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00:01Europe 1 Soir, 18h-20h, Hélène Roué.
00:05Vous écoutez Europe 1, il est 18h13, bonsoir et bienvenue si vous nous rejoignez.
00:09J'accueille mes débatteurs du soir, Geoffroy Lejeune, journaliste au JDD.
00:13Bonsoir Geoffroy.
00:13C'est même le patron du JDD.
00:14Bonsoir Hélène.
00:15Vous savez qu'il a demandé à dire qu'on dit journaliste au JDD.
00:18Donc Antonin, bon.
00:19Et Antonin André, chef du service politique du JDD.
00:22Bonsoir Antonin.
00:22Salut, bon moi j'assume.
00:24Nous accueillons David Léraud, superviseur national Alliance Police.
00:28Bonsoir.
00:30Alors c'est très précieux de vous avoir avec nous pour décrypter ce qui est en train de se passer.
00:34Alors la journée s'est plutôt bien passée, c'est-à-dire dans les cortèges, plutôt calme.
00:38Mais je veux dire, les tensions commencent maintenant dans plusieurs villes.
00:41Paris, Lyon, Rennes, Marseille.
00:42On voit aussi que des centaures ont été déployées à Bordeaux.
00:45Il y a des policiers qui ont commencé à lancer des lacrymogènes.
00:48Certains ont même été visés par des cocktails Molotov.
00:50Il y a des images qui commencent à tourner sur les réseaux sociaux qui sont très impressionnantes.
00:54David Léraud, qu'est-ce que vous retenez de ce qui est en train de se passer ?
00:58Et surtout, est-ce que vous êtes inquiet pour la soirée qui arrive ?
01:01Alors écoutez, dans un premier temps, je retiens surtout que jusqu'à une certaine heure de la journée, tout s
01:06'est bien passé.
01:07Les manifestations ont été responsables, si je puis dire.
01:10Et surtout, les forces de sécurité intérieure ont été exemplaires et très professionnelles.
01:15Malheureusement, et je vous parle en direct de Bordeaux, je suis auprès de mes collègues, il y aura ce phénomène
01:19de troisième mi-temps que nous redoutons tant.
01:21C'est-à-dire que les fins de cortège, les dissolutions et surtout la nuit tombante de ce 31 octobre
01:26Halloween aidant nous laissent avoir de vives inquiétudes.
01:30On a déjà vu des heurts dans un certain nombre de communes et de grandes villes en France.
01:34Donc effectivement, l'ensemble des agents mobilisés sur le terrain, en tout point du territoire, sont extrêmement vigilants.
01:40En fait, c'est un peu toujours la même chose.
01:42C'est-à-dire que la manifestation est encadrée, ça se passe bien.
01:45Et en fait, les problèmes commencent dès les dispersions.
01:47Et surtout en ce moment, maintenant, avec la tombée de la nuit de plus en plus tôt.
01:51Mais en fait, on vient un peu un jour sans fin, David Leroux.
01:54C'est un jour sans fin, comme vous le dites.
01:56C'est une journée de rassemblement et de manifestation qui ressemble aux précédentes.
02:01Alors les moyens ont été mis, si je puis dire.
02:03Mais une fois de plus, c'est à ce créneau horaire-là de la journée que tout reste à craindre
02:09en termes de débordement, de violence urbaine.
02:11Et je le redis, on a vu des images qui tournent.
02:13Effectivement, des policiers ont été violemment pris à partie.
02:16On a essayé de les incendier.
02:18C'est extrêmement grave parce qu'il y a une volonté manifeste de tuer des hommes ou des femmes.
02:23Donc moi, je suis extrêmement inquiet.
02:24On a déjà 2500 blessés depuis ces dernières semaines.
02:28Et à l'heure où nous échangeons, oui, il y a une très vive inquiétude sur le déroulé de la
02:31soirée.
02:32Et alors, c'est intéressant aussi de voir, on a un peu le sentiment que le mouvement s'essouffle quand
02:37on regarde le nombre de manifestants.
02:39Alors je rappelle quelques chiffres.
02:40Donc aujourd'hui à Paris, ils étaient 70 000 à manifester contre 110 000 le 24 octobre.
02:45320 000 participants dans toute la France contre 410 000 le 24 octobre.
02:49Donc en fait, on a un peu un mouvement où on a l'impression que ça s'essouffle.
02:53Mais par contre, ça ne veut pas du tout dire que les violences, elles, vont s'essouffler.
02:57Le grand classique d'un mouvement qui peut s'essouffler, c'est une forme de radicalité parmi un certain nombre
03:03de ceux qui continuent et qui perdurent dans ces actions.
03:06Parce qu'une fois de plus, il y a les manifestations légitimes.
03:09Mais en tout cas, tout ce qui se passe a découragé un certain nombre de nos concitoyens, jeunes, moins jeunes,
03:15étudiants ou pas.
03:16Mais une fois de plus, il y a quand même toujours les casseurs.
03:19Il y a toujours l'ultra gauche, les black blocks.
03:21Il y a les révolutionnaires certes de salon, mais qui sur le terrain arrivent quand même à créer des dégâts
03:26et du chaos.
03:27Alors bien sûr, on va parler également des policiers.
03:30On va parler du moral des troupes.
03:31Le 17 octobre, plus d'un millier de policiers et gendarmes et militaires ont été blessés.
03:34Vous l'avez rappelé, on en est à peu près à 2500 maintenant depuis le début de ces violences.
03:39Les forces de l'ordre sont mobilisées samedi après samedi.
03:41Désormais, on sait également que la semaine prochaine, les blocus lycéens vont reprendre.
03:44On sait également que le 5, il y aura le 5 novembre, une grève générale.
03:49Dans quel état d'esprit sont vos collègues aujourd'hui, David Leroux ?
03:53Très clairement, les policiers sont épuisés parce que quand vous prenez des coups, ça se voit, il y a des
03:57bleus.
03:58Mais il y a aussi les bleus à l'âme parce que c'est très compliqué d'être policier aujourd
04:00'hui.
04:01C'est travailler 7 jours sur 7, c'est des 12 heures, 14 heures, 20 heures de service pour certains.
04:06Aujourd'hui, j'étais auprès de mes collègues de la CDI à Bordeaux.
04:09Ils ont fait entre 25 et 30 kilomètres à pied le samedi avec tout l'équipement sur le dos et
04:14la violence qu'ils subissaient.
04:15Donc c'est très dur physiquement, psychologiquement.
04:19Et évidemment, nous sommes en attente d'une reconnaissance qui viendra très rapidement, je l'espère, en traitant chaque dossier
04:26individuel de collègues blessés.
04:27Et puis une reconnaissance de manière globale parce qu'on ne peut pas demander aux policiers de soutenir la République,
04:33d'être cette digue, ce dernier en part.
04:35Mais de leur demander sans leur expliquer qu'un jour ils auront cette reconnaissance qui leur éduque.
04:41Surtout, en plus, il y a des repos supprimés, il y a des rappels de congés.
04:45On rappelle quand même qu'on est dans une période avec des vacances, avec évidemment des policiers qui voulaient peut
04:48-être profiter de leur famille.
04:50Des CRS ont été déplacés de Reims à Paris.
04:5292 blindés de tentors de la gendarmerie qui étaient mobilisés.
04:55Un tel dispositif n'est absolument pas tenable sur la durée.
04:59Combien de temps, en fait, on peut mobiliser un tel dispositif tous les samedis ?
05:03Écoutez, le problème, c'est qu'il n'y a pas vraiment le choix.
05:07Mais en tout cas, il y a une certitude, c'est qu'il faut un soutien absolu.
05:10Et il faut afficher une reconnaissance très claire aux policiers et aux gendarmes, à l'ensemble des forces de sécurité
05:16intérieure.
05:16Parce que ça fait partie aussi de ce process de soutien et de reconnaissance qui les aidera à tenir.
05:20Parce qu'ils tiennent bon gré, mal gré.
05:23Mais je le redis, moi, je rencontre de nombreux collègues.
05:26Je suis sur le terrain à leur côté, comme toutes les équipes Alliance Police.
05:29Et nous avons des agents fatigués, saturés.
05:32Et quand, dans le même temps, parfois, en plus, on nous reproche de cumuler trop de heures supplémentaires.
05:36Je vous laisse imaginer le paradigme de cette position pour les agents.
05:40Antoinette André.
05:41Est-ce que la possibilité ou le risque, vu l'état de fatigue et d'épuisement des forces de l
05:47'ordre,
05:48qui, elles-mêmes, d'ailleurs, sont concernées par les problèmes du pouvoir d'achat ?
05:51C'est-à-dire que, parfois, on pourrait vous retrouver quasiment dans les manifestations en face,
05:53parce que vous êtes aussi touchés.
05:54C'est souvent les mêmes milieux sociaux professionnels qui sont face à face.
05:58Est-ce que vous craignez ou redoutez qu'à un moment ou à un autre,
06:01une partie des policiers fasse valoir leur droit de retrait,
06:04compte tenu de la situation, de leur forte exposition, de leur fatigue,
06:06et du sentiment d'être un peu la chair à canon d'un régime politique
06:10qui, finalement, fait répondre aux revendications politiques par des cordons de policiers et de gendarmes ?
06:16David Leroux.
06:17Alors, écoutez, là où vous avez raison, c'est que le policier, ce n'est pas un extraterrestre,
06:21ce n'est pas un martien, c'est un citoyen, c'est un travailleur.
06:23C'est-à-dire qu'en fait, à la pompe à essence, il paie le même prix.
06:26Quand il va faire ses courses, le caddie coûte très cher.
06:29L'inflation lui fait perdre du pouvoir d'achat.
06:31Donc, il est évident que le policier, c'est un citoyen, c'est un travailleur,
06:34c'est un père ou une mère de famille,
06:35qui peut avoir des enfants lycéens,
06:37qui peut lui-même souvent avoir été étudiant.
06:40Donc, écoutez, nous, on ne vient pas d'une autre planète,
06:41on est pleinement conscients de tout cela.
06:43Par contre, on a aussi une conscience
06:45qu'on ne peut pas totalement lâcher la rue au pillard, au révolutionnaire,
06:50parce qu'on l'a vu, 2500 policiers blessés,
06:52150 personnels de l'éducation nationale,
06:55des milliers de commerces saccagés,
06:57et tout ça malgré le déploiement des forces de l'ordre.
06:59Donc, écoutez, il y a évidemment une lassitude,
07:01il y a comprendre, en tout cas, certains manifestants,
07:04bien évidemment, avec leur revivification légitime
07:06que nous pouvons partager.
07:07Mais en tout cas, il y a cet engagement du service public,
07:11de la protection des personnes et de la protection des biens
07:13qui nous tient à cœur.
07:14Mais une fois de plus, il y a une usure certaine
07:16parmi nos hommes et nos femmes.
07:19David Léraud, vous êtes superviseur national Alliance Police.
07:21Il y a eu des discussions hier, pour ne pas dire des oppositions,
07:25sur quel parcours devait être autorisé à Paris.
07:29Finalement, le Conseil d'État a imposé,
07:31c'était dans la nuit, un parcours entre la porte de Magnolet
07:33et la porte de Charenton, loin du centre de Paris,
07:36alors que les manifestants se battaient pour un parcours
07:38entre Bastille et Nation.
07:40Le tribunal administratif avait d'ailleurs donné raison
07:42aux manifestants, avant que le Conseil d'État,
07:44évidemment, ne choisisse a priori la prudence,
07:46et ce qu'avait recommandé la préfecture de police.
07:48Est-ce que, pour vous, ça fait vraiment toute la différence également,
07:52que le cortège ne se soit pas passé dans le centre de Paris,
07:55mais plutôt en périphérie ?
07:56Est-ce que ça aide pendant les dispersions ?
07:59Malheureusement, c'est vrai que les faits me démentent un peu,
08:01dans le sens où la dispersion, manifestement,
08:02à Porte-de-Charenton, ne s'est pas si bien passée que ça.
08:05Alors, d'abord, il faut rappeler que ce n'est pas le gardien de la paix
08:07qui décide, qui fait le choix du parcours.
08:10Le gardien de la paix est là pour que ça se fasse bien,
08:11pour encadrer une manifestation.
08:14Après, force est de constater qu'effectivement,
08:16quand vous choisissez un parcours qui n'est pas jonché
08:19de ruelles étroites et de nombreux commerces,
08:22divers et variés, on a pu constater, samedi dernier,
08:26qu'il était plus simple à encadrer
08:28et qu'il y avait évidemment moins de pillages.
08:30Donc ça, c'est juste factuel, ce n'est pas une opinion.
08:33Je le redis, on est là pour garantir à chacun,
08:35à tout un chacun, la liberté de manifester.
08:37Mais on est là pour garantir toutes les libertés,
08:39c'est-à-dire que les commerçants ont le droit d'ouvrir.
08:41Les personnes ont le droit de se promener en famille,
08:44également, et les manifestants ont le droit
08:46de manifester.
08:47Et tout cela fait qu'il faut trouver une solution
08:49pour que l'ensemble de ces droits
08:50et de ces libertés soient respectés.
08:52C'est aussi le travail des policiers.
08:54Geoffroy Lejeune.
08:55Alors moi, j'ai une question qui est un peu
08:56le prolongement de celle d'Antonin tout à l'heure,
08:58mais on voit maintenant, le schéma se répète
09:00semaine après semaine de manifestations
09:02qui sont, on va dire, classiques
09:04et puis qui sont des prétextes pour les casseurs
09:06pour venir à la fin de la manifestation,
09:08ravager tout ce qu'ils peuvent.
09:09Ma question, puisque vous êtes touché, en effet,
09:11par des problèmes de pouvoir d'achat,
09:12vous êtes touché par des problèmes d'épuisement,
09:14on connaît la situation de poseurs supplémentaires, etc.
09:16Et on a entendu récemment des syndicalistes policiers
09:18dire qu'à un moment donné, ils allaient poser le bouclier
09:20et qu'on n'allait plus pouvoir compter sur eux
09:22comme on le faisait par le passé.
09:23Vous pensez que si ça se prolonge dans les semaines qui viennent,
09:25si le mouvement lycéen reprend, etc.,
09:27que ça peut durer combien de temps ?
09:28David Leroux.
09:31Écoutez, personnellement et même syndicalement,
09:33nous n'avons pas de visibilité à moyen terme.
09:36En tout cas, moi, j'ai eu l'occasion, à la tête d'une délégation,
09:39de rencontrer le Premier ministre
09:40qui était en déplacement à Limoges il y a quelques jours,
09:43ville martyre, si je puis dire,
09:44avec des dizaines de policiers blessés.
09:47Et même si on a retenu, évidemment,
09:48ces images incroyables de la mairie qui brûlait,
09:50mais moi, je peux vous le dire,
09:51il y a des dizaines de policiers qui ont été blessés
09:52ce jour-là à Limoges et j'étais à leur côté.
09:55Et comme nous avons dit au Premier ministre,
09:56la solution sera politique.
09:58Donc, nous, nous souhaitons évidemment
10:00que tout soit mis en œuvre pour une sortie de crise,
10:02par un véritable dialogue, ça, c'est une certitude,
10:05mais une fois de plus, pour écouter quand même
10:07de nombreux intervenants.
10:09Parfois, on a un discours révolutionnaire
10:10ou quoi que vous annonciez, ils n'arrêteront pas.
10:13Donc, les libertés publiques,
10:15les libertés fondamentales, c'est une chose.
10:17Il y a évidemment une responsabilité politique du gouvernement
10:19pour essayer de trouver une sortie de crise.
10:21Mais en tout cas, nous, les policiers,
10:22nous ferons notre travail pour assurer
10:23la sécurité des personnes et des biens
10:25et faire respecter les libertés fondamentales.
10:27C'est notre engagement au quotidien, jour et nuit.
10:29David Lerond, on a vu des nouveaux outils apparaître.
10:33C'est-à-dire que les manifestants, les émeutiers,
10:34s'organisent, c'est en tout cas ce qu'ils ont fait le 17 octobre.
10:37Ils s'organisent avec des applications comme BitChat.
10:39C'est une messagerie qui fonctionne sans réseau.
10:42Ou alors encore 17octobre.app,
10:44c'est une sorte de Waze du manifestant.
10:46Ça leur permet effectivement, quand vous n'avez pas de 4G,
10:47quand vous n'avez pas de Wi-Fi,
10:48de se retrouver aisément dans un rayon de 300 mètres.
10:52Est-ce que justement ces applications ne font que compliquer votre travail ?
10:56C'est une certitude.
10:57Tout ce qui permet, en temps réel, rapidement,
11:01et avec évidemment ces possibilités de communiquer sans être repérées,
11:07cela complique le travail des policiers.
11:08Parce que quand vous réunissez 200 ou 300 personnes,
11:10très rapidement, c'est compliqué de les arrêter.
11:143-4 individus, eux seuls, ne peuvent pas piller des magasins.
11:17Par contre, dès que vous avez un groupe de plusieurs centaines de personnes
11:19qui se retrouvent rapidement à un lieu précis
11:22avant que nous ayons pu nous déplacer une CDI ou une compagnie de CRS,
11:26effectivement, ça complique le travail.
11:28Donc là, il y a un vrai boulot à faire, si je puis dire,
11:31de la part des informaticiens et des ingénieurs, bien sûr.
11:33Mais c'est une certitude que ces réseaux cryptés
11:36nous posent de véritables problèmes.
11:39Et alors, il y a également eu des contrôles en amont.
11:42Plus de 1200 contrôles ont été faits dans les gares de Paris,
11:44de petites couronnes ce matin.
11:46Il y a eu des masques qui ont été confisqués à Lyon.
11:48Il y a eu des couteaux et des masques également saisis à Marseille.
11:51Ils étaient dissimulés dans un buisson, en l'occurrence.
11:53Est-ce que le travail, en fait, aussi des forces de l'ordre
11:55se joue vraiment avant même la manifestation
11:58et avant même l'encadrement ?
12:00Oui, tout est complémentaire.
12:01C'est-à-dire que ces contrôles préventifs et ces fouilles,
12:04moi, je suis arrivé en voiture par l'autoroute.
12:06Et au péage, évidemment, il y avait des gendarmes
12:08qui faisaient des contrôles aléatoires et des fouilles de véhicules.
12:11Voilà, ça permet quand même de trouver un certain nombre d'éléments explosifs,
12:16mortiers, parfois des armes artisanales, etc.
12:18Par contre, je tiens à porter à votre connaissance, par exemple,
12:21qu'aujourd'hui, à Bordon, on a interpellé deux jeunes majeurs
12:23qui étaient en possession de faux brassards de police
12:25et deux autres en possession de serflexes.
12:27Vous savez, ces menottes en plastique.
12:29Donc, cela nous laisse craindre, peut-être, des mises en scène
12:32pour accuser des policiers d'infiltrer les manifestations
12:34ou peut-être de s'en prendre en violemment des manifestants
12:37avec un brassard police à l'épaule.
12:39Donc, ça, c'est concret, ils sont actuellement en garde à vue.
12:41Et avec quelques bonnes images, vous pouvez faire une fake news
12:44et accuser, évidemment, une fois de plus, les policiers d'être violents.
12:47Alors qu'on l'a bien vu, jusqu'à une certaine heure de la journée,
12:50on a tout fait pour que ces manifestations se passent dans le calme
12:53et que cette liberté de manifester soit respectée.
12:56Mais surtout qu'en plus, ce genre de fake news sur les réseaux sociaux,
12:58effectivement, peuvent vraiment, vraiment embraser une situation.
13:00On se rappelle de ce qui s'était passé à Chambéry
13:02où, justement, ils avaient fait croire sur les réseaux,
13:05notamment à Chambéry, qu'il y avait eu un refus d'obtempérer
13:07qui s'était mal passé avec un policier
13:09qui aurait mis une balle dans la tête du conducteur
13:11alors que, pas du tout, les policiers, en fait, sont arrivés
13:13et, malheureusement, la balle dans la tête de ce monsieur
13:16était, en fait, déjà là.
13:17Donc, on pensait plutôt à un suicide.
13:18Mais sauf que la fake news avait embrasé la ville de Chambéry
13:21pendant deux jours.
13:22Donc, c'est aussi extrêmement grave si on regarde les fake news
13:25et, justement, les portées qu'elles peuvent avoir sur les réseaux sociaux.
13:28Oui, c'est extrêmement problématique.
13:30Vous avez rappelé cet exemple.
13:32Plus récemment, on a accusé deux motards
13:34de la police nationale à Limoges
13:36d'avoir dérobé des boîtes de chaussures
13:38alors qu'en fait, le procureur de la République,
13:40le propriétaire du magasin,
13:42enfin, bref, toute la chaîne de commandement judiciaire
13:45et même la victime de ces vols
13:47ont réaffirmé que les policiers agissaient sur ordre
13:50en appréhendant ces boîtes de chaussures
13:52pour les remettre et non pas les laisser traîner dans la rue.
13:55Donc, toutes ces fake news.
13:56Et imaginez, aujourd'hui, si ces jeunes
13:58qu'on a attrapés avec des brassards de police
14:00s'étaient filmés en train de jeter un pavé ou autre
14:04en faisant croire que c'était des policiers
14:05qui alimentaient la violence
14:07dans un but, évidemment,
14:09de faire un mauvais jeu de cette mobilisation.
14:13Oui, ces fake news, c'est particulièrement inquiétant.
14:15C'est dur de les contrer.
14:16Mais, en tout cas, les collègues font le maximum.
14:18Un grand merci, David Léraud,
14:20superviseur national Alliance Police,
14:22d'être venu sur Europe 1.
14:24Vous écoutez Europe 1, il est 18h27.
14:26Antonin André, quelle est votre analyse
14:28de la situation d'aujourd'hui ?
14:30Est-ce que là, on voit que le chiffre de 296
14:33interpellations sur tout le territoire est tombé ?
14:35C'est vrai que ça paraît assez faible,
14:37mais malheureusement, on s'est habitué
14:38à des chiffres tellement hauts,
14:39notamment le 17 octobre.
14:40Qu'est-ce que vous pensez ?
14:42Est-ce que vous pensez que la soirée
14:43va être très compliquée ?
14:44C'est encore un risque
14:45ou on est quand même dans un essoufflement ?
14:46C'est difficile à dire.
14:47On a quand même le sentiment
14:48d'une légère décrue,
14:50si on croit ne serait-ce que l'affluence,
14:52puisqu'on est passé de 410 000
14:54à 320 000 manifestants dans toute la France.
14:56On a toujours vu ces images de violence,
14:58mais me semble-t-il,
14:59de ce qu'on envoie à la télévision,
15:01ce sont des groupes qui sont quand même
15:02moins importants et moins massifs
15:03que ce qu'on a pu observer
15:04les semaines dernières.
15:06En revanche, sur le niveau de violence,
15:08il y a une image quand même
15:09qui nous a frappé cet après-midi
15:10qui passe au niveau de la Porte de Charenton
15:12et ce syndicat de policiers
15:13d'ailleurs l'a relevé.
15:14C'est un cocktail Molotov
15:15qui est envoyé sur des forces de l'ordre
15:16avec des CRS, des gendarmes
15:19qui prennent feu littéralement.
15:21Et effectivement,
15:23cette volonté de tuer,
15:24en tout cas cette gradation
15:25de la violence extrême
15:27est très inquiétante, je trouve,
15:29en règle générale,
15:30sur l'état de notre société
15:31et sur si la soirée continue
15:34sur les incidents
15:35qui pourraient se produire ce soir,
15:36même si à l'heure où on se parle,
15:38et je me réfère vraiment
15:40aux chaînes d'info
15:40parce que je vous avoue
15:41que je n'étais pas moi personnellement,
15:43on a le sentiment
15:44qu'on est dans un moment
15:45un peu de dispersion.
15:47Après, la crainte des policiers
15:48sur un retour de flamme,
15:50j'allais dire,
15:50dans la soirée du fait
15:51de la fête d'Halloween,
15:52évidemment, il faut être
15:53extrêmement prudent.
15:54La situation est loin
15:55d'être revenue à la normale
15:57et on sent bien
15:58qu'on est toujours
15:58dans un moment très éruptif.
15:59Geoffroy Lejeune,
16:00Antonin André,
16:01on reste ensemble,
16:02on continuera de parler
16:03évidemment de ces manifestations
16:04et de vous tenir au courant
16:05de ce qui se passe en direct.
16:07On ouvrira également
16:07une page un petit peu plus politique
16:09qu'on parlera des carburants,
16:10d'une réflexion du ministre
16:12de l'économie
16:12ainsi que de Sarah Knafo.
16:14On voit tout de suite
16:14sur Europe 1.

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