00:00On va repartir aux Etats-Unis parce que c'est peut-être la fin d'un épisode très embarrassant pour
00:05le président américain.
00:07Et d'ailleurs, on en a parlé depuis quelques jours avec certains d'entre vous déjà sur ce plateau
00:12puisque vous avez suivi avec nous sur BFM TV les derniers rebondissements de cette interminable épopée de l'USS Lincoln.
00:19Eh bien, les marins à bord, Ulrich Bounin, ont enfin un horizon.
00:23On a reçu des images du porte-avions George Washington il y a trois jours.
00:29Ça, c'est qu'il se préparait au départ et depuis ça y est, il a quitté le détroit de
00:34Malacca.
00:35On va voir avec Guillaume Ancel que tout ça va quand même prendre du temps.
00:38Mais là, ça y est, les choses se sont mises en place.
00:40Il y a eu des annonces, il y a eu des contestations, il y a eu des mots politiques et
00:46notamment ceux de Donald Trump.
00:47Mais cette fois, enfin, ça y est, on commence à voir le bout de cette histoire.
00:52On voit vraiment le bout de cette histoire parce qu'effectivement, l'USS Washington est arrivé sur zone
00:56et donc l'USS Lincoln est en train de partir.
00:58C'est le message qui a été fourni par le CENCOM.
01:00Il va falloir du temps pour rentrer jusqu'à San Diego.
01:02Mais effectivement, la rotation a été effectuée.
01:06Mais ce que ça démontre, c'est deux choses.
01:08La première, c'est que quand même, donc l'USS Lincoln, ça a duré extrêmement longtemps
01:10et ça montre quand même un petit peu l'absence de vision stratégique de Donald Trump
01:15qui décide de maintenir un petit peu ad vitam aeternam, un espèce de blocus sur l'Iran en espérant faire
01:20plier le régime
01:21et du coup en tirant sur la corde des hommes et du matériel qui sont situés sur place.
01:25Mais pour faire le lien avec le sujet précédent, c'est que du coup, cette USS Washington, il arrive du
01:29Japon.
01:29Et donc en fait, en faisant ça, Donald Trump affaiblit aussi encore un peu plus la posture militaire américaine
01:37dans le Pacifique, en gros, en Asie-Pacifique.
01:39Et donc du coup, ça aussi, ça ne passe pas inaperçu à Pékin et à Pyongyang.
01:43Alors puisqu'on en a quand même regardé de très près aussi ce qui se passait à bord,
01:46ce sont les familles, on va le rappeler, de ces marins qui ont donné l'alerte,
01:49qui ont essayé de mobiliser et la presse américaine et d'ailleurs des politiques américaines.
01:53Et ça a été le cas pour certains démocrates qui avaient ordonné qu'une mission soit déclenchée à bord.
02:01Et en fait, le chef du commandement militaire américain s'y est rendu,
02:05ce qui a peut-être accéléré les choses.
02:07On va se poser des questions très concrètes, Guillaume Ancel.
02:10La mission désormais de l'USS George Washington, c'est de prendre la relève de cette USS Lincoln.
02:17Concrètement, comment ça se passe ?
02:18Il y a un porte-avions qui s'en va, l'autre qui arrive.
02:23C'est sans doute un petit peu plus compliqué que ça.
02:26Oui, mais en fait, c'est une rotation sur une mission opérationnelle.
02:30C'est-à-dire que ce que devait assurer...
02:32Alors l'essentiel d'un porte-avions, c'est d'assurer des missions aériennes, bien sûr.
02:37Et par conséquent, toutes ces missions vont être reprises par le porte-avions George Washington.
02:43Ce qui est inquiétant, c'est que Donald Trump et son abruti de ministre de la Défense, Pitex-7,
02:49n'ont effectivement pas du tout compris comment fonctionnait un outil militaire.
02:53Et ils ont fait la démonstration de la faiblesse de la première armée du monde.
02:59C'est-à-dire que tout le monde considère aujourd'hui que l'armée américaine est la plus grosse puissance
03:03militaire du monde.
03:05Et ils ont montré à partir de quel moment elle ne savait plus faire.
03:08Le fait que ce soit les familles de l'Abraham Lincoln, enfin des équipages de l'Abraham Lincoln qui ont
03:14été obligés de monter l'alerte par des politiques,
03:16les démocrates, ça montre simplement que ce qui doit être géré normalement par l'US Navy, par la marine militaire
03:23américaine,
03:24et donc ce sont des décisions du ministre de la Défense qui sont attendues sur le sujet.
03:28Ah bah oui, normalement, après six mois, on ne laisse pas un porte-avions en mer, on le fait revenir.
03:33Six mois, on considère dans la marine que c'est le maximum de ce qu'un équipage peut endurer.
03:37On n'était pas en guerre, on n'est pas censé l'être.
03:41Donc le fait que cette chaîne de fonctionnement normale n'ait pas fonctionné montre que l'outil militaire américain est
03:50très mal utilisé.
03:51Et évidemment que ça va affaiblir Trump pour la campagne électorale, mais ça affaiblit aussi la position américaine dans le
03:58monde entier,
03:59puisque comme le rappelait Emmanuel Ulrich tout à l'heure, du côté asiatique,
04:03on voit ces outils de défense qui partent et qui laissent un vide, au même titre qu'à cause de
04:10la guerre contre l'Iran,
04:12les Américains ont vidé une grande partie des stocks de missiles intercepteurs, de missiles balistiques,
04:18donc destinés à protéger la Corée du Sud contre la Corée du Nord.
04:22Guillaume Ancel, ce qui a ému, et on entend évidemment l'enjeu stratégique,
04:27puisque le Pacifique, ou une partie en tout cas, est délaissée par ces navires.
04:31Mais ce qui a ému, et ce qui a aussi fait sans doute bouger les choses,
04:35ce qui a ému l'opinion publique américaine, ce sont les conditions de vie qui ont été décrites pour ces
04:39marins
04:39qui sont partis, on le rappelle, au mois de novembre de San Diego,
04:43et qui ne partaient pas du tout pour ce type de mission.
04:46Je précise aussi que je vous laisse quand même la paternité de l'adjectif que vous avez choisi
04:49pour qualifier Pete Exet, qui est le ministre de la Défense de Donald Trump.
04:54Là encore, très concrètement, il y a 5000 marins à bord.
04:57On a évoqué leur famille. Quand peuvent-ils espérer rentrer chez eux ?
05:03Alors oui, ils ont passé 240 jours sans interruption en mer, un petit peu plus à bord de ce porte
05:09-avions.
05:10Alors ils ne sont pas à quelques jours près, mais j'imagine qu'on ne parle quand même pas tout
05:13à fait de quelques jours.
05:15Alors en fait, quand je dis que Pete Exet est un abruti, ce n'est pas moi qui ai inventé
05:19ce terme,
05:20ce sont mes camarades officiers américains qui le décrivent de cette manière,
05:23en disant qu'il n'aurait jamais dû faire plus qu'être commentateur sportif sur Fox News.
05:27Et il ne comprend pas et il n'entend pas les militaires quand ils lui parlent.
05:31Surtout, vous vous souvenez qu'il a purgé une grande partie de l'état-major, du pentagon américain,
05:36dès le moment où des officiers américains ont dit « mais non, on ne peut pas gérer ça comme ça,
05:39on ne peut pas faire comme ci ».
05:40Typiquement, un porte-avions, on sait que la limite de résistance humaine est de l'ordre de six mois.
05:47Donc si on l'engage au-delà de six mois, c'est qu'on est dans une situation de guerre
05:51ouverte.
05:52Ça n'était pas le cas pour l'Iran.
05:54Et donc ils ont tiré sur la corde le fait qu'il y ait eu des incidents,
05:58beaucoup d'incidents, sur ce porte-avions mais aussi sur le précédent.
06:02Montre bien que l'outil est mal géré,
06:05mais maintenant que les équipages du porte-avions savent qu'ils vont repartir vers San Diego,
06:11la situation est complètement différente.
06:13parce que dans l'état d'esprit des équipes, c'est maintenant on revient chez nous,
06:19on fait bien les choses pour que tout se passe bien sur le bateau,
06:22mais leur mission est terminée en fait dans leur tête
06:25et surtout ils vont pouvoir se reposer, retrouver leur famille, etc.
06:29Ce qui est consternant, c'est qu'il ait fallu qu'il y ait cette mobilisation politique et médiatique aux
06:35États-Unis
06:35pour que ce soit géré de cette manière,
06:37alors que normalement on n'aurait jamais dû en entendre parler.
06:40Ce sont des incidents qui ne devraient pas exister,
06:43au même titre que sur le prédécesseur de Lincoln,
06:47on a fait face à des incidents très graves,
06:50notamment les tuyauteries qui ont été bouchées pour les toilettes,
06:54des incendies dans les buanderies,
06:56dont mes camarades marins me disent qu'ils sont rarement accidentels,
07:00ce genre de problème.
07:02Voilà, c'est plutôt un équipage qui est poussé à bout
07:04et qui finit par saboter lui-même certaines installations réputées être peu critiques
07:10mais qui gênent la vie au quotidien pour dire maintenant ça suffit.
07:13Et il est probable que Donald Trump le paye cher aux États-Unis
07:17où je rappelle que les vétérans américains sont extrêmement nombreux aux États-Unis,
07:22parce qu'en général on sert peu d'années dans l'armée américaine,
07:25sauront se souvenir de la manière dont il a mal traité l'institution militaire américaine.
07:32– Et on rappelle que votre ami Pete Exet, il y a encore quelques mois,
07:37quelques semaines, disait que tout ceci n'était que fake news
07:41et vous parliez des conditions de vie des marins.
07:43Alors il y a oui, la nourriture a varié, les problèmes de tuyauterie,
07:46mais il y a quand même, il faut le rappeler, un marin qui est passé par-dessus bord,
07:49c'était début août et qui a été secouru et pris en charge.
07:53L'objectif en fait, purement militaire, c'est, pour terminer et pour en revenir à ce sujet-là,
08:00c'est de maintenir une capacité de frappe et de défense aérienne suffisamment importante
08:05à proximité de ce détroit d'Hormuz,
08:07qui reste le point de blocage le plus crispant pour Donald Trump face à l'Iran.
08:12– Il y a de ça, mais il y a aussi surtout assurer le blocus en fait.
08:15Donald Trump est véritablement décidé, semble-t-il,
08:18à mener une guerre économique sur le très long terme avec les Iraniens,
08:22en espérant que ça les fera craquer,
08:23puisqu'ils n'arrivent pas ni à obtenir la dénucléisation,
08:26ni à obtenir la réouverture du détroit d'Hormuz dans des conditions satisfaisantes.
08:29– Et donc effectivement, il maintient un dispositif militaire relativement important
08:33au large de l'Iran, pour essayer de faire plier le régime
08:36en maintenant un blocus maritime relativement strict.
08:39Le problème de ça, c'est qu'encore une fois, on fait venir un nouveau porte-avions,
08:42mais il n'y a pas de fin en fait à cette opération,
08:44ça pourrait potentiellement durer encore six mois, un an, etc.
08:47Donc le problème de ça, c'est que ça mobilise énormément
08:50des troupes américaines dans un endroit pour, encore une fois,
08:54quelque chose qui n'a pas véritablement de stratégie derrière.
08:56– Merci, on va continuer de suivre évidemment,
08:58et puis on regardera, on suivra ces images
09:00lorsque ces marins auront regagné les eaux américaines,
09:05puis le sol américain, et puis leur famille.
09:08Il faut savoir que même en temps de paix,
09:10la vie à bord d'un porte-avions demande d'être très bien préparée,
09:13c'est ce que vous allez voir d'ailleurs dans un instant,
09:15puisque nous vous proposons d'embarquer avec Alex Garry
09:17à bord du Charles de Gaulle, le navire amiral français.
09:21Il est capable de projeter sa force militaire en déployant des rafales
09:25en moins de 20 minutes.
09:26– Sous-titrage Société Radio-Canada
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