00:00Ça ressemble les vacances des Français cet été.
00:02L'organisation professionnelle qui représente l'industrie du voyage en France
00:05nous apporte ce matin quelques données intéressantes et quelques observations.
00:09Bonjour Valérie Bonnède.
00:09Bonjour.
00:10Merci d'être avec nous présidente des entreprises du voyage.
00:13Le premier constat qu'on fait peut-être cet été,
00:15c'est qu'on assiste à une petite baisse des réservations par rapport à l'été précédent.
00:18Oui, alors c'est toujours difficile de faire un bilan à mi-chemin,
00:22parce que finalement la saison d'été, elle commence début juin
00:26et elle se termine aujourd'hui fin septembre, voire même début octobre.
00:29Donc on est à mi-parcours, on va dire.
00:31Et c'est vrai qu'en début d'année, c'était plutôt assez positif pour plein de raisons.
00:36Je ne sais pas si on aura le temps de revenir sur les raisons.
00:39On constate effectivement une baisse.
00:42Et cette baisse, elle est très différente selon les territoires et selon le type de vacances.
00:46Donc globalement, c'est compliqué de donner des chiffres.
00:49Mais oui, on est un petit peu en baisse, notamment sur l'étranger, sur certaines régions.
00:54Voilà, il faut attendre la fin de l'été.
00:56Sur la France, compliqué de faire un bilan parce qu'on n'est pas encore au bout de la saison,
01:00vous venez de l'expliquer.
01:02Malgré tout, dans l'actualité, on a bien sûr tous les jours parlé de la question de la sécheresse,
01:07des incendies, qui a eu un impact sur les professionnels du tourisme,
01:11dans l'hôtellerie, la restauration.
01:13Vous, quelle est l'analyse que vous faites sur justement le Var, la Gironde,
01:18ces méga-feux et le fait qu'il y a eu aussi beaucoup d'annulations,
01:21peut-être des touristes étrangers aussi qui ne sont pas venus ?
01:23Alors, ces régions que vous venez de citer, ce sont des régions attractives, de toute façon.
01:28Donc, c'est vrai que les prévisions, les réservations engrangées,
01:31avant la saison, étaient très bonnes.
01:34Donc, on était plutôt, d'ailleurs, le ministre du tourisme a fait un point,
01:36je crois, le 21 juin de mémoire, en disant qu'on était optimiste
01:39et que les choses étaient plutôt en évolution,
01:41de plus 1 à plus 5% en fonction des régions.
01:44Sur ces régions touchées par les incendies, là, vraiment, depuis 3 semaines,
01:49vous le dites, et c'est vraiment ça,
01:51par rapport aux réservations et à l'anticipation,
01:53on a effectivement un vrai impact en termes de fréquentation,
01:57puisque soit les gens ont réservé et ont dû être évacués, étaient présents,
02:01soit ils ont réservé et ils ne peuvent pas partir,
02:03parce qu'effectivement, la destination ne peut pas assumer ce qu'ils ont réservé,
02:08mais ce n'est pas la majorité du tout des cas,
02:09soit, effectivement, il y a un effet d'annulation,
02:12parce qu'il y a une loupe vraiment très importante sur ces régions-là,
02:15et il y a une vague d'annulation sur les destinations Gironde,
02:19le Cap-Ferré, le Var, notamment dans l'hôtellerie de plein air,
02:22si vous voulez qu'on prenne un exemple.
02:24En gros, dans l'hôtellerie de plein air,
02:26la fédération qui représente ces entreprises
02:28dit qu'il y a 2 millions de nuitées qui ont été perdues en un mois,
02:33et les réservations qui étaient très bonnes,
02:36en fait, finalement, se traduisent par une occupation,
02:39qui est entre 30 et 50 % dans le meilleur des cas,
02:44voire même entre 10 et 30 % dans certains campings, par exemple.
02:47Et ça, ce n'est pas vraiment la situation telle qu'elle est aujourd'hui,
02:51c'est le ressenti des Français,
02:53et finalement, le changement de destination,
02:55qui peut bénéficier évidemment d'autres territoires ou à l'étranger.
02:59Justement, l'étranger, quand on regarde les chiffres,
03:02alors encore une fois, à mi-parcours,
03:03il faudra faire le bilan complet un peu plus tard,
03:05mais l'Espagne a été plus attractive cet été,
03:08alors que la France, elle, semble être un petit peu en recul.
03:11Alors, la concurrence entre l'Espagne et la France,
03:13de toute façon, elle est là tous les ans, tout le temps,
03:16ça dépend de quoi on parle.
03:18Quand on parle de taux de fréquentation et de visiteurs,
03:21c'est vrai qu'on a les chiffres 2025,
03:22puisqu'on n'a pas encore les chiffres de 2026,
03:24la France est à 102 millions de visiteurs,
03:28mieux placée, un tout petit peu mieux passée que l'Espagne.
03:30Après, la réalité, c'est qu'est-ce que dépensent les Français ?
03:32Quand on regarde un petit peu,
03:34quand on analyse la fréquentation et l'attractivité d'un pays,
03:38en fait, on a tendance à prendre le flux,
03:40mais la question est de savoir quand même,
03:42les Français partent à 70%, les Français partent en France.
03:45Et alors, est-ce qu'ils dépensent davantage ?
03:46Mais ils ne dépensent pas autant en France
03:50que l'on aimerait qu'ils le dépensent.
03:51Donc, à nous de voir comment on peut améliorer les choses.
03:54Et oui, l'Espagne est extrêmement attractive,
03:56parce qu'il y a un rapport qualité-prix,
03:57avec des produits qui sont proposés,
04:00notamment l'hôtellerie,
04:01qui séduisent aussi les Français,
04:03et pas que les Français d'ailleurs.
04:04L'inflation n'est pas pour rien.
04:05Il y a une histoire de coût de la vie, quand même,
04:06qui fait qu'on est plus regardant sur les dépenses qu'on fait,
04:09y compris en vacances,
04:10ce qui est normalement la période
04:11où on va un peu plus se faire plaisir.
04:13Mais aujourd'hui, avec l'alimentation,
04:15les voyages, le kérosène, le prix des billets,
04:16on en a suffisamment parlé sur cette antenne,
04:19ça justifie probablement le fait
04:20qu'on fait plus attention aux dépenses, y compris l'été.
04:22On fait très attention aux dépenses, ça c'est sûr.
04:25Il y a un sujet budget, coût de la vie, pouvoir d'achat,
04:29très fort, cette année particulièrement.
04:31Il y a le contexte politique intérieur,
04:34manque de visibilité,
04:35un petit peu de...
04:36un marché très, très frileux.
04:39Et puis, il y a eu la guerre,
04:41on ne peut pas dire le contraire.
04:42Le 28 février, il y a eu une guerre.
04:43Là, pour la fréquentation étrangère,
04:45puisque moi, je représente les agences de voyage,
04:47ça fait partie vraiment de notre activité.
04:49On a vu un impact très important.
04:51Pendant trois mois, vraiment, il y a eu un marché
04:53où les Français étaient absolument statiques, en fait.
04:57Ils étaient en attente.
04:58Et puis, ça s'est débloqué en juin, juillet,
05:02et on attend de voir les chiffres, comme on le disait.
05:03Pour les agences de voyage, justement,
05:05est-ce que ça a encore un intérêt économique
05:07pour les vacanciers, les Français,
05:11de passer par ces organismes-là,
05:13quand on sait qu'aujourd'hui,
05:14on peut aussi trouver des prix très intéressants
05:17par soi-même ?
05:18Alors, première idée reçue, vraiment,
05:20que je souhaite battre en brèche,
05:22c'est le fait que ça coûterait plus cher.
05:24Il n'y a pas de plus cher,
05:25parce que les agences, leur métier, c'est de négocier.
05:27Donc, elles négocient en amont des prix,
05:29comme les supermarchés ou les magasins
05:31qui achètent, en gros.
05:33Ce qui est très important de dire là,
05:35et notamment la lumière de l'actualité,
05:36on voit bien, et je ne vais pas profiter,
05:38mais vraiment mettre en avant,
05:39on voit la grève EasyJet,
05:41on voit, il arrive la guerre, etc.
05:44Eh bien, quand on a un intermédiaire
05:45qui est un professionnel,
05:46on a un interlocuteur,
05:48notamment quand vous êtes bloqué aujourd'hui
05:49parce que vous ne pouvez pas revenir
05:50à cause d'une grève d'une compagnie aérienne,
05:53il y a des obligations pour l'agence de voyage,
05:55elle est responsable de la totalité.
05:58Vous ne pouvez pas prendre votre avion,
05:59il y a une prise en charge,
06:01vous ne pouvez pas utiliser l'hôtel
06:02que vous avez réservé à distance,
06:03il y a un remboursement,
06:04ça fait toute la différence.
06:06Et d'ailleurs, les Français le savent
06:07parce qu'il y a un retour aux agences de voyage
06:09depuis qu'on a des aléas successifs et importants.
06:11En 30 secondes, pour conclure,
06:13sur justement les voyages internationaux,
06:15deux exemples,
06:16les Etats-Unis,
06:18des voyages qui s'effondrent,
06:20probablement un effet Trump,
06:21et à l'inverse,
06:22quand on regarde du côté de l'Europe,
06:24l'Albanie qui explose.
06:25Les Etats-Unis, très vite,
06:27oui, un effet Trump,
06:28mais surtout un effet pouvoir d'achat,
06:29le pouvoir d'achat des Américains
06:31est très élevé par rapport aux Français,
06:32c'est devenu très cher d'aller aux Etats-Unis.
06:34Et puis il y a l'effet Trump.
06:35L'Albanie, dans notre observatoire,
06:37c'est vrai qu'il arrive,
06:38il performe quasiment plus 300%,
06:41on peut se dire,
06:42c'est un effet en fait,
06:43et en fait non,
06:44parce que c'est devenu
06:46une destination dans le top 10,
06:47donc c'est pas très loin,
06:49c'est pas très cher,
06:50il y a un bon rapport qualité-prix,
06:51il fait beau,
06:53voilà, ça regroupe un peu tout ce que les Français ont fait.
06:54C'est quoi, c'est la nouvelle Croatie,
06:55il y a quelques années ?
06:56Oui, on peut dire ça,
06:57mais de toute façon,
06:58le pourtour méditerranéen
06:59performe en été,
07:00donc le moyen courrier,
07:01c'est vraiment la destination,
07:02et un rapport qualité-prix intéressant.
07:03Merci beaucoup Valérie Bonnet,
07:05présidente des entreprises du Voyage,
07:07avec nous ce matin.
Commentaires