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  • il y a 2 mois
Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Charles Luylier pour débattre des actualités du jour.

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00:0019h21, Europe 1 Soir, Charles Huillier.
00:04Nous sommes toujours en compagnie d'Ophélie Roch, enseignante et chroniqueuse,
00:08et d'Antona André, rédacteur en chef du service politique du JDD.
00:13Alors nous le disions en préambule, l'invité de 20h10 c'est Thibaut Prébet.
00:18Bonsoir Thibaut Prébet.
00:19Bonsoir.
00:19Vous êtes économiste et auteur de Démographie, la bombe tranquille parue aux éditions du Rocher.
00:25Alors, nous le disions en préambule, c'est vrai que c'est l'événement de rentrée du MEDEF,
00:30la rencontre des entrepreneurs de France, la REF, une REF qui s'est ouverte aujourd'hui
00:35sous le thème du courage, en attendant demain un débat en clôture avec, nous le disions,
00:41les sept principaux candidats à la présidentielle.
00:44À huit mois de l'élection, ce rendez-vous est capital parce que les patrons souhaitent peser dans le débat
00:50et ce sera très tendu avec cette rentrée politique qui s'annonce rythmée par le budget.
00:56Alors Patrick Martin, qu'on va peut-être écouter, Patrick Martin, le président du MEDEF,
01:01était très grave ce matin chez nos confrères de France Inter.
01:05Il s'est exprimé sur le climat des affaires en France et sur le contexte
01:11et surtout sur les inquiétudes des patrons.
01:13On l'écoute.
01:14C'est tellement facile pour les politiques, j'allais dire de tous bords,
01:18de faire supporter la charge aux entreprises.
01:20L'effort partagé, il pèse déjà beaucoup sur les entreprises.
01:23On a les entreprises les plus taxées au monde.
01:25Alors on peut se dire, c'est pas grave, c'est les actionnaires qui payent.
01:27Si je regarde le MEDEF, simplement le MEDEF, principale organisation patronale,
01:31on a 12 millions de salariés dans nos rangs.
01:33Qu'est-ce qui se passe ? On n'embauche plus.
01:35Parfois, on doit licencier.
01:37On ne peut pas augmenter les salaires comme on voudrait augmenter les salaires.
01:40On ne sait pas faire les efforts auxquels on ne pourra pas échapper de réduction des dépenses.
01:45Dire que les entreprises doivent faire un effort supplémentaire
01:47et en réalité qu'elles supporteront une fois de plus l'intégralité de l'effort,
01:51c'est s'il y a la branche sur laquelle on est assis.
01:53Voilà Patrick Martin, ce matin sur France Inter, le président du MEDEF.
01:58Est-ce que Thibaut Prébet, en tant qu'économiste,
02:01vous partagez les craintes, les inquiétudes de Patrick Martin ?
02:052027 sera soit le sursaut, soit la crise.
02:09Est-ce que vous le rejoignez ?
02:10Oui, c'est-à-dire que ça va dire que ça va aller mieux ou moins bien,
02:12donc ça je suis assez d'accord, c'est relativement clair.
02:15Après c'est du lobbying, c'est-à-dire qu'on sait qu'il y a un problème de budget
02:18qui est monstrueux,
02:19que les entreprises aimeraient bien que ça ne tombe pas sur elles pour une fois.
02:23Quelque part, c'est son job, mais je pense que quelque part le sujet,
02:26il est moins dans cette communication que dans l'aspect très désenchanté
02:30de la communication des entreprises aujourd'hui.
02:32Ça veut dire quoi l'aspect très désenchanté comme vous dites ?
02:35Par exemple, vous voyez, il y a un sondage Opinion Way qui a été commandé par le MEDEF,
02:38qui a interrogé les adhérents.
02:39Ils ont demandé les cinq principales causes d'équiétude ou les demandes qu'ils formulent.
02:43Moins de charges notamment.
02:44Je vous passe les deux premières qui sont bidons, c'est moins de charges et de la réindustrialisation.
02:48Je pense qu'il y a assez peu d'entreprises qui disent qu'elles aimeraient qu'on déindustrialise
02:50ou qu'on monte leurs charges.
02:51La stabilité.
02:52Les trois autres surtout, les trois autres c'est les mêmes.
02:55D'abord, première chose, je vais commencer par moins de normes.
02:57C'est-à-dire qu'on arrête de rajouter des normes,
02:59parce qu'à chaque norme c'est des coûts en plus, du comptable,
03:01et puis après des aides pour compenser.
03:03Ça fait un millefeuille, c'est insupportable pour les boîtes.
03:04Mais surtout, la stabilité.
03:06Stabilité, ça veut dire quoi ?
03:07C'est un mot qui est triste, parce que la stabilité, ça veut dire que vous ne demandez même pas
03:09qu'on vous aide en fait.
03:10Ça veut dire qu'on dit juste, stable ça me va.
03:13Voilà, si ça ne bouge pas, ça me va.
03:14Mais rappelez-vous, vous vous dites aux parents, je veux mieux, je ne veux pas stable,
03:17je veux un truc, je veux être mieux payé.
03:19Si vous en êtes arrivé à dire stable, ça veut dire que vous savez que ça sera pareil ou pire,
03:23et donc vous êtes résigné à dire que rien, c'est bien.
03:26Et puis dernier point...
03:27Patrick Martin évoquait notamment, parce que vous évoquez justement la stabilité,
03:33Patrick Martin pointait du doigt quand même un avant-après-dissolution.
03:37Oui, ça c'est vrai.
03:38Non mais ça c'est clair qu'il y avait l'image un peu d'un élan, d'une visibilité,
03:42que ça a tout cassé, que ça a rendu un pays qui était gouvernable en cacophonie.
03:46Et on le voit à l'extérieur, comme sur ce débat sur l'idée de mettre la dette au frigo,
03:50au feu,
03:50à le denté, je ne sais pas.
03:51Ça fait du mal à l'extérieur du pays.
03:53Donc évidemment, il a raison de le dire, c'est un sujet.
03:56Et puis, à la fin aussi, le MEDEF, qu'est-ce qu'il dit ?
03:59Il dit un truc qui est dingue.
04:00Il dit ce qu'il faut, c'est réduire les dépenses.
04:02Ce n'est pas le boulot du MEDEF de nous dire qu'on va faire des dépenses publiques.
04:04Ça veut dire quoi ?
04:05Ça veut dire qu'il sait bien que ça va lui retomber sur la gueule.
04:07Et ce qu'il dit juste, c'est, si pour une fois, vous pouviez vous débrouiller pour que l'effort
04:10ne soit pas chez nous,
04:11ce serait bien.
04:11Donc en fait, sur les cinq points, il y en a trois, les seuls qui en fait ne sont pas
04:14toujours les mêmes,
04:15qui disent, laissez-nous tranquille.
04:16Et ça, c'est pour ça que je trouve ça un peu désenchanté.
04:19C'est-à-dire qu'en fait, il dit en gros, on s'en va faire tourner,
04:21mais on sent que tout ce qui va nous tomber sur la gueule, c'est des problèmes.
04:24Donc si vous pouvez juste nous oublier, nous mettre au frigo deux ans, pour le coup,
04:26comme avec la dette, on va bien y arriver.
04:29Donc je trouve ça intéressant, mais désenchanté.
04:31Alors Thibaut Prébet, vous êtes économiste,
04:34et donc tout indiqué pour répondre à cette question,
04:38les hausses de défaillance d'entreprises en France,
04:41plus 5% en un an, c'était les chiffres du mois de mai.
04:45On imagine que pour cette rentrée, ce ne sera pas fameux.
04:48Les TPE, PME, très petites entreprises et moyennes entreprises sont les plus concernées.
04:54Comment on l'explique ?
04:55Oui, alors on s'en tape complètement.
04:56C'est-à-dire qu'il faut appeler un chat un chat.
04:57Aujourd'hui, il y a toujours une tête à regarder.
05:00Ce n'est pas regarder des créations si on ne regarde pas les destructions et réciproquement.
05:03Il y a énormément de créations d'entreprises.
05:05De plus en plus, depuis longtemps.
05:07Aussi parce qu'il y a eu des modèles d'entreprises individuelles.
05:09Si c'est des livreurs Uber qui créent leurs micro-entreprises,
05:11pardon, ça ne compte pas.
05:12Ce que je veux dire, c'est que le jour où on détruit beaucoup plus d'entreprises qu'on en
05:15crée,
05:15là, on a un très gros problème.
05:18La dynamique, le problème, il n'est pas là.
05:20Donc ce n'est pas un sujet selon vous, ça ?
05:21Non, le problème, il n'est pas là.
05:22Le problème, il est un, l'attractivité, qui est un vrai sujet,
05:25mais le problème, il n'est même pas là.
05:26Le problème, il est systémique.
05:27C'est-à-dire qu'il y a toujours un risque à un moment,
05:28qu'à force de faire n'importe quoi, ça pète.
05:30Que les gens se disent, je ne vais plutôt pas me mettre par là,
05:32on va le mettre de côté.
05:33Et là, on crée des problèmes en chaîne qui peuvent devenir très douloureux.
05:36On se souvient en 2012 de l'Italie, de l'Espagne.
05:38Donc le sujet aujourd'hui, ce n'est pas un sujet, entre guillemets, running.
05:41C'est un sujet de rupture, de crise.
05:42Et c'est ça qu'on veut éviter aujourd'hui.
05:44Et c'est là où on a des débats qui n'apportent rien,
05:46qui sont extrêmement dangereux, dans l'image qui renvoie à l'extérieur de la France.
05:50Mais je pense que les déférences d'entreprises,
05:51dans un pays qui a de plus en plus d'entreprises,
05:54il va y avoir de plus en plus de défaillances,
05:55tant qu'il n'y a pas une rupture majeure, ce qui n'est pas le cas,
05:58ce n'est pas un très bon indicateur, je suis désolé de le dire.
06:00Alors je suis avec mes deux débatteurs, Ophélie Roch, Antonin André,
06:04qui ont peut-être des questions à vous poser.
06:06Antonin André.
06:07Est-ce qu'il n'y a pas un sujet de remise à plat totale
06:09de la fiscalité des entreprises aujourd'hui ?
06:11Parce qu'on parle souvent des niches fiscales
06:14qui ont été introduites pour compenser des effets pervers de l'impôt.
06:18Et c'est une des grandes demandes du MEDEF aujourd'hui,
06:20à travers la simplification et la remise à plat fiscale,
06:23c'est de dire, mettons-nous d'accord sur un impôt juste,
06:26sur une taxation juste des entreprises,
06:27et supprimons toutes les niches.
06:29Est-ce que ça, ça irait dans le sens,
06:31et on se dit que c'est un ripollinage ou un ménage
06:34qui est assez intuitif,
06:36est-ce que ce genre de mesure peut être prise
06:38et aurait un effet mécanique sur la création de richesses ?
06:42Thibaut Prébet.
06:42Absolument, c'est un sujet très technique et démographique et passionnant.
06:45Je vais donner la réponse courte,
06:46et après si je peux, je rajouterai quelque chose.
06:47Je vous en prie.
06:48La réponse courte, c'est une évidence, c'est vrai,
06:49c'est vrai sur plein d'autres sujets,
06:50c'est vrai sur l'héritage, c'est vrai sur plein de trucs.
06:52C'est-à-dire qu'en fait, on a un système français qui est de dire,
06:54on va coller une taxe, on n'est plus compétitif,
06:56on colle une aide,
06:57le gouvernement n'a plus assez d'aide,
06:58on va refaire une taxe,
06:59on rajoute ça,
07:00et notre risque, c'est que si les gens, on va dire,
07:03sensés, raisonnables, organisés,
07:05ne font pas ça,
07:06ça sera fait de manière milleïste,
07:07c'est-à-dire on dégage tout avec, quelque part,
07:09une vision pas très fine et qui peut mal se finir.
07:11Et donc, quelque part, c'est notre travail
07:12de mettre fin à cette complexité,
07:14d'éviter...
07:15Et puis, mon deuxième point qui est plus fort,
07:17excusez-moi, c'est de dire,
07:18aujourd'hui, la complexité française est, pour moi,
07:19une relance keynésienne démographique.
07:22C'est-à-dire que...
07:22Traduction.
07:23Il y a 20 ans,
07:24on a un chômage de masse
07:25parce qu'on a fait plein de gamins.
07:26Donc, quelque part, on se dit,
07:27si c'est pour avoir de chômeurs,
07:28autant créer des gens,
07:29ça fera des contrôleurs dans les boîtes,
07:31des contrôleurs à l'État,
07:32ça va donner du boulot à plein de gens,
07:33c'est mieux qu'avoir du chômage de masse.
07:34Donc, en fait, quelque part,
07:35tout complexifier,
07:36créer du boulot pour tout plein de gens,
07:38c'était pas si mal
07:39si on avait des chômeurs à la place.
07:40Une fois que la démographie
07:42fait qu'on a de plus en plus de gens
07:43qui quittent le marché de l'emploi
07:44de moins en moins qui arrivent,
07:45je vous rappelle que, par exemple,
07:45en Italie,
07:46qu'il y a 15 ans d'avance sur nous,
07:47dans le mouvement démographique,
07:49ça a fait diviser le chômage par deux,
07:50et dans la plupart des pays,
07:51on va avoir besoin de cette main-d'œuvre.
07:52Et donc, c'est notre boulot
07:53de sortir tous ces boulots
07:55de contrôle, de complexité,
07:56pour leur redonner une capacité productive.
07:58Maintenant, il va littéralement
07:59y avoir des jobs pour ces gens-là.
08:01Et donc, c'est là où, en fait,
08:02quelque part,
08:02c'était une relance keynésienne dans le sens,
08:04c'était un moyen de générer de l'activité,
08:05de tout complexifier,
08:13où c'est la première fois que j'entendais ça,
08:15donc je réfléchissais.
08:16C'est gentil.
08:16Non, mais, selon vous,
08:19c'était vraiment volontaire,
08:20cette multiplication complètement stratosphérique
08:22de tout ce qui est contrôle,
08:25deuxième contrôle, troisième contrôle,
08:27quatrième contrôle à chaque fois,
08:28pour toutes ces étapes un peu.
08:30Enfin, c'est vraiment quelque chose de conscient,
08:32ou c'est finalement une dérive
08:34qui était quand même faite un peu
08:36sans qu'il y ait de plan prétabli derrière ?
08:38Non, non, non, c'est pas du tout volontaire.
08:40C'est-à-dire que c'est comme,
08:40vous savez, quand on est jeune,
08:41vous prenez un cahier,
08:42vous mettez le pour et le contre.
08:43Si les gens sont déjà occupés
08:44à des boulots importants
08:45et qu'il faut libérer de la main-d'oeuvre,
08:46vous dites, non, ça, c'est un contre
08:47parce qu'on va sortir une activité.
08:50Si c'est des chômeurs longue durée
08:51qui peuvent retrouver un emploi,
08:52retrouver une activité sociale,
08:53reconsommer,
08:54ce qui est le principe de l'urgence keynésienne.
08:55En fait, donner du boulot à des gens
08:56qui sont au chômage
08:57et qui vont retrouver une activité,
08:58c'est positif.
08:59Mais ces gens-là qui font ces métiers
09:01justement de contrôle et de contrôle
09:03et de recontrôle,
09:04ils sont des gens qui souvent sont assez âgés.
09:06Est-ce qu'ils vont pouvoir,
09:07même si on leur enlève ce poste ?
09:09Non, non, mais pas du tout.
09:10Je peux vous dire,
09:10moi j'ai travaillé 20 ans en finance,
09:12entre le moment où j'ai commencé et la fin,
09:13il y avait 18 contrôles de plus pour chaque truc,
09:15il y avait 15 taxes en plus.
09:17Et puis une fois que vous avez plein de taxes en plus,
09:18vous vous trompez.
09:19Je fais un exemple complètement idiot.
09:20À un moment,
09:20on vous met des impôts en plus,
09:21puis ensuite on va vous dire,
09:22il y a un crédit impôt recherche.
09:24Donc il faut que tu prouves
09:24que tes tableaux excellent,
09:25en fait, c'est de la recherche pour la boîte
09:26pour qu'on paye moins d'impôts.
09:27Donc vous prenez un consultant
09:28qui vous aide
09:29à expliquer comment votre tableau,
09:30c'est un truc super positif.
09:32Puis là, il y a quelqu'un
09:32qui va venir vous contrôler de l'État
09:33pour vérifier que c'est vrai.
09:34Et vous avez créé trois jobs
09:36juste pour récupérer une partie
09:37de la taxe qu'on vous a créée.
09:38Donc tout ça n'est pas conscient,
09:40mais tant que le chômage est élevé,
09:41c'est acceptable.
09:42Et le jour où le chômage
09:43est évidemment sur une pente descendante,
09:46même si la France sous-performe
09:47depuis quelques temps,
09:48mais encore une fois,
09:48on est en retard démographiquement,
09:49ça va venir.
09:50Je trouve que ça devient criminel
09:51et il faut en avoir conscience,
09:53même si ce n'est pas notre habitude.
09:55Thibaut Prébet,
09:56j'aimerais évoquer les différentes
09:59sorties politiques de l'été.
10:01Et parmi les principales,
10:03il y a celle de Jean-Luc Mélenchon
10:05qui a proposé il y a quasiment deux semaines
10:08désormais de brûler la dette
10:09détenue par la Banque de France,
10:11de la foutre au feu,
10:12pardonnez-moi, je mets des guillemets.
10:15Redort-il son blason auprès du monde économique ?
10:18Et qu'en pensez-vous, Thibaut Prébet ?
10:20Alors non, vu le monde économique,
10:22encore une fois, il a besoin de stabilité.
10:23Pour le coup, on le mette,
10:25comme l'autre disent plutôt,
10:26au congélo.
10:26Donc en fait, je pense que le monde économique
10:28préférait que Mélenchon soit au congélo
10:29parce que ça renvoie vis-à-vis du business,
10:31vis-à-vis des investisseurs.
10:32Parmi vos confrères,
10:33certains le soutiennent,
10:34M. Zuckman notamment.
10:35Oui, mais attendez,
10:36il faut être très clair.
10:37Ce que dit Jean-Luc Mélenchon,
10:38surtout ce que répète son parti derrière,
10:40n'est pas faux.
10:41C'est-à-dire l'idée que si on regroupe
10:42tous les pays de l'Union Européenne
10:44qui disent tous,
10:44on a trop de dettes,
10:45trouvons une solution commune,
10:46puis après tout,
10:47les Etats-Unis,
10:47le Royaume-Uni,
10:48et le Japon aussi.
10:49Donc si tout le monde se dit,
10:50annulons tous 30% de notre dette,
10:51c'est faisable.
10:52Ce n'est pas la même chose
10:52que ce qui était dit initialement,
10:53qui était dire,
10:54je vais à la Banque de France
10:54et je mets au feu.
10:55Donc ça a été un peu récupéré.
10:57Mais en fait,
10:58si vous voulez le raisonnement,
10:58il est très simple.
10:59Vous avez une notion de crédibilité.
11:01La crédibilité, c'est de dire,
11:02par exemple,
11:03l'argument va être de dire,
11:04on peut coller des fonds propres négatifs
11:05à la Banque Centrale
11:06en annulant de la dette.
11:06Mais si vous êtes crédible,
11:08il y a des banques centrales
11:08qui ont des fonds propres négatifs.
11:09Par contre, si les gens se disent,
11:10attendez, t'as nul la dette publique,
11:11ça va être pareil pour la dette privée.
11:12Moi, j'ai acheté énormément
11:13de dettes publiques dans ma carrière.
11:15Si un moment, vous dites,
11:16il y a un risque sur un pays,
11:16vous changez.
11:17Parce qu'en fait,
11:17ça ne rapporte pas grand-chose.
11:19Donc mon point est juste de dire,
11:20et je vais être très clair
11:21et très cash là-dessus.
11:23Depuis que Mélenchon a dit ça
11:24en réunion fin juin,
11:25on a créé en France
11:2621 milliards de dettes supplémentaires
11:28par notre déficit.
11:29La question est de dire,
11:30si demain,
11:31on arrête d'avoir du déficit,
11:33ce débat est sain.
11:33Si c'est vous,
11:34excusez-moi,
11:35avec un salaire incroyable,
11:36j'imagine,
11:37vous arrivez à dépenser plus
11:38que ce que vous gagnez,
11:39vous allez vous dire,
11:39comment je dépense moins
11:40pour équilibrer ?
11:41Et après,
11:41j'irai voir les créanciers.
11:42Mais vous n'allez pas voir
11:43votre boulanger en disant,
11:44bon, j'ai pas de quoi te payer,
11:45désolé,
11:45alors que par ailleurs,
11:46vous êtes bien payé.
11:47Donc la réduction du déficit,
11:48elle est nécessaire avant ce débat
11:50qui n'est après
11:51pas nécessairement un mauvais débat,
11:52il faut le dire.
11:53Dans le cas,
11:54parce que Fitch,
11:55donc Fitch,
11:55une agence de notation américaine
11:58qui,
11:58bon,
11:59d'ici la fin de semaine
12:00va donner une note
12:01à la France,
12:02c'est donc régulièrement réévalué
12:04et je précise
12:05que les notes
12:06qui sont attribuées
12:07par les agences de notation
12:08et bien servent ensuite
12:10pour calculer,
12:11je schématise à l'extrême,
12:13les taux d'intérêt
12:14pour la dette des Etats.
12:16Si quelqu'un comme
12:17Jean-Luc Mélenchon
12:18arrive au pouvoir,
12:19qu'il a ce type de saillie,
12:22cela peut avoir une incidence
12:24justement sur les notes
12:25attribuées par les agences
12:26de notation ou pas ?
12:28Alors,
12:28il se trouve qu'en fait
12:29pour les emprunts d'Etat,
12:29les orientations
12:30ne sont pas très importantes.
12:31C'est-à-dire qu'en fait,
12:32il faut comprendre deux choses
12:33sur l'emprunt d'Etat.
12:33Les orientations
12:34ne sont pas importantes
12:35pour les...
12:36D'accord.
12:37D'abord,
12:37expliquons une chose simple.
12:38La France est extrêmement bien notée
12:39dans l'Union Européenne
12:40et paye un taux très élevé.
12:41Beaucoup plus que,
12:42maintenant plus que l'Italie,
12:43plus que l'Espagne
12:43qui sont historiquement
12:45beaucoup moins bien notées.
12:46Donc,
12:46l'investisseur le fait déjà.
12:48Le deuxième point,
12:48permettez-moi d'être direct,
12:50la France est financée
12:51par la France.
12:52C'est-à-dire que le fonctionnement
12:52est que l'État législateur
12:54va avoir des caisses de retraite,
12:55des mutuelles,
12:55des assureurs
12:56et par des contrats réglementaires,
12:58va leur imposer
12:59d'acheter de la dette française.
13:00C'est comme ça
13:01que ça fonctionne.
13:02Et donc,
13:02en fait,
13:03chaque institutionnel,
13:04sa caisse de retraite,
13:04sa caisse de assurance
13:05détient de la dette française.
13:06Sauf que si un jour,
13:08pour les étrangers,
13:09on leur dit
13:09« Attends,
13:09la France,
13:09il y a un problème,
13:10c'est plutôt de l'Italie
13:11ou de l'Espagne »,
13:11tout d'un coup,
13:12il n'y a plus d'acheteurs.
13:13Et que Fitch dise
13:14« C'est un cran de moins
13:15ou un cran de plus »,
13:15ça ne changera rien.
13:17Donc la réalité aujourd'hui...
13:18Donc c'est surcoté,
13:19comme disent les jeunes,
13:20les agences de notation.
13:21Pour les États,
13:22oui,
13:22si ce n'est qu'il y a
13:23quelques crans très techniques,
13:24justement dans le cadre
13:25de ces règles,
13:25où là vous basculez.
13:26On appelle ça
13:27les notations dites
13:27« Investment Grade ».
13:28Donc il y a des points techniques,
13:30mais clairement,
13:31vous avez vu qu'à chaque fois
13:31qu'une agence a dégradé
13:32d'un cran ou augmenté
13:33d'un cran à un pays,
13:34ça ne change rien.
13:35Ce n'est pas le sujet.
13:36Le sujet, c'est
13:36est-ce que quelqu'un
13:37dans un bureau,
13:38par exemple en Allemagne,
13:39va flipper en entendant
13:40une déclaration et dire
13:41« Vous sortez la dette française ».
13:42Ça, c'est le sujet.
13:43Il faut comprendre
13:43qu'on impose aux gens
13:45d'acheter la dette française.
13:46Les taux,
13:47contrairement à ce qu'on peut penser,
13:47ce que disent les LFI,
13:48ne sont pas élevés,
13:49ce n'est pas une manne,
13:50les gens le font
13:50parce qu'ils n'ont pas le choix.
13:51Donc si vous avez une raison
13:52de ne pas le faire,
13:53tout le monde sera ravi
13:54d'aller faire autre chose.
13:55Thibaut Prébet,
13:55je rappelle que vous êtes économiste,
13:57merci infiniment
14:05extrêmement important
14:06qui va sans doute animer
14:07les prochaines décennies.
14:09Livre, ouvrage
14:10paru aux éditions du Rocher.
14:12Belle soirée à vous.
14:13Thibaut Prébet,
14:14je remercie également
14:15mes débatteurs,
14:16Ophélie Roquet,
14:17Antonin André.
14:17Merci pour cet été.
14:18Merci, merci.
14:19C'était un plaisir.
14:20C'était un plaisir.
14:21Moi, je ne quitte pas les auditeurs
14:23parce que je suis encore présent
14:24pendant une demi-heure
14:26afin d'accompagner
14:27les différentes chroniques
14:28de repas,
14:29la chronique santé,
14:29la prescription culture,
14:30le billet d'humeur
14:31de Laurent Tessier
14:32et puis les bulletins
14:34d'informations
14:35et les points d'actualité
14:36de Guillaume Lariche.
14:38C'est le cas d'ailleurs
14:39parce qu'il est 20h30.
14:41Merci.

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