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  • il y a 3 heures
Géopolitique mondiale : Trump, Iran, Zelensky, Netanyahou, Poutine… Qui va l’emporter ?



Dans ce dernier numéro de la saison du Samedi Politique, nous analysons les grands revirements géopolitiques en cours qui troublent les cartes. Entre les frappes pendant les négociations et les déclarations de guerre en marge des discussions de paix, deux mouvements contradictoires s’affrontent sur la scène mondiale en permanence.
Avec François Martin, diplômé ESSEC et HEC, auditeur de l’INHESJ et de l’IHEDN, fondateur de cercles de réflexion et auteur de nombreux ouvrages.
À quelles évolutions s’attendre ? Les défiances contre les pouvoirs occidentaux auront-elles un impact sur l’avenir des guerres ? Réponses dans l’émission.

Retrouvez les livres de François Martin sur la boutique de TVL ici https://boutiquetvl.fr/recherche?controller=search&s=fran%C3%A7ois+martin



Au programme :

La reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran après la rupture du Mémorandum
La proposition de cessez-le-feu de 10 jours : faiblesse iranienne ou manœuvre ?
Le blocage du détroit d’Ormuz et de Bab el-Mandeb : quelles conséquences économiques pour Trump ?
Pression politique sur Donald Trump à l’approche des élections de mi-mandat (midterms)
Benyamin Netanyahou contesté à la Knesset avant les élections d’octobre
Zelensky face aux manifestations et à la pression intérieure en Ukraine
La situation militaire réelle et les pourparlers Rubio-Lavrov
Escalade ou apaisement ? Qui risque réellement de l’emporter ?

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Transcription
00:00Mes chers amis, je sais combien certains d'entre vous sont lassés par nos appels aux dons et je vous
00:04le dis franchement, si je pouvais m'en passer, je le ferais volontiers.
00:07La réalité est très simple, les dons sont l'unique source de financement de notre association, une association à but
00:13non lucratif,
00:14qui ne fait aucun profit et dont l'intégralité du budget est consacrée à une seule mission, vous informer.
00:21Je vous le répète souvent parce que c'est crucial ce modèle, c'est le seul qui puisse garantir notre
00:26indépendance totale,
00:28c'est la seule façon de pouvoir vous informer en liberté sans qu'aucun conflit d'intérêt ne ternisse notre
00:34travail.
00:34Nous n'avons pas d'actionnaire, nous ne recevons aucune subvention de l'État, aucun pays étranger ne nous sous
00:39-doit, nous n'avons que vous et nous en sommes fiers.
00:43Notre fonctionnement est presque unique en France parce qu'il se fonde sur une confiance mutuelle, une confiance entre vous
00:49et nous.
00:50Et puis nous croyons, nous espérons au moins que vous tenez suffisamment à TVL, à ses informations, à ses décryptages
00:56pour nous aider à la hauteur de vos moyens
00:59parce qu'il n'y a pas de petits dons, chaque don compte.
01:03Alors dès à présent aidez-nous, soutenez TVL par un don défiscalisable et offrez-nous les moyens de vous informer
01:09sans concession, tout se joue maintenant.
01:12Alors je compte vraiment sur vous.
01:36Bonjour à tous, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouveau numéro du samedi politique,
01:40le dernier numéro de la saison qui va bien sûr s'intéresser à la situation géopolitique mondiale.
01:46Alors de l'Iran à l'Ukraine, en passant par les États-Unis, Israël et l'Europe, nous assistons à
01:52des revirements permanents,
01:53des frappes pendant des discussions de paix, des déclarations belliqueuses en marge de négociation.
01:58On a le sentiment en permanence que des mouvements contradictoires s'affrontent.
02:03D'un côté le camp de la paix, de l'autre des bellicistes.
02:06Alors qui va l'emporter ? Eh bien c'est ce que nous allons voir dans cette émission.
02:09Mais avant toute chose, n'oubliez pas chers amis, je compte sur vous, aussi sur vous, pour le référencement de
02:15cette émission.
02:16Alors pensez à cliquer sur le pouce en l'air, pensez évidemment à relayer au maximum cette vidéo.
02:20Et puis surtout, mettez vos commentaires juste en dessous au fur et à mesure de cette émission
02:25pour nous dire si vous êtes d'accord ou pas avec nos analyses.
02:28A tout de suite.
02:40Et à mes côtés, pour cette dernière émission, c'est un peu le chouchou du samedi politique.
02:45François Martin, bonjour, merci d'être avec nous.
02:47Pour vous que ça dure, comme disait la maman de Napoléon Bonaparte.
02:52Eh bien on espère que cette émission y contribuera.
02:54Alors François Martin, vous êtes diplômé de l'ESSEC, Ford MBA à HEC, auteur de l'INERGIE, de l'IHEDN.
03:00Vous avez travaillé dans le commerce international, vous parlez six langues.
03:03Vous avez plein d'anecdotes qui vont encore une fois rythmer cette émission.
03:07Vous avez fondé plusieurs cercles de réflexion en géopolitique.
03:11Et vous avez publié aussi de nombreux ouvrages, notamment Le chaos du monde chez Jean-Cyril Godefroy.
03:17Et il est toujours disponible, chers amis, sur la boutique de TVL, sur tvl.fr, à l'instar des autres
03:22livres de François Martin.
03:23Et j'aurai mon site au mois de septembre, j'aurai ma chaîne YouTube.
03:28De la concurrence encore, ça ne s'arrête plus.
03:30Toute petite concurrence.
03:32Alors depuis près de deux semaines, François Martin, les États-Unis et l'Iran ont repris les hostilités de façon
03:38particulièrement intense.
03:39Ils ont donc rompu le mémorandum qui était en place.
03:42Jeudi, une proposition de cessez-le-feu a refait surface, cessez-le-feu pendant dix jours.
03:48Selon plusieurs sources, elle émanerait de l'Iran en raison de sa faiblesse et des difficultés à résister aux attaques
03:56de Donald Trump.
03:57Que pensez-vous de tout cela ?
03:58Je pense qu'il y a un élément qui est en ligne de compte et qui doit être considéré d
04:04'une façon principale, c'est le cours du Brent.
04:07Parce que le cours du Brent détermine en fait le niveau de risque que prend l'économie américaine par rapport
04:13à un krach économique et boursier mondial.
04:19Je pense que c'est la raison unique pour laquelle Trump a signé le mémorandum,
04:24qu'il n'avait pas du tout envie de signer parce que le mémorandum était aligné sur les propositions iraniennes.
04:33Tout comme d'ailleurs sa déclaration deux heures avant la fin du cessez-le-feu de l'ultimatum où il
04:42disait qu'il allait les renvoyer à l'âge de pierre.
04:44Il a dit que les propositions iraniennes peuvent ou pourraient servir de base à une négociation.
04:52Donc en fait il a admis plus qu'implicitement, explicitement, qu'il était prêt à s'accorder avec les propositions
05:07iraniennes
05:08qui ne sont rien d'autre que le fait que les Iraniens veulent revenir dans le concert des nations avec
05:13l'ensemble de leurs prérogatives,
05:15le droit de commerce, etc. Je ne détaille pas.
05:19Mais lorsqu'il a signé le mémorandum, le Brent était aux alentours de 110 dollars de mémoire.
05:26Donc dans la zone rouge, il était véritablement dans la zone rouge.
05:29Dès qu'il a signé, alors même qu'il savait que son allié, Israël, avait déjà dit qu'ils n
05:34'étaient pas prêts à s'accorder à ça.
05:39Donc le Brent est redescendu à 70 dollars.
05:42Donc il est sorti de la zone rouge.
05:44Donc du coup il s'est redonné 15 jours de capacité de bombardement qu'il n'avait pas avant de
05:50signer.
05:50Donc en fait les Iraniens ont été piégés d'une certaine façon.
05:54Donc ce que vous nous expliquez, si je vous suis François Martin, c'est que concrètement aujourd'hui les déclarations
05:58à valeur géopolitique de Donald Trump
06:02ont une valeur avant tout financière pour influencer les marchés financiers.
06:06Et puis de lui, il a un problème qu'il a sur l'Ukraine, qu'il a partout, c'est
06:13qu'il a dans son camp des gens qui sont pour la paix,
06:16des gens qui sont pour la guerre et ils sont dans le même camp avec lui.
06:18Alors d'un côté c'est plutôt des lobbyistes, dans le cas d'Israël c'est Myriam Adelson qu'on
06:25connaît bien.
06:26Mais d'un autre côté, il y a ces magas qui sont son mouvement premier, à qui il a dit
06:31j'arrêterai les guerres et je m'occuperai de vous.
06:34Or, comme dans le même camp, il a des gens qui l'ont financier, que ce soit des grands banquiers
06:39ou etc.
06:41ou les marchands de canon qui lui disent on ne veut pas que ça s'arrête, il essaye de contenter
06:46et les uns et les autres en même temps
06:47en se disant, c'est comme ça que je l'interprète moi-même, à un moment donné on sera dans
06:52une situation
06:53ou bien l'opposition sera tombée à l'étranger, je pourrais faire la politique débatte en guerre parce que la
07:01route sera libre,
07:02c'est peut-être ce qu'il pense dans le cas de l'Iran, à mon avis il se plante
07:06mais c'est peut-être ce qu'il pense,
07:07ou bien on sera dans une situation tellement grave comme ce que va être l'économie américaine
07:14si le Brent remonte à 120-130 dollars comme il a été à un moment donné, que je dirais au
07:20va-t'en-guerre,
07:20vous voyez, moi je veux bien continuer la guerre et je suis d'accord avec vous, je ne rêve même
07:28que ça mais je ne peux pas.
07:29Donc s'appuyer sur une certaine forme de réalité pour pouvoir sortir du piège dans lequel il est.
07:36Et aujourd'hui, il est dedans sans qu'on puisse dire si c'est le piège qu'il manipule ou
07:41si c'est lui qui manipule le piège, je dirais.
07:43C'est ça un peu le problème.
07:45Ce que je vous propose François Martin, c'est qu'on écoute Donald Trump lors de ses déclarations il y
07:49a quelques jours
07:50où c'était encore des déclarations extrêmement offensives à l'égard de Téhéran.
07:56L'Iran a été très très durement touché.
07:59Ils ont presque tout perdu militairement.
08:01Ils n'ont plus grand-chose.
08:02Ils ont quelques missiles, quelques drones, une certaine capacité de production, pas énorme.
08:07Nous contrôlons le détroit d'Ormuz, ils ne contrôlent rien.
08:19C'est un constat quand même qui est extrêmement discutable, surtout sur le détroit d'Ormuz.
08:23Oui, on ment comme un arracheur de dents, tout le monde le sait.
08:25Mais ça lui permet de dire à ces vatants garantis iraniens, qui sont quand même des gens qui ont...
08:32On sait que les anti-iraniens sont puissants aux États-Unis.
08:37Et il y a cette espèce de rancœur permanente depuis l'affaire des otages, en 1979.
08:43Il y avait même une chanson, je crois qu'on en avait déjà parlé.
08:46On a fait un film aussi.
08:47Bomb by Iran, bomb, bomb, bomb, sur la musique d'une célèbre chanson américaine.
08:57Donc, il y a des analystes américains qui disent que c'est totalement cosmétique
09:04et qu'il est même capable de prévenir les Iraniens pour vider les entrepôts
09:10de façon à ce qu'ils tapent pour la galerie, comme il l'a déjà fait dans le passé.
09:16Il l'a déjà fait dans le passé, mais si je peux me permettre,
09:18il faut quand même se rappeler que les premières frappes israélo-américaines sur l'Iran
09:23s'abattent aussi sur une école de petits-filles.
09:26Oui, il l'a fait dans le passé autrefois, à l'époque de Soleimani.
09:31Il avait tué Soleimani, mais je pense qu'il avait frappé d'une façon telle que...
09:37Enfin, c'est ce que j'avais entendu à l'époque.
09:38Il avait prévenu les Iraniens, il avait tapé sur des entrepôts qui étaient vides à l'époque.
09:43Donc, ce que je veux dire, c'est que ce n'est pas contraire.
09:45L'idée de faire des frappes pour montrer, uniquement pour des raisons de communication,
09:51quelque chose qui est habituel chez lui.
09:53Donc, c'est tout à fait possible.
09:55Là, bon, j'en suis pas certain du tout.
09:57Et je pense que s'il concentre ses frappes sur Bandar Abbas et sur le détroit d'Hormuz,
10:03ce n'est pas parce qu'il espère reprendre le contrôle du détroit d'Hormuz, comme il le dit,
10:07mais c'est qu'il espère affaiblir un peu les Iraniens.
10:10En quoi, à mon avis, il se trompe complètement.
10:13Parce que quand vous voyez la géographie, les grottes, les falaises, etc.,
10:18ils sont inexpugnables.
10:20Oui, bien sûr.
10:21Alors, ce qui est quand même toujours incroyable, c'est qu'on se rend compte, en fait,
10:24que Donald Trump, aujourd'hui, a une obsession première,
10:27c'est celle de réouvrir le détroit d'Hormuz.
10:29C'est ce qu'il dit.
10:30Qui était rouvert avant qu'il déclenche la guerre.
10:33Oui, oui, tout à fait.
10:35Donc, il le dit, à mon avis, parce qu'il est obligé de le dire,
10:38par rapport aux vatanguères qui lui disent,
10:41t'as bradé les intérêts de l'Amérique, pourquoi t'as tout accepté ?
10:43Donc, il est obligé de tenir un discours.
10:46Pour se justifier, il parle de l'importance du détroit d'Hormuz.
10:49Voilà, c'est ça.
10:50D'un autre côté, il me paraît clair que,
10:54s'il a des analystes autour de lui qui sont un peu qualifiés,
11:00il ne fait pas de doute pour lui que sa guerre est perdue.
11:05Je pense qu'il ne peut pas, il n'a pas suffisamment d'armes
11:12pour les bombarder très durablement.
11:16Les Iraniens, de l'aveu de tout le monde,
11:19sont préparés en économie de guerre et en économie de résistance
11:23depuis 47 ans, ne vont pas faire tomber un pays
11:27qui a 91 millions d'habitants et des montagnes partout
11:32et une très vieille civilisation comme ça.
11:34Donc, il n'y arrivera pas de toute façon.
11:37Et puis surtout, et ça, je pense que les Iraniens l'ont compris,
11:41et c'est pour ça qu'ils ont poussé les outils
11:43à fermer aussi le détroit de Babel-Mandem,
11:46ils ont besoin que le pétrole remonte à 110-120 dollars.
11:53Je rappelle que quand le pétrole a été, au mois de mars,
11:57le 26 mars, je crois, pratiquement à 130 dollars,
12:00c'est juste le jour où Larry Fink, le patron de BlackRock,
12:03était à Istanbul.
12:05Il n'est pas allé voir la couleur des yeux d'Erdogan
12:08le jour où le pétrole a touché le maximum.
12:11Qu'est-ce qu'il a été faire ?
12:12Il a été discuter en Katimiti avec les Iraniens
12:16pour leur dire, les gars, est-ce qu'on peut s'entendre
12:20sur le fait que nous, on poussera d'une certaine façon
12:24pour que vous ayez gain de cause sur un certain nombre de points
12:27et vous, vous n'exagérez pas.
12:29Est-ce que vous êtes des gens raisonnables
12:32ou est-ce que vous voulez faire exploser l'économie mondiale ?
12:36– Quand vous parlez de Larry Fink qui va directement discuter
12:39avec les Iraniens…
12:40– Je pense, c'est décrit nulle part, mais ça me paraît logique.
12:42– En l'occurrence, de quoi parle-t-on ?
12:44Est-ce qu'on parlerait d'une forme de diplomatie parallèle,
12:47d'une diplomatie parallèle adoubée par Donald Trump ?
12:50C'est-à-dire vraiment quelque chose qui va dans la lignée
12:54de ce que veut faire Donald Trump, c'est-à-dire refaire baisser le pétrole ?
12:56Ou est-ce que c'est la démonstration, au contraire,
12:58que beaucoup de gens, à commencer par des milliardaires,
13:02commencent à se dire que Donald Trump ne maîtrise plus la situation
13:05et qu'ils essaient de passer au-dessus ?
13:07– Je pense que c'est eux qui le tiennent de toute façon.
13:11Parce qu'ils ont les moyens, très largement,
13:13de faire voter le Congrès pour lui ou contre lui.
13:16On parle de l'IPAC, mais les grands milliardaires,
13:20les patrons des grandes banques,
13:22ils ont un lobby qui est aussi puissant, si ce n'est plus que l'IPAC.
13:25Donc, ils le tiennent d'une certaine façon.
13:27Donc, je pense qu'ils ont voulu s'assurer.
13:29Moi, je serais le patron de la banque,
13:33la plus grande banque du monde, avec mes intérêts partout.
13:36J'irais m'assurer, quelque part pour moi-même,
13:39que les gens d'en face sont des gens avec lesquels on peut discuter.
13:42– Oui, bien sûr.
13:42– Voilà, c'est ça.
13:43Et ensuite, on appuiera sur Donald Trump,
13:46on le tiendra ou on le laissera faire dans la mesure du possible.
13:49– Et très concrètement, si le détroit d'Ormouz reste en l'État,
13:53c'est-à-dire globalement fermé,
13:56à part pour quelques navires chinois, si j'ai bien sauté,
13:58parce que là aussi, c'est très difficile de savoir le vrai du tout.
14:01– Et c'est très cosmétique, parce que quand ils disent qu'il est fermé,
14:04ça veut dire qu'il est fermé, sauf pour les bateaux de leurs amis.
14:07– C'est ça.
14:07– Et quand ils disent qu'il est ouvert, ça veut dire qu'il est ouvert,
14:10mais sauf pour leurs ennemis.
14:13– Il est tout enfermé pour les ennemis.
14:18– Il y a beaucoup de com' dans tout ça aussi.
14:20– Bien sûr.
14:21Et alors, à cette situation dans le détroit d'Ormouz s'ajoute,
14:24comme vous l'avez dit à raison il y a quelques instants,
14:26celle dans le détroit de Bab el-Mandeb,
14:29qui est visiblement chahutée par les combattants d'Ansarala du Yémen.
14:34– C'est ça.
14:34– Concrètement, là, ça vient rajouter une pression supplémentaire
14:38sur le trafic pétrolier et donc sur l'industrie pétrolière.
14:42– C'est ça.
14:42– C'est un pacte en Europe, on va le ressentir ?
14:45– On va le ressentir énormément.
14:48C'est nous qui allons être les premiers,
14:50qui allons payer cette situation.
14:52Enfin, les premiers, c'est, semble-t-il, les Asiatiques,
14:55parce que c'est à eux que l'essentiel de ce qui sort du Golfe
14:58était principalement destiné, que ce soit concernant le pétrole
15:02ou que ce soit concernant les engrais.
15:04– Mais alors, justement, pardon de vous interrompre.
15:06– Nous, on va l'en payer aussi.
15:07– Mais quand vous me dites que les Asiatiques sont les premières victimes,
15:11allez-je dire, de ce blocage des détroits déclenché, finalement,
15:16par l'intervention de Donald Trump,
15:18on se dit, bon, c'est peut-être un coup de billard à 18 bandes,
15:21mais in fine, c'est peut-être simplement cela qu'il voulait Donald Trump,
15:24c'était réduire les afflux de pétrole en direction de la file.
15:27– Je ne pense pas, en fait, je ne pense pas.
15:30Après y avoir réfléchi, je pense que, autant la méthode
15:35était franchement profondément stupide,
15:37et d'ailleurs, ce défaut d'affaiblissement de l'Iran
15:42qui se maintient depuis 47 ans, et j'ai appris ça,
15:47c'est totalement incroyable, ce pays qui est sous sanction,
15:50comme l'était à l'époque la Syrie de Bachar el-Assad,
15:54est autosuffisant sur le plan alimentaire à 85%.
16:0085%.
16:01Donc, ça veut dire qu'ils se sont organisés
16:03d'une façon totalement extraordinaire,
16:06ce en quoi ils sont aidés d'une façon certainement
16:09tout aussi extraordinaire, même si je n'ai pas les chiffres,
16:12c'est par la Russie, parce qu'ils ont, je dirais,
16:15un couloir génial à travers la Caspienne,
16:18qui est une mer russe, où ils peuvent se faire livrer
16:21tout ce qu'ils veulent, et eux peuvent livrer tout ce qu'ils veulent.
16:24Mais ils se sont très, très bien organisés pendant cette période,
16:27ça c'est certain.
16:28– C'est une nouvelle démonstration que la politique de sanction
16:30ne donne pas satisfaction.
16:32– Ne donne plus d'effet.
16:33En plus, autrefois, la politique de sanction,
16:36elle était faite par un pays ou un groupe de pays
16:39qui était hégémonique, qui s'appelait
16:41les États-Unis et l'Europe,
16:43vis-à-vis de petits pays qu'on étranglait, qu'on écrasait.
16:47Moi, j'ai eu l'occasion de m'approcher de ça,
16:49puisqu'à l'époque, je vendais des produits laitiers,
16:52je vendais ça en Turquie.
16:53La Turquie vendait ça en Irak et en Iran
16:56pendant la guerre d'Iran-Irak.
16:58Après, elle a vendu ça à la Syrie, etc.
17:01Elle s'est fait des énormes profits.
17:06Et puis, pendant ce temps, il y a des millions de bébés irakiens
17:12ou iraniens ou syriens qui sont morts de faim
17:15parce que leur maman n'avait pas de lait, si vous voulez.
17:18Donc, on ne regarde pas, mais ce système de sanctions, en fait,
17:22est presque aussi effroyable que la guerre,
17:26même pire d'une certaine façon,
17:27parce qu'il est totalement hypocrite.
17:32Il est insidieux et hypocrite.
17:34Mais, aujourd'hui, le groupe de pays qui organise ça
17:40n'est plus hégémonique, d'une part,
17:42et en plus, on ne le fait plus sur des petits pays,
17:45mais sur des grands pays.
17:46Donc, ça ne marche pas.
17:47Oui, mais le gros bloc occidental considère toujours
17:50que l'Iran est un petit pays.
17:51Quand on entend Donald Trump expliquer
17:53qu'ils vont les renvoyer à l'âge de pierre,
17:55on voit le sous-titre, si tant est qu'il n'y soit pas déjà.
17:57Et là, on a aussi cette suprématie américaine
18:01qui, quelque part, induit un peu en erreur
18:05sur le terrain géopolitique.
18:06En fait, ce n'est plus du tout le cas,
18:07parce que l'Iran, en fait, aujourd'hui, agit,
18:10et on va y revenir rapidement,
18:13comme un proxy de la Chine, si vous voulez.
18:18Donc, autant dans le conflit irakien,
18:21dans le conflit ukrainien,
18:24c'est l'Occident qui dispose de son proxy.
18:27Donc, tout ce que le proxy frappe sur la Russie,
18:31c'est considéré comme une perte d'image importante de la Russie.
18:35Par contre, quand la Russie frappe l'Ukraine,
18:37on ne dit pas que c'est l'Occident qui perd,
18:39on dit que c'est l'Ukraine qui perd.
18:41Par contre, si vous regardez la situation
18:44du conflit iranien,
18:47on est dans une situation exactement inverse.
18:50C'est-à-dire que quand l'Iran frappe les États-Unis,
18:53on dit que c'est l'Occident qui perd la face.
18:55Par contre, quand les États-Unis frappent l'Iran,
18:59on ne dit pas que c'est la Chine qui perd la face.
19:02On dit que c'est l'Iran.
19:03Donc, la Chine est protégée par son édredon, je dirais,
19:08tout comme les Européens et les Américains
19:13sont protégés par leur édredon ukrainien.
19:16Donc, ça rend la guerre plus difficile
19:18pour celui qui ne dispose pas de proxy.
19:20Voilà, c'est ça que je voulais dire.
19:22– Alors, on a évoqué la situation économique
19:23et cette contraction liée aux difficultés
19:27dans les détroits de Bab el-Mandeb et Hormuz
19:29et notamment sur le trafic pétrolier.
19:31– Oui, je vous interromps juste une seconde.
19:33– Oui, allez-y.
19:33– Je pense que l'Iran a fait ça
19:35parce que l'Iran a besoin aujourd'hui
19:38d'accélérer le risque de la crise économique mondiale.
19:46C'est eux qui ont le doigt sur le bouton rouge
19:49de la bombe économique, la bombe atomique économique.
19:54C'est eux qui l'ont.
19:56Et ils doivent faire en sorte
19:59que l'on soit suffisamment proche du cataclysme
20:02pour que Trump revienne à la table des négociations.
20:06Sinon, tant qu'il est loin,
20:08il continue à les bombarder.
20:10Donc, c'est quand même un petit signe
20:12pour ce pays qui manie le temps
20:14avec une telle maestria.
20:16C'est quand même un petit signe
20:18de, je ne dirais pas de fébrilité,
20:21mais d'accélération du temps
20:24qui ne leur est pas habituel.
20:26Et d'autant moins habituel
20:27que le pays que ça va déranger,
20:30ça va être l'Arabie saoudite.
20:31Or, je pense pour ma part
20:33que la raison principale peut-être
20:35pour laquelle les États-Unis
20:37ont lancé cette guerre contre l'Iran
20:40qu'ils ont menée d'une façon stupide,
20:42mais leur raison principale,
20:44c'était le pacte de rapprochement
20:47qui a été construit sous l'égide des Chinois
20:50entre l'Arabie saoudite et l'Iran
20:53depuis le traité de Pékin de 2023.
20:57Et ce qui valide ce point de vue,
20:59c'est bien sûr les discussions qui sont actuellement en cours
21:02entre Riyad et Washington
21:04pour précisément relancer des partenariats,
21:07notamment sur le nucléaire civil en Arabie saoudite,
21:10avec comme monnaie d'échange
21:12la reconnaissance de l'État d'Israël par Riyad.
21:14Voilà, c'est ça.
21:15Et ça, je dirais,
21:17c'est une victoire diplomatique pour les États-Unis
21:21et une perte diplomatique pour Pékin.
21:23Puisque ce que j'avais entendu,
21:25c'est que depuis 2023,
21:27le ministre Wang Yi,
21:28qui est le ministre des Affaires étrangères de Pékin,
21:31a fait 36 voyages en Iran et en Arabie saoudite,
21:35c'est-à-dire pratiquement un voyage par mois.
21:38C'est-à-dire qu'ils ont considéré
21:40que le rapprochement entre l'Iran et l'Arabie saoudite
21:44était tellement stratégique
21:46que c'était mortel
21:47pour la position des Américains au Moyen-Orient.
21:50Et je pense que c'est vrai.
21:51Or, le fait que l'Iran ferme Bab el-Mandeb,
21:55c'est quelque part une façon d'embêter les Saoudiens,
22:02puisqu'on sait qu'ils peuvent exporter
22:04par leur sortie de Jeddah le pétrole
22:09et que si on ferme Bab el-Mandeb,
22:10ils sont gênés.
22:11Et d'autre part...
22:12À plus forte raison qu'avec la fermeture d'Hormuz,
22:14je ne comprends pas trop pourquoi,
22:16dans ces conditions,
22:19les Saoudiens s'engagent dans le nucléaire,
22:24parce qu'ils savent que s'ils s'engagent
22:25dans le nucléaire civil avec les États-Unis,
22:29leur capacité de ficeler ensuite,
22:33leur capacité d'avoir leur nucléaire militaire,
22:37si jamais l'Iran, au bout du chemin,
22:40a son nucléaire militaire,
22:42ce que je pense qu'ils auront un jour ou l'autre,
22:44quoi qu'on fasse, les Américains se sont prémunis contre ça
22:49en ficelant les Saoudiens.
22:51C'est bien vu.
22:52Je ne sais pas ce qu'ils ont promis à Mohamed Ben Salmane,
22:56mais en tout cas, c'est une victoire américaine dans ce cas-là.
23:02Oui, ça me paraît certain.
23:03Et le but des États-Unis, je pense, dans cette guerre,
23:06c'était de briser cette alliance qui était plus que dans l'œuf.
23:11D'après le professeur Marandi, elle était prête à être signée.
23:16Entre l'Iran et l'Arabie-Soudiens, c'était catastrophique.
23:22Ça, je pense que c'était obligatoire.
23:24Par contre, la méthode était d'une imbécilité totale.
23:28Il aurait fallu se servir des tribus à l'intérieur,
23:32de l'économie, de tout ça,
23:34pour désorganiser le pays et créer la révolution de l'intérieur.
23:39Mais certains ne pensent pas en bombardant
23:42ce qui a créé dans un pays nationaliste l'effet inverse.
23:45C'est-à-dire qu'on a rapproché les peuples.
23:48Si je peux me permettre de créer des dissensions à l'intérieur de la population,
23:51je crois que ça a été fait et ça n'a pas marché non plus.
23:53Est-ce que ça a été fait suffisamment ?
23:56Dans leur logique, je pense que c'est quelque chose
23:59qu'ils auraient dû faire en permanence depuis 20 ans,
24:01si vous voulez le faire tomber,
24:03pour l'affaiblir, pour utiliser des attentats,
24:09enfin créer la discorde chez l'ennemi.
24:11– Bien sûr, évidemment, on parle de leur point de vue.
24:14– Et ça, ce n'est pas la faute de Trump.
24:16Pour moi, Trump aujourd'hui, c'est le pompier de service
24:18à qui on a mis le casque et l'uniforme et le…
24:22– La lance à incendie ?
24:23– La lance à incendie, en disant,
24:25va éteindre les feux, et les feux, ils sont là
24:29parce que ce sont essentiellement les démocrates
24:32qui les ont laissés, parce que cette situation de rapprochement
24:37avec l'Arabie saoudite et l'Iran, elle ne date pas d'hier.
24:43Ça, je pense que les démocrates sont extrêmement fautifs
24:49d'avoir créé cette situation d'affaiblissement
24:53dans laquelle les Américains sont aujourd'hui.
24:56– Justement, c'est très intéressant ce que vous nous dites
24:58parce que là, si on vous suit, les démocrates sont plutôt
25:01les faiseurs de guerre et Donald Trump est le pompier.
25:05Pour beaucoup, évidemment, ce sera plutôt un pompier pyromane
25:07puisque depuis qu'il est revenu au pouvoir,
25:09on a quand même constaté qu'il aura mis le feu peut-être
25:12à des branches qui étaient déjà sèches et mûres pour l'incendie,
25:15mais il n'en reste pas moins que c'est quand même lui
25:17qui a lancé les offensives.
25:19Et on constate là encore tout récemment,
25:23les républicains se sont joints, enfin quatre républicains,
25:26pardon, se sont joints à des démocrates
25:28pour voter une résolution à la Chambre des représentants
25:32pour mettre fin à la guerre contre l'Iran.
25:34Ça avait déjà été le cas au Sénat le 4 juin dernier.
25:39Là encore, quatre sénateurs s'étaient joints à des démocrates,
25:43enfin quatre sénateurs républicains s'étaient joints à des démocrates.
25:45Et d'ailleurs, on va réécouter Chuck Schumer,
25:47c'était le chef de la minorité démocrate du Sénat.
25:52À plusieurs reprises, la grande majorité des sénateurs républicains
25:56ont pris le parti de Donald Trump et de sa guerre
25:59plutôt que celui du peuple américain.
26:01C'est le peuple américain qui a payé le prix de l'erreur historique
26:04commise par Trump en Iran.
26:06Ça restera dans les livres d'histoire
26:08comme l'une des pires aventures de politique étrangère
26:11jamais entreprise par les États-Unis.
26:20Bon, je veux bien que les démocrates soient pas là
26:22pour faire un examen de conscience,
26:24mais force est de constater que là,
26:26ils sont plutôt en opposition.
26:27Alors, c'est peut-être une opposition pavlovienne,
26:30mais force est de constater que là,
26:32ils accompagnent pas tellement le mouvement
26:33pour aller contre l'Iran.
26:34Non, non, c'est tout à fait vrai.
26:37Et c'est pour ça que je dis qu'en fait,
26:40et c'est ça que je pense qu'il faut très bien comprendre,
26:42qu'il y a aujourd'hui deux mouvements contradictoires en même temps.
26:46Il y a un mouvement d'accélération de la tension,
26:49c'est vrai en Iran et c'est vrai en Ukraine de la même façon,
26:54de la part des États-Unis,
26:56et en même temps, il y a un certain nombre de signes
26:59d'une possible désescalade qui ont lieu en même temps.
27:03Alors, c'est pas facile à comprendre pour les gens,
27:06parce qu'ils se disent, comment est-ce qu'on peut aller vers la tension
27:08et vers la détente en même temps ?
27:10Si on va vers la tension, ça veut dire qu'on va vers la guerre nucléaire,
27:13en gros.
27:14Si on va vers la détente, ça veut dire qu'on devrait s'accorder pour la détente.
27:18Mais en fait, ça marche pas comme ça.
27:20Et je pense que la raison principale,
27:23c'est que le contexte général est une guerre de libération du Sud par rapport au Nord.
27:30Que ce soit la Chine, que ce soit la Russie,
27:33ou que ce soit l'Iran, ou que ce soit les autres pays,
27:36ils en ont marre de la domination américaine.
27:38Nous, on est au milieu,
27:39et nous, les Européens, on est au milieu,
27:41on ne sait pas quoi faire, en fait.
27:42C'est ça le problème.
27:43Mais ils sont très clairement dans une guerre de décolonisation.
27:48Quand vous avez une guerre de décolonisation,
27:50il y en a un qui veut vous imposer sa paix,
27:53que ce soit les Russes.
27:55Et moi, je ne doute pas du tout que lorsque les Russes auront
27:57Slaviansk et Kramatorsk et le regard vers Odessa,
28:02ils obtiendront au bout du compte tout ce qu'ils veulent.
28:05Et je ne doute pas non plus que l'Iran,
28:07qui tient depuis 47 ans,
28:10et qui peut durer encore pendant plusieurs années,
28:14finira par avoir ses droits comme il le souhaite.
28:18Et d'un autre côté, vous avez une série de pays,
28:22là, aujourd'hui, c'est plutôt les États-Unis,
28:24parce que l'Europe, politiquement, est inexistante,
28:27sauf dans le cas de l'Ukraine,
28:28mais un certain nombre de pays qui vont subir la paix.
28:32Donc, ce n'est pas une paix par une entente réciproque.
28:36Je dirais que c'est un qui a un gros filet de pêche,
28:39et l'autre, il est le thon qui est dans le filet de pêche
28:43et qui se fait remonter sur le bateau,
28:45qui n'a pas du tout envie.
28:47Le plus gros des thons, ça plant Donald Trump.
28:51C'est un peu ça.
28:52Et puis, de l'autre côté, vous avez des Chinois,
28:54des Iraniens, des Russes qui remontent le filet.
28:56Donc, à mon avis, c'est pour dire que c'est un mouvement inéluctable
29:01et qu'ils ne s'en sortiront pas.
29:02Mais ils ne se laisseront pas faire.
29:05Le thon continue de se débattre.
29:07Voilà, c'est ça qui se passe.
29:09En tous les cas, ce que l'on sait,
29:11c'est que tout cela crée évidemment des difficultés politiques,
29:15de nature politique en interne aux États-Unis,
29:18ce qui ne fait pas les affaires de Donald Trump,
29:20puisque les élections de demi-mandat arrivent à grands pas en novembre prochain.
29:25C'est ça.
29:26Et tout porte à croire qu'au vu des promesses formulées pendant la campagne,
29:29à savoir de se concentrer sur le pouvoir d'achat des Américains,
29:32sur le terrain américain, sur l'immigration,
29:34ce qui a été fait en grande partie néanmoins,
29:36mais de surtout pas lancer des guerres à l'extérieur,
29:40ça va être difficile pour Donald Trump.
29:42Je me suis posé la question et je ne suis pas si sûr que ça.
29:46Pourquoi ?
29:46Parce que d'une part, nous, on regarde la situation internationale
29:51et nous, comme on est des pays plutôt petits,
29:55tournés vers l'extérieur et vers un conflit
29:58qui est finalement pas très loin de notre porte,
30:00même s'ils ne nous menacent pas.
30:02Je rappelle quand même que l'un des principaux fonctionnaires de l'OTAN
30:06a fait une déclaration il n'y a pas longtemps
30:08en disant que l'OTAN pouvait certifier
30:12qu'il n'existait aucun plan de la Russie pour envahir l'Europe.
30:18Ça, c'est quand même un…
30:20– Oui, mais ça, c'est une déclaration parmi d'autres
30:23qui diront le contraire.
30:24– Ils diront le contraire, mais le fait qu'elle existe,
30:26on ne peut pas penser que c'est aux fonctionnaires
30:28dont je n'ai pas retenu le nom et dit ça de son plein gré
30:32et de sa propre initiative, sinon il aurait sauté.
30:35Donc il est en service commandé pour le compte d'un certain nombre de forces
30:40qu'on peut penser être le gouvernement américain
30:42pour dire aux Européens, si vous voulez y aller,
30:44allez-y, mais nous, ce n'est pas notre affaire.
30:46En tout cas, je trouve que c'est une déclaration qui est très, très importante.
30:52Mais sinon, je ne me souviens plus de…
30:54– Pour les élections de mi-mandat ?
30:56– Oui, pour les élections de mi-mandat.
30:59Les Américains, eux, ce n'est pas tellement les questions internationales
31:02qui les importent.
31:04– Mais c'est quand même le prix de l'essence.
31:06– Le prix de l'essence, ça c'est certain.
31:08C'est pour ça que je pense que Trump va retourner à une négociation
31:11assez vite parce qu'il ne peut pas se permettre, l'inflation élevée, etc.
31:16Mais aujourd'hui, si vous vous rendez compte que le mouvement MAGA,
31:22que Trump a perdu l'image de son mouvement MAGA,
31:25mais que vous regardez de l'autre côté, qu'est-ce qu'il en est en face ?
31:30Vous entendez Obama, vous entendez Clinton, vous n'entendez personne ?
31:33Il les a séchés tous.
31:35Il n'y a plus personne qui parle.
31:37Il n'y a plus que Trump.
31:38– On se demanderait qui serait candidat face à Donald Trump.
31:41– C'est ça.
31:42Alors, moi, je ne serais pas tellement étonné
31:44qu'on ait une grosse surprise au moment d'en disant,
31:46bon, c'est vrai que ces partisans, ils ont perdu quelques plumes,
31:50mais regardez de l'autre côté, il n'y a personne.
31:53Et ça, c'est la stratégie de Trump qu'on connaît bien,
31:57qui est celle de la provocation permanente.
32:00Eh bien, ça marche.
32:03Il n'a pas fait plaisir à ses amis,
32:06mais à mon avis, il a détruit ses ennemis en grande partie.
32:09Enfin, Obama, on sait ce que représente Obama pour le mouvement démocrate
32:14et ce qu'il représente en termes d'image, etc.
32:17Obama, il ne dit plus un mot.
32:20Il n'existe plus.
32:21C'est quand même un signe, ça.
32:23Moi, je ne suis pas un spécialiste du système américain,
32:26mais Trump, c'est quand même un grand malin sur le plan…
32:32Il ne connaît rien à la politique internationale, on est d'accord,
32:35mais sur le plan de la politique interne, c'est quand même un grand malin
32:38et un grand manipulateur.
32:39Enfin, il a quand même réussi à se faire élire deux fois,
32:42en se faisant passer pour une victime,
32:44en utilisant tous les procès qu'on lui a faits,
32:46en disant, regardez, on m'en veut, ils sont tous méchants
32:49et moi, je suis gentil.
32:50Et je vous défends.
32:51Et c'est passé, comme une lettre à la poste.
32:54Donc, ne vendez pas la peau de Trump avant de l'avoir.
33:04Il y a toutefois, j'aimerais qu'on change un peu de terrain,
33:07il y a toutefois un autre dirigeant qui est un peu en difficulté,
33:10c'est un allié de Donald Trump, c'est évidemment Benjamin Netanyahou,
33:14le Premier ministre israélien,
33:15qui s'avance vers des élections législatives en octobre prochain.
33:19Je voudrais simplement qu'on regarde une petite séquence à la Knesset
33:23pour voir un peu l'ambiance.
33:24Oui.
33:58Bon, Netanyahou semble imperturbable, néanmoins, c'est assez clair,
34:01il y a une opposition qui est assez motivée.
34:03C'est clair, il y a une opposition qui est motivée.
34:06Mais si vous voulez, Netanyahou confond la violence militaire
34:11et la réussite stratégique et la réussite politique.
34:19Quand vous êtes un dirigeant, vous pouvez utiliser la puissance militaire,
34:26mais il faut impérativement que vous la transformiez en victoire stratégique.
34:30Sinon, elle ne vous sert à rien.
34:31Le principal cas de l'histoire, c'est Napoléon,
34:34qui était un génie militaire et qui n'a pas réussi,
34:38à tort ou à raison, a transformé ça en victoire politique
34:41de façon à transformer les pays qu'il avait humiliés
34:46ou qu'il avait vaincus en partenaires politiques.
34:48Il ne l'a pas réussi.
34:50D'où le congrès de Vienne, où c'est Talleyrand et les Russes
34:54qui l'ont sauvé.
34:57Mais Netanyahou, si vous regardez sur ce plan-là,
35:00il a beau taper sur les outils, il a tapé sur l'Iran,
35:04il a tapé sur l'Irak,
35:06sur l'Irak, pas exactement,
35:09sur la Syrie, il a tapé sur le Liban,
35:11il a tapé sur Gaza,
35:13où y a-t-il une véritable victoire politique à travers tout ça ?
35:16Donc pour moi, il est complètement enfermé
35:19sur le plan stratégique.
35:22Et ce que les Israéliens lui reprochent le plus,
35:27ce n'est pas d'avoir fait la guerre à l'Iran,
35:31c'est de ne pas l'avoir gagné.
35:34Et si vous regardez en face, vous aviez Naftali Bennett,
35:38l'ancien Premier ministre,
35:39et vous avez Yair Lapid qui est le chef de l'opposition,
35:42et dans les derniers sondages,
35:44ils ont à peu près 20 ou 25 sièges,
35:46soit les 120 de la Knesset.
35:51Netanyahou en a, à mon avis, une quarantaine,
35:53et le nouveau, qui est l'ancien chef d'État-major des armées,
35:56qui au début de la guerre de Gaza a dit à Netanyahou,
36:01pas pour moi, moi j'y vais pas,
36:02c'est pas la bonne méthode,
36:04tu les frappes, tu vas te faire vietnamiser,
36:06c'est ce qui s'est passé,
36:07donc il a refusé d'y aller.
36:09Aujourd'hui, il inspire confiance auprès de la population,
36:12et il a une quarantaine de sièges,
36:15semble-t-il un siège de plus.
36:16Donc lui, c'est Gadi et Zenkot, c'est ça ?
36:18Voilà, c'est ça, Gadi et Zenkot.
36:19Donc si vous rajoutez les sièges d'Ezenkot potentiels
36:25et ceux de Lapid et de Bennett,
36:29vous arrivez à plus de 60 sièges.
36:34Donc...
36:34Ça sera difficile de savoir pour les départager.
36:37En tout cas, ils en auront plus que Netanyahou.
36:40Que Netanyahou seul,
36:41mais Netanyahou gouverne aujourd'hui
36:42avec l'extrême droite israélienne.
36:44Oui, c'est ça, mais Netanyahou,
36:46il a, à mon avis,
36:50il a des bonnes chances d'être minoritaire,
36:52je veux dire, dans cette situation-là.
36:54Donc on va voir ce qui va se passer.
36:56Mais en tout cas, si Netanyahou perd,
36:58à mon avis, il va se retrouver
37:00avec ses problèmes de corruption,
37:01mais surtout, on ne le dit pas,
37:05il va se trouver avec les problèmes
37:07de...
37:09par rapport au 7 octobre.
37:11Puisque les risques qui existent
37:14ou les accusations comme quoi
37:17il a manipulé le 7 octobre
37:20pour laisser faire,
37:21et ça, je vous rappelle,
37:23c'était...
37:27l'évangéliste américain
37:29qui a été assassiné, Charlie Kirk,
37:31qui l'a démontré
37:32dans une vidéo qui est disponible,
37:34en disant, mais moi, je ne comprends pas
37:36comment les hélicoptères
37:38ont pu mettre 7 heures
37:40pour aller sur le théâtre d'opération,
37:42alors que moi, j'ai fait le trajet
37:44en hélicoptère et j'ai mis 45 minutes.
37:47Donc, il y a véritablement un problème.
37:49Et je rappelle que sur les 1200 personnes
37:51qui ont été tuées,
37:53il y a eu 600 personnes,
37:54600...
37:54qui étaient des soldats israéliens
37:57dans les garnisons
37:58qui n'ont pas été...
38:01qui n'étaient même pas gardés.
38:03Donc, comment ce système,
38:06avec des caméras partout,
38:07avec des informateurs partout, etc.,
38:10a pu faire en sorte
38:11de laisser mourir
38:12600 soldats israéliens
38:15si jamais la responsabilité
38:17de Netanyahou
38:18est prouvée dans cette affaire.
38:21et c'est la cour martiale
38:22qui risque.
38:23Ce n'est pas la prison.
38:25Bien sûr.
38:26Encore faudra-t-il le prouver.
38:27Oui, mais c'est beaucoup plus grave que ça.
38:29Pour l'instant, je rappelle
38:30qu'il n'y a pas d'enquête indépendante
38:32alors que l'opposition israélienne
38:34l'a demandé à de multiples reprises.
38:36Donc, on peut faire confiance
38:38à ses ennemis
38:38pour lui porter l'estoccade,
38:42non seulement les banderilles,
38:43mais aussi la...
38:45comment dire...
38:45l'épée dans le dos
38:48si jamais il est minoritaire.
38:50Donc, il risque gros.
38:52Sur la situation intérieure,
38:53il n'y a pas de doute.
38:54C'est très difficile
38:55pour Benjamin Netanyahou,
38:57même s'il a toujours réussi
38:58jusqu'ici à s'en sortir.
39:00Sur la situation internationale
39:02et notamment celle
39:03qui concerne le Liban,
39:05elle est aussi difficile
39:06parce que cette semaine,
39:07Donald Trump a rencontré
39:09directement Joseph Aoun,
39:10le président libanais.
39:12Joseph Aoun a demandé
39:14à Donald Trump
39:14de faire pression sur Israël
39:16pour qu'Israël quitte
39:17le territoire libanais.
39:19Il y a une petite partie
39:21qui a d'ores et déjà été évacuée
39:23par Tsaël
39:23et l'armée libanaise
39:25a pu en prendre possession.
39:27Et Donald Trump
39:27a fait une déclaration
39:28très surprenante
39:29qui ne sera sans doute
39:31pas ce suivi des faits,
39:32mais qui en est néanmoins
39:33à relever,
39:33qu'il acceptait le principe
39:35de rencontrer
39:36un dirigeant du Hezbollah,
39:38qui est quand même
39:39une organisation
39:39qui, aux États-Unis,
39:40est classée terroriste.
39:42Oui, oui.
39:42Il aime bien faire ça.
39:44Il avait fait ça
39:45avec le Hamas, rappelez-vous.
39:47Il a fait ça
39:47avec l'Iran, rappelez-vous.
39:49Il a fait ça
39:49avec la Russie.
39:50À une époque,
39:51je vous rappelle
39:51qu'avant la rencontre
39:52de Riyad,
39:54personne ne pouvait
39:55parler aux Russes.
39:56On se mettait
39:56une pince à linge
39:57sur le nez
39:58à chaque fois
39:58qu'on prononçait
39:59le mot russe.
40:00Et lui,
40:00il a dit
40:00je vais parler à tout le monde.
40:01Donc, en fait,
40:02il ouvre beaucoup de portes.
40:03Le problème,
40:04c'est que derrière,
40:05il ne passe pas les portes
40:06et il ne choisit pas
40:08la ligne politique
40:09dans laquelle il est.
40:10Donc, en fait,
40:11il ouvre beaucoup de chantiers
40:12mais il ne reconstruit pas.
40:14C'est ça, je dirais,
40:15qu'on peut lui reprocher.
40:16Alors, est-ce que c'est trop tôt ?
40:18Est-ce que l'opposition
40:18est trop forte ?
40:19Ça, je ne sais pas.
40:20En tout cas,
40:21on constate que...
40:23Mais je ne suis pas du tout étonné
40:25qu'il veuille aller rencontrer
40:27les gens du Hezbollah.
40:28Et effectivement,
40:29dans une affaire comme celle-là,
40:31encore une fois de plus,
40:33même s'il a réussi
40:34à faire un rétablissement
40:35spectaculaire à chaque fois,
40:37Netanyahou est sur la touche,
40:39clairement.
40:40Et ça veut dire que
40:41ceux qui sont aussi
40:45gagnants dans cette affaire,
40:46c'est les Iraniens.
40:47Parce que ce sont les Iraniens
40:49qui ont dit
40:51le Liban fait partie
40:53du périmètre de la négociation
40:54et nous ne lâchons rien
40:56sur la souveraineté
40:58du Liban entière.
41:00Alors que je rappelle
41:01que les Israéliens
41:06disaient
41:06oui, oui,
41:07nous on s'en va
41:07mais on reste
41:08dans une petite bande
41:09de cette...
41:09Vous voulez une zone tampon ?
41:10Des kilomètres autour,
41:11etc.
41:12Non.
41:13Souveraineté, souveraineté,
41:14vous quittez, vous quittez.
41:15Et s'il quitte,
41:17effectivement,
41:18ça sera une perte,
41:20ça sera une perte d'image
41:24pour Netanyahou
41:25qui sera très importante, oui.
41:27Je ne suis pas étonné de ça, oui.
41:29On peut bien constater
41:30que là, c'est une forme
41:31de désaveu de Netanyahou
41:33de la part de Donald Trump
41:35et ça va me conduire
41:36à changer de théâtre de guerre,
41:38à l'égir,
41:39puisque je vous propose
41:39qu'on bascule à présent
41:42sur la question ukrainienne
41:44parce qu'il y a beaucoup
41:45de similitudes, évidemment,
41:47entre les questions
41:47proche-orientales
41:48et la question ukrainienne.
41:49Et là encore,
41:50on voit que Volodymyr Zelensky
41:53fait face à présent
41:54à une protestation massive
41:56dans son pays.
41:58On se souvient d'ailleurs
41:59qu'il conserve son mandat
42:00uniquement eu égard
42:02à la loi martiale
42:04et donc son mandat est reconduit
42:06avec des renouvellements successifs.
42:09Comment voyez-vous
42:10la situation pour lui ?
42:11Moi, je la vois mal
42:12parce qu'il a été obligé
42:14de sacrifier Sierski.
42:16Or, Sierski,
42:16c'est, je dirais,
42:17un pion essentiel
42:19dans son système
42:20de domination du pays
42:21et des détournements d'argent
42:25puisque...
42:26Alors, si je peux me permettre,
42:27vous allez peut-être
42:28un peu trop vite
42:28parce qu'avant Sierski,
42:30il y a eu la protestation
42:31après le limogège
42:32du ministre de la Défense,
42:34Fedorov,
42:35qui était perçu
42:36par la population
42:38comme un ministre
42:38qui voulait combattre
42:40la corruption.
42:41C'est surtout ça.
42:42On n'en a pas parlé de ça.
42:43On a dit qu'il était populaire
42:45mais la réalité,
42:46c'est qu'il est arrivé
42:47en disant
42:47ce système de corruption,
42:49j'en veux plus.
42:49C'est ça, en fait.
42:50le fait qu'il était
42:52en opposition
42:52avec Sierski.
42:54Oui, parce que
42:54ce qu'il faut préciser
42:55peut-être à nos téléspectateurs
42:57qui l'ont oublié,
42:58c'est qu'on a parlé
42:58beaucoup des questions
43:00de corruption
43:01relatives à l'énergie
43:03en Ukraine
43:04mais il y avait également
43:05beaucoup de questions
43:06de corruption
43:06relatives à la défense,
43:08à l'armée
43:08avec même certaines personnes
43:10qui trafiquaient
43:13les denrées des soldats.
43:14Donc, les denrées,
43:15les uniformes, etc.
43:16Ils disent eux-mêmes
43:17qu'ils ont à manger
43:17une fois tous les deux jours
43:18ou tous les trois jours
43:19parce qu'ils vendent
43:20les uniformes,
43:21ils vendent les armes,
43:22ils vendent,
43:22ça je l'ai détaillé
43:23dans mon premier livre,
43:26un Européen
43:27ou même un Français
43:28qui va aller faire la guerre.
43:30Alors, il arrive,
43:31on le forme,
43:32il prend le camion
43:35pour aller sur le front
43:36et les armes sont
43:37dans le camion d'à côté
43:38et quand il arrive sur place,
43:40le camion avec les soldats
43:45est là et est arrivé avec lui
43:47et l'autre camion
43:48qui avait les armes,
43:49il n'est plus là
43:49parce qu'il a été vendu
43:50quelque part sur la route
43:51en même temps.
43:52Donc, c'était déjà comme ça
43:54dès les premiers jours
43:55de la guerre.
43:56Donc, ça veut dire
43:57que c'est une corruption énorme,
43:58un détournement énorme
44:00et évidemment,
44:01Sierski,
44:02donc l'ancien chef
44:04d'état-major des armées
44:05qui était dans la combine
44:07et comme Fedorov
44:08a essayé de s'opposer à ça
44:10et qu'il a été dégagé,
44:12la grogne est montée,
44:13montée, montée,
44:14à tel point
44:16que Zelensky
44:17a été obligé
44:18de lâcher Sierski.
44:20Oui, il n'a pas réintégré Fedorov
44:21mais il a lâché Sierski
44:22et ce que je vous propose,
44:23c'est d'écouter Zelensky
44:24qui en parle justement.
44:28J'ai décidé que le nouveau commandant
44:30en chef des forces armées d'Ukraine
44:32serait Mirailo Drapati.
44:34Avec Mirailo,
44:35Yevgen Khmara,
44:37et Pavlo Palissa,
44:38nous avons déterminé
44:39comment devait être renouvelée
44:41la configuration
44:42de l'état-major général
44:43des forces armées d'Ukraine.
44:44Le fait est
44:45qu'Alexander Sierski
44:46a assuré les résultats
44:48de l'Ukraine
44:48dans la défense de Kiev
44:49lors de l'opération offensive
44:51de Kharkiv
44:52et de l'opération de Kursk.
44:53Un chemin considérable
44:55a été parcouru.
45:02Alors évidemment,
45:03c'est un peu surprenant
45:04parce que quand on a
45:05un chef de guerre
45:06qui conduit son propre pays
45:07à la victoire
45:08comme Zelensky
45:09tend à le raconter,
45:11on ne le suspend pas.
45:12Bien sûr.
45:13Et ça, ça veut dire
45:13à contrario
45:14que c'est un affaiblissement
45:15énorme de Zelensky
45:17parce qu'il a été obligé
45:18de prouver
45:18à ses sponsors occidentaux
45:22que non, non, non,
45:23qu'il était capable
45:25de faire le ménage
45:25dans son système
45:26de corruption.
45:27Mais ça va aussi
45:28le fragiliser sur le front
45:29parce que je ne sais pas
45:32qui est le nouveau chef
45:33d'état-major des armées,
45:34mais il change à la fois
45:35le ministre de la Défense
45:36et le chef d'état-major des armées.
45:39Ça va se traduire
45:40par des ordres
45:44contradictoires
45:44ou mal foutus
45:45et par un affaiblissement
45:49de l'armée ukrainienne.
45:50Donc, à mon avis…
45:51– C'est une raison que Fedorov,
45:52donc le ministre de la Défense
45:54qui l'a limogé,
45:56lui était très en pointe
45:57sur les questions high-tech,
45:58justement,
45:59et tout particulièrement
45:59les drones.
46:00Donc, il accompagnait
46:01assez bien ce point fort ukrainien,
46:04même s'il tend
46:05à être rejoint par la Russie.
46:06– Mais je pense
46:06que ce n'était pas ça
46:07la vraie raison.
46:08La vraie raison,
46:09c'était qu'il n'était pas
46:10dans le système de corruption
46:11et il a voulu s'y opposer.
46:13Et je pense que c'est ça
46:14la raison.
46:15Parce que sinon,
46:16si simplement il était populaire
46:18parce qu'il a envoyé
46:19des drones,
46:20le pays,
46:20ce ne serait pas
46:21le lever en masse
46:22pour le défendre.
46:22– Bien sûr.
46:23– Et ils se lèvent en masse
46:24parce qu'ils savent
46:24qu'ils ont à la tête de l'État
46:25un type dont…
46:26Je rappelle que
46:28Julia Mendel,
46:29qui était donc
46:31son ancienne porte-parole
46:32qui avait été
46:36interviewée
46:36par le journaliste américain,
46:39Tucker Carlson,
46:40a dit que le pays
46:41avait trois pôles.
46:44L'un, c'était
46:45le déni de réalité.
46:48Puisque, en fait…
46:49Et, je rajoute,
46:50la destruction
46:51de toutes les opportunités
46:54de paix,
46:55puisqu'elle a dit
46:56qu'il y avait eu
46:56sept ou huit opportunités
46:57de paix
46:58à différents moments
46:59qu'elle a rappelées
47:00dans l'interview
47:00et qu'à chaque fois,
47:02Zelensky s'était arrangé
47:03pour casser ça,
47:05qu'on fère,
47:06plus ça dure,
47:07plus je m'en mets
47:07dans les poches.
47:08– Zelensky accompagné,
47:10parce qu'on se rappelle
47:11très bien
47:11que la première proposition
47:13de paix,
47:13elle a été sabordée
47:14par les Britanniques.
47:15– Oui, tout à fait,
47:15tout à fait,
47:16bien d'accord,
47:17accompagné.
47:17– C'est comme Nord Stream,
47:18maintenant,
47:18les Ukrainiens ont bon dos.
47:20– C'est ça,
47:20oui, oui, tout à fait.
47:21Le deuxième,
47:22c'était la corruption,
47:24elle l'a dit,
47:24et le troisième,
47:25c'est comme elle l'a rappelé,
47:26que chaque fois
47:27que Zelensky
47:27a un rendez-vous important,
47:29il va passer un quart d'heure
47:30dans les toilettes.
47:31Voilà.
47:32elle le dit ça,
47:33et elle dit que la drogue,
47:35ça fait partie du système.
47:37Donc voilà,
47:38les trois piliers.
47:39Je ne pense pas
47:40qu'un pays,
47:41même s'il est soutenu
47:42de l'extérieur,
47:43armé de l'extérieur,
47:44financé de l'extérieur,
47:46avec les services secrets
47:48anglais, américains
47:49qui ont largement pris la main
47:50sur tout ce qui se fait
47:52comme ça a été démontré
47:54récemment,
47:55un régime comme ça
47:56ne peut pas s'en sortir
47:58très longtemps,
47:58à mon avis.
47:59– Alors récemment,
48:00justement des discussions
48:01devaient avoir lieu
48:02aux Philippines,
48:04une fois n'est pas coutume,
48:05c'est Marco Rubio
48:06qui a rejoint
48:07Sergeï Lavrov,
48:08donc là,
48:08on voit que Zelensky,
48:10lui,
48:11il est resté à Kiev,
48:12donc il n'était pas convié.
48:14Il n'en reste pas moins
48:15que le rendez-vous
48:16a duré visiblement
48:1837 minutes,
48:19donc on imagine
48:20que ce n'est pas suffisant
48:21pour régler la paix
48:22et au contraire
48:22que les Russes
48:23sont partis plutôt agacés
48:25de cette affaire
48:26disant qu'ils ne souhaitaient
48:27plus vraiment négocier.
48:29– Je pense que
48:31il y a une chose
48:32aussi que les gens
48:33ne comprennent pas,
48:34c'est qu'en fait
48:35Zelensky et Poutine
48:37s'entendent très bien
48:38sur un aspect,
48:41l'aspect
48:41c'est de se donner
48:43du temps
48:43mutuellement.
48:45Zelensky a besoin
48:46de temps
48:47de la part de Poutine
48:48parce que plus ça dure,
48:49plus il s'enrichit.
48:51Lui et ses sponsors
48:53occidentaux,
48:54parce que la raison
48:55pour laquelle on ne parle
48:56pas trop de corruption
48:56alors qu'elle est gigantesque
48:58et qu'on ne rentre pas
48:59dans les détails,
48:59c'est que dès qu'on
49:00entrera dans les dossiers
49:01de corruption,
49:02on parlera
49:03des rétro-commissions,
49:05c'est-à-dire
49:05des sponsors américains
49:08occidentaux
49:08qui s'enrichissent,
49:09y compris les Européens.
49:11Oui, bien sûr.
49:12Donc ça, on en parle.
49:13Pour être corrompu,
49:13il faut être deux.
49:14Voilà, c'est ça.
49:15Et donc,
49:16on n'en parle pas trop
49:17et l'autre raison,
49:19c'est que Poutine
49:21a besoin de Zelensky
49:23parce que comme Poutine
49:24veut terminer
49:25son œuvre de conquête
49:27et qu'il doit la faire
49:28lentement
49:30pour différentes raisons,
49:32d'abord parce qu'il ne fait
49:33pas la guerre qu'à l'Ukraine
49:34mais à l'ensemble
49:35de l'Occident
49:35et c'est une guerre
49:36de dévitalisation
49:39où en fait
49:40il vide l'Occident
49:41de toutes ses forces
49:44financières,
49:45économiques,
49:46militaires
49:47et politiques.
49:49Donc,
49:49il a besoin
49:50de faire une guerre
49:50très très lente
49:51plus encore
49:53que des échecs.
49:55C'est un jeu de go
49:56qu'ils sont en train
49:57de faire ces pays-là.
49:58L'Iran,
49:59la Russie
50:00et la Chine derrière.
50:02Donc,
50:02c'est une guerre
50:03d'étouffement
50:04de l'Occident
50:05et ils y parviennent
50:06d'une façon extraordinaire.
50:07Donc,
50:08Poutine a besoin
50:09de temps
50:10et quoi de mieux
50:11que d'avoir
50:11Zelensky en face
50:12de lui
50:13qui à chaque fois
50:14qu'on lui dit
50:14est-ce que vous êtes
50:15prêt à négocier
50:15il dit moi je veux bien
50:16négocier
50:17à condition qu'on me rende
50:18la totalité
50:19de mon territoire.
50:21Ça n'appelle pas
50:21une négociation.
50:22Donc,
50:22en fait,
50:23il se rend de service
50:25quelque part.
50:26Donc,
50:26ça veut dire quoi ?
50:27Ça veut dire qu'en fait
50:28Zelensky
50:28il n'a aucune intention
50:29de négocier.
50:30Il partira le jour
50:31où on le mettra dehors
50:32à coups de pieds
50:32dans les fesses
50:33et il fera bien attention
50:34de ne pas se faire tuer
50:36parce que
50:37c'est les gens
50:38autour de lui
50:39la Camarilla
50:40à qui il redistribue.
50:42Ils disent
50:42t'es bien là
50:43tant que tu payes
50:43le jour où tu payes
50:45plus gare à toi.
50:46C'est ça le discours
50:47qu'il doit entendre
50:47à mon avis
50:48trois fois par jour.
50:49Et puis,
50:51c'est clair.
50:52Et puis,
50:52d'un autre côté,
50:53Poutine a en face de lui
50:54un gars qui lui dit
50:55non,
50:55non,
50:56non,
50:56non,
50:56non.
50:56Donc,
50:57lui,
50:57il continue
50:59contre vents et marées
51:00jusqu'à réussir
51:01son opération d'annexion.
51:03À ce moment-là,
51:03il dira
51:03bon,
51:04les gars,
51:04est-ce que je vais
51:05jusqu'à Odessa
51:06ou est-ce que vous
51:07m'accordez
51:08et vous me donnez
51:08tout ce que j'ai ?
51:09Voilà.
51:10Et aujourd'hui,
51:11à mon avis,
51:12compte tenu
51:13de la chute
51:15de Konstantinovka,
51:16de la chute prochaine
51:18de Krasnijman,
51:19de la chute de Kupiansk,
51:21on s'achemine
51:23inéluctablement
51:23vers une annexion
51:25de Slaviansk et Kramatorsk
51:27qui est l'objectif
51:29affiché par les Russes
51:30depuis le premier jour
51:32de la guerre,
51:33je rappelle.
51:34On y va.
51:35Si on regarde
51:36ces crises
51:37dont on vient de parler
51:38tout au long
51:38de cette émission
51:39de façon globale,
51:41de façon rassemblée,
51:42allez-je dire,
51:43ce qu'on voit,
51:44c'est ce que vous nous avez
51:44expliqué globalement,
51:45c'est que cet Occident
51:47qui entend encore
51:47dicter sa loi
51:48sur un Sud global
51:51qui est désormais
51:52extrêmement résilient,
51:53sinon aussi puissant
51:54que l'Occident,
51:56eh bien,
51:56c'est terminé.
51:57Ah ben,
51:58c'est complètement terminé.
51:59Moi,
52:00je dirais que
52:01si on regarde un peu,
52:02on prend un espèce
52:03de prendre un peu
52:04de hauteur
52:04et qu'on se dit
52:05comment tout ça,
52:05ça peut aller tourner.
52:07moi,
52:08quand je vois
52:08le pompier pyromane,
52:10comme vous dites,
52:12mais pas seulement
52:12un pompier pyromane,
52:14s'il se débrouille
52:16peut-être bien
52:17en soufflant
52:17le chaud
52:18et le froid
52:19en interne,
52:20de telle sorte
52:21qu'on ne sait pas
52:21comment le prendre
52:22et de telle sorte
52:24aussi que,
52:25vous avez vu,
52:25ses copains ont
52:26deux ou trois millisecondes
52:28avant les autres
52:29pour prendre
52:29les bonnes options
52:30à la bourse
52:31par rapport à ceux
52:32qui ne l'ont pas.
52:32Vous avez vu ça ?
52:33Il vend ses informations
52:37à 100 000 dollars
52:40le ticket.
52:41Donc,
52:42il ne s'oublie pas
52:43dans cette affaire
52:44ni lui,
52:44ni ses enfants,
52:46ni Jared,
52:47ni Vytkopf
52:48et les autres.
52:49Donc,
52:50bon,
52:50il y a aussi ça
52:51chez Trump,
52:52il ne faut pas oublier ça.
52:53Et Poutine l'a très bien compris
52:55d'ailleurs
52:55parce qu'il lui a mis
52:56dans les pattes
52:56un type qui s'appelle
52:59Kirill Dmitrieff
53:00qui est un copain
53:02de Jared
53:03depuis 2015
53:04et qu'il a nommé
53:06dès que Trump est arrivé.
53:07Un mois après,
53:08Poutine a pris
53:09Kirill Dmitrieff
53:10qui était le correspondant
53:12de Goldman Sachs
53:13en Russie.
53:14La seule banque
53:15autorisée à travailler
53:16en Russie
53:16pendant la guerre
53:17des Goldman Sachs
53:18c'était Kirill Dmitrieff
53:19qui en était.
53:19Il l'a nommé
53:20comme conseiller spécial.
53:21Donc,
53:22ça veut dire
53:22mon ami Donald
53:25ne t'inquiète pas,
53:26il a dû lui dire
53:27que ça en Corrèche,
53:28le jour où la paix sera ferme,
53:30tu ne seras pas oublié
53:31ni toi,
53:32ni tes enfants,
53:33ni tes copains.
53:33Donc,
53:34ils sont prêts.
53:36Donc,
53:37c'est une grosse affaire dessous.
53:39C'est de toute façon
53:40une grosse affaire dessous.
53:41Mais ce que je veux dire,
53:42c'est que
53:44si Trump
53:46se débrouille mal,
53:47se débrouille peut-être bien
53:49sur le plan interne,
53:50par contre,
53:52le monde entier
53:53qui observe
53:54la façon
53:55dont il dit
53:55blanc
53:56le matin
53:57et noir le soir,
53:58il a perdu son crédit
54:01d'une façon
54:02incroyable.
54:03Donc,
54:04le Titanic
54:05coule beaucoup plus vite
54:07que ce qu'on pourrait penser.
54:08Et en face,
54:09vous avez un gros iceberg
54:11sur lequel il y a écrit
54:12China.
54:13C'est ça
54:14qu'il faut bien voir.
54:15Donc,
54:16le Titanic
54:16coule beaucoup plus vite.
54:18Or,
54:18ça,
54:18c'est mauvais
54:19pour la paix du monde.
54:20Parce que
54:21le pire
54:23dans les systèmes
54:25politiques,
54:26c'est l'absence
54:27de pouvoir.
54:29voilà,
54:29c'est ça.
54:30Et ce qui manque
54:32le plus,
54:33et c'est à ça
54:33que je voulais venir,
54:34c'est l'Europe.
54:35Si l'Europe,
54:36l'Europe,
54:37le cœur
54:38du système
54:39politique mondial,
54:40c'est l'Europe.
54:41C'est l'Europe
54:41qui a créé
54:42les Etats-Unis.
54:43C'était.
54:45Au départ,
54:46historiquement parlant.
54:47Historiquement parlant.
54:48C'est l'Europe
54:49qui a sourcé,
54:50je dirais,
54:51toutes les théories
54:53politiques,
54:54les systèmes politiques,
54:56les systèmes sociaux.
54:57C'est le christianisme
54:58pour dire la vérité.
54:59En fait,
55:00c'est ça.
55:01Et il y avait
55:02une époque
55:02avant que les Américains
55:04ne cassent
55:05tout ce système
55:06où tout
55:08l'environnement
55:09en particulier
55:12qui était
55:13l'environnement
55:14proche oriental
55:16et d'Afrique du Nord,
55:17c'était que
55:18des socialistes.
55:19Il y avait
55:20Bourguiba,
55:21il y avait
55:22Nasser
55:23d'une certaine façon,
55:24il y avait
55:27le Pakistan
55:28était socialiste.
55:29Ce sont les Américains
55:30qui ont cassé ça
55:32pour faire revenir
55:33au pouvoir
55:34des radicaux
55:35de façon
55:36à sortir
55:37les soviétiques
55:39du jeu.
55:40Ce sont les Américains
55:41qui ont cassé ça.
55:42Mais derrière
55:43cette socialisation
55:44de tous ces pays musulmans,
55:47il y avait
55:47une espèce
55:47de fascination
55:48pour le système européen.
55:50Voilà.
55:51Donc,
55:52ils sont au cœur.
55:53Si cet ensemble
55:54n'existe plus
55:55politiquement
55:56et s'enfonce,
55:57c'est un danger
55:58pour la paix du monde
55:59qui est,
56:00à mon avis,
56:01énorme.
56:02Parce qu'il n'y aura
56:02plus de dialogue possible.
56:04On voit que
56:05le système
56:07anglo-saxon
56:07n'est pas un système
56:08de dialogue.
56:10Bien que Trump,
56:12aujourd'hui,
56:12soit plutôt étonnant
56:14dans sa faculté
56:15de parler à tout le monde,
56:16mais ce n'est pas
56:18tellement wasp
56:19ça comme système.
56:19Si je peux me permettre,
56:20et on va conclure,
56:21François Martin,
56:21ce que vous expliquez,
56:23c'est exactement
56:23ce qui se passe,
56:24puisqu'on voit
56:25ces dernières années
56:26l'Europe sans cesse
56:27perdre du crédit
56:28sur le niveau géopolitique,
56:30et on voit
56:31une résurgence
56:32de conflits
56:32absolument incommensurable.
56:34Oui, oui,
56:34tout à fait,
56:35tout à fait.
56:36Mais en même temps,
56:37regardez,
56:37j'ai fait juste
56:38une petite liste,
56:39je vais vous le dire
56:40très vite,
56:42du fait que,
56:44malgré ça,
56:45à mon avis,
56:45le vent tourne.
56:46Trump ficelé
56:47par le Congrès,
56:48vous en avez parlé.
56:49Trump piégé
56:50par les Iraniens,
56:51on en a parlé.
56:52Tous ces signes-là,
56:53si on les met bout à bout,
56:55ce sont des signes
56:56qui vont dans le sens
56:57d'une désescalade,
56:58d'une certaine façon,
56:59et d'un affaiblissement
57:02très important
57:04du Nord.
57:05C'est ça que ça veut dire.
57:07Eh bien,
57:07c'est ce que je retiendrai,
57:08c'est une vision
57:09relativement optimiste
57:10de la situation.
57:11C'est très bien
57:12pour finir cette saison,
57:13en tous les cas.
57:13Je vous remercie beaucoup,
57:14François Martin,
57:15d'être venu
57:15à nouveau
57:16au samedi politique.
57:18Je rappelle que
57:18tous vos ouvrages
57:19sont encore disponibles
57:20sur la boutique de TVL,
57:21sur tvl.fr.
57:23Merci à tous
57:24de nous avoir suivis,
57:25non seulement aujourd'hui,
57:26mais pendant toute cette année.
57:28J'espère que le samedi politique
57:30vous plaît toujours,
57:31que nous vous apportons
57:32les réponses
57:33à vos questions.
57:34N'oubliez pas d'écrire
57:35dans les commentaires,
57:36justement,
57:36si vous avez des suggestions,
57:38des sujets à aborder,
57:39des invités à présenter.
57:42N'hésitez pas,
57:43vous savez que je lis
57:43les commentaires.
57:44et puis je vous souhaite,
57:46si l'on ne se voit pas
57:47d'ici là,
57:47de très bons congés estivaux
57:49si vous pouvez en prendre.
57:51À bientôt,
57:51chers amis.
57:52Rendez-vous en septembre.
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