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  • il y a 2 minutes
Charles Luylier, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:00L'Europe 1 Info se poursuit jusqu'à 14h, on va peut-être revenir aujourd'hui sur l'affaire du
00:04meurtre en 2023 de Thomas Perrotto à Crépole.
00:06Oui, tout à fait, nous l'avons évoqué ce matin dans les journaux d'Europe 1, il y a du
00:11nouveau concernant le drame de Crépole.
00:13Je vais rappeler que Thomas Perrotto, 16 ans, a été tué lors d'une rixe en novembre 2023 dans cette
00:20commune de la Drôme.
00:21Il y a trois semaines, la circonstance aggravante de racisme anti-blanc avait été retenue contre les 14 personnes mises
00:28en examen
00:29suite à la mort du jeune homme, un racisme anti-blanc finalement contesté par le parquet de Valence dans son
00:34réquisitoire définitif rendu hier.
00:36Pour faire simple, sans faire un cours de droit, le procureur a considéré qu'il ne fallait pas retenir le
00:42caractère raciste,
00:44estimant que les témoignages pour étayer cette accusation sont trop peu nombreux.
00:50La circonstance aggravante de racisme anti-blanc retenu par les magistrats est donc, vous l'avez compris, rejeté par le
00:57parquet.
00:57Et avant de vous sonder, messieurs Sicsou et Salvatore, j'aimerais que nous écoutions en préambule de notre discussion,
01:05eh bien, Jérôme Triomphe, avocat des deux partis civils, il a donné son avis.
01:10Donc, après cette information que nous avons apprise hier, il était sur CNews.
01:15Il y a un déni de réalité, mais je vais rectifier quand même une chose, il n'y a pas
01:18de rebondissement,
01:19en réalité, avec ces réquisitions complémentaires, puisque le parquet n'a pas varié d'un iota depuis le début
01:25de l'enquête préliminaire, de l'enquête de flagrance même.
01:28Il y a un vrai semblable, c'est que dans ce requisitoire complémentaire,
01:33le parquet nous dit qu'à la fin de près de trois ans d'instruction, il n'y a pas
01:37d'élément suffisant,
01:38mais en réalité, il n'y avait pas d'élément suffisant pour lui, depuis le départ,
01:42avant même qu'on ait examiné la question.
01:45Donc, depuis le départ, le parquet refuse.
01:47Voilà, Jérôme Triomphe sur CNews, qui a réagi après cette information que nous avons apprise hier, hier soir.
01:56Jonathan Cixoux, comment vous réagissez à cette nouvelle, qu'on n'attendait pas, pour être honnête ?
02:02Absolument, une vraie surprise, d'autant que j'étais exactement dans ce studio, il y a quelques semaines,
02:07quand on apprenait que la circonstance aggravante de racisme anti-blanc et anti-français était retenue à ce moment-là.
02:15Alors, on voit effectivement, et l'extrait que vous venez de passer l'illustre parfaitement,
02:20les tensions qui règnent au sein même de l'institution judiciaire.
02:24On voit qu'il y a des tendances qui se dessinent.
02:27On parle souvent du syndicat de la magistrature, mais ça n'est pas simplement cela qui est à pointer,
02:34c'est de voir qu'il y a finalement une certaine idéologie, même, de la lecture du droit qui est
02:39faite,
02:40parce qu'en somme, la mesure en elle-même est symbolique.
02:44C'est-à-dire que les suspects, les personnes qui ont en cours de toute façon la perpétuité réelle,
02:53la réclusion criminelle à la perpétuité.
02:55C'était simplement donner plus de poids au jugement que de reconnaître le caractère raciste anti-blanc et anti-français.
03:03Restons prudents, j'ai envie de croire que, peut-être par naïveté, mais que ça sera prononcé.
03:08Y a-t-il, Jean-Michel Salvatore, une coloration idéologique derrière cette information que nous avons apprise ?
03:19Oui, on a un peu l'impression qu'il s'agit de ça, en effet, parce qu'on voit bien
03:22qu'il y a une volonté de ne pas créer de précédent.
03:25de ne pas créer ce précédent de racisme anti-blanc.
03:30Ça aurait été la première fois.
03:31Ça aurait été la première fois, et c'est vrai qu'il y a trois ou quatre choses qui sont
03:34interdites pour l'instant.
03:35C'est le racisme anti-blanc, le racisme anti-chrétien, d'une certaine façon, et le racisme anti-français.
03:41Ça veut dire quoi, interdite ?
03:41Non, ça veut dire que le racisme ne s'applique qu'à un racisme.
03:46Le racisme est unilatéral, c'est ce que vous dites.
03:48Oui, il est unilatéral.
03:49Et donc là, on voit bien qu'il y a, c'est ce que disait un petit peu Jonathan,
03:52il y a, chez certains magistrats, cette volonté de ne pas créer de précédent,
03:56alors qu'il y a quand même des témoignages qui sont sans aucune ambiguïté.
04:02On a bien vu lors de l'instruction qu'il y avait neuf témoignages
04:06qui relataient des propos qui relèvent véritablement du racisme anti-blanc.
04:10Moi, je peux les rappeler.
04:12De toute façon, on est là pour tuer des blancs.
04:15On va vous crever les petits blancs.
04:17Ou on est là pour planter des blancs.
04:19Ce sont des citations qui ont été entendues à l'époque des faits.
04:22Et donc là, on voit bien qu'il y a un verrou, qu'il y a un verrou que relaie
04:26le parquet.
04:27Et donc, c'est vrai que c'est à la fois très important et pas important,
04:31parce que les conséquences, on l'a vu, les conséquences judiciaires
04:36ne seront pas forcément très fortes.
04:38Mais en revanche, du point de vue de la symbolique, c'est très important.
04:41C'est intéressant ce que vous dites, Jean-Michel Salvatore et Jonathan Sixtou,
04:44parce qu'en fait, si on suit ce que vous dites,
04:48le racisme anti-blanc aurait été une circonstance aggravante.
04:53Et vous l'avez tous les deux rappelé.
04:54Ce qui signifie que là, pour les 14 mises en cause,
04:58il y a le risque que ces jeunes, ces mises en cause,
05:02aient des peines amoindries.
05:04Oui, effectivement. C'est un des risques, Jonathan Sixtou ?
05:07C'est un des risques.
05:08Il est vraisemblable, soyons prudents,
05:12il est vraisemblable que de toute façon,
05:14il continue de dormir en prison à l'issue du verdict et du procès.
05:18Mais en effet, la crainte qu'il y ait une jurisprudence crépole
05:23va finalement peut-être adoucir, entre guillemets,
05:26les peines prononcées.
05:28Il serait louable, entre guillemets,
05:32que cette jurisprudence crépole puisse exister,
05:36parce qu'on le voit tout au long de l'année
05:38dans différentes affaires,
05:40des cas avérés de racisme anti-blanc,
05:42anti-chrétien, c'est une évidence,
05:44des églises sont vandalisées quasiment tous les jours.
05:46Et il y a une sorte de paralysie judiciaire en la matière.
05:50Et je suis assez surpris des termes employés
05:53pour motiver le fait que pour le moment,
05:55ça n'est pas retenu.
05:56On parle de témoignages minoritaires, imprécis,
05:58et parfois contradictoires.
06:00Alors que ce qu'a rappelé Jean-Michel Salvatore
06:03avec les verbatimes, c'est sans équivoque.
06:05Je ne veux pas ouver l'imprécision dans les citations
06:07que Jean-Michel nous a faites il y a quelques ans.
06:10Jean-Michel Salvatore.
06:10Mais on voit bien que là, on est dans une bataille idéologique.
06:14Il y a-t-il une peur de stigmatiser une communauté
06:17pour jeter un voile pudique sur tout ça ?
06:19Oui, bien sûr.
06:20Et c'est vrai que cette peur, elle existe chez certains magistrats,
06:23pas chez tous, mais chez certains magistrats,
06:25et dans certains médias.
06:26Souvenez-vous par exemple que Patrick Cohen sur France Inter
06:29avait expliqué qu'il n'y avait pas de racisme anti-blanc du tout,
06:32que ces jeunes étaient juste là pour venir s'amuser
06:35et draguer des filles, et que ça avait mal tourné.
06:37Il y a de la même façon deux journalistes du Parisien
06:40qui ont écrit un bouquin pour expliquer, par A plus B,
06:44qu'il n'y avait aucun racisme anti-blanc dans cette affaire.
06:48Donc on voit bien une espèce d'acharnement,
06:50d'acharnement à prouver ce qui n'est pas,
06:54et c'est là où on voit, si vous voyez,
06:56que là, la bataille idéologique, elle est hyper puissante,
06:59hyper forte, parce que là, on touche à un vrai symbole.
07:01– Sans vouloir lire dans le mar de café,
07:04parce que là, on parle d'un terrible drame
07:07vécu par ce jeune Thomas Perrotto à Crépaule
07:10il y a presque trois ans désormais,
07:12comment pensez-vous, Jean-Michel Salvatore et Jonathan Sicsou,
07:16comment pensez-vous que le procès va évoluer ?
07:20Comment pensez-vous que ça va se dérouler ?
07:22Est-ce que vous prévoyez, et je le rappelle,
07:25ce sera devant une cour d'assises évidemment,
07:27comment vous voyez la suite des événements ?
07:29– Je pense que le sujet, ça va être le racisme anti-blanc.
07:32Existe-t-il un délit de racisme anti-blanc dans ce pays,
07:36ou faut-il faire prévaloir le déni
07:40qu'on voit bien chez certains magistrats ?
07:42Je pense que ça va vraiment être le sujet,
07:44le sujet du procès, et donc en fait,
07:46ceux qui veulent nier ce racisme anti-blanc
07:50sont finalement les premiers qui écrasent la craie
07:53et qui vont transformer ce procès
07:54en un procès sur le racisme anti-blanc.
07:56– Oui, ça va être en fait un combat,
07:58Jonathan Sicsou, Jean-Michel Salvatore,
08:01entre le ministère public et les avocats de la partie civile, effectivement.
08:06– Alors ça, c'est ce qui se passera dans le prétoire, évidemment,
08:08mais ce n'est pas que de faire du corporatisme,
08:11que de dire qu'il va être aussi très intéressant
08:13de voir la couverture médiatique qui sera faite de tout cela,
08:16qui sera...
08:16le débat, il doit surtout et aussi avoir lieu
08:19dans l'espace public, dans l'espace médiatique et intellectuel.
08:23Il sera intéressant, me semble-t-il,
08:26de revenir sur cette question,
08:27ce n'est pas la première fois qu'on en parlera,
08:29mais de voir comment les uns et les autres
08:32peuvent fourber leurs arguments
08:33pour tenter de convaincre la partie d'en face,
08:36si je puis dire.
08:37C'est-à-dire que quand il y a...
08:38quand vous êtes confronté à la réalité,
08:40comme les citations que Jean-Michel vient de nous dire,
08:43et que vous continuez de dire
08:44que ça n'est pas du racisme anti-blanc,
08:46c'est un peu désarmant, intellectuellement,
08:49que de s'opposer à de tels dénis du réel.
08:53– Merci Jonathan Sicsou et Jean-Michel Salvatore.
08:57Je rappelle que vous restez avec moi jusqu'à 14h.
09:00Je ne vais pas vous laisser partir comme des voleurs,
09:03surtout que le sujet qui nous attend est très intéressant,
09:05parce qu'Emmanuel Macron a participé hier,
09:09comme chaque année, à la cérémonie commémorant
09:12la libération de Bormelé Mimosa
09:15dans un département du Var
09:17durement marqué par les incendies,
09:19avec les voeux de fin d'année dans quelques mois.
09:21C'est un peu l'une de ses dernières prises de parole mémorielles,
09:26comme on dit, et c'est très intéressant
09:28parce qu'on va analyser son discours.
09:30Y a-t-il eu un mea culpa ?
09:32Non, certainement pas.
09:33A-t-il occulté certains sujets très clivants ?
09:37Non, certainement pas.
09:38Et de cela, nous allons parler avec Jean-Michel Salvatore et Jonathan Sicsou.
09:42Sous-titrage Société Radio-Canada
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