Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 2 jours
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00On va rester sur le théâtre d'opérations militaires, mais on va quitter l'Asie, la zone pacifique,
00:05pour revenir remarquer, elle est liée à la zone Europe, bien évidemment,
00:08pour regarder ce qui se passe en Ukraine cette fois-ci.
00:11L'Ukraine, c'est une guerre qui est en phase de haute intensité, on le sait,
00:15Kiev a été durement touchée par des missiles balistiques,
00:18Cyril Lamourski, attaque de missiles balistiques sur la capitale.
00:23Absolument, cette nuit, la capitale a été ciblée, ainsi que la région,
00:27non pas des missiles balistiques, mais également des drones et des missiles de croisière.
00:30On parle à peu près d'une dizaine de missiles balistiques,
00:33dont des missiles Iskander-M de production russe, mais aussi des missiles nord-coréens,
00:37notamment les KN23, qui sont utilisés depuis en plus récemment,
00:40au cours de ces dernières semaines, pour cibler la capitale.
00:43Au total, 16 morts à Kiev même et dans sa région.
00:46Demain a été déclaré comme une journée de deuil dans toute la région.
00:49Parmi les sites touchés, il y a des entrepôts d'entreprises différentes,
00:53notamment de l'entreprise française Yves Rocher,
00:56qui a déclaré que désormais, il ne prendrait plus de commande en ligne à cause de cela.
01:00Il y a également un entrepôt, un centre plutôt de la Croix-Rouge qui a été touché,
01:04mais aussi un centre pédiatrique et un bâtiment résidentiel.
01:08Les huitièmes et neuvièmes étages ont été touchés directement par un missile.
01:12On dénombre donc 16 morts, plus d'une trentaine de blessés.
01:16Et au cours de ces dernières semaines, on voit une véritable intensification,
01:19comme vous l'avez dit, avec l'usage massif de missiles balistiques
01:24que l'Ukraine désormais n'a plus la possibilité d'intercepter,
01:27faute de missiles patriotes et d'autres moyens anti-balistiques pour les détruire.
01:31– On imagine de nouveau l'impact sur la population, Philomène.
01:35– Oui, parce qu'il l'a très bien dit, Cyril,
01:38mais il y a eu un hôpital pédiatrique, il y a eu un centre de la Croix-Rouge qui a
01:42été visé.
01:42Et surtout, ils ont refrappé les infrastructures énergétiques.
01:46Là, il y a 90 000 personnes qui sont privées d'électricité dans la capitale et autour.
01:52Et en fait, normalement, les Russes, cette campagne contre les infrastructures énergétiques,
01:55ils la commencent plutôt plus tard, plutôt vers l'automne.
01:59Là, on voit bien qu'ils ont démarré beaucoup plus tôt.
02:01C'est évidemment une guerre de la terreur pour la population.
02:04Je veux dire, quand on vient frapper des hôpitaux pédiatriques,
02:08bon, a priori, il n'y a quand même pas trop d'erreurs.
02:10Et puis surtout, il faut bien s'imaginer, ça fait 4 ans et demi que la population ukrainienne,
02:15tous les hivers, ils ont froid.
02:17Et là, on vient déjà leur couper tout ça, l'électricité, avant 90 000 foyers privés d'électricité.
02:23Et j'aimerais ajouter encore quelque chose.
02:24Il y a 40 000 personnes hier qui sont descendues dans le métro, dans la capitale à Kiev.
02:29Il faut bien s'imaginer que quand c'était plus des drones Shahed qui étaient envoyés,
02:34que la population savait que les autorités pouvaient les intercepter,
02:37ils ne descendaient plus vraiment les Ukrainiens dans ces bouches de métro
02:40parce qu'en fait, au bout d'un moment, on est fatigué par cette guerre.
02:44Mais là, moi, je suis très impressionnée par ce chiffre.
02:46Ça veut dire que là, vraiment, ils savent, la population ukrainienne comprend en fait
02:51qu'ils sont en train de viser les Russes leur talon d'Achille.
02:54Donc en envoyant des missiles balistiques que les autorités ukrainiennes ne peuvent pas intercepter,
03:00faute de système patriote.
03:02Ça veut dire, Nathalie Schirine, que cet hiver sera encore plus difficile,
03:07encore plus compliqué à vivre que les précédents ?
03:10Oui, déjà l'été, parce qu'en Ukraine, il fait chaud aussi l'été.
03:15Et on oublie qu'ils ont l'air conditionné à Odessa.
03:18Il peut faire 40 degrés aussi.
03:20C'est très très chaud.
03:22Et l'électricité, c'est aussi pour prendre des douches,
03:24pour que l'eau puisse monter jusque dans les étages,
03:28et pour les chasses d'eau, pour les frigos, pour...
03:31Donc même maintenant, là, c'est problématique.
03:33On s'éclairer la nuit aussi, tout simplement ?
03:34Bien sûr, recharger ce téléphone portable pour avoir des communications avec nos familles sur place.
03:40J'ai eu le fameux cousin Victor, dont je vous parle souvent sur les plateaux,
03:46qui est à Odessa, qui me dit que toutes les trois heures, il est bombardé,
03:50qu'il en a marre.
03:51C'était la première fois, je ne sais plus quand est-ce qu'on s'est vu,
03:54la dernière fois, qui me disait, j'en ai marre, je suis fatiguée, etc.
03:59Au bout de quatre ans et demi, la population est fatiguée,
04:03mais elle continue à tenir.
04:05Ce n'est pas parce qu'ils sont fatigués, ils savent très bien qu'ils n'ont pas le choix.
04:08D'ailleurs, j'ai contacté mes amis aussi sur le front des soldats,
04:14dont un Canadien d'origine ukrainienne,
04:16qui me disait, mais donnez-nous des armes,
04:19donnez-nous ce qu'il faut pour intercepter les missiles,
04:24c'est affreux ce qui se passe pour les civils,
04:27donnez-nous ce qu'on a besoin pour sauver des vies.
04:30Donc, c'était le message qu'ils voulaient que j'apporte.
04:33Justement, on parlait, Cyril Ambrouski, de la vie quotidienne,
04:36avec Philomène et Nathalie,
04:38qui évoquaient les problèmes de coupures d'électricité.
04:42Alors, les coupures d'électricité, l'approvisionnement aussi,
04:46est-ce qu'il y a des pénuries ou pas ?
04:50Le jour tout est impacté.
04:52D'ailleurs, là, on parlait de la frappe de cette nuit,
04:55avec les missiles balistiques, les missiles de croisière,
04:57mais les drones.
04:58Mais il y a encore une heure, il y avait à nouveau une alerte aérienne.
05:00Et plusieurs drones ont réussi à toucher des sites différents,
05:03notamment une centrale énergétique sur la rive gauche de la capitale.
05:07Et donc, plusieurs quartiers sont restés sans électricité.
05:09C'était d'ailleurs à nouveau le cas au cours de cette nuit.
05:12Et on voit que non seulement, désormais, la Russie frappe des centrales énergétiques,
05:15comme c'est le cas tous les ans, de façon très régulière,
05:18et surtout en amont de l'hiver ou pendant l'hiver,
05:21désormais, la Russie s'attaque vraiment au secteur privé.
05:23Et donc, vous avez raison de poser cette question,
05:25parce que là, au cours de ces derniers jours,
05:27quand on va au supermarché en Ukraine,
05:29là, ça s'est un peu amélioré, mais il y a encore une semaine,
05:31la situation était particulièrement difficile.
05:33Il n'y avait plus de produits laitiers, plus de fruits, plus de légumes.
05:36C'est vraiment la première fois qu'on voit ça en Ukraine,
05:38depuis quatre ans et demi de guerre à grande échelle.
05:40Et cela est dû vraiment à l'usage massif de missiles balistiques
05:44de la part de la Russie.
05:45Pour vous dire à quel point la situation est compliquée,
05:47prenons simplement ce chiffre qui a été annoncé par le président ukrainien
05:50par rapport à la première semaine d'août de cette année.
05:53Sur une semaine, plus de 60 missiles balistiques
05:55ont été lancés contre la capitale en particulier.
05:57Pas un seul n'a été intercepté.
05:59Donc, ça vous montre à quel point l'urgence ici est absolue.
06:02Et désormais, c'est vraiment le secteur privé
06:04qui est particulièrement ciblé, touché.
06:06Et dernière chose que j'aimerais vous dire à ce sujet,
06:08c'est que maintenant, depuis quelques jours,
06:10nous avons des alertes aériennes en permanence.
06:12Hier, il y en avait plus d'une dizaine.
06:13Aujourd'hui, il y en a déjà eu quatre dans la capitale.
06:15Cela empêche aussi des commerces de fonctionner normalement
06:18parce que notamment les centres commerciaux
06:19ou bien par exemple les stations essence
06:21sont obligés de fermer
06:22parce que ces centres-là sont ciblés de plus en plus souvent
06:25par la Russie au cours de la journée.
06:27Cyril faisait allusion à ces tirs incessants de missiles balistiques.
06:31On a des images justement de ces missiles,
06:33du stock de missiles russes.
06:35Le nerf de la guerre, il est là.
06:37C'est-à-dire que la Russie est en économie de guerre.
06:42Elle fabrique.
06:43Regardez, Onyx, Caliber, Iskander, Zircon,
06:46KH, missiles balistiques nord-coréens, Kinzal.
06:49Alors certes, tous les jours, ce sont des dizaines qui partent,
06:52mais en même temps, les usines tournent à plein régime
06:54pour fabriquer, que ce soit du côté de la Russie
06:56ou du côté de la Corée du Nord.
06:58Alors, en fait, pour l'Ukraine, l'enjeu, il est là maintenant.
07:01C'est comment stopper ces salles incessantes ?
07:03Pour le moment, ils n'y arrivent pas.
07:05Tout du moins pour une partie des missiles.
07:07Pour le moment, ils n'y arrivent pas.
07:09Et qui peut arrêter ?
07:11Qui peut arrêter ces missiles ?
07:13Ce sont des systèmes assez sophistiqués,
07:16très sophistiqués, de type patriote.
07:18Ce ne sont pas les seuls.
07:20On peut penser d'ailleurs que les Chinois ont à peu près l'équivalent.
07:23Ce sont des missiles patriotes.
07:25L'Europe n'en produit pas.
07:27Et tout le monde sait que les Américains,
07:30quoi qu'on en dise, sont en pénurie.
07:32Sont en pénurie grave.
07:34Parce qu'ils les ont utilisés au Moyen-Orient ?
07:36Parce qu'ils les ont utilisés.
07:37Alors, je n'irai pas à tort et à travers.
07:39Je ne suis pas dans le CENCOM.
07:42Mais visiblement, ils sont en pénurie de missiles patriotes.
07:46Et donc, c'est le mauvais moment pour fournir en missiles, anti-missiles,
07:53les Ukrainiens.
07:53Et les Russes le savent parfaitement.
07:56C'est pour ça qu'ils pilonnent aujourd'hui la capitale.
08:02Ils utilisent cette stratégie.
08:03Et les infrastructures électriques.
08:05Et les infrastructures énergétiques, bien sûr.
08:08Écoutez.
08:10C'est une espèce de blitzkrieg, quoi, en fait,
08:11qu'ils sont en train de faire.
08:13On n'est pas au début de la guerre.
08:14Mais c'est la tactique, c'est celle-là.
08:15Qu'est-ce qu'on peut espérer ?
08:16Les Russes, depuis deux, trois semaines, un mois,
08:20ont pris, comment dirais-je, plein la figure.
08:25Ils ont été atteints par des drones,
08:28des très gros drones, à très longue distance,
08:31par les Ukrainiens, sur des sites particulièrement stratégiques,
08:35parfois même très symboliques.
08:37Que voulez-vous que les Russes fassent ?
08:39Ils réagissent.
08:41Et ils réagissent de quelle façon ?
08:43Sur les villes, la capitale, les centres.
08:48C'est évident.
08:50La question qu'on peut se poser, en prenant un petit peu de recul,
08:53c'est de savoir comment on peut arrêter ça.
08:55Est-ce que les missiles antimissiles sont une solution pour arrêter cette guerre ?
09:01On va arrêter 50% des missiles ?
09:03Donc, c'est la diplomatie, sauf que la diplomatie, elle est au point mort, là, pour moi.
09:07Attendez, ce que vous disiez faisait réagir Cyril Amoursky à Kiev,
09:10justement, sur cette intensité, sur ces tirs de missiles.
09:13Cyril ?
09:14Oui, je ne sais pas si on peut avoir de nouveau l'infographique,
09:16qui est très intéressante, avec les stockages, justement,
09:18de missiles différents que possède aujourd'hui la Russie.
09:21Ce sont des données, notamment, du renseignement militaire ukrainien.
09:24Et ce qu'on voit, c'est qu'il y a un petit peu plus de 120, je crois,
09:27missiles Iskander-M que possède en ce moment.
09:30Voilà, exactement, c'est ce graphique-là que possède aujourd'hui la Russie.
09:33130, pour être précis, au 5 août.
09:35Et quand on regarde ce chiffre, en réalité, il n'est pas si impressionnant que ça,
09:39tout simplement parce que la Russie a utilisé énormément de missiles Iskander
09:43lors du mois de juillet, mais aussi pendant les premiers jours du mois d'août.
09:47Et donc, en Ukraine, il y a un certain espoir
09:49comme quoi la Russie va diminuer l'intensité de CEPAP au cours des prochains jours.
09:53D'ailleurs, c'est quand même le cas, il faut le dire, depuis une dizaine de jours.
09:56S'il y a quelques jours, par exemple, la Russie utilisait une cinquantaine
10:01de missiles balistiques sur une seule et même ville,
10:03c'était le cas à Kiev, notamment à la fin du mois de juillet.
10:05Eh bien, cette nuit, c'était une dizaine de missiles.
10:07Donc, on voit que ça reste une quantité impressionnante,
10:10mais beaucoup moins importante que ce n'était le cas il y a encore quelques jours.
10:15Et donc, ici, il y a quand même cette urgence de moyens pour intercepter les missiles.
10:19Mais on voit que l'intensité, quand même, elle va chuter au bout de quelques jours.
10:24C'est déjà le cas.
10:25Ce qui ne veut pas dire pour autant que les frappes ne vont pas être meurtrières.
10:28On en parlait, 16 morts dans la capitale et dans la région.
10:31Et surtout, ici, les Ukrainiens se posent la question,
10:33effectivement, par rapport à ces stocks de missiles américains,
10:36comment est-ce que c'est possible que les États-Unis aient utilisé,
10:39et là, pour le coup, je vais quand même reprendre l'expression
10:41qui a été utilisée sur le plateau,
10:42à tort et à travers, pour abattre notamment des drones
10:45qui coûtent seulement quelques dizaines de milliers de dollars,
10:47alors que les missiles patriotes sont en quantité limitée
10:51et coûtent des millions.
10:52Surtout que l'Ukraine elle-même, proposée aux États-Unis,
10:54d'utiliser des drones intercepteurs beaucoup moins coûteux.
10:57Et ça, c'est une véritable interrogation, ici, au niveau des Ukrainiens.
11:00Mais Emmanuel Biron, ça veut dire quand même que
11:02c'est peut-être un tournant de la guerre qu'on est en train de vivre, là ?
11:06Pas fondamentalement, en tournant.
11:08On est plutôt dans une phase d'intensification du vecteur et de la guerre aérienne,
11:12en fait, des vecteurs aériens, drones, missiles et tous les types de missiles
11:15qui ont été présentés à l'écran à l'instant,
11:18que Cyril Lamouski commentait.
11:20Plutôt une intensification de cela qu'un tournant fondamental.
11:23C'est-à-dire qu'on est dans la période estivale
11:26où tout le monde est un petit peu encore en pause, etc.
11:28La Russie en profite pour intensifier les vecteurs aériens et la guerre hybride
11:32sur le territoire européen, sur le territoire des pays de l'OTAN.
11:36Mais je ferai une remarque sur les stocks.
11:39Cyril Lamouski commentait le fait qu'il y a une décrue de certains types de missiles, etc.
11:44En fait, la Russie a ce savoir-faire de panacher.
11:46S'ils ont des stocks qui sont de tel type de missiles,
11:49peu importe les noms, etc., qui vont à telle portée, telle vitesse,
11:52l'objectif est de détruire, et d'autres qu'ils ont moins,
11:55ils vont le panacher avec des drones de relative longue portée.
11:58Et ça, ça leur permet de reconstituer les stocks en attendant.
12:01Donc, c'est une espèce de saturation.
12:03Ce qu'ils veulent, c'est saturer les Ukrainiens, saturer l'offensive.
12:07Ce n'est pas parce qu'ils ont 129 missiles,
12:08et puis que le lendemain, ils auront tiré 12,5 au comptage.
12:11C'est important de faire le comptage, bien évidemment.
12:13Mais si on élargit la focale, on est sur une logique d'intensification,
12:17de densification de la guerre aérienne par ces vecteurs-là,
12:20tout type de missiles et différents types de drones
12:22avec une forte capacité de destruction et une portée assez longue.
12:26Pourquoi ? Pour avoir cet effet recherché, pour écraser le pouvoir politique,
12:29pour écraser les populations civiles, pour écraser l'ensemble de l'économie
12:33et des infrastructures ukrainiennes, en amont,
12:35et Phénomène l'a rappelé tout à l'heure,
12:36en amont de la période hivernale qui va arriver,
12:39d'ici un mois, deux mois, trois mois,
12:41et d'avoir l'effet recherché d'une Ukraine plongée dans le noir,
12:46plongée dans le froid.
12:47Oui, plongée dans le froid avec une population
12:48qui sera peut-être démoralisée, qui sera moins vigilante.
12:55Des vieillards par moins 20, moins 25 pendant plusieurs jours d'affilée.
12:58Vous vous en souvenez toute votre vie et la fragilité de ces personnes âgées, etc.
13:02Quand vous êtes enfant, nourrisson, bébé, etc., par moins 20, moins 25, etc.,
13:05non seulement vous en rappelez toute votre vie,
13:07mais ça impacte tout, le lait, l'eau, etc., l'alimentation.
13:10Donc c'est ça qui est recherché à ce stade par la Russie,
13:12c'est d'exercer une pression considérable par le vecteur aérien,
13:16tout type de vecteur, peu importe, avec la capacité de reconstituer les stocks,
13:21appel à l'aide à la Chine, appel à l'aide à la Corée, pour taper l'Ukraine.
13:24Il y a eu 437 morts selon les Nations Unies au mois de juillet en Ukraine.
13:31Pendant la Seconde Guerre mondiale, vous savez,
13:33l'Angleterre a été bombardée systématiquement par l'Allemagne.
13:35Il y a eu 40 000 morts à peu près, ça fait 8 000 morts par an,
13:39si on fait une moyenne.
13:40Donc ça fait environ 600, 650 morts par mois.
13:43Donc là, on est à peu près dans la situation où se trouvait l'Angleterre
13:46pendant la Seconde Guerre mondiale.
13:47Vous imaginez l'intensité des bombardements en ce moment sur l'Ukraine ?
13:51C'est vraiment quelque chose qui va marquer...
13:54Oui, bien sûr.
13:54Sur l'ensemble du territoire et pas sur Londres seulement.
13:58Mais c'est toute l'Angleterre, Coventry et tout ça,
14:00c'était pas que Londres.
14:01Donc ça veut dire qu'on est vraiment dans une campagne systématique
14:04qui vise les civils et qui ne peut pas provoquer autre chose
14:08qu'une aggravation, qu'un enveniment du conflit.
14:13En faisant ça, ce que Vladimir Poutine espère,
14:15c'est qu'à un moment, peut-être que ça crée des dissensions
14:18au sein du pouvoir ukrainien.
14:20Peut-être aussi que ça affaiblisse le président Zelensky
14:22et que ceux qui sont autour de lui essaient de revenir à la...
14:25Je ne dis pas à la table des négociations,
14:27mais ils disent pause, stop, drapeau blanc,
14:29il faut qu'on discute.
14:30Je ne sais pas, est-ce que le scénario est possible ?
14:33Là, il y a des distensions au sein de la classe politique en Ukraine
14:36puisqu'il a renvoyé le ministre de la Défense de 35 ans, Fedorov.
14:41Il y a eu des manifestations dans les rues à ce sujet.
14:45Et il faut savoir que cet homme, il est très populaire.
14:47Il a fait une vidéo de 10 minutes la nuit dernière
14:49où il accuse le président Zelensky...
14:51L'ancien ministre de la Défense.
14:52L'ancien ministre de la Défense.
14:53Il accuse le président Zelensky de corruption.
14:57Et lui, il a été très populaire parce que, déjà, il est jeune.
15:00Il était proche d'Elon Musk.
15:02Il a pu négocier beaucoup d'accords pour la Défense, etc.
15:07des Ukrainiens.
15:08Et donc là, en plus, il commence au bout de 4 ans et demi.
15:11Évidemment, l'unité, elle commence un petit peu à se fissurer.
15:15Mais pour revenir sur ce que vous disiez, Emmanuel Véron,
15:17c'est vrai aussi cette idée de...
15:20En fait, quand ils touchent les infrastructures énergétiques,
15:22non seulement ils n'auront pas de chauffage
15:23et ils seront dans le noir.
15:25Et il faut imaginer aussi des enfants terrorisés
15:27avec le bruit des bombes
15:29parce que c'est ça que ça veut dire à moi.
15:30Moi, plusieurs hivers, j'étais là-bas.
15:32Et moi, ce qui m'a énormément frappée au bout de 4 ans et demi,
15:35c'est qu'aujourd'hui, les enfants ukrainiens,
15:37ils savent...
15:37Nous, on parle de tous ces missiles balistiques,
15:40de ces drones, etc.,
15:41de tous les noms un peu techniques sur le plateau.
15:42Ces enfants, quand ils entendent un bruit,
15:45ils sont capables de vous dire
15:46quelle arme est en train de voler.
15:47Et ça, ça m'a vraiment frappée.
15:49C'est une génération qui va être complètement traumatisée
15:52par cette guerre qui est en train de grandir.
15:53Cyril Amrowski voulait réagir de Kiev, pardon.
15:57Je veux qu'on soit précis sur le fait que, oui,
15:59il y a effectivement des dissensions désormais
16:00au sein du camp même de Zelensky,
16:02même si on peut dire que Federov, désormais,
16:03est en opposition frontale au président.
16:05Mais pour autant, le sujet, ce n'est absolument pas
16:08est-ce qu'on doit mettre un terme à la guerre
16:09ou est-ce qu'on doit accepter les conditions de la Russie.
16:11Ce n'est absolument pas ça, le sujet.
16:12C'est un véritable désaccord par rapport
16:14à la façon dont le pays est géré en interne,
16:16que ce soit sur des questions de corruption,
16:18que ce soit sur des questions de la défense,
16:20puisque Federov, effectivement,
16:21a été très apprécié par la société civile,
16:23mais aussi par les militaires,
16:24par rapport à un nombre de réformes
16:26qu'il a pu mener au cours de seulement 6 mois à son poste.
16:29Mais aujourd'hui, le désaccord n'est pas sur, disons,
16:32le fait qu'il faut mener un autre type de diplomatie
16:35ou quoi que ce soit.
16:35Il faut rappeler que l'Ukraine a une position très claire
16:38depuis plus d'un an.
16:39C'est de dire que désormais,
16:40ils sont prêts à mettre un terme à la guerre,
16:42un terme au conflit sur la ligne de front actuelle.
16:45C'est la position de l'Ukraine.
16:46Il y a également d'autres questions,
16:47comme par exemple le retour de la centrale
16:49de Zaporizhia sous contrôle ukrainien,
16:50mais aussi le retour des enfants déportés.
16:53On parle de 20 000 enfants qui ont été kidnappés
16:54par la Russie et qui ont été russifiés.
16:56Mais le sujet principal, c'est quand même la fin des combats
16:58sur la ligne de front actuelle.
17:00Et pour l'instant, la Russie ne cède absolument
17:02à aucune demande et ne souhaite absolument aucun compromis.
17:04Raison pour laquelle, justement,
17:06il y a ces frappes très importantes aussi du côté ukrainien
17:08sur le sol russe et en territoire occupé.
17:11Donc, forcer la Russie à voir que désormais la guerre
17:13n'est pas seulement sur le territoire ukrainien,
17:15mais aussi sur le territoire russe.
17:16Et donc, forcer, non pas seulement le gouvernement,
17:19mais la population russe à s'interroger
17:20sur la suite de cette guerre.
17:22Mais ça force aussi les Européens à réagir.
17:24C'est-à-dire que là, l'Ukraine résiste,
17:27l'Ukraine arrive à taper la Russie à l'intérieur des terres,
17:30mais l'Ukraine n'a pas les parades contre ses missiles balistiques.
17:35L'Europe ne les a pas non plus,
17:36mais il va quand même falloir, là, dans l'hiver,
17:38arriver à soutenir davantage les Ukrainiens.
17:40Oui, d'ailleurs, on est déjà sur le pied de guerre
17:44avec nos associations.
17:45On a déjà commencé à faire les collectes
17:48pour les sacs de couchage,
17:50pour tout ce qui est nécessaire.
17:53Moi, je voulais juste ajouter quelque chose
17:55sur les enfants.
17:57Effectivement, les enfants vont avoir
18:00des problèmes psychologiques.
18:01Moi, j'ai ma copine qui va laisser ses enfants en France
18:06et qui va retourner en Ukraine
18:07parce que son mari va être mobilisé
18:10puisqu'il est sniper, il est dans la police.
18:13Ça, c'est vrai,
18:14mais il faut savoir que les Ukrainiens,
18:16ça fait plusieurs générations
18:17qu'on subit ce genre de problématiques.
18:24Mon arrière-grand-père est mort de faim
18:28pendant une des familles ukrainiennes.
18:30Mes grands-parents ont été déportés.
18:32Mon père est né dans un camp de réfugiés.
18:34Et moi, ça fait 12 ans que je me bats
18:36dans les associations.
18:37Alors, c'est dire que,
18:38oui, on va souffrir.
18:41Oui, ça fait 300 ans qu'ils essayent.
18:44Et encore, je ne connais pas toute la famille
18:46puisqu'ils ont tout brûlé,
18:48tous les papiers,
18:49tous les registres par voiciaux, etc.
18:52Je ne sais pas tout ce qui s'est passé
18:53dans ma famille.
18:54Je sais que mon arrière-grand-père
18:56était dans l'armée austro-hongroise, etc.
18:58On a, à chaque génération,
19:00finalement,
19:01connu soit la misère,
19:03soit la déportation,
19:04soit etc.
19:04Et à cause des Russes.
19:05Et à cause des Russes.
19:06Donc, qu'est-ce qu'on fait ?
19:07Eh bien, on se bat.
19:08Et on est encore là pour vous,
19:11pour...
19:12Hors de question de lâcher les territoires,
19:14hors de question de donner quoi que ce soit
19:16ou de geler une ligne de front.
19:18Parce qu'on sait très bien
19:19que si on lâche,
19:20de toute manière, on est mort.
19:21Donc, qu'est-ce qu'il nous reste comme choix ?
19:24On n'a pas de choix,
19:24c'est juste se défendre.
19:26Et c'est tout.
19:26Tout ce qu'on leur demande,
19:27c'est de rentrer chez eux.
19:29C'est tout.
19:29On ne les a pas envahis.
19:31Nous, on veut juste récupérer nos territoires.
19:33Les Européens peuvent monter leur aide encore,
19:36leur aide militaire à l'Ukraine
19:38pour la prochaine année de guerre ?
19:40On peut monter l'aide.
19:42On a déjà débloqué,
19:44vous vous souvenez,
19:47les 90 milliards de...
19:50Bon.
19:50Fournir du matériel encore plus ?
19:53Fournir du matériel.
19:54Mais là encore,
19:56je dirais,
19:57je ne veux pas faire de parallèles exagérés.
19:59mais là aussi,
20:01il faudrait qu'on définisse
20:04quels sont les objectifs
20:06et comment est-ce qu'on peut forcer,
20:09parce qu'il faut forcer,
20:10on ne va pas négocier,
20:12il faut forcer les Russes
20:14à finalement arrêter cette guerre
20:18parce que l'économie russe...
20:19Je me souviens d'un ministre
20:20qui disait
20:21on va mettre l'économie russe à genoux.
20:22Oui.
20:23Bon, elle n'est pas très...
20:25Elle n'est pas très brillante.
20:26Elle n'est pas très brillante,
20:27mais elle tient quand même.
20:28Elle n'est pas à genoux.
20:28On ne peut pas y la gîner.
20:29L'utile est toujours au crèvre là.
20:30Enfin, il faut arrêter.
20:32Il faut arrêter.
20:32Parce que vous dites,
20:33il faut les forcer.
20:34Bon courage.
20:35Il faut les forcer.
20:36Vous pouvez commencer à aller à Moscou
20:37si vous voulez, Guy.
20:38Oui, mais d'accord.
20:39Ce n'est pas ça le problème.
20:40C'est de se dire,
20:43réfléchissons aux différentes possibilités
20:45d'arrêter
20:47ou de venir à la table,
20:50voire par les Chinois,
20:51par, je ne sais pas,
20:52par les Américains.
20:53Alors là, c'est embêtant.
20:55On aurait pu avoir les Américains.
20:57Mais sur quelle base ?
20:59Sur quelle base ?
21:00Moscou ne veut rien lâcher.
21:01Les Ukrainiens ne veulent rien lâcher non plus.
21:03Mais je pense que...
21:05Ça se termine toujours par une négociation
21:07de toutes les manières.
21:09Sauf que là, personne ne veut lâcher.
21:11Mais dans combien de temps ?
21:12Il faudra encore quoi ?
21:14Combien de morts ?
21:15Combien de morts ?
21:16Combien d'hôpitaux ?
21:17Combien de gosses ?
21:17Encore une fois, ce sont les russes
21:18de rentrer chez eux.
21:19Encore quatre ans ?
21:20Encore cinq ans ?
21:21Comme le dit Nathalie,
21:22si les Russes disent,
21:23bon, écoutez, on arrête,
21:24on rentre chez nous,
21:25la guerre s'arrête tout de suite.
21:26Exactement.
21:26Alors que les Ukrainiens,
21:28s'ils arrêtent la guerre,
21:29ils disparaissent.
21:30On ne peut pas dire
21:32que l'économie russe
21:33soit florissante.
21:34Ça, c'est clair.
21:35Ils étaient prêts
21:36et ils s'étaient préparés aux sanctions.
21:38Ils avaient un fonds souverain
21:39grâce aux exportations d'hydrocarbures
21:42qui étaient environ 200 milliards
21:43qui est en grande partie consommé.
21:45Si vous vous retrouvez au chômage,
21:47vous avez un peu de sous de côté.
21:49Tant que vous l'injectez
21:50dans votre train de vie, ça va.
21:51Mais le jour où il n'y en a plus,
21:52là, ça devient compliqué.
21:54Et c'est peut-être
21:54ce qui est en train de se passer
21:56pour la Russie
21:57qui commence à ne plus avoir de réserve,
21:59ne plus avoir de marge de manœuvre.
22:00Et les capacités ukrainiennes
22:02sur la profondeur
22:03qui ont commencé en gros
22:04il y a un an, en juin 2025,
22:06avec l'ospération Spiderweb
22:08et qui maintenant touche les raffineries,
22:09touche Wildberries
22:10et les fortes valeurs ajoutées
22:12de l'économie russe,
22:14elles pourraient, là,
22:15vraiment dégrader
22:16le niveau de vie des Russes.
22:17Et là, c'est à ce moment-là
22:19que la négociation
22:21pourrait s'enclencher
22:22parce que la guerre
22:23commence à devenir réelle
22:24pour les citoyens russes
22:25avec les files d'attente
22:27aux stations-services,
22:30avec les milliers,
22:31voire dizaines de milliers
22:32de petits entrepreneurs
22:33qui ont perdu leurs produits
22:35dans les entrepôts Wildberries.
22:37Et c'est en accentuant ces effets
22:40que l'aide européenne
22:42doit se concentrer.
22:44Et vous avez dit quelque chose
22:46de très important,
22:47M. Gouryut,
22:47c'est que l'Europe
22:48ne produit pas d'intercepteurs.
22:50Si elle veut être indépendante
22:52stratégiquement demain,
22:53l'Europe doit se mettre
22:55très rapidement à niveau
22:57parce que le jour
22:58où la guerre d'Ukraine
22:59sera finie,
22:59la machine de guerre russe
23:00sera disponible,
23:02elle sera prête à l'emploi
23:03et elle pourrait venir
23:05mettre des petits coups
23:07de pression
23:07sur les marges de l'Europe.
23:09Philomène ?
23:09Oui, non, c'est économie.
23:11Simplement, sur la guerre,
23:12pardon, sur la durée de la guerre,
23:13les Russes en Afghanistan,
23:14ça a duré dix ans.
23:16Ils sont partis,
23:17mais ça a duré dix ans.
23:18La résistance afghane,
23:20dix ans.
23:21Les Américains
23:22se sont plantés là-bas aussi.
23:23Ils ont bien poussé
23:23les Ukrainiens devant le front.
23:25Est-ce que ça va durer dix ans
23:27entre la Russie et l'Ukraine ?
23:28Au sauf 300 ans.
23:29Non, mais en tout cas,
23:30ce que j'allais dire,
23:30l'économie,
23:31elle n'est pas à genoux,
23:32mais leurs difficultés financières
23:35pourraient expliquer en partie
23:37ce nouvel appel
23:38à la mobilisation.
23:39Alors pour l'instant,
23:39il n'y a eu aucune confirmation,
23:40c'est les Ukrainiens
23:41qui le disent,
23:42mais ça pourrait concerner
23:43500 à 800 000 personnes.
23:45On se rappelle que le dernier appel
23:48à la mobilisation,
23:49c'était en septembre 2022.
23:52Moi, j'étais à la frontière
23:52entre la Géorgie et la Russie.
23:54Je peux vous dire
23:54que ça avait créé
23:54un effet de panique.
23:55Et après,
23:56ils avaient opté
23:57pour des primes,
23:58pour des solutions
23:59assez coûteuses dans l'armée.
24:01Et là, finalement,
24:01ça va être,
24:02de nouveau,
24:03tous les éléments
24:04semblent indiquer
24:05que ça va être
24:05une nouvelle mobilisation.
24:07Un dernier mot,
24:08Michel, là-dessus ?
24:09La guerre dure
24:10parce que la Russie
24:12a su avoir
24:14non pas vraiment
24:14des alliés
24:15mais des partenaires
24:16très particuliers
24:17dont la Corée du Nord,
24:19dont la Chine
24:19qui, d'un côté,
24:20la Corée du Nord
24:21l'aide pour des hommes
24:21et du matériel militaire,
24:23des stocks de missiles,
24:24etc.,
24:25des lanceurs,
24:25maintenant des missiles balistiques.
24:26Et la Chine, surtout,
24:28parce qu'elle, quelque part,
24:29maintient à flot,
24:30maintient à flot financièrement
24:31et économiquement,
24:32une Russie en guerre.
24:34Merci, messieurs, dames.
24:35Et on reparlera,
24:35puisque vous évoquiez
24:36la Corée,
24:37on en reparlera
24:37dans la deuxième partie
24:38de l'émission aussi
24:39de ce nouveau jeu
24:40d'échecs stratégiques
24:42qui se joue en ce moment
24:43entre les États-Unis
24:45et la Corée du Nord.
24:47Et la Corée du Nord
24:47qui a répondu
24:48à l'offre de rencontre
24:49de Donald Trump
24:50par un tiers
24:50du dizaine
24:51de missiles balistiques.
Commentaires

Recommandations