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Marion Maréchal, présidente du mouvement Identité-Libertés et eurodéputée, était l’invitée de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview au CNews et Européens, c'est Marion Maréchal.
00:03Bonjour à vous.
00:04Bonjour.
00:05Eurodéputé Identité et Liberté.
00:06Bruno Retailleau, président des LRT hier soir, a notre invité.
00:10Il est candidat à la présidentielle.
00:11Il lance un avertissement aux électeurs du RN.
00:13Pour la neuvième fois, le nom des Le Pen figura sur les bulletins de vote.
00:16Et pour la neuvième fois, ce sera un échec.
00:18Qu'est-ce que vous lui répondez, Marion Maréchal ?
00:20Vous qui avez publié chez Fayard, Si tu te sens Le Pen.
00:23Je trouve ça un peu culotté, si vous voulez.
00:24Parce que pour moi, le véritable échec, c'est ceux de tous les gouvernements successifs
00:27auxquels il a appartenu, qui nous ont conduit dans un désastre inédit
00:30sur le plan budgétaire, économique, sécuritaire, migratoire.
00:33Et je tiens à rappeler à M. Bruno Retailleau que s'il y a une telle longévité du...
00:36Il n'a pas participé à un seul gouvernement.
00:37Oui, d'accord, de fait.
00:39Et s'il y a une telle longévité du non-Le Pen, je veux dire, dans la vie politique française,
00:43c'est parce que les Français en ont décédé ainsi,
00:45parce que les Français ont vu à travers ce nom un recours, voyez-vous,
00:48à toutes les trahisons de la droite à laquelle M. Bruno Retailleau appartient.
00:51Cette droite qui a eu de cesse de trahir encore et encore,
00:54en s'alliant systématiquement à la gauche et au centre,
00:57précisément d'ailleurs pour battre les Le Pen au second tour.
01:00Voilà, donc je pense qu'il ferait mieux de tourner neuf fois sa langue dans sa bouche
01:03avant de parler de ses neufs échecs.
01:05Les Le Pen, c'est donc la dynastie Le Pen que vous évoquez, Marc-Marc-Marc.
01:08Mais ce n'est pas une question dynastie.
01:09On a l'impression que le bulletin de vote avec le non-Le Pen est une sorte de coup d
01:12'État.
01:12Voilà, c'est les Français qui ont décidé de faire en sorte qu'aujourd'hui,
01:15par millions, ils font confiance à ce nom qui incarne, c'est vrai, à certains égards,
01:19une forme de patriotisme, de courage, de constance, de capacité à voir loin, malgré tout.
01:24Parce que je rappelle qu'avant Marine Le Pen, on accordera à Jean-Marie Le Pen
01:27d'avoir anticipé un certain nombre de grands défis qui se dressent face à nous aujourd'hui.
01:31Et moi, j'aimerais qu'on appelle à une forme de cohérence.
01:34J'ai écouté en effet Bruno Retailleau hier sur votre émission,
01:37qui dit jamais, au grand jamais, je ne rallierai Édouard Philippe et son parti Horizon,
01:41je ne ferai d'alliance avec le centre parce que moi je suis la vraie droite.
01:44Alors je m'interroge, pourquoi a-t-il sur sa liste aux élections sénatoriales en Vendée
01:48un candidat Horizon d'Édouard Philippe, un candidat centriste UDI, un candidat centriste
01:52Il a répondu à cette question en disant que ce qui se passe à l'échelon local n'est pas
01:55à l'échelon national.
01:56Bien sûr. Et donc c'est avec ces gens-là qu'on va faire la grande rupture et la vraie
01:59droite.
01:59Oui d'accord.
01:59Alors ça veut dire que vous ne lui tendez plus la main.
02:01Le 21 juin dernier, à ce micro, vous lui disiez ne pas comprendre idéologiquement ce qui vous sépare tous les
02:07deux.
02:07Si, mais j'appelle à la cohérence précisément parce que quand on a Bruno Retailleau qui tient le discours qu
02:11'il a tenu hier,
02:12d'ailleurs pour une grande partie, qui sont des propositions que font le camp national depuis très longtemps,
02:16notamment sur la réforme constitutionnelle sur l'immigration.
02:19Bon, écoutez, je vois les alliances qu'il fait au niveau local et qu'il a fait jusqu'ici au
02:24sein du gouvernement
02:25et qu'il fera peut-être demain, je ne l'espère pas, au niveau national.
02:28Bon, j'interroge la cohérence et je pense qu'à un moment donné, quand on s'est remêlé dans les
02:32mains du centre,
02:33on mène une politique du centre.
02:34Est-ce que vous avez aussi toujours cette volonté d'union des droites ?
02:38À qui tenez-vous la main, si ce n'est plus au LR ?
02:41Qui seraient vos futurs éventuels alliés ?
02:43Je n'ai pas dit que je ne tendais pas la main.
02:45J'ai dit qu'à un moment donné, il fallait être cohérent.
02:47Et que manifestement, si Bruno Retailleau trouve plus d'énergie pour attaquer la candure de Marine Le Pen
02:53plutôt que de celle, en effet, des macronistes ou de la gauche, il se trompe d'adversaire.
02:57Maintenant, si demain Bruno Retailleau se mettait en cohérence avec ses convictions
03:01et voulait rejoindre la majorité du camp national,
03:02il serait évidemment le bienvenu, évidemment.
03:04Je pense qu'il n'y en a pas l'attention.
03:05Je le crois aussi, malheureusement.
03:07Un mot de Sarah Knafo, elle lance un appel au dialogue, pareil,
03:10avec un union qui respecte les convictions de chacun.
03:14Mais elle estime quand même qu'on a le sentiment, dit-elle,
03:16que maintenant on est retour au marinisme le plus pur,
03:19axé sur des propositions socialisantes.
03:22Oui, mais écoutez, j'ai écouté en effet ce qu'avait dit Sarah Knafo,
03:26en expliquant qu'elle pourrait être demain ministre dans un gouvernement de Jordan Bardala
03:29derrière Marine Le Pen.
03:30Mais à un moment donné, pareil, je veux dire.
03:32Moi, je n'ai pas oublié que Sarah Knafo, c'est une femme qui s'est désistée
03:34pour la ministre macroniste Rachida Dati à Paris.
03:37Donc, ce n'est pas tout à fait la même chose.
03:38Une ministre LR plutôt, Rachida Dati, n'est pas LR ?
03:41Excusez-moi, c'est une ministre d'Emmanuel Macron.
03:43Et puis, pour le coup, de longue date.
03:45Et avec un bilan en tant que ministre de la Culture
03:47qui est quand même assez déplorable, notamment sur l'audiovisuel public.
03:50Et donc, c'est vrai qu'à un moment donné, c'est toujours la même chose.
03:53Si demain, Sarah Knafo voulait avoir l'ambition de rejoindre le camp national,
03:57c'est le moment de le montrer et de soutenir Marine Le Pen pour être en cohérence.
04:00D'accord. Il y a aussi vos alliés, Eric Ciotti, par exemple, allié de Marine Le Pen.
04:05Il propose un pacte d'alliance en insistant sur sa volonté de convaincre Marine Le Pen
04:09sur quelques points sur lesquels il n'est pas d'accord.
04:11Son programme économique, notamment retraite par capitalisation,
04:14allègement de la fiscalité sur les successions.
04:16Il y a des points de convergence qu'il va falloir trouver avec Eric Ciotti ?
04:20Non, mais de toute façon, bien évidemment,
04:21moi, j'en parle d'autant plus librement que je suis une alliée aujourd'hui du Rassemblement national
04:25et j'ai, on va dire, ma propre singularité sur un certain nombre de sujets.
04:29Mais une fois de plus, c'est le propre même d'une coalition,
04:31c'est de rassembler des gens qui ont parfois des sensibilités complémentaires.
04:34C'est ce que nous faisons, notamment, évidemment, avec Eric Ciotti,
04:38mais pas seulement, parce que si nous devons demain construire une majorité,
04:41notamment législative, il faudra bien sûr nous élargir
04:43et trouver une manière de travailler ensemble en nous accordant sur l'essentiel.
04:47Et l'essentiel qui nous rassemble aujourd'hui, me semble-t-il,
04:49c'est évidemment la défense de l'identité et de la souveraineté française.
04:52Et puis des grands principes économiques, bien sûr,
04:54ne pas augmenter les impôts, protéger le pouvoir d'achat des classes populaires
04:58et des classes moyennes, faire en sorte de lutter contre la bureaucratie, notamment.
05:03Alors Marine Le Pen aura l'occasion, d'ailleurs, tout au long de cette campagne,
05:05de développer son programme.
05:08Et ce qui est sûr, c'est qu'elle se bat pour que le travail paie mieux.
05:11Parce que dans le programme de Marine Le Pen, il y a la volonté de baisser les charges sur les
05:14salaires,
05:14notamment en réduisant la gabegie, le train de vie de l'État.
05:18Et ça, ça me semble être la mesure la plus juste qui soit.
05:20Mais quelle est votre conviction ? Est-ce qu'il faut travailler plus ?
05:22Est-ce que les Français doivent travailler plus, ne serait-ce que pour financer le système des retraites ?
05:25Ma conviction, je l'ai toujours défendue, puisque moi, j'ai défendu une réforme des retraites
05:30qui était plutôt pour un allongement de la durée de cotisation.
05:33Donc là-dessus, je suis totalement transparente.
05:36Mais à un moment donné, si vous voulez, parce que là, l'objet n'est pas dans cette présidentielle
05:41de défendre la position de Marion Maréchal.
05:43L'objet, c'est de savoir pourquoi j'ai fait le choix de soutenir Marine Le Pen.
05:46J'ai fait le choix de soutenir Marine Le Pen parce que je considère que, vous voyez,
05:48dans la vie, il y a des sujets réversibles et des sujets irréversibles.
05:52Il y a des soins plus ou moins urgents.
05:53Et je considère que l'un des sujets irréversibles qui s'avancent, c'est celui de la démographie,
05:57c'est celui du grand remplacement de la population française,
06:00c'est celui de l'islamisation de notre société, celui de la menace islamiste.
06:04Et là-dessus, Marine Le Pen a une réponse qui est, pour moi, tout à fait satisfaisante.
06:09Et c'est pourquoi je suis à ses côtés, moyennant par ailleurs, une fois de plus,
06:12des accords économiques sur les grands principes dont je vous ai parlé tout à l'heure.
06:15Maintenant, évidemment, moi, mon objectif, c'est non seulement de faire en sorte
06:18que Marine Le Pen soit du président de la République,
06:19que Jordan Bardella ait la plus large majorité possible à l'Assemblée,
06:23de faire en sorte, bien sûr, que le courant, ou qu'elle, je crois, soit représentée,
06:27d'ailleurs, demain, à l'Assemblée nationale, aux côtés de ses alliés.
06:29Et demain, j'ai envie de vous dire, de défendre aussi l'idée d'un troisième tour européen.
06:33C'est-à-dire quoi ?
06:34C'est-à-dire, en fait, potentiellement, une grande alliance,
06:37Giorgia Meloni en Italie, Marine Le Pen en France,
06:39c'est-à-dire un nouveau couple franco-italien
06:41qui permettrait de réorienter l'Union européenne.
06:43Et ça, je vais aussi y travailler, parce que Giorgia Meloni est aujourd'hui une de mes alliés.
06:46En mettant de côté l'AFD, Alternative pour l'Allemagne,
06:50qui a remporté une victoire dans un land ce week-end ?
06:53Oui, l'AFD, en l'occurrence, n'est ni un allié du RN,
06:58ni un allié du groupe auquel j'appartiens.
06:59Maintenant, c'est quand même une leçon, ces élections allemandes,
07:02parce qu'on voit que le gouvernement allemand, depuis des années,
07:04multiplie les mesures liberticides pour tenter d'endiguer, finalement, leur progression.
07:08Et quand il y a, en fait, une aspiration légitime d'un peuple
07:11à une protection face à l'immigration de masse et au déclassement,
07:14on voit bien que rien ne l'arrête.
07:15Et ça devrait donc servir de son à tous les macronistes,
07:17je pense notamment à Aurore Berger,
07:19qui aujourd'hui ont des tentations liberticides de censure,
07:23notamment sur les réseaux sociaux et dans le débat public,
07:25pour empêcher le corps national de progresser.
07:27Je crois que, manifestement, ce n'est pas la bonne solution.
07:29Revenons d'un mot sur l'immigration.
07:31Hier, vous l'avez écouté, le président des LR, Bruno Retailleau,
07:33prend un engagement.
07:35S'il accède à l'Elysée, il abolira le droit du sol.
07:37C'est vrai que c'est une mesure aussi proposée par Marine Le Pen.
07:40Après un référent bonhomme pour elle,
07:42accès à la nationalité sur critères mérite et assimilation.
07:45Vous approuvez ?
07:46Donc, vous êtes sur la même ligne.
07:47J'approuve d'autant plus que, je veux dire,
07:49je le défendais, moi, personnellement, déjà, il y a 15 ans,
07:51Marine Le Pen depuis trois présidentielles,
07:53et avant elle, Jean-Marie Le Pen il y a 50 ans.
07:56Donc, très bien.
07:57Voilà.
07:58Mais une fois de plus, est-ce que les gens...
08:00Ça ne règle pas le problème de l'immigration, on est d'accord.
08:02Évidemment, mais c'est de toute façon...
08:04C'est 36 000 nationalisations.
08:04Le sujet de l'immigration ne peut être qu'une réponse transversale,
08:07une transversale, un bloc de mesures,
08:09et notamment qui passera, bien sûr, par une réforme constitutionnelle.
08:12Et c'est pour ça que nous voulons remettre ce sujet
08:14entre les mains des Français à travers aussi un référendum.
08:17Mais une fois de plus, je veux dire,
08:18au-delà des positions de campagne,
08:21et moi, je ne remets pas en cause la sincérité de Bruno Retailleau,
08:24encore faut-il se donner aussi les moyens politiques et humains
08:26de mettre en place cette politique.
08:28Et c'est vrai que les choix qui ont été faits par Bruno Retailleau jusqu'ici
08:30dans ses alliances l'ont condamné à l'impuissance.
08:33Et les résultats, malheureusement, sous son ministère,
08:35comme avant lui et ses successeurs,
08:37sont déplorables de ce point de vue.
08:38Il n'avait pas les moyens, dit-il, de mettre en oeuvre la politique.
08:40Alors pourquoi avoir accepté d'être ministre ?
08:42Il en est parti, comme vous le savez.
08:43Un tout petit mot du voyage en Angleterre de Jordan Bardella,
08:46qui a signé avec Nigel Farage un protocole d'accord symbolique,
08:51prévoyant en cas de victoire des deux parties
08:53un renvoi des migrants secourous dans les eaux britanniques
08:55directement vers la France.
08:56C'est une bonne idée, Mario Maréchal ?
08:58Alors moi, je me suis un peu amusée de cet épisode
09:00parce que j'ai vu d'un coup une espèce d'offensive coordonnée
09:02de Gabriel Attal, d'Edouard Philippe, de Valérie Pécresse,
09:05de Xavier Bertrand.
09:06Là, vous savez, c'est les quatre cavaliers de l'apocalypse migratoire
09:09qui sont arrivés et qui ont fait des postes
09:11pour expliquer aux Français que si Jordan Bardella
09:14était au gouvernement et Nigel Farage au pouvoir,
09:16la France serait noyée par l'immigration.
09:18Enfin, je veux dire, on se moque du monde.
09:20On se moque du monde.
09:21Moi, j'ai regardé évidemment en détail cet accord.
09:23C'est un accord qui dit quoi ?
09:24Que si demain, Nigel Farage était au pouvoir
09:25et le RN au pouvoir en France,
09:27il y aurait une coopération resserrée de ces deux pays
09:30en vue d'une politique migratoire
09:32beaucoup plus ferme qu'aujourd'hui,
09:33non seulement dans l'identification, l'interception
09:35et le renvoi des immigrés vers leur pays d'origine
09:38avec un signal qui est clair,
09:40qui est de dire nous voulons tarir les flux.
09:42Ça veut dire faire passer le message
09:43à tous ceux qui veulent tenter de traverser la Manche
09:45et passer par la France
09:46que s'ils font ça, ils n'arriveront jamais en Angleterre.
09:48Mais il est bien prévu que quand on vous prend
09:50dans les eaux britanniques, on vous renvoie en France.
09:52Mais pour une raison très simple.
09:53Et non pas en Grande-Bretagne.
09:54Pour une raison très simple, en fait,
09:55et parfaitement cohérente.
09:57Parce que tout ça va évidemment
09:58avec le renvoi systématique.
09:59C'est que si vous envoyez le signal à ces migrants
10:01que s'ils tentent cette traversée,
10:03ils n'arriveront jamais en Angleterre,
10:04ils ne viendront plus en France.
10:05Voilà.
10:05Et le problème aujourd'hui,
10:07c'est que les accords du Touquet
10:08tels qu'ils fonctionnent,
10:09avec un manque de volonté politique manifeste,
10:11fait que ces migrants savent
10:13qu'ils peuvent tenter cette traversée
10:15parce que la plupart du temps,
10:16ils arriveront sur les côtes anglaises.
10:17Voilà.
10:18Et donc là, évidemment,
10:18l'objectif est de faire quelque chose
10:19qui soit parfaitement cohérent
10:21pour éviter que les habitants de Calais
10:22continuent de vivre l'enfer
10:23qu'ils vivent aujourd'hui.
10:25Mais une fois de plus,
10:25c'est quand même assez savoureux
10:27de recevoir des leçons,
10:28notamment de Xavier Berthold.
10:29Mais c'est intéressant de noter
10:30que vous défendez effectivement
10:31la position du RN
10:33et que Jordan Berdella, lui,
10:34ne s'en est pas expliqué.
10:35Comment vous l'expliquez, pour le coup ?
10:38Pourquoi n'a-t-il rien dit à propos ?
10:39Pour le coup, il a expliqué le contenu.
10:42Mais ça paraît tellement évident
10:44que Jordan Berdella
10:45n'est pas pour l'aggravation
10:46de la politique migratoire en France.
10:48Quand on dit les choses,
10:49c'est pas mal.
10:49Honnêtement, à un moment donné,
10:50je trouve que c'est une attaque
10:51d'une mauvaise foi absolue.
10:52Mais les choses sont très claires
10:53et je trouve cet accord cohérent
10:55et je ne vois pas pourquoi
10:56il a suscité une telle mauvaise foi,
10:59notamment venant de journalistes de gauche,
11:00disons-le quand même.
11:01Entre vous et Jordan Berdella,
11:02comment est-ce que vous qualifériez
11:04les relations ?
11:05On murmure qu'il aurait pris ombrage
11:07de la place que vous allez prendre
11:08dans le dispositif présidentiel
11:09de Marine Le Pen.
11:10Vrai ou pas ?
11:10Oui, j'ai vu, vous savez,
11:12les différentes déclarations
11:13dans la presse.
11:14Je crois qu'il vaut mieux
11:14s'informer en l'occurrence
11:15sur CNews que dans Libération.
11:17Mais il y a une chose
11:17dont je suis absolument convaincue,
11:19c'est qu'Uni,
11:20rien ne pourra nous arrêter.
11:21Voilà, et ça,
11:21Jordan Berdella le sait,
11:22Marine Le Pen le sait,
11:23je le sais,
11:24qu'évidemment,
11:25rien ne serait pire
11:26que la division
11:28et que personne n'a l'intention
11:29de vouloir nuire
11:30à la campagne de Marine Le Pen.
11:31Maintenant, vous savez,
11:32je sais aussi comment ça fonctionne.
11:33Plus Marine Le Pen
11:34sera haut dans les sondages,
11:35plus la victoire se rapproche,
11:36plus nos adversaires
11:37vont tenter d'aggraver
11:38ou de vouloir
11:39provoquer une division.
11:41Jordan Berdella,
11:42Marion,
11:43Marine Le Pen,
11:44Jordan Berdella.
11:45Vous savez,
11:45je suis la vie politique italienne,
11:46c'est la même chose
11:47pour Giorgia Meloni
11:47qui rejoue son élection
11:48en ce moment.
11:49Voilà, donc à nous
11:50d'être dans une responsabilité
11:51collective,
11:52nous devons cela aux Français,
11:54mais je n'ai pas d'inquiétude
11:55parce qu'une fois de plus,
11:55je sais que Jordan,
11:56comme moi,
11:56nous voulons la victoire de Marine.
11:57Donc tout va très bien
11:58entre vous et Jordan Berdella ?
12:00Mais vous le verrez,
12:01la campagne va très bien se passer,
12:02nous allons faire les choses...
12:03Ça commence de façon
12:04un peu théotique.
12:04Nous allons faire les choses
12:05par étapes,
12:06mais aussi parce qu'on voit bien
12:07le petit jeu des adversaires.
12:08Vous venez de parler
12:09des accords
12:09qui ont suscité un scandale
12:11complètement infondé
12:13sur la signature de Jordan.
12:14En tout cas,
12:15moi, ce qui est sûr,
12:15c'est que je serai aux côtés
12:16de cette campagne
12:17pour faire en sorte
12:17que tout aille pour le mieux
12:18et que nous gagnons
12:19en avril prochain.
12:20Quelle place
12:20dans le dispositif présidentiel
12:21de Marine Le Pen ?
12:22La rentrée du RN,
12:24c'est le Touquet samedi,
12:25par exemple,
12:26parce que vous allez prononcer
12:27un discours,
12:27Marion Maréchal ?
12:28Alors, je ne serai pas
12:29au Touquet samedi
12:29parce que je suis amenée
12:31à être en Italie,
12:31figurez-vous,
12:32à ce moment-là.
12:33Pour une raison simple,
12:34je vous le disais à l'instant,
12:35c'est que vous m'interrogez
12:36sur le rôle que je vais jouer.
12:38Aujourd'hui,
12:38mon groupe est allié
12:39à celui de Georgia Meloni
12:40et notamment dans le travail
12:41que je veux réaliser,
12:42c'est faire en sorte
12:42de rapprocher
12:43ces deux forces politiques
12:44pour qu'elles puissent converger
12:45et travailler ensemble
12:46potentiellement demain
12:47au Conseil européen.
12:49Voilà.
12:49Maintenant, évidemment,
12:50que je serai présente
12:51aux grands événements
12:52de cette campagne
12:53et que je ferai tout
12:55sous diverses formes
12:56dans les médias,
12:56sur le terrain,
12:57pour que Marine Le Pen gagne
12:58et pour que Jordan Bardella
12:59ait une majorité
13:00à l'Assemblée nationale.
13:01Ça veut dire
13:01que vous n'aurez pas
13:02de place précise,
13:03officielle,
13:03dans le dispositif
13:04de Marine Le Pen ?
13:05Ou est-ce que vous serez
13:05parmi les porte-parole ?
13:07Vous avez votre identité ?
13:08Je ne résonne pas
13:09en termes de rôle,
13:10je résonne en termes
13:11de mission.
13:12La mission qui est la mienne,
13:13elle est simple.
13:14Aujourd'hui,
13:14je suis un allié du RN
13:15avec son autonomie,
13:17avec sa singularité.
13:18C'est vrai au niveau européen,
13:19c'est vrai au niveau français.
13:20Je suis là pour faire en sorte
13:21d'aller aussi convaincre
13:22des Français
13:23qui ne le sont pas encore
13:24et incarner aussi
13:25une sensibilité
13:26au sein du corps national.
13:27Bon, ben voilà,
13:28je vais le faire
13:28avec toute l'énergie
13:29qui est la mienne.
13:30Je n'ai pas besoin
13:30d'un statut
13:31ou d'une fonction
13:32ou d'un titre pour ça.
13:33Je pense que tout le monde
13:34aura compris
13:35que pour le coup,
13:36Marine Le Pen
13:36me fait confiance aussi
13:38parmi d'autres
13:38pour pouvoir être à ses côtés.
13:40Et que ce qui s'est passé
13:41en 2022 a été oublié.
13:44C'est-à-dire votre aliment
13:45Éric Zemmour ?
13:46Oui, oui,
13:46mais parce que si vous voulez,
13:47de fait,
13:48à un moment donné,
13:48Marine Le Pen,
13:49elle a une stature
13:49de chef d'État.
13:50Donc, elle est là aussi
13:51pour rassembler.
13:52Elle voit bien le travail
13:53aussi que j'ai mené
13:54depuis deux ans.
13:56Elle sait aussi
13:56les raisons pour lesquelles
13:57à l'époque,
13:58j'avais rallié Éric Zemmour
13:59pour des raisons aussi
14:00de cohérence idéologique
14:02à l'époque.
14:03Et elle a bien vu
14:04que même quand j'étais
14:05d'ailleurs chez Reconquête,
14:06c'est ce qui m'a valu
14:07l'exclusion,
14:08j'ai toujours fait en sorte
14:09de vouloir travailler
14:10avec le Rassemblement national
14:11et non pas en faire
14:12un adversaire prioritaire.
14:13On va parler aussi
14:14quand même de pouvoir d'achat.
14:15C'est la préoccupation
14:16principale des Français.
14:17On le voit
14:17dans tous les instituts
14:18de sondage.
14:19Le prix de l'essence
14:20flambe à nouveau
14:21en raison de la situation
14:21au Moyen-Orient.
14:22Est-ce qu'il y a
14:23une baguette magique ?
14:24Qu'est-ce qu'on peut faire
14:25pour aider les Français
14:26à gagner un peu plus d'argent
14:27et que leur pouvoir d'achat
14:28soit revalorisé ?
14:29Non, il n'y a pas
14:30de baguette magique.
14:31Par contre, il y a en fait
14:32un plan cohérent
14:34à la fois d'économies
14:35sur le train de vie de l'État,
14:36à la fois des dérives
14:38aujourd'hui que nous pouvons connaître
14:39sur les dépenses d'assistanat,
14:41à la fois sur la politique
14:41d'immigration qui aujourd'hui
14:42est extrêmement coûteuse
14:44et qui devrait permettre à terme,
14:45j'en ai parlé
14:45au début de cette émission,
14:46de baisser notamment
14:47les charges sur les salaires,
14:48de rapprocher le bruit du net
14:50pour faire en sorte
14:52de rendre du pouvoir d'achat
14:53par le travail
14:54et pas comme on le fait
14:55aujourd'hui systématiquement
14:56à travers des niches,
14:57des déductions fiscales,
14:59des chèques, des tickets
15:01qui en fait, on se rend compte,
15:02sont extrêmement coûteux
15:03sur le plan bureaucratique.
15:05Donc c'est tout l'objectif
15:06d'ailleurs du programme
15:07de Marine Le Pen
15:07qui sera présenté
15:08d'ici quelques semaines.
15:09Je ne peux pas trop m'avancer
15:10à sa place sur ce point de vue.
15:10Avec toujours cette volonté
15:12de baisser les taxes
15:13sur le carburant
15:14et de redonner un peu
15:15un bol d'air aux automobilistes ?
15:17Évidemment.
15:17D'ailleurs, je pense
15:18qu'on pourra accorder
15:19à Marine Le Pen
15:19pour le coup
15:20d'avoir été la première
15:21à être à l'offensive
15:22sur ces sujets énergétiques.
15:24On avait parlé
15:25du grand plan climatisation.
15:26Elle s'était faite railler
15:27pour cela
15:28et puis tout le monde
15:28s'y est finalement rallié.
15:30Et elle avait été la première
15:31à défendre cette idée
15:32de baisse des charges diverses
15:34sur l'essence
15:35pour permettre évidemment
15:36de rendre du pouvoir d'achat,
15:37moyennant un certain nombre
15:38d'économies
15:39qui seront là encore révélées
15:40dans les semaines à venir.
15:40Marion Maréchal,
15:41on est sur CNews
15:41et sur Europe 1,
15:42vous parlez du programme économique
15:44du RN
15:44qui n'a pas encore été finalisé.
15:46On voit pour l'instant
15:47assez peu
15:47où sont les coupes
15:48dans les dépenses publiques.
15:49On voit bien
15:50les postes de dépense,
15:52éventuellement les baisses de taxes,
15:53mais où est-ce qu'on coupe ?
15:54Dans la fonction publique ?
15:55Dans l'État profond ?
15:56Tout ça n'est évidemment
15:57pas quantifié
15:58parce que ce n'est pas très populaire.
15:59Non, mais ce n'est pas ça.
15:59Si vous voulez,
16:00c'est qu'en fait
16:00nous sommes au mois de septembre
16:01et que Marine Le Pen
16:02commence à pète
16:03et débute à peine sa campagne.
16:04Maintenant,
16:04elle fait quand même
16:05de la politique
16:05depuis un certain temps
16:06et ils ont proposé
16:07l'année dernière
16:07un contre-budget
16:08qui était extrêmement détaillé.
16:09Donc des coupes,
16:10évidemment qu'il y en avait
16:11puis qu'ils avaient proposé
16:12plusieurs dizaines de milliards
16:13d'économies
16:14et elle a parlé au MEDEF récemment.
16:15Donc là-dessus,
16:16il n'y a pas d'inquiétude
16:17à avoir sur cette volonté.
16:18Marine Le Pen a d'ailleurs
16:19annoncé un plan d'économie
16:20de 125 milliards d'euros
16:22sur les cinq ans
16:23et vous vous doutez bien
16:23que tout ça sera budgétaire
16:24gardé à la loupe.
16:26Donc cette responsabilité budgétaire,
16:27évidemment,
16:28elle existe
16:28et elle fait aussi partie
16:29des raisons pour lesquelles
16:29aujourd'hui je la soutiens.
16:30L'étude PISA
16:32que nous avons eue hier
16:34montre un déclassement terrible
16:35des élèves français
16:37avec le plus mauvais score
16:39enregistré par nos élèves
16:41depuis 20 ans.
16:43Quel est le problème
16:43et comment on peut
16:45rehausser le niveau
16:46de l'éducation nationale
16:47et de nos enfants ?
16:48Et est-ce que c'est seulement
16:48le problème de l'éducation nationale,
16:49pardon,
16:50mais ce n'est pas aussi
16:50un problème de famille
16:51et encore une fois d'éducation ?
16:53Alors déjà,
16:54il y a un grand tabou
16:55quand on regarde
16:56le détail de ces chiffres.
16:57C'est la part,
16:58comment dire,
16:59du lien
16:59avec l'immigration
17:00et notamment
17:01les élèves allophones
17:02parce qu'on se rend compte
17:02que les élèves
17:03issus de l'immigration
17:04sont encore plus bas
17:05dans le déclassement
17:06que les élèves
17:08dits autochtones
17:08dans les études en question.
17:10Ça explique pour vous
17:10la baisse de niveau général ?
17:11Ça explique le fait
17:12que l'accélération
17:13de la baisse en France
17:14soit plus importante
17:15que dans le reste
17:16des pays européens.
17:17Maintenant,
17:17ce qui est vrai,
17:17c'est qu'il y a un phénomène général
17:19qui appelle bien sûr
17:20une refonte notamment
17:21de notre système public
17:22mais aussi,
17:22je le dis,
17:23probablement une libéralisation
17:24de notre système privé
17:25parce qu'aujourd'hui,
17:27l'offre privée
17:28qui est contrainte
17:29par l'État
17:30me semble-t-il
17:30devrait être oxygénée
17:32parce que c'est aussi
17:33une offre qui permet
17:33de tirer vers l'excellence
17:34et de laisser le choix
17:35pédagogique
17:36à des parents
17:37et c'est l'une des choses
17:38pour lesquelles moi
17:39je milite
17:39en parallèle bien sûr
17:40d'une refonte
17:41de notre système public.
17:42Mais avec encore une fois,
17:43quel pilier ?
17:44L'autorité évidemment ?
17:47La maîtrise de l'écriture,
17:48du calcul ?
17:49Bien sûr,
17:50avec quel pilier ?
17:51Déjà,
17:52d'accepter aussi la sélection,
17:53d'accepter que quand
17:54à un moment donné
17:54on n'a pas le brevet
17:55on ne puisse pas passer au collège
17:56et que quand on n'a pas le bac
17:57on ne puisse pas s'inscrire
17:59à la fac
17:59parce que ça,
17:59ça n'existe pas
18:00à l'heure où nous parlons.
18:01Le pilier bien sûr
18:02du retour sur les fondamentaux
18:03donc les matières fondamentales,
18:05la question aussi
18:05du contenu des programmes,
18:07de la répartition
18:08évidemment des horaires
18:09et de la question
18:10évidemment de l'autorité
18:12qui aujourd'hui
18:12n'est pas au centre
18:13parce que la culture
18:14du pas de vague
18:14continue bien sûr
18:16de prospérer.
18:17Donc tout ça,
18:18on le sait si vous voulez.
18:19Le problème c'est que
18:20ça n'a jamais été
18:21véritablement mis en place
18:22et puis surtout
18:23prendre à bras le corps
18:24ce sujet
18:24de la question
18:26de l'accès aux écrans
18:27qui est aujourd'hui
18:28un problème de santé publique
18:29qui se pose à l'école
18:31comme ailleurs
18:31et qui a un impact
18:32considérable
18:33sur la concentration
18:34sur la mémorisation
18:35et donc là encore
18:35la politique doit apporter
18:36une réponse.
18:37Une dernière question
18:38Bruno Le Maire
18:38était notre invité hier
18:39il propose que l'on scolarise
18:40les enfants plus tôt
18:41dès un an
18:42à la maternelle
18:43pour leur permettre
18:44d'avoir le même bagage
18:45en termes de vocabulaire.
18:46Bonne idée
18:47mauvaise idée
18:47Marion Maréchal ?
18:48Oui, je propose
18:48d'ailleurs que l'État
18:49les prenne en charge
18:50directement à la sortie
18:51de la maternité
18:51voilà ce sera plus simple
18:52non évidemment
18:53mauvaise idée
18:54parce qu'en l'occurrence
18:55les maîtresses
18:55passeraient plus de temps
18:56à changer les couches
18:56si vous voulez
18:57qu'à apprendre les maths
18:58et le français
18:58donc c'est évidemment
18:59ça réduirait pas
19:00le décalage
19:00entre les enfants
19:01les inégalités sociales
19:03très mauvaise idée
19:03si vous voulez
19:04non moi je crois
19:04fondamentalement
19:05qu'une fois de plus
19:06il faut revoir
19:06notre fonctionnement
19:08sélectif de l'école
19:09revoir la manière
19:10dans les programmes
19:11sortir totalement
19:12d'ailleurs de ce pédagogisme
19:13des années 70
19:15qui fait croire
19:15que l'élève
19:16pourrait apprendre
19:16par lui-même
19:18pour revenir
19:19à des méthodes
19:19plus traditionnelles
19:20notamment en matière
19:20de lecture
19:21et vous verrez
19:22qu'on aura des résultats
19:23il n'y a pas de raison
19:24si vous voulez
19:24que la France décroche
19:25plus que le reste
19:26des pays européens
19:27il n'y a pas de fatalité
19:27en l'espèce
19:28Merci Marion Maréchal
19:29c'était votre grande interview
19:30ce matin sur CNews
19:31et sur Europe
19:31un bonne journée
19:32Sous-titrage Société Radio-Canada

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