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Président des Centristes, Hervé Morin était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview CNews et Europe 1, c'est Hervé Morin.
00:04Bonjour à vous, bienvenue.
00:05Bonjour Laurence.
00:06Président centriste de la région Normandie.
00:08Le pire n'est pas toujours certain, mais par moments il insiste, Hervé Morin.
00:11La France de ce 31 août au matin semble aller droit dans le mur, en tout cas économique et budgétaire.
00:15Est-ce que vous êtes optimiste ou pessimiste à 8 mois de la présidentielle ?
00:19Les Français sont très mécontents, 98% des Français, c'est-à-dire ceux qui nous regardent,
00:24se disent mécontents de l'État de la France, ils l'ont dit dans un sondage publié par le Figaro.
00:28Vous êtes où ? Dans les 2% ou dans les 98% ?
00:31Il y a très clairement un sentiment de déclassement extrêmement profond dans le pays,
00:35notamment de la classe moyenne pour qui c'est de plus en plus difficile.
00:39Et quand je suis en Normandie, vous voyez, j'ai plein d'espoir.
00:44Parce que je rencontre des usines, je visite des usines comme tout prions de région chaque semaine,
00:48puisque c'est une partie de notre boulot, d'aider développer l'économie régionale.
00:53Je rencontre des hommes et des femmes qui ont un savoir-faire incroyable,
00:56qui sont capables d'exporter à travers le monde.
00:58Ils ne vous disent pas que tout va bien, j'imagine ?
01:00Et à côté de ça, on est emmerdés tous les jours par une bureaucratie absolument démentielle, des règles.
01:05Je vous donne juste un exemple.
01:07La région finance le développement du port de Cherbourg.
01:10Donc c'est un port qui est complètement artificiel, une activité.
01:13Cherbourg, il y avait 15% de taux de chômage, 3% de taux de chômage.
01:17On a une entreprise qui s'installe.
01:20On nous dit, attendez, là, c'est une zone à vie faune.
01:22On leur dit, mais attendez, c'est une zone artificielle qui a été créée toute pièce.
01:25Non, non.
01:26Ça veut dire quoi, à vie faune ?
01:27À vie faune, ça veut dire qu'il faut des compensations, il faut trouver des terres ailleurs, sur une terre...
01:31Voilà, enfin, tout est comme ça.
01:33La bureaucratie paralyse notre pays.
01:34La bureaucratie empêche la France d'avancer comme elle pourrait avancer.
01:39Et donc, il y a une chose extrêmement simple à faire pour celui qui est élu président de la République,
01:43c'est de faire le point très précis sur tous ses freins et de dire aux chefs d'entreprise,
01:50voilà, on vous les fait sauter et en contrepartie, pour faire des économies, on réduit les aides aux entreprises.
01:56On va vous aider à développer, à créer de la richesse et en contrepartie, on fait ça.
02:00Ça, voilà une bonne proposition.
02:01C'est intéressant.
02:01Un tout petit mot du budget.
02:03Sébastien Lecornure va réunir aujourd'hui un séminaire pour tenter de trouver une solution pour que ce budget soit adopté.
02:08Il y a un risque quand même qu'il soit censuré, que ce gouvernement tombe.
02:11On pourrait se retrouver à nouveau sans gouvernement avant Noël.
02:15C'est une mauvaise farce, à nouveau, Hervé Morin ?
02:18Mon sentiment, compte tenu de ma vie politique, c'est que ça va être une opposition et qu'on va
02:25dire au gouvernement,
02:26bon, allez, vous nous faites passer un budget par ordonnance ou quelque chose de ce genre
02:30et puis on ne vous emmerde pas pour aller jusqu'au présidentiel.
02:33Je pense qu'au bout du compte, quand on voit…
02:35Personne n'a intérêt donc à faire tomber le coup.
02:36Oui, quand on voit comment s'est comporté Olivier Faure l'année dernière, on se dit qu'il va bien
02:40trouver les moyens d'avoir une petite discussion derrière les fagots avec Sébastien Lecornu.
02:48Vous avez vu dans quel monde on vit depuis 2024, vous avez vu ça ?
02:52Merci, il y a des solutions ?
02:53Ah oui, ça va, on peut le dire.
02:55Pas de nouveaux impôts promet le Premier ministre ? Cette promesse n'a évidemment pas été tenue l'an dernier,
02:59elle ne le sera pas cette année ?
03:01De toute façon, la réponse de la France, ce n'est pas simplement d'augmenter des impôts pour régler le
03:06problème.
03:07La question française, elle est celle de…
03:10Vous avez entendu beaucoup de gens qui vous disaient qu'il faut couper dans les dépenses publiques ?
03:13D'accord, mais il y a un premier élément…
03:15Pour l'instant, d'autant que les nouveaux impôts.
03:16Non, non, non, mais vous vous souvenez, j'ai déjà dit ça dix fois lors du soir de campagne électorale
03:21sur ce plateau.
03:22La première question pour la France, c'est d'abord être capable de créer de la richesse,
03:27c'est-à-dire de pointer les éléments sur lesquels on va pouvoir augmenter très significativement notre potentiel de croissance,
03:34améliorer notre compétitivité, quand on aura déjà créé de la richesse, premier point.
03:38Et puis le second, alors celui-ci, il déplaît beaucoup pour Français, mais c'est qu'une grande partie de
03:43la question de la dépense publique et des déficits, c'est les retraites.
03:45C'est 40% du total.
03:47Alors à chaque fois que je dis ça, je me fais rigoler.
03:49Mais clairement, c'est pour ça que…
03:53Vous voyez quand Marine Le Pen dit « je mets la retraite à 62 ans », on a envie d
03:58'y croire.
03:59On se dit « mais attendez, pourquoi tous les autres pays ont augmenté la durée du travail ? »
04:08Ils avaient envie de faire beuver des ronds de chapeau leur peuple, les faire travailler plus longtemps.
04:16C'est parce qu'il n'y a pas d'autre solution compte tenu de la situation démographique.
04:20Donc c'est un mensonge énorme et c'est un des éléments clés sur la question du retour à l
04:25'équilibre budgétaire.
04:26La réalité, c'est que c'est Nicolas qui paye, selon l'expression consacrée.
04:29Sarah Knafo sort dans quelques jours son livre « Le casse du siècle »,
04:33elle part de la fiche de paye d'un salarié qui gagne 2 079 euros net par mois
04:37et son employeur qui lui verse quasiment 4 000 euros.
04:40Ce n'est pas là que réside le problème ?
04:42Oui, mais quand on a abordé la question du coût du travail,
04:48on n'aborde pas pourquoi on est à un tel niveau de cotisation.
04:52On est à un tel niveau de cotisation parce qu'on a des dépenses sociales qui sont trop élevées.
04:56Donc on coupe ?
04:57Bien sûr qu'il va falloir.
04:58Pourquoi on aurait un régime autour de la rupture conventionnelle que tout le monde utilise ?
05:06Ça coûte 8-10 milliards par an.
05:09On sait qu'on peut revenir là-dessus.
05:11Les arrêts de travail, on a tous dans nos histoires des personnes qui sont en arrêt de travail
05:17dont on ne comprend pas bien et qu'on peut retrouver au supermarché du coin.
05:21Bon, enfin voilà, donc il y a les cotisations et malheureusement le pouvoir d'achat de nos compatriotes,
05:28il est directement lié à un système dont on voit bien qu'on n'est plus capable de le financer,
05:33surtout quand on a aussi peu de croissance.
05:34Parle-nous de la présidentielle Hervé Morin.
05:36Vous êtes à l'initiative d'un appel avec plusieurs centaines de maires, 300 maires environ.
05:40Et chaque jour, on en a plus, vous voyez, hier soir, un député Renaissance m'a appelé,
05:45il m'a dit, voilà, c'est tellement du bon sens que même si vous n'êtes pas franchement un
05:52ami de la majorité présidentielle,
05:55je vais le signer.
05:56Une primaire ? Vous voulez donc une primaire de la droite et du centre ?
05:59Vous voulez un candidat pour Noël ? Ça veut dire que vous croyez au Père Noël ?
06:02Non, non, je vous l'amènerai dans ma hôte, Laurence Ferrari.
06:07Le candidat ?
06:08Oui, non, parce que, écoutez, on voit bien l'histoire des sondages.
06:12Personne ne va vouloir fonctionner dans cette histoire.
06:16Ça va durer jusqu'en février.
06:17Parce que vous allez avoir des candidats qui vont dire,
06:20mais les Français ne sont pas dans la présidentielle, c'est à partir de février que les sondages…
06:23Ils sont déjà dans la présidentielle.
06:25D'accord.
06:25Mais on va donc avoir des candidats qui, jusqu'en février, vont vous expliquer,
06:31comme on l'entend à chaque élection, on sent que les choses changent, le climat est différent.
06:35Vous voyez, vous l'avez entendu mille fois, cette histoire-là.
06:37Bon, donc février, c'est trop tard.
06:39Les équipes vont être en cours, vont être en route.
06:42Vous allez avoir la question du financement.
06:44Vous ne pouvez pas faire marcher avec, c'est trop tard.
06:45Et c'est trop tard.
06:46Donc, la primaire.
06:47Donc, si on est un candidat qui, réellement et sérieusement, veut respecter les électeurs de la droite et du centre,
06:56pour les appeler comme ça, qui veut respecter l'idée qu'il y a d'autres solutions que les solutions
07:03de Marine Le Pen
07:04et des solutions de M. Mélenchon, et qu'il y a là à peu près 40% des Français qui
07:10se disent qu'il faut une réponse responsable.
07:14Si vous êtes responsable vous-même, vous devez accepter l'idée de la primaire.
07:21Et vous pensez que la raison va l'emporter sur l'émotion ?
07:23Eh bien, il va falloir.
07:26Vous aurez observé que depuis le lancement de mon histoire...
07:29Alors, c'est une charte, en fait.
07:30Alors, moi, j'ai fait une charte.
07:32J'ai dit, voilà, il faut une charte qui définit globalement quels sont les principes auxquels on est attaché et
07:41que nous partageons tous.
07:42La construction européenne, la bonne gestion des finances publiques, l'efficacité de l'action publique avec une régionalisation et une
07:49décentralisation massive.
07:50L'uture de la bureaucratisation.
07:53Voilà.
07:53Immigration, sécurité.
07:54La lutte contre l'immigration, un plan massif autour des questions de sécurité.
08:01Chacun ayant ses solutions.
08:02Mais globalement, on a le même corpus.
08:04On croit à l'idée de liberté, d'initiative.
08:07On croit à l'idée de responsabilité.
08:09On croit à l'idée qu'il faut une économie performante reposant sur l'économie de marché.
08:14Voilà.
08:14Et sur les questions de société, par exemple, vous pourriez mettre d'accord M. Rotailleux et M. Attal ?
08:19Ils sont à l'opposé.
08:20D'accord.
08:21Bon, cette charte, je vais l'écrire ce soir.
08:25Je vais l'envoyer.
08:26Parce que ce qui est intéressant, c'est que non seulement il y a eu 300 maires qui l'ont
08:30signée, mais que derrière, on fait une pétition.
08:32Donc, j'invite tous ceux qui veulent signer cette pétition.
08:35J'invite une signature à l'heure où on se parle.
08:36Oui.
08:37Pas beaucoup.
08:37Oui, d'accord, mais ça dote de 36, 48 heures.
08:40Allons-y.
08:41Et donc, ce que je vais faire, c'est que je vais envoyer cette charte en disant au candidat, voilà
08:46ce que ça pourrait être.
08:48À qui vous l'envoyez ?
08:50Je l'envoie à ceux qu'on connaît, à ceux dont on sait qu'ils sont candidats, puisqu'ils sont
08:54tous les jours sur la route.
08:55On parle d'Édouard Philippe.
08:56Il y a Édouard Philippe qui fait ses frites, il y a David Lysnard qui fait son meeting à Cannes,
09:02bref, Bruno Retailleau, etc.
09:04Et puis, je ne fixe pas...
09:06Sarah Gnaffot, par exemple ?
09:07Attendez, mais ce n'est pas fini.
09:08Zemmour ?
09:10Il ne sera pas avec les deux, quand même.
09:11Non, mais là où l'autre ?
09:12J'ai un problème dans le couple.
09:13Non, mais là où l'autre ? Vous allez jusqu'à eux ou pas ?
09:15Non, je ne fixe pas de limite.
09:18Je dis, est-ce que ces principes-là, ce sont des principes dans lesquels vous vous reconnaissez ?
09:23Si vous vous y reconnaissez, vous pouvez y participer.
09:27Si vous ne vous y reconnaissez pas, vous êtes à côté, vous êtes ailleurs.
09:30Mais ce n'est pas à moi de fixer.
09:33Je pense que ce n'est pas à nous, si tant est, on arrive à faire un collectif là-dessus,
09:37de dire
09:37est-ce que Dominique de Villepin doit y participer ou pas ?
09:40Bon, est-ce que ça, oui ou non, vous vous y reconnaissez ?
09:45Et s'ils vous disent non ?
09:46Non, ils continuent leur vie.
09:49Ils continueront leur campagne.
09:52Et est-ce que dans les conditions, il y a, si vous vous engagez dans cette primaire,
09:55vous vous engagez à soutenir celui qui a été désigné, quoi qu'il arrive ?
10:00Ça me semblerait naturel.
10:01Mais je vais vous dire, ce n'est pas tellement le sujet.
10:03Le sujet, c'est les élections ou non.
10:05Parce que je vais vous dire, celui qui pense que parce que vous êtes soutenu par tel autre,
10:09vous allez faire des voix en plus, ça, c'est le monde d'hier et d'avant-hier.
10:12Le monde réel, ce sont des femmes et des hommes qui sont, je pense, encore au moins une majorité,
10:20si on veut bien leur donner un message d'espérance, de leur dire que la France peut se redresser
10:27et les solutions pour cela.
10:29Je pense qu'il y a une majorité de Français qui est encore là-dessus.
10:31Et donc, cette majorité de Français, on ne doit pas les désespérer par nos histoires.
10:35Oui, mais attendez, attendez.
10:39Je pense qu'aujourd'hui, personne ne peut considérer qu'il est une évidence.
10:46En 2007, il n'y avait pas de débat.
10:48Tout le monde savait que Sarkozy était le candidat naturel pour tout le monde.
10:51Non, sauf Bayrou.
10:54C'est Édouard Philippe qui est placé dans les sondages.
10:56Oui, mais quand on est à 17 ou 18, honnêtement, on ne peut pas dire qu'on est en train
11:02de faire l'unanimité
11:03quand celui qui est derrière est à 14.
11:06Il n'y a pas de candidat qui se dégage.
11:07Qu'est-ce que vous dites à Xavier Bertrand et à Évée Morin ?
11:09On n'est pas obligé de faire refaire les conneries à chaque fois sur la primaire.
11:12Oui, enfin…
11:13Rappelez-vous de 2016 ?
11:14Elle était très bonne, cette primaire.
11:16Elle a été exceptionnelle et je dirais même à Xavier Bertrand,
11:19tu devrais au contraire considérer que c'est une chance pour toi.
11:22Parce que quand on est à 1,5 ou 2% dans les sondages,
11:24c'est quand même compliqué de se dire qu'on va finir en tête.
11:27En revanche, quand on a la chance d'avoir une primaire,
11:30François Fillon, il était à 3% au début.
11:33Il a été quasiment élu au premier tour.
11:35Et s'il n'avait pas eu ces histoires, il aurait été président de la République.
11:39Et donc, la primaire, ça va permettre à 5, 6, 7 millions de Français
11:44de venir voter, d'écouter tous ces candidats qui sont dans cet arc
11:48et de se dire, tiens, celui-ci, il a un projet, mais plus que ça.
11:51Il a un caractère.
11:53Un caractère.
11:55Il a une personnalité.
11:57Il a la densité.
11:58Parce que dans l'État où est le pays, il va falloir quand même quelqu'un qui soit solide.
12:02Et qui incarne un tout petit peu.
12:03Qui avez-vous derrière vous sur cette initiative Hervé Morin ?
12:06Je l'ai fait de moi-même.
12:07Non mais, est-ce que Gérard Larcher et le Brun Pivet sont derrière vous ?
12:11Ils disent, ok, banco, on y va ?
12:12J'en ai parlé pour deux.
12:13Je ne peux pas me cacher, j'en ai parlé aux deux.
12:15J'ai cru comprendre.
12:17Je ne vais pas parler à leur place.
12:18Mais j'ai cru comprendre qu'ils partageaient assez l'idée qu'il fallait une primaire.
12:21Même plus qu'assez.
12:24Gérard Larcher, il y a quelques mois, était pour les sondages.
12:26Et puis, il constate bien que les sondages, ça ne va pas le faire.
12:30Et donc, aujourd'hui, mon sentiment, c'est que Gabriel Attal, Bruno Retailleau, David Lysnard,
12:38qui l'a toujours été, et l'essentiel des personnalités politiques de l'arc, ils sont favorables.
12:47Alors, il n'y a plus qu'un.
12:49Mais lui, je dis à Édouard Philippe, ça va être une grave...
12:52Il n'en veut pas.
12:53Oui, d'accord, mais c'est une lourde responsabilité.
12:55Parce que le fait d'aller...
12:57Il fait l'étiquette avec Gérald Darmanin, ça peut être redoutable.
12:58Oui, d'accord, mais le fait d'aller...
13:01Comment ça veut dire Paul ?
13:01Non, mais je veux dire, c'est l'étiquette, tout ça.
13:04Il y a un candidat, bon.
13:06Ah, c'est un tandem.
13:06Le fait...
13:07Ah bon, il est déjà Premier ministre, c'est ça ?
13:09Il a dit Premier matelot, PM.
13:11OK.
13:13Mais celui qui va refuser cette primaire,
13:15il va porter une lourde responsabilité face aux électeurs.
13:19Aux électeurs de sa famille.
13:21Bon, OK.
13:21La gauche, en revanche, elle va faire une primaire ?
13:23Oui, bien, alors la gauche a le temps de faire une primaire
13:25et nous, on n'aurait pas le temps d'en faire une.
13:26Vous voyez ce que je veux dire ?
13:26Mais François Hollande n'y participera pas.
13:28Oui, mais enfin, François Hollande, vous savez, le retour permanent, ça...
13:31Vous n'y croyez pas ?
13:32Ah non, je ne crois pas du tout.
13:33Pourquoi ?
13:34Pas d'envie de François Hollande ?
13:35Mais vous savez, vous êtes président de la République sortant.
13:38Vous êtes tellement...
13:39Les Français vous rejettent tellement
13:41que vous n'êtes même pas capable d'être candidat à votre propre réélection
13:44et vous pensez que cinq ans plus tard,
13:46les Français sont suffisamment amnésiques...
13:47Dix ans plus tard.
13:48Ou dix ans plus tard, oui, pardon,
13:49sont suffisamment amnésiques pour se dire
13:52on va recommencer.
13:53Non, ça n'existe pas, ça.
13:54Hervé Morin, pour l'instant, les sondages sont implacables.
13:56Quel que soit le cas de figure, c'est Marine Le Pen qui est élue.
13:59Marine Le Pen, c'est pour vous ce qu'il faut éviter à tout prix.
14:03S'il y a un deuxième tour, second tour, pardon, RN et LFI,
14:06vous faites quoi, pardon ?
14:07C'est la question...
14:08Vous m'avez déjà posé la question.
14:10Oui, mais il faut à chaque fois...
14:10Pour moi, c'est la même menace pour le pays.
14:13La même ?
14:14C'est le même danger pour le pays.
14:15Le même danger.
14:17Marine Le Pen, elle a un programme socialiste.
14:20La retraite à 62 ans, ça ne tient pas la route.
14:22Un instant.
14:23Bon, voilà, parlons pas de Mélenchon, c'est une catastrophe.
14:27Désobéissance civile de la part de LFI,
14:28demande d'abrogation de l'apologie du théorème,
14:30On est bien d'accord.
14:31Attaque sur la famille.
14:32On est bien d'accord.
14:32Vous dites que c'est pareil, ça ?
14:33Non, je dis que ça n'est pas ni d'un côté ni de l'autre la solution.
14:38Pour redresser ces pays.
14:39Vous restez sur le nini ?
14:40Je dis qu'il faut un candidat
14:43qui forme une équipe de personnes qui sont solides, responsables,
14:47qui ont de l'expérience, le jeunisme, c'est bon,
14:50et qui disent aux Français,
14:52l'économie de marché, c'est le seul moyen pour se redresser.
14:56Une construction européenne rénovée,
14:58c'est aussi absolument indispensable
15:00parce que face aux deux grandes mâchoires
15:02que représentent les Etats-Unis et la Chine,
15:05ils nous font un ensemble européen qui fonctionne autrement.
15:08Et que pour cela, c'est un candidat
15:10qui est dans cette sphère de la droite et du centre.
15:12Il n'y en a pas d'autre.
15:13Mais vous n'avez pas répondu à ma question,
15:15en votre âme et conscience,
15:17il y a un second tour,
15:18vous entrez dans l'isoloir,
15:19il y a un bulletin RN, un bulletin LFI,
15:20qu'est-ce que vous mettez dans l'urne ?
15:22Je ne vais pas commencer à parler du second tour
15:24avant le premier tour.
15:24C'est un principe de base dans la vie politique.
15:26Oui, mais vous décidez.
15:27Vous faites une réponse de normal.
15:28Non, non, mais je vous répondrai le moment venu.
15:30Oui, mais alors allons-y.
15:31Non, non, non.
15:32La transparence, la clarté, c'est maintenant,
15:35la clarté et la transparence,
15:37c'est de faire en sorte qu'on ait un candidat
15:38qui soit capable de gagner.
15:39C'est ça le sujet.
15:40Écoutez, on verra si les Français vous entendent.
15:42Un tout petit mot d'un risque de conflit armé.
15:45Emmanuel Macron, vous êtes ancien ministre de la Défense,
15:47a évoqué encore l'hypothèse d'un conflit armé en Europe
15:50il y a une dizaine de jours.
15:51Le chef d'état-major des armées, le général Mandon,
15:53pareil, a réitéré ce qu'il avait déjà dit,
15:56éventualité d'une confrontation avec la Russie
15:57d'ici 2030.
15:58Est-ce que vous comprenez ce qui se passe ?
16:01Écoutez, moi j'aimerais bien savoir sur quoi ça repose
16:02parce que je l'ai souvent entendu.
16:04Ce que je sais, c'est que si on pense
16:06qu'il peut y avoir une confrontation avec la Russie en 2030,
16:08ça veut dire que notre système de dissuasion
16:10et que l'Alliance Atlantique est morte.
16:13Parce que ça veut dire que la dissuasion
16:15qui normalement nous empêche,
16:17nous protège face à un tel risque,
16:20n'a pas fonctionné.
16:22Vous voyez donc les conséquences cataclysmiques
16:26de l'idée que la Russie pourrait envahir
16:29un des pays de l'Alliance Atlantique.
16:31Mais c'est un risque réel pour vous ou pas ?
16:35Je ne peux pas y croire
16:36parce que ça veut dire que c'est l'apocalypse.
16:39C'est l'apocalypse.
16:40C'est rassurant.
16:41Oui, mais il faut se dire les choses telles qu'elles sont.
16:43Si les Russes envahissent la Pologne...
16:46Ou un État balte.
16:48On entre dans l'inconnu.
16:49Voilà.
16:51Donc je voudrais comprendre sur quoi ça repose.
16:53Très bien.
16:54Trois questions pour terminer
16:54avec des réponses rapides d'Hervé Morin.
16:56Si on vous propose d'être ministre, vous y allez ?
16:58Vous savez que je suis président d'une région
17:00que j'adore.
17:03Je suis à ma place.
17:04Attention, ça sera enregistré.
17:06J'adore ma région.
17:08J'essaie d'y faire plein de choses.
17:09On a une magnifique perspective de développement.
17:13Donc c'est non ?
17:13Pas de poste de ministre.
17:14Pour tout vous dire,
17:15c'est une question qu'on m'a posée
17:16il n'y a pas si longtemps que ça.
17:18Vous aviez répondu non.
17:19La première mesure à prendre pour redonner
17:21du pouvoir d'achat aux Français ?
17:23La première, toute première, premier jour.
17:26Celle de David Lissnard me plaît,
17:28baisse de la CSG.
17:30Et là, on donne un bol d'air aux Français.
17:322027 peut-elle être la dernière échéance démocratique
17:34dans notre pays, selon vous ?
17:36Est-ce qu'on est à un point de bascule ?
17:37Est-ce que cette élection signe la fin d'un cycle ?
17:39Et est-ce qu'on peut entrer dans un nouveau cycle
17:41qui pourrait être autre chose que de la démocratie ?
17:45Il y a de grandes menaces sur la démocratie
17:47avec le nouveau monde numérique
17:50dans lequel on est, l'IA, etc.
17:53Je ne parle pas de ça.
17:54Mais moi, je crois au contraire
17:56que si on a quelqu'un
17:59qui libère massivement la démocratie locale,
18:03la décentralisation, etc.,
18:04ça peut être une démocratie comme j'en rêve,
18:07c'est-à-dire une démocratie de proximité
18:08et de responsabilité
18:11en lien direct avec celles et ceux
18:12auxquelles on s'adresse.
18:13Mais quand vous entendez parler
18:14de désobéissance civile,
18:16vous ne dites pas qu'on peut arriver
18:17à un régime libéral ?
18:19Est-ce qu'on n'y est pas déjà ?
18:20Moi, je sais une chose,
18:23c'est que les Français,
18:24ils veulent de la sécurité,
18:25ils veulent de la stabilité
18:26et de l'autorité.
18:28Donc on peut arriver
18:28à un régime autoritaire ?
18:29Non, de l'autorité,
18:30dans le respect des lois et règlements
18:33de notre pays, de la Constitution.
18:35Donc la démocratie,
18:36encore de beaux jours,
18:36dans notre pays ?
18:37Oui, je pense qu'on est
18:38un vieux pays attaché à ça.
18:41D'un vieux continent.
18:42Merci beaucoup Hervé Morin
18:43d'être venu ce matin
18:44dans les grandes interviews
18:44sur CNews et sur Europe.
18:46Bonne journée à vous.

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