirectement sur leurs clients principaux.
02:37Néanmoins, il faut préciser que, notamment en France,
02:41les ventes de petits électroménagers ont largement progressé.
02:44C'est un marché à près de 4,5 milliards.
02:47Est-ce qu'il y a aussi dans cette décision,
02:49ce que reprochent beaucoup d'entreprises dans la sphère médiatique et publique
02:54et aussi idéologique ?
02:55C'est-à-dire tout un discours qui, à force de taper sur les entreprises,
02:59à force de taper sur une certaine façon de travailler,
03:02eh bien forcément, à la fin, ça entraîne un certain décrochage.
03:04Alors il y a deux aspects.
03:06Il y a l'aspect spécifiquement Seb, que je vais évoquer,
03:09et ce que vous évoquez vous, qui est l'aspect plus global.
03:12Donc le premier aspect, il ne faut quand même pas oublier
03:14que Seb a été au cœur d'une controverse au début de l'année dernière
03:20sur la loi anti-PIFAS.
03:23C'est-à-dire qu'en fait, un certain nombre d'acteurs politiques et d'ONG
03:28ont ciblé Seb comme étant un industriel hyper-pollueur toxique
03:34au-delà des dimensions scientifiques avérées.
03:38Ce qu'on peut largement voir, par exemple,
03:40on était hier au Salon de l'Agriculture,
03:41c'est ce qu'on peut voir par rapport à l'utilisation de certains produits
03:44pour certains agriculteurs, et qu'on peut voir dans certains domaines
03:47où on retire certaines substances,
03:48où on retire l'utilisation de certains produits,
03:50alors que toutes les données scientifiques les valident,
03:52et accessoirement, que tous les voisins européens, si vous voulez,
03:55ont ces normes-ci.
03:57Absolument.
03:58Et donc, on avait fait un rapport d'analyse, justement, de cette confrontation,
04:02et donc Seb, alors qu'elle n'utilise pas plus ses produits depuis longtemps,
04:07a été la cible.
04:09Et du reste, je vous rappelle, lors de l'adoption de la loi anti-PIFAS,
04:15il y avait des activistes qui avaient des poils téphales à la main,
04:18en disant les prochains CE.
04:21Donc, ça cible Seb, mais il y a aussi, on va dire,
04:23ce type d'attaque sur toute une partie du parc industriel français ?
04:27Oui, c'est-à-dire que c'est Not in Mcgarden,
04:30c'est-à-dire que, pour partie, certains sont favorables à une réindustrialisation
04:34à partir du moment où ce n'est pas chez eux,
04:37et d'une manière générale, l'industrie a une mauvaise réputation.
04:41Les gens ont globalement la représentation d'une industrie un peu comme si c'était les mines du 19e siècle,
04:46alors que lorsqu'on va viser une usine industrielle à l'époque contemporaine,
04:52on se rend compte à quel point c'est des hauts niveaux de technologie,
04:56que les niveaux de salaire sont 10 à 20% au-dessus des salaires du tertiaire.
05:04Du reste, les 500 emplois qui pourraient disparaître chez Seb en France,
05:12c'est dans le tertiaire.
05:13Donc, il y a un message important à donner,
05:15c'est-à-dire que si vous êtes jeune et que vous voulez travailler,
05:17orientez-vous plutôt dans l'industrie,
05:19parce que les besoins vont en augmentant,
05:22les salaires sont supérieurs que d'aller dans le tertiaire.
05:26Et en plus, l'IA va remplacer un certain nombre de métiers dans le tertiaire.
05:30C'est ce que Seb dit.
05:32Il dit à travers son communiqué,
05:34mais Arnaud Delamani, en rappelant que vous êtes directeur adjoint
05:36du Centre de Recherche Appliquée de l'École de Guerre Économique,
05:39est-ce que cette mécanique que vous décrivez,
05:41c'est-à-dire un pays qui se désindustrialise,
05:43et je crois que tout le monde est d'accord pour le voir.
05:45On a évoqué, ici même, sur cette antenne assez régulièrement,
05:48les chiffres assez effrayants de la désindustrialisation en France,
05:51avec notamment, l'année dernière,
05:52ce chiffre record de 70 000 défaillances d'entreprises.
05:55On est d'accord également pour dire que
05:58une entreprise est une construction qui peuple un territoire,
06:01qui peuple une région, qui attire de l'attractivité.
06:03On en parlait une fois plus hier au Salon d'agriculture,
06:05notamment avec la ministre qui était à mon micro,
06:07sur ces grands chantiers dont l'agriculture aurait besoin,
06:10poulailler, bâtiment agricole, ferme de saumon, ferme de bovin,
06:13tout ce que vous voulez,
06:14avec, si vous voulez, la réticence de certains Français
06:17face à ces projets que vous décrivez très bien.
06:19Est-ce que vous, qui travaillez à l'école de guerre économique,
06:21vous constatez que c'est, on va dire,
06:23une schizophrénie française, un paradoxe français
06:25par rapport à tous nos voisins européens ?
06:27Alors, ce n'est pas une schizophrénie...
06:29Ça ne relève pas de la schizophrénie.
06:31Ça relève, pour partie, de l'aveuglement.
06:34L'aveuglement, c'est en direction de l'opinion publique
06:36qui ne réalise pas...
06:37Par exemple, on va parler de l'agriculture.
06:40On va faire un lien direct avec l'industrie.
06:4290% des pièces détachées, des machines agricoles
06:44sont produites en Chine.
06:46Donc, dès qu'il y a une décision chinoise sur ces sujets-là,
06:50on ne peut plus réparer les moissonneuses batteuses.
06:52Donc, on est totalement dépendant sur ce type de choses.
06:55Ça, c'est au niveau de l'opinion publique.
06:56Au niveau des décideurs politiques,
06:59c'est-à-dire qu'on a vu une inflexion du discours.
07:01Moi, je n'ai pas vu d'inflexion dans les politiques mises en place.
07:03C'est-à-dire que...
07:05Ça a éventuellement changé dans le discours,
07:06mais dans les faits, on continue les votes de certaines lois pénibles, etc.
07:10Absolument.
07:11Que vous dites.
07:11Et puis, il ne faut quand même pas oublier que l'Union européenne,
07:15en elle-même, c'est un champ de bataille de guerre économique.
07:17Et que nos voisins européens, eux, sont un peu plus efficaces
07:21en matière d'influence sur les normes européennes.
07:24et donc, ont une capacité d'influencer ces normes
07:27à leurs bénéfices et à notre détriment.
07:30C'est-à-dire que ce qu'on voit, par exemple,
07:31et dont on va parler, nous, d'ici une vingtaine de minutes,
07:34et avec vous, amis auditeurs, au 0826 300 300, entre 9h et 10h,
07:37c'est la question du Mercosur.
07:39Quand on voit à quel point la présidente de la Commission européenne
07:42est capable de pousser les avantages allemands,
07:44vous vous dites, mais tous les pays le font.
07:46Il n'y a que la France, en réalité, pour être un peu à la traîne.
07:48Chaque pays fait en sorte, à un moment,
07:49de négocier une norme, de négocier un traité,
07:52de négocier une loi importante pour que ça bénéficie à son entreprise.
07:55Et c'est toujours un peu la France qu'en est la victime.
07:57Je pense que nos décideurs politiques français
08:01n'ont pas compris la différence entre l'exercice du pouvoir et l'influence.
08:05Et donc, au sein de l'Union européenne,
08:07il faut développer des stratégies d'influence.
08:10Et nos partenaires européens savent le faire.
08:13Nous, on sait très très mal le faire.
08:15Je vous donne un exemple.
08:16Pourquoi ?
08:17Je vais vous donner un exemple.
08:18Par exemple, les Allemands, avant chaque discussion de règles européennes,
08:24directives ou règlements, par secteur, se réunissent.
08:27Ils réunissent les représentants des syndicats,
08:29les représentants des entreprises,
08:31les landers, le gouvernement fédéral, etc.
08:34Ils se mettent d'accord sur un écart de position.
08:36La position la plus basse, la position la plus haute.
08:39Ils ont défini l'écart de négociation.
08:41Et ils rentrent en négociation assez unifiés.
08:43En France, ça n'a jamais eu lieu.
08:45Mais pourquoi ?
08:46C'est culturellement, en France, on ne peut pas faire.
08:48On a l'impression qu'il y a un aspect un peu, vous savez,
08:51comme beaucoup aujourd'hui, on considère que le mot lobbying est un gros mot.
08:54Est-ce qu'il y a un peu de ça en France quand vous parliez d'un problème culturel ?
08:57C'est-à-dire qu'on considère qu'avoir de la véritable influence sur des décisions industrielles,
09:01c'est un peu sale, ça ne nous regarde pas, donc on n'en fait pas.
09:04Je pense que c'est pire que ça.
09:05C'est-à-dire que c'est vraiment un blocage cognitif.
09:08C'est-à-dire qu'un certain nombre de politiques en France pensent qu'ils incarnent l'intérêt général européen
09:17et donc vont en négociation avec une position qu'ils considèrent eux-mêmes comme étant optimale pour l'intérêt de
09:23tous.
09:24Du coup, c'est ce que nous reprochent nos partenaires européens.
09:26Donc ça veut dire que vous n'avez aucune marge de manœuvre de négociation,
09:29puisque vous arrivez avec l'optimum, selon vous.
09:32Ça, c'est le premier point.
09:34Et le deuxième point, c'est que l'influence, ce n'est pas juste « je fais un discours ».
09:39L'influence au sein d'institutions organisées, c'est « je promets des acteurs à telle ou telle place dans
09:46l'organisation,
09:47je fais en sorte d'avoir des représentants dans toutes les discussions stratégiques
09:52et à chaque fois, ils ont des missions pour défendre les intérêts du secteur ou du sujet en particulier ».
09:58Je trouve que ce qui se passe actuellement sur le Mercosur est un scandale.
10:03C'est-à-dire que le président de la République nous dit « ah, c'est une mauvaise surprise ».
10:07Mais il n'y a que lui qui est surpris.
10:09Enfin, nous, on a analysé que ça se passerait comme ça,
10:11mais ça fait dix mois qu'on est persuadé que cela...
10:14Mais ça, c'est la différence entre le discours et le combat politique réel à but d'intérêt des Français.
10:21Et c'est toujours la même chose.
10:23Une dernière question, Arnaud Morny.
10:25On vous avait reçu il y a près d'un an, je crois, pour parler de votre fameux baromètre de
10:29la désindustrialisation
10:30où vous vous alertiez déjà justement sur un certain nombre d'entreprises françaises
10:34sur lesquelles il fallait être extrêmement vigilant parce qu'il y avait un moyen justement, on va dire,
10:39de bascule vers de mauvaises années.
10:41Est-ce que vous l'avez actualisé ?
10:43Est-ce qu'on doit toujours être extrêmement vigilant sur un certain nombre d'entreprises françaises ?
10:47Alors, je vais dire deux choses.
10:48La première, c'était un outil d'anticipation.
10:50Donc, on l'a calculé au mois de juillet de l'année dernière
10:52et on avait identifié trois vulnérabilités majeures, par exemple pour CEP.
10:55Et dans les communiqués de presse, il y en a deux des trois qu'on avait identifiés
11:01qui expliquent la diminution des personnels dans le groupe CEP.
11:07Donc, nous, on est en train de calculer d'autres entreprises.
11:11On va faire une publication d'ici quelques temps.
11:14mais c'est un outil d'anticipation.
11:17La méthodologie, elle est gratuite, elle est ouverte.
11:19J'appelle tout le monde, utilisez-le, calculez-le.
11:22Pour notamment se sensibiliser à ces questions-là.
11:25Merci beaucoup Arnaud Lamorni.
11:26Je vous remercie.
11:26Arnaud Lamorni d'avoir été avec nous, directeur adjoint du Centre de Recherche Appliquée
11:29de l'École de Guerre Économique sur Sud Radio.
11:31Il est 7h50.
11:32Merci beaucoup Arnaud Lamorni d'avoir regardé cette vidéo !
Commentaires