- il y a 6 semaines
Envie de reprendre un peu d’info ? Ça tombe bien c’est le week-end et on peut encore plus prendre son temps. 120 minutes pour revenir sur les événements avec les acteurs de l'actualité.
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00:00– Sur le papier, voilà à quoi devrait ressembler la tournée de Patrick Bruel
00:06qui avait été annoncée au mois de février et qui pour l'instant est encore à l'ordre du jour.
00:1135 dates dans 35 communes, mais ça c'est sur le papier seulement
00:15puisque certains maires des villes concernées refusent, ou disent en tout cas qu'ils ne souhaitent pas accueillir ces concerts
00:22et leur nombre, on va le voir dans un instant, ne cesse d'augmenter.
00:25Et parmi eux, quelques exemples, parce que je voudrais que l'on comprenne ce qu'ils disent et pourquoi ils
00:30veulent prendre ces décisions.
00:32Alors parmi eux, il y a le maire de Chartres, le maire de Chartres qui était sur le plateau de
00:36BFM TV aujourd'hui, on l'écoute.
00:38Si ces concerts se tenaient, il y aurait très probablement des centaines, voire des milliers de manifestants
00:43qui viendraient perturber la bonne tenue de ces concerts.
00:46Ça nous obligerait, nous, à mobiliser des moyens pour garantir la sécurité et l'ordre public qui sont gigantesques.
00:52On est très inquiets, il y a un malaise à Chartres, énorme sur ce sujet, avec une grande peur que
00:57ça dégénère en réalité.
00:59Donc moi, en tant que maire, j'entends ce que me disait Chartresin, je veux garantir l'ordre public.
01:03J'en parlerai évidemment le cas échéant avec les services de l'État, mais là, vraiment, c'est ma responsabilité.
01:09Deux autres maires, entre autres, se sont exprimés.
01:12Le maire de Tours, pour qui l'annonce du maintien de cette tournée suscite incompréhension et colère.
01:17Et puis le maire de Caen, qui estime que face au nombre de plaintes, M. Brouel faisant l'objet de
01:23procédures judiciaires, je cite,
01:25aurait dû de sa propre initiative et en responsabilité décider de suspendre ou d'annuler sa tournée dans l'attente
01:32du jugement.
01:34Chartres, Tours, Caen, Julien Migo-Muller, la liste de ces villes ne cesse de s'allonger.
01:40Oui, et regardez cette carte qu'on a mise à jour.
01:43Ce ne sont pas les seules villes, justement, qui ont invité Patrick Duruel à ne pas représenter, à ne pas
01:48faire de concert dans leur ville.
01:50Il y a également Nantes, Saint-Etienne, Périgueux, Montpellier, Toulon, Marseille, Paris, et même à l'étranger, du côté de
01:55Forêt, en Belgique.
01:56Et là, on va se demander, est-ce qu'un maire ou un préfet a le droit d'annuler, tout
02:01simplement, un concert ?
02:03Eh bien, la réponse est oui, mais ça n'est pas sans condition.
02:06Il y en a deux. Il faut déjà pouvoir caractériser l'existence d'un risque avéré de trouble à l
02:11'ordre public,
02:11mais également démontrer que cette décision d'interdiction est nécessaire et surtout proportionnée.
02:17Julien, est-ce qu'il y a un risque de trouble à l'ordre public ? C'est évoqué par
02:21certains. En tout cas, une crainte.
02:23Alors, il peut y avoir une crainte de trouble à l'ordre public, mais regardez, justement, ce que c'est
02:29l'ordre public en France.
02:31Il est caractérisé par la sécurité.
02:32Ça peut être des manifestations, par exemple. Là, on pense à des manifestations d'associations féministes.
02:38Ça peut être la tranquillité, la salubrité, la moralité. Ça peut être le débat, là, qui nous concerne, mais également
02:43la dignité humaine.
02:45Et puis, Julien, en cas d'annulation, autre question. Qui va, doit indemniser les spectateurs ?
02:52Eh bien, si l'annulation est simple, sèche, eh bien, c'est tout simplement les organisateurs et leurs assurances qui
03:00doivent défrayer les spectateurs
03:01qui ont dépensé de l'argent pour acheter leur billet. Mais l'artiste peut tout simplement dire, voilà, stop, là,
03:07c'est une atteinte à ma liberté d'expression.
03:09Et il peut faire un recours devant la justice administrative. Et dans ce cas, eh bien, la justice administrative va
03:15devoir trancher.
03:16L'artiste peut être débouté. Et dans ce cas, ça s'arrête là. Mais si l'artiste, justement, si la
03:21justice donne raison à l'artiste,
03:23eh bien, dans ce cas, c'est l'État ou la municipalité qui va devoir mettre la main au portefeuille.
03:28Merci beaucoup, Julien, pour ces précisions. Nous avons également un avocat sur ce plateau. Bonsoir, maître.
03:34Effectivement, sur la carte, on a mis les maires invitants à ce stade. On en est là parce que ce
03:40n'est pas si facile de dire
03:42« Non, vous ne jouerez pas dans ma commune si tout a été réservé ».
03:47Alors, techniquement, juridiquement, c'est une violation ou alors c'est une limite qui est faite à une liberté du
03:54commerce et de l'industrie
03:55ou la liberté d'expression, la liberté artistique. Donc, c'est des libertés qui sont garanties par le droit positif
04:03français.
04:04Et effectivement, Patrick Bruel, s'il y a un maire qui s'oppose à sa venue, peut saisir le juge
04:10administratif en référé
04:11pour venir dire « Vous portez une atteinte disproportionnée, manifestement illicite, à ma liberté, par exemple, de travail, de commerce
04:20ou de l'industrie ».
04:21Je vais prendre un exemple. La question de la dignité. La question de la dignité, c'est la dignité du
04:25spectacle.
04:26Donc, ce n'est pas la dignité ou l'indignité de ce qu'aurait pu commettre sur un plan pénal
04:30et pour lequel il y a une enquête pas très bruelle.
04:33C'est « Est-ce que les chansons qui chantent portent atteinte à la dignité, etc. ? »
04:40Et la réponse est bien sûr non. Donc, ces chansons ne sont pas outrageantes, en elles-mêmes ne constituent absolument
04:48pas une atteinte à la dignité.
04:49Donc, on ne peut pas invoquer ça.
04:51– L'atteinte, le risque d'atteinte à de l'ordre public, et ça a été dit sur vos plateaux
04:55par certaines responsables
04:57des associations féministes extrêmement engagées dans l'élévation des consciences de tout le monde sur la question des agressions sexuelles.
05:05Vous savez, mais nous, l'action militante n'est pas susceptible de troubler l'ordre public.
05:11On va peut-être troubler un cancer. Ça, c'est possible. C'est probable.
05:14– Mais d'ailleurs, on a vu les représentations qui se tenaient au théâtre Édouard VII.
05:19Elles ont été interrompues, pour certaines, par quelques militantes.
05:24On ne peut pas parler de… C'est pas ça un trouble à l'ordre public.
05:27– Exactement.
05:27– Et ça entre aussi dans leur droit à elles, dans leur propre liberté d'expression,
05:33que d'aller exprimer peut-être un désaccord tel qu'elles l'ont fait dans une salle de spectacle.
05:36– Exactement. Et donc, le juge administratif, s'il était saisi en référé par Patrick Bruel,
05:42pourrait annuler, en référé dans une procédure d'urgence,
05:46les décisions d'interdiction des concerts de Patrick Bruel.
05:49– C'est pour ça qu'on est en fait dans un bras de fer médiatico-politique.
05:53On se rend compte que Patrick Bruel, au mois de mai, il a voulu s'acheter trois mois de tranquillité.
05:57Il s'est dit, j'annule mes concerts à Paris, au cirque d'hiver, ils arrivent trop vite.
06:01J'annule la tournée des festivals, parce que là, pour le coup, l'économie n'était pas la même,
06:04et eux avaient aussi un peu la main. Et après l'été, la pression sera peut-être redescendue.
06:08J'arriverai le 2 octobre, avec une tournée beaucoup plus importante économiquement parlant,
06:1234 dates, des grandes salles, des zéniths qu'il autoproduit.
06:15Sauf qu'on est en train de voir là que maintenant, il y a une forme d'élévation politique et
06:21médiatique
06:21qui se met en place, que des maires montent au créneau, qu'on voit sur nos plateaux,
06:24alors avant que c'était peut-être quelques communiqués qui sortaient au mois de juin,
06:27et que là, certains disent à Patrick Bruel, prenez vos responsabilités,
06:31laissons la justice travailler sereinement, écoutons les victimes,
06:36on arrive à 32 plaintes, et retirez-vous de vous-même.
06:40C'est cette expression qui revient tout le temps, parce que, évidemment, juridiquement,
06:43ils n'ont aucun levier, ils ne peuvent pas casser les contrats qui les lient à l'artiste.
06:48Le maire de Vaison-la-Romaine disait, moi, si j'annule de moi-même,
06:51ça va être 200 000 euros à peu près que je vais devoir au chanteur.
06:54Le chanteur sera dans sa position totalement légale de poursuivre en justice ses communes.
07:01Il y a des communes qui n'ont pas, d'ailleurs, de part.
07:02À Reims, par exemple, c'est une salle totalement privée qui va recevoir le chanteur,
07:06donc il n'y a même pas de débat, par exemple.
07:07Il y a eu, en fait, des précédents, c'était Dieudonné ou le rappeur Frisk Orléon,
07:11mais là, pour le coup, il y avait un contenu antisémite d'appel à la haine.
07:15Vous parlez de ce qu'ils disaient sur scène ?
07:17Ça, c'est possible, voilà.
07:18Et on n'imagine pas, en effet, des débordements entre des fans de Patrick Bruel
07:22et des associations féministes qui vont...
07:25Il y aura peut-être quelques mots un peu plus forts les uns que les autres,
07:29et c'est à peu près tout ce qu'il y aura.
07:31Moi, j'ai quand même une question pour vous, puisque vous êtes avocat, si je peux me permettre.
07:35Sur le trouble à l'ordre public, c'est intéressant.
07:37On a vu, il y a la tranquillité, donc on comprend des résidents.
07:40Donc ça veut dire à quel moment, quand les gens mettent du bazar dans la rue,
07:44on considère qu'il y a une tranquillité ?
07:46Alors, même si, évidemment, on sait que les féministes ne sont pas violentes
07:50et que le spectacle, il n'y aura pas probablement de trouble à la dignité.
07:54Néanmoins, on a parlé de la moralité.
07:56Donc si, par exemple, on a, je ne sais pas, des fémenes qui, comme à leur habitude,
08:00se mettent les seins nus, est-ce que là, par exemple, ça serait un trouble à la moralité ?
08:05Voilà.
08:05Alors, je vais répondre à ce point-là qui est intéressant.
08:09Est-ce que c'est le spectacle de lui-même, de Patrick Bruel, qui poserait un problème ?
08:15Ou est-ce que c'est le comportement d'une tierre ?
08:18Et là, vous voyez, si c'est des fémenes qui se mettent nus, qui s'exhibent,
08:22on peut considérer que c'est une exhibition sexuelle,
08:24sauf qu'en fait, la jurisprudence leur autorise en France de faire ça au nom de la liberté d'expression,
08:30comme un moyen presque d'exprimer une contestation,
08:34on s'aperçoit qu'ils seraient sanctionnés par le comportement de tiers.
08:40Et c'est pour ça que le juge administratif doit trancher.
08:44Et quand même, ce qu'on comprend dans ce que disent les maires qui s'expriment depuis hier soir,
08:51ce matin et au fil de cette journée, c'est pas tellement ça.
08:55Ils disent, il y a un malaise.
08:56Eux-mêmes, d'ailleurs, ils disent, moi, je ressens un malaise de mes administrés
09:00et à titre personnel, je ressens aussi un malaise.
09:02Et j'aimerais d'ailleurs qu'on vous retrouve, Maître Olivier Pardot, bonsoir,
09:06et vous faire réagir un autre maire.
09:09Tiens, autre propos tenu aujourd'hui.
09:11Le maire de Brest qui dit, la présomption d'innocence n'empêche pas le silence des consciences.
09:19Bon, c'est une formule qui est vide de deux sens.
09:24Rappelons les choses très simples.
09:26Quatre juges d'instruction ont placé Patrick Bruel sous contrôle judiciaire.
09:30Ils avaient la liberté de lui interdire de faire des tournées.
09:33Ils ne l'ont pas fait.
09:35Est-ce que pour autant, les maires peuvent se substituer à la justice ?
09:39Oui, s'il y a des conditions.
09:40Ces conditions, vous l'avez dit dans votre plateau, et mon confrère l'a fort bien dit,
09:45ne sont absolument pas réunies.
09:47Et en plus, ça serait donné ou prime à ceux qui créent le trouble pour empêcher les spectacles.
09:53Rappelons que les maires, qui sont également les gardiens de la tranquillité publique et de la liberté,
10:02ne peuvent pas ainsi démissionner en disant « ça trouble les consciences ».
10:07S'il y a un trouble des consciences, les spectateurs dans notre pays sont libres de ne pas se rendre
10:13à ce spectacle,
10:14de faire en quelque sorte un boycott volontaire.
10:19Et on verra bien s'il y a des spectateurs.
10:21Enfin, il faut comprendre une chose.
10:23On ne va pas mettre à bas tous les défis de notre état de droit pour M. Patrick Bruel.
10:29C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il y a une liberté qui existe dans notre pays.
10:33Il faut l'assumer parce que sinon, on ouvre la porte à toute une série de dérives
10:38où chaque fois qu'un artiste, qui est présumé innocent, je le rappelle,
10:42parce qu'on est au stade de l'instruction,
10:45qu'un artiste est ainsi poursuivi, il ne pourrait plus travailler.
10:50Et en plus, j'ajoute un dernier point que l'on a tendance à oublier,
10:54c'est que derrière Patrick Bruel, il y a des centaines de techniciens,
10:58il y a des centaines de gens qui travaillent,
11:01il y a toute une économie qui est derrière cela.
11:03Et donc, pour des problèmes de malaise,
11:06mais en réalité des problèmes souvent politiques de ces maires,
11:10on voudrait les empêcher de travailler.
11:12Tout cela n'est pas sérieux, tout cela est disproportionné.
11:15Alors ces maires, on a regardé sur l'échiquier politique,
11:18c'est pas, je ne sais pas si c'était ce à quoi vous faisiez allusion,
11:22mais alors ils sont de tous horizons politiques.
11:25C'est tout à fait transpartisan quand même, Olivier Pardot.
11:28Est-ce que ça ne va pas devenir un petit peu intenable ?
11:32Parce que vous disiez, il peut faire ses concerts,
11:34mais si ça se trouve, des gens ne vont pas y aller.
11:38Il pourrait aussi, et il aurait pu, et on le disait,
11:41ces trois derniers mois, Patrick Bruel s'est tenu en retrait de la vie publique.
11:46Peut-être se mettre aussi en retrait le temps que se déroule cette instruction.
11:52Je le rappelle, quatre mises en examen.
11:55Il est placé sous le statut de témoin assisté concernant quatre autres affaires.
11:59Et il y a aujourd'hui 32 plaintes qui ont été déposées.
12:03Vous avez raison, mais vous ne pouvez pas mettre comme cela
12:06à bas tout un système judiciaire.
12:08Aujourd'hui, il y a une instruction qui est en cours,
12:10il est présumé innocent.
12:11Il y a des mesures qui ont été prises à son encombre
12:13qui ne prévoient pas son empêchement de faire des tournées et de travailler.
12:18Donc, il y a une prise de conscience qui doit être faite.
12:21Soit dans ce pays, on veut, dès qu'il y a une poursuite
12:24sur des violences sexuelles et sexistes, dire, on le met hors du champ.
12:29Et ça, ce n'est pas à l'opinion de le dire, c'est au juge.
12:32Il ne l'a pas dit.
12:33Et pardonnez du peu.
12:34Il y a quatre juges d'instruction du premier tribunal
12:37ou du second tribunal de France, qui est le tribunal de Nanterre,
12:41vous imaginez bien que le problème a été posé.
12:44Ce que je veux dire par là, c'est que ces maires sont peut-être
12:47de tendances politiques différentes, mais ils ont quand même
12:51la démagogie en commun.
12:54Parce qu'au fond, c'est se faire à bon compte ainsi
12:58des pourvoyeurs d'une moralité qui n'a pas cours.
13:04Si Patrick Bruel, d'ailleurs, la comparaison est dieu donnée,
13:07vu le déferlement antisémite qui touche Patrick Bruel,
13:11me paraît toujours choquante.
13:12Mais enfin, si Patrick Bruel avait dans ses spectacles un appel
13:17à un comportement libertin, je le comprendrais,
13:21mais ce n'est pas du tout le cas.
13:22Et donc, on voudrait empêcher un artiste d'agir parce que ceux
13:27qui le contestent risquent de manifester.
13:29Vous voyez que là, il y a un paradoxe qui ne peut pas résister
13:32dans un état de droit.
13:33C'est logique, on verra.
13:34Ces maires, ils ont été élus récemment, donc a priori,
13:37ils ne sont pas en campagne électorale.
13:39Et ils évoquent tous aussi quelque chose de leur propre conscience.
13:45On peut la mettre en cause, mais en tout cas,
13:48cela fait partie de leurs arguments.
13:50Et ils disent vouloir se tenir aux côtés de ces femmes
13:53qui ont porté plainte et vouloir entendre leur voix.
13:55Maître Isabelle Steyer, vous êtes également en ligne avec nous.
13:59Aujourd'hui, effectivement, Patrick Bruel n'a aucune interdiction
14:03de monter sur scène.
14:05Une audience est prévue en septembre, elle concerne son contrôle judiciaire.
14:10Est-ce que, compte tenu des réactions qui ont suivi d'abord
14:15l'allègement de son contrôle judiciaire, ça on l'a appris là encore
14:19il y a quelques jours, Patrick Bruel a passé quelques jours à l'étranger
14:21et puis il est revenu en France.
14:23Et puis dans la foulée, on a eu la confirmation que cette tournée
14:26des 35 ans, en tout cas pour l'instant, était maintenue et allait se tenir.
14:31Est-ce que ce contrôle judiciaire, il peut être durci ?
14:35Et est-ce que, d'une certaine façon, des mesures pourraient être prises ?
14:38Il y a des concerts à l'étranger, par exemple, si je ne me trompe pas,
14:41et notamment en Belgique.
14:42Eh bien, que l'on dise à nouveau, pas d'autorisation de sortie du territoire,
14:46donc ces concerts-là, de fait, ne pourraient pas se tenir.
14:51Alors là, vous ouvrez une porte que l'on n'a pas ouverte.
14:55Je suis d'accord avec tout ce que mes confrères, évidemment,
14:57ont dit précédemment.
14:58La porte serait que la Cour d'appel de Versailles interdise,
15:04dans le cadre de ces interrogations que nous avons aujourd'hui,
15:08interdise à Patrick Bruel d'exercer son métier.
15:11et donc prononce une interdiction qui n'a pas été effectuée
15:17par les quatre juges d'instruction, jusqu'à présent saisie du dossier.
15:20Tout est possible.
15:22La Cour d'appel peut effectivement resserrer les obligations du contrôle judiciaire.
15:28C'est possible, au regard de ce que nous vivons aujourd'hui.
15:32Il y a quand même une question que je me pose à la faveur de tout ce qu'on se
15:35dit,
15:35c'est que l'interdiction qui est faite par ces mères,
15:41c'est peut-être aussi la peur, nouvelle, mais qui n'a pas lieu d'être,
15:49des manifestations féministes.
15:51C'est que les féministes qui sont devant les portes des cancers
15:58ou qui ont pu monter sur scène,
16:00mais on a vu qu'elles étaient très peu nombreuses malgré tout,
16:03on vient dire qu'elles trouvent l'ordre public.
16:07C'est peut-être aussi le message sous-jacent
16:09qui est signifié dans ces interdictions.
16:14Or, elles ont elles aussi une liberté d'expression
16:18qui est de pouvoir se manifester devant des portes de concert,
16:23devant un concert,
16:24pour venir sensibiliser une opinion publique
16:28qu'il est déjà ou pas,
16:30ou pour venir entraîner une position à l'égard du concert.
16:34Et c'est peut-être ça aussi que veulent stopper les mères.
16:39Parce que quand on avait des chanteurs qui se produisent,
16:44c'est toujours le cas,
16:45de rappeurs qui tiennent les propos,
16:46alors, pour le coup, très anti-femmes,
16:51très attentatoires aux femmes,
16:54attentatoires à l'image des femmes,
16:57parfois racistes ou antisémites.
16:59Là, excusez-moi,
17:00mais je n'ai jamais vu d'interdiction faite par les mères,
17:04alors même que ces femmes,
17:07on a pu dire d'elles qu'elles se font maritre inténier,
17:10ou tenir des propos contre elles,
17:13contre leur physique,
17:14contre ce qu'elles sont,
17:15ou contre l'égalité hommes-femmes.
17:16Là, il n'a rien eu.
17:18Et comme par hasard,
17:19on a quelques femmes qui manifestent,
17:21et on vient avoir des interdictions,
17:25en fait, à Patrick Durel éventuellement de se produire,
17:27alors même que la liberté des femmes de manifester,
17:32effectivement, leur opinion à l'égard d'un homme
17:34qui est mis en examen malgré tout,
17:37eh bien, c'est aussi un droit,
17:40le droit de se manifester,
17:41et le droit de venir former à trompement
17:45et de venir expliquer ce qu'il en est.
17:48Donc, on peut aussi le prendre pour cela,
17:51une interdiction de venir manifester
17:55de la part de ces femmes-là.
17:57Merci, Isabelle Steyer.
17:58En quelques secondes,
18:00ce que l'on entend de la part de ces mères,
18:03c'est aussi qu'ils disent à Patrick Bruel,
18:04c'est une forme d'appel,
18:05entre guillemets,
18:06ils lui disent,
18:06c'est un appel à la décence.
18:08Oui, bien sûr, en fait,
18:09évidemment, la solution,
18:11ce serait que Patrick Bruel,
18:12naturellement, se retire,
18:14vu la pression qu'il y a aussi des féministes.
18:17Et je salue, bien sûr, Maître Steyer,
18:19qui est une grande avocate
18:20qui défend les femmes
18:21dans de très nombreux contextes.
18:24Évidemment, la solution serait plus simple
18:26plutôt que d'avoir des mères
18:27qui risquent, en effet,
18:28de perdre 250 000 euros
18:30s'ils venaient annuler.
18:31Et là, ce qui était quand même intéressant,
18:32et on l'a mentionné,
18:33c'est qu'on a des responsables politiques
18:36de tous les bords.
18:36C'est suffisamment rare pour le souligner
18:39qu'ils sont de plus en plus, eux aussi,
18:42sensibilisés aux violences contre les femmes.
18:45Mais on ouvre un débat, en tout cas, maintenant.
18:46Si vous vous êtes mis en examen,
18:48quand vous êtes artiste,
18:48vous ne pouvez presque plus faire votre travail.
18:51et c'est un peu ça
18:51qui est intéressant à suivre aussi.
18:53Et c'est un débat, évidemment,
18:54qui va durer.
18:55Vous parliez d'un consensus politique.
18:57Alors, c'est vrai que sur les autres sujets,
18:58merci à tous les trois.