00:00Good Morning Market sur BFM Business.
00:04Avec son président directeur général, Eric Emard.
00:07Bonjour Eric Emard, merci de nous accompagner ce matin.
00:11Pour revenir sur la publication semestrielle, c'était mercredi.
00:14Chiffre d'affaires qui était déjà connu, plus 18% sur les 6 premiers mois de l'année.
00:18Croissance organique 20%, vous annoncez un résultat opérationnel.
00:22Et là par contre, c'est la donnée de ce mercredi, de plus de 23%.
00:25Ce qui est impressionnant, une nouvelle fois dans cette publication, Eric Emard,
00:30c'est la très forte croissance aux Etats-Unis, croissance en Amérique du Nord, 46% en comparable.
00:35Comment aujourd'hui vous expliquez cette croissance aux Etats-Unis ?
00:39Aujourd'hui c'est devenu le moteur, bientôt ça va être votre premier pays.
00:42Alors on a d'autres pays européens qui sont aussi en très forte croissance,
00:44par exemple à Pologne, qui est un pays très dynamique en termes de logistique.
00:48C'est sûr que les Etats-Unis sont devenus pour l'entreprise, en tout cas pour quelques temps,
00:52le grand moteur de croissance.
00:54La raison, elle est qu'on a une offre qui est bien adaptée au marché,
00:57qui accompagne des très grands clients,
00:58beaucoup dans l'e-commerce mais pas que,
01:01et qui correspond un petit peu à l'attente.
01:03Et puis les Etats-Unis, c'est comme les beefsteaks dans votre assiette, c'est gros.
01:07C'est-à-dire que quand vous démarrez un site logistique aux Etats-Unis,
01:10il peut faire un chiffre d'affaires qui peut être souvent le double,
01:13voire davantage qu'un dossier européen,
01:17parce que le marché est plus étroit et plus petit.
01:18Donc on a en effet taille de dossier qui joue beaucoup.
01:21Dernièrement, on a eu beaucoup de publications dans le secteur de la consommation,
01:24des Wal-Mart, des Nike, des entreprises dans le segment du textile,
01:28qui montrent le consommateur américain, pas à bout de souffle,
01:31mais on voit bien que l'impact des prix de l'essence a un réel impact sur la consommation.
01:37Est-ce que vous le ressentez aujourd'hui, cela ?
01:39Alors, nous, notre croissance est d'abord liée sur des nouveaux projets.
01:43C'est-à-dire qu'à la limite, dans une consommation en volume global
01:45qui peut être faible ou un peu flat,
01:48on sent quand même une pression très forte autour des sujets d'e-commerce.
01:53C'est-à-dire que dans une consommation à faible croissance,
01:55vous allez avoir une très forte croissance de l'e-commerce.
01:57Et ça, c'est une tendance qui n'est pas terminée.
01:59Et c'est ça dont on bénéficie.
02:01Donc l'effet volume du marché en général a relativement peu d'impact.
02:08On a en plus la chance d'avoir des clients qui marchent bien et qui sont en croissance.
02:11Dont Amazon, entre autres.
02:12Dont Amazon, par exemple.
02:13Aujourd'hui, comment vous arrivez à gérer un petit peu la livraison de demain,
02:17notamment aux Etats-Unis, mais ailleurs ?
02:18C'est-à-dire qu'on a plein d'acteurs qui font des annonces spectaculaires
02:21sur l'intelligence artificielle, des livraisons de drones, etc.
02:24Est-ce qu'aujourd'hui, tout ça, c'est irréaliste ou non ?
02:27Ça va bientôt arriver.
02:28Notre métier, nous, c'est faire de la préparation de commandes en entrepôt.
02:32Le last mile, la dernière partie,
02:34ce n'est pas complètement quelque chose qu'on adresse de façon importante.
02:39Dans la partie entrepôt, la particularité que vous identifiez aujourd'hui,
02:46et bien sûr en Europe également,
02:47c'est que vous avez une croissance exponentielle du nombre de références.
02:51Mais vous le savez, vous voulez acheter quelque chose aujourd'hui sur Amazon,
02:54vous preniez cet exemple, vous avez une gamme qui est énorme.
02:57Et ça, ça demande, en termes d'investissement logistique
03:00et d'organisation logistique, de très fortes opérations nouvelles.
03:04Et c'est ça qui fait l'autre croissance.
03:07Après, le mode de distribution, je pense,
03:10quand on parle de drones, etc., c'est spectaculaire.
03:12Je ne crois pas qu'en volume, ça va prendre une place beaucoup plus importante.
03:16La livraison par camion en last mile traditionnelle,
03:19elle va rester dominante.
03:20Même si ce métier va se métamorphoser,
03:23j'imagine l'un des grands amphores cet été sur les marchés financiers
03:26du côté de Shanghai, c'était l'introduction en bourse de Unitree.
03:29Ce sont des robots humanoïdes.
03:31Est-ce que demain, vous imaginez des robots humanoïdes dans vos entrepôts
03:34pour préparer des commandes, déplacer des colis,
03:37aller chercher des produits dans des rayons ?
03:39Alors, on est déjà dans une phase de robotisation qui est importante.
03:42Mais ce ne sont pas des humanoïdes.
03:44Mais on n'a pas vraiment vocation d'avoir de l'humanoïde.
03:47Une problématique, par exemple, c'est préparer une commande.
03:49Donc, il faut que le robot ait des bras articulés,
03:52qu'il ait des systèmes de laser pour pouvoir mesurer.
03:54Il n'a pas forcément besoin de jambes,
03:56il n'a pas forcément besoin d'un torse, etc.
03:57Donc, ça, c'est déjà une étape qui est en cours.
03:59Par contre, attention, la logistique,
04:01et c'est ça, la spécificité du métier
04:03quand on aborde ces sujets de mécanisation,
04:05elle doit avant tout avoir une flexibilité.
04:08Et plus vous avez une croissance du nombre de références,
04:12plus vous avez d'opérations spécifiques,
04:14de Black Friday, de Cyber Monday, de tout ce que vous voulez,
04:17plus il faut des outils,
04:18qui est la capacité de passer de volume 100 à 200, 300, 400.
04:22Et ça, ça marque un peu, non pas la limite de la mécanisation,
04:25mais une mécanisation qui doit s'adapter.
04:27Et quand on voit les entrepôts qui sont en train de se créer aujourd'hui,
04:31qui sont en train,
04:31ils sont mécanisés, mais ils sont toujours mécanisés
04:33avec une logique où il y a un facteur humain qui reste important,
04:36parce qu'aujourd'hui, c'est la seule façon
04:37de garder cette capacité de monter et de descendre.
04:40Et même des entreprises très en avance technologiquement,
04:43quand vous visitez leur site,
04:44vous êtes frappé par la robotisation,
04:47mais aussi par le côté important humain
04:49qui reste nécessaire pour cette flexibilité.
04:51Et quels sont les investissements que vous allez faire prochainement ?
04:54Pour rappel, aujourd'hui, vous avez plus de 450 sites.
04:56Dans le monde, 55 000 collaborateurs.
04:58J'imagine qu'aujourd'hui, ce côté robotique vous aide,
05:01parce que parfois, on est sur des métiers pénibles,
05:03où on a du mal à recruter.
05:05Alors, je voyais, c'est chez vous,
05:06mais malheureusement, c'est dans beaucoup d'entreprises.
05:08Votre enquête, 66 % des collaborateurs recommandent l'idéologie logistique.
05:11C'est vrai qu'on est sur des métiers où, en termes d'attractivité,
05:13ce n'est pas forcément évident d'aller chercher du personnel.
05:16C'est le cœur du sujet, vous avez parfaitement raison.
05:18Alors, juste pour vous donner un exemple.
05:19Il y a 20 ans, ou 15 ans,
05:22la base du métier, c'était un préparateur de commandes
05:24qui allait courir dans un entrepôt
05:26pour aller prendre le colis qui était placé à l'endroit,
05:28on appelle ça le picking, au bon endroit.
05:30Aujourd'hui, ces choses-là sont en train de,
05:32pas de disparaître, mais de beaucoup baisser,
05:34parce que c'est la mécanisation qui va amener le produit au collaborateur.
05:37Mais c'est typiquement une évolution de métier
05:40où on regarde quand même avec un facteur humain,
05:42mais au lieu d'avoir quelqu'un qui va courir dans un entrepôt,
05:45courir, ou en tout cas, devoir se déplacer beaucoup dans un entrepôt,
05:49on va lui amener la marchandise à lui.
05:51Donc, on va passer sur des métiers
05:52où les gens sont très mobiles,
05:54avec des risques d'accidentologie
05:55qui sont importants,
05:56à des éléments plus postés,
05:58dans lesquels on va accompagner la personne
05:59pour que la pénibilité soit la plus faible possible.
06:03Voilà, ça c'est un exemple concret
06:04d'éléments qui changent notre approche
06:08de l'aspect ressources humaines autour de la pénibilité.
06:10Le deuxième élément,
06:12c'est qu'on a un taux d'encadrement,
06:13et notamment de techniciens,
06:15liés à la maintenance de mécanisation,
06:17liés aux problématiques d'intelligence artificielle,
06:19qui montent de façon considérable.
06:20Vous aviez un ratio qui était de l'ordre
06:22de 5-6% d'encadrement il y a 20 ans.
06:25Vous êtes aujourd'hui à des ratios
06:26encadrement et maîtrise intermédiaire
06:27et agents techniques.
06:29Et aujourd'hui, vous êtes sur des ratios autour de 15%.
06:31Voilà, c'est comme ça qu'on vit dans notre métier
06:33l'évolution notamment de l'intelligence artificielle
06:35et de la robotisation.
06:36Est-ce que demain, une augmentation de capital dédiée aux salariés,
06:40plus, je ne sais pas, d'actions gratuites
06:42ou certains éléments pourraient aussi permettre
06:44d'attirer les collaborateurs ?
06:46C'est déjà le cas.
06:47Dans tous les pays ?
06:47Dans tous les pays, nous avons un système,
06:49nous avons aujourd'hui plus de 400 collaborateurs actionnaires,
06:52et pas uniquement des cadres clés,
06:54c'est aussi des coups de chapeau qu'on donne à des opérateurs
06:57qui ont fait un travail remarquable.
06:59Et on a réussi un peu dans la douleur,
07:01parce que le système fiscaux sont toujours très différents
07:03dans les pays et donner des actions gratuites,
07:05par exemple à des Américains,
07:06ça demande un peu de travail dans des cabinets un peu spécialisés
07:09pour trouver les bonnes règles.
07:10Aujourd'hui, on a fait ça,
07:11et c'est notre spécificité peut-être par rapport à certains concurrents.
07:14On est les seuls, je pense, à avoir cette gamme
07:16d'actionnariats d'entreprises aussi importants,
07:19parce que c'est ça qui va les motiver,
07:22et c'est ça qui fera que chaque collaborateur
07:24aura le sentiment qu'il va travailler aussi pour lui-même.
07:26En tout cas, vous êtes confiant pour la deuxième partie de l'année ?
07:29Quand je vois une croissance de plus de 20%,
07:30c'est rare aujourd'hui pour une entreprise française.
07:32Alors, on est tout à fait conscients de notre croissance.
07:35Après, la fin d'année, c'est toujours pour nous
07:37le vrai rendez-vous de l'année.
07:40Quand vous allez commander sur les Black Friday,
07:42les fins de l'année, c'est un rendez-vous
07:43dans lequel on est toujours assez humble,
07:44parce qu'il faut passer des pics qui sont importants,
07:47mais oui, on est vraiment confiants dans la fin d'année.
07:50Merci beaucoup, Eric Emard,
07:51de nous avoir accompagné ce matin,
07:52PDG de Idées Logistiques,
07:54pour revenir sur cette publication semestrielle.