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  • il y a 2 mois
Aujourd'hui, dans les "4V", Francis Letellier revient sur les questions de l'actualité avec Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l'Industrie.

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Transcription
00:00– Bonjour Maya, bonjour à tous et bienvenue dans les cas de vérité.
00:06La remontée des températures en fin de semaine va nous replonger dans l'ambiance de cet été 2026,
00:10caniculaire et destructeur. Il va falloir du temps pour reconstruire ce qui a été brûlé dans tous les domaines.
00:15On va parler de l'industrie avec mon invité, le ministre de l'Industrie, Sébastien Martin.
00:18Bonjour Sébastien Martin. – Bonjour.
00:19– Merci d'être sur ce plateau en Gironde, fin juillet, après les incendies.
00:23130 000 salariés s'y retrouvés au chômage technique.
00:26Est-ce qu'un petit peu plus d'un mois après, tout le monde a retrouvé son poste ?
00:28– Aujourd'hui les gens sont à nouveau au travail.
00:31Si on regarde les chiffres, on a eu à peu près 4000 demandes d'indemnisation au titre du chômage partiel
00:36et aujourd'hui plus de deux tiers sont déjà réglés et gérés.
00:40Et beaucoup pour simplement une période de deux semaines qui correspond finalement à l'épisode d'incendie.
00:46Donc cette question-là aujourd'hui, elle est prise en main.
00:48Je crois que ce qu'attendent aussi les Françaises et les Français, c'est qu'on se prépare aux prochaines
00:52saisons.
00:52C'est la raison pour laquelle d'ailleurs, moi j'ai réuni toute la filière industrielle de l'incendie,
00:56et de l'incendie de feu de forêt pour voir quelles sont les technologies qui sont en France,
00:59qui sont présentes en France et qu'on doit développer dans les années qui viennent.
01:02– Ça veut dire qu'aujourd'hui, du point de vue des gens qui étaient en chômage technique,
01:05il y a encore des gens en chômage technique ?
01:06– Il y a encore des gens qui sont en chômage partiel, mais pour des toutes petites périodes.
01:10– En cette rentrée, la mauvaise nouvelle, c'est le chômage qui augmente, 8,3% de la population active.
01:16Et de ce point de vue, l'industrie n'est plus épargnée.
01:18Est-ce qu'il y a des secteurs quand même qui s'en sortent ?
01:20– Oui, bien sûr qu'il y a des secteurs qui s'en sortent.
01:23Et c'est d'ailleurs peut-être pas un hasard.
01:24Vous savez, quand on dit qu'on fait le pari et qu'on relance le nucléaire,
01:28vous allez dans le Côte-en-Temps, il y a 6 000 emplois industriels liés à la relance du nucléaire.
01:32Vous allez en Saône-et-Loire, chez moi, où Framatome recrute 200 personnes par an.
01:36Vous avez le secteur, bien évidemment, de la défense.
01:38Le plan de défense, de réarmement de notre pays fait que beaucoup d'usines
01:42dans le secteur de la défense, bien évidemment, recrutent massivement.
01:46Et puis, il y a tout ce qui est lié à l'électrification.
01:48Le Premier ministre a annoncé un plan d'électrification.
01:50J'étais au salon des entreprises de l'électrification il y a très très peu de temps.
01:54C'est 10 000 recrutements par an.
01:55Donc, je ne suis pas naïf, il y a des secteurs qui sont en difficulté.
01:58– Lesquels ?
01:58– Par exemple, la chimie, par exemple l'automobile,
02:00ce sont des secteurs qui sont en difficulté.
02:02Et on a besoin de les accompagner, ça c'est évident.
02:05Et puis, il y a aussi, dans ce pays, un certain nombre de secteurs industriels qui tirent.
02:09Et l'aéronautique, j'ai oublié, mais tirent notre croissance.
02:11– Une entreprise en difficulté qui est dans l'actualité, c'est Fibre Excellence,
02:14avec l'usine de pâte à papier de Saint-Gaudens, près de Toulouse,
02:17où il y a 270 emplois en jeu.
02:19C'est aujourd'hui que les repreneurs doivent déposer leur dossier de reprise.
02:22Est-ce que vous êtes confiant ?
02:23Est-ce que vous vous dites que ce site va être sauvé ?
02:25– Moi, je dis d'albord, contrairement à ce que j'entends,
02:27l'État a été extrêmement présent auprès de cette entreprise.
02:30Depuis 2020, on a injecté des dizaines de millions d'euros d'argent public.
02:34Et depuis le mois de janvier, on cherche des repreneurs.
02:37La région s'est associée et a aussi cherché des repreneurs.
02:39Mais finalement, c'est à peu près les mêmes qu'on a cherché à reprendre.
02:42Là, il y a cette demande de nationalisation qui, très honnêtement, arrive.
02:45– Alors c'est Carole Delga, présidente de la région britannique,
02:47qui demande la nationalisation aussi.
02:48– Et une fois encore, j'ai énormément de respect pour Carole Delga,
02:52qui est une élu locale.
02:53– C'est une option, ce n'est pas une option.
02:54– Honnêtement, je ne suis pas sûr que ce soit l'option la plus pertinente.
02:56Il faut qu'on reste autour de la table.
02:58– Donc c'est non.
02:58– Il faut qu'on apporte toutes les solutions possibles pour cette entreprise.
03:01Mais la nationalisation, je ne suis pas sûr que ce soit la solution la plus pertinente.
03:03– Même temporaire.
03:05– Ça ne veut rien dire, même temporaire.
03:06– Si, c'est trois mois pour dire l'étage avec de l'argent pour rassurer les repreneurs.
03:10– En réalité, si on dit la vérité aux gens,
03:11ça fait quand même depuis janvier qu'on essaie de chercher des repreneurs.
03:15Et la région s'est mise à chercher des repreneurs cet été.
03:18Mais finalement, elle a contacté les mêmes que ceux que j'avais contactés au mois de mai,
03:20avec les mêmes résultats.
03:22Donc, il reste encore quelques jours.
03:24Moi, je suis prêt à me mettre autour de la table.
03:27Franchement, j'ai l'expérience de ce que c'est qu'un territoire qui subit un accident industriel.
03:30Chez moi, Kodak, ça a été 2500 personnes sur le carreau.
03:32Aujourd'hui, on a neuf usines qui sont sorties de terre.
03:35Donc, on peut toujours rebondir.
03:36– Tarascon a fermé cet été.
03:38Est-ce que le site de Saint-Gaudens, d'usine de pâte à papier, sera sauvé, oui ou non ?
03:43– Je ne sais pas encore.
03:44On a encore quelques heures, quelques jours pour trouver une solution.
03:47– Ce n'est pas sûr encore ?
03:48– Ce n'est pas sûr encore.
03:49– Et c'est le tribunal qui décidera.
03:51– Bien sûr, bien sûr.
03:51– Non, mais c'est dans ce pays, quand tout va même, c'est la faute de l'État.
03:54Et quand ça va bien, c'est grâce aux autres.
03:55– Les prix de l'énergie continuent d'augmenter.
03:57Et ça, ça risque de peser aussi sur l'activité industrielle, non ?
04:01– Ah, il y a bien évidemment, l'énergie est quelque chose d'important.
04:04Alors, il y a beaucoup d'entreprises quand même
04:05qui ont des contrats d'approvisionnement de leur énergie,
04:08particulièrement dans l'industrie.
04:09Parce qu'ils ont appris des leçons de la crise de 2022,
04:12de la crise énergétique.
04:13Donc, désormais, ils ont des contrats d'approvisionnement.
04:15Mais ces contrats d'approvisionnement, ils ont aussi des échéances.
04:18C'est pour ça, d'ailleurs, que le gouvernement jusqu'à présent
04:20a toujours mis en place des mesures ciblées
04:21pour ceux qui en avaient le plus besoin.
04:23et notamment pour les entreprises qui en avaient le plus besoin.
04:25Aujourd'hui, le secteur industriel, on a des contacts.
04:28Le secteur industriel ne demande pas du quoi qu'il en coûte,
04:31ne demande pas des chèques pour le moment.
04:32Pour le moment, ça tient dans le secteur industriel
04:34sur les questions énergétiques.
04:35Donc, il faut poursuivre le dialogue.
04:37– Alors, du point de vue des aides, justement,
04:39ArcelorMittal, le groupe d'hierurgiste,
04:40a reçu des millions d'aides,
04:42que ce soit de la France ou de l'Europe,
04:45pour décarboner sa production.
04:46Et les syndicats sont inquiets parce qu'ils voient,
04:49ils disent que les hauts fourneaux nouveaux,
04:52qui devraient être lancés ou relancés
04:53pour décarboner la production d'acier en France,
04:56ça prend du retard.
04:59– ArcelorMittal a annoncé le 10 février dernier
05:03qu'il allait investir sur la décarbonation
05:06de son four à Dunkerque.
05:08Donc, le 10 février dernier,
05:10il ne peut pas être ouvert, le nouveau four.
05:12Ça prend quand même un petit peu de temps.
05:13Mais cette annonce, elle est aujourd'hui claire, nette, précise.
05:16Elle a été conditionnée à plusieurs choses.
05:18Et notamment le fait qu'on mette en place
05:19une protection européenne et des droits de douane.
05:22Au 1er juillet.
05:23Ces droits de douane, ils commencent à porter leurs fruits.
05:24D'ailleurs, au deuxième trimestre 2026,
05:27ArcelorMittal a augmenté sa production en Europe
05:29de plus 11%.
05:30En fait, on voit une baisse des volumes chinois
05:33ou asiatiques d'acier au profit des aciers européens.
05:36Donc, il y a plus de production d'acier européenne.
05:38C'est la raison qui a amené d'ailleurs ArcelorMittal
05:40à réouvrir un four à fosse.
05:42– Donc, vous n'êtes pas aussi pessimiste
05:44que les syndicats d'ArcelorMittal.
05:45– Comment vous dire ?
05:47Faire croire qu'un investissement d'un milliard 3
05:49se fait en six mois, je ne suis pas certain.
05:52Je pense même tout le contraire.
05:53L'engagement a été pris.
05:55ArcelorMittal le tiendra.
05:56– Vous êtes l'un des ministres, Sébastien Martin,
05:58qui vient de la droite, des Républicains.
06:00– Ah oui, ça c'est vrai.
06:01– Vous en avez été suspendu d'ailleurs.
06:02C'est Bruno Retailleau qui vous en a suspendu.
06:04Bruno Retailleau, c'est quand même le candidat
06:05de votre parti à la présidentielle.
06:07– C'est toujours votre candidat à la présidentielle pour vous.
06:09– C'est le candidat de LR et moi, je trouve ça très bien
06:11que LR affirme sa voix dans cette élection présidentielle.
06:14Vous voyez, je ne suis pas rancunier.
06:16Je ne suis pas rancunier.
06:17– Donc, vous soutenez Bruno Retailleau ?
06:18– Donc, je fais partie de ceux qui considèrent
06:20que c'est bien que Bruno Retailleau porte la voix des LR.
06:24Par contre, j'ai lu aussi ce qu'a dit Laurent Wauquiez
06:26il y a quelques heures ou quelques jours.
06:28La multiplication des candidatures, c'est très intéressant
06:31et les Français devront choisir.
06:33Mais ce que je veux dire, c'est que je pense vraiment par contre
06:36que les solutions aux problèmes de notre pays sont vraiment à droite
06:39et donc il faut l'union de la droite.
06:41Et je pense qu'il va falloir que Bruno Retailleau et Edouard Philippe
06:43se parlent et trouvent une solution pour qu'on n'ait pas
06:4536 millions de candidats à droite parce que les gens attendent
06:48de la liberté d'entreprise, de l'autorité.
06:50C'est plutôt à droite pour la solution.
06:51– Vous ne mettez pas Gabriel Attal dans l'équation ?
06:52– Je pense que la droite, c'est plutôt les gens qui sont issus
06:56du RPR ou de l'UMP comme moi.
06:58Ce n'est pas l'histoire de Gabriel Attal.
06:59– Il est à gauche, lui ?
07:00– Il n'est pas à gauche, mais il a construit son parcours
07:03dans une autre histoire que celle de la droite républicaine.
07:06Et je le respecte et je pense qu'on aura bien évidemment
07:08besoin aussi du soutien de Gabriel Attal.
07:10Mais aujourd'hui, j'œuvrerais plutôt au Rassemblement de la droite.
07:14– Est-ce qu'il faut absolument un candidat Les Républicains
07:16à la présidentielle ?
07:17– Il faut absolument un candidat qui porte les idées
07:21d'un programme autour des idées de la droite.
07:23– Mais pas forcément Les Républicains, pas forcément estampillés.
07:26– Il faut un bon accord, il faut une bonne solution.
07:28Et s'il estampillait Les Républicains, je serais le plus heureux des hommes,
07:31je vais vous dire.
07:31Si Bruno Retailleau trouve un accord avec Édouard Philippe, c'est super.
07:35Si Édouard Philippe trouve un accord avec Bruno Retailleau, c'est super
07:37parce qu'au moins nos idées seront défendues dans cette campagne.
07:40– Merci Sébastien Martin d'avoir accepté notre invitation
07:42dans les cas de vérité où vous nous avez dit ce matin
07:44que l'avenir de Fibre Excellence à Saint-Gaudin,
07:46c'est encore en suspens, tout va dépendre
07:48de ce qui va se passer dans les jours prochains,
07:49mais que l'État sera bien là pour soutenir les repreneurs.
07:52Merci et à demain pour les cas de vérité.
07:54– Sous-titrage Société Radio-Canada –

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