00:00Europe 1 Soir, 18h-20h, Pierre de Villeneuve.
00:04Pour m'accompagner jusqu'à 20h, Jean-Michel Salvatore, bonsoir.
00:08Bonsoir Pierre.
00:08Bonsoir Jules Thorez.
00:09Bonsoir Pierre, bonsoir à tous.
00:10De l'infiltré et du JDD.
00:12Bonsoir Christelle Niasme.
00:14Bonsoir.
00:14Merci d'être avec nous, vous êtes la maire de Villeneuve-Saint-Georges et vous poussez un cri aujourd'hui
00:18en disant, halte à LFI, dans les quartiers populaires, on n'a pas envie d'être de,
00:25ni de ce bord-là, j'allais dire, ni la caricature de ce qu'on appelle aujourd'hui la classe
00:33populaire, parce que selon vous, la classe populaire, ce n'est pas ça.
00:36Oui, oui, c'est ce que je regrette profondément, c'est cette caricature permanente, cette vision
00:43du monde qu'a la France insoumise et puis plus particulièrement de nos quartiers.
00:47Parce que je pense qu'il faut sortir de, comme vous l'avez très bien dit, ce bornage
00:50où dans nos quartiers, on serait tous anti-France, anti-sécurité, anti- peut-être même
00:58famille, je pense que le projet de la France insoumise, il est suffisamment mortifère
01:02pour qu'on n'ait pas à le décrire dans son ensemble.
01:06Moi, ce qui m'avait dernièrement révolté, c'était notamment les envolées lyriques
01:10de madame Guettet sur la famille.
01:15Moi, j'ai l'impression d'être un modèle désuet.
01:17Elle veut promouvoir les amis, c'est-à-dire que vous avez un ami ou une amie, et puis
01:22elle doit avoir les mêmes droits ou cet ami que votre mari, votre conjoint, il n'y
01:27a pas de raison que ce soit autrement.
01:29Oui, mais c'est dans la grande mouvance où on déconstruit tout, finalement, à la France
01:32insoumise, on déconstruit le travail, on déconstruit l'éducation, on le voit en ce
01:36moment, c'est le grand débat en ce moment d'essayer de comprendre ce qui mobilise,
01:41ce qu'il y a derrière, en fait, tous ces grands mouvements.
01:43Comment ça se passe d'ailleurs à Villeneuve-Saint-Georges ?
01:44Oh, à Villeneuve-Saint-Georges, vendredi, j'étais au milieu des mobilisations, parce
01:50qu'il y a deux choses, il y a les mobilisations et de l'émeute.
01:53Vous étiez au milieu des mobilisations ?
01:55Oui, je sais que je ne devrais pas.
01:56Dans l'état dans lequel vous êtes ?
01:58Alors, je précise aux auditeurs que vous êtes enceinte bientôt neuf mois.
02:01Neuf mois ? Il ne me reste qu'un jour, le 23, c'est le terme.
02:03D'accord, vous avez pris le risque, alors qu'il y a une femme qui a été éborgnée,
02:08il y a un enfant qui a perdu l'usage de sa main aujourd'hui, qui a la main arrachée.
02:12On est d'accord, qui a une extrême violence dans les mouvements, et je prends ce risque
02:16parce que je suis maire de ma ville, que je suis très inquiète pour mes équipements
02:20publics, parce qu'à côté, j'ai un lycée, j'ai un collège, j'ai deux écoles primaires,
02:24donc on a tous nos enfants et on a nos familles, donc on a des habitations, que je ne veux
02:29pas que chez moi, on se retrouve avec ce qu'on voit partout, des équipements brûlés,
02:34et puis plus important encore, avec, comme on l'a dit tout à l'heure, des jeunes éborgnés
02:40et abîmés, parce qu'on a des gens qui, de manière sous-jacente, 7 millions, et que
02:47nous, on sait, il faut quasiment un an pour obtenir des travaux, parce que ça coûte
02:51très cher, donc brûler un équipement, c'est remettre en cause toutes les conditions
02:55d'accueil de nos enfants aux établissements scolaires, et c'est hypothéquer leur chance
03:00de réussite, plus particulièrement sur des territoires comme le nôtre.
03:02Donc le risque, on le prend, on le prend pour nos jeunes, on le prend pour les écouter,
03:06pour apaiser, pour diviser, séparer les émeutiers.
03:09Vous arrivez à... Alors, vous êtes arrivé au milieu de la foule, racontez-nous, vous êtes
03:13arrivé au milieu de la foule, est-ce que vous avez été entendu, ou est-ce que les jeunes
03:17vous répètent inlassablement, soit les mêmes revendications, soit les mêmes injures ?
03:22Non, on n'est pas dans l'injure, on a... et c'est pour ça que je distingue vraiment
03:26les... il y a deux choses, il y a deux parties. On a de l'émeutier, et on a nos
03:30jeunes
03:31qui veulent faire partie d'un mouvement, qui veulent faire partie d'un mouvement,
03:34qui ont des choses à dire, qui ne sont pas complètement fausses, parce qu'ils parlent,
03:37ils témoignent de leur quotidien. Enfin, je veux dire, on a tous eu leur âge, en 98,
03:41on a été au lycée, on a fait quelques manifestations, peut-être, pour certains.
03:45Moi, je l'étais peu en 98, mais...
03:46Moi non plus.
03:47Bon, d'accord.
03:48Moi non plus.
03:49Donc, il y a eu ces temps où, voilà, on a des choses à dire, des choses à exprimer
03:55sur temps, sur le temps de travail, la modalité sur les emplois du temps,
04:00ou sur leurs conditions d'accueil ou de vie, ils ont des choses à exprimer dans leur génération.
04:04On a tous commencé l'école à 8h, et a fini à 18h, quand il faisait nuit noire.
04:09On est tous ressortis pour aller prendre le bus, le métro, ou à pied, dans le froid,
04:15avec un cartable de 10 kilos sur le dos, on a tous eu une heure ou une heure et demie
04:19de devoir après le dîner.
04:21Cosette !
04:22Qu'est-ce qui se passe ?
04:24Mais de l'autre côté, c'est pour ça que je distingue, il y a ce temps d'échange,
04:27pour le réciger.
04:28On sera d'énerver votre bébé ?
04:29Oui, enfin, c'est quand il entendra LFI qu'il s'énervera.
04:33Mais on se retrouve quand même dans la même situation qu'eux, et aujourd'hui,
04:36c'est vrai que c'est difficile à comprendre, même si ce n'est pas agréable d'être
04:3934 par classe.
04:39Jean-Michel Salvat.
04:40Vous dites halte à LFI, mais qu'est-ce que vous pouvez nous raconter sur l'activisme,
04:44de LFI dans votre commune, et autour des lycées de votre commune ? Comment ça se
04:49manifeste ? Qu'est-ce que vous avez vu ? Qu'est-ce qu'on vous a raconté ?
04:53Alors, ce que j'ai vu, c'est surtout ce qu'on a vu poindre, c'était au tout début
04:58des années, parce que vous savez que le mouvement, vraisemblablement, aurait pris naissance
05:02sur notre département, Val-de-Marne à Créteil, ce qui n'est pas très loin de chez
05:06nous.
05:06Et très tôt, on a vu sortir sur les réseaux, les réseaux comme type Snapchat ou des choses
05:12comme ça, un peu partout, sur tous les lycées des appels.
05:16J'ai une capture, enfin, avec des termes qui sont proches, on va dire, du verbatim et
05:22de l'imagerie que porte la France insoumise, incitant à, alors je reprends leurs termes,
05:29brûler des belles poux.
05:30Voilà, donc ça dit ce qu'on va y faire.
05:32Pour vous, c'est eux qui allument la neige ?
05:35On va dire qu'il y a une certaine proximité dans le langage, et quand, en plus, on voit
05:41notre député de la circonscription, on est sur Louis Boyard qui vient à Saint-Exupéry
05:48et qui, on le sait, parce qu'on a toutes nos équipes qui sont sur le terrain et qui
05:51échangent avec nos jeunes, et le propos, il est assez clair, c'est quand vous serez nombreux,
05:57plus vous serez nombreux et plus vous mettrez du désordre, je serai présent, je viendrai
06:01avec vous. Enfin, je veux dire, quel est le but, en réalité ? On n'est pas dans
06:05de l'appel au calme, on n'est pas dans une volonté d'accompagner...
06:09Donc, indirectement, en fait, il les envoie à l'affrontement avec, y compris les forces
06:13de l'ordre.
06:14Il les envoie, voilà, moi je...
06:16Il envoie des enfants.
06:17Des enfants, des enfants, parce que...
06:19Alors que M. Mélenchon, dans un tweet aujourd'hui, dit ce sont quand même des enfants,
06:23ce sont nos enfants, ce sont les enfants de la République, enfin c'est des enfants qu'on
06:26envoie au casse-pipe et à l'affrontement, parce que les forces de l'ordre,
06:31c'est pareil. Les forces de l'ordre, elles interviennent.
06:34Nos amis, les policiers, les CRS, ils préfèrent aller au cinéma ou faire une action utile
06:40plutôt que d'aller essayer de maintenir l'ordre avec des émeutiers, parce qu'encore
06:44une fois, et vous l'avez très bien dit, il y a les lycéens d'un côté et puis il
06:47y a les casseurs.
06:48Exactement, il y a les casseurs qui se réunissent, qui assèdent sur les réseaux sociaux, du mortier,
06:52des cailloux qui se réunissent.
06:53Est-ce qu'on entend M. Louis Bayard dire quelque chose contre les casseurs ?
06:55Mais certainement pas, certainement pas. Et moi je trouve très comique que la France
06:59Insoumise s'intéresse à l'avenir de nos enfants, alors qu'ils passent, et c'est
07:04ce qu'on disait un peu en amont, c'est que c'est dans l'idéologie, c'est dans la
07:06droite
07:06continuité de leurs promesses, on va dire électorales, de ce qu'ils portent en eux.
07:12C'est destruction de la famille, on avait quelques lois très récemment sur lesquelles
07:17ils ne se sont absolument pas opposés sur la protection des mineurs, et aujourd'hui
07:20on envoie nos enfants brûler des lycées, enfin je veux dire...
07:25Jules Torres, on a bien compris le rôle de toute manière de la France Insoumise dans
07:29l'instrumentalisation de nos jeunes. Moi j'avais une question, parce que j'ai vu
07:32notamment une vidéo, enfin j'ai vu évidemment ce que vous avez fait dans votre ville, j'ai
07:36vu une vidéo de Robert Ménard qui était très actif, notamment à Béziers, pour éviter
07:39que les fauteurs de troubles n'affrontent les policiers. Est-ce que le maire est équipé
07:44aujourd'hui, via la loi, via, je ne sais pas moi, un certain nombre de réglementations
07:50avec des arrêtés, est-ce que vous avez les moyens aujourd'hui, eh bien, d'assurer
07:54la sécurité dans vos villes, ou est-ce qu'au contraire vous êtes complètement démunis
07:57sur cette question, justement, des blocus lycéens ?
08:00On est dans le...
08:02C'est un niasme.
08:03Pardonnez-moi, oui. Moi, je vous le dis, moi en tant que maire, je me sens assez démunie
08:07aujourd'hui, moi je sens un épuisement de mes équipes, parce qu'on a bien évidemment
08:10notre police municipale, on a des équipes de médiateurs...
08:13Police municipale, vous êtes combien à 1900 ?
08:15On est 35 000.
08:16Non mais ils sont combien les policiers ?
08:18On est passé à 20 policiers.
08:19Voilà, attendez.
08:20Il y a eu une belle comique, c'est-à-dire que, pardonnez-moi, mais...
08:24Attendez, j'ai bossé dur, un problème !
08:26Non mais vous avez bossé dur, c'est parce que vous êtes bossé dur que vous êtes 20.
08:29On a augmenté les effectifs, on est d'accord.
08:31Non mais je dis, c'est important parce que quand Vincent Jambrun, la femme de Vincent
08:34Jambrun, lors des émeutes de 2023, s'est fait courser jusqu'à son domicile
08:40par des émeutiers. Je ne sais plus qui était le chiffre des policiers du commissariat
08:45de l'ALROS, mais c'était je crois 4 ou 5. Là vous êtes 20. Vous vous rendez compte
08:50quand même, la sécurité à la fois des Français et aussi des équipes municipales.
08:5419h26, on marque une pause et on continue la discussion avec vous, Christelle Niasme,
08:58en amont de cette deuxième, ou même troisième acte de mobilisation des lycéens et surtout
09:04des casseurs.
09:0518h-20h, Europe 1 Soir, Pierre de Villeneuve.