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  • il y a 6 minutes
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:00Arthur de Vatrigan.
00:01C'est assez amusant, parce que j'étais à ce micro il n'y a pas longtemps,
00:04avant que la décision tombe, et ce scénario-là n'était pas envisagé.
00:09En tout cas, très peu.
00:11Et donc, ce qui est assez amusant, c'est de voir que Marine Le Pen a repris la main
00:13au moment où tout le monde pensait qu'elle allait la perdre.
00:15Elle l'a fait en prenant tout le monde par surprise, les juges,
00:22le président de la République, évidemment, sinon il aurait préparé sa réaction,
00:25il n'aurait pas dit « je ne me mêle pas de la politique »,
00:26alors qu'il passe son temps à s'en mêler.
00:28Les autres parties également.
00:30Et elle l'a fait avec l'état de droit, le fameux état de droit défendu par tout le monde.
00:35Elle a dit « j'ai bien compris que le système voulait ma peau,
00:38et bien je vais utiliser toutes les voies du système pour combattre le système ».
00:41C'est assez intéressant.
00:43C'est son droit, d'ailleurs, total.
00:44C'est son droit total, mais ce qui était assez amusant,
00:46c'est que là, clairement, elle dit « j'ai compris que le système voulait ma peau,
00:50et je vais combattre le système ».
00:52C'est ça le principe.
00:53Et pourtant, le système lui a permis, quand même là, avec les décisions des juges,
00:56elle lui a permis de se présenter.
00:58Parce que les juges ont entendu le risque d'ingérence
01:04qu'une décision pourrait donner,
01:06c'est-à-dire carrément empêcher les Français de voter pour un candidat qu'ils souhaitent.
01:10Donc ça, ils l'ont entendu.
01:11Mais Marine Le Pen, je le rappelle, avait tout focalisé sur le bracelet,
01:14en disant « s'il y a le bracelet, je n'irai pas ».
01:16Donc tout le monde s'est focalisé là-dessus.
01:17L'inéligibilité, on enlève, mais le bracelet, on n'enlève pas.
01:20La résultat, elle fait quoi ?
01:21Très bien, je l'ai pourvoi en cassation.
01:23Mais là, il y a quand même une épée de Damoclase.
01:24Oui, mais en fait, l'épée de Damoclase, elle est sur qui ?
01:26Elle est sur Marine Le Pen ?
01:27Ou elle est sur un juge qui va devoir juger,
01:30ou plusieurs juges qui vont devoir juger,
01:31à trois mois d'une élection, à deux mois ou à quinze jours d'une élection,
01:34si la favorite, si les sondages continuent à donner favorite,
01:38va être condamnée ?
01:39Imaginez la pression.
01:40Non, mais on parle des sondages, parce qu'elle n'a pas baissé au contraire.
01:42Là, les juges ont cédé à une pression qui était légitime,
01:45qui disent « vous ne devez pas intervenir dans un processus démocratique ».
01:50Imaginez à deux mois, un mois ou à quinze jours du scrutin.
01:53Imaginez la pression.
01:54Donc on dit « Marine Le Pen à l'épée de Damoclase »,
01:56mais elle a retourné la pression.
01:57La pression ne va pas être sur Marine Le Pen, mais être sur les juges.
02:00La preuve, le président de la Cour de cassation a pris la parole
02:03pour expliquer « voilà ce qu'on va faire ».
02:05Alors sur ce sujet-là, moi je ne suis pas juriste,
02:07je ne maîtrise pas tout,
02:08mais autant sur l'inégibilité,
02:10je comprends qu'on puisse faire une procédure en accéléré,
02:13parce qu'il y a ce risque-là.
02:14À partir du moment où la question
02:15que « est-ce que Marine Le Pen peut se présenter ou pas »
02:18n'existe plus,
02:19je ne comprends pas pourquoi on a un traitement de faveur.
02:21C'est-à-dire, est-ce que Marine Le Pen est injusticiable comme les autres ou pas ?
02:24Parce que normalement, il faut peut-être préciser
02:24que normalement, les délais, Camille Ibraire,
02:26c'est un pourvoi.
02:27C'est 18 mois, c'est ça,
02:28mais ce n'est pas un traitement de faveur,
02:29c'est le principe simple de l'individualisation de la peine.
02:32Et quand on parle de l'individualisation de la peine,
02:35on prend en compte la personnalité.
02:36Et là, vous avez affaire à Marine Le Pen
02:38qui est une personnalité publique,
02:39et d'autant plus de surcroît
02:41qui se présente à l'élection présidentielle.
02:43Donc forcément,
02:43vous n'avez pas une candidate comme les autres,
02:46vous n'avez pas un citoyen comme les autres.
02:47Donc elle n'est pas injusticiable comme les autres.
02:48Elle n'est pas injusticiable.
02:50Mais personne n'est injusticiable comme les autres.
02:52Chaque citoyen est différent devant la justice.
02:55Chaque citoyen est différent devant la justice.
02:57C'est ce qu'on appelle l'individualisation de la peine.
02:59On prend la globalité de la personnalité de la personne.
03:02Non mais ce n'est pas une critique.
03:04Je pointe simplement,
03:05beaucoup de révélations à la suite de cette affaire,
03:07c'est qu'on nous explique,
03:08mon point de vue,
03:09c'est que j'ai l'impression d'assister
03:10à des discussions de médecins pendant le Covid.
03:13Oui, mais ça rappelle...
03:14Oui, mais ça veut dire qu'en fait,
03:15on nous avait dit,
03:16la médecine c'est comme ça.
03:17Mais oui, mais c'est tellement inédit
03:18ce qui se passe aujourd'hui.
03:19Oui, mais vous avez expliqué,
03:19le droit c'est comme ça.
03:20Le droit est neutre.
03:21On découvre que personne n'est injusticiable
03:23comme un autre.
03:23Et qu'en plus, selon d'où vous parlez,
03:25votre expérience,
03:26votre point de vue,
03:27le droit c'est une interprétation.
03:29On le redécouvre.
03:30Oui, mais le droit est une interprétation.
03:32Mais encore une fois,
03:32ce n'est pas une attaque,
03:33ce n'est pas une critique.
03:33Donc on découvre qu'il y a une interprétation,
03:37donc une part humaine,
03:38donc un parti pris.
03:39Elliot Mamane,
03:40vous arrivez à prendre la parole.
03:41Non, mais ce qui reste indéniable,
03:42c'est qu'il n'y a de toute évidence
03:44pas de considération de la part
03:46d'un quelconque magistrat
03:47que Marine Le Pen est injusticiable
03:48comme les autres.
03:49Parce que ce qui est intéressant,
03:50c'est que pour deux raisons
03:50parfaitement différentes,
03:52tant le jugement de première instance
03:54que celui de la Cour d'appel
03:56prend en compte le fait
03:57que Marine Le Pen est une candidate
03:58assez éminente
03:59dans la prochaine élection présidentielle.
04:00Le jugement de la première instance
04:01était pour nous dire que
04:02si on laissait Marine Le Pen concourir,
04:04il y aurait un risque de trouble
04:08à l'ordre démocratique.
04:09Et le jugement en appelle,
04:11précisément parce qu'ils estimaient
04:12que ne pas la laisser concourir,
04:14c'était empêcher et retirer
04:15aux électeurs leur souveraineté.
04:17Mais donc dans les deux cas,
04:18on avait précisément
04:18la prise en compte
04:19de la personnalité politique,
04:21publique, électorale
04:22qu'est Marine Le Pen.
04:23Maintenant, ce qui est intéressant,
04:24c'est que les délais raccourcis
04:25de la Cour d'appel,
04:26de la Cour de cassation
04:26nous rappellent en effet
04:28que là non plus,
04:29on n'estime pas
04:29que Marine Le Pen est parfaitement
04:30une justiciable comme une autre.
04:32Mais vous disiez,
04:32Clélie Mathias,
04:33qu'il y avait potentiellement
04:34une épée de Damoclès
04:35qui pouvait siéger
04:36au-dessus de la tête
04:37de Marine Le Pen.
04:38De ce que j'ai compris,
04:39il y a quand même la possibilité
04:40que la Cour de cassation
04:42brise l'arrêt de la Cour d'appel,
04:43mais ne saisisse pas
04:44une autre Cour d'appel
04:46et que ce faisant,
04:47le jugement de première instance
04:48avec l'inégibilité provisoire
04:50se réapplique.
04:51Et on serait donc...
04:52Il y a un débat là-dessus.
04:53Il y a un vrai débat.
04:54Il y a un vrai débat.
04:55C'est la fameuse...
04:55Il y a un débat.
04:56Donc en fait,
04:57le droit n'est pas neutre.
04:58Contrairement à ce que
04:58vous nous faire croire.
04:59Donc le droit est arbitré
05:00par des humains.
05:01Et donc, comme tous les humains,
05:02ils ont des idées,
05:02des consciences
05:03et des idéologies.
05:05Ce que je me demande simplement,
05:06c'est dans quelle mesure
05:07cette volonté absolue
05:08de Marine Le Pen,
05:09en plus de défendre
05:11son mandat auprès du peuple,
05:12de montrer qu'elle était
05:13parfaitement innocente
05:14des faits qui lui étaient reprochés,
05:16pourrait en un sens
05:16se retourner contre elle
05:17parce qu'on comprend
05:18qu'il y a à la fois
05:19sa volonté de clamer son innocence,
05:20mais également son refus
05:22de faire campagne
05:22avec un bracelet électronique.
05:23Je ne sais pas si
05:25tout misé là-dessus
05:26était nécessairement
05:26le bon pari
05:27parce que je me demande
05:28dans quelle mesure,
05:29en réalité,
05:29faire campagne
05:30avec le bracelet électronique
05:31aurait même pu
05:32plus ou moins la porter
05:33auprès d'une partie
05:34des électeurs
05:34qui se reconnaissent plutôt
05:35dans une rhétorique
05:36anti-système du RN
05:37et qui se seraient dit
05:38oui, finalement,
05:39c'est bien la preuve
05:39qu'on cherche à brider
05:40la candidature
05:41qui précisément
05:42prend enfin notre défense.
05:43Mais je pense que
05:43ça n'a aucune incidence
05:45auprès des électeurs
05:46du Rassemblement national.
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