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  • il y a 2 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00On y sera bien sûr et vous vivrez tout ça en direct.
00:03On va maintenant s'intéresser à ce qui s'est passé du côté d'une prison.
00:10C'est la gendarmerie qui a mis fin à un trafic de stupéfiants qui utilisait les drones.
00:14Ces drones dont on parle tant, on parle tous les jours, notamment pour la guerre.
00:18Et là c'est Paul Conge qui va nous raconter ça.
00:20C'est les drones qui faisaient parvenir des colis de drogue à la maison d'arrêt de Villefranche-sur-Saône.
00:26Oui, c'est un réseau qui livrait par drone des détenus de la prison de Villefranche-sur-Saône
00:30directement au barreau de la cellule.
00:32Drogue, cigarette ou encore téléphone avec une fréquence impressionnante.
00:35Une organisation bien ficelée.
00:37C'est ce que nous raconte le commandant Ferreira qui dirige la compagnie de gendarmerie de Trévoux.
00:42Il a participé à démonter ce réseau.
00:45C'est une autre ampleur.
00:51Un réseau, une organisation logistique qui, grâce à l'aide d'un drone,
00:59achemine des colis à l'intérieur de l'enceinte de la maison d'arrêt.
01:03Bien sûr, des produits qu'on ne trouve pas à l'intérieur de la maison d'arrêt.
01:07On peut retrouver des produits stupéfiants, des cigarettes, de l'argent liquide.
01:13On a même retrouvé de la nourriture lors d'opérations judiciaires.
01:18Ce qui frappe dans cette affaire, c'est vraiment l'intensité de l'activité.
01:22L'intensité de l'activité, ça veut dire quoi en fait ?
01:24C'est le nombre de livraisons, c'est ça ?
01:26Oui, parce que c'est une quantité industrielle.
01:291850 colis acheminés en l'espace de 51 jours.
01:31On comptait les enquêteurs, pardon, 36 par jour en moyenne.
01:35Cinq suspects ont été interpellés, dont trois en flagrant délit après deux mois de trafic.
01:39Alors comment les gendarmes s'y sont pris pour les interpeller ?
01:42Là aussi, le commandant Ferreira nous raconte.
01:45Le 4 août, l'opération est déclenchée.
01:49Trois individus sont interpellés juste avant un nouveau site de livraison,
01:54sur une base de départ.
01:56Et deux autres individus sont interpellés dans leur domicile.
01:59Le temps des investigations, vous l'aurez compris,
02:02l'enjeu pour les enquêteurs, ce n'était pas simplement d'intercepter un drone.
02:06C'était bien de comprendre le fonctionnement d'organisation
02:10et surtout identifier les différents protagonistes.
02:13Donc ça, ça nécessite du temps pour rassembler les preuves nécessaires avant d'agir.
02:18Donc les enquêteurs ont saisi au passage un demi-kilo de cannabis,
02:216 millions en espèces, un drone et ses 18 batteries.
02:24Les cinq suspects seront donc jugés en comparution immédiate
02:28à la rentrée en septembre pour le mineur qui a été interpellé
02:31et en octobre pour les quatre majeurs qui ont été interpellés dans ce coup de filet.
02:35Est-ce qu'on sait qui était, qui est derrière tout ça ou pas ?
02:39Ou à qui était destinée la drogue ?
02:41Qui pilotait ça encore ? Ou c'est trop tôt ?
02:43L'enquête démarre à peine.
02:44L'enquête a permis de surveiller, en tout cas les personnes qui participaient à l'opération.
02:49Tout ce qu'on sait sur le profil, en tout cas, des trafiquants présumés,
02:52c'est qu'il y en a quatre qui sont majeurs et un qui est mineur.
02:55Donc pour l'heure, on ne sait pas s'il y a une structure derrière tout cela.
02:57Mais ce qu'on sait, c'est qu'ils livraient directement les détenus.
03:00Alors est-ce qu'on livre, Jean-Pierre Colombiès, ancien de la police judiciaire,
03:03on livre les détenus pour les alimenter ?
03:05C'est-à-dire parce qu'en prison, on consomme aussi de la drogue.
03:10On le sait, on le sait.
03:12Et on consomme de tout.
03:13Et puis c'est piloter des portables directement aussi en prison ?
03:17Des portables, des cartes SIM, tout ce qui est nécessaire après à être vendu, revendu.
03:23Se constitue une petite cagnotte en interne.
03:26On a affaire à des prestataires, à des intermédiaires.
03:29Alors théoriquement, on peut les mettre en cause pour complicité de trafic de stupes
03:34si ça s'inscrit dans un trafic structuré,
03:37si véritablement ils sont intégrés à l'équipe qui trafique.
03:42Je ne sais pas comment expliquer ça plus techniquement.
03:45Mais on peut aussi faire appel à des petites mains.
03:49Voilà, il y avait un mineur.
03:50Oui, des garçons qui ont tout simplement un drone.
03:52On va lui donner un billet et puis il va acheminer ce qu'on lui demande d'acheminer
03:56sans qu'il soit réellement intégré à une chaîne de commandement,
03:59si vous voyez ce que je veux dire, à quelque chose de très structuré.
04:02Ça pose quand même la question fondamentalement de la sécurisation des prisons.
04:06Normalement, pour les drones, il y a des filets.
04:08Il y a des filets de protection au-dessus des enceintes.
04:11Oui, mais ce n'est pas à l'évidence.
04:13Il y a des failles et il y a des trous dans la raquette, c'est le moins qu'on
04:15puisse dire.
04:16Et puis, si vous laissez tomber tout simplement quelque chose,
04:19ça suffira pour être réceptionné dans les cours.
04:22Vous ne pouvez pas sécuriser toutes les maisons d'arrêt.
04:24Ce n'est pas possible parce que je vais employer un gros mot, tant pis,
04:26mais il faut des moyens.
04:28Je sais bien que ce n'est pas un mot qui est à la mode en ce moment,
04:30mais sécuriser tous les espaces, tous les lieux liés à une prison
04:34ou à l'intérieur d'une prison, c'est quasi impossible.
04:37Ce qu'on le disait aussi, quelqu'un qui travaille dans cet établissement pénitentiaire,
04:40c'est qu'il y a à peu près 1 000 détenus dans ce centre pénitentiaire
04:43et il y a 8 ou 9 surveillants pénitentiaires seulement pour l'ensemble de ce centre.
04:49Donc, c'est vraiment très peu.
04:50Ça ne permet pas de surveiller toutes les livraisons.
04:509 surveillants pénitentiaires pour les 1 000 ?
04:52C'est ce qu'on nous a expliqué tout à l'heure, en tout cas,
04:54quelqu'un qui travaille dans ce centre pénitentiaire.
04:56Et effectivement, ça pose la question de comment peuvent-ils surveiller
04:59toutes les livraisons par drone qu'ils pourraient repérer ?
05:02On va en parler avec Aurélie Roudier-Pascal,
05:04qui est secrétaire nationale du syndicat FO des directeurs de services pénitentiaires.
05:07Bonsoir, Aurélie Roudier-Pascal.
05:09Vous confirmez ce que nous dit Paul Conges ?
05:13Aussi peu de surveillants pour 1 000 détenus ?
05:16Je suis quand même très, très perplexe sur ce chiffre.
05:22Est-ce que l'agent qui a été interrogé parlait plutôt d'un service de nuit
05:25qui peut être dégradé ? Il y a moins d'agents la nuit.
05:29Là, il y a les vacances aussi.
05:31Oui, alors, les vacances ou pas les vacances,
05:33il y a un organigramme de référence sur les établissements
05:36et ils sont comblés.
05:38Alors, on peut avoir des événements de difficulté RH
05:41qui ne permettent pas de couvrir une journée avec un poste de dégradé,
05:48mais 9 agents sur un établissement comme celui-là,
05:50je pense qu'il y a eu une méprise,
05:53ou en tout cas, qu'on essayait peut-être de parler d'un service de nuit
05:59exceptionnellement dégradé.
06:00Mais en journée, ça m'étonnerait beaucoup.
06:02Comment les arrêter, ces livraisons de drones ?
06:04Alors, comment les neutraliser ?
06:06Il y aura toujours des tentatives, bien sûr,
06:08mais la question qui est posée, c'est celle-là.
06:10Il y aura toujours des tentatives et il y a toujours la question,
06:12mais il y avait la même question qui se posait avec les téléphones portables,
06:17la question des nouvelles technologies qui arrivent en prison
06:20et comment l'administration pénitentiaire se met en marche.
06:22Déjà, on peut se féliciter de ce type d'opérations
06:25qui ont tendance quand même à se multiplier sur le territoire
06:28et qui mettent en œuvre la collaboration avec la gendarmerie
06:31pour faire des opérations coup de poing.
06:33Par ailleurs, il y a des établissements qui se sont dotés
06:36de systèmes anti-drones
06:39qui parfois manquent encore d'efficacité en fonction des types de drones,
06:47mais néanmoins qui montrent leur efficacité en termes de brouillage
06:50et surtout de repérage, ce qui nous permet d'alerter immédiatement
06:56les forces de l'ordre qui peuvent venir via les bacs du territoire interpeller.
07:01Et on note aussi de très grandes interpellations en lien avec ces drones.
07:06On a aussi les Miradors qui sont couverts pour les établissements dotés de Miradors
07:09qui surveillent en permanence.
07:12Mais il y a des filets normalement.
07:13Il y a des filets aussi qui empêchent la marchandise d'atterrir dans l'enceinte et dans la cour.
07:18Il y a des filets.
07:20Néanmoins, sur des petites quantités de stupéfiants, la question, ça peut passer.
07:26Il y a des structures, je le rappelle, et votre collègue parlait de moyens,
07:30il y a des structures qui sont très anciennes et qui sont très mal adaptées
07:34à la sécurisation anti-drones.
07:37Néanmoins, l'administration a largement investi pour cette sécurisation.
07:42La marche est encore haute.
07:43Mais on peut saluer les interpellations, les saisies qui sont faites aussi par les agents pénitentiaires
07:49dès qu'ils détectent un drone.
07:52Encore une fois, on manque de moyens pour sécuriser à 100% et ça ne sera pas là demain.
07:57Mais en tout cas, la prise en compte de ce danger est réelle
08:02et l'administration se met en ordre de marche.
08:05Mais attendez, Aurélie Roudier quand même, Aurélie Roudier, Pascal, pardon.
08:08Ce qui veut dire qu'on passe comment de l'intérieur de la prison ?
08:12Parce que vous avez dit, Paul Conge, 1 800 livraisons, c'est ça ?
08:161 850 livraisons en 51 jours.
08:18Ça fait 36 par jour.
08:20Donc ça veut dire que de l'intérieur de la prison, on passe commande
08:23et puis il y a quelqu'un qui s'est centralisé,
08:27qui est peut-être d'ailleurs le chef du réseau qui aujourd'hui est en prison,
08:30qui alerte ses petites mains en disant, allez les gars, il faut me livrer de la dope.
08:33C'est comme ça que ça fonctionne, c'est dingue.
08:35Alors, on ne va pas, effectivement, on ne va pas faire semblant de découvrir
08:38qu'il y a du trafic dans nos détentions.
08:40C'est pour ça d'ailleurs qu'on a créé l'EQLCO pour sécuriser les plus gros profils
08:46et créer une étanchéité totale.
08:49Maintenant, les quartiers de lutte contre la criminalité organisée,
08:54dans le vieil qu'on est sur Sarthe, etc.,
08:56pour justement les profils qui seraient le plus problématiques sur la livraison,
09:00notamment par des drones, soient dans des quartiers complètement étanches.
09:03Maintenant, oui, il y a des commandes qui se font par l'intérieur des établissements,
09:07qui se font tout simplement par des téléphones portables qui rentrent
09:11ou tout simplement aux parloirs.
09:13Les parloirs ne sont pas sonorisés.
09:15Donc, ils commandent par le frère, la sœur, l'ami qui dit, fais-moi livrer ça.
09:21Oui, ça existe.
09:23Et autre chose.
09:23Alors, Jean-Pierre Colombier, Paul Conge ?
09:25Oui, parlons juste d'un chiffre sur les surveillants de ce centre pénitentiaire,
09:28parce que tout à l'heure, effectivement, quelqu'un en plateau,
09:30et j'ai repris ce chiffre, évoquait 9 surveillants pénitentiaires à l'échelle du centre pénitentiaire.
09:33En vérité, je ne sais pas si cette personne parlait seulement d'une aile de la maison d'arrêt,
09:36mais en vérité, il y a plus de 100 surveillants pénitentiaires à l'échelle du centre pénitentiaire.
09:40Voilà, on a rectifié...
09:43Jean-Pierre Colombier...
09:44Oui, le souci premier qui avait été posé aux maisons d'arrêt, c'était, au travers de l'actualité,
09:51les évasions par hélicoptère.
09:52Les évasions, voilà, spectaculaires par hélicoptère.
09:54Michel Vaujour.
09:55Voilà, entre autres.
09:56Donc, on s'est dit, il faut absolument sécuriser tout ça, et on va mettre des finailles.
09:59Puis, on n'a pas pensé que la technologie avançait, et qu'elle avançait très vite,
10:03et que, pour effectivement rendre un espace parfaitement imperméable à la pénétration d'objets aussi petits que des drones,
10:09c'est très complexe.
10:10En tout cas, ça coûte très cher.
10:11Et il faut, effectivement, ça a été évoqué,
10:13mettre aussi en place, en parallèle, pas simplement de la protection mécanique, mais des brouilleurs.
10:17Mais tout ça, ça nécessite une logistique qui, à mon avis, est loin d'être universelle.
10:21On parlait du contact de l'externalisation des demandes,
10:24et c'est par tous les moyens.
10:26Famille, avocat, parloir, et puis aussi personnel pénitentiaire.
10:30Ça ne va certainement pas faire plaisir à notre interlocutrice,
10:33mais il y a un problème aussi de corruption au sein des établissements pénitentiaires.
10:37On ne va pas se cacher.
10:37Donc, les commandes, de toute façon, vous savez, il y a mille et un moyens de les faire passer.
10:41Après, qu'il y ait des petites mains pour réaliser, pour satisfaire les demandes,
10:46ce n'est pas un problème.
10:47Ce n'est pas un problème.
10:48Et la répression peut difficilement être à la hauteur de ce qui est réellement un trafic,
10:52puisque un mineur, par exemple, qui est interpellé,
10:55qui est ou propriétaire ou manipulateur du drone,
10:58est-ce qu'on peut réellement le mettre en examen,
11:00ou en tout cas le juger pour complicité de trafic de stupes ?
11:03C'est compliqué dans certains cas, il faut l'établir aussi.
11:05Ça peut être juste un petit intermédiaire.
11:07C'est vrai qu'il faut se poser la question de la complicité,
11:09Aurélie Roudier-Pascal aussi, de la complicité éventuellement avec du personnel,
11:13ou complicité passive ou active d'ailleurs.
11:15Oui.
11:16Alors, il est évident que la question de la corruption se pose,
11:20mais comme dans toutes les institutions régaliennes,
11:22je crois que l'administration pénitentiaire n'est pas la seule à être concernée par ce phénomène.
11:28Des plans d'action sont mis en place.
11:31S'agissant de rentrer par un agent pénitentiaire un objet interdit,
11:36ça commence à devenir quand même très compliqué,
11:38puisque nos personnels sont soumis aussi à des contrôles d'entrée aux établissements,
11:43plus parfois des contrôles aléatoires.
11:45On a aussi des services qui travaillent là-dessus.
11:51Maintenant, c'est une réalité, mais statistiquement parlant,
11:56ce n'est pas la part la plus importante.
12:00Loin s'en faut, c'est même une part marginale.
12:04Oui, mais Aurélie Roudier-Pascal, c'est en détention.
12:07Bien évidemment, mais on sait aujourd'hui le pouvoir qu'ont les narcomafias,
12:12notamment le pouvoir, la pression et les menaces qu'elles peuvent avoir sur le personnel pénitentiaire.
12:18Je pense qu'il s'agit aussi, il y a la question de la corruption active,
12:22et on a eu des événements comme ça où on a aussi des agents qui sont menacés.
12:28C'est ce que j'étais en train de vous dire.
12:30Voilà.
12:30Ils sont menacés, on leur dit, on sait où votre famille, soit tu fais ce qu'on te dit,
12:35soit on menace tes enfants, soit on s'en prend au tien, etc.
12:39Mais ça pose aussi une question, ces drones, parce que là, ils livrent de la drogue,
12:43mais on peut imaginer un drone, soit avec une arme, soit même avec une dose d'explosif,
12:47et qui prépare une évasion de masse, et qui lance une attaque sur une prison, sur un mur d'enceinte,
12:53notamment maintenant avec ces établissements où sont regroupés les plus gros trafiquants de drogue,
12:57et qu'il puisse y avoir une opération coordonnée.
13:00Donc effectivement, on est en train de changer d'air.
13:03On voit qu'il peut y avoir encore des évasions classiques à l'ancienne,
13:07mais là, aujourd'hui, avec les nouvelles technologies,
13:09ça doit faire passer l'administration pénitentiaire dans un autre temps de surveillance, quoi.
13:14Et le culot aussi.
13:15Après, dans les établissements de haute sécurité, il y a des brouilleurs et des filets,
13:19plusieurs couches de filets anti-drone, notamment au CLCO de Vendant-le-Veil.
13:24Non, mais ce n'est pas des installations universelles, c'est ça le problème ?
13:27Non, non, bien sûr. Mais sur ces établissements-là, en tout cas, vu qu'ils étaient cités.
13:29Mais une hirondelle ne fait pas le printemps, malheureusement.
13:31Ce qui pose question, c'est, on l'a vu avec Amra,
13:33c'est-à-dire qu'on a affaire à des types qui sont prêts à tout, voilà, clairement.
13:36L'évasion de Mohamed Amraou et Carville.
13:39Oui, pourquoi pas une attaque ?
13:41Ça a déjà été fait, du reste, une attaque à l'explosif d'une maison d'arrêt.
13:44On a eu déjà des évasions de ce type-là.
13:46On n'est pas dans la science-fiction, ni dans le complotisme.
13:49On est face à des individualités qui sont prêtes à faire le coup de feu,
13:52le coup de main et des actes de guerre.
13:54Nous sommes avec David Desclos, ancien braqueur et détenu aujourd'hui, comédien.
13:57Bonsoir, David Desclos.
14:00Ça ne vous étonne pas, j'imagine, cette intensité de livraison de drogue par drone ?
14:07Non, pas du tout, ça ne m'étonne pas du tout, du tout.
14:10Ce que je vois surtout, c'est que les drones, c'est de plus en plus,
14:14ça devient un phénomène qui s'étend de plus en plus.
14:18Moi, j'ai connu les parachutages à l'ancienne,
14:21ils mettaient les choses dans des filets de pommes de terre,
14:24et les téléphones portables, la drogue, j'ai même vu de la viande et tout ça.
14:29Mais ce qui s'étend de plus en plus maintenant, c'est les nouvelles technologies,
14:33c'est les drones et il y en a même qui, je connais même,
14:35je sais qu'il y a des groupes qui proposent leurs services carrément pour ça.
14:40Ils proposent, alors vous allez sur le Darknet ou voilà,
14:43maintenant il y a des groupes qui se constituent par équipe,
14:47qui se spécialisent dans ça, dans la livraison par drone.
14:50Et donc ça s'étend de plus en plus.
14:52Non mais ça s'étend de plus en plus avec, on se le dit aussi,
14:56à l'intérieur de la prison, tout le trafic qui s'organise,
14:59c'est-à-dire qui reçoit les informations sur les jours de livraison,
15:05parce qu'il y a des portables, parce qu'il y a aussi des ordinateurs,
15:08parce qu'il y a des systèmes perfectionnés,
15:10à l'intérieur même des cellules, c'est tout ça aussi qui nous interpelle.
15:15Bien sûr, en fait c'est un monde parallèle, vous savez,
15:18dans la prison, c'est tout un monde parallèle qui se met en place,
15:21et avec tout son trafic, vous allez dans une prison,
15:26vous allez retrouver les téléphones portables, les puces, la drogue,
15:30je vous dis, ils font même se livrer de la viande et tout,
15:33et donc dans le monde carcéral, c'est un monde qui est en place
15:37avec tout son trafic, comme dans une cité à l'extérieur, quoi.
15:41C'est exactement pareil, moi c'est la première fois que j'étais en prison,
15:44j'ai redécouvert tous les codes de là où j'avais grandi,
15:48dans les cités, quoi.
15:50Tout le monde parallèle se remet en place là-bas.
15:55Cette drogue, elle est à usage personnel,
15:57ou elle sert à continuer un petit trafic à l'intérieur de l'établissement ?
16:01Les deux, mon général.
16:02Les deux, vous en avez qui se font livrer pour leur usage personnel,
16:06et puis vous en avez qui le font aussi pour le trafic.
16:08Mais voilà, pour moi c'est banal, quoi.
16:12Je sais que chaque prison a son degré,
16:15ce n'est pas toutes les prisons pareilles,
16:17ce n'est pas toutes les prisons pareilles.
16:19Et vous savez, un détenu, quand il arrive dans une prison,
16:23la seule chose qu'il a à faire, ce qu'il a sur tout, c'est le temps.
16:26Il a le temps de s'organiser et de détecter les failles,
16:30les failles humaines, les failles technologiques, les failles...
16:33Il a le temps pour lui, il a le temps pour lui,
16:35et il a le temps de tout détecter, les angles morts,
16:38par où les parachutages peuvent arriver,
16:39par où les drones peuvent arriver.
16:40Il détecte les failles technologiques et humaines,
16:43et puis bon, il y en a, c'est pour installer leur trafic,
16:45il y en a, c'est pour leur consommation personnelle.
16:48Mais après, je dois quand même dire qu'au niveau du trafic,
16:51c'est pas non plus...
16:53C'est beaucoup moins qu'on ne le pense, quoi.
16:55C'est beaucoup plus pour l'usage personnel, ou quoi.
16:57Même si on ne va pas se cacher, il y a du trafic.
17:00Mais c'est pas non plus...
17:02Une prison, c'est pas non plus Chicago, non plus.
17:04C'est pas...
17:05Complètement, mais enfin bon, c'est le...
17:07On dit quand même que le commun des mortels,
17:09qui quand fait son Uber Eats,
17:12puisque c'est ça qu'on dit, il se fait livrer à dîner,
17:14finalement, en prison, on se fait livrer aussi la drogue.
17:20C'est le même concept, et la question qui se pose,
17:22et ce serait intéressant de suivre les condamnations,
17:24s'il y en a.
17:25On parle de cinq interpellations,
17:27on va voir ce qu'il en est.
17:28Ce qui serait intéressant, c'est de suivre le cheminement
17:29de ces interpellations.
17:31Est-ce qu'il y aura déjà des déferments, tout simplement,
17:33selon le niveau de mise en cause ?
17:35A priori, ils vont être jugés en comparution immédiate,
17:37donc ils ont déjà leur convocation.
17:38On verra la condamnation.
17:39Et là, le niveau d'incarcération, s'il y en a.
17:43Parce que tout va dépendre de ce pour quoi on les accuse.
17:46Complicité, ou simplement survol d'un espace.
17:49Est-ce qu'ils savaient ce qu'ils envoyaient comme colis ?
17:51Est-ce qu'ils savaient ce qu'ils envoyaient ?
17:52Tout ça, ça va graduer, parce que c'est pas la même peine.
17:54Vu les saisies, en tout cas, 500 grammes de cannabis,
17:56on peut supposer qu'ils vont être jugés pour au moins trafic de stupéfiants.
18:00Oui, mais si la procédure ne détermine pas
18:03que la personne fait partie de l'équipe qui fournit le produit,
18:07vous pouvez difficilement l'impliquer comme dealer en soi.
18:12A fortiori, s'il est mineur.
18:12Merci, messieurs.
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