00:00Sud Radio, le grand matin week-end, 7h10, Maxime Liedot.
00:05Il est 7h44 et on vous retrouve aujourd'hui Nicolas Pereira, bonjour.
00:09Bonjour Maxime.
00:10Comment allez-vous en ce dimanche matin mon cher Nicolas ?
00:13Eh bien écoutez, à merveille, et vous-même.
00:15Eh bien écoutez, à merveille, surtout quand je suis avec vous, vous Nicolas Pereira, président du World Impact Summit.
00:21Et ce matin vous allez nous parler d'énergie et commençons si vous voulez bien Nicolas,
00:25comme d'habitude, par rappeler les grands enjeux et ils sont importants qui entourent cette question de l'énergie dans
00:29ce pays.
00:30Oui absolument, ce matin on va parler d'énergie.
00:33C'est un thème d'actualité, évidemment, avec les difficultés actuelles concernant le coût de l'énergie et la guerre
00:39en Iran.
00:40Alors pour remettre un petit peu de contexte, j'ai choisi de parler des transports particulièrement
00:44qui représentent 34% des émissions nationales de gaz à effet de serre.
00:48Ce sont eux le premier secteur émetteur en France.
00:51Ce sont des chiffres qui sont communiqués par le magazine Citépa en 2025.
00:55Mais au-delà de ces émissions, l'enjeu qu'on a tous en tête, c'est celui de l'électrification
01:01des usages
01:01et donc de la production d'une très grande quantité d'électricité pour remplacer les énergies fossiles.
01:08Et le chiffre fort du jour que je voulais vous mentionner, il est mondial.
01:13L'énergie osmotique pourrait couvrir jusqu'à 15% des besoins électriques de la planète d'ici 2050,
01:19soit environ 13 000 TWh par an.
01:22Alors qu'est-ce que c'est 15% de l'électricité mondiale ?
01:25Grâce à quoi ? C'est quoi l'énergie osmotique ?
01:28À l'eau, à la simple rencontre entre l'eau douce d'un fleuve et l'eau salée de la
01:32mer.
01:33Une énergie propre, silencieuse, qui ne dépend ni du vent ni du soleil et qui ne s'arrête jamais.
01:37Mais le problème, c'est que depuis 70 ans qu'on connaît cette énergie,
01:42personne n'avait réussi à la rendre viable industriellement jusqu'à une petite entreprise française.
01:47Et c'est cette petite entreprise, mon cher Nicolas, qui est en Bretagne,
01:50que vous allez pouvoir nous expliquer comment tout cela fonctionne
01:54et pourquoi c'est une solution qui peut s'inscrire sur le long terme.
01:58Absolument. Direction la Bretagne à nouveau cette semaine, direction Rennes,
02:02à la découverte de l'entreprise Switch Energy.
02:04Donc l'ambition est simple, faire de l'énergie osmotique une source d'électricité industrielle,
02:10compétitive, déployable à grande échelle.
02:12Le principe, il est aussi simple qu'élégant.
02:15Quand l'eau douce d'un fleuve rencontre l'eau salée de la mer,
02:19il se crée naturellement une différence de pression.
02:21Une énergie que la nature libère silencieusement dans chaque estuaire du monde.
02:26Switch Energy a mis au point une membrane assez révolutionnaire,
02:30la technologie Inode, fabriquée à partir de matériaux biosfursés,
02:33et elle multiplie par 20 la performance des bonnes membranes existantes
02:37et divise par 10 le coût des matériaux.
02:39C'est là que tout change.
02:40Là où les précédents essais, notamment Norvégiens et Néerlandais,
02:44avaient échoué sur la question du rendement,
02:46Switch Energy a trouvé le chemin.
02:48Et la PME Rennes, fort d'une quarantaine de collaborateurs,
02:52a levé 25 millions d'euros en 2023,
02:54avec au capital le DF et la Commission européenne.
02:57Elle a également été nommée aux technologies Pioneer 2025
03:01par le Forum économique mondial,
03:02c'est le Davos des innovateurs.
03:05Et surtout, elle est passée des laboratoires au terrain.
03:08Alors ça, c'est un bon point pour la découverte, mon cher Nicolas.
03:11Mais quels sont les résultats sur le terrain ?
03:13Parce que ça, c'est quand même important, c'est ce qui compte.
03:17Absolument, c'est là où c'est assez prometteur.
03:19Fin 2024, le démonstrateur appelé Opus 1 a démarré ses tests en conditions réelles
03:24sur l'écluse de Barcarin à Port-Saint-Louis-du-Rhône,
03:28en partenariat avec la Compagnie Nationale-du-Rhône.
03:31Et les premiers résultats, ils sont prometteurs.
03:33En quelques mois d'exploitation seulement,
03:36les rendements énergétiques du démonstrateur ont été multipliés par 5,
03:385 fois plus efficaces qu'en quelques mois.
03:41Pendant ce temps, à Rennes, une première unité industrielle de 3000 m2
03:45a ouvert pour rassembler les générateurs osmotiques.
03:48La suite du Rhône seule donne le vertige.
03:51Le potentiel osmotique du fleuve est estimé à plus de 4 millions de mégawattheures par an.
03:55C'est un tiers de toute sa production hydraulique actuelle avec les barrages.
03:59Et à terme, le seul delta du Rhône pourrait atteindre 500 mégawattheures de capacité
04:04de coalimenter en électricité décarbonée plus d'un million et demi de personnes.
04:08C'est le ministère de la Transition écologique qui publie ce chiffre.
04:11C'est ce qui rend cette énergie particulièrement précieuse dans la course à la décarbonation.
04:15C'est que l'éolien et le solaire ne savent pas toujours faire.
04:19L'énergie osmotique n'est pas intermittente.
04:21Elle coule jour et nuit, été comme hiver, sans dépendre de la météo.
04:25Un fleuve ne s'arrête évidemment jamais.
04:27Il reste du chemin avant que l'osmose alimente nos prises à grande échelle.
04:32Mais cette PME bretonne d'une quarantaine de personnes vient de prouver que ce chemin existe,
04:36que la révolution énergétique, parfois, ça commence simplement par un petit conteneur posé au bord d'un fleuve.
04:42Et comme on aime à le dire, cher Maxime, c'est une solution made in France dont on peut être
04:47très fier.
04:48Très fier et merci à vous, mon cher Nicolas Pereira.
Commentaires