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  • il y a 4 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00La suite de notre édition spéciale, c'est l'information principale de la journée.
00:03Cinq ans et demi après la disparition de son épouse, Cédric Jubilard a indiqué précisément
00:08où il avait dissimulé le corps de Delphine à une dizaine de kilomètres de son domicile.
00:14On a retrouvé une partie de ce corps, visiblement des ossements qui correspondent à la partie basse du corps.
00:19L'identification est en cours et les fouilles se poursuivent.
00:23Mais ça fait en fait cinq ans et demi que les enquêteurs essayent de retrouver Delphine Jubilard
00:27et on va voir ça avec vous François Gapillon. Bonsoir.
00:30En effet, bonsoir Olivier. Bonsoir à tous.
00:32Il faut bien avoir en tête que dès le départ, dès les premiers jours qui suivent la disparition de Delphine
00:37Jubilard fin 2020,
00:38l'affaire est déjà hors norme, de par les moyens engagés pour tenter de la retrouver.
00:43Les recherches ont lieu dans un périmètre d'une dizaine de kilomètres autour du domicile familial.
00:47Entre 50 et 80 gendarmes sont déployés chaque jour à l'époque, à peu près 700 en tout.
00:53En quelques jours, quelques semaines, les renforts viennent de toute l'Occitanie.
00:56Des chiens de pistes Saint-Hubert sont également mobilisés.
01:00Une brigade nautique aide aussi les enquêteurs en sondant les cours d'eau, les lacs, les rivières,
01:05dans les environs de Cagnac-les-Mines.
01:06Un hélicoptère et des drones survolent alors le secteur.
01:09Et puis bien sûr, plusieurs battues citoyennes sont organisées.
01:12Elles rassemblent des centaines d'habitants.
01:14Malheureusement, tous ces moyens, qu'ils soient humains comme matériels, ne permettent pas de retrouver la disparu.
01:19Mais les recherches ne s'arrêtent pas pour autant.
01:21Pour preuve, cette vaste campagne de fouilles organisée pendant trois semaines au début de l'année 2022.
01:28Des dizaines de militaires sont engagés dans le but de retrouver le moindre indice,
01:31notamment des militaires appartenant à une unité spécialisée dans les recherches en milieu difficile.
01:36Ils s'activent dans un premier temps d'abord d'une ferme que Cédric Jubilard aurait désignée auprès d'un
01:41voisin de cellule
01:42avant de se concentrer autour d'un cimetière.
01:45Là encore, tous ces efforts restent vains.
01:47Il aura donc fallu les aveux et indications de Cédric Jubilard ces derniers jours,
01:51soit cinq ans et demi après le début de l'affaire.
01:53Restons prudents, on verra si l'autopsie confirme que les os morts retrouvés aujourd'hui sont bien ceux de Delphine
01:57Jubilard.
01:58Merci François Guépi.
01:59Alors tout à l'heure, on a entendu la réaction de l'oncle de Delphine Jubilard qui s'est dit
02:02dévastée.
02:03Mais en même temps, il y a eu le soulagement bien entendu parce qu'ils vont pouvoir enfin organiser les
02:07obsèques.
02:08Écoutez maintenant la réaction de l'avocate des deux enfants de Delphine et Cédric Jubilard.
02:14Je crois que le temps est passé.
02:17Je vous ai dit, je l'ai déjà dit, je ne vais pas parler de stratégie.
02:21Je crois qu'il fait un pas vers ses enfants et que moi je l'entends, en tout cas dans
02:24leur intérêt.
02:25Eux, ils agiront, ils prendront au fur et à mesure du temps, ils auront leur position.
02:31Moi je crois que c'était important.
02:33C'est quelque chose que Louis réclamait déjà encore le mois dernier.
02:38Voilà, donc c'était pressant, c'était important et je crois que c'est une bonne étape.
02:43Alors Louis est évoqué, il y a un fils et une fille, Louis c'est le fils Alexandre.
02:49Comment Louis a fait savoir à son père qu'il voulait la vérité ?
02:54Eh bien, il l'a fait savoir de multiples reprises.
02:57Mais la dernière fois, en l'occurrence, celle évoquée par cette avocate,
03:01c'était il y a un mois lors d'une audience sur le placement de lui et de sa sœur
03:06qui est pour l'instant dans la famille de Delphine Jubilard.
03:08Cédric Jubilard était à ce moment-là en visio dans la salle d'audience avec les autres parties
03:14et cette avocate lui a transmis ce message de son fils aîné en lui disant
03:19« Votre fils vous demande où est sa maman, votre fils vous demande de dire la vérité ».
03:24Et à ce moment-là, l'avocate raconte qu'il est resté impassible,
03:28qu'il n'a rien répondu, qu'il n'a rien marqué sur son visage.
03:31L'audience s'est poursuivie, mais peut-être, peut-être que ça a été l'élément déclencheur
03:37qui a conduit ensuite à ce qu'il change enfin sa version,
03:42qu'il se rapproche de la vérité en disant finalement où se trouvait Delphine Jubilard.
03:47Les enfants qui n'ont plus de contact direct avec leur père ?
03:50Non, ils n'ont plus de contact avec lui.
03:52Louis Jubilard, qui avait 6 ans au moment de la disparition de sa maman,
03:56avait demandé à venir au procès, mais ça avait été finalement refusé pour sa protection
04:03parce qu'on peut imaginer, ou pas d'ailleurs, mais l'immense souffrance,
04:09l'immense traumatisme de cet enfant et de sa sœur qui avait 18 mois
04:12lorsqu'ils ont perdu leur maman, qui était une maman très aimante,
04:17très très proche de ses enfants.
04:18Et il avait voulu aller voir son papa, lui parler lors de ce procès,
04:22ça avait été refusé, mais il avait écrit une lettre qui avait été lue à l'audience
04:24et qui était très bouleversante avec sa petite écriture d'enfant.
04:27Alors, les enquêteurs sont toujours sur place,
04:29ils continuent de fouiller l'endroit indiqué par Cédric Jubilard.
04:32Une partie des ossements a été retrouvée en cours d'identification de Mick Rizem.
04:36Il y a beaucoup de questions sans réponses et peut-être que justement,
04:38ce qu'on va retrouver sur place vont aider les enquêteurs à comprendre
04:41ce qui s'est passé ce soir-là, cette nuit-là.
04:44Comment Delphine Jubilard a-t-elle perdu la vie ?
04:47Comment Cédric Jubilard a transporté le corps ?
04:50Et comment l'a-t-il enterré aussi ?
04:52On a déjà quelques éléments qui sont les résultats de l'enquête
04:57de la section de recherche de Toulouse
04:59et tous ceux qui ont travaillé sur le véhicule,
05:01le fameux véhicule de Delphine, dans lequel on n'a rien trouvé.
05:04Ce qui laisse penser, et là ce sont des suppositions,
05:07que Delphine Jubilard n'a peut-être pas été tuée avec un couteau,
05:11une arme à feu, qu'elle n'a pas perdu de sang dans cette voiture,
05:14puisqu'on l'aurait retrouvée.
05:15Souvenez-vous de l'affaire Maëlys où on retrouve une micro-trace de sang.
05:19Donc il a pu transporter le corps de sa femme qu'il avait étouffée, étranglée.
05:23Est-ce que l'autopsie peut le dire ?
05:26Ça va être compliqué ?
05:27Alors on a entendu tout à l'heure le docteur Marc...
05:29Cinq ans et demi après l'effet avec des ossements.
05:31Le docteur Marc le disait tout à l'heure,
05:33les traces de l'étouffement,
05:35ce fameux osse-ioïde,
05:37ce plus petit os du corps humain,
05:40pas le plus petit,
05:41celui qui n'est pas rattaché au squelette,
05:42le plus qu'il est dans l'oreille.
05:44Donc c'est un os qui n'est pas rattaché au squelette,
05:46qui permet de lever la langue,
05:48de bouger la langue.
05:49Et quand quelqu'un est étranglé de face,
05:52cet os se casse.
05:53Donc on ne retrouvera pas l'os-ioïde six ans après,
05:56ça me paraît peu vraisemblable.
05:59Ensuite, il peut y avoir à la base des dents,
06:01quand quelqu'un est étouffé,
06:03une couleur, une coloration des dents.
06:06Il faut retrouver une partie de la mâchoire,
06:09ou en tout cas le crâne de Delphine Jubilard,
06:11pour dire ça.
06:13Et puis ensuite, il y a ce que disait le docteur Marc
06:15chez nous tout à l'heure,
06:17six blessures par arme, par couteau,
06:19il peut y avoir des traces de ripage de la lame
06:22sur le torse, sur les os de la poitrine,
06:26sur les os du thorax.
06:32Donc on peut retrouver des choses comme ça.
06:34Si on a des vêtements,
06:35il peut y avoir des traces de pénétration
06:37d'une lame dans les vêtements.
06:38Je rappelle que des vêtements,
06:39on en a retrouvé sur le corps,
06:41ou près du corps en tout cas d'Émile,
06:43mais c'était un an après,
06:45des vêtements qui étaient en bon état,
06:47puisqu'on a pu dire que ce n'était pas
06:48les vêtements qu'il portait le jour
06:49de sa disparition.
06:52Donc on en a retrouvé souvent
06:55sur des scènes de crime,
06:56des vêtements qui peuvent nous dire des choses.
06:59Et puis ensuite, sur un squelette,
07:02on ne sait pas,
07:03on n'a jamais pu dire si Maëlys avait été violée,
07:05on a retrouvé son squelette six mois plus tard.
07:07Six mois, ce n'est pas beaucoup,
07:08mais l'hiver était passé,
07:09le corps était très abîmé.
07:10On avait retrouvé des vêtements
07:12et une chaussure.
07:13Là, c'est cinq ans et demi.
07:15De Maëlys,
07:15le corps est resté cinq ans et demi sous terre.
07:17Alors autant vous dire,
07:18on a fait un paquet de faits entrer l'accusé
07:20où des corps sont retrouvés
07:21dix ans, quinze ans, vingt ans après.
07:23Alors on peut retrouver de l'ADN
07:24pour l'identification en tout cas du corps
07:27de Delphine,
07:28Delphine Jubilat.
07:29Il y a les dents, évidemment,
07:30l'odontologie.
07:31Et puis, il y a aussi la possibilité
07:36de retrouver dans les fémurs,
07:39puisqu'on a la partie basse du corps,
07:40on n'a pas la partie haute,
07:43en tout cas pour l'instant,
07:44et bien dans les os longs, gros,
07:46comme un fémur,
07:47on retrouve de l'ADN même cinq ans après.
07:49On va continuer d'en parler
07:50avec une médecin légiste
07:51qui est avec nous, Caroline Rambaud.
07:53Bonsoir docteur,
07:54merci d'être avec nous ce soir
07:56pour essayer de comprendre
07:58précisément ce qui va se passer maintenant.
08:00Donc il y a l'identification
08:01des ossements qui est en cours.
08:02Ça peut prendre du temps
08:03ou c'est assez rapide ?
08:06Ça devrait être...
08:07C'est l'identification probablement ADN
08:09qui vont faire.
08:10Donc ça va être relativement rapide.
08:13Avec ces ossements,
08:14est-ce qu'on peut arriver
08:15à déterminer la cause de la mort ?
08:18Alors ça dépend de la quantité d'ossements
08:23représentatives ou pas du squelette.
08:26Je ne sais pas s'il y a le crâne éventuellement
08:28et les os laryngées,
08:30c'est ce qui va être le plus déterminant.
08:32On va chercher de toutes les façons
08:35des lésions traumatiques,
08:37éventuellement fractures,
08:39mais éventuellement aussi,
08:41comme vous disiez tout à l'heure,
08:42des traces de coups de couteau éventuelles
08:45ou bien des traces de balles.
08:48Et puis pour les os du larynx,
08:50on va chercher s'il y a une fracture,
08:53ce qui serait indicatif d'un étranglement.
08:56– Mais quel est l'état d'un corps,
08:58cinq ans et demi après avoir été enterré dans la terre,
09:02dans un champ, en pleine nature ?
09:06– Squelettisé, comme on l'a retrouvé,
09:08c'est-à-dire pas beaucoup de matière molle,
09:11et essentiellement des os.
09:14– Oui, il n'y a plus de peau,
09:16pardon de rentrer dans les détails un peu macabre.
09:19– Non, il n'y a plus de peau,
09:21il n'y a plus probablement des…
09:23ça a dû tout se désagréger pour l'instant
09:26et il ne reste que les os.
09:28– Donc ça veut dire que malgré les ossements
09:31qu'on a retrouvés, on n'est pas sûr de pouvoir précisément dire
09:33« voilà, Delphine Jubilard est morte de cette façon ».
09:36Sauf si on retrouve effectivement une fracture sur le crâne
09:41ou une trace de balle,
09:42enfin a priori, il n'y a pas d'arme à feu utilisée dans cette affaire.
09:46– Bien sûr, mais on va chercher toute trace
09:49qui pourrait être indicative,
09:51même un coup violent porté sur un os du squelette
09:55laissera une trace.
09:57– Là, les enquêteurs sont toujours sur place,
10:00donc on continue de fouiller,
10:01on essaie de retrouver le maximum d'ossements, c'est ça ?
10:04– Oui, il faut essayer de reconstituer le squelette complet,
10:08c'est ça qui serait l'idéal,
10:09de façon à pouvoir examiner tous les os,
10:12parce qu'il peut y avoir des lésions
10:13uniquement sur les os d'une main ou d'un avant-bras,
10:15par exemple.
10:16– On peut aussi retrouver des objets,
10:18on peut retrouver un sac, des bijoux, une montre,
10:22alors les lunettes, je crois qu'elle était partie
10:24sans ces lunettes, d'ailleurs ça avait été un…
10:25– Oui, les lunettes sont retrouvées cassées dans le sac,
10:27il y a une branche de lunettes qui est…
10:28– Ça avait intrigué les enquêteurs, justement, bien entendu.
10:31Une dernière question, docteur,
10:34donc vous me dites que finalement,
10:36dans la soirée, on devrait avoir le résultat, a priori ?
10:40– Dans la soirée, je ne sais pas,
10:42mais au moins dans les quelques-uns qui viennent, oui.
10:45– Les 24 heures, oui.
10:47– Merci docteur Rambeau, merci pour ces précisions.
10:50Jean-Pierre Colombiès, donc c'est pour ça que les enquêteurs sont sur place ?
10:53– Bien sûr.
10:53– Qu'ils vont rester le maximum de temps ?
10:55– Oui, il faut retrouver le maximum d'éléments,
10:57comme ça a été dit, il m'est arrivé de travailler sur un squelette
11:00qu'on avait retrouvé en pleine nature, en pleine pinède,
11:03on avait récupéré les os qui se trouvaient dans les feuillages,
11:07et puis on avait, le médecin légiste avait reconstitué le squelette
11:10comme une forme de puzzle, et on découvre beaucoup de choses,
11:14des fractures, bon en l'occurrence, ce à quoi je fais référence,
11:16c'était une chute, donc on avait retrouvé des traces de fractures
11:19au niveau des cervicales et du crâne,
11:21mais c'est un peu ce genre d'élément qui va être recherché.
11:25Après, je vais être encore plus cynique, c'est pas grave,
11:28mais comme il y a déjà, je pense, une stratégie de défense
11:31qui est pré-élaborée par rapport à quoi qu'il puisse être découvert,
11:35je ne doute pas qu'on mettra ça sur le compte d'un coup involontaire,
11:39quoi qu'on trouve, parce que ça a déjà été dit, plus ou moins,
11:43on prépare déjà l'opinion publique, et donc, un peu plus loin,
11:47les jurés de la session à vouloir monter l'hypothèse
11:51de quelque chose qui n'a pas été souhaité, qui n'a pas été désiré.
11:53– C'est une dispute qui a mal tourné.
11:54– Qui a mal tourné, et puis voilà, la mort est donnée par un coup malheureux
11:58ou une chute malheureuse provoquée par un autre coup,
12:00mais bon, pour moi ça ne tient pas, parce que si tel avait été le cas,
12:04ils pouvaient l'amener à l'hôpital.
12:04– On va y revenir sur les raisons pour quoi Cédric Jubilard,
12:07tout d'un coup, 50 mille après les faits, indique précisément
12:09où il a caché le corps de sa femme, et je voudrais qu'on retourne sur place,
12:12là où les enquêteurs travaillent, c'est Jean-Wilfrid Forquest
12:15qui est sur place pour BFMTV à Villeneuve-sur-Vert,
12:17on est donc, Jean-Wilfrid, à 10 km du domicile conjugal,
12:20avec un dispositif de sécurité qui est maintenu autour des fouilles.
12:25– Oui, c'est ça, toujours une centaine de gendarmes,
12:28de gardes mobiles qui viennent de Périgueux,
12:30qui sont mobilisés depuis hier soir,
12:31ils se sont mis en place très tôt ce matin,
12:34et le périmètre ici est totalement bouclé depuis le milieu de la matinée.
12:38Il y a des drones également qui survolent
12:40pour voir s'il n'y a pas des journalistes
12:42qui aimeraient aller un peu plus loin que cette barrière,
12:45avec ce fourgon bleu de gendarmerie qui nous stoppe ici,
12:49qui surveille également s'il n'y a pas des badauds qui sont curieux
12:52et qui aimeraient prendre des photos à proximité de ce champ.
12:55On le rappelle, c'est un champ de blé, le corps a été retrouvé,
12:58en tout cas les ossements ont été retrouvés ce matin en lisière de bois,
13:02un champ de blé, ici situé sur la commune de Villeneuve-sur-Vert,
13:07au bout d'un chemin sur ce champ,
13:10qui n'avait pas été visité, vu par les gendarmes, par les enquêteurs,
13:15par les hommes de la section de recherche au tout début de l'enquête,
13:17lorsqu'il y avait des battues citoyennes,
13:19lorsqu'il y a eu une série de fouilles entreprises par les gendarmes.
13:23Des ossements ont été retrouvés, des ossements qui visiblement appartiendraient à la partie basse du corps.
13:30C'est pour ça que les fouilles continuent,
13:32parce qu'on voudrait compléter la recherche de ces ossements,
13:36de l'intégralité du corps de Delphine Jubilard.
13:39Et puis, je vous écoutais parler, ils recherchent aussi les enquêteurs,
13:42des éléments qui pourraient aider à la compréhension de cette scène,
13:46ce qui s'est passé ce soir de décembre 2000 à Cagnac-les-Mines.
13:51Par exemple, un téléphone portable, par exemple, un sac à main,
13:54du maquillage qu'aurait pu emporter avec elle Delphine Jubilard.
13:58Savoir également s'il n'y a pas une pioche, une pelle qui aurait pu servir à Cédric Jubilard
14:03pour constituer ce trou dans lequel il a enfoui le corps,
14:06un corps qui est resté un peu plus de 5 ans et demi.
14:09C'est pour ça que les fouilles continuent ici.
14:11On attend évidemment dans les prochaines heures, dans les prochains jours,
14:14les observations, les commentaires, les analyses complètes de la partie basse,
14:19des ossements qui ont été récupérés ce matin ici sur place
14:23et qui sont examinés par la police scientifique,
14:26notamment par les hommes de l'IRCGN, l'Institut de la Gendarmerie Nationale.
14:31Et puis, on posera des questions, certainement dans les prochains jours,
14:36dans les prochaines heures.
14:37Il y aura peut-être éventuellement une reconstitution
14:39pour savoir ce qu'il s'est passé ce soir-là,
14:42comment Cédric Jubilard a décidé de tuer sa femme
14:45et à quel moment il a décidé de la cacher ici, dans ce champ de blé.
14:51Merci Jean-Wilfrid Forquès avec Laura Dubois pour les images.
14:54On voit bien que la stratégie de défense de Cédric Jubilard a changé.
14:57Elle n'a pas fonctionné en première instance,
14:59puisqu'il a pris 30 ans pour le meurtre de son épouse,
15:01même s'il niait toute sa participation à ce meurtre.
15:05Vous qui êtes avocate, viennent de Philippis.
15:07Donc, il y a une nouvelle stratégie qui s'est mise en place,
15:10avec cette lettre, tout d'abord, envoyée à son avocat
15:13pour dire qu'il y a eu effectivement un coup et blessure
15:17et qu'il a caché le corps.
15:18Ensuite, les aveux hier devant la justice.
15:22Et puis, aujourd'hui, il conduit les forces de l'ordre
15:25précisément à l'endroit où il a enterré Delphine Jubilard.
15:29Donc, il se montre très coopératif.
15:32Donc, c'est un autre Cédric Jubilard
15:33qui apparaît avec un autre visage.
15:35Est-ce qu'il pense qu'en ayant ce comportement,
15:39il va pouvoir obtenir des circonstances atténuantes ?
15:42En tout cas, essayer de convaincre le jury
15:46qu'il ne mérite pas 30 ans, mais peut-être un peu moins.
15:49En tout cas, changer de stratégie entre la première instance,
15:52donc le premier procès, et l'appel, le deuxième,
15:55ce n'est pas quelque chose de rare,
15:56c'est même plutôt logique.
15:57Sinon, ça ne sert à rien de faire à peine.
15:59Là, dans son cas, en plus, il a eu 30 ans.
16:00Donc, qu'est-ce qui risquait ?
16:01Peut-être être poursuivi pour assassinat,
16:03donc avec préméditation.
16:05Là, ce serait la perpétuité.
16:07Mais sinon, le calcul qu'il a dû faire
16:09était finalement assez clair.
16:10Moi, je me pose surtout aussi la question
16:12de savoir comment on n'en arrive pas là,
16:13c'est-à-dire que comment on protège ces femmes,
16:16quel budget pour mieux les protéger ?
16:18On sait qu'ils étaient en instance de séparation.
16:20Apparemment, elle voyait quelqu'un d'autre,
16:22elle avait prévu de quitter le domicile conjugal.
16:23Peut-être que s'il y avait eu plus de budget
16:25pour les logements d'urgence, les logements sociaux,
16:29ce féminicide ne serait pas arrivé
16:30puisqu'elle aurait pu partir de son domicile.
16:33Ce qui me permet de rappeler qu'en ce moment,
16:34il y a beaucoup de bruit autour de la proposition
16:37de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles,
16:40qui prévoit un ensemble de mesures cadres,
16:43justement pour éviter les féminicides
16:45et faire baisser les violences sexistes et sexuelles.
16:47On a entendu l'oncle de Delphine Jubilard
16:50au micro de BFM TV
16:52dire qu'il attendait que Cédric Jubilard,
16:55qu'il espérait que Cédric Jubilard
16:56prenne perpétuité.
16:58Il peut prendre perpétuité sur cette affaire ?
17:00Perpétuité en droit français,
17:01ça fait surtout référence à la période de sûreté
17:04puisqu'après on peut éventuellement demander
17:06des remises de peine, etc.
17:08Donc oui, ça dépend de ce pourquoi
17:10il sera renvoyé devant la Cour d'assises.
17:12Parce que là, il y a beaucoup de choses qui changent.
17:13Donc il faudra voir ce pourquoi
17:14il est renvoyé devant la Cour d'assises
17:15après les compléments d'investigation.
17:16Oui, s'il est renvoyé pour meurtre sur conjoint
17:18ou pour assassinat,
17:20il encourt une peine de maximale perpétuité.
17:23Alors justement, on a un autre avocat avec nous
17:24qui va peut-être aussi apporter des précisions,
17:26c'est Carbon de 16.
17:27Bonsoir, Maître.
17:28Merci d'être avec nous quelques minutes.
17:30Bonsoir, monsieur.
17:31Cédric Jubilard va-t-il essayer d'obtenir
17:34une requalification des faits,
17:38donc d'être poursuivi pour coups et blessures
17:40ayant entraîné la mort,
17:42sans peut-être la volonté de donner cette mort,
17:45alors qu'il avait été condamné en première instance
17:47pour meurtre ?
17:50C'est possible, c'est possible.
17:52Il a indiqué à la présidente de la Cour d'appel de Toulouse
17:58que ça s'était déroulé dans le cadre d'une dispute
18:02et donc sous le signe de la colère,
18:04ce qui exclut l'élément intentionnel
18:08et donc il est dans le pouvoir de la Cour d'assises
18:11de requalifier.
18:12Tout dépendra de ce que vont révéler en réalité les expertises.
18:17Imaginons que le médecin légiste prouve
18:19que la thèse qu'il défend,
18:24selon laquelle ce serait une dispute conjugale,
18:27quelque chose de l'ordre du crime passionnel,
18:30révèle qu'en réalité la façon dont Delphine Jubilard
18:36a été homicidée ne correspond pas à cette possibilité.
18:42On est bientôt pour répondre.
18:44Mais vous avez raison, c'est une possibilité, oui.
18:46Et ce serait une possibilité logique
18:49si on est dans le cadre de ce qu'il a prétendu.
18:52– Mais maître, fort de votre expérience,
18:55est-ce que les jurés sont sensibles
18:57lorsque celui qui est accusé change de comportement
19:01et se montre plus coopératif ?
19:04– Oui, mais je nuancerai ma réponse
19:09en vous disant qu'il faut que le repentir soit crédible.
19:14Si on pressent que c'est un repentir intéressé,
19:19l'accusé risque de n'en tirer aucun bénéfice.
19:23Or, vous voyez précisément vos questions
19:26qui sont aussi inhérentes à l'attitude
19:28qu'il a eue jusqu'à présent,
19:31avec un premier procès dans lequel,
19:34par moment, il a su se rendre franchement antipathique
19:37et a même été jusqu'à le revendiquer,
19:41laisse toutes les portes ouvertes au débat.
19:44Mais par contre, ce dont on peut être sûr,
19:47c'est que la sincérité de se repentir,
19:49est-ce qu'il s'agit d'une contrition parfaite
19:51ou d'une contrition imparfaite,
19:55sera l'objet d'un long débat devant la cour d'appel
19:58et que pour se forger une intime conviction,
20:01les jurés guetteront toutes les interventions
20:04et tous les silences.
20:06– Alors, on se souvient aussi que Cédric Jubilard
20:08avait menacé de tuer sa femme,
20:10il l'avait dit à des proches,
20:12ça c'est quand même quelque chose d'intéressant
20:15et qui pourrait se retourner contre lui,
20:16parce que dans ce cas-là, on pourrait plaider l'assassinat.
20:20– Vous avez tout à fait raison,
20:24ça peut tout à fait rentrer dans la caractérisation
20:28d'une préméditation et donc d'un assassinat,
20:31c'est la bonne qualification.
20:33Encore faut-il que ces propos révèlent une intention réelle.
20:39– On en revient à la question de l'attention,
20:41mais tout tourne autour de ça, si vous voulez,
20:44il y a des propos malheureux qui peuvent être tenus
20:48ou des promesses de crime qui sont tenues.
20:52– Qui sont tenues.
20:53– Alors, bon, tout le débat,
20:55ce sera de savoir auprès de qui, en quels termes,
20:59je crois qu'il en avait parlé à sa mère
21:00qui avait déposé en qualité de témoin.
21:02Bon, tout dépend de savoir si, voilà,
21:06je vais te tuer ou je vais le tuer,
21:09ce sont des deux types de menaces
21:11qu'aurait reçu Delphine Jubilard
21:13ou l'entourage de monsieur et madame Jubilard
21:18du temps où la situation se dégradait dans leur couple.
21:22Tout dépend de savoir sur quel ton tout ça a été tenu.
21:26Le drame est intervenu, mais dans quelles circonstances
21:29était-ce qu'on tenait à la promesse ?
21:31– Il avait mimé l'étranglement.
21:33Lorsqu'il raconte ça à une ex-compagne,
21:38il mime l'étranglement, ce qui est assez troublant
21:40parce que c'est sans doute comme ça qu'il a tué son épouse.
21:43Je me souviens aussi que ses avocats,
21:44puisqu'il a changé d'avocat,
21:46mais ses premiers avocats avaient expliqué
21:48que menacer de mort comme ça sous le coup de la colère,
21:51sa conjointe, c'était quelque chose qui pouvait arriver,
21:54mais ça ne disait rien de ce qu'on allait faire ensuite.
21:57Bon, ça, c'est sûr que cet argument-là,
21:59regarde de ce qu'on sait maintenant,
22:01il tombe complètement à l'eau
22:03et il se retourne même contre Cédric Jubilard.
22:05– Alors, je serais moins affirmatif que vous, monsieur.
22:09On peut dire des choses qui ne correspondent pas
22:14à ce qu'on souhaite faire au moment où on les prononce,
22:17et on peut, à birato, sous le coup de la colère,
22:22passer à l'acte à un moment donné.
22:25Ce qui est certain, on en revient à votre question précédente,
22:28c'est que ces propos réitérés sur le chemin du crime
22:32ne plaident pas en faveur de monsieur Jubilard.
22:36Mais si vous me posez la question de savoir
22:38si ce sont des éléments suffisants
22:40pour entrer en voie de condamnation
22:42d'avoir proféré des menaces,
22:44je vous répondrai non,
22:46et j'irai même plus loin.
22:47il est sans doute probable
22:50que la preuve définitive résiderait
22:54dans des dépôts de plaintes
22:55qui auraient été déposés par madame Jubilard,
22:58par Delphine Jubilard, la victime,
23:00pour menaces de mort.
23:02Alors, je ne sais pas,
23:03je ne connais pas suffisamment bien ce dossier.
23:06Est-ce que de telles plaintes ou main courante existent,
23:10auquel cas ça voudrait dire
23:11qu'il y avait raison de prendre au sérieux ces menaces,
23:16ou est-ce qu'il n'y a rigoureusement rien
23:19qui a été entrepris par madame Jubilard
23:21face à ces menaces ?
23:22A priori, non.
23:23Eh bien, à ce moment-là,
23:25on est plutôt dans le cadre,
23:29dans la traduction
23:30de ce que cette absence de procédure signifie,
23:33on est plutôt dans le cadre de propos
23:35qui n'étaient pas suffisamment prononcés sérieusement
23:38pour que la victime les prie en compte.
23:41Merci, Maître.
23:42Merci pour ces explications
23:44d'un avocat pénaliste.
23:47On en a besoin,
23:47parce qu'effectivement,
23:48on voit bien que cette affaire
23:49est en train de basculer
23:50avec une nouvelle défense
23:51de Cédric Jubilard.
23:53Cédric Jubilard qui mentait,
23:54qui niait,
23:55qui est désormais coopératif,
23:56indique précisément l'endroit
23:58où il a caché le corps de son épouse.
24:01Les fouilles, d'ailleurs,
24:02se poursuivent en ce moment même,
24:03même si on a retrouvé
24:04une partie d'ossement,
24:06Demi Criset.
24:06C'est une stratégie
24:07qui peut être payante.
24:09Il est en train de jouer
24:10une partie d'échec,
24:10Cédric Jubilard.
24:11Et ça peut marcher.
24:13Et ça peut marcher.
24:14Parce qu'on peut déjà écrire
24:15la plaidoirie de ses avocats.
24:17Elle est déjà écrite.
24:18Ils sont déjà en train
24:19de l'écrire.
24:20Ça sera...
24:21Vous avez devant vous
24:22un homme qui a été condamné
24:23pour des faits commis
24:24il y a six ans,
24:25qui est en prison
24:26depuis cinq ans et demi.
24:29Le meurtre,
24:29c'est dans la nuit
24:30du 15 décembre 2020.
24:32Le 18 juin 2021,
24:35Cédric Jubilard
24:36est mis en examen
24:37placé en détention.
24:38Vous avez un homme
24:39qui a changé,
24:40qui a déjà fait
24:40six ans de prison.
24:41Il a changé.
24:42Il a pris conscience
24:45de ce qu'il avait fait.
24:46Voilà pourquoi
24:47il est avoué aujourd'hui.
24:48Il a pris conscience,
24:49il a rendu
24:50à ses enfants,
24:52à leurs enfants,
24:53le corps de leur mère.
24:55Ça, ça sera
24:56la plaidoirie
24:57de ses avocats.
24:57Vous devez en tenir compte.
24:59Vous devez en tenir compte.
25:00Vous avez devant vous
25:01non pas l'homme
25:02que vous avez condamné
25:03à 30 ans
25:04ou que la première cour d'assises
25:05a condamné à 30 ans.
25:06Vous avez un homme
25:08devant vous
25:08qui ne peut plus
25:10être condamné à 30 ans
25:11parce qu'encore une fois,
25:12il a fait du chemin.
25:14Et ça peut marcher.
25:16Et ça peut marcher.
25:17Ça peut marcher.
25:17Parce que la justice...
25:18Ça peut marcher,
25:19mais la ficelle,
25:19par exemple,
25:20marseille du talent.
25:21On est capable quand même
25:22de voir la ficelle là.
25:25S'il a un Dupont-Moretti,
25:27s'il a un Portejoie,
25:28je vous rappelle quand même
25:29que Gilles Portejoie
25:30a fait acquitter
25:31Cécile Bourgeon.
25:31Il a d'autres avocats.
25:32Là, il a le maître du buisson
25:34et père et fils.
25:35Ça ne veut pas dire
25:35que ceux-là sont mauvais.
25:37En tout cas,
25:38ils sont d'ailleurs excellents
25:39l'un et l'autre.
25:40Mais je vous rappelle
25:41comme que...
25:41Ils se trompent quand même.
25:42Du Pont-Moretti,
25:43on a fait acquitter quelques-uns
25:44et que Gilles Portejoie,
25:45Gilles-Jean Portejoie,
25:46a fait acquitter
25:47la mère de Fiona,
25:49Cécile Bourgeon.
25:50On avait parlé
25:50d'un hold-up aux assises.
25:52Il l'a fait acquitter
25:53pour le meurtre de sa fille.
25:55Il a fait naître le doute
25:56dans la tête des jurés
25:57avec son fils.
25:58Il y avait un deuxième accusé.
25:59Oui, après,
26:00après, il a été recondamné.
26:01Mais il a quand même obtenu ça.
26:02C'est-à-dire qu'un avocat...
26:03Sur ce que c'est les jubilards,
26:04quand même,
26:05il n'a pas gagné.
26:06Non, mais ce jour-là,
26:07il a gagné.
26:08Pourquoi vous dites...
26:09Pourquoi vous n'êtes pas d'accord
26:10avec ce que dit Dominique ?
26:11Parce qu'après,
26:11il y a eu un autre procès
26:12où il a été condamné.
26:13Non, mais c'est...
26:14Je parle sur l'affaire Jubilard.
26:15Parce que c'est...
26:17Enfin, moi,
26:18je ne serais pas juré.
26:19Mais là,
26:20ce qui est fondamental de dire,
26:21c'est que ce sont les jurés
26:22qui vont quand même statuer.
26:23et que c'est vrai
26:24que les avocats,
26:24tous les avocats,
26:25jouent sur la fibre émotionnelle
26:27et qu'ils vont tenter,
26:28effectivement,
26:29de faire douter les jurés de...
26:31Mais sur quoi ?
26:31Parce que,
26:32c'est vrai que jubilard...
26:32Franchement,
26:33c'est du talent.
26:34C'est ce que je disais tout à l'heure.
26:34A tué sa femme.
26:35Oui, bien sûr.
26:36Parce qu'il indique lui-même le corps.
26:38Il veut simplement démontrer
26:39que cette discute
26:40a mal tourné,
26:41qui ne voulait pas sa mort.
26:43Exactement.
26:45Et obtenir 15 ans
26:46au lieu d'avoir
26:47plus de 30 ans en première instant.
26:48Sauf que...
26:50En face,
26:53il y a un avocat général
26:54qui va quand même rappeler
26:55à ses avocats
26:56et à ce fameux Cédric Jubilard
26:58que pendant...
26:59Enfin,
26:59notamment pendant la première session d'assises...
27:01J'aurais pu le faire.
27:02Ils ont...
27:03Mais on a déjà la réponse,
27:04Jean-Pierre.
27:04On a déjà la réponse.
27:05Les avocats disent
27:06qu'il a été malmené,
27:08qu'il a été drogué...
27:09sous pression.
27:10Mais ça ne tient pas.
27:11Ça ne tient pas.
27:12Mais ce sont des arguments.
27:13Là, on n'est pas aux assises.
27:14Là, on fait des spéculations.
27:17Sauf que ces deux avocats
27:18de première session
27:18ont bâti leur défense
27:20pour avoir un acquittement
27:23qui le dit.
27:24C'est même eux.
27:24Et je rappelle que
27:25quand ils sont sortis de la session
27:26après la condamnation,
27:28ils étaient quand même
27:28assez abattus
27:29parce qu'ils se disaient
27:30convaincus
27:31de son innocence.
27:32Et ce n'était peut-être
27:33pas la bonne stratégie.
27:35C'est comme ça
27:35que Christian Raducci
27:36est guillotiné.
27:37Parce que ses avocats
27:38ne veulent pas.
27:38Et qu'il n'était pas sympathique
27:41du tout.
27:42Ce n'était pas non plus
27:42Cédric Jubilard.
27:43Parce que la personnalité
27:44de l'accusé
27:44compte énormément.
27:45On ne peut pas dire
27:45que c'est très sympathique
27:46de Cédric Jubilard
27:47jusqu'à présent.
27:48Mais justement,
27:48il change le visage.
27:49Mais ça compte.
27:50Oui mais c'est trop tard.
27:51C'est trop tard.
27:52Le procès en appelle le dire.
27:53Moi ce qui m'intéresse
27:54c'est de comprendre
27:55quelle est la bascule.
27:56Pourquoi est-ce qu'il décide
27:57aujourd'hui
27:58de rompre le silence ?
27:59Est-ce que c'est pour ses enfants ?
28:01Est-ce que c'est une nouvelle
28:03stratégie de défense ?
28:03On a raconté notamment
28:04que son fils
28:05via son avocate
28:06avait fait dire
28:08à son avocate
28:09« Papa, il faut que tu nous dises
28:11où se trouve maman ».
28:11Et c'est une demande
28:12pressante, incessante, répétée
28:14depuis des années.
28:15Il y a eu une lettre
28:15au procès
28:16en première instance
28:17où il a expliqué
28:18qu'il était victime
28:19de violences
28:19de la part de son père.
28:20Ensuite, il lui demande
28:21régulièrement de dire la vérité.
28:23Est-ce que c'est ça ?
28:24Aujourd'hui, il a 11 ans.
28:24Il a 11 ans, c'est ça.
28:25Ils ont été placés
28:26dans la famille maternelle
28:27dans la famille de Delphine Jubilat.
28:29Et la question c'est
28:30est-ce qu'il le fait pour ses enfants ?
28:31Est-ce qu'il le fait
28:32guidé et éclairé
28:33par ses nouveaux avocats ?
28:34On a parlé d'une tierce personne
28:35qui les avait aidés
28:37à aller dans ce chemin de vérité.
28:39Peut-être.
28:40Est-ce que c'est pas aussi
28:40un principe de réalité ?
28:41Le procès en appelle.
28:42Il ouvre le 21 septembre.
28:44Il faut faire vite.
28:45Et là, on y va.
28:46Résultat, on a des ossements ce matin.
28:47Parce que le fait
28:48d'avoir nié en première instance,
28:51ça n'a pas fonctionné.
28:52Il a pris 30 ans.
28:53De toute manière,
28:53il est obligé de...
28:54Il faut que les lignes bougent.
28:55De toute façon,
28:56il faut que les lignes bougent.
28:56Et là, il indique un lieu.
28:58On creuse, il y a des ossements.
28:59Ça peut être aussi sincère
29:00parce que vous êtes en train
29:01de me dire,
29:01pas Pauline, mais les autres,
29:02c'est un calcul, etc.
29:04Moi, je l'ignore.
29:05Ça peut être aussi
29:05par sincérité,
29:06peut-être aussi
29:07qui prend conscience
29:07que vis-à-vis de ses enfants...
29:09Par honnêteté, on l'ignore.
29:10...vis-à-vis de ses enfants,
29:12il est peut-être temps
29:12de dire la vérité
29:13pour que ses enfants
29:14aussi puissent faire le deuil.
29:16Il y a des obsèques
29:16aussi, c'est important.
29:17Oui, mais alors,
29:18ceux qui ne lui rendent pas service,
29:19je m'excuse,
29:19mais ceux qui ne lui rendent pas service
29:20sont ses propres avocats actuels.
29:22Parce que rappelez-vous
29:23la conférence de presse
29:24où on a entendu
29:25pique-pente sur l'enquête.
29:26Il y a un procès à charge
29:27morale sur l'enquête
29:29comme quoi il aurait fait
29:29l'objet de pression,
29:30comme quoi c'est la maladresse
29:32des enquêteurs
29:33qui auraient bloqué
29:34sa spontanéité
29:35et de qui on se moque.
29:36Sauf que pendant six mois,
29:37il n'a pas été suspect.
29:38Il a participé aux recherches.
29:39Il était considéré
29:40même comme victime
29:41puisque c'est lui
29:42qui fait savoir
29:45que sa femme a disparu.
29:46Il n'est pas suspect au départ.
29:47Il n'y a pas de pression sur lui.
29:49Donc tout ça, c'est bidon.
29:49Il faut qu'il y a trouvé
29:50une explication faite
29:52que pendant cinq ans et demi,
29:52il a niait.
29:53En tout cas,
29:53il avait le temps
29:53de faire des aveux.
29:54Ça, je vous l'accorde.
29:56On est d'accord.
29:57En fait,
29:57s'attaquer au système judiciaire
29:59quand il n'y a pas
30:00de preuves objectives,
30:01ce n'est pas forcément
30:02une bonne stratégie de défense.
30:03Je me souviens
30:04d'une cour d'assises
30:05où j'étais pour une partie civile,
30:08la marraine,
30:08en l'occurrence,
30:09de la victime.
30:10Et l'accusé,
30:11en fait,
30:11expliquait à la cour
30:13qu'on avait été méchants
30:15avec lui,
30:16que c'était un complot.
30:18Et d'ailleurs,
30:18ça a provoqué
30:19une suspension d'audience
30:19à un certain moment
30:20et ça n'a pas du tout
30:21joué en sa faveur.
30:22Donc, je ne suis pas certaine,
30:24effectivement,
30:24que s'attaquer à l'enquête
30:25alors qu'a priori,
30:26elle a quand même été approfondie,
30:28ce soit une bonne idée,
30:29là, dans ce cas d'espèce.
30:30Bon, après,
30:30on n'a pas le dossier
30:31entre les mains, bien sûr.
30:32Oui, c'est difficile
30:32d'expliquer que c'est
30:33à cause des enquêteurs
30:34qu'on n'a pas avoué.
30:34Voilà ce qu'ont dit
30:35ces avocats
30:35lors de leur conférence de presse
30:37à propos de l'enquête.
30:37Tout a été bâclé.
30:39Si le travail avait été
30:40fait sérieusement
30:41au bout de 48 heures,
30:42toutes les infos
30:43auraient été recueillies
30:43et le corps de Delphine
30:44aurait été retrouvé.
30:46Maintenant,
30:46on repart de zéro.
30:47Rien n'empêchait
30:49Cédric Jubilard
30:49d'avouer tout de suite.
30:50On est bien d'accord.
30:51Non, parce que là encore,
30:51ils répondent
30:53la justice n'a pas joué le jeu,
30:54il est resté à l'isolement
30:56pendant 5 ans,
30:57Abdeslam,
30:57Salah Abdeslam,
30:58les attentats du 13 novembre,
31:00a été à l'isolement,
31:02on peut le comprendre,
31:02c'est un terroriste sanguinaire,
31:04mais pas lui.
31:04Voilà, il était pris
31:05dans un engrenage,
31:06il est resté muti,
31:07il s'est enfermé
31:07dans son mensonge
31:08pour toutes ces raisons-là.
31:09le procès en appel le dira.
31:10La question,
31:10c'est ce que ça va se tenir
31:11le 21 septembre,
31:12il y a quand même
31:12de gros doutes.
31:13L'avocate des enfants
31:15de Delphine et Cédric Jubilard
31:16disait qu'avec tous les actes
31:17d'enquête qui devaient se faire,
31:18les ossements retrouvés,
31:19les expertises,
31:21la reconstitution,
31:21ça allait être compliqué
31:22de tenir ce planning
31:23du 21 septembre,
31:24on va voir ce qu'il en est,
31:25mais effectivement,
31:25le procès en appel,
31:26c'est un rendez-vous
31:27le 21 septembre
31:28ou un peu plus tard,
31:28mais il va se tenir,
31:29c'est sûr,
31:29un jour ou l'autre.
31:30Alors,
31:30si vous nous rejoignez
31:31il y a l'instant,
31:31l'information principale,
31:33c'est qu'on a retrouvé
31:33une partie du corps
31:34de Jubilard,
31:36alors bien sûr,
31:36officiellement,
31:37on attend l'identification,
31:38mais c'est à l'endroit
31:39précisément qui a été indiqué
31:41par Cédric Jubilard
31:42dans ce champ
31:43à 10 kilomètres
31:44du domicile familial.
31:45On va retrouver sur place
31:47Igor Saheri,
31:48parce que les fouilles
31:49se poursuivent
31:49avec toujours ce dispositif
31:51de sécurité,
31:51on le voit d'ailleurs
31:52sur nos images.
31:55Écoutez,
31:56au vu de la présence
31:57des gendarmes actuellement,
31:59effectivement,
31:59on peut considérer
32:00que ces fouilles
32:01se poursuivent actuellement.
32:03On le rappelle,
32:03il y a une centaine
32:04de gendarmes au total
32:06mobilisés depuis ce matin
32:08pour retrouver
32:09les ossements
32:10de Delphine Jubilard.
32:11Alors,
32:11on le sait que depuis
32:12ce matin,
32:13environ 10 heures,
32:14certains ossements
32:15ont été retrouvés.
32:16Il s'agirait
32:17de la partie basse
32:18du corps de Delphine Jubilard.
32:19Tout cela,
32:20évidemment,
32:21demande confirmation.
32:22C'est pour cela
32:22que ces ossements
32:23ont été transférés
32:24à l'Institut médico-légal
32:26à Pontoise,
32:27en région parisienne,
32:28pour éventuellement
32:30trouver l'ADR.
32:31de Delphine Jubilard
32:32trouver éventuellement
32:33les causes
32:34de son décès.
32:35Mais ce que je peux
32:35vous montrer actuellement,
32:36c'est que toutes les routes
32:38de ce secteur de recherche
32:39sont fermées,
32:40évidemment,
32:41à la circulation.
32:42Il y a un dispositif
32:43anti-drone
32:44des gendarmes
32:45pour éviter
32:46qu'il y ait des badauds
32:47ou éventuellement
32:48n'importe quel élément
32:49qui pourrait gêner
32:50les enquêteurs
32:51de la section de recherche
32:52de Toulouse.
32:53Notamment,
32:54on sait que ces recherches,
32:56les premiers ossements,
32:56ont été trouvées
32:57assez rapidement,
32:58très tôt ce matin,
32:59en présence
33:00de Cédric Jubilard,
33:02de son avocat,
33:05également de la présidente
33:06de la Cour d'assises
33:07de Toulouse,
33:09du procureur également,
33:11et de ses avocats.
33:12Bien entendu,
33:13on ne sait pas
33:13si Cédric Jubilard
33:14est sur place encore.
33:16Ses avocats sont partis,
33:17il est donc très probable
33:18que lui aussi soit
33:19et ait été ramené
33:20dans sa cellule.
33:21Des recherches donc
33:21qui se poursuivent
33:22pour éventuellement
33:23trouver d'autres traces
33:25du corps de Delphine Jubilard.
33:27Merci,
33:27Igor Saheri
33:29avec Hugo d'Orsemaine
33:30pour les images.
33:31Donc ces fouilles
33:31qui se poursuivent
33:32parce que,
33:33rappelons-le,
33:34Pauline Revenard,
33:35on a retrouvé
33:35une partie des ossements,
33:37plutôt la partie basse
33:39du corps.
33:40En ce moment,
33:41ces parties sont étudiées,
33:43identifiées.
33:44Alors,
33:44on essaie de retrouver
33:46l'intégralité du corps,
33:47mais 5 ans et demi,
33:48après, forcément...
33:49L'intégralité des ossements,
33:50peut-être des objets
33:51qui appartenaient à Delphine,
33:52il y a peut-être
33:52d'autres lieux
33:53qu'il va falloir fouiller.
33:54Ce qu'on a trouvé,
33:55c'est parti déjà
33:55au labo de l'IRCGN,
33:58l'identification
33:59de la police,
34:00de la gendarmerie
34:01à Pontoise.
34:02Donc c'est des labos
34:02avec des experts scientifiques.
34:04Sur ces images,
34:05vous voyez cette tente bleue
34:05là où il faut conserver
34:06les scellés,
34:07il faut être effectivement
34:08extrêmement précautionneux.
34:10Donc on a cette tente bleue,
34:11on avait des blouses blanches
34:12de tous les experts
34:13techniques et scientifiques.
34:14Et sur zone, surtout,
34:15il y avait qui ?
34:16Il y avait Cédric Jubilard
34:17qui était là avec son avocat,
34:18avec les magistrats
34:19et qui a pu indiquer
34:21très précisément le lieu.
34:22Il y avait également
34:23une mini-pelleteuse
34:23qui a permis de retrouver
34:24rapidement,
34:25avant 10h ce matin,
34:27des ossements appartenant.
34:28Probablement,
34:29on attend encore
34:29la confirmation.
34:30Un lieu qui n'avait pas été fouillé
34:32par les gendarmes ?
34:33Non.
34:34Pourquoi ?
34:35On le disait tout à l'heure,
34:37c'est ce que disait Jean-Pierre
34:38tout à l'heure,
34:38on est à 10 km
34:41du lieu du domicile
34:42des Jubilards.
34:43Si on prend,
34:44si on fait un diamètre,
34:46c'est énorme,
34:47c'est une zone gigantesque.
34:50Les recherches classiques,
34:52c'est dans les condos,
34:53dans les rivières.
34:54Il y a le domicile
34:55des Jubilards
34:55à Cagnac-les-Milles.
34:56Alors surtout,
34:57il a raconté via ses avocats
34:58quelque chose d'assez intéressant.
34:59Il dit que c'est une énième
35:00dispute conjugale
35:01qui a dégénéré.
35:03Il n'explique pas
35:04les circonstances exactes
35:05de la mort.
35:05Il explique qu'il est impliqué
35:07dans la mort,
35:07mais il n'explique pas comment.
35:08Et surtout,
35:09il dit qu'ensuite,
35:09il a porté Delphine
35:10sur son dos,
35:11il l'a mis dans la voiture,
35:12il a roulé feu éteint
35:14avec le frein moteur.
35:15Pendant 10 kilomètres ?
35:15Pendant 10 kilomètres,
35:16ça veut dire qu'il a laissé
35:17ses enfants seuls
35:18dans la nuit pour aller
35:19la déposer quelque part.
35:20Est-ce qu'il y a
35:20un ou deux lieux de dépose
35:23de ses ossements ?
35:24Ça, ce sera à déterminer.
35:25On sait pourquoi
35:25il a choisi ce lieu ?
35:26Et on ne le sait pas.
35:27Est-ce qu'il l'a préparé auparavant ?
35:29Est-ce qu'il a creusé
35:30quelque chose auparavant ?
35:31C'est la question
35:32qu'on s'est posée.
35:33Il peut y avoir
35:34préméditation ?
35:35On sait qu'il a
35:41chargé le corps
35:42de sa malheureuse épouse
35:44dans sa voiture,
35:44on roulait,
35:45allait la déposer,
35:47enfouir le corps,
35:49le recouvrir
35:50puisqu'on ne l'a pas retrouvé
35:52et puis ensuite
35:53en revenir chez lui.
35:54Ce corps qui était dissimulé,
35:56les gendarmes
35:57ont fait des recherches classiques,
35:58on recherche dans les cours d'eau,
35:59on recherche dans les points d'eau,
36:01on recherche avec des chiens
36:02la dernière piste,
36:03on fait un périmètre,
36:05on regarde,
36:06on fait de la téléphonie,
36:08on fait de la géolocalisation
36:09des portables
36:10mais il est bien évident
36:11que c'est impossible
36:11d'aller chercher
36:12à cet endroit-là,
36:13regarder cette tente
36:14à côté de cette petite maison
36:16en pierre,
36:17aller chercher comme ça indiquait,
36:18on a cherché dans les cimetières aussi,
36:20on a pensé que le corps
36:21pouvait être dans une tombe,
36:22dans un cimetière,
36:23ça a été fait,
36:24on rappelle que là-bas,
36:25Cagnac s'appelle les mines,
36:27Cagnac-les-Mines,
36:28donc qu'il y a tout un tas
36:30de zones qui sont
36:31d'anciennes mines
36:31dans lesquelles on a cherché,
36:33on avait cherché
36:34dans un lavoir,
36:35je ne sais pas si tu te souviens,
36:35Pauline,
36:36ce lavoir qu'on avait monté,
36:38Olivier,
36:39souviens-toi de ce lavoir
36:40qu'on avait monté,
36:41on avait montré,
36:42l'endroit était impressionnant
36:43parce que c'était glauque,
36:45ça faisait peur,
36:46c'était vraiment un endroit
36:47qu'il fallait connaître,
36:48un ancien lavoir de mines,
36:50je ne sais pas si on pourrait
36:50retrouver ces images,
36:52ça avait été fouillé
36:52par les gens,
36:53il faut imaginer comme
36:54le boulot qu'ont fait
36:55les enquêteurs dans ce dossier.
36:56Ils n'ont pas rien fait,
36:57simplement il leur manquait la clé
36:58et Cédric Jubilard
36:59leur offre sur un plateau.
37:01Donc ce n'est pas une erreur
37:02dans l'enquête
37:02d'avoir loupé cet endroit
37:03parce que c'est un endroit perdu,
37:05c'est pour ça que je reviens
37:07à cette conférence de presse.
37:09Ça vous a marqué Jean-Pierre ?
37:10Oui parce qu'elle est
37:11d'une méchanceté.
37:12Oui mais les avocats
37:13ils jouent leur parti,
37:14c'est normal.
37:15On peut le faire avec lui,
37:16non mais on peut le faire
37:16avec plus de dignité,
37:17je suis désolé.
37:18Dire que ça a été bâclé
37:20alors que lui-même
37:22reconnaît qu'il l'a tué,
37:24il faut m'accorder quand même
37:25que c'est un petit peu
37:26un contresens quelque part
37:27parce que si elle avait été
37:28bâclée réellement,
37:29il n'aurait pas été condamné,
37:30on est bien d'accord ?
37:31Or il est condamné,
37:32c'est que quelque part
37:35il y a suffisamment de faisceaux
37:36pour amener à cette condamnation
37:38et moi je n'en démore pas,
37:40nous en sommes là aujourd'hui
37:41parce qu'il a été condamné
37:42à 30 ans
37:43et que la stratégie de défense
37:44de la première session
37:45s'effondre.
37:46Et j'en reviens là,
37:47au visage,
37:48à la posture des avocats
37:50en sortant de la session
37:51de la cour d'assises,
37:52ils sont défaits
37:53parce qu'ils se sont donnés à fond,
37:55parce qu'ils ont plaidé à fond
37:56l'acquittement
37:57et que ça n'a pas fonctionné.
37:58Et là quelque part
37:59il se passe une mécanique
38:00à rebours
38:01très élaborée
38:03et très préméditée
38:04on change de stratégie
38:06je reconnais qu'il l'a tué
38:07je reconnais que je suis
38:08pas tué d'ailleurs
38:09les mots ont un sens
38:10j'ai quelque chose à voir
38:12avec la disparition
38:12de la maman de mes enfants
38:14mais à culpa
38:15mais à culpa maxima
38:16je reconnais les faits
38:17je vous envoie
38:17donc pour moi ça ne tient pas
38:18une seconde.
38:19Avant d'arriver à ça
38:21question pourquoi cet endroit
38:22pourquoi a-t-il enterré
38:23le corps de sa femme
38:26précisément dans ce champ
38:28est-ce qu'effectivement
38:29il avait fait du repérage
38:31est-ce qu'il avait préparé son coup
38:32il part dans la nuit
38:34feu éteint avec sa voiture
38:36donc ça veut dire
38:36qu'il sait précisément
38:37où il va
38:37parce que quand on roule
38:39feu éteint
38:41il n'émarre pas la voiture
38:42tout de suite
38:42il la laisse descendre
38:43en moteur
38:43les voisins n'entendent pas
38:45le moteur démarrer
38:45ça veut dire qu'on connait
38:45bien le chemin
38:46donc dans sa tête
38:47il sait là où il va s'arrêter
38:48c'est pas dans la panique
38:49il s'arrête un endroit
38:52il stationne la voiture
38:53dans le mauvais sens
38:53quand il rentre chez lui
38:54Maître Philippis
38:55est-ce qu'on est dans le cas
38:56d'un féminicide
38:58malheureusement assez classique
38:59peut-être même prémédité
39:01en tout cas
39:02on a entendu à l'antenne
39:03il n'y a pas très longtemps
39:04un de mes confrères
39:05qui disait
39:05si elle n'avait pas déposé
39:07plainte avant la victime
39:09ça démontrerait quand même
39:10qu'il n'était pas violent avant
39:11donc il n'aurait pas
39:12prémédité le meurtre
39:14le féminicide
39:14mais je crois que c'est
39:16foncièrement faux
39:17c'est-à-dire qu'il y a
39:18énormément de femmes
39:19qui ne déposent pas plainte
39:20pour les violences
39:21qu'elles subissent
39:22et donc dire ça
39:23en fait c'est opérer
39:24une inversion des choses
39:26c'est-à-dire que c'est pas
39:26on ne va pas reprocher aux victimes
39:28de ne pas avoir signalé
39:29les violences quand en face
39:30on a un homme qui
39:32pour lequel il y a quand même
39:33plusieurs témoignages
39:34qui disent qu'il avait dit
39:34qu'il allait la tuer
39:35et il l'a fait après
39:36donc c'est vrai que
39:38ce genre de propos
39:39je trouve ça quand même
39:39assez compliqué à entendre
39:42pour les familles des victimes
39:43et je me mets à leur place
39:45on ne peut pas dire
39:45que parce qu'une femme
39:46n'a pas déposé plainte
39:47alors elle n'était pas
39:47victime de violences
39:48c'est pas un argument suffisant
39:49oui
39:50ça explique pourquoi
39:51il n'y a pas eu de
39:51non mais ça explique
39:52pourquoi
39:53il n'y a pas
39:54ce que vous mettiez
39:55en avant tout à l'heure
39:57de mesures préalables
39:58pour l'extraire du domicile
40:00si les services
40:01de gendarmerie de police
40:02ou de justice
40:02enfin quelques services
40:03que ce soit
40:03ne sont pas alertés
40:05vous ne pouvez pas
40:05proposer de mesures alternatives
40:07mais quand il dit
40:07à sa mère
40:08c'est sa mère
40:10Nadine
40:11oui mais quand il dit
40:12sa mère
40:12oui sa mère
40:13je vais la tuer
40:14elle aurait pu très bien
40:16signaler
40:16mais comment l'a-t-il
40:17moi j'y étais pas
40:18est-ce qu'il le dit
40:19comme ça
40:20sous la forme de la menace
40:21sous la colère
40:22une fois
40:23deux fois
40:23cinq fois
40:24moi je l'ignore
40:25et oui
40:26sinon c'est compliqué
40:26il le dit aussi
40:27il raconte
40:29ensuite autre chose
40:30à un voisin de cellule
40:31en fait il a déjà raconté
40:32plein de fois
40:33simplement
40:33à sa compagne de cellule
40:34en fait il a raconté
40:36ce qu'il a fait déjà
40:37en fait il nous manquait
40:38les morceaux du pulse
40:39et puis surtout
40:39il manquait
40:40le corps de Delphine Jubilard
40:42avec ses ossements
40:43tout ça c'était du off
40:44tout ça c'est du off
40:45c'est des confidences
40:46faites à un compagnon de cellule
40:48avec une compagne
40:49rencontrée d'ailleurs
40:50en incarcération
40:50comme quoi il n'était pas
40:51si torturé que ça
40:52il simule même
40:53l'estrangulation
40:54avec un geste
40:56au parloir
40:57il lui montre comment
40:57il l'aurait étranglé
40:59avec une clé de coude
41:00et que ça faisait pas doué
41:00c'est ce qu'on apprend à l'armée
41:02pour tuer
41:02il avait déjà finalement avoué
41:04oui mais pas officiellement
41:05et pas devant une cour d'assises
41:06et pas devant une cour d'assises
41:08et tout ça
41:09dans une stratégie de défense
41:10désormais
41:11qui sera différente
41:12on le voit bien
41:12il va falloir quand même
41:13qu'il trouve une explication
41:14à tout ce qu'il a pu raconter
41:16ici ou là quand même
41:17alors ce qu'il joue aussi
41:18c'est les coups et blessures
41:19sur conjoints
41:20ayant entraîné la mort
41:20sans intention de la donner
41:21ça ça coûte 20 ans
41:22dans le code de procédure pénale
41:23c'est l'article 222.8
41:25et effectivement
41:26c'est pas pareil
41:27que meurtre sur conjoint
41:28avec circonstances aggravantes
41:29puisque meurtre sur conjoint
41:30c'est dont on parlait tout à l'heure
41:31exactement
41:32il s'en fait démontrer
41:33qu'il y avait des mineurs
41:33qui ont assisté à la scène
41:34et là on repart sur une question
41:35absolument vous avez raison
41:36il y a une autre qualification
41:39alors on va bien sûr
41:41continuer à parler
41:43de cette affaire
41:44de cette découverte
41:45c'est vraiment l'info principale
41:46de la journée
41:475 ans et demi
41:48après la disparition
41:49de Delphine Jubilard
41:50on a retrouvé
41:51une partie de son corps
41:52alors bien sûr
41:52il y a la confirmation officielle
41:54qui va arriver dans quelques heures
41:55mais comme c'est
41:56Cédric Jubilard lui-même
41:57qui a indiqué
41:57où il avait enterré le corps
41:58il y a peu de doute
41:59on continue d'ailleurs
42:01de fouiller sur place
42:01il y a une centaine
42:02de gendarmes mobilisés
42:03depuis ce matin
42:04on va revenir sur
42:05toutes ces informations
42:05il y a encore beaucoup
42:06de questions sans réponse
42:07donc
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