Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 18 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Et mon premier invité, Franck Alizio, député Rassemblement National des Bouches-du-Rhône.
00:05Bonjour.
00:06Soyez le bienvenu, il va être évidemment grandement question de l'arrêt de la cour d'appel
00:10qui sera rendu demain concernant Marine Le Pen, décision très attendue,
00:15aussi bien par elle que par l'ensemble du Rassemblement National, à moins d'un an de la présidentielle.
00:20Mais juste avant quand même, j'aimerais revenir avec vous sur ce retournement inédit
00:26concernant l'affaire Cédric Jubilard. Ça faisait quoi ? 5-6 ans qu'il niait toute implication dans la mort
00:34de sa femme.
00:36Et là, deux mois avant son procès en appel, il a décidé de se confier et de faire des aveux
00:42à son nouvel avocat,
00:43puisqu'il a changé d'avocat entre-temps. Donc là maintenant c'est Maître Debuisson,
00:46qui a confirmé à la dépêche à Toulouse des aveux et son souhait de reconnaître sa culpabilité
00:52dans la disparition de sa femme Delphine, on s'en souvient tous.
00:55Il devrait y avoir une conférence de presse prévue aujourd'hui, en début d'après-midi.
01:00Il devrait peut-être aussi révéler là où est le corps. C'est un retournement hallucinant.
01:07Bien sûr, surtout quand on connaît la stratégie de défense de Cédric Jubilard jusqu'ici,
01:13c'est-à-dire qu'un homme qui s'enfermait soit dans le silence, soit dans des élécubrations un petit
01:18peu curieuses
01:19lors du premier procès. C'est évidemment un soulagement énorme.
01:24Si ça se confirme, attention, il faut toujours mettre des conditions parce que Cédric Jubilard est un homme
01:29étrange pour le moins, avec un profil psychologique très particulier qui a notamment été mis en avant
01:34par les expertises lors du premier procès.
01:37On n'est jamais à l'abri d'un nouveau rebondissement de situation et que Cédric Jubilard,
01:41qui est un homme qui est décrit comme extrêmement narcissique et qui aime avoir l'attention sur lui,
01:46il pourrait très bien, on ne sait jamais, être dans une manœuvre pour ramener la lumière vers lui.
01:50Donc attention, mais si ça se confirme, c'est évidemment un énorme soulagement d'abord et avant tout pour la
01:55famille
01:55parce que c'est extrêmement compliqué de faire un deuil à la fois quand on n'a pas le corps
02:00de la victime.
02:02Et puis ça enlève aussi, si ça se confirme une nouvelle fois,
02:06c'est toujours cette part de doute qui existait après le premier procès
02:08parce que c'était un procès extrêmement difficile à juger.
02:12Les preuves étaient finalement assez maigres, il n'y avait pas de preuves extrêmement factuelles et fermes
02:19contre Cédric Jubilard, ce qui a donné un procès extrêmement tendu et une décision extrêmement lourde pour les jurés populaires
02:25avec des enquêteurs qui expliquaient que les preuves finalement, il y avait un faisceau d'indices
02:31mais il manquait cette preuve factuelle, cette preuve terminale pour accuser définitivement Cédric Jubilard.
02:38Donc là, ça permettrait d'enlever aussi cette petite part de doute qui existe toujours lors de genres de procès.
02:42Donc c'est un soulagement collectif, encore une fois, si ça se confirme.
02:45Et on écoute Christophe Bordet qui résume ce que l'on a appris dans la lettre de Cédric Jubilard à
02:49son avocat.
02:49C'était ce matin dans sa revue de presse au micro d'Alexandre Lemaire sur Europe 1.
02:53C'est la une de la dépêche du midi avec ce titre.
02:56Cédric Jubilard passe aux aveux, véritable coup de théâtre dans une lettre remise à son avocat
03:03et que le journal s'est procuré.
03:04Il reconnaît sa responsabilité dans la disparition de sa femme Delphine.
03:10Jubilard reconnaît une énième dispute violente le soir de la disparition de Delphine.
03:16Il se dit à la disposition des enquêteurs pour donner les informations sur la localisation du corps de la victime.
03:22Mais aucune info sur la façon dont Delphine a perdu la vie.
03:26Attention tout de même, rappelle la dépêche.
03:29Dans cette affaire, Jubilard n'a cessé d'affirmer tout et son contraire, d'aller de soi-disant confidence en
03:35démenti.
03:36Christophe Bordet ce matin sur Europe 1 dans sa revue de presse.
03:39Arthur de Vatrigan.
03:40C'est en effet, je pense que c'est un soulagement pour la famille.
03:44Parce que quand il y a des zones nombre et quand il y a des questions qui restent en réponse,
03:47vous ne pouvez pas intégralement faire votre deuil.
03:49Et puis vous imaginez, vous scénarisez dans votre tête.
03:52Donc si tout ça se confirme, le corps est retrouvé et que les aveux vont jusqu'au bout,
03:56ça sera un soulagement pour la famille.
03:57Ensuite, pour la justice, ça va lui faire du bien et ça fera du bien aussi aux Français.
04:02Parce qu'en effet, complot, procès très compliqué, pas de corps.
04:07Donc faisceau d'indices qui condamne.
04:09Ce n'est pas la première fois, ça arrive.
04:11Non, ce n'est pas la première fois, évidemment.
04:12Mais en ce moment, vous savez, la justice est très critiquée, remise en question.
04:15On doute de sa légitimité sur un procès comme ça.
04:18Ça peut réconcilier, en tout cas redonner confiance sur certains sujets avec la justice.
04:24faisceau d'indices, quelques années après, le coupable à vous.
04:28Et si on retrouve le corps, tant mieux.
04:30Et il y a quand même quelque chose après qui est, vous savez, cette fascination pour les Français,
04:34pour nous tous, pour ces faits divers.
04:36C'est quand même la fascination pour ce mystère.
04:38Quel est le mystère du mal ?
04:40Pourquoi change-t-il ?
04:41Est-ce que c'est une stratégie pour, en vue de l'appel, essayer de gratter quelques années de prison
04:46en moins ?
04:46Est-ce que ce sont des remords ?
04:47Est-ce que c'est par ce besoin artistique de se remettre un coup de projecteur sur lui-même
04:52et d'essayer de comprendre ?
04:53Parce qu'en effet, son profil est assez étonnant.
04:55Je veux dire, quand on écoutait M. Jubilard, quand on le voyait, quand on avait des témoignages,
05:00on se dit, mais un type comme ça ne peut pas faire un crime aussi parfait, ce n'est pas
05:02possible.
05:03Et donc, il y a quand même une fascination autour de ça,
05:06et qui va toujours rester inexpliqué pour une partie.
05:08Mais ça nourrit tout l'imaginaire qu'on a déjà dans la littérature, qu'on a dans le cinéma.
05:11D'ailleurs, il y a plusieurs livres sur lui, sur son cas, sur cette affaire.
05:14Bien sûr.
05:15Et même jusque dans cette lettre, il laisse encore des zones d'ombre.
05:18C'est là où c'est vraiment un personnage atroce et torturé.
05:21C'est-à-dire que l'avocat explique qu'il ne donne pas tous les détails,
05:24et que ces détails seront seulement donnés à la justice.
05:27Donc, encore une fois, j'ai toujours, et c'est un peu l'histoire de cette affaire,
05:31toujours une part de doute sur quelle est la véracité de ses propos.
05:35Est-ce que M. Jubilard est réellement dans une démarche honnête dans cette histoire ?
05:41Elle est quand même curieuse, cette lettre.
05:42Elle est curieuse.
05:43Et d'ailleurs, l'avocat, en théorie, n'a pas forcément le droit de révéler ses conversations avec son...
05:49Ah non, mais si...
05:50On imagine que ça a été...
05:51On imagine que Cédric Jubilard a donné son accord pour que ce soit transmis à justice.
05:56Mais même dans le déroulé et dans le choix de ses mots, de la méthode de ses confidences,
06:03il y a toujours un doute, il y a toujours une volonté, en effet,
06:06de faire jouer quelque chose, des espèces de ressorts dramatiques qui sont horribles
06:10quand on le compare au drame pour lequel il est jugé.
06:13Donc, ça dit aussi beaucoup de ce personnage qui restera, je pense, dans les mémoires collectives, hélas.
06:19Mais le rôle de l'avocat est intéressant, parce qu'on le disait,
06:21ce ne sont pas les avocats qu'il avait au début.
06:23Il a récemment changé, là, ce printemps.
06:24Donc, c'est Maître Debusson qui a pris la relève
06:29et qui a su visiblement gagner la confiance de son client
06:32pour qu'il n'ait pas avoué avant ses précédents conseils
06:36et que là, il accepte de se livrer et d'en dire un peu plus, en tout cas.
06:41Bien sûr. C'est aussi parfois le seul talent et la dernière flèche qui reste à l'arc d'un
06:46avocat.
06:47Quand tout ou presque vous accable, que vous avez été condamné en première instance,
06:51qu'on parle d'un meurtre, d'un homicide, donc potentiellement de la réclusion à perpétuité,
06:57si on se passe d'un point de vue d'un avocat, il se dit très certainement,
07:00on parlait de la stratégie judiciaire,
07:01si vous avouez, monsieur Jubilard, peut-être qu'on peut passer de 30 à 25, 26, 27 ans
07:08et d'un point de vue purement judiciaire,
07:10ce sera perçu comme une victoire acquise par l'avocat d'avoir réussi à faire descendre cette peine-là.
07:15Maintenant, il y a toujours la question, si on se passe d'un point de vue moral,
07:17est-ce que parce qu'un crime aussi horrible a été avoué après tant d'années de déni,
07:23est-ce que ça mérite de baisser une peine juste parce qu'il y a eu un aveu extrêmement tardif
07:28et certainement intéressé ?
07:30C'est un autre débat.
07:31Oui, effectivement. Autre précision, maître De Buisson avait conditionné sa participation
07:35à la préparation de ce procès en appel qui aura lieu en septembre
07:38à une amélioration du régime de détention de Cédric Jubilard
07:41qui est incarcéré et qui est détenu depuis juin 2021
07:45à l'isolement par mesure de sécurité près de Toulouse
07:48et cet avocat alertait sur la dégradation de l'état de santé de son client
07:52et pour lui, c'était la faute des conditions de détention dites indignes.
07:58Je cite évidemment, il estimait que ces conditions d'un procès équitable n'étaient pas réunies.
08:02Donc il a conditionné aussi sa participation, peut-être ses aveux,
08:07à une amélioration de ses conditions de détention à partir de Vatrigan.
08:10Ce sont des stratégies d'avocat, on dit des choses, on négocie, on réajuste, on désaxe.
08:16Après, je vous avoue que les conditions de détention de M. Jubilard, je m'en fous complètement.
08:21Je pense que vous n'êtes pas le seul.
08:22Mais ce qui peut être intéressant, en effet, c'est, je pense qu'il y avait ce déni, ce mensonge
08:26lors du premier procès parce qu'il était intime.
08:28Il se laissait percevoir la chance de ne pas être condamné parce que pas de corps.
08:33Donc dans sa stratégie diabolique et maléfique, évidemment, c'est je nis,
08:37je nis, je nis.
08:37Alors moi, je suis toujours fasciné par ces gens qui arrivent à mentir avec autant
08:41de sang sur les mains pendant autant d'années.
08:43Mais là, j'y vois plus, en effet, vraiment une stratégie, même si je n'élimine pas
08:47le remords, c'est-on jamais, on peut trouver une grâce même en prison.
08:50Mais j'y vois plus quand même une stratégie juridique et judiciaire.
08:54Et pour les jurés, pardon, mais pour les futurs jurés, ce serait un soulagement.
08:58Parce que, souvenez-vous, le procès en première instance, on s'est tous mis à la place
09:03de ces jurés.
09:04Mais qu'est-ce qu'on aurait fait face à un procès pareil, où en effet, on avait
09:07l'impression d'avoir face à nous un crime parfait, où il manquait quand même
09:11ce petit détail qui pourrait faire basculer.
09:13C'est-à-dire qu'il y avait des faisceaux d'indices, ces bruits de disputes, ce corps
09:18qui disparaît, cette voiture qui change d'emplacement, des vêtements qui sont lavés
09:22la nuit même, le temps d'attente entre la disparition de sa femme et le moment où
09:26il appelle la police.
09:27Donc voilà, il y avait ce faisceau d'indices-là.
09:29Mais on s'est tous mis dans la position de ces jurés en disant mais qu'est-ce qu'on
09:31aurait fait à leur place ?
Commentaires

Recommandations

Europe 1
il y a 2 semaines