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Une heure d'information, d'analyses et de débats en direct du lundi au vendredi, en codiffusion avec CNEWS.
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00:00de la consommation de crack dans le 19e arrondissement de Paris.
00:04Et ce qu'on apprend, c'est que sous l'impulsion du parquet de Paris,
00:07une cellule opérationnelle de coordination judiciaire a été mise en place.
00:13Résultat, 421 opérations de contrôle ont été réalisées,
00:17permettant 1940 évictions et 309 interpellations.
00:21Pour en parler, nous sommes avec Jérôme Jiménez,
00:23vous êtes délégué syndical Alliance Police Nationale.
00:26Bonjour et merci d'être avec nous.
00:27Alors, on voit qu'il y a plus de contrôles, plus d'interpellations, plus d'évictions.
00:33C'est sans doute un bon début.
00:35En revanche, on a souvent vu que sur cette problématique du crack,
00:37on avait tendance à finalement déplacer simplement le problème.
00:41Est-ce qu'on est un peu sur la même logique cette fois-ci, Jérôme Jiménez ?
00:44Alors, je ne sais pas si on est sur la même logique.
00:47Déjà, bonjour, excusez-moi.
00:50Je ne sais pas si on va être sur la même logique.
00:51Par contre, c'est vrai que, et c'est là aussi que c'est assez intéressant,
00:55le COJ, donc la cellule opérationnelle de coordination judiciaire,
00:59elle travaille de la même façon que ce qui a été fait dès 2025 sur les Halles
01:03pour éradiquer tous les phénomènes de sécurité.
01:05Ce que je veux dire aujourd'hui, c'est que oui, l'accent a été mis sur le secteur Rosa
01:09Barc,
01:10notamment pour tous les problèmes liés au crack.
01:12Il y a des enjeux de sécurité, des enjeux de santé publique,
01:15des enjeux de cohésion sociale.
01:17Donc, en fait, l'accent a été mis.
01:19Alors oui, tout n'est pas sous contrôle.
01:21Depuis quatre mois, les chiffres sont quand même assez intéressants.
01:24On ne peut pas juger que par le chiffre, mais 309 interpellations,
01:27plus de 2000 évictions et 421 opérations de contrôle, ce n'est pas rien.
01:31Et je sais que les policiers travaillent activement sur ce secteur.
01:35Je sais même, là, je viens d'échanger avec un collègue de la Sûreté régionale des Transports
01:39qui, normalement, travaille dans les réseaux.
01:41Eh bien, il faut quand même savoir qu'il y a des groupes dédiés au sein de la brigade des
01:44réseaux franciliens
01:45et de la Sûreté régionale des Transports qui travaillent sur le crack
01:47et, justement, travaillent activement avec le COJ sous l'impulsion des magistrats
01:52pour éradiquer les trafics, les dealers, les consommateurs du secteur.
01:57Alors, tout n'est pas rose, oui, mais en tous les cas,
01:59les policiers travaillent activement sur ce secteur, c'est vrai.
02:02Je vous laisse patienter juste deux minutes, Jérôme Jiménez, avant de vous reprendre
02:05parce qu'on est sur place, justement, avec une équipe de CNews,
02:09Mathilde Libanaise et Patrick Hermansen.
02:11Bonsoir et merci à tous les deux.
02:13Mathilde, vous êtes, justement, dans ce quartier.
02:16Vous avez, j'imagine, pu parler aussi avec certains riverains.
02:19Que pensent-ils de cette initiative ?
02:21Est-ce qu'ils sont satisfaits ou est-ce qu'ils sont peut-être sceptiques
02:24quant à l'issue de cette opération ?
02:28Eh bien, écoutez, ce qu'on peut vous dire, c'est qu'on a parlé avec énormément de riverains,
02:31mais aussi de commerçants.
02:33Certains sont plutôt satisfaits parce qu'ils remarquent qu'il y a beaucoup moins de personnes
02:39ici droguées, notamment ici sur Rosapark.
02:41Il y en a d'autres, eh bien, qui sont totalement déboussolées,
02:44qui ne voient pas la différence.
02:45Par rapport, il y a déjà quelques années, on a pu parler avec des commerçants
02:49qui nous parlaient de ce chiffre d'affaires qui ne fait que de baisser
02:53parce qu'il y a des droguées qui viennent, qui clacent,
02:56qui sont extrêmement nuisibles, aussi bien pour les clients que pour les habitants.
03:01On a pu parler également avec des jeunes qui nous disaient avoir peur,
03:05en tout cas, de prendre les transports en commun, notamment le tramway,
03:08puisqu'à l'intérieur, eh bien, c'est là qu'il y a énormément de trackers.
03:12Alors nous, ce qu'on veut vous dire, c'est qu'ici, on se trouve sur place,
03:15et c'est vrai qu'il y a énormément d'agents de sécurité, de policiers
03:18qui sont présents ici sur cette place,
03:21mais on a quand même discuté avec certains commerçants
03:23qui nous disent que, certes, il y a cette présence policière qui est importante,
03:28mais le soir, eh bien, ils ont l'impression d'être seuls.
03:31Par exemple, eh bien, la boulangerie qui est là-bas fait souvent face
03:34à des craqueurs parfois extrêmement violents
03:38qui utilisent leur matériel urbain, les chaises, les tables,
03:41pour les lancer contre des personnes.
03:43Alors certes, eh bien, ils ne sont pas forcément dangereux avec la population,
03:47ils sont plus violents entre eux,
03:49mais c'est nuisant, c'est bien, et commencent à agacer les riverains
03:53parce qu'ici, eh bien, ils aiment leur quartier
03:55et ils espèrent en tout cas un réel changement,
03:57même s'ils restent pour l'heure extrêmement sceptiques.
04:00Merci beaucoup Mathilde Ibanez et Patrick Hermansen
04:02qui vous a accompagnés pour ce duplex.
04:05Jérôme Jiménez, évidemment, les forces de l'ordre, on le sait,
04:08font leur maximum dans ces cas-là,
04:10avec des forces de l'ordre qui font face à des individus
04:12qui sont totalement déboussolés, comme le disait Mathilde.
04:15Toute la question, c'est aussi l'après,
04:18parce qu'on est sur une problématique de personnes qui sont malades,
04:21qui sont dépendantes, qu'il faut soigner,
04:23des personnes qui sont aussi parfois en situation irrégulière,
04:26et c'est là où on voit que ça ne suit pas forcément
04:28parce que tout le monde se renvoie un peu le bébé
04:30en disant c'est un problème sanitaire, ça n'est pas à nous de gérer,
04:33c'est un problème de situation irrégulière, ça n'est pas à nous de gérer.
04:36Et c'est pour ça qu'on se dit, est-ce que ces interpellations,
04:38elles n'auront pas lieu en boucle avec les mêmes personnes,
04:41en fait, qu'on interpelle tout le temps ?
04:43Alors oui, ça c'est une réalité.
04:45Par contre, le où on peut se féliciter,
04:47c'est qu'aujourd'hui, on a quand même différents acteurs,
04:50si je puis dire, de la sécurité,
04:52qui travaillent ensemble, les mains dans la main.
04:53On a quand même des policiers de la préfecture de police
04:56qui sont mobilisés en nombre,
04:58on a des acteurs de la mairie de Paris et de la mairie du 19ème
05:01qui y sont présents, de la sécurité privée,
05:03l'agence régionale de la santé qui travaille aussi activement.
05:07Vous l'avez précisé, et vous avez raison,
05:08toute la difficulté, c'est le suivi.
05:10Et bon, en plus, moi je connais très bien,
05:12j'ai travaillé dans le secteur à une centaine de mètres,
05:15et vous savez, toute la difficulté première
05:16pour ces gens qui sont gravement malades,
05:19c'est le suivi.
05:20Et bien souvent, les gens refusent les soins,
05:23on ne peut pas les forcer,
05:24on ne peut pas les contraindre à se faire soigner,
05:28et des fois, c'est un peu le serpent qui se mord la queue,
05:30oui, parce qu'il y a des interpellations,
05:32ils sont remis assez rapidement sur la voie publique
05:35et en liberté, et c'est un engrenage.
05:38Et c'est une drogue qui est terrible,
05:40et j'en finirai par là.
05:42J'ai parlé longuement sur le phénomène du krach
05:44avec une commissaire qui était en charge du 18ème à l'époque
05:47et qui devait éradiquer la colonie au krach.
05:48Vous savez, c'est une vraie difficulté,
05:50parce qu'il ne faut pas croire que dans ces personnes,
05:53les consommateurs de krach, il n'y a que des marginaux.
05:56Malheureusement, non.
05:57C'est une drogue qui fait très mal,
05:58qui désinhibe, qui désociabilise,
06:00et tout le monde peut tomber dedans.
06:02Et elle me dit, moi, j'ai vu des gens insérés,
06:04être craqueux et complètement dépendants de cette drogue
06:09qui est vraiment une horreur.
06:11En fait, une première prise,
06:13et vous êtes dépendant direct.
06:14Ça, il faut le savoir.
06:15Et pour finir aussi, j'ai quelques mots.
06:16On me dit que régulièrement, l'intérêt premier,
06:19c'est de retrouver, vous savez,
06:20la drogue est issue d'un combiné entre,
06:23elle est cuisinée avec la cocaïne
06:25et une matière, la phénacétine,
06:27en fait, qui est retrouvée régulièrement.
06:29Et l'intérêt premier, c'est de retrouver les cuisines
06:31et tous les trafics pour les démanteler.
06:33Aujourd'hui, on peut quand même se satisfaire des chiffres,
06:36parce que oui, notre travail est quantifié.
06:39Et aujourd'hui, quand on a 35% de moins d'affaires
06:42liés au krach sur la région et sur Paris,
06:45je crois que c'est quand même intéressant.
06:46Voilà, ça veut dire que les policiers font leur boulot.
06:48Ça, évidemment, les policiers font leur travail.
06:50Vous avez raison de le rappeler.
06:51Raison aussi de faire ce message de prévention
06:54pour rappeler à quel point c'est une drogue extrêmement dure
06:56et véritablement qui ravage très rapidement,
06:59malheureusement, le cerveau de ceux qui en sont dépendants.
07:01Merci beaucoup, Jérôme Jiménez, d'avoir été avec nous en plateau.
07:05Nous a rejoint Jean Delacoste, bonsoir,
07:07du service police-justice de CNews.
07:09On le disait, Jean, plus de 300 interpellations,
07:12près de 2000 évictions ont été réalisées.
07:15C'est depuis le mois d'avril, dans le 19e arrondissement de Paris.
07:18Ce sont des chiffres publiés par la préfecture de police
07:21qui a voulu révéler les fruits de cette offensive inédite
07:25contre le krach, Jean Delacoste.
07:26Oui, alors le krach, le policier qui était avec nous
07:31nous a expliqué le phénomène que c'est, le fléau que c'est.
07:35Notre journaliste de CNews était sur le terrain,
07:37donc c'est vraiment un fléau qui s'enracine
07:39et qui pourrit la vie d'un quartier
07:40avec les phénomènes d'insalubrité qui s'accompagnent, etc.
07:45Et la colline du krach dont on a parlé n'est pas loin
07:47et ce quartier-là, on peut le voir sur une carte,
07:50c'est un quartier qui souffre vraiment de ce fléau
07:55puisque vous avez beaucoup de gens qui viennent travailler,
07:57qui viennent de la gare et qui vont dans les entreprises attenantes.
08:00Et ça fait des années que les riverains se plaignent de ce phénomène.
08:05La police ne débarque pas ici évidemment depuis ces quatre derniers mois
08:08dont nous avons les chiffres.
08:10Il y a eu une première opération
08:12avec un renforcement de la présence policière
08:14et notamment des moyens de drones
08:15qui avaient été lancés pas plus tard qu'en novembre 2025.
08:19Et là, mi-avril, à l'initiative du parquet,
08:22il y a un nouveau dispositif qui a été mis en place,
08:26un nouvel outil de judiciarisation massive
08:28ciblant précisément le quartier.
08:30Alors c'est une structure qui coordonne des moyens
08:33entre magistrats, enquêteurs et forces de l'ordre.
08:35Et alors il publie ces chiffres,
08:37quatre mois plus tard,
08:38des chiffres qui ont été évoqués
08:40que vous pouvez voir à l'écran.
08:41421 opérations de contrôle
08:44en plus des opérations courantes de police,
08:48en plus des patrouilles quotidiennes.
08:501940 évictions.
08:51Alors évictions, ça veut dire que les policiers sont là
08:53et on demande aux personnes présentes
08:55de circuler et de quilter la zone
08:57et 309 interpellations.
08:59La préfecture de police fait donc part d'une action quotidienne
09:01et elle déclare que toute tentative de réimplantation
09:05est désormais rapidement neutralisée.
09:07Alors effectivement, les autorités ont présenté ces résultats.
09:10En revanche, l'attractivité du quartier
09:12ne va pas revenir immédiatement.
09:14Mais ça, il faudra voir avec les gens
09:15qui vivent sur le terrain concrètement.
09:17Mais on sait que des magasins ont fermé,
09:22sont en cours de fermeture peut-être aussi.
09:24Il y a eu cette fermeture,
09:26cette annonce des locaux de la BNP Paribas.
09:30C'était il y a quelque temps.
09:33Les locaux devaient être vidés
09:34en raison d'une rationalisation immobilière.
09:37Et on avait appris par une déléguée syndicale
09:39que c'était parce que, très concrètement,
09:42les gens qui venaient de la gare et qui travaillaient,
09:43qui étaient plusieurs milliers,
09:45étaient complètement, constamment importunés
09:47par cette présence de consommateurs.
09:50Et il y avait aussi l'annonce d'une fermeture
09:52d'un Laurent Merlin.
09:53Et les gens d'un collectif,
09:56dans les pires moments,
09:57les Français gardent quand même toujours,
09:58on est en France, un poney d'esprit.
10:00Il y a un collectif qui s'est monté
10:02qui s'appelle Rosa Crac.
10:06Et ces gens racontent que le roi Merlin
10:08devrait fermer, mais il milite et manifeste
10:10contre cette fermeture.
10:11Merci beaucoup, Jean Delacos.
10:13Et vous faites la transition
10:14avec notre invité suivant,
10:16Frédéric Françal.
10:16Vous êtes le porte-parole du collectif 19,
10:19ces collectifs de riverains
10:21qui se sont mobilisés justement
10:22pour tenter de défendre leur quartier.
10:25On a donc ces chiffres
10:26de la préfecture de police
10:28que vous avez sans doute entendus.
10:30Vous, vous êtes l'un des riverains.
10:32Ce n'est pas la première fois, j'imagine,
10:33qu'on vous fait la promesse
10:34que tout va aller mieux.
10:35Qu'est-ce que vous pensez de ces chiffres ?
10:38Les chiffres sont intéressants.
10:39Bonsoir, déjà.
10:41Les chiffres sont intéressants, effectivement.
10:42Ils montrent que la préfecture,
10:44avec les services policiers de la police,
10:47et la mairie ont décidé d'interagir
10:50réellement avec le problème du crack,
10:52pour une fois.
10:53Mais voilà, il y a toujours à redire.
10:55Déjà, les chiffres sont impressionnants,
10:57mais par rapport aux quantités de personnes
11:00qui déambulent et qui fument du crack
11:02dans nos quartiers,
11:04les chiffres sont légèrement dérisoires.
11:06Ils existent, je ne dis pas qu'ils n'existent pas.
11:10Mais bon, ça reste relativement peu.
11:12Et puis surtout, voilà, les évictions,
11:14quand ils parlent d'évictions,
11:151900 évictions, c'est très bien.
11:18Du coup, ils ne sont plus à Rosa Parks.
11:19Mais par contre, ils sont ailleurs.
11:21Donc on peut les retrouver toujours à Stalingrad,
11:22on peut les retrouver à Erol,
11:24on peut les retrouver sur les grands boulevards.
11:26Parfois, l'éviction, il suffit juste
11:28qu'ils prennent le tramway,
11:30ils font deux stations,
11:31et puis ils se retrouvent plus loin.
11:32C'est un peu ça le souci.
11:33Après, voilà, ce qu'il faut,
11:35c'est continuer à essayer
11:36de mettre la pression sur eux,
11:39évidemment,
11:40et puis essayer justement
11:41de créer des centres de soins
11:44afin de les sevrer,
11:45au moins les inciter à les sevrer,
11:48et à essayer de retrouver
11:49un jour ou l'autre une vie normale.
11:51C'est surtout ça, en fait,
11:52ce pourquoi on milite.
11:53Parce que ce sont des gens
11:55qui sont des malades,
11:56et ce qu'il faut absolument,
11:57en fait, c'est les soigner,
11:58c'est-à-dire les sevrer,
12:00pour qu'ils puissent ensuite
12:01réintégrer la société
12:03après, en fait,
12:03une certaine période,
12:04évidemment.
12:05Parce que, bon,
12:05le sevrage ne se fait pas comme ça.
12:07C'est effectivement ce qu'on disait
12:08aussi avec le policier
12:09juste avant vous,
12:10vous avez peut-être entendu,
12:11c'est que souvent,
12:13sur ces évictions,
12:14comme vous le disiez,
12:15on déplace, en fait,
12:16le problème.
12:17Premièrement,
12:17ils peuvent aller
12:17dans d'autres quartiers,
12:18on l'a déjà vu,
12:19quand ils sont partis
12:20du Jardin des Heules
12:21à Paris également,
12:22notamment.
12:23Et la question que vous soulevez,
12:25celle du soin,
12:25elle est importante,
12:26parce qu'on peut leur demander
12:28de changer de quartier sans cesse.
12:30On peut les interpeller.
12:31Si on ne les soigne pas,
12:32effectivement,
12:33on ne voit pas bien
12:34comment le problème
12:35sera résolu.
12:35Peut-être que ça ne sera plus
12:36dans le 19e,
12:37ça sera dans le 18e
12:38ou que sais-je,
12:39comme en termes
12:39d'arrondissement parisien.
12:40Mais la problématique,
12:41en réalité,
12:42on ne la règle pas
12:42dans le mal profond
12:44qu'est la consommation de crack.
12:46Tout à fait,
12:47c'est exactement ça le souci.
12:48C'est que si, en fait,
12:49se contenter, en fait,
12:51de les avancer,
12:52ça veut dire juste
12:53qu'ils se déplacent ailleurs,
12:55dans d'autres quartiers,
12:55jusqu'à ce qu'ils trouvent
12:56un endroit où, justement,
12:58ils seront suffisamment cachés
12:59pour se re-regrouper
13:01et que ça pose
13:02un nouveau problème
13:03à ce moment-là.
13:04Ce qu'il faut,
13:04c'est vraiment,
13:05vraiment essayer
13:05d'aller vers le soin,
13:07mais vers le soin sevrage,
13:09c'est-à-dire pas se contenter
13:10de leur donner, en fait,
13:10des pipes à crack
13:11comme certaines associations
13:13le font,
13:14mais vraiment essayer
13:15d'interagir avec eux
13:16pour les convaincre
13:17de partir vers
13:18des solutions de sevrage
13:20et, voilà,
13:21une réhabilitation
13:23pas forcément à court terme,
13:25mais à long terme,
13:26c'est-à-dire qu'ils arrêtent
13:27vraiment de consommer
13:27ce genre de produit.
13:29Et, en fait,
13:30après, dans les interpellations
13:31et dans les élections,
13:33surtout dans les interpellations,
13:34309, je crois,
13:35ou 409, je ne sais plus,
13:36c'est un bon chiffre,
13:38mais combien sont en récidive ?
13:40C'est-à-dire,
13:41combien de fois ont-ils
13:41interpellé la même personne ?
13:43Parce qu'il y a aussi ça,
13:44c'est comme le disait,
13:45en fait, tout à l'heure,
13:46la personne de la police,
13:47ces personnes, en fait,
13:48sont assez vite relâchées.
13:50Donc, du coup,
13:51s'ils sont assez vite relâchés,
13:52ils sont assez vite repris aussi.
13:54Et donc, en fait,
13:55c'est pour ça que je préfère
13:56nuancer, en fait,
13:57les chiffres.
13:58Ils sont, certes, intéressants,
13:59mais parfois, peut-être,
14:01c'est la même personne
14:02qu'ils ont interpellé
14:03plusieurs fois.
14:04Une dernière réaction,
14:05rapidement, avec vous,
14:05puisque Jean Delacos,
14:07notre journaliste sur place,
14:08tout comme Mathilde Ibanez,
14:10qui était sur le terrain,
14:12nous disent aussi
14:12les inquiétudes
14:13d'un certain nombre
14:13de commerçants
14:14de cette vie de quartier,
14:15d'entreprises
14:16qui quittent ce quartier,
14:18de commerçants
14:18qui ne font plus
14:19leur chiffre d'affaires.
14:20Est-ce que vous craignez aussi
14:22à terme
14:22pour la vie
14:24de votre quartier,
14:25à savoir que les entreprises
14:26qui partent,
14:27les grands magasins
14:28qui partent,
14:29ça n'est pas certain
14:29qu'ils reviennent,
14:30même si cette problématique
14:31est réglée
14:32dans votre quartier
14:33du 19e arrondissement ?
14:36Tout à fait.
14:36C'est un vrai souci
14:37qui nous préoccupe,
14:39puisque, effectivement,
14:40il y avait, en fait,
14:41plusieurs magasins
14:42qui attiraient, en fait,
14:43pas mal de gens.
14:44Il y avait même tentative
14:45de création d'un marché,
14:46en fait,
14:47de fruits et légumes
14:48à proximité.
14:50Mais, effectivement,
14:51le souci,
14:52c'est, en fait,
14:53que les toxicomanes
14:54étaient là
14:54et que, maintenant,
14:55le quartier, en fait,
14:56a mauvaise réputation.
14:58Et donc, c'est vrai
14:59que, comme, en fait,
15:01les gens sont partis,
15:02ça va être beaucoup plus
15:03compliqué de les faire revenir.
15:04On peut prendre aussi,
15:05par exemple,
15:06comme exemple,
15:07le millénaire
15:08qui est un grand
15:09ce temps commercial
15:09qui n'est vraiment
15:11pas très loin
15:12et qui est quasiment désert.
15:14Et voilà.
15:15Donc, en fait,
15:15le problème,
15:16c'est que,
15:16pour aller faire
15:17les courses par là-bas,
15:19il faut vraiment,
15:20en fait,
15:20que le problème du krach
15:21et des déambulations sauvages
15:23de ces personnes
15:24soient réglés.
15:25Personnellement,
15:26si je vais par là-bas,
15:27c'est,
15:28enfin, j'y vais,
15:29mais uniquement
15:29pour un ou deux magasins
15:31qui restent encore ouverts
15:32et parce qu'il n'y a pas
15:33d'autres choix
15:34dans le quartier.
15:35Mais s'il y avait
15:35un autre choix
15:36dans le quartier,
15:37j'irais.
15:38Je ne vais pas citer
15:38de marque,
15:39mais, effectivement,
15:40pour aller acheter
15:40des vêtements de sport,
15:42c'est vrai qu'il y a
15:43un magasin
15:44qui est relativement proche
15:45à Rosa Parc,
15:46le suivant étant
15:47beaucoup plus loin,
15:47donc on va à celui-là.
15:49Mais si on avait le choix,
15:50on n'irait pas là.
15:51Enfin, moi,
15:51en tout cas,
15:52je n'irais pas là,
15:52c'est sûr.
15:54Donc, c'est vrai qu'en fait...
15:55Évidemment,
15:56on vous comprend,
15:57Frédéric Francel,
15:57aussi sur le besoin
15:59et les riverains
15:59nous le disent beaucoup
16:00de garantir aussi
16:01leur propre sécurité.
16:03Merci d'avoir été avec nous.
16:04Je rappelle que vous êtes
16:05le porte-parole du collectif 19.
16:07Najoua,
16:08elle a été pour ces riverains.
16:09C'est vrai que c'est aussi
16:10un peu la double peine.
16:11Nos confrères du Parisien
16:12récemment ont fait une enquête.
16:14Ils disaient
16:14on a peur pour nos enfants
16:15dans la rue
16:16parce que ces consommateurs
16:17de crack
16:17sont un peu comme des zombies
16:18qui errent.
16:19On ne connaît pas leur réaction.
16:20Les commerces commencent
16:21à fermer.
16:22Il y a moins d'inscriptions
16:23dans les écoles du quartier.
16:25Donc, on voit bien
16:25que c'est tout un quartier
16:26en fait qui est tiré
16:28vers le bas
16:28quand on a ces consommateurs
16:30de crack
16:31qui s'installent.
16:31Le Jardin des Halles,
16:32par exemple,
16:32c'était exactement
16:33les mêmes constatations.
16:34Oui, c'est vrai que
16:37comme disait
16:38votre intervenant,
16:39ça pourrit
16:39la vie du quartier,
16:41des habitants,
16:42des commerçants.
16:43Et puis, souvenez-vous
16:44de ces images terribles
16:45d'enfants
16:46qui se rendaient
16:47à l'école
16:48de ce quartier
16:49accompagnés
16:50de la police municipale.
16:51Vous imaginez
16:52jusqu'où
16:53il faut aller
16:54pour éviter
16:55les agressions
16:57des consommateurs
16:58de crack
16:59notamment
16:59sur des enfants.
17:02Après,
17:02on ne peut pas dire
17:03que l'État n'agit pas.
17:04L'État agit,
17:05il y a eu plus
17:05de 300 interpellations.
17:07Donc, c'est un engagement
17:09opérationnel
17:10réel.
17:11Mais après,
17:12on traite
17:13les conséquences.
17:14On ne traite pas
17:15les causes.
17:15Et c'est tout le problème.
17:18Alors, bien sûr
17:18qu'il faut saluer
17:19cet engagement,
17:20mais le problème,
17:23il est toujours là.
17:24Parce que,
17:25comme le disait
17:26le porte-parole
17:27du collectif 19,
17:28il disait
17:29le problème
17:30et le risque,
17:31c'est que ça se déplace
17:32quelques rues.
17:33Que ça se déplace
17:34ou que ce soit
17:34effectivement les mêmes
17:35qu'on interpelle.
17:36Exactement.
17:36et on va dire
17:38que le problème
17:39se déplace
17:40dans un autre quartier
17:42ou quelques rues
17:44plus loin.
17:45Et le souci,
17:47c'est que
17:47vous avez
17:48des trafiquants de drogue
17:50donc naturellement
17:51qu'il faut poursuivre.
17:52Vous avez des riverains
17:53naturellement
17:54qui sont profondément
17:56exaspérés
17:57par cette situation
17:58parce qu'ils veulent
17:58vivre tranquillement,
18:00dormir aussi
18:01sereinement
18:02parce que
18:03je me souviens aussi
18:04d'habitants
18:05qui disaient
18:06on entend
18:06les hurlements
18:07la nuit.
18:07Oui,
18:07les nuisants sonores.
18:08Voilà,
18:09donc on ne peut même pas
18:11trouver une sérénité
18:12dans notre sommeil.
18:14Et puis,
18:14au-delà de ça,
18:15vous avez
18:16des personnes
18:18dépendantes
18:18au CRAC
18:19qui ne sont pas
18:20accompagnées,
18:21qui n'ont pas
18:22une prise en charge
18:23accompagnée
18:23comme il le faudrait
18:24par rapport
18:25à leur addiction.
18:26Mais le problème,
18:27et là encore,
18:28et là j'en terminerai
18:29par ce point-là,
18:30c'est que comme disait
18:31le représentant
18:33du syndicat
18:34du collectif 19,
18:36non,
18:36Police Alliance.
18:37Ah oui,
18:38Jérôme Gimenez.
18:38Voilà.
18:39Qu'est-ce qu'il disait ?
18:40Il disait,
18:40le problème,
18:41c'est que ces personnes-là,
18:42vous ne pouvez pas
18:43leur imposer
18:44une obligation de soin.
18:45S'ils ne veulent pas,
18:47vous ne pouvez pas
18:48leur imposer.
18:49Et donc,
18:49c'est le serpent
18:50qui se mord la queue.
18:52Oui,
18:52parce qu'Arnaud Clarswell,
18:53c'est aussi ça la difficulté,
18:54c'est que c'est une problématique
18:56sécuritaire
18:57pour toutes les conséquences
18:58qu'on vient d'évoquer,
18:58mais c'est surtout
18:59une problématique sanitaire.
19:01Ces personnes sont malades,
19:02sont dépendantes,
19:03et donc,
19:03si cette dépendance
19:05et cette addiction à la drogue
19:06n'est pas soignée,
19:07on ne solutionnera rien.
19:09En réalité,
19:09ils iront peut-être,
19:10comme je le disais,
19:11du quartier Rosa Parks
19:12à celui d'à côté
19:13à 2-3 rues,
19:14mais c'est à peu près
19:14la seule chose
19:15qui va se passer.
19:17Là aussi,
19:18ça semble être
19:18un problème
19:19qui est insoluble
19:21ou qui est résolu
19:23temporairement
19:23quand il y a
19:24les Jeux Olympiques
19:25ou si le pape
19:27vient visiter
19:27le 19e arrondissement.
19:30Alors là,
19:30évidemment,
19:31ce sera résolu,
19:32mais pour quelques jours,
19:34M. Francel,
19:36sympathique intervenant,
19:37a bien résumé,
19:38vous aussi d'ailleurs,
19:39avec bienveillance
19:40et raison,
19:41c'est-à-dire,
19:41et vous-même aussi,
19:42c'est-à-dire que les personnes
19:43doivent être soignées,
19:44mais il n'y a pas
19:45d'obligation sanitaire
19:46qui est possible.
19:48Au Moyen Âge,
19:48il y avait la Cour des Miracles,
19:50alors les soldats du roi
19:52mettait tout le monde
19:53dans un quartier
19:54et fermait les portes.
19:55Aujourd'hui,
19:56on est dans une démocratie,
19:57mais il faut essayer
19:59de soigner ces personnes,
20:00mais ces personnes,
20:01elles voudraient bien
20:02être soignées,
20:03mais elles ne veulent pas
20:04en même temps
20:04être soignées
20:05parce qu'elles veulent
20:06avoir leur dose
20:07de crack.
20:08Donc,
20:09c'est vraiment
20:09une entreprise
20:10à long terme
20:10où il faut enseigner
20:11dès l'école,
20:12dès les petites classes,
20:13le fait que ce drogué
20:15entraîne des conséquences
20:17terribles et néfastes.
20:19ce n'est pas simplement
20:20quelque chose
20:20pour la jet set,
20:21etc.,
20:22mais que ça entraîne
20:23la perte des dents,
20:25un état de dégradation,
20:28l'associabilité,
20:30etc.
20:30Il faut montrer
20:31aux enfants ces images
20:32pour qu'ils prennent conscience
20:34que ça les heurte
20:35fondamentalement
20:36pour le futur.
20:37Donc,
20:37c'est vraiment
20:38des entreprises
20:39à long terme
20:40et tant qu'on n'aura
20:40pas trouvé
20:41une solution sanitaire
20:43pour aider ces gens,
20:44eh bien,
20:45il y aura beau avoir
20:47des interventions,
20:49il a bien parlé,
20:50il a bien expliqué
20:521900 interventions,
20:53mais si on interpelle
20:54dix fois la même personne
20:56et si elle revient
20:57le lendemain,
20:58ça ne veut pas dire
20:58grand-chose.
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