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Le président des Républicains, Gérard Larcher, était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.
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00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview CNews et sur Europe 1, c'est Gérard Larcher.
00:04Bonjour à vous, M. le Président du Sénat.
00:06Merci d'être ce matin avec nous.
00:07Un mot de la canicule qui accable les Français.
00:10Notre maison brûle, nous regardons ailleurs.
00:12La phrase de Jacques Chirac en 2002 à Johannesburg,
00:15lors du sommet de la Terre était prémonitoire,
00:16les prévisions les plus pessimistes se réalisent.
00:18Record battu, 40 degrés dans tout le pays, ça va durer ce week-end.
00:21Est-ce que la France est un pays arriéré en matière de gestion de la chaleur, Gérard Larcher ?
00:25En tous les cas, je pense qu'il faut qu'on se dise tous
00:27qu'on est sortis d'un pays au climat tempéré.
00:31Vous savez ce qu'on apprenait à l'école très tôt.
00:34Et donc, il va falloir s'adapter à l'évolution de ce climat.
00:39Nous ne sommes pas prêts, manifestement.
00:42Mais nous avons eu aussi des débats sur réalisme pendant des années, souvenez-vous.
00:45En raison des écologistes ?
00:47Oui.
00:48Électricité, le nucléaire.
00:50On est d'accord.
00:51Ce n'était pas que les écologistes qui disaient ça.
00:53Je me souviens d'un discours du Président de la République.
00:55Exactement.
00:57Réalité aussi sur l'eau.
00:59Regardez nos débats surréalistes, alors que nous sommes le pays qui garde le moins d'eau en réserve
01:05par rapport à l'Espagne, mais même par rapport à la Belgique.
01:08Là, vous parlez des méga-bassines et de la rétention d'eau.
01:10Et nos agriculteurs, mais pas simplement nos agriculteurs, nos villes, nos concitoyens,
01:15ont besoin d'eau et nous laissons l'eau partir à la mer.
01:18Donc sur ces sujets, on sort de l'idéologie, il faudra un vrai plan climatisation, il faudra
01:25une autre approche de l'urbanisme, ça va prendre beaucoup de temps, mais il faut s'y
01:29engager, il faut s'y engager avec détermination, mais en même temps il faudra le financer.
01:34Voilà, alors c'est ce que j'allais vous dire, parce que vous connaissez bien l'état
01:36des finances de notre pays.
01:37Il y a des hôpitaux dans lesquels on met des couvertures de survie pour empêcher
01:40les malades d'avoir trop chaud dans les chambres d'hôpital, même chose pour les écoles.
01:45C'est un véritable plan d'investissement à long terme qu'il faut lancer, Gérard.
01:49Nous n'avons tiré que partiellement les conséquences, vous souvenez, de la canicule 2003.
01:55On l'a fait notamment pour les établissements qui reçoivent des personnes âgées.
01:59Souvenez-vous du débat sur la pièce climatisée, il va falloir qu'on avance, et qu'on
02:04avance de manière concrète.
02:05Et pardonnez-moi la réponse, ce n'est pas le congé climatique.
02:08Parce que pour faire de l'argent, il faudra travailler plus et produire des richesses.
02:12D'accord.
02:13Parlons maintenant des dysfonctionnements de la justice, parce que c'est une question
02:16qui heurte beaucoup les Français après la mort de Liana, qui est un drame national.
02:20Un rapport a été rendu, vous le savez, d'inspection.
02:23Et là, on assiste à une fronde de plusieurs centaines de magistrats dans tout le pays,
02:26Gérard Larcher.
02:27Ils veulent réposter après la suspension d'un substitut du procureur d'Auches,
02:31qui a été annoncé par le ministre de la Justice.
02:33Ils contestent ces sanctions.
02:34Ils veulent organiser une journée morte de la justice le 29 juin.
02:38Est-ce que c'est la bonne réponse, selon vous ?
02:39En tous les cas, il y a un vrai drame.
02:43Rosa, Liana...
02:44Et ce drame, il faut le regarder d'abord avec un immense respect pour la douleur des familles.
02:50Et je dois dire que, quand j'entends que la réponse serait une journée justice morte,
02:55j'avoue que je suis choqué.
02:57C'est inacceptable.
02:57Oui, pour moi.
02:59D'abord, qu'est-ce que monte le pré-rapport ?
03:01C'est qu'il y a eu des dysfonctionnements dans la chaîne pénale.
03:06Manifeste.
03:07Manifeste.
03:08Nous aurons le 10 juillet le second rapport.
03:11Parallèlement, la commission des lois du Sénat a entamé une procédure de commission d'enquête.
03:17Notamment pour savoir qu'est-ce qui s'est passé entre les instructions données par la chancellerie au parquet et
03:24la suite.
03:24Si la seule réponse doit être corporatiste.
03:27Moi, j'appelle vraiment parce que, vous savez, nous sommes un état de droit.
03:31Dans un état de droit, la confiance dans la justice est quelque chose d'essentiel.
03:36Je ne suis pas de ceux qui veulent dire qu'il faut se défier de la justice,
03:39mais aussi qu'il faut que la justice, par son attitude, nous aide à restaurer cette confiance.
03:45Vous savez...
03:47C'est le pacte social, c'est une rupture du pacte social, quasiment.
03:50Oui, et du principe d'un état de droit dans le pacte social.
03:53Je crois profondément...
03:55Voilà pourquoi les réactions corporatistes, collectives, me semblent en plus indécentes vis-à-vis des douleurs des femmes.
04:02Et vous saluez le travail du ministre de la Justice qui montre au front.
04:05Oui, ce n'est pas une tâche facile.
04:07Ce n'est pas une tâche facile, il faut qu'il le conduise.
04:10En tous les cas, au Sénat.
04:12Parce que nous devons des comptes aux Françaises et aux Français.
04:14C'est aussi le rôle du Parlement de faire le contrôle.
04:18Et sans faiblesse, ni vis-à-vis de l'exécutif.
04:21Et se poser collectivement la question, ça nous concerne tous.
04:24Les politiques, les gendarmes, les policiers, les magistrats, la protection judiciaire de la jeunesse.
04:31Tout ceci.
04:32Et je pense aussi au périscolaire.
04:34Il y a une commission d'enquête d'ailleurs au Sénat.
04:36La commission d'enquête de la commission de la culture, que va conduire Agnès Evren, sur le sujet qui n
04:41'est pas simplement parisien.
04:42Mais le périscolaire, le recrutement des animateurs, le contrôle.
04:47En fait, il faut qu'on respecte la parole des enfants.
04:50C'est quelque chose d'essentiel.
04:51Il faut l'entendre à nouveau.
04:52Mais est-ce que cette commission d'enquête pourrait aller chercher des responsabilités politiques, notamment dans l'équipe de la
04:57mairie passée et actuelle ?
04:58La commission d'enquête, elle ira au bout.
05:04Elle le fera de manière transpartisane, mais elle le fera sans faiblesse.
05:09Il y a quelques commissions d'enquête au Sénat dont vous avez le souvenir qui démontrent qu'on est capable
05:14d'aller au bout.
05:15Gérard Larcher, il y a la violence contre les enfants.
05:17Il y a la violence entre les enfants aussi.
05:19On a de plus en plus de cas, d'exemples, de dramatiques de mineurs qui s'entretuent, de mineurs tués.
05:23On a eu encore un exemple il y a quelques heures.
05:26Est-ce qu'il faut lancer un grand plan ?
05:29Je ne sais pas si c'est sécuritaire, si c'est d'éducation, si c'est parental.
05:34Qu'est-ce qui dysfonctionne aujourd'hui pour que nos enfants s'entretuent et aillent tuer d'autres personnes ?
05:38C'est vrai que la réalité de la société est aujourd'hui violente.
05:41Vous évoquiez ces cas dramatiques, mais regardez ce qui s'est passé.
05:46Après un match déroulant à Budapest, entre PSG et Arsenal.
05:52Est-ce que nous avons eu la réponse de la sanction ?
05:54La réponse est non.
05:56890 interpellations et trois simplement des auteurs mis en prison.
06:04Il faut se poser la question de la pédagogie.
06:06Il faut se poser la question de la sanction.
06:10Or, nous avons baissé les bras par rapport à tout ça.
06:13Quand vous voyez que...
06:14On leur donne un permis de casser à cette fois-là ?
06:16En tous les cas, ce n'est pas un permis de casser.
06:19On les laisse casser et ça n'a pas de conséquences.
06:21Ça n'a pas de sanctions.
06:23Ça me renvoie...
06:25J'étais tout jeune étudiant, même encore un peu lycéen.
06:29Il y avait eu, vous vous souvenez, la loi anti-casseurs en 1970.
06:34François Mitterrand a cru bon de l'abroger.
06:36Il y a eu un texte à l'Assemblée nationale
06:40qui prévoyait la suspension des allocations familiales
06:44pour l'absentéisme scolaire,
06:46qui est souvent un signal de perte de repères.
06:48Et puis, il y a eu la loi que proposait Bruno Retailleau, 2019,
06:53qui a été sanctionnée par le Conseil constitutionnel.
06:56Je crois qu'il faut se poser la question,
06:58vraiment très sincèrement,
06:59il n'est pas acceptable que ce soit la collectivité
07:03qui paye les dégâts.
07:05Alors, il y a une responsabilité collective à réaffirmer.
07:08Ce sera un sujet pour les temps qui viennent.
07:10Et je dois vous dire qu'au Sénat, on s'en préoccupera.
07:13Et concernant la délinquance des mineurs,
07:15Gérard Larcher, il faut revoir l'ordonnance de 45.
07:17Il faut la revoir entièrement.
07:19L'ordonnance de 45, vous savez, elle était basée
07:21en opposant en quelque sorte
07:24le répressif à l'éducatif.
07:26Il faut les deux.
07:28Et il faut sortir du sentiment
07:30que l'ordonnance de 45 aurait une valeur quasi-constitutionnelle.
07:35Même Gabriel Attal, sur sa proposition de loi,
07:38s'est vu retoquer, je le rappelle.
07:40Donc, il faut vraiment poser la question.
07:43Les mineurs de 2026 ne sont pas les mineurs de 45.
07:48Est-ce que sur le budget,
07:49et c'est vraiment une des questions qui va vous occuper au Sénat
07:51dans les prochains mois,
07:52l'étude du prochain budget de la France,
07:54et il faut mettre le paquet sur la justice
07:56par rapport aux autres pays européens ?
07:58Nous sommes sous-dotés, largement sous-dotés,
08:00même si le budget a augmenté.
08:01– Je regarde.
08:03Le pré-rapport, ce n'est pas une affaire de moyens.
08:06Ça ne veut pas dire qu'il ne faut pas.
08:08Nous avons une loi de programmation pour la justice,
08:11il faut la mettre en œuvre,
08:12dans la préparation budgétaire qui est la nôtre.
08:14Il faut quand même avoir en tête où nous en sommes,
08:19en termes de déficit, en termes…
08:23– On est en état en faillite ?
08:24– Même pas l'année, 5%.
08:26– Bien sûr, nous allons avoir une réunion bientôt,
08:32j'allais dire, pour faire le point.
08:33Et vous savez bien qu'il va nous falloir,
08:35en plus des 6 milliards annoncés,
08:37il va falloir sans doute 6 milliards de plus.
08:41Au Sénat, nous ferons des propositions,
08:44nous avons travaillé d'ailleurs sur ce sujet
08:46avec nos rapporteurs généraux,
08:48et nous ferons des propositions au gouvernement,
08:51non pas des propositions chiffrées, mais de principe.
08:53Naturellement, il faut préserver justice, sécurité…
08:57– Défense.
08:58– Défense.
08:58C'est les trois régaliens.
09:00Mais il faudra se poser la question,
09:03sur un certain nombre de dépenses publiques,
09:04est-ce qu'on peut continuer à avoir un budget social
09:07qui s'en va vers, dans le domaine de la santé,
09:09vers les 24 milliards ?
09:11Mais pas couper dans…
09:12Il va falloir se poser la question de l'organisation.
09:14On ne peut plus rester dans cette situation.
09:17Est-ce que nos auditeurs et les téléspectateurs
09:20mesurent que la charge de la dette,
09:22l'an prochain, ça va être plus 10 milliards ?
09:25Plus 10 milliards, on est à 60.
09:26Et qu'en 2030, ce sera 100 milliards.
09:30On parlait beaucoup des enfants,
09:32mais quel poids on met sur eux pour demain,
09:35si on n'a pas le courage de retrouver un certain nombre
09:39d'équilibres budgétaires, ce ne sera pas facile.
09:41Ça va être un enjeu majeur pour la présidentielle.
09:43Il faut que les Français regardent en face
09:46les réalités de notre pays.
09:48– Donc acceptent que les dépenses de santé
09:51arrêtent d'exploser…
09:52– Je ne parle pas uniquement des dépenses de santé,
09:53je les prends comme exemple.
09:54C'est un problème d'organisation,
09:57et je suis en même temps inquiet,
09:58dans cette période de calcul,
09:59pour la situation dans les hôpitaux, bien évidemment.
10:02– Bien sûr, il y a aussi le sujet
10:05de la dépense de santé, on l'a dit,
10:07et des taxes, vous avez dit,
10:09pas question de revoir le festival des taxes
10:12et des impôts comme lors du dernier budget.
10:14– Oui, nous sommes déjà la médaille d'or
10:17en matière de prélèvement obligatoire.
10:21Nous voyons bien que nos entreprises
10:22sont en état de souffrance actuellement.
10:25Nous voyons le chômage remonter.
10:27Nous voyons les rentrées,
10:29notamment qui viennent de l'activité économique
10:31baisser, il faut se dire
10:33que notre responsabilité,
10:36c'est de permettre à ce pays
10:37de produire, de travailler,
10:40de dégager les moyens de l'investissement.
10:42Or, nous voyons bien,
10:43il y a la crise internationale,
10:45il y a la géopolitique,
10:46mais nous sommes dans un déficit d'investissement
10:49qui se voit partout dans le territoire.
10:52Nous l'évoquions hier
10:53avec le président des départements de France,
10:55c'est une réalité vraiment perceptible
10:59dans la plupart des territoires.
11:01– Gérard Larcher, vous êtes le président du Sénat,
11:03votre candidat c'est Bruno Retailleau,
11:04évidemment le chef de votre famille politique,
11:06il insiste sur tout ce que vous venez d'évoquer.
11:08Est-ce qu'il est à même de fédérer
11:11cette espèce de bloc central
11:12où il y a à la fois Édouard Philippe,
11:14où il y a Xavier Bertrand,
11:15où il y a Nicolas Dupont-Aignan,
11:16Gabriel Attal ?
11:17Qui va l'emporter au finish ?
11:19Et est-ce que le risque ultime n'est pas
11:21qu'il n'y ait personne de ce bloc central au second tour ?
11:23Écoutez, d'abord il a fait un excellent lancement de campagne
11:27au Parc Loral, samedi dernier,
11:29et on était autour de lui,
11:31de Michel Barnier, Valérie Pécresse,
11:33à François Baroin, à Philippe Juvin,
11:35bien sûr moi-même,
11:36et il avait plus de 100 parlementaires.
11:39Maintenant, on a trois candidats,
11:42j'allais dire issus de ce que vous appeliez,
11:45il y a un instant, le bloc central.
11:46– Mais vous n'en avez qu'un vous personnellement ?
11:47Moi, je soutiens Bruno Rutaillot.
11:49– Jusqu'à quand ?
11:50– Mais pas jusqu'à quand, je soutiens Bruno Rutaillot.
11:52Il va présenter son projet aux Français.
11:56Les deux autres candidats les présenteront,
11:57et puis à la fin de l'année,
11:59comme ils ont le sens des responsabilités,
12:02nous savons qu'il faudra, je l'ai dit,
12:05un seul candidat au printemps prochain devant les Français,
12:10parce que je ne me résous pas à voir les deux extrêmes
12:13être présent au deuxième tour.
12:14– Donc ça veut dire qu'un des candidats qui aura fait campagne,
12:16une levée des fonds, mener sa campagne,
12:18va devoir arrêter au mois de janvier
12:20si les fondages lui sont défavorables, Gérard Larcher ?
12:22– Écoutez, il s'agit de la France.
12:23Il ne s'agit pas des comptes de campagne.
12:24Il s'agit de l'intérêt de la France.
12:27Et personnellement, dans l'intérêt de la France,
12:29je pense que les familles du centre et de la droite
12:33devront se retrouver.
12:34– Le centre et de la droite qui n'ira pas jusqu'à l'union des droites,
12:38non, Gérard Larcher ?
12:38– Non, parce que nous n'avons pas le même projet.
12:40Et je crois qu'il faut de la clarification politique.
12:42Avec la gauche et avec l'extrême droite, je pense que…
12:46– Que vous appelez l'extrême droite, non ?
12:47– Oui, oui, que je continue à l'appeler.
12:49– Pour vous, RN, DRC, l'extrême droite ?
12:50– Je considère qu'elle est dans la République,
12:52parce qu'ils ont des élus, mais je ne suis pas en accord
12:55et leur projet n'est pas le mien.
12:57– D'accord, mais entre choisir au second tour
12:59entre RN et LFI, vous faites quoi, vous, Gérard Larcher ?
13:02– Eh bien, moi, je ferai tout pour que ce soit ce choix-là.
13:05– J'étais sûre que vous me répondriez à ça.
13:06Mais il y a un moment, comme vous dites,
13:08il faut prendre ses responsabilités.
13:09– Oui, mais je verrai le moment venu.
13:10Mais mon combat…
13:11– Vous prenez le risque de voir passer Jean-Luc Mélenchon ?
13:13– Mon combat, c'est que le centre et la droite
13:17soient présents en deuxième tour et l'emportent.
13:18C'est tout le sens de mon engagement.
13:20– Donc vous ne voulez pas choisir aujourd'hui ?
13:21– C'est mon engagement.
13:23J'ai choisi de soutenir Bruno Retailleau.
13:24Je soutiendrai celui qui représentera ses familles
13:28et je pense qu'on pourra l'emporter.
13:31– Mais la France insoumise est pour vous un véritable danger ?
13:35– Oui, parce que, si vous voulez…
13:37– Sur quel plan, exactement ?
13:39– La France insoumise, dans son appel à communautarisme,
13:43à l'antisémitisme, y compris dans ses dernières manifestations,
13:49pour moi, est sortie de la République,
13:52est sortie des valeurs de la République.
13:54Pas sortie de la République, ils sont des élus,
13:56mais sortie des valeurs de la République telles que je les imagine.
14:00Donc mon combat est total.
14:01– Et vous n'êtes pas candidat, ça vous donne une vraie liberté.
14:04– Ah, je ne suis que candidat,
14:07si mes collègues me font confiance, à la présidence du Sénat.
14:10– Avec une séquence d'élections sénatoriales
14:12qui redémarre dès le 27 septembre
14:13et donc vos collègues, pour partie, entrent en campagne, c'est ça ?
14:17– La moitié du Sénat est renouvelée,
14:19c'est très important, à partir du corps des élus locaux.
14:22Et le corps des élus locaux, ça exprime souvent
14:24ce que pensent les citoyens.
14:25Ils viennent d'être élus ou réélus.
14:28L'élection sénatoriale, c'est une prise de pouls
14:31avec le territoire, c'est la prise de pouls du territoire.
14:34C'est donc une élection éminemment politique,
14:36éminemment importante,
14:37qui va permettre à la moitié des sénateurs
14:40d'être renouvelés.
14:43Et je dois dire qu'on voit le rôle du Sénat aujourd'hui,
14:46alors qu'il n'y a pas de majorité à l'Assemblée nationale.
14:48C'est la seule institution stable,
14:50on a une responsabilité,
14:52notamment pour les mois qui viennent.
14:54– Jean-Alard, j'ai une question qui concerne
14:55la liberté d'expression qui est si chère à notre pays.
14:58Hier, dans le Figaro, Maxime Saada,
15:01qui est notre patron, le patron du Canal+,
15:02s'est ému de cette mise en demeure de l'ARCOM
15:06envers CNews.
15:07Il estime que c'est une brèche
15:09dans le paysage audiovisuel français
15:11et que, évidemment, l'ARCOM
15:14inscrit parmi les torts de la chaîne
15:15la mise en cause répétée de l'action de l'exécutif.
15:18Ainsi donc, on pourrait sanctionner une chaîne
15:19parce qu'elle dirait du mal du pouvoir en place.
15:21Est-ce que ça vous semble conforme
15:23à ce qu'est la démocratie
15:24et la liberté d'expression dans la démocratie ?
15:26– L'ARCOM est une autorité indépendante.
15:30L'indépendance nécessite une exigence d'impartialité.
15:35L'ARCOM, c'est un régulateur, pas un censeur.
15:39Donc, voilà comment je vois les choses.
15:41Je souhaite, par exemple, que l'ARCOM…
15:43– Là, on parle de censure.
15:44– Oui, oui.
15:45En tous les cas, je pose la question.
15:47Elle est régulateur, oui, censeur, non.
15:49Et j'aimerais bien que l'ARCOM regarde du côté de Terranova aussi,
15:52quand on regarde les messages qui sont passés.
15:54– Donc, il y a des œillères en fonction des médias ?
15:57– Non, je pense qu'ils sont en train de le regarder,
15:58mais je le rappelle.
15:59– Mais on sait aussi que l'ARCOM…
16:01– Bon, tout ça vient d'une décision du Conseil d'État.
16:05Il va falloir se poser un certain nombre de questions.
16:07– Sur le Conseil d'État ?
16:08– Pas sur le Conseil d'État.
16:09– Réformer le Conseil d'État ?
16:11– Mais se poser la question sur la liberté d'expression
16:14et sur la technique de régulation.
16:16– Maxime Sadin envisage le fait qu'on veuille fermer ces news
16:19comme on a fermé ces 8.
16:21Et est-ce qu'il y a un problème démocratique ?
16:23Est-ce que vous le voyez, ce problème démocratique ?
16:25– Écoutez, moi, a priori, je fais confiance à l'autorité indépendante.
16:28– Et vous êtes le second personnage de l'État, je le rappelle.
16:30– Oui, je fais confiance à l'autorité indépendante.
16:33Je rappelle que sa mission, c'est d'être régulateur.
16:36Et naturellement, je tiendrai le moment venu avec le président de l'ARCOM,
16:40pas simplement sur ce sujet-là, mais sur d'autres.
16:44L'indépendance, il doit la subir, mais j'ai quand même un droit
16:48par rapport à l'indépendance de demander des explications.
16:50– Et la liberté d'expression, évidemment, a le droit de vivre dans ce pays.
16:53– Essentiel, elle est consubstantielle à la démocratie.
16:56– Très bien.
16:57Il y a une fondamentale mise au pas de l'audiovisuel français, selon vous,
16:59qui émanerait des plus hautes dirigeants de notre pays ?
17:03Il y a une volonté de fermer cette chaise ?
17:04– Je ne crois pas, je vois les tensions, y compris entre les parlementaires,
17:09sur ce sujet, je pense qu'il faut raison garder et rappeler
17:14qu'une autorité indépendante, elle a une exigence, c'est l'impartialité.
17:18– Et que les Français ont le droit de regarder toutes les chaînes en toutes les valeurs.
17:22– Dans leur diversité, à la condition naturellement
17:25qu'on reste à l'intérieur des valeurs de la République.
17:27– Absolument, et dans les règles de la loi, on est en direct.
17:30– Bien sûr, et à l'intérieur des valeurs de la République.
17:31– Dernière question, Gérard Laché, vous croyez à cette petite musique
17:33de la dissolution qu'on entend ?
17:35Le Président, peut-être, voudrait dissoudre avant l'élection présidentielle.
17:39– Je ne sais quelle raison t'as dit qu'il faut être raisonnable.
17:41– Je crois qu'il faut être raisonnable.
17:42On a un souvenir d'il y a deux ans, qui me semble suffisamment éclairant,
17:47qui a déstabilisé encore un peu plus notre pays.
17:52Donc si le Président de la République venait à me téléphoner, j'espère qu'il sera…
17:56– Ce qu'il ne l'a pas fait la dernière fois ?
17:57– Si, si, il l'a fait, mais une minute trente.
17:58– Un peu tard.
17:59– J'espère que ce serait un peu plus long.
18:00– Une minute trente avant l'annonce ?
18:01– Mais allez, soyons raisonnables.
18:04Toutes les institutions, tous ceux qui l'incarnent doivent être raisonnables.
18:08Je sens mon pays tellement fragile, tellement parfois effaré.
18:11On évoquait le drame de Liana ou de Rosa.
18:15Par rapport à cet effarement, nous avons besoin d'essayer de retrouver avec eux
18:19la confiance, la vérité, une forme de solidité et non pas des rumeurs, des pulsions.
18:27J'allais dire la raison.
18:29C'est Boissy d'Anglase qui disait ça en créant le Conseil des Anciens.
18:33Vous savez ce qu'est devenu le Sénat.
18:35Il faut des lieux de raison et non pas des lieux de pulsions.
18:38– Une dernière question, Gérard Larcher, on a parlé de la justice.
18:40Le 7 juillet prochain, nous serons fixés sur la décision de la justice
18:44concernant Marine Le Pen.
18:45Vous seriez choqués, elle a été rendue inéligible.
18:48– Écoutez, j'ai dit tout à l'heure qu'il fallait avoir confiance dans la justice.
18:51J'ai dit qu'il ne fallait pas que la justice se transforme en corporatisme.
18:55On va attendre la décision de justice et nous en tirerons les conclusions.
19:00– Mais ça changerait la phase de l'élection présidentielle ?
19:02– Écoutez, il y a une procédure, elle est en cours.
19:05Est-ce que ça, naturellement, le changement de candidat
19:09dans une famille politique ?
19:11Nous en savons quelque chose dans notre famille.
19:14J'ai quand même des souvenirs de, parfois, une justice qui a été assez rapide.
19:20– Vous parlez de François Fillon, j'imagine.
19:21– Voilà, donc on se donne le temps, on regarde et on verra l'8 juillet au matin.
19:25– Et peut-être mettre de l'ordre dans votre famille politique
19:27pour éviter qu'on assiste au retour de la droite la plus bête du monde, Gérard Larcher ?
19:31– Écoutez, je disais tout à l'heure qu'au parc floral autour de Bruno Retailleau,
19:36il y avait un vrai rassemblement.
19:37Ce vrai rassemblement va faire que Bruno Retailleau présentera son projet aux Français.
19:42On verra leurs réactions.
19:44Et puis ensuite, il nous faudra que l'ensemble des familles politiques…
19:48– À l'hiver, l'hiver venu.
19:49– Voilà.
19:50Et la bise sera peut-être revenue, mais une bise portante.
19:54– Merci beaucoup.
19:55– Vers le printemps.
19:55– Gérard Larcher, d'être bonne nous ce matin sur CNews et sur Europe 1.
19:58– Merci Laurence Gérard.
19:59– Sous-titrage ST' 501
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