- il y a 2 jours
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Nous allons maintenant vous donner nos dernières informations concernant l'affaire Jubilard avec Pauline Reunin, chef du service police justice
00:07de BFM TV.
00:08Parce qu'on a eu accès aux aveux de Cédric Jubilard. Il a raconté à la justice ce qu'il
00:15a fait cette nuit-là lorsqu'il a tué son épouse.
00:18Rappelons d'ailleurs, mais ce sera dans un deuxième temps, que son procès qui devait avoir lieu en septembre finalement
00:22a été repoussé à l'année prochaine.
00:24Mais tout d'abord, que dit Cédric Jubilard à la justice ? Qu'a-t-il fait ce soir-là
00:28?
00:28Voilà ce que dit Cédric Jubilard devant la magistrate qu'il a entendue le 15 juillet dernier.
00:32Et ce sont nos confrères du Parisien qui donnent l'information, donc on est en mesure de vous confirmer que
00:36Cédric Jubilard reconnaît bien les faits.
00:38Il reconnaît être l'auteur de la disparition de son épouse.
00:41Ça serait un premier point.
00:42Et puis, il va détailler, et très précisément, dans la nuit du 15 au 16 décembre 2020, je me suis
00:46couché vers 22h30, explique-t-il.
00:48Le petit Louis et Delphine sont venus me faire un câlin dans mon lit et je me suis endormie.
00:54Je dormais mal depuis quelque temps, dit-il. Je me réveillais souvent la nuit.
00:58Et puis, j'allais fumer, j'étais stressée parce qu'à ce moment-là, vous souvenez-vous, il parlait déjà
01:03de divorce avec sa femme Delphine.
01:05Et ce soir-là, il explique qu'il s'est réveillé en pleine nuit, plutôt vers 1h, 1h30, ce qui
01:09n'était pas forcément la datation qu'on avait.
01:12Et il dit qu'il ne peut pas être plus précis, mais qu'il est allé dans le salon, que
01:15Delphine lui a tout de suite dit « Qu'est-ce que tu fous là ? »
01:19Et là, « Qu'est-ce que ça peut te foutre ? » lui a-t-il répondu « Comme
01:22on a demandé le divorce, je n'ai plus de compte à te rendre ».
01:24Et là, en fait, visiblement, ça devient très conflictuel.
01:27Elle lui montre son téléphone, elle le montre à Cédric Jubilard, explique-t-il.
01:32Il a l'impression que c'est une photo d'elle un peu sexy, il n'a pas bien vu
01:35exactement ce qu'il y a sur le téléphone.
01:37Mais ça part en insulte, explique-t-il, et elle lui dit « Tu n'es qu'une merde, pardon
01:41pour le mot, un toxico de merde.
01:44Je fais bien de me barrer, personne ne voudra de toi. »
01:46Et c'est sur ces mots-là qu'il commence, c'est ce qu'il avait dit à sa défense,
01:50à dégoupiller.
01:51« Elle dit quelque chose qui m'a fait péter les plombs, détaille-t-il.
01:54Maintenant, je peux te l'avouer, j'en ai trouvé un qui fait mieux l'amour que toi. »
01:58Souvenez-vous, à ce moment-là, Delphine Jubilard a déjà une liaison avec un homme.
02:02« Je voulais qu'elle se taise, » dit Cédric Jubilard.
02:05« Je l'ai attrapée par le cou, je l'ai serrée, je lui disais « Tais-toi. »
02:09« Je regardais mes pieds car je ne voulais pas croiser son regard. »
02:12« Elle est tombée inerte. »
02:13C'est le récit, donc, d'un étranglement.
02:16« Il m'a fallu quelques instants pour réaliser que je venais de tuer la mère de mes enfants. »
02:21Ajoute Cédric Jubilard.
02:22« Je suis en panique et je suis tétanisée. »
02:24Voilà le récit qu'il donne à la magistrate la semaine dernière,
02:28lorsqu'il est entendu sur les faits.
02:30Et c'est important parce que c'est la première fois qu'on peut poser des mots si précis
02:34et qu'on comprend donc qu'il a essayé, dans un rapport très conflictuel
02:40et sur fond d'insultes, de la faire taire.
02:42Il a répété plusieurs fois « Je voulais qu'elle se taise, je voulais qu'elle se taise. »
02:46Je lui répétais plusieurs fois « Tais-toi. »
02:48Et ça, ces mots-là, effectivement, ils sont épouvantables, abominables, effroyables.
02:51Je n'ai pas de qualificatif.
02:52– Général Moral, vous venez d'écouter le récit que fait Pauline Reuvena.
02:57Donc, pour Cédric Jubilard, il y a eu cet étranglement.
03:00C'est comme ça qu'il a tué sa femme.
03:02Alors, a priori, si je comprends bien, ils étaient tous les deux debout quand ça s'est produit.
03:08Je posais la question directe.
03:10Comment, enfin, combien de temps peut tuer quelqu'un lorsqu'on l'étrangle ?
03:13Ça dure combien de temps ?
03:15– Ça dépend de votre force.
03:18En fait, vous avez dans le larynx un os qui se brise facilement, si vous voulez,
03:25à partir du moment où on exerce une pression très importante.
03:28C'est d'ailleurs ce que recherchent les légistes
03:29quand ils essayent de constater qu'il y a eu un étranglement.
03:36Ça semble retomber aussi, vous savez, il s'est vanté à plusieurs reprises de l'avoir étranglé.
03:42Il l'a même mimé à une de ses visiteuses de prison.
03:47Donc, en fait, dans ses aveux, il reprend un peu ce dont il s'était vanté,
03:52puisqu'il s'était vanté de ça.
03:54Il avait même menacé cette jeune femme de lui faire subir le même sort si elle le trompait.
04:01– Si on comprend, si on suit son récit, c'est sous le coup de la colère.
04:05C'est-à-dire qu'il y a une dispute, elle lui dit quelque chose qui provoque ce geste.
04:10Elle parle de son amant qui ferait mieux l'amour que lui.
04:13Et en fait, il laisse entendre qu'il a pété un câble et qu'il l'a tué.
04:19– Le seul problème, c'est que ce n'est que du déclaratif.
04:20– Oui, voilà, c'est ce que je veux dire.
04:21– Ce ne sont que ses éléments à lui.
04:23– C'est sa version des faits.
04:24– Et évidemment, il faudrait les confronter à des éléments du dossier.
04:26– C'est sa version des faits.
04:26Est-ce que les ossements qu'on a retrouvés pourront confirmer ou non
04:30l'étranglement à ce qui s'est passé ?
04:32– Non, non, pas du tout.
04:33Malheureusement, si vous voulez, comme on l'a dit depuis quelques jours,
04:38vu ce qui a été retrouvé à l'occasion de ces recherches,
04:43on est sur deux os du fémur.
04:46– Ce champ dans lequel il a balancé son épouse
04:50a été travaillé plusieurs saisons par un agriculteur
04:55avec des machines agricoles qui peuvent détruire des os
05:01et on ne pourra pas faire de constatation.
05:04Si vous voulez, le larynx ne pourra pas être retrouvé.
05:06Par exemple, l'os qu'il y a dedans non plus.
05:09La boîte crânienne, si elle était retrouvée,
05:11elle serait extrêmement dégradée.
05:14Donc je pense qu'il ne faut pas avoir d'espoir là-dessus.
05:16Donc on va se baser sur le récit de Cédric Jubilard
05:20qui est le seul, ce soir-là, à insister à ce qu'il a fait.
05:25Les enfants dormaient, il n'y a pas d'autres témoins.
05:27– Ce que je voudrais préciser, c'est que ces mots à lui,
05:30c'est du pur déclaratif.
05:32Je voudrais aussi rajouter que c'est grâce à Mathias Tesson
05:34qu'on a accès à ces déclarations ce soir,
05:37qui sont épouvantables, qui font froid dans le dos, etc.
05:39Mais qu'il faut quand même garder la mesure
05:40parce qu'effectivement, c'est unilatéral.
05:42Il n'y a pas de témoin et on ne va pas réussir
05:44à le confronter matériellement aux autres éléments du dossier.
05:47– Maître Tomasini nous a rejoint.
05:49Bonsoir.
05:50– Bonsoir.
05:50– Vous avez entendu le récit,
05:52ce qu'a raconté Cédric Jubilard à la justice
05:55lorsqu'il a fait ses fameux aveux.
05:57Il a raconté cette nuit-là, il se réveille,
05:59sa femme est là et très vite, ça part en conflit
06:02avec des mots durs, échangés.
06:05Et puis sa femme qui lui dit
06:07« J'ai rencontré quelqu'un qui fait mieux la mort que toi »
06:10qu'il le traite de toxico, qu'il l'insulte.
06:14Et là, visiblement, lui, il sort de ses gonds et il l'étrangle.
06:18Bon, c'est son récit.
06:21– Mais de toute façon…
06:22– Est-ce que pour vous, c'est crédible ?
06:24– Oui, c'est tout à fait crédible.
06:26– C'est tout à fait crédible que…
06:29Alors, c'est la théorie et les arguments classiques
06:33des auteurs de féminicides.
06:35C'est-à-dire que vous voyez bien qu'il est en train
06:37de livrer un scénario où elle l'a poussé à bout, ce pauvre homme.
06:44Il a eu un geste paroxystique, de fureur,
06:52parce que son égo d'homme viril en a pris un coup.
06:57Dès qu'on parle de performance sexuelle, ça les rend fou.
07:03– J'ai trouvé quelqu'un qui fait mieux l'amour que toi.
07:04– Voilà.
07:05– C'est ça qui fait basculer selon vous ?
07:07– Toujours.
07:08– Toujours.
07:08– Toujours.
07:09Quand on parle d'impuissance à un homme,
07:13de problématiques sexuelles,
07:16très souvent, dans les affaires de féminicides,
07:19c'est le déclic du passage à l'acte.
07:21– J'ai dégoupillé, avait-il dit à sa défense.
07:23C'est exactement ça, le basculement ?
07:25– Oui, il a dégoupillé, c'est-à-dire qu'il sort de ses gonds.
07:29Il n'est plus dans une possibilité de raisonner
07:37humainement, comme vous et moi.
07:38– Après, il dit qu'il dormait très peu,
07:41il était stressé, on sait qu'il fumait du cannabis,
07:45donc il n'était peut-être pas dans un état non plus tout à fait serein.
07:48Il était en train de tout perdre.
07:49Au-delà de cet amant et de cette provocation,
07:55selon lui, de sa femme,
07:56c'est quelqu'un qui va tout perdre.
07:58Il ne travaille plus, il prend l'argent de sa femme pour acheter sa drogue.
08:01– Il sent surtout que sa femme est en train de lui échapper.
08:03– Sa femme va lui échapper, et il va tout perdre.
08:05Elle va perdre la maison, il va perdre sans doute la garde des enfants.
08:08– C'est vrai que Delphine, pour lui, c'était la lumière,
08:12j'allais dire, dans les ténèbres.
08:15Parce que sans Delphine, il n'était rien.
08:18Je crois qu'il y avait une problématique aussi financière
08:20par rapport à la maison.
08:22Elle s'occupait parfaitement de ses enfants.
08:25Lui ne faisait rien.
08:27– Il a même été décrit comme étant violent avec ses enfants,
08:30avec son fils notamment.
08:31– Oui, exactement.
08:32Donc oui, il perdait tout.
08:34Mais vous savez, c'est assez habituel.
08:37Moi, je ne suis pas surprise.
08:39– Pardon, mais ça rappelle l'affaire Daval.
08:41– Exactement.
08:41– Ça rappelle les rapports dans le couple Daval.
08:44– Il y a des échos.
08:45– Oui, bien sûr, ça rappelle l'affaire Daval,
08:47parce que dans ce dossier également,
08:50il y avait une problématique de virilité concernant M. Daval,
08:56puisqu'il y avait aussi cet enfant.
08:58– Sa femme l'accusait d'être impuissant.
09:00– Absolument, cet enfant qu'elle voulait avoir
09:03et le fait qu'il n'arrivait pas à lui faire cet enfant.
09:07Donc on a encore ce ressort-là
09:09qui entraîne ce questionnement sur la virilité de ces hommes
09:15qui peut entraîner ce type de passage à l'acte.
09:19Après, sur ces déclarations,
09:22elles sont assez contradictoires malgré tout
09:25avec les éléments de langage de la défense.
09:28– C'est-à-dire ?
09:28– Parce qu'on avait supposé
09:31qu'ils allaient évoquer la thèse des violences volontaires
09:35ayant traîné la mort sans intention de la donner.
09:37– C'est-à-dire ?
09:38– Or, là, avec ces révélations de passage à l'acte d'étranglement,
09:43on n'est plus du tout là-dedans.
09:44– C'est-à-dire ? Là, il ne peut pas dire
09:46que vous ne l'avez pas la tuée ?
09:48– En aucun cas.
09:49Un étranglement, ce ne sont pas des violences volontaires
09:52ayant traîné la mort sans intention de la donner.
09:55Là, on est, d'une manière très caractérisée,
09:58dans un passage à l'acte d'homicide.
10:01D'homicide, donc d'acte volontaire.
10:05– Même s'il dit « je voulais la faire taire ».
10:08– Non mais attendez, ça c'est dans sa tête.
10:10– C'est symbolique.
10:12Je voulais la faire taire, effectivement.
10:15Alors là, tout à fait.
10:17symboliquement, ces hommes qui étranglent,
10:19ils veulent faire taire ces femmes.
10:21– Et là, du coup, définitivement ?
10:22– Et définitivement.
10:23– Donc pour vous, il ne pourra pas plaider la dispute
10:26qui a mal tourné ?
10:27– Non, non, non, mais c'est totalement impossible.
10:29– C'est un homicide.
10:29– C'est un homicide caractérisé,
10:31parce qu'encore une fois, il faut savoir
10:33qu'un homme qui étrangle une femme,
10:36ça met quatre minutes minimum pour arriver à faire taire définitivement cette femme.
10:44Par ailleurs, il la voit mourir.
10:46– Il dit d'ailleurs « je me souviens que je regardais mes pieds
10:49car je ne voulais pas croiser son regard ».
10:51– Regarder ses pieds…
10:53– Il ne voulait pas affronter son regard.
10:56– Oui, mais vous savez que ce n'est même pas un regard,
11:00parce qu'à un moment donné, lorsqu'il y a étranglement,
11:05il y a une des caractéristiques qui sont les pétéchis sur les paupières,
11:09c'est-à-dire que ça éclate, les vaisseaux éclatent.
11:12Donc en réalité, ils ont tout le temps, ces hommes-là, de s'arrêter.
11:17– Oui, de se rendre compte qu'ils vont trop loin.
11:19– On peut potentiellement avoir envie de faire taire quelqu'un,
11:23mettre ses mains autour de son cou,
11:25mais à un moment donné, quand on la voit suffoquer,
11:28parce que c'est ça, et quatre minutes, ça vous paraît peut-être court,
11:34mais c'est très très long.
11:36Donc non, c'est un homicide, et j'irai même plus loin,
11:40parce que je réfléchissais à cela en venant sur votre plateau,
11:47et en réalité, on s'aperçoit que ces déclarations sont conformes
11:53à ce qu'il avait révélé à sa compagne Jennifer,
11:59– Qui avait parlé d'étranglement.
12:01– Qui a parlé d'étranglement,
12:02qui a parlé d'un terrain à quelques kilomètres de la résidence de Julliard.
12:08– En fait, il avait déjà tout avoué à Jennifer.
12:09– Mais je vais dire plus, elle a quand même,
12:12et ça, ça m'avait interloqué,
12:14elle a quand même évoqué le fait qu'il n'y avait pas eu de dispute
12:19lorsqu'il avait fait cette clé de brin,
12:22et on peut imaginer, parce qu'il a pu y avoir une dispute,
12:26puisque Louis parle d'une dispute,
12:28mais potentiellement, l'acte, le passage à l'acte,
12:32n'est peut-être pas, voilà, n'est peut-être pas lié à cette dispute,
12:36parce que pour moi, il y a potentiellement préméditation,
12:41puisqu'on a découvert que le GPS a borné de sa voiture
12:48plusieurs jours, dix jours, avant qu'il ait enterré le corps
12:54dans le tas de fumier dans le terrain agricole.
12:57Donc globalement, ce qu'il a dit à Jennifer,
13:00c'était qu'il avait prévu tout de même de la tuer,
13:03et d'ailleurs, dans le dossier d'instruction,
13:06on a une phrase qu'il évoque et qu'il dit à sa mère,
13:11où il dit, de toute façon, je vais l'enterrer,
13:14on ne la retrouvera jamais.
13:15Justement, puisqu'on a la suite de ses aveux,
13:19c'est Mathias Tesson qui en fait le récit,
13:21sur ce qui s'est passé après.
13:23Donc il étrangle sa femme, il la tue,
13:26et ensuite...
13:27Et il se dit, il ne faut pas que les enfants voient leur mère.
13:30Donc il veut cacher le corps.
13:31Donc il veut cacher le corps.
13:32Alors, en fait, qu'est-ce qu'il fait ?
13:33Il la charge sur son épaule,
13:35il la met dans le coffre de la voiture, dit-il.
13:37Et la voiture est ouverte, il va rouler,
13:40récupérer d'abord les clés de la voiture
13:41qui sont dans le manteau de Delphine, pardon.
13:44Et ensuite, il dit, je ne savais pas où aller,
13:46je n'avais pas d'objectif précis,
13:48je me suis retrouvée sur cette route,
13:49mais je me suis souvenu avoir vu des monticules de terreau
13:52que j'avais vues avant dans le cadre d'un chantier.
13:54Vous vous souvenez qu'on se posait la question
13:55de la géolocalisation et de la préméditation ?
13:58Je me suis dit que j'allais la mettre là.
13:59Et donc il a évacué, répète-t-il, la terre avec les mains
14:04et il a utilisé cette sans-outil à main nue
14:08pour pouvoir la dissimuler dans ce terreau.
14:10Il a déposé le corps à cet endroit-là
14:12et il rajoute, je pensais qu'on pourrait vraiment la retrouver avant,
14:16je suis très étonnée que ça n'ait pas été le cas.
14:18Et ça, c'est aussi une expression de quelqu'un
14:21qui défie un peu les enquêteurs, si je puis dire.
14:23Ça, c'est mon commentaire.
14:25C'est un scénario cousu de fil blanc.
14:27Il déplace le corps parce qu'il ne veut pas que ses enfants le voient.
14:31Il avait tout à fait la possibilité d'appeler immédiatement la police,
14:36de couvrir le corps et le mettre dans un endroit,
14:39effectivement, pour que les enfants ne le voient pas.
14:42Mais je n'ai pas obligé d'imaginer tout ce scénario compliqué.
14:45– Attendez, ça n'a aucun sens.
14:47Et de surcroît, n'oubliez pas le pyjama panda,
14:50parce que ça, c'est un élément qui, moi, me choque.
14:53– Que quand les enquêteurs arrivent au petit matin,
14:55il s'est donc changé.
14:56– Mais attendez, il s'est évidemment changé, pour moi.
15:00– Il est en train de faire une machine.
15:00– Et ça, c'est mon interprétation.
15:03Comme on n'a retrouvé aucune trace de fumier dans la voiture,
15:08sur ses chaussures, sur ses vêtements,
15:10il est clair qu'il a emporté un change dans la voiture.
15:13Donc ça, si ce n'est pas de la préméditation,
15:16il a emporté un change dans la voiture.
15:17Et que les vêtements qui ont servi pour transporter le corps
15:21dans le fumier et grattés, il les a mis également dans le fumier.
15:25– Oui, la question est de savoir si tout ça a été prémédité ou non.
15:29Si on est finalement face à un assassinat.
15:32Parce que, Paul Conge, vous, vous êtes rendu sur place.
15:34Ce fameux champ où on a retrouvé une partie des ossements de Delphine Jubilard.
15:40La téléphonie est très importante dans cette affaire
15:42parce qu'on s'est aperçu que Cédric Jubilard avait été sur ce champ
15:48quelques jours plus tôt, c'est ça ?
15:49– Oui, en tout cas, il a été géolocalisé une dizaine de jours
15:52à proximité de ce champ grâce à son téléphone.
15:54Alors, est-ce que ça inclut automatiquement une préméditation là-dessus ?
15:57Il sera très certainement interrogé.
15:59Ce n'est pas forcément le cas.
16:00Mais en tout cas, de lui-même, il dit d'ailleurs qu'il s'était souvenu
16:04de ce monticule de terreau.
16:05Ça veut dire qu'il avait déjà aperçu ce champ,
16:08qu'il avait déjà aperçu ce monticule de compost.
16:10Et c'est vrai que pour y avoir été pendant plusieurs jours,
16:14cet endroit est très étonnant parce que…
16:15– Ça ressemble à quoi ?
16:16– Ça ressemble à, vous le voyez à l'image derrière vous,
16:18vous avez un champ avec une petite cabane en pierre
16:21et juste à côté, vraiment à 50 mètres, à 100 mètres,
16:23il y a une route départementale qui passe la D600.
16:25C'est une route quand même relativement fréquentée
16:27qui va jusqu'à Albi.
16:28Et puis, vraiment, en lisière du champ, au bord du champ,
16:31il y a une petite route de campagne qui passe,
16:32une route en bitume.
16:33Et puis, il y a un petit chemin à travers la forêt
16:35qui ne vend pas très long,
16:36qui permet d'accéder à l'arrière du champ,
16:38à l'endroit où les ossements ont été retrouvés.
16:40Donc, ce n'est vraiment pas un endroit à l'abri des regards.
16:43C'est un passage qui est fréquenté,
16:44en plus en pleine zone de chasse.
16:46Donc, c'est vrai qu'on t'y dit,
16:47je suis très étonné que ce n'ait pas été le cas
16:48qu'on retrouve son corps avant.
16:50On peut aller dans son sens.
16:52Parce que, pour le coup, c'est une zone qui était ratissée,
16:54qui était fréquentée.
16:56Et même, la dissimulation n'était pas forcément très sophistiquée.
16:59Donc, vous êtes en train de dire que s'il avait choisi un endroit,
17:02ce n'est pas forcément là,
17:04ce n'est pas l'endroit le plus discret
17:06et le plus impraticable pour cacher un corps.
17:09Non, ce n'est pas le plus discret.
17:10Mais en revanche, il a quand même bien dissimulé le corps
17:13et d'y avoir creusé un main nue dans un monticule de compost
17:15et d'y avoir dissimulé en dessous.
17:16Alors, le monticule de terreau, de compost,
17:18ça peut effectivement, disons...
17:20Accélérer la décomposition.
17:22Ça peut accélérer la décomposition.
17:22Ça peut aussi ramollir un peu le sol,
17:23ce qui permet de creuser un peu plus profond.
17:26Il y a aussi des animaux sauvages qui passent dans le coin.
17:28Il y a vraiment beaucoup de choses qui font que le corps,
17:29finalement, a pu échapper à la sagacité des enquêteurs.
17:32De précision, il y a un questionnement, du coup, sur les enquêteurs.
17:34Il explique qu'il s'est débarrassé du terreau
17:36qu'il avait sur les mains.
17:38Et il explique aussi qu'il s'est garé dans le champ.
17:40Donc, ça veut dire aussi qu'il y avait des traces de terre sur les pneus.
17:43Donc, ça, on en reparlera.
17:44Il donne aussi une autre indication sur le téléphone de Delphine,
17:47puisque la téléphonie est vraiment au cœur aussi de ses préoccupations.
17:50Il explique que quand il est rentré à la maison,
17:52il a vu le téléphone de Delphine, il l'a pris avec une paire de boots
17:55et le manteau qui lui appartenait.
17:58Et il a tout jeté, déclare-t-il, dans la poubelle d'un voisin,
18:01à 50 mètres de la maison.
18:02Ce téléphone, il n'a jamais été retrouvé.
18:04Donc, ça, c'est un questionnement aussi pour les enquêteurs.
18:06– Général Morel, est-ce que ça veut dire que l'enquête…
18:07– C'est du déclaratif, encore une fois.
18:08– Le fait qu'on n'ait pas trouvé le corps,
18:10alors que finalement, il n'était pas si caché que ça,
18:12est-ce que c'est une erreur de l'enquête ?
18:14– Non, parce que les enquêteurs s'étaient fixés,
18:16si vous voulez, à périmètre, en traçant des cercles
18:21sur une dizaine de kilomètres,
18:23qui est une, on va dire, une distance raisonnable
18:27pour rechercher dans un premier temps la personne qui avait disparu.
18:30Et ensuite, pour rechercher un corps,
18:35il faut bien se fixer une limite, si vous voulez.
18:38Il y a eu suffisamment de battues avec la population,
18:44des gendarmes, des militaires, tous les moyens ont été mis en œuvre,
18:49mais on ne peut pas, il faut bien délimiter une zone.
18:53Bon, après, sa version des faits, elle va être battue effectivement en brèche
18:59avec ses arguments où il a fait un espèce de…
19:03on pourrait considérer que c'est un prérepérage.
19:06Alors, s'il dit qu'il a fait un chantier là-bas,
19:08il faudra qu'il justifie qu'est-ce que c'était comme chantier,
19:10parce qu'il était plutôt décrit comme quelqu'un qui ne bossait pas.
19:13– C'est ça.
19:13– Donc, quelqu'un qui ne bosse pas,
19:15pourquoi il aura un chantier à cet endroit-là ?
19:17Il faudra qu'il aille jusqu'au bout de son raisonnement, si vous voulez.
19:22Quant au portable de Delphine qui aurait été mis dans une poubelle,
19:28bon, alors, soit il a pris la peine de l'éteindre
19:31et le portable ne l'émettait plus,
19:33soit ce portable, il a continué à émettre jusqu'au moment où il a été détruit
19:39et ça aussi, comme toutes les données téléphoniques, les GPS et tout ça,
19:44tout a été gelé, stocké et est en main des enquêteurs et de la justice,
19:51il y aura des recherches qui vont pouvoir être faites pour battre en brèche cette version.
19:57Enfin, sur un scénario tel qu'il le décrit, heureusement, dans la majorité des cas,
20:05comme le disait l'avocate, les gens téléphonent à la gendarmerie en disant
20:10« Bon, j'ai fait une connerie, je me suis battu avec ma femme, venez vite à la maison ».
20:16Oui, mais pour autant, la question de savoir, est-ce qu'il avait tout prémédité ?
20:20C'est-à-dire qu'est-ce qu'il avait prévu ce soir-là de tuer sa femme ?
20:24Première question.
20:25Deuxièmement, est-ce que finalement, il la tue parce qu'il y a cette dispute et il l'étrangle
20:30et puis derrière, il se dit « Bon, je vais essayer de ne pas me faire prendre,
20:33donc je vais imaginer qu'elle a disparu dans la nuit en laissant ses enfants,
20:37je vais cacher le corps ».
20:39Bon, donc là, il improvise quelque chose qui ne tient pas tellement la route.
20:41D'ailleurs, il a été condamné, rappelons-le, à 30 ans de prison en première instance.
20:45Bon, il y a deux scénarios possibles.
20:47Soit c'est quelqu'un qui a tout prémédité, donc ce soir-là, il dit « Je vais tuer ma
20:50femme »,
20:50il a repéré l'endroit où il allait cacher son corps et il a préparé ce scénario,
20:55ou ensuite, il la tue, il aurait pu se rendre tout de suite,
20:58mais il préfère tenter sa chance de s'en sortir.
21:01Quel scénario vous privilégiez ?
21:03Moi, je dirais finalement, peu importe, parce que juridiquement et pénalement,
21:09ça revient au même, c'est-à-dire qu'il y ait assassinat ou homicide,
21:15en l'état, on a déjà une circonstance aggravante qui est celle du concubinage.
21:21Donc, on est sur du perpétuité, quoi qu'on dise, ça ne change en rien sur le quantum de la
21:29peine,
21:29qui est assassinat, préméditation, on ne peut pas.
21:32Même quand il y a deux circonstances aggravantes,
21:35c'est-à-dire la circonstance aggravante de concubinage plus celle de préméditation,
21:40on a perpétuité, de la même manière que pour un homicide.
21:43Donc, ça ne change rien.
21:45Ce qui est plus grave, c'est l'appréhension de la personnalité de cet individu.
21:52C'est vrai que le fait qu'il ait prémédité son acte, qu'il ait menti de manière réhontée pendant
22:005 ans,
22:01très clairement, un jury populaire le condamnera au maximum.
22:06Vous avez entendu ce que disaient ses avocats ?
22:07Il était dans le déni parce que la pression, parce que ses conditions de détention,
22:13parce qu'il prenait des médicaments, il prenait des médicaments, il avait un traitement,
22:18donc tout ça pendant 5 ans et demi, visiblement l'a embrouillé,
22:21et qu'au bout de 5 ans et demi, c'est dit quand même pour mes enfants, il faut que
22:23je dise la vérité.
22:24Est-ce que ça, c'est crédible ?
22:25Pas du tout.
22:26Alors, vous parlez en plus à une avocate de parti civil.
22:30Moi, les circonstances atténuantes de M. Chubilar...
22:33On a même parlé de crimes passionnels dans la bouche de ses avocats.
22:36C'est insupportable.
22:36J'imagine que ça a dû faire réagir.
22:38Mais c'est insupportable.
22:39On est en 2026.
22:41On parle encore de crimes passionnels ?
22:43Moi, ce qui m'a beaucoup gênée dans la défense de ces nouveaux avocats,
22:47c'est les éléments de langage.
22:50Responsabilité dans la disparition de Delphine Chubilar.
22:55Mais quand est-ce que vous allez parler de féminicide ?
22:59C'est atténuer sans arrêt la responsabilité de leurs clients
23:03en parlant aussi des défauts de l'enquête ?
23:06Alors, avant les premiers, il n'y avait rien dans le dossier.
23:09Et maintenant les deuxièmes, l'enquête a été bâclée.
23:12C'est la responsabilité des encotards.
23:16C'est assez classique de la part d'avocats, vous le savez bien, ça.
23:18Il faut bien trouver des choses à dire.
23:20S'il vous plaît, un peu de décence dans ce dossier épouvantable pour les victimes.
23:27Et en même temps, ces avocats l'ont amené vers les aveux.
23:30D'ailleurs, lui, remercie ses avocats de l'avoir aidé dans ce chemin.
23:35Ses premiers avocats étaient persuadés qu'il était innocent.
23:37Mais parce qu'il a menti à ses avocats, il ne leur a jamais dit qu'il était coupable.
23:42Les avocats, qu'est-ce que vous voulez qu'ils fassent ?
23:45Quand vous avez un client qui vous dit « je vous jure, maître, je n'ai rien fait ».
23:50Pas autant qu'on le croit.
23:53Pas autant qu'on le croit.
23:54Après, c'est à l'avocat, effectivement, de savoir quelle stratégie de défense il va adopter.
23:59Mais là, très sincèrement, je ne connais pas mes confrères, les premiers avocats.
24:03Le maître Martin dit qu'elle croyait vraiment sincèrement qu'il était innocent.
24:08J'en suis certaine, ils l'ont défendu bec et ongle.
24:13Ils sont allés jusqu'au bout de leur possibilité pour innocenter.
24:16D'ailleurs, ils voulaient l'acquittement.
24:18Résultat, il était condamné à 30 ans.
24:19Du coup, avec ses nouveaux avocats, on va quand même vers la vérité.
24:23Et pour la famille et pour les enfants, on a retrouvé une partie du corps.
24:29Alors, on sait ce qui s'est passé, a priori, cette nuit-là.
24:34Dans ses mots à lui, pour l'instant, il faudra confronter aux éléments du dossier.
24:38Et c'est pour ça qu'on a besoin d'un procès en appel.
24:40Là, c'est flagrant.
24:41Oui, mais là, pour l'instant, on ne va rester que sur sa version.
24:43C'est-à-dire que personne ne pourra contredire cette version puisqu'il n'y a pas de témoin.
24:47Non, mais alors, si, on va confronter sa version à tous les éléments du dossier, bien évidemment.
24:54Et puis, on oublie que dans ce dossier, il y a forcément des expertises psychologiques et psychiatriques
25:01qui ont dit caractériser à l'évidence le profil de Jubilard,
25:05qui est un homme, et ça ressort de toute la phare, menteur, manipulateur, absolument pas crédible.
25:15Donc, sa version à lui, c'est une version, mais ce n'est certainement pas la vérité.
25:21Général Morel, ce qui est assez dingue dans cette histoire, c'est finalement que lui-même,
25:25il a raconté ce qu'il avait fait puisqu'il a parlé à sa nouvelle petite amie.
25:31Il avait raconté l'étranglement, le fait qu'il avait caché le corps,
25:36qu'on ne pourrait jamais le retrouver.
25:38Il s'était vanté de ce qu'il avait fait.
25:40Rappelez-vous qu'il en avait même parlé à sa mère en anticipation,
25:43avant même les faits, il avait dit à sa mère qu'il allait la tuer
25:48et qu'il allait l'enterrer et que personne ne la retrouverait jamais.
25:52Donc, déjà, ce scénario qui est déroulé maintenant,
25:56il l'avait évoqué avant la mort de Delphine,
25:59il l'a évoqué après la mort de Delphine.
26:02La démonstration qui fait maintenant tendance à laisser penser
26:06que c'est sûrement en partie le déroulé des faits.
26:10La seule différence, c'est effectivement comment ça s'est passé.
26:15Il n'y a pas de témoins, mais on s'en fout finalement,
26:18puisque maintenant, avec les éléments matériels qu'il y a,
26:23il va falloir qu'il s'explique sur la reconnaissance qu'il a faite de ce terrain.
26:28– Ça, c'est la téléphonie, son téléphone démontre qu'il a été sur les lieux
26:34où il a caché le corps de sa femme quelques jours plus tôt,
26:38soit en repérage.
26:39Lui, il dit, si je comprends bien, c'est qu'il a participé à un chantier dans ce point-là.
26:43– C'est ce qu'il dit.
26:43Je me souviens avoir vu des monticules de terreau que j'avais vues avant,
26:46dans le cadre d'un chantier, je me suis dit que j'allais la mettre là.
26:49Est-ce que ça, ça vaut pour préméditation ?
26:50Est-ce que ça vaut pour repérage ?
26:51– Vérifiez si travaillais sur le chantier ou pas, ça va être assez simple.
26:54– Avouez quand même qu'il faut une présence d'esprit à 3h du matin, je crois,
27:00quelque chose comme ça, après avoir tué, étranglé son épouse,
27:05se rappeler d'un terreau, d'un terrain, d'une parcelle agricole, avec du fumier.
27:12Non, enfin, très sincèrement, ça sera à mes confrères de convaincre le jury.
27:20Maintenant, j'écoutais effectivement un des deux avocats, je crois, le père,
27:26qui disait, écoutez, quand il ne disait rien, ça n'allait pas.
27:30Et maintenant qu'il dit tout, ça ne va pas non plus.
27:33Mais ça n'ira jamais, ça n'ira jamais.
27:35– Ce n'est pas que ça ne va pas, c'est que ce n'est pas suffisant.
27:37C'est-à-dire qu'il va falloir le confronter.
27:38– Mais attendez, de toute façon, ce criminel, il a tué sa femme, point.
27:43– Alors on va, pour ceux qui nous rejoignent,
27:46revenir précisément sur ce qu'a dit Cédric Jubilard à la justice,
27:49puisque nous sommes en mesure, grâce au travail du service PJ de BFMTD,
27:53de vous raconter précisément, selon ses propres mots,
27:57ce qu'il a dit à la justice, ce qui s'est passé cette nuit-là.
28:00– Grâce à Mathias Tesson, on est en mesure de vous révéler
28:01que Cédric Jubilard a reconnu les faits,
28:03dit être l'auteur de la disparition de son épouse,
28:05et il a été interrogé, donc, mercredi dernier,
28:09devant la magistrace qu'il a entendue.
28:11« Dans la nuit du 15 au 16 décembre, raconte-t-il,
28:13je me suis couché vers 22h30,
28:15Louis et Delphine sont venus me faire un câlin dans mon lit
28:17et je me suis endormie. »
28:18Il dormait et puis il s'est réveillé, il était stressé,
28:20il raconte qu'il était dans un contexte de divorce,
28:23il parlait déjà de séparation avec Delphine Jubilard à ce moment-là,
28:26et ce soir-là, il se réveille dans la nuit,
28:28alors pas forcément dans l'espace temporel qu'on avait nous en tête,
28:31il dit, je pense vers 1h, 1h30 du matin,
28:33je ne peux pas être plus précis, il va dans le salon,
28:36ce sont ses mots à lui, encore une fois,
28:37donc il faut garder la distance,
28:39Delphine lui aurait dit « Qu'est-ce que tu fous là ? »
28:41et il lui aurait répondu « Qu'est-ce que ça peut te foutre ?
28:44Comme tu as demandé le divorce,
28:45je n'ai plus de compte à te rendre. »
28:47Et il poursuit.
28:48Elle m'a montré son téléphone en le brandissant vers moi,
28:50j'avais l'impression qu'il y avait une photo un peu sexy d'elle,
28:52mais je n'ai pas bien vu,
28:53et puis c'est parti en insulte des Tahiti,
28:56et elle m'a dit « Tu n'es qu'une merde,
28:57pardon pour l'expression, un toxico de merde,
29:00je fais bien de me barrer,
29:01car personne ne voudra de toi. »
29:03Et puis, elle dit quelque chose
29:05qui lui a fait péter les plombs.
29:07Ce sont ses expressions.
29:09Maintenant, je peux te l'avouer,
29:10lui aurait dit « Delphine,
29:11j'en ai trouvé un qui me fait mieux l'amour que toi. »
29:14Et là, il dit « Je voulais qu'elle se taise,
29:16je l'ai attrapée par le cou,
29:17je l'ai serrée,
29:18et je lui ai dit « Tais-toi. »
29:21Je regardais mes pieds,
29:22car je ne voulais pas croiser son regard,
29:23elle est tombée inerte. »
29:25Il rajoute « Il m'a fallu quelque temps
29:27pour réaliser que je venais de tuer la mère de mes enfants,
29:30je suis en panique,
29:31je suis tétanisé. »
29:32Et plus tard, il dit
29:33« J'ai alors réalisé que j'avais commis
29:35quelque chose d'amominable. »
29:37Encore une fois,
29:37ce sont ses propres mots,
29:39ce n'est que du déclaratif,
29:41et c'était il y a quelques jours
29:42devant la magistrate de la cour d'appel.
29:44Et après, il raconte
29:45comment il a voulu dissimuler le corps,
29:48puisqu'il aurait pu très bien,
29:49à ce moment-là,
29:51appeler la police,
29:52expliquer ce qu'il avait fait,
29:53mais il veut cacher le corps.
29:55Il dit qu'il veut cacher le corps.
29:57Pour que ses enfants ne découvrent pas le corps.
29:58Et donc là, il imagine un scénario.
30:00– Eh bien, en tout cas,
30:01il l'exécute surtout.
30:02C'est-à-dire que pour ne pas
30:03que les enfants,
30:04dit-il, ne voient leur mère,
30:05il la charge sur ses épaules,
30:07dit-il,
30:08et il la dépose dans le coffre de la voiture.
30:10Rappelez-vous,
30:10on est en plein confinement,
30:11on a interdiction de sortir de chez soi.
30:13Il descend dans la rue
30:14au point mort, dit-il,
30:15pour ne pas réveiller les voisins.
30:16Il démarre en bas.
30:17Il explique qu'il ne savait pas
30:19vraiment où aller,
30:19qu'il n'avait pas d'objectif précis,
30:21mais,
30:21je reviens sur mes éléments,
30:23« Je me souvenais,
30:25dit-il,
30:25avoir vu des monticules de terre
30:26que j'avais vues dans le cadre d'un chantier.
30:28Je me suis dit
30:29que j'allais la mettre là-bas. »
30:30Il raconte qu'il creuse à main nue,
30:31qu'il dissimule ce corps,
30:33qu'il la recouvre de terreau.
30:35– Donc, ça veut dire
30:36que l'histoire s'arrête là.
30:37– Par rapport à ce qu'il raconte,
30:38tout est improvisé.
30:39Il la tue,
30:40il ne voulait pas la tuer.
30:41Après, il veut cacher le corps,
30:42donc il ne sait pas trop comment faire.
30:43Il se souvient d'un endroit.
30:44Et c'est là qu'il la cache.
30:45C'est ce qu'il va raconter au procès.
30:47– Lui, il raconte le spontané,
30:49et je ne m'en fais pas,
30:50je ne le prends pas pour moi.
30:51Lui, il raconte le spontané,
30:52le coup de colère
30:54dans un contexte de conflit
30:56et surtout cette expression
30:57qu'il aurait fait péter les plombs.
30:59J'ai trouvé quelqu'un
31:00qui fait mieux l'amour que toi.
31:01Est-ce que c'est la raison,
31:02l'unique raison ?
31:03Est-ce que c'est ça
31:04qu'il fait basculer ?
31:04Je ne le sais pas.
31:06Néanmoins, il rentre à la maison
31:07et il va encore plus loin.
31:08Il se rend compte
31:08qu'il y a encore
31:09le téléphone de Delphine
31:11et ses vêtements.
31:11Il décide de tout prendre
31:12et il met tout dans une poubelle,
31:14dit-il, à 50 mètres du domicile.
31:16– Mais ça veut dire
31:16que par rapport à ce qu'il raconte,
31:18il va falloir vérifier ses dires.
31:20– Le téléphone, par exemple,
31:21ne l'a jamais retrouvé.
31:22– Et pour vérifier,
31:23on va se baser sur quoi, en fait ?
31:25Général Morel,
31:26puisqu'il n'y avait que deux personnes
31:27ce soir-là,
31:28les enfants étaient là
31:29mais ils dormaient,
31:30Delphine et Céline Jubilard.
31:32– Pour l'instant,
31:33pour les éléments concrets,
31:35si vous voulez,
31:35c'est ce qu'on a évoqué précédemment,
31:38c'est les données téléphoniques
31:41et les données GPS
31:42qui ont été saisies et immobilisées
31:44et qui permettent d'affirmer
31:46avec certitude
31:47que l'endroit où on a retrouvé Delphine,
31:51il y était déjà venu précédemment.
31:54Alors, est-ce qu'il y était venu
31:56dans le cadre d'un chantier ?
31:57Il devra en répondre,
32:00il devra le démontrer
32:02mais comme le disait l'avocat,
32:03de toute façon,
32:04ça ne change pas.
32:05Du moment que c'est un étranglement,
32:08ce n'est pas considéré,
32:09si vous voulez,
32:09comme un acte spontané
32:11où on tape quelqu'un
32:13en lui envoyant un coup de poing,
32:16ça la fait basculer.
32:16Là, l'étranglement,
32:17c'est considéré comme un acte volontaire
32:20qui dure en plus.
32:22Donc, on a le temps
32:22de se restracter
32:24et de stopper cette action.
32:27Donc, ça ne changera pas
32:29au niveau des peines
32:32qu'il pourra en courir.
32:34Je pense, par contre,
32:35que par rapport
32:37à la première cour d'assises,
32:39il va se présenter
32:40devant une nouvelle cour d'assises
32:42où les jurés vont trouver
32:44que sa personnalité
32:46est encore pire
32:46que la première fois
32:48parce qu'aller balancer
32:49le corps de sa femme,
32:51non seulement de l'avoir tuée,
32:52mais de la balancer
32:52dans du terreau
32:53et dans du fumier,
32:54c'est n'importe quoi.
32:56Alors, nous sommes avec
32:57Maître Philippe Pressec.
32:58C'est l'avocat
32:59de la cousine de Delphine.
33:01Bonsoir.
33:02Merci d'être avec nous en direct
33:03pour réagir
33:04aux aveux détaillés
33:06de Cédric Jubilard
33:07révélés ce soir
33:08par BFM TV.
33:10Quelle est votre réaction, Maître ?
33:13Je vous avoue
33:14que je suis horrifié
33:16par ce que Cédric Jubilard
33:18montre de lui
33:18depuis une huitaine de jours.
33:21D'abord, sur ses aveux,
33:23on est de nouveau
33:25dans une nouvelle histoire,
33:28une nouvelle fable,
33:28j'avais de dire,
33:29ce qu'il fait depuis cinq ans.
33:32Nous avons eu la fable
33:33de l'innocence.
33:34Maintenant, nous avons la fable
33:36du geste malheureux.
33:38Je suis terrifié.
33:40J'ai fait quelque chose
33:40d'abominable.
33:41J'ai tué la mère de mes enfants.
33:44Alors, je ne crois rien
33:46de tout cela.
33:46Je pense que, évidemment,
33:49c'est le seul à être présent
33:51sur place.
33:52Donc, nous aurons du mal
33:53à vérifier sa version.
33:55Mais nous allons la comparer
33:58avec tous les autres éléments
33:59du dossier.
34:00D'abord, la personnalité
34:01de Delphine.
34:02Il nous décrit Delphine
34:04comme une femme
34:04qui va l'agresser,
34:05l'insulter, l'injurier.
34:07C'est totalement contraire
34:09à sa personnalité.
34:10Delphine Ossaguel
34:11était une personne
34:12qui était gentille,
34:13qui était douce,
34:14qui était solaire,
34:15qui était respectueuse
34:16de son mari.
34:18Elle était tellement
34:19respectueuse de son mari
34:20qu'elle a tenu à passer
34:22les dernières fêtes
34:22de Noël en famille.
34:24Et c'est pour ça
34:25qu'elle est morte, d'ailleurs.
34:26Donc, elle ne pouvait pas
34:27lui parler
34:28ainsi qu'elle lui a parlé.
34:29– Vous ne croyez pas,
34:30pardon, maître,
34:31vous ne croyez pas
34:31à ces mots
34:32de provocation,
34:33d'insulte,
34:35ces mots qui auraient
34:36fait péter un plomb
34:37à Jubilard ?
34:38– Je n'y crois pas du tout.
34:40Là, il est en train
34:41de la tuer une deuxième fois
34:42en racontant
34:43des saloperies comme ça.
34:45C'est sûr.
34:45Et puis surtout,
34:47admettons que ce qu'il raconte
34:48a fait, il est cessé d'horreur.
34:50Il a tué son épouse.
34:52Est-ce qu'il valait
34:53la jeter comme un chien
34:54mort dans une tasse fumée ?
34:58C'est impossible.
34:59Tout ça ne tient pas la route.
35:01– Mais parce que,
35:02alors, visiblement,
35:02selon sa version,
35:03c'est qu'il ne voulait pas
35:04que les enfants
35:05tombent sur le corps.
35:05Mais c'est vrai
35:06qu'il aurait pu très bien
35:07couvrir le corps,
35:08mettre le corps
35:09dans une autre pièce.
35:10Il y avait d'autres façons
35:11de faire que d'imaginer
35:12transporter le corps
35:13dans une voiture
35:14la nuit,
35:15au milieu de la nuit,
35:16trouver un endroit
35:17pour enterrer le corps.
35:18C'est là où ça sera
35:19compliqué à expliquer
35:20à la Cour ?
35:21– Je pense que tout ça
35:23sera compliqué à expliquer.
35:24Ça ne cadre pas
35:25avec la personnalité
35:26de Delphine Ossaguel.
35:27Ça ne cadre pas
35:29avec tout ce que le dossier
35:30montre de ce couple.
35:31Et je pense que
35:33la seule chose
35:33qui casera
35:34avec la personnalité
35:36de Jubilard,
35:37c'est le manque
35:38total d'empathie.
35:40C'est cette façon horrible
35:42de se séparer
35:43du corps de son épouse.
35:44Je crois que les jurés
35:46vont être extrêmement attentifs
35:47et tireront les conséquences
35:49de cela
35:49pour leur délibérer.
35:51– Mais ce que dit
35:51Célique Jubilard,
35:52c'est que ce qu'il ne supporte pas,
35:54c'est que sa femme
35:55a un amant,
35:56a rencontré quelqu'un
35:59et elle lui dit
36:00je vais te quitter
36:02parce que tu es un toxico.
36:04– Mais tout ça,
36:05il le sait déjà.
36:06Le dossier que vous avez
36:09et qui a été étudié
36:11à un lors en large
36:11en travers à Albi,
36:12c'est un dossier
36:13qui montre que
36:15la séparation a été actée,
36:16le couple effectivement
36:20avait disparu
36:21et on savait
36:22qu'on allait séparer
36:23et on savait
36:24que Delphine
36:25avait refait sa vie.
36:26Ce n'était pas
36:27quelque chose
36:27qu'il apprend
36:28le 15 décembre au soir.
36:30– Oui,
36:30il ne peut pas dire
36:31qu'il venait d'apprendre
36:32tout cela cette nuit-là.
36:34– Non,
36:35tout ça est un mensonge.
36:35– D'ailleurs,
36:35en plus il se contredit un peu
36:36parce qu'il dit en même temps
36:37qu'il est stressé
36:38par le divorce,
36:39qu'il ne dort pas,
36:39etc.
36:40Donc ça veut dire
36:40que c'est quelque chose
36:41qui est en...
36:43C'est un processus
36:43qui est en cours en fait.
36:45– Oui,
36:46c'est une date
36:46de désespoir.
36:47– Pourquoi étaient-ils
36:48encore ensemble
36:49dans cette maison en fait ?
36:50C'est la question
36:50qu'on se pose.
36:52– Eh bien,
36:54ce que l'on sait du dossier,
36:55c'est qu'ils devaient
36:56se séparer
36:56et que Delphine Ossaguette
36:58devait partir vivre
36:59avec son nouveau compagnon
37:01à la fin décembre
37:02ou début janvier.
37:03C'était prévu,
37:04c'était acté
37:05et elle avait tenu
37:06à rester,
37:07à passer les fêtes
37:07avec son mari
37:08et ses enfants.
37:11Et finalement,
37:11c'est le fait
37:12d'être resté
37:13qui a causé sa perte.
37:16– C'est le fait
37:17d'avoir été respectueuse
37:18avec sa famille
37:18qui a causé sa perte.
37:20– Une dernière question,
37:21maître,
37:21on a appris aujourd'hui
37:22que le procès
37:22était repoussé
37:24à 2027,
37:25premier semestre 2027,
37:27c'est une bonne chose
37:27selon vous ?
37:29– Vous savez,
37:31moi je ne fais pas
37:31un caractéristique
37:32pour que le procès
37:32soit retenu ou renvoyé,
37:34l'important c'est
37:36que le procès se passe
37:37car le dossier sera complet
37:39et de ce côté-là,
37:40c'est la présidente
37:41de la Cour d'Assise
37:42qui est la maîtresse
37:43des horloges,
37:44elle décide de faire
37:45des investigations diverses,
37:48il faut les faire
37:49dans un temps
37:50qui nécessite un renvoi,
37:52donc tarte,
37:53il n'y a pas de difficulté
37:54à ce niveau-là,
37:54il n'y a rien à en dire.
37:55– Merci Maître Pressec,
37:59donc vous ne croyez pas
38:00du tout à ce que raconte
38:01Cédric Jubilard,
38:02on l'a bien compris,
38:03je voudrais revenir
38:04Maître Tomasini
38:05sur ce qui déclenche
38:07selon lui,
38:08sa colère
38:09et le pousse
38:10à étrangler sa femme,
38:11elle lui dit
38:12j'ai rencontré
38:13quelqu'un
38:13qui fait mieux
38:14l'amour que toi,
38:15et alors là,
38:16visiblement,
38:17pour lui,
38:17c'est la goutte d'eau,
38:19et vous dites
38:20c'est assez classique
38:21dans les féminicides ?
38:22– C'est assez classique
38:23dans les dossiers
38:24de féminicides,
38:25j'ai eu ça souvent,
38:27en général,
38:28quand une femme
38:30dans la discussion
38:31aborde un problème
38:33avec la virilité
38:35de son conjoint,
38:36avec son impuissance
38:38éventuellement,
38:39avec son incapacité
38:40à procréer,
38:42ça les fait
38:43dégoupiller.
38:45Alors,
38:45bien évidemment,
38:46il faut un terrain,
38:47il faut que ces hommes
38:48soient déjà
38:49des hommes violents,
38:51il faut que ces hommes
38:52aient une petite estime
38:54d'eux-mêmes,
38:54parce que ça,
38:55on ne l'a pas suffisamment
38:56dit,
38:57mais cet homme
38:58qui paraît
38:58auto-centré,
39:00qui fait une mise
39:02en scène constante
39:04de ce qu'il pense,
39:05de ce qu'il est,
39:07en réalité,
39:07il a besoin
39:08du regard des autres
39:09parce qu'il ne s'aime pas,
39:11parce qu'il a une toute
39:12petite estime de lui,
39:13il a bien raison d'ailleurs
39:14de ne pas s'aimer,
39:15parce que cet homme
39:16n'a rien fait
39:19correctement
39:19dans sa vie.
39:20Alors,
39:21on peut plaider
39:21la personnalité,
39:22on peut plaider
39:23le fait qu'il ait eu
39:24une enfance difficile,
39:25je crois d'ailleurs
39:27qu'il avait été placé
39:28à un moment donné
39:29en famille d'accueil
39:31ou en foyer,
39:32donc ça,
39:33oui,
39:33bien évidemment
39:33qu'on peut trouver
39:35des explications,
39:37jamais de circonstances
39:39atténuantes
39:40au point
39:41de diluer
39:42cette responsabilité
39:43évidente
39:44et caractérisée
39:45de cet homme
39:46qui a brisé
39:47une famille
39:48des familles entières,
39:50la sienne
39:51comme celle
39:51de l'autre côté
39:53de Delphine,
39:54comme toutes les familles
39:57qui accompagnent
39:58aujourd'hui
39:58cette disparition
40:02dramatique
40:02et qui souffrent
40:04et qui ont souffert
40:06pendant 5 ans.
40:07Il n'a pas donné
40:08le corps de Delphine
40:09pendant 5 ans.
40:10Moi,
40:11ce que je vois,
40:11c'est qu'on assiste
40:12à un revirement
40:13de situation,
40:14on essaye
40:15d'humaniser
40:16encore une fois
40:17M. Jubilard.
40:18Vous savez,
40:18pour moi,
40:19j'ai le sentiment
40:20quand je vois
40:21M. Jubilard,
40:22pour moi,
40:22c'est le Joker.
40:23Le Joker
40:26façon film français.
40:28En réalité...
40:28Le Joker,
40:29c'est-à-dire
40:29l'ennemi de Batman.
40:31Exactement.
40:32D'accord.
40:33Exactement.
40:34Exactement.
40:34Non mais,
40:35véritablement,
40:36vous voyez cette face
40:38ironique,
40:39sarcastique
40:39qui joue
40:40avec la justice
40:41et qui joue
40:42avec les victimes.
40:43Et ça,
40:44c'est vraiment
40:45Cédric Jubilard.
40:46Alors,
40:47Joseph Agostini
40:48nous a rejoint.
40:49Bonsoir.
40:49Dominique Rizel
40:50sera avec nous
40:50dans un instant.
40:51Joseph Agostini,
40:52vous êtes psychologue.
40:53Que dit
40:55de Jubilard
40:56ce récit
40:56qu'il a fait
40:57à la justice
40:58lorsqu'il raconte
40:59que finalement
41:00il n'était pas bien,
41:01il ne dormait pas,
41:01il était stressé,
41:02il tombe sur sa femme
41:03à une heure du matin,
41:04il parle de provocation
41:06de sa femme
41:06qui lui montre
41:07une image,
41:08on ne sait pas trop quoi,
41:09et qui lui dit
41:09moi j'ai un amant,
41:10il fait mieux l'amour
41:11que toi,
41:11toi tu es une merde,
41:12je reprends ses propos,
41:14intoxico
41:15et je vais être laissé.
41:16Et en gros,
41:17il dit
41:17c'est ça qui m'a poussé
41:18à l'étrangler
41:20et quand il l'étrangle
41:21lui-même
41:22il ne veut pas la regarder
41:23parce que ça le choque
41:24et puis quand même
41:25derrière il dit
41:26il faut que je cache le corps
41:27parce que c'est mieux
41:28sinon mes enfants
41:29m'ont tombé dessus.
41:30Voilà,
41:30que dit
41:30de Jubilard ce récit ?
41:32Alors,
41:32c'est très intéressant
41:33parce qu'au fond
41:34c'est vraiment
41:34le paradigme
41:35de la séparation
41:36et de la violence
41:37dans la séparation.
41:39Effectivement,
41:39on n'est pas content
41:40quand on apprend
41:41qu'on est trompé,
41:42on n'est pas content
41:43quand sa femme
41:44nous fait cas
41:45de son insatisfaction
41:47et puis au-delà de ça
41:49évidemment
41:50comme vous le disiez
41:51Cédric Jubilard
41:52s'est montré
41:53extrêmement violent
41:54tout au long
41:55de sa vie familiale,
41:56conjugale
41:57donc ça ressemble
41:58à une séparation
41:59seulement,
42:00voilà,
42:01dans les personnalités
42:02narcissiques
42:03qui sont
42:04comme ça
42:05dans une
42:06hyper susceptibilité
42:08dans un sentiment
42:09de persécution
42:09extrêmement aigu
42:10ce qui devrait
42:12se terminer
42:13par une séparation
42:15par quelque chose
42:16effectivement
42:17d'une tristesse
42:18d'un effondrement
42:20d'une difficulté
42:21d'une vexation
42:22aussi
42:22se termine
42:24par un meurtre
42:24parce qu'il y a
42:25l'impossibilité
42:26de considérer l'autre
42:27dans sa liberté
42:28l'impossibilité
42:29de considérer
42:30la possibilité
42:31d'un avenir
42:32chez l'autre
42:32le fait qu'on ne convienne
42:34plus à l'autre
42:34le fait que la vie
42:35soit faite
42:36comme ça
42:37de difficulté d'étape
42:39c'est ce qu'elle raconte
42:40en tout cas
42:41parce qu'il faut être
42:41très prudent
42:42c'est son récit
42:42on ne sait pas
42:43si Delphine Jubilard
42:43vraiment dit ça
42:44mais elle aurait dit
42:45finalement j'ai rencontré
42:47quelqu'un qui fait
42:47mieux l'amour que toi
42:48est-ce que ça
42:48c'est pour une personnalité
42:49comme Jubilard
42:50le truc qui peut faire
42:51péter un câble
42:51mais vous savez
42:52en tant que thérapeute
42:53et en tant que thérapeute
42:54de couple
42:55évidemment que la vie
42:56de couple est faite
42:57de violences
42:58de maux
42:59extrêmement durs
43:00de blessures
43:01surtout dans une séparation
43:02surtout au moment
43:03où on arrive
43:04comme ça
43:04à la toute fin
43:05d'une relation amoureuse
43:06enfin on n'est pas
43:07dans le monde
43:08des bisounours
43:08simplement quand on a
43:09une personnalité adaptée
43:11suffisamment structurée
43:12on le prend
43:13avec une forme
43:15de consolation au cœur
43:18qui est les enfants
43:19qui est la possibilité
43:20d'un avenir
43:21de se reconstruire
43:22donc on a la possibilité
43:23de rebondir
43:24quand on est
43:25dans une personnalité
43:26extrêmement fragile
43:28dans l'impossibilité
43:29de vivre avec l'autre
43:30parce que c'est quand même ça
43:31malgré Cédric Jubilard
43:32avait visiblement
43:33une énorme difficulté
43:35à concevoir
43:36la vie sans Delphine
43:37malgré tout
43:37il perdait tout
43:39même financièrement
43:40il perdait beaucoup de choses
43:41il perdait tout
43:42et vous savez
43:43quand on tue l'autre
43:44il y a aussi cette manière
43:45de le rentrer en soi
43:47de le prendre avec soi
43:48faire que le temps
43:49ne passe plus
43:50alors on va
43:50maintenant
43:52donner la parole
43:52à Dominique Rizet
43:53parce que j'aimerais bien
43:54avoir votre regard
43:55Dominique
43:55sur ses aveux
43:565 ans et demi
43:57donc après les faits
43:59Cédric Jubilard
44:00raconte enfin
44:00ce qui s'est passé
44:01cette nuit là
44:02ce sont ses mots
44:02c'est son récit
44:05récit sans doute
44:05préparer avec ses avocats
44:08où il laisse entendre
44:09que cette nuit là
44:09finalement
44:10il y a eu une dispute
44:11et qu'il a mal tourné
44:13il étrangle son épouse
44:15et ensuite
44:16il va cacher le corps
44:17un peu dans la panique
44:18puisqu'il dit
44:19il ne savait pas trop
44:19où aller
44:20il part dans le noir
44:21alors quand même
44:22il pense à ne pas allumer
44:22le moteur
44:23pour ne pas rêver les voisins
44:24bon là
44:24il y a une petite contradiction
44:26là on n'est plus dans la panique
44:27il a quand même
44:27ce réflexe là
44:28qu'est-ce que vous en pensez
44:29Dominique ?
44:31Moi je trouve que
44:31les aveux de Cédric Jubilard
44:33sont d'une banalité
44:34affligeante
44:36c'est la très très très triste
44:38banalité
44:39du récit
44:40que fait
44:41quelqu'un
44:42qui tue sa femme
44:43qui commet un féminicide
44:44j'ai pété les plombs
44:46alors
44:46et c'est curieux
44:47parce que je vous écoute
44:48depuis tout à l'heure
44:49et
44:49vous reprenez inconsciemment
44:51dans vos propos
44:52un peu tous
44:53vous Olivier
44:54vous demandez
44:55à mettre presse
44:55mais pourquoi est-ce que
44:57le couple est resté ensemble
44:58et ça
44:59souvenez-vous Olivier
45:00l'avocat
45:01je ne sais pas si c'est Guy ou Pierre
45:02c'est Pierre de Buisson
45:03l'avocat de Cédric Jubilard
45:05le dit
45:05quand il parle
45:06il dit
45:06c'est l'histoire d'un couple
45:08qui aurait dû se séparer
45:09bien plus tôt
45:10qui n'aurait pas dû rester
45:11aussi longtemps ensemble
45:12et ça
45:12ça sera un des arguments
45:14des avocats
45:15de maître de Buisson
45:16père et fils
45:17de la même façon
45:18Nathalie Tomazini
45:19qui connaît bien
45:19les féminicides
45:20dit pourtant tout à l'heure
45:22elle dit
45:22ben ouais
45:23c'est quelqu'un
45:23qui a dégoupillé
45:24et bien ça
45:24c'est le propos exact
45:26de Pierre de Buisson
45:27qui nous dit
45:28ce soir-là
45:29une énième dispute
45:30dans le couple
45:31il raconte
45:32j'ai dégoupillé
45:33et la phrase suivante
45:35de son avocat
45:37c'est
45:37sa femme j'y au sol
45:39il ne donne pas d'explication
45:40maintenant on a les explications
45:42mais le problème
45:43c'est qu'on n'a
45:43que les explications
45:45de Cédric Jubilard
45:46et on n'en aura
45:47jamais d'autres
45:48on n'aura jamais d'explication
45:49parce que
45:51on ne pourra
45:51pas confronter
45:53alors contrairement
45:54là encore
45:54et j'aime beaucoup
45:55Nathalie Tomasini
45:56qui mène des grands combats
45:57à ce que disait
45:58Nathalie tout à l'heure
45:59on ne peut pas
46:00confronter sa version
46:01à des éléments du dossier
46:03parce qu'il n'y a pas
46:04d'éléments dans le dossier
46:05il n'y a rien du tout
46:06et c'est cette espèce
46:07de vertige
46:08de vide
46:09pardon
46:09qui donne le vertige
46:10dans l'affaire Jubilard
46:11on a une paire de lunettes
46:13on n'a pas de scène de crime
46:14on suppose que c'est dans la maison
46:16et c'est dans la maison
46:17on a juste
46:17une paire de lunettes cassées
46:19d'accord
46:19ensuite
46:20le petit garçon
46:22Louis
46:22qui avait 5 ans à l'époque
46:23qui en a 11 maintenant
46:24qui entend ses parents
46:25se disputer
46:26troisième chose
46:27on a deux voisines
46:28la mère et la fille
46:29qui regardent un film
46:30et qui à 23h07
46:33au moment de la publicité
46:34entendent un Christ Trident
46:35d'une femme
46:36dans la nuit
46:37bon
46:38on n'a
46:39pas de corps exploitable
46:41pardon pour
46:41ce détail technique
46:43on a seulement
46:44les deux fémurs
46:45de Delphine Jubilard
46:46on sait maintenant
46:47que c'est elle
46:48que ce sont les restes
46:48de son corps
46:49ces deux fémurs
46:50ne parleront jamais
46:51ils ont seulement permis
46:53c'est beaucoup
46:53de l'identifier formellement
46:55mais ces fémurs
46:56ne diront jamais
46:57ne donneront jamais
46:59les causes de la mort
47:00c'est qu'une autopsie
47:00c'est
47:01un
47:01est-ce qu'on parle bien
47:02est-ce qu'on a identifié
47:03la personne
47:04deux
47:05de quoi
47:06est décédée cette personne
47:07et bien là
47:08on ne le saura
47:08jamais
47:09donc la seule version
47:10qu'on aura
47:11c'est celle
47:12de Cédric Jubilard
47:13maintenant
47:13on revient
47:14à la même question
47:15on savait qu'il allait dire ça
47:16on l'avait dit
47:17d'ailleurs
47:17on l'avait anticipé
47:18sur les plateaux
47:19de BFM TV
47:20on l'avait dit
47:21et tout le monde
47:22quasiment
47:23tous ceux qui travaillent
47:24dans ce domaine là
47:25étaient d'accord avec ça
47:26maintenant la seule question
47:27c'est toujours celle-ci
47:28c'est
47:29est-ce que
47:30Cédric Jubilard
47:31est vraiment sincère
47:32est-ce qu'il
47:35restitue
47:36le corps
47:36les restes
47:37du corps de sa femme
47:38à ses enfants
47:39pour qu'elle ait une sépulture
47:40ou est-ce que
47:41Cédric Jubilard
47:42qui a déjà fait
47:42six ans de prison
47:43et qui commence à connaître
47:44ce que c'est que la détention
47:45en plus à l'isolement
47:46n'a pas envie
47:47d'en faire 30
47:48va essayer
47:50grâce à ses avocats
47:51de ramener la peine
47:52vers le bas
47:52c'est ma question
47:54Dominique
47:54avec ses aveux
47:55tels qu'il les raconte
47:57ce récit
47:58avec ce récit
47:58est-ce qu'il peut
47:59espérer prendre
48:00moins que 30 ans
48:01de prison
48:02lors de son second procès
48:04qui aura lieu
48:05en 2027
48:07techniquement oui
48:07techniquement
48:08du point de vue du droit
48:09oui
48:10parce que
48:11ce serait
48:11des coups et blessures
48:13volontaires
48:13il a volontairement
48:15frappé sa femme
48:15mais qui ont entraîné
48:17la mort
48:17sans intention
48:18de la donner
48:18oui mais
48:19il pourra dire
48:20qu'il était dans la panique
48:21qu'il était dans un geste
48:22qu'il ne contrôlait plus
48:24dans une
48:25oui mais
48:25ça
48:26ça
48:27ça
48:27attendez
48:27maître Tomasini
48:28n'est pas d'accord
48:29avec vous
48:29on va écouter ses arguments
48:32alors
48:32Dominique Rizet
48:33que j'aime beaucoup
48:34je suis obligée
48:35de vous contredire
48:36en aucun cas
48:38un étranglement
48:39peut être considéré
48:41comme des coups
48:42et blessures
48:44volontaires
48:44ayant traîné la mort
48:45sans intention
48:46de la donner
48:46jamais
48:47dans aucune affaire
48:49on est déjà au tribunal
48:50vous et moi
48:51vous vous êtes en train
48:51de plaider
48:52pour Delphine Jubilat
48:54non non non
48:55moi je suis en train
48:55de plaider
48:56pour Cédric Jubilat
48:57il a en vous disant
48:58à aucun moment
48:59mon client
48:59n'a eu l'intention
49:00de tuer sa femme
49:01non mais l'étranglement
49:02en soi
49:03l'étranglement
49:04en soi
49:05est constitutif
49:06d'un passage
49:07à l'acte
49:08homicidaire
49:09même si on ne veut pas
49:10tuer la personne
49:11on veut simplement
49:11la faire taire
49:12et qu'on va trop loin
49:13c'est comme si
49:14vous tirez sur quelqu'un
49:16et vous dites
49:18demain
49:19j'ai pas voulu la tuer
49:20alors que vous avez
49:22tiré dans le coeur
49:23d'autant que vous parlez
49:24des 4 minutes nécessaires
49:25pour donner la mort
49:26dans ce cas présent
49:26à tout moment
49:28il pouvait s'arrêter
49:294 minutes c'est long
49:304 minutes c'est très long
49:31et en aucun cas
49:32on ne peut considérer
49:33que ce sont
49:34des blessures volontaires
49:35ce sont en général
49:36des coups
49:38Nathalie
49:38vous vous êtes battu
49:39dans un dossier terrible
49:40avec Dupond-Moretti
49:41ça avait été
49:43c'est une histoire
49:44qui reste dans l'histoire
49:46un dossier
49:46Nathalie va vous en parler
49:47là
49:48donc
49:52Dupond-Moretti
49:53avait employé
49:54ses arguments
49:54avec la mauvaise foi
49:56d'un avocat
49:56de la défense
49:57mais ça peut marcher
49:59parfois
50:00les avocats
50:01de Buisson
50:02père et fils
50:03seront dans leur rôle
50:03ils vont défendre
50:04leurs clients
50:05et diront
50:05à aucun moment
50:06c'est leur boulot
50:07bien sûr
50:08et quelque part
50:09ça pourra mener la peine
50:10à 27 ans
50:11ou à 25 ans
50:13alors
50:13nous verrons bien
50:14je n'ai pas
50:15de boule de cristal
50:17pour moi
50:18la peine sera
50:19alourdi
50:21très clairement
50:21parce que
50:22plus que 30 ans
50:24il peut avoir
50:25perpétuité
50:26avec une peine
50:27de sûreté
50:27absolument
50:28qu'il n'a pas
50:30eu en première instance
50:32et on recommence
50:33à zéro
50:34pourquoi
50:34parce qu'il a
50:35quand même
50:35il collabore
50:36avec la justice
50:37il collabore
50:395 ans et demi
50:40après les faits
50:40mais il collabore
50:41avec la justice
50:41il dit qu'il a besoin
50:43de raconter
50:44tout ça
50:45parce que
50:45pour ses enfants
50:46on a trouvé le corps
50:48voilà
50:49donc ça va être
50:50quand même pris en compte
50:51j'imagine
50:51lors de son second procès
50:53non
50:53parce que
50:54lors du premier procès
50:55on n'avait pas de corps
50:56d'accord
50:57donc on l'a condamné
50:58à 30 ans
50:59précisément
51:00parce qu'il y avait
51:01toujours un petit doute
51:02parce qu'on n'avait pas
51:03le corps
51:04de la victime
51:04aujourd'hui on l'a
51:05on a des aveux
51:07entre guillemets
51:08circonstanciés
51:09il a tué sa femme
51:11il l'a étranglé
51:12c'est un homicide
51:14et il a menti
51:16pendant 5 ans
51:17il a refusé
51:18de livrer le corps
51:19aux familles
51:19des victimes
51:20pendant 5 ans et demi
51:22c'est un profil
51:23d'une dangerosité extrême
51:26c'est un menteur
51:27et un manipulateur
51:28Joseph Agostini
51:29cet homme
51:30est depuis 6 ans
51:31en prison
51:33oui alors
51:33je me tourne justement
51:34ces 6 ans
51:35en prison
51:36est-ce que c'est
51:37pas le même homme
51:37forcément il a changé
51:38oui bien sûr
51:38mais je me tourne justement
51:39vers l'avocate
51:40vous dites quelque chose
51:41de très intéressant
51:41est-ce que les jurés
51:42pourront être sensibles
51:44effectivement
51:44c'est ce moment-là
51:46de l'aveu
51:47il y a le moment
51:47il y a une temporalité
51:48quand même
51:49dans les affaires
51:50et c'est important
51:51il en parle maintenant
51:53et ça
51:54c'est en fait
51:55j'ai l'impression
51:55il en parle maintenant
51:56parce qu'il est au pied du mur
51:57il est au pied du mur
51:58il en parle maintenant
51:59il est au pied du mur
52:00j'ai l'impression
52:01dites-moi si je me trompe
52:02c'est peut-être
52:03c'est comme un aveu
52:04qui rend fou
52:05en fait
52:05qui rend fou les autres
52:07mais totalement
52:08et en plus
52:09il avoue
52:09que pour lui
52:11il ne pense absolument pas
52:14ni à ses enfants
52:15ni aux victimes
52:16c'est un aveu
52:16qui fait penser
52:17même si ça ne l'est
52:18peut-être pas
52:19c'est-à-dire voilà
52:20c'est un aveu
52:21qui fait penser
52:22au narcissisme
52:23et à l'omnipotence
52:24et qui joue contre lui
52:26et c'est terrible
52:27parce que peut-être
52:27qu'effectivement
52:28il a les meilleures intentions
52:29du monde
52:30voilà
52:31mais il y a quelque chose
52:32dans cette temporalité
52:33de l'affaire
52:34qui joue contre lui
52:35à mon sens
52:35mais comment peut-on penser
52:38que Cédric Gimilar
52:40a les meilleures intentions
52:42du monde
52:43même cette expression
52:46me glace
52:46mais je crois
52:47que ce n'est pas la question
52:48je crois que la question
52:49de la temporalité
52:50l'a fait qu'en quelque sorte
52:51on ne peut pas le croire
52:52c'est ce que vous dites
52:53écoutez
52:53en réalité
52:54un homme
52:55peut
52:56peut
52:57enfin
52:58admettons
52:59qu'un homme poussé à bout
53:01tue sa femme
53:02oui
53:02qu'il le regrette immédiatement
53:05qu'il appelle la police
53:07qu'il ne cache pas le corps
53:08qu'il se livre immédiatement
53:11oui
53:11bien évidemment
53:13que là
53:14le jury peut être sensible
53:15à un parcours
53:17à un contexte
53:18extrêmement conflictuel
53:20aux personnalités
53:21des différents protagonistes
53:23parce que
53:24je rappelle quand même
53:25que là
53:25on a deux personnalités
53:26qui sont
53:28totalement contraires
53:29on a
53:31Delphine
53:31qui était
53:31je le rappelle
53:32une infirmière
53:33qui prenait soin
53:35des autres
53:36qui prenait soin
53:37des corps
53:38et là
53:39on a
53:40un Cédric
53:41Gimilar
53:41qui étrangle
53:43il faut savoir
53:44ce que c'est
53:44que d'avoir la vie
53:45entre ses mains
53:46et de la voir partir
53:47Alors dernier mot justement
53:49Dominique Rizet
53:49finalement dans son récit
53:51toute la faiblesse
53:52de ce scénario
53:52c'est ce qui se passe
53:53après la mort
53:54de son épouse
53:55parce qu'effectivement
53:56s'il ne voulait pas la tuer
53:58on ne comprend pas bien
53:59pourquoi
54:00il décide quand même
54:01de la cacher
54:01de dissimuler des preuves
54:03et d'inventer ensuite
54:04toute une histoire
54:05de disparition dans la nuit
54:06il va se porter
54:08parti civil
54:08il va appeler
54:10les amis
54:10de Delphine
54:11Jubilard
54:12pour essayer de savoir
54:13où elle est
54:13donc là
54:14c'est sûr que tout ça
54:15reste quand même
54:16et malgré ce nouveau récit
54:18il sera quand même
54:19confronté
54:19à ce qu'il a fait
54:21après la mort aussi
54:22et qui rend quand même
54:23difficile l'idée
54:24qu'il avait pété un câble
54:26et qu'immédiatement
54:27il le regrettait
54:29Je reprends rapidement
54:30ce que disait Nathalie
54:30tout à l'heure
54:31Nathalie Tomasini
54:32qui dit voilà
54:32le type tue sa femme
54:33il appelle
54:34les forces de l'ordre
54:36c'est une chose
54:37ensuite
54:38le type tue sa femme
54:39et fait ce qu'a fait
54:40Jonathan Daval
54:41il va cacher le corps
54:42et le lendemain matin
54:43il va voir son beau-père
54:44dans le bistrot
54:45lui dit ma femme est partie courir
54:46je ne comprends pas
54:47elle n'est pas là
54:48Cédric Jubilard
54:48fait le même choix
54:50il va cacher le corps
54:50de sa femme
54:51il appelle les gendarmes
54:52les gendarmes arrivent chez lui
54:53je vous rappelle
54:53qu'il est en pyjama
54:55un pyjama spirou
54:56enfin un pyjama d'enfant
54:58il les reçoit
54:59il tourne dans la maison
55:00il leur dit
55:00je la cherche partout
55:01je ne comprends pas
55:02elle est partie avec les chiens
55:03il a déjà monté un scénario
55:04dans sa tête
55:05d'accord
55:05ça c'est une chose
55:06l'autre chose
55:07c'est quelque chose
55:08dont on a parlé
55:09ensemble sur le plateau
55:10de BFM TV
55:10il charge le corps
55:12de sa femme dans la voiture
55:13là il est vraiment
55:14dans une mécanique
55:15du mensonge
55:16de la dissimulation
55:17et il va rouler
55:19passer devant
55:20ce tas de fumier
55:21dit-il
55:21devant lequel il est déjà passé
55:23il se souvient que
55:24et puis il va
55:26alors selon les propos
55:27de son avocat
55:29ensevelir
55:29le corps de sa femme
55:31sommairement
55:32sommairement
55:32c'est important
55:33d'accord
55:34on est dans la nuit
55:35du 15 au 16 décembre
55:36ce tas de terreau
55:38et on va dire du fumier
55:39parce que c'est du fumier
55:40est ici
55:41et on en parlait
55:42l'autre jour
55:43à BFM TV
55:44et bien j'ai revérifié
55:45cette nuit-là
55:46à côté de Cagnac
55:48il faisait
55:49à Albi
55:50il faisait un degré
55:51un degré
55:52la nuit du 15 au 16 décembre
55:54un seul degré
55:55à Cagnac
55:56il pouvait faire
55:57deux degrés
55:57ou moins un
55:59on était à peu près
56:01essayé
56:01essayé
56:02dans la nuit
56:03du 15 au 16 décembre
56:04de gratter
56:05un tas de fumier
56:06avec vos doigts
56:07pour y ensevelir
56:08un corps
56:09c'est pas ensevelir
56:10un stylo
56:10c'est un corps
56:11tout entier
56:12vous rentrez chez vous
56:13et puis vous avez
56:15les mains comme ça
56:16quand les gendarmes
56:17arrivent
56:17les gendarmes
56:18ne remarqueraient pas
56:19que tout ça
56:20ça pose une vraie question
56:21il doit y avoir
56:22une reconstitution
56:23sur les lieux du crime
56:24dans la maison
56:25mais aussi
56:27une reconstitution
56:27sur place
56:28au lieu
56:29donc c'est
56:30le lieu
56:32de découverte
56:32du corps
56:33il doit y avoir
56:34une reconstitution
56:35ici
56:36et si c'était
56:36dans la nuit
56:37du 15 décembre
56:38au 16 décembre
56:38puisque le procès
56:39a repoussé
56:40et la justice
56:40peut la faire
56:41le 15 ou 16 décembre
56:43prochain
56:432026
56:44ce sera à peu près
56:45les mêmes conditions
56:46de température
56:46et de dire à monsieur Jubilard
56:48allez-y
56:48creusez le tas de fumier
56:49avec vos doigts
56:50et ensevelissez
56:51un corps
56:52d'un mètre 70
56:52c'est à peu près
56:53la taille
56:54de Delphine Jubilard
56:55allez-y
56:56et remettez le fumier dessus
56:57montrez-nous
56:57comment vous avez fait
56:58merci Dominique Rizet
56:59merci à tous
57:01merci Pauline Revenin
57:01et Paul Conge
57:02pour ces dernières informations
57:03ces révélations
57:04et merci à Mathias Tesson
57:05au service PJ
57:06dans son ensemble
57:07et merci à tous
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