- il y a 6 semaines
Ce vendredi 4 septembre, Jérôme Tichit a reçu Adeline Guérard, présidente de la Chaîne Thermale du Soleil, et Jean-Luc Duval, président de la Coopération Agricole, dans l'émission La France a tout pour réussir sur BFM Business. Retrouvez l'émission le vendredi et le samedi et réécoutez la en podcast.
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00:02BFM Business, la France a tout pour réussir.
00:07Jérôme Tichit.
00:09Bonjour, bonjour et bienvenue dans la France a tout pour réussir.
00:12Chaque semaine, vous le savez, un concentré d'économie positive sur BFM Business.
00:16Et cette semaine, un sommaire très divers.
00:18Nous reviendrons tout d'abord en cette rentrée sur les succès engrangés par nos deux poids lourds de la défense,
00:23Naval Group et Dassault Aviation.
00:25D'un côté, la commande de quatre frégates par la Suède et de l'autre, le très fort intérêt de
00:30l'Egypte pour 24 nouveaux avions Rafale.
00:33On parlera ensuite de thermalisme avec le numéro 1 français en ce domaine, la chaîne thermale du Soleil
00:39et sa vingtaine d'établissements en France à presque 80 ans.
00:43Quelle stratégie pour le groupe dont le modèle économique repose sur des cures dont le remboursement est régulièrement remis en
00:49cause.
00:49De tout cela, mais aussi de l'importance du thermalisme dans les économies locales.
00:53Nous parlerons avec Adeline Guérard, la présidente de la chaîne thermale du Soleil, mais aussi la petite fille du fondateur
00:59du groupe.
00:59Nous parlerons également d'agriculture et notamment du modèle coopératif qui représente 70% de la production agricole nationale.
01:07La coopération agricole qui fédère le secteur veut peser dans les débats actuels sur les difficultés et sur l'avenir
01:13de notre agriculture
01:14qui traverse crise sur crise depuis de très nombreuses années.
01:18Mon invité Jean-Luc Duval, nouveau président depuis cet été de la coopération agricole.
01:24Mais tout d'abord donc, deux bonnes nouvelles pour le secteur de la défense.
01:27C'est, on le sait, un des points forts de notre économie, à la fois pour l'emploi et pour
01:31l'industrie dans le pays, mais aussi pour notre balance commerciale.
01:34Alors donc, on commence par l'annonce cette semaine d'une commande par la Suède de quatre frégates produites par
01:40Naval Group.
01:40Annonce faite lors de la visite d'Emmanuel Macron à Stockholm.
01:43Montant de la commande 4,3 milliards d'euros, la première frégate sera livrée à l'horizon 2030.
01:49Tous les détails avec Jean-Baptiste Huet.
01:53Stockholm avait un impératif, ne pas perdre de temps.
01:56Dans une Baltique sous tension, la Suède voulait une frégate déjà développée, déjà en production et capable d'entrer rapidement
02:02en service.
02:03C'est là que Naval Group a marqué des points.
02:05Sa FDI équipe déjà la France et la Grèce.
02:09Pierre-Éric Pommelet, le PDG de Naval Group sur BFM Business il y a quelques semaines.
02:12La capacité pour l'industrie de défense de livrer vite et de livrer rapidement des systèmes matures est absolument clé
02:22dans les choix qui sont faits aujourd'hui.
02:24La première frégate suédoise doit arriver en 2030, les trois autres d'ici 2034.
02:28Un calendrier serré pour des bâtiments de combat de cette complexité.
02:31Naval Group a d'ores et déjà dimensionné son outil industriel à Lorient, mais aussi toute sa supply chain.
02:37Le groupe est capable d'en produire deux par an.
02:40Pierre-Éric Pommelet.
02:41Ce rythme de deux par an, après il faudra le tenir dans la durée.
02:43C'est vrai qu'un contrat comme la Suède, finalement nous amène le plan de charge qui permet de le
02:48tenir dans la durée et de se préparer aussi à pouvoir livrer d'autres clients.
02:53Il ne faut pas que nous soyons saturés, donc beaucoup de travaux en ce moment.
02:56Après la France, la Grèce et désormais la Suède, Naval Group cherche donc à enchaîner prochaine cible potentielle, le Danemark,
03:03où le groupe est encore en compétition pour le futur programme de frégates.
03:07Et toujours dans le domaine de la défense, l'autre bonne nouvelle de la semaine nous vient d'Égypte, où
03:11le gouvernement envisagerait de commander à Dassault Aviation 24 nouveaux avions Rafale.
03:17L'Égypte qui est historiquement le premier pays étranger à avoir commandé des Rafales, c'était en 2015.
03:22Michel Cabirol, journaliste spécialisé aéronautique et défense à La Tribune, est venu en parler dans le 18h écho de Stéphanie
03:30Collot sur BFM Business.
03:32Effectivement, c'est une très très bonne nouvelle pour Dassault, pour les 400 entreprises françaises qui travaillent sur le Rafale,
03:37ça c'est sûr.
03:38C'est une bonne nouvelle aussi pour la France, qui a une proximité stratégique avec l'Égypte.
03:43Alors, ce n'est pas tout à fait encore une commande, c'est une expression d'intérêt très forte de
03:47l'Égypte qu'a transmise le CAIR à Paris et à Dassault Aviation.
03:52Donc, il faudra se montrer patient avant que le contrat soit signé.
03:57Mais en tout cas, c'est une bonne nouvelle et c'est surtout un signe super intéressant pour Dassault,
04:05qui pourra conclure éventuellement un contrat ferme, peut-être à la fin de l'année ou en début d'année
04:11prochaine.
04:12Et c'est le fruit aussi d'un long partenariat entre l'Égypte et la France ?
04:15C'est un très long partenariat. Effectivement, vous l'avez souligné, l'Égypte a été le premier pays à faire
04:21confiance au Rafale.
04:22C'était en 2015, ils en avaient commandé 24. Ensuite, ils en ont recommandé en 2021, où ils en ont
04:28commandé 31.
04:29Donc, ils ont grosso modo une flotte de 54, puisque si vous faites le compte, c'est 31 plus 24,
04:35ça vient de 55, mais ils en ont perdu un lors d'exercice.
04:38Donc, ils en ont 54. Avec la prochaine éventuelle commande, il pourrait en avoir à peu près 80, soit 78,
04:47ce qui fait partie des pays qui ont le plus de Rafale au monde.
04:50Et ce qui pose cette nouvelle commande, elle pose aussi la question des cadences de production, parce que les usines
04:54de Dassault Aviation, elles tournent déjà à plein régime ?
04:57Alors, elles sont en pleine montée en cadence. Il faut se rappeler qu'entre 2020 et 2026, Dassault Aviation était
05:04dans une logique de maintien de la production.
05:06C'est-à-dire qu'ils avaient à peu près un avion par mois, ce qui n'est pas grand
05:09-chose, voire moins, ce qu'avait dit évidemment Éric Trappier.
05:13Donc, ils ont passé à une véritable logique de montée en cadence, avec environ trois avions par mois pour 2026.
05:20Puis, ils visent maintenant quatre avions par mois. Donc, effectivement, pourquoi cette montée en cadence ?
05:27Parce que, vous l'avez souligné, il y a les succès à l'export, notamment les Émirats Arabes Unis, qui
05:31avaient commandé 80 avions.
05:33Il y a aussi, effectivement, l'Inde avec le Rafale marine.
05:38Donc, effectivement, Dassault Aviation est un bon élève de l'économie de guerre, selon Sébastien Lecornu.
05:45Michel Cabirol de La Tribune, que vous retrouvez dès cette semaine avec Jean-Baptiste Huet pour la rentrée et pour
05:50la reprise de leur magazine Air et Défense sur BFM Business.
05:53Tout autre sujet à présent, le thermalisme. Bonjour Adeline Guérard.
05:57Bonjour Jérôme.
05:58Vous êtes la présidente de la chaîne Thermale du Soleil, numéro un français du thermalisme médicalisé.
06:02Vous êtes aussi la vice-présidente du Conseil national des établissements thermaux.
06:06D'ailleurs, un mot de définition. On confond souvent les établissements thermaux avec des établissements de soins plus de confort.
06:15C'est quoi la définition d'un établissement thermal ?
06:17Alors, un établissement thermal, c'est tout simplement un établissement qui dispense des cures thermales,
06:21qui utilise une ressource minérale naturelle, principalement une eau minérale naturelle,
06:26qui n'est donc pas délocalisable, puisque cette ressource est attachée à un gisement aquifère.
06:32La cure thermale est un traitement thérapeutique qui est prescrit par un médecin
06:36et qui fait partie du panel de soins remboursé par l'assurance maladie depuis 1947.
06:41Et qui est régulièrement remise en cause. On en reparlera dans un petit instant.
06:45Pour l'instant, ça reste pour 2026.
06:47Les chiffres clés du secteur en France, chiffres que j'ai trouvé donc auprès notamment du Conseil national,
06:53environ 90 stations thermales, réparties sur tout le territoire, notamment beaucoup en Occitanie.
06:59L'emploi, ça représente combien d'emplois directs et indirects, le thermalisme en France ?
07:03Alors, les emplois directs, indirects et induits, c'est à peu près 25 000, un peu plus de 25 000
07:08emplois en France.
07:09Et les retombées économiques globales, j'ai vu un chiffre qui frôlait les 5 milliards d'euros ?
07:14Oui, c'est tout à fait le cas, absolument.
07:16Un mot de la fréquentation aussi, donc dans l'ensemble des établissements.
07:19Ensuite, on fera un zoom sur les vôtres. C'est à peu près combien de curistes ?
07:24C'est à peu près 470 000 patients qui, chaque année, viennent se faire soigner en cure thermale.
07:30Alors, on en vient à la chaîne thermale du Soleil. Je l'ai dit dans les titres, vous êtes la
07:33petite fille du fondateur du groupe.
07:35Tout a commencé, cette histoire, donc elle a commencé à Molich-les-Bains, c'est dans les Pyrénées-Orientales, c
07:41'était en 1947.
07:42Tout à fait. Eh bien, en fait, ce sont les hasards de la vie.
07:46Mon grand-père se retrouve à cette époque-là, donc au sortir de la Seconde Guerre mondiale,
07:50propriétaire d'un établissement thermal, à Molich-les-Bains, vous l'avez dit,
07:54qui sert à l'époque de cache d'armes pour les républicains espagnols,
07:58donc dans un état de déréliction quasi totale.
08:03Et puis, quelques mois plus tard, la cure thermale va être intégrée dans le panel de soins
08:09remboursé par l'assurance maladie, avec donc la fondation de ce qu'on appelle le thermalisme social,
08:14puisque jusqu'alors, la cure thermale était réservée aux patients aisés.
08:18Et donc, tout simplement, mon grand-père saisit cette opportunité.
08:21Et la progression, donc, elle s'est faite, donc on est en 1947,
08:24ce qui veut dire qu'on est presque à 80 ans.
08:27La progression, la construction de ce groupe, d'ailleurs, le nom, la chaîne thermale du Soleil, il est né quand
08:33?
08:34À cette époque-là, on va dire au milieu des années, début des années 50,
08:39quand d'autres établissements sont venus rejoindre le premier établissement.
08:44Et le nom de la chaîne thermale du Soleil fait tout simplement référence à ses origines géographiques,
08:50puisque tous ces établissements étaient situés au Soleil.
08:53Et le pays catalan est très connu pour ses plus de 300 jours d'ensoleillement par an.
08:57Oui, absolument.
08:57À l'heure actuelle, 2026, donc à l'aube des 80 ans,
09:01je parlais dans le sommaire d'une vingtaine d'établissements en France.
09:04C'est ça, le maillage de la chaîne thermale du Soleil ?
09:07Parfait.
09:08Ces établissements sont disséminés un peu partout en France,
09:11hormis la Bretagne, qui n'est pas une région thermale.
09:14Nous avons soigné en 2025 un peu plus de 150 000 patients.
09:19Et nous collaborons avec un peu plus de 2 000 personnes pour soigner ces 150 000 patients.
09:25Pour un chiffre d'affaires, parce qu'il y a aussi un site en Suisse et ensuite en Belgique.
09:31Oui, tout à fait.
09:31Un chiffre d'affaires consolidé d'un peu plus de 200 millions d'euros.
09:34La gouvernance, donc vous êtes la troisième génération,
09:37comment ça s'est fait entre votre grand-père, je crois aussi de votre côté maternel,
09:42et comment s'est fait ensuite la succession ?
09:44C'est notre mère, alors je dis notre mère parce que je dirige le groupe avec ma sœur Eleonore,
09:49qui a pris la suite de son père tout simplement en 2001 à son décès,
09:54et nous-mêmes avons pris la suite de notre mère en 2017 à son décès.
09:57Et là donc, la gouvernance, une présidence en internance avec votre sœur,
10:02il y a aussi je crois votre beau-frère qui est en charge, les finances et les services centraux.
10:06Mais qui est également directeur général, nous avons choisi cette gouvernance parfaitement égalitaire,
10:13avec une présidence qui tourne tous les deux ans,
10:16simplement parce que ça fait partie de la culture de notre maison et de notre gouvernance d'entreprise.
10:23Voilà, tout simplement.
10:23Et ça se fait de plus en plus, je recevais les dirigeants du groupe Urgo il y a quelques mois,
10:28ces trois frères aussi qui sont en présidence en alternance.
10:32Le chiffre d'affaires, on l'a dit, 205 millions en 2025, c'est quoi ?
10:36C'est un chiffre d'affaires qui est plutôt bon, qui est en...
10:38Je crois que vous avez du mal à retrouver les niveaux d'avant Covid.
10:42Comment ça se fait que six ans après on ne soit pas...
10:46Le chiffre d'affaires n'est pas représentatif de l'activité,
10:51parce que tout simplement il y a des effets de périmètre et des effets d'acquisition.
10:55Notre secteur, il a été percuté par plusieurs crises ces dernières années,
10:59bien évidemment le Covid.
11:01L'inflation qui a suivi l'invasion en Ukraine,
11:04qui a été assez délétère pour nos patients,
11:06parce qu'en fait il y a un fort reste à charge pour la cure thermale
11:10et il y a eu beaucoup de renoncements aux soins au moment où l'inflation a fait monter les prix.
11:15Et puis la dernière crise que nous avons vécue,
11:17c'est l'année dernière avec le batage politico-médiatique
11:19sur le déremboursement potentiel de la cure thermale.
11:23Cela étant, en tant qu'entreprise familiale, les crises, on en a vu d'autres.
11:28Vous avez l'habitude.
11:28Donc on en a l'habitude et avec une vision de temps long,
11:35on n'est pas plus inquiet que ça.
11:36Mais le temps long, il est quand même dépendant du temps politique,
11:39qui lui est un temps annuel, budgétaire annuel.
11:43Tout est réglé pour 2026, mais on est déjà sur les budgets de 2027 et sans doute plus après.
11:50Vous êtes inquiète de la volonté affichée régulièrement de dérembourser,
11:57voire de ne plus rembourser du tout les soins thermaux ?
12:01Je ne peux pas dire que je ne sois pas inquiète, mais on l'est un petit peu moins cette
12:05année,
12:05tout simplement parce qu'en début d'année, la ministre de la Santé a décidé de saisir la Haute Autorité
12:10de Santé
12:11pour faire justement ce qui était reproché au secteur,
12:14à savoir l'évaluation du service médical rendu par la cure thermale.
12:18C'était une démarche qui était attendue de longue date par les opérateurs,
12:21mais qui n'avait pas été enclenchée par nos tutelles.
12:24Et vous attendez quand leur rapport, leur conclusion ?
12:28Ça va prendre du temps, ça va prendre très certainement plusieurs années,
12:33parce qu'en fait la cure thermale permet de soigner des dizaines et des dizaines de pathologies très diversifiées.
12:39On a toujours cette image de la personne d'un certain âge qui vient soigner des troubles liés au vieillissement,
12:44mais nous soignons également des enfants asthmatiques, des bébés gravement brûlés,
12:50des femmes en âge de procré qui sont prises en charge pour de l'endométriose.
12:53Donc il y a une très très grande diversité, ce qui fait que ça va prendre plusieurs années.
12:57Mais on est moins inquiets cette année, je dirais,
12:59parce que le pouvoir politique a décidé d'aller jusqu'au bout de cette démarche
13:04et remettre en cause le remboursement alors que l'évaluation n'a pas été à son terme.
13:09Ce serait un petit peu contre-intuitif.
13:11Est-ce qu'il veut dire que dès 2027, dès le budget de la Sécu 2027,
13:14vous êtes sûr que ça va rester dans les mêmes conditions ?
13:17On ne peut pas être sûr de rien.
13:18On sait bien que les finances publiques sont dans un état catastrophique.
13:24Donc on sait bien que des coupes peuvent être validées, choisies, faites, oui, bien évidemment.
13:33Un mot sur votre modèle économique.
13:35Est-ce que tout repose sur les cures thermales ?
13:37Est-ce que vous avez entamé de la diversification ?
13:40Est-ce que vous prenez en charge dans certains de vos établissements
13:42aussi toute la partie hôtellerie et restauration ?
13:45Alors, oui, nous avons entamé une certaine diversification,
13:51notamment avec les établissements en Suisse et en Belgique dont vous parliez tout à l'heure.
13:55Pour autant, notre cœur de métier reste la cure thermale.
13:59C'est notre raison d'être.
14:01C'est ce que nous aimons faire.
14:02Et donc la question de la diversification pour dérisquer nos opérations,
14:10oui, mais on souhaite conserver ce cœur de métier.
14:15Au fil des acquisitions qui ont été faites et qui font que le groupe est ce qu'il est aujourd
14:19'hui,
14:19effectivement, il y avait des structures d'hébergement ou des structures de restauration.
14:24Donc certains sites, certains établissements thermaux proposent une offre d'hébergement
14:28qui est d'ailleurs rarement hôtelière parce qu'un séjour de trois semaines en hôtel
14:33pour suivre une cure thermale, ça coûte rudement cher.
14:35Et la patientèle thermale est une patientèle qui reflète...
14:41Au pouvoir d'achat classique.
14:41Au pouvoir d'achat classique.
14:42Voilà, exactement.
14:44Voilà.
14:45Un mot juste sur les retombées sur les économies locales.
14:48On en a parlé.
14:50Le secteur, on l'a dit, près de 5 milliards de retombées économiques.
14:54On est souvent dans des villes moyennes, pas des très grandes villes.
14:58Est-ce que c'est la fausse bonne idée de dérembourser, donc de mettre à mal votre secteur, selon vous
15:04?
15:05Alors, on est souvent situé même dans des petites villes,
15:08puisque 70% des communes thermales se situent dans des villes de moins de 5000 habitants
15:13et parfois dans des zones montagneuses très isolées.
15:17Évidemment, notre activité a un impact économique puisque, comme je le disais tout à l'heure,
15:22les sources thermales ne sont pas délocalisables.
15:24Ce sont donc les patients qui viennent à l'établissement thermal se soigner,
15:27comme d'ailleurs les patients viennent à l'hôpital pour se soigner également.
15:30Et il y a bien évidemment une activité économique qui en découle
15:34puisque les patients doivent se loger pendant 18 jours,
15:38qui est le format conventionnel de la cure,
15:40et également s'alimenter, etc.
15:43Tout ça à leur frais.
15:44Il y a donc une vraie économie qui s'est développée autour de la région première,
15:50qui est que le patient, un patient vient se soigner.
15:53Et il est évident que pour des représentants de territoire,
15:57que ce soit de communes ou de départements,
16:00ça peut faire partie de manière très structurante et incontournable de l'économie locale.
16:06Juste un mot Adeline Guerrard sur est-ce qu'il y a d'autres acquisitions dans votre viseur ?
16:11Est-ce que le groupe peut s'étendre encore ?
16:14Non, pas du tout. Nous allons là digérer notre dernière acquisition
16:18et nous allons nous concentrer pour les années à venir
16:22sur un sujet qui nous tient particulièrement à cœur
16:24puisqu'il existe des études cliniques qui montrent la très grande efficacité de la cure thermale
16:28pour les pathologies qui touchent à la santé mentale,
16:31notamment le trouble anxiogénéralisé et la dépression,
16:34qui font même état d'une efficacité supérieure au traitement médicamenteux de référence.
16:39Et nous entendons donc développer cette expertise pour certains de nos établissements
16:43alors qu'on sait bien qu'aujourd'hui, c'est un besoin de santé essentiel
16:48pour une grande partie de la population.
16:49Et mis en priorité par de nombreux gouvernements régulièrement.
16:52Tout à fait.
16:53On souhaite une longue vie encore au-delà des 80 ans à la chaîne thermale du soleil.
16:56Merci beaucoup Adeline Guerrard d'avoir été l'invité de cette émission de La France à tout pour réussir.
17:01On poursuit dans un tout autre domaine, celui de l'agriculture, celui de l'agroalimentaire
17:04et de la souveraineté française en le domaine. C'est important.
17:08Bonjour Jean-Luc Duval.
17:09Bonjour.
17:09Vous êtes le président de la coopération agricole.
17:11Vous avez été élu au mois de juin. Vous avez pris vos fonctions tout début juillet.
17:15Vous êtes également vice-président du groupe coopératif agrial.
17:19En quelques mots, en creusant un peu, je me suis aperçu que c'était un groupe très important
17:23avec des marques très connues du grand public.
17:26Florette, Grand Lait, les fromages de chèvres Soignons, les cidres et cussons et Loïc Raison.
17:30C'est une grosse coopérative.
17:32Alors, pas une grosse, une grande coopérative.
17:35Voilà. Alors, il faut dire que la coopération agricole, c'est le fruit de 120 ans d'histoire.
17:41Voilà. Il y a des groupes qui ont, sur leur territoire, fusionné avec et autres.
17:45Et on arrive de temps en temps avec des groupes de cette dimension.
17:48Mais vous avez... C'est intéressant, votre intervention, de dire que, voilà,
17:51peu de gens savent que quand ils achètent, on dit qu'une marque sur trois française de l'agroalimentaire
17:57sont détenues par les capitaux agricoles, puisque les coopératives appartiennent aux agriculteurs que nous sommes.
18:03Vous en avez cité quelques-unes. Je me permets de citer d'aussi, aussi, par rapport aux petits pois et
18:09aux agricots.
18:10Voilà. C'est un enjeu très important pour notre pays d'avoir capacité que les paysans,
18:18le paysan que je suis, soit propriétaire d'un petit bout de structure qui, pour Agrial, fait plus de 7
18:24milliards d'euros de chiffre d'affaires.
18:25Et le paysan que vous êtes, vous élevez des bovins et vous produisez du cidre.
18:28Voilà. Moi, je suis un peu plus au nord que madame.
18:32Donc, voilà. Moi, je suis en Normandie, dans un endroit normalement où c'est toujours vert.
18:37Mais cette année, c'est un peu particulier, mais une région très agricole.
18:42Et donc, j'ai été éleveur laitier pendant un certain nombre d'années.
18:44Maintenant, je fais de la viande bovine, je produis des pommes à cidre, mais je fais aussi de l'énergie,
18:48puisque je fais de l'électricité à partir de photovoltaïques et aussi du gaz à partir de la méthanisation et
18:55de la fermentation de biomasse.
18:56Est-ce que c'est peut-être ça, d'ailleurs, l'avenir des agriculteurs, cette diversification, ce côté multitâche ?
19:02Oui. Enfin, j'adore le titre de votre émission. La France a tout pour réussir.
19:06Qu'est-ce que ça fait du bien ? Et même si je suis dans un secteur, moi, qui peine
19:10un peu, qui a un certain nombre de difficultés,
19:12voilà, on a des ressorts sur notre territoire. On a des hommes, des femmes, on a des savoir-faire qui
19:18nous permettent de peut-être trouver d'autres solutions.
19:20Il est vrai que pour mon exploitation, cette diversification en production d'énergie, de gaz, est quelque chose de très
19:26important en chiffre d'affaires,
19:28mais aussi en matière première, puisque la biomasse que nous faisons fermenter, après, est valorisée sur mes parcelles.
19:35Et moi, la crise du détroit d'Ormouz et du problème d'engrais, je suis un peu moins touché qu
19:41'un certain nombre de mes collègues agriculteurs.
19:43On revient au modèle co-opératif. C'est quoi les chiffres clés en nombre d'agriculteurs, le nombre d'entreprises,
19:49le chiffre d'affaires ?
19:50On dit que trois agriculteurs sur quatre sont adhérents d'une coopérative, que nous valorisons, nous transportons soit dans ce
19:5610% de la production agricole française,
19:58qu'on représente un peu plus de 50% de l'agroalimentaire français. Voilà, on est autour d'un chiffre
20:04d'affaires autour de 120 milliards d'euros.
20:07C'est 200 000 salariés qui sont concernés. Et là aussi, dans le territoire, nous sommes ces entreprises de territoire,
20:14nos entreprises sont au plus près des agriculteurs.
20:18L'actualité, on enregistre cette émission le vendredi 4 septembre. Il se trouve qu'il y a quelques instants,
20:23le gouvernement a donc annoncé plus d'un milliard d'euros pour soutenir l'agriculture, annonce faite par la ministre
20:29Genevar, Annie Genevar, dans la matinée.
20:32Votre réaction à ce plan qui vient en urgence ? Parce qu'évidemment, on a connu, vous en parliez, l
20:39'été de canicule qui a touché.
20:41On est dans une situation assez particulière. Nous avons pris plein de fouets, ce qui s'est passé cet été
20:47au niveau de canicule, de température.
20:50Il y a un plan annoncé par l'État d'un milliard d'euros. Si vous me demandez est-ce
20:54que c'est suffisant, je vais vous dire,
20:56« Non, il en manque un petit peu. » Je ne saurais pas vous dire, et ça a été dit
21:01tout à l'heure,
21:02le citoyen que je suis, c'est aussi la condition de nos finances publiques.
21:08Par contre, je pense que là, c'est un plan d'urgence qui était important pour l'amont agricole.
21:12Mais nous devons tous ensemble, que ce soit l'État, que ce soit la profession agricole,
21:16se mettre autour de la table pour imaginer, je dirais, ce qui va se passer par la suite
21:20et comment on redémarre, comment on redonne un peu ce coup de pied au fond de la piscine
21:24pour pouvoir que l'agriculture française soit aussi toujours un modèle au niveau international.
21:30Nous avons perdu. Nous avons perdu des places. Nous avons perdu de la production.
21:35On importe trop de notre alimentation. Et donc, on doit être vraiment très proactifs sur le sujet.
21:40Et on doit aussi être dans l'innovation. Ça ne doit pas nous faire oublier que nos entreprises aussi doivent
21:45innover.
21:46Et c'est aussi le partenariat que nous avons ensemble pour notre congrès
21:51et de montrer que les coopératives agricoles sont aussi des facteurs d'innovation.
21:55Et juste avant de reparler de ce congrès qui aura lieu au mois de décembre,
21:59votre feuille de route, quand vous avez pris vos fonctions au mois de juillet,
22:02j'avais retenu un slogan « Laissez-nous travailler ».
22:05Mais est-ce que ce n'est pas incompatible avec une demande d'aide en permanence et de soutien ?
22:09C'est là aussi. C'est peut-être de se dire qu'il y a une période qui se termine.
22:16Les perfusions et autres, il faut peut-être qu'on se désintoxique un peu de ce genre de choses.
22:20Mais par contre, en échange de ça, il faut que l'État, que les législateurs,
22:26nous, les entrepreneurs, nous, les acteurs économiques de territoire,
22:29on nous laisse travailler, qu'on nous laisse produire, qu'on libère l'énergie,
22:33je dirais, qu'on a dans notre pays.
22:36Vous avez montré tout à l'heure la défense, nous avons des compétences extraordinaires.
22:42En agriculture, on a un vrai savoir-faire.
22:46Nous sommes un pays agricole, la France est un jardin.
22:48On sait très bien que les problématiques de changement climatique vont nous impacter,
22:53vont changer un certain nombre de choses.
22:55Je pense que des exploitations vont se transformer, d'autres vont s'adapter,
22:59mais un certain nombre vont se transformer.
23:01Mais je dirais que moi, je suis la septième génération au même endroit,
23:04donc c'est aussi une volonté de perdurer.
23:07On est aussi dans la transmission familiale.
23:10Nous sommes très accrochés à notre territoire et très volontaristes pour un certain nombre.
23:15Un mot aussi de la mobilisation de l'épargne des Français.
23:17On en parle beaucoup, beaucoup parlent de ciblage.
23:20C'est un de vos combats.
23:21Ça peut être une des pistes pour améliorer notre agriculture ?
23:24On est tous un peu étonnés de voir notre pays qui épargne beaucoup
23:29et qui place cet argent-là.
23:32Et puis de l'autre côté, vous avez des secteurs économiques,
23:34notamment comme le mien, qui ont besoin d'investir.
23:37Je me dis qu'il y a quelque chose peut-être à faire.
23:39Je ne suis pas un grand économiste.
23:41J'essaie d'avoir un peu de bon sens paysan.
23:45Je pense qu'il y a un problème de modèle économique.
23:47Je pense que si le secteur école était capable de rémunérer cet argent correctement,
23:51parce qu'il n'est pas question de ne pas rémunérer les gens qui épargnent
23:54et l'argent qui est mis de côté,
23:55mais je pense que c'est aussi une question de modèle économique
23:58et que si on avait les capacités à rémunérer cet argent,
24:01on pourrait faire de grandes choses.
24:02On en vient donc à ces trophées de l'innovation que vous lancez.
24:05Ce sera le 16 décembre au Palais des congrès de Paris.
24:07Ce sera en effet un partenariat avec BFM Business et la Tribune.
24:11Pourquoi lancer ces trophées de l'innovation ?
24:13Quel message vous voulez porter ?
24:17On veut se dire qu'évidemment qu'il y a l'actualité,
24:19il y a les difficultés, mais on doit aussi se projeter.
24:21Vous avez cité dans vos produits des produits, par exemple la marque Florette,
24:26c'est une innovation qui a été portée par la coopération Egold.
24:30Les sachets en salade, etc.
24:31Voilà, ça change de choses.
24:33Donc on s'est dit qu'on pourrait pour 2026 parler d'innovation.
24:37Alors on n'était pas au courant de ce qu'on allait vivre cet été,
24:39mais ça n'empêche, il faut garder un temps pour régler la crise,
24:43mais il faut aussi garder un temps pour se projeter
24:45et donc d'avoir différentes catégories
24:48pour montrer l'innovation qui est capable de sortir de nos entreprises.
24:51Les catégories, la consommation, les transitions,
24:55coopératives et associées, coopératives et sociétés aussi.
24:59Un mot sur le calendrier,
25:00donc les candidatures, elles ne sont pas closes encore,
25:03il y a quelques jours encore.
25:05Nos mandants ont jusqu'au 30 septembre minuit
25:08pour pouvoir poser un certain nombre de candidatures.
25:10On est en train d'organiser les jurys
25:12avec des personnes, je dirais,
25:14qui sont sur la place reconnues
25:19pour essayer de trouver un petit peu
25:21les meilleures initiatives qui sont prises sur le territoire,
25:24vous l'avez dit, sur le consommateur, sur la planète.
25:27Sur la gouvernance, nous avons une gouvernance un peu particulière,
25:30c'est-à-dire que ce sont les fournisseurs
25:31qui sont en même temps propriétaires de l'entreprise,
25:33donc c'est quelque chose d'un peu particulier.
25:35Donc est-ce qu'il n'y a pas des innovations à avoir pour que...
25:38Voilà, moi je vous l'ai dit, je suis agriculteur
25:40et je suis en même temps administrateur d'une coopérative
25:42qui fait plus de 7 milliards d'euros de chiffre d'affaires,
25:44de voir comment on est un peu innovant sur ce sujet-là,
25:47puis aussi des initiatives territorieuses
25:48au niveau du territoire et de la société,
25:50puisqu'on fait société.
25:52Eh bien voilà, donc toutes ces catégories,
25:53ce sera le 16 décembre,
25:55il reste encore quelques semaines
25:56pour déposer les candidatures dans ces 4 catégories.
25:59Jean-Louis Duval, merci beaucoup
26:00d'avoir été l'invité de la France à Tout pour réussir.
26:03On a parlé, comme d'habitude,
26:04de sujets très divers,
26:05la défense, le thermalisme ou encore l'agriculture.
26:08C'est tout cela, donc la force,
26:09si on essaie d'avoir une force de la France à Tout pour réussir,
26:12depuis tout juste 10 ans maintenant.
26:13L'émission, vous le savez,
26:15est disponible en replay sur le site
26:17et l'appli de BFM Business.
26:18Je vous souhaite un bon week-end,
26:19une très bonne semaine
26:20et à très bientôt
26:21pour une nouvelle édition
26:22de la France à Tout pour réussir
26:23sur BFM Business.
26:26La France à Tout pour réussir
26:28sur BFM Business.