Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 19 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Les présidentielles 2027, François Béroux souhaite une grande primaire du PS jusqu'aux gaullistes.
00:05Olivier Faure rejette sa proposition.
00:07Oui, ni LFI ni l'ERN ne sont acceptables.
00:11Voici les mots ce matin de François Bayrou dans la matinale de Jacques Serret.
00:16L'ancien Premier ministre continue donc de mettre à niveau égal LFI et l'ERN.
00:22On pourra d'ailleurs s'interroger là-dessus au cours de notre discussion.
00:26François Bayrou continue de plaider pour sa primaire géante alors qu'Olivier Faure, le patron du PS, a d'ores
00:33et déjà indiqué qu'il n'était pas intéressé par la proposition.
00:37On écoute justement François Bayrou.
00:39Il nous reste huit mois à peine pour éviter le plus grand des drames que la France ait connu depuis
00:47très longtemps.
00:47Parce qu'on a deux phénomènes qui s'ajoutent.
00:51Le premier, c'est une crise financière qui arrive et qui devient inéluctable.
00:57Et par-dessus cela, un risque politique comme il n'y en a jamais eu, puisque la situation est telle
01:05qu'on peut se retrouver avec un deuxième tour, extrême contre extrême.
01:10Ce que j'appelle le face-à-face des pires, avec un risque mortel pour le pays.
01:15Alors il est tout à fait possible que les responsables soient des irresponsables.
01:20Et qu'ils disent, écoutez, non, les problèmes du pays ne m'intéressent pas.
01:24Ce qui m'intéresse d'abord, c'est ma propre promotion.
01:28Voilà, alors beaucoup, beaucoup d'éléments dans cet extrait de François Bayrou, un extrait de la matinale d'Europe 1
01:35ce matin avec Jacques Serret.
01:36Alors déjà, Thomas Bonnet, Mémona Interman, bon, j'ai l'impression qu'on nous refait le coup un petit peu
01:43d'une sorte de front républicain, même si ce n'est pas exactement ça.
01:47Et puis surtout, le face-à-face des pires, Mémona Interman, Thomas Bonnet.
01:52Est-ce que c'est si grave que ça d'avoir un rassemblement national au second tour d'une élection
01:57présidentielle,
01:58sachant que ça s'est déjà produit à maintes reprises les dernières fois ?
02:02C'est le peuple qui décidera, c'est le peuple qui décidera, c'est le peuple qui décidera de son
02:06sort.
02:06Est-ce qu'on veut voler encore une fois le vote au peuple, alors Mémona Interman ?
02:09François Bayrou, c'est vraiment un homme du centre.
02:13François Mitterrand disait, on ne gagne pas une élection sans avoir le centre.
02:16Mais ça, c'était de l'histoire d'hier.
02:17La France a quand même fait beaucoup de chemin, elle est extrêmement réservée sur une classe politique qui a montré
02:23que le discrédit était immense, finalement.
02:26Et l'aveu de faiblesse qui résulte de cette proposition de François Bayrou ne va pas beaucoup affecter, à mon
02:35avis, le cours des choses.
02:37Et d'ailleurs, le responsable du PS, Olivier Faure, qui lui dit « moi j'en veux pas », ne
02:41fait que pour parler comme les autres.
02:44Qui peut croire que le duel n'aura pas lieu ?
02:48Aujourd'hui, à l'instant T, François Bayrou est un homme de la province, si je puis dire.
02:52Et ça, ce n'est pas du tout un...
02:53Ce n'est pas un reproche, non ?
02:54Mais surtout pas, surtout pas.
02:57Il sait ce que veut le peuple, je pense.
02:59Il pense faire une dernière tentative aussi pour revenir un peu dans le jeu, parce qu'il a perdu les
03:04municipales,
03:05et donc là, tout d'un coup, il n'allait plus avoir voix au chapitre.
03:09M. Bayrou peut penser ce qu'il veut, aujourd'hui, dans le pays, l'idée d'un duel,
03:15et l'idée du moment, et qui risque de perdurer au cours de l'automne, et de fleurir au printemps.
03:22Alors, Thomas Bonnet, c'est vrai que cette primaire, elle semble en tout cas déjà morte,
03:28avant même le stade embryonnaire, si j'ose dire.
03:30C'est vrai que ça ressemble un petit peu à l'alliance de la carpe et du lapin,
03:33parce que, par exemple, une marine tondelier, si tant est qu'elle y participe à cette primaire,
03:38a-t-elle grand-chose à voir avec, je ne sais pas, Bruno Retailleau ?
03:42Évidemment que non.
03:44Évidemment que non, la réponse est dans votre question, Charles, bien sûr.
03:46Mais, je vais vous dire, ça ressemble à une tentative un peu désespérée de François Bayrou
03:49de faire perdurer le système qui est aux affaires depuis 40 ans.
03:53Parce qu'en fait, c'est ça qu'il nous propose, François Bayrou.
03:54Il nous dit, si je traduis un peu ce qu'il a dit ce matin,
03:57on va prendre tous ceux qui ont été aux responsabilités depuis 40 ans,
04:00qui sont responsables de la situation déplorable dans laquelle on est,
04:03et on va tous se mettre ensemble pour continuer à œuvrer ensemble.
04:07Enfin, franchement, qui peut avoir envie de ça ?
04:09Mais c'est pathétique.
04:10Il y a un aspect un peu pathétique et un peu désespéré de la part de François Bayrou.
04:14Je pense que vous dites que c'est inefficace.
04:15Je pense même que c'est du carburant pour LFI et le RN.
04:20Pourquoi ces deux partis sont en plein essor aujourd'hui ?
04:22Parce qu'ils n'ont jamais précisément été aux responsabilités
04:24et qu'ils offrent chacun dans leur domaine,
04:26avec des domaines bien sûr très différents, des propositions très différentes.
04:29Ils offrent une alternative à ce qui s'est fait au cours des 40 dernières années.
04:33Donc, bien sûr qu'ils ont le vent en poupe.
04:35Il y a beaucoup de Français qui disent, les électeurs du RN par exemple,
04:38on n'a jamais essayé, on n'a jamais essayé.
04:40Peut-être que c'est le moment d'essayer le rassemblement national.
04:42Et à l'inverse, LFI arrive à séduire une partie de la population
04:45qui parfois n'avait jamais voté auparavant,
04:47et qui se dit là aussi, peut-être qu'il y a de nouvelles possibilités.
04:50François, ce ne sont pas que les électeurs du RN.
04:54Le RN a sa base de gens qui sont de toute façon
04:59très liés par leur vote précédent au destin de Marine Le Pen.
05:04C'était la candidat, mais il y a toute cette frange de la population.
05:07Maintenant, il y a des cadres, il y a des profs,
05:09il y a un vote rassemblement national de la part des minorités sexuelles aussi.
05:13Les retraités.
05:13Les gens n'ont plus peur, regardez, les Français de culture ou d'origine juive,
05:18qui avaient rejeté, mais pendant des années,
05:20parce que c'était Le Pen, Le Pen,
05:23et qui, entendant Serge Klarsfeld, quand même, quelle autorité,
05:27Serge Klarsfeld, celui qui a été le chasseur de nazis.
05:30Or, on a dit que Le Pen égale Front National, égale RN, égale nazi.
05:34Mais tout ça, ça ne marche plus sur la population.
05:36C'est ça, la réalité.
05:37Qu'on le veuille ou non, il y a une nouvelle géographie politique,
05:40il faudra ouvrir les yeux grands et savoir pourquoi la France va dans ce sens-là.
05:44Parce que Mélenchon, au deuxième tour,
05:46je ne pense pas qu'il fera le poids avec sa concurrente Marie Le Pen.
05:51Laissons le peuple décider.
05:52Thomas Bonnet, alors, vous êtes journaliste politique et au courant de ce qui se passe
05:58et ce qui se joue dans les coulisses.
06:00Est-ce qu'à votre avis, François Bayrou a définitivement enterré l'idée de vouloir être candidat
06:08ou bien s'imagine-t-il comme un peu l'homme providentiel, pas sorti de nulle part,
06:14pas comme un Emmanuel Macron au milieu des années 2010 ?
06:17Mais tout de même, est-ce qu'il y a un peu de ça chez lui ?
06:20Ou bien vous pensez qu'il a fait table rase de ses rêves et idées ?
06:24Je pense qu'il nourrissait des ambitions présidentielles encore lorsqu'il était à Matignon.
06:28Et sa sortie...
06:29Il a eu quelques déconvenus entre temps.
06:31Sa sortie a sans doute été un coup d'arrêt.
06:35Et je pense que le véritable coup d'arrêt, et Mémona en parlait,
06:37c'est sa défaite au municipal à Pau.
06:39Je pense que François Bayrou a compris qu'il ne sera pas le prochain président de la République,
06:42mais il se voit encore en faiseur de roi.
06:45Et il a été le faiseur de roi d'Emmanuel Macron en 2017.
06:47Son soutien à Emmanuel Macron a été prépondérant dans l'élection du plus jeune président de la Ve République.
06:53Il estime sans doute qu'il a encore son mot à dire.
06:55Alors cette primaire...
06:56Bétarame n'a rien arrangé aussi.
06:58Oui, alors ça, ça a été beaucoup instrumentalisé aussi par une partie de l'échiquier politique d'ailleurs.
07:02Mais en tout cas, il estime encore qu'il a son rôle à jouer
07:05et à pouvoir désigner peut-être un possible candidat.
07:08Alors justement, Borloo, Xavier Bertrand...
07:10Thierry Breton aussi, les fameurs de François Bayrou.
07:14Moi je suis désolé, je pense qu'aucun de ces...
07:17Voilà, je ne veux pas leur manquer de respect.
07:18Ce sont des hommes de grande qualité, selon vous.
07:21Et je ne vois pas ces personnes-là pouvoir accéder aux plus hautes responsabilités.
07:24Je pense que dans les candidats déjà déclarés, il y a parmi ces candidats,
07:28sans doute le prochain ou la prochaine présidente de la République,
07:30et qu'on n'aura pas cherché quelqu'un sorti du chapeau.
07:33Je ne crois pas à cette possibilité de Thierry Breton.
07:35Je ne crois pas que les Français, il y a un élan, si vous voulez, populaire pour Thierry Breton.
07:39Je peux me tromper, peut-être qu'il trouvera les mots, les arguments pour convaincre.
07:42Ce n'est pas du tout l'impression que ça donne au moment où on se parle.
Commentaires

Recommandations