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  • il y a 5 minutes
Comme chaque semaine, Vincent Derosier revisite l'actualité française à travers un prisme international. Ce soir, Philip Turle (Grande-Bretagne), Joav Toker (Israel), Eva Morletto (Italie), et Aysegul Sert (Etats-Unis) seront à ses côtés pour évoquer les faits marquants de la semaine. Au programme :

Réouverture du détroit d'Ormuz : quel rôle pour l'Europe ?
Stellantis/Poissy : la voiture européenne est-elle morte ?
Nostalgie des années 80 : une spécificité française ?
Regardez Ils refont la France avec Vincent Derosier du 17 avril 2026.

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Transcription
00:00Guten Tag und guten Abend.
00:01Ils refont la France sur RTL.
00:03Buenos dias.
00:05Avec Vincent Derosier.
00:07Et oui, le vendredi, on écoute tout ce que les autres disent de nous
00:10avec nos correspondants en France de grands médias étrangers
00:13en partenariat avec Corée International.
00:14Ce soir, des accents italiens, turcs, britanniques, israéliens.
00:18Bonsoir Eva Morleto, journaliste, éditorialiste pour Grazia et les chaînes Mediacet.
00:22Buonasera a tutti a tutti.
00:24Bonsoir Aïs Egulsert, journaliste turco-américaine
00:27qui rentre à l'instant dans ce studio.
00:29Témoigné.
00:29Y'a que chamlar, Vincent.
00:31Philippe Terla, journaliste britannique, chroniqueur international à France 24.
00:34Bonsoir.
00:35Hello Vincent, good evening and welcome.
00:38Et Yoav Toker, journaliste israélien.
00:40Bonsoir à vous.
00:41Riftau, bonsoir.
00:42L'équipe est au complet, c'est parti.
00:46Jusqu'à 20h, ils refont la France avec Vincent Derosier.
00:50Nous demandons tous la pleine réouverture immédiate, inconditionnelle
00:56par toutes les parties du détroit d'Hormuz.
00:59Nous demandons la restauration des conditions de libre passage qui étaient en vigueur avant
01:05la guerre et le plein respect du droit de la mer.
01:08Nous nous opposons tous à toute restriction, tout régime de convention qui équivaudrait
01:14dans les faits à une tentative de privatiser le détroit et évidemment tout système de péage.
01:22La prise de parole d'Emmanuel Macron à l'Elysée tout à l'heure, car oui, le trait stratégique
01:26détroit d'Hormuz où transit 20% du pétrole mondial est rouvert.
01:30L'Iran l'a annoncé peu avant 15h cet après-midi.
01:33Philippe Terla, ça y est, c'est la fin de la guerre ?
01:35Alors, je ne vais pas parler plus vite que la musique, Vincent, mais vous savez que c'est
01:41une initiative qui était conjointe entre la France, Emmanuel Macron et la Grande-Bretagne
01:46de Keir Storm, le Premier ministre britannique, qui ont fait venir une trentaine de représentants
01:53de pays différents à Paris par vidéoconférence aujourd'hui.
01:57Il y avait en personne, Giorgio Maloney, le Premier ministre italien et Frédéric Merckx,
02:02le chancelier allemand.
02:04C'était une initiative, je pense, qui est importante, mais qui vient vraiment au moment
02:11où on annonce cette grande nouvelle que le détroit d'Hormuz est ouvert.
02:15Le problème est qu'il y a beaucoup de questions qui sont toujours posées et hier, dans ma chronique,
02:25j'ai dit qu'il y a trois mots qui décrivent la situation.
02:28Le premier, c'est l'incertitude, parce qu'on ne sait pas où ça emmène.
02:31Le deuxième mot, c'est la frustration que cette guerre est très longue.
02:36Et le troisième, c'est la confusion, parce que vraiment, on est très confus par rapport
02:40à qui dit quoi.
02:42Donald Trump annonce des choses, les Iraniens annoncent d'autres choses.
02:46On a les Européens d'autres pays du monde, de l'Asie, peut-être même la Chine,
02:53quoique je pense que la Chine n'a pas participé à la réunion de Paris aujourd'hui.
02:57Le plus important, c'est qu'on ouvre le détroit d'Hormuz, mais on n'est pas certain
03:00que ça soit complètement ouvert.
03:02Et est-ce que la situation est telle que la guerre va se terminer une fois pour toutes ?
03:09Ou est-ce que, juste pendant le cessez-le-feu, il y aura l'ouverture du détroit d'Hormuz
03:13et ça va recommencer de plus belle la semaine prochaine, une fois que le cessez-le-feu se termine ?
03:20Donc, réunion importante aujourd'hui à Paris, réunion, je pense, plus que symbolique,
03:26c'est ce que beaucoup de monde ont dit, et il est important que tous ces pays qui ont participé
03:30aujourd'hui montent un front commun contre Donald Trump, surtout parce que Donald Trump
03:34a beaucoup critiqué l'OTAN, a beaucoup critiqué la France d'Emmanuel Macron, en disant
03:38que c'est un président qui est maltraité par sa femme, il a beaucoup critiqué qu'il est
03:41homme en Grande-Bretagne en disant que ce n'est pas un Winston Churchill.
03:44Je pense qu'il était temps que tous les pays se réunissent pour montrer un front commun
03:49contre Donald Trump pour voir qu'on existe et qu'on a un rôle à jouer dans l'avenir.
03:52Des incertitudes, non-y Philippe Thurl, mais la bonne nouvelle, c'est le détroit d'Hormuz
03:56rouvert aujourd'hui.
03:57Oui, la bonne nouvelle, alors il ne faut pas penser que c'est un retour à la normalité,
04:01il faut penser surtout que l'Iran utilise le détroit d'Hormuz comme un robinet stratégique,
04:07et il module la pression. Et à chaque fois que la pression baisse, comme là, ou avec
04:14cette réouverture, il a des gains diplomatiques. Regardez l'image qu'on a à l'international
04:19face à une Amérique qui est carrément psychotique. Donc là, on a le secrétaire pour la défense
04:25qui vient de se planter dans un office religieux en citant des phrases d'un film de Tarantino,
04:31c'est-à-dire on est dans le délire plus total. On a Donald Trump qui se représente en
04:35Jésus. Là, avec l'ouverture du détroit d'Hormuz, on a pratiquement l'Iran qui passe
04:42pour la partie raisonnable de ce contexte, ce qui est assez dingue, si on veut, au niveau
04:48d'image. Donc, on voit que finalement, le détroit d'Hormuz, c'est aussi un intérêt
04:53des Iraniens de l'ouvrir.
04:54Parce que c'est la nouvelle que le monde attendait.
04:56Mais bien évidemment, et le pétrole a déjà baissé comme compris, Wall Street est
05:01content, le Nasdaq est content, et tout ça. Mais c'était l'intérêt premier aussi
05:04pour l'Iran parce que 90% de leur pétrole passe par là. Donc, finalement, c'était
05:09leur intérêt premier. Mais maintenant, c'est comme s'ils avaient fait un cadeau au
05:13monde. Et donc, stratégiquement et diplomatiquement, c'est une arme redoutable.
05:19Aïs et Goulsert, ça vous a fait tiquer, l'Amérique psychotique. Je vous ai vu réagir.
05:23Oui, oui, tout à fait. Il y a toujours une partie de moi qui est américaine. Donc, même
05:28si je critique mon pays parce que l'aimer, c'est la critiquer. Bien sûr que ça fait un peu
05:34mal. Après, il ne faut pas oublier que je ne suis pas en train de défendre l'Iran
05:39des Mollahs, loin de cela. Mais que l'Iran, on a un sens où le détroit d'Hormuz, avant
05:46que les Israéliens et les Américains décident d'attaquer et décident de lancer cette
05:50guerre, fonctionnait comme elle devrait fonctionner. Et que c'était exactement dans un moment
05:55de guerre, chaque parti fait ce qu'il a, deal un peu avec les cartes qu'ils ont dans
06:01les mains. Donc, les Iraniens sont en train d'utiliser, malheureusement, contre la loi
06:06internationale, le détroit d'Hormuz. Mais moi, il ne faut pas oublier que les Américains
06:11aussi, surtout, là je suis en accord complet avec le côté psychotique, bien sûr, des
06:15Américains. Mais c'est que c'est ça le problème qu'on a aujourd'hui. C'est que la loi
06:19internationale,
06:20depuis très longtemps, par des pays comme Israël, comme les Etats-Unis et d'autres, ont été
06:25tellement piétinés qu'aujourd'hui, on est dans un univers où on est en train de se demander,
06:30on ne peut plus faire confiance aux Américains. Mais en même temps, on commence à peut-être
06:34essayer, on commence aussi à voir comment les Iraniens sont en train de gagner du soutien
06:42dans leur pays. Parce qu'il ne faut pas oublier qu'aujourd'hui, même si les Américains disent
06:46qu'il y a un régime change, un changement de régime, ceux qui sont au pouvoir en
06:49Iran sont encore plus durs que ceux qu'on avait il y a plus de deux mois, il ne faut
06:53pas oublier non plus que les Russes et les Chinois sont, entre guillemets, les gagnants
06:57pour l'instant de cette guerre. Et que les Européens, ils peuvent faire autant de sommets
07:01qu'ils veulent en vidéoconférence ou en présentiel, pour l'instant, sont des spectateurs
07:06et ça reste là.
07:07You have to care, détroit rouvert, accord de paix peut-être imminent, on peut les croire,
07:14on peut croire les Iraniens, on peut croire Donald Trump ?
07:18Il faut, mais il ne faut pas prendre ça trop au sérieux. C'est pour ça que je me
07:22permets d'arriver avec une petite dose de prudence. Si nous regardons nos propres yo-yos
07:30qui vont du haut vers le bas, vers le haut, vers le bas, ne serait-ce que, je ne sais
07:33pas,
07:34cette dernière semaine ou ces derniers dix jours, on voit que les choses, avec la vitesse
07:39médiatique en plus, qui l'accélère. Donc oui, je crois que c'est un bon pas dans la bonne
07:44direction, effectivement, qui est celle de la fin de la guerre, mais ce n'est pas
07:48la fin de la guerre, et nous ne sommes pas à l'abri, y compris dans le contexte précis,
07:53militaire, maritime, commercial, des Trois Dormoz, nous ne sommes pas à l'abri
08:00d'éléments, les protagonistes eux-mêmes, des éléments qui sont proches des protagonistes,
08:05mais qui peuvent jouer un double jeu, des éléments qui ont enterré à manipuler
08:10les choses de l'extérieur pour mille et une raisons régionales, politiques, militaires,
08:15religieuses et autres. Donc, je serai plus prudent et, en espérant effectivement
08:21que la phrase d'ouverture que j'ai prononcée, à savoir un bon pas dans la bonne direction,
08:26tienne la route.
08:27Est-ce que le timing vous a surpris ? Qui veut répondre ? Qu'est-ce qu'il y a
08:31derrière
08:31ces annonces ?
08:32Je pense qu'il ne faut pas oublier le Liban dans toute cette histoire, parce que, d'accord,
08:35on a la bonne nouvelle, entre guillemets, où le bon pas, comme vous dites très justement,
08:41vers un deuxième chapitre des négociations au Pakistan, etc. Mais il ne faut pas oublier
08:48que le Liban, jusqu'à la truce, je ne sais pas comment dire, le cessez-le-feu en français,
08:53j'imagine, au Liban qui vient d'être...
08:572200 morts et plus d'un million de déplacés.
08:58Exactement, et les dégâts que ça a fait jusqu'à il y a quelques heures, c'est-à-dire
09:03qu'il y a eu à nouveau des bombardements, des frappes israéliennes, c'est-à-dire
09:07que Hormuz, je me demande si le détroit d'Hormuz n'est pas en train, parfois, de changer
09:13notre regard de ce à quoi on devrait regarder, c'est-à-dire les plus de 30 000 morts au
09:18mois
09:18de janvier en Iran par le gouvernement iranien, c'est-à-dire que les 1 million de déplacés
09:25de Libanais, les morts, les dégâts dans Beyrouth, une capitale, nous sommes aujourd'hui
09:29autour d'une table, dans une ville qui est une capitale également, imaginez si maintenant
09:33il y avait un autre bombardement juste à côté.
09:35Donc il y a ça aussi, c'est-à-dire que cette guerre n'est pas juste le détroit d
09:38'Hormuz,
09:38n'est pas juste l'Iran, mais il y a toute la région qui est impactée.
09:41Il y a un aveuglement mondial sur, par exemple, le prix des carburants à la pompe et on
09:46ne voit plus le reste ?
09:46Je pense que tout le monde, oui, vous avez raison, certainement, je pense que tout le monde
09:50voulait sortir de cette guerre et le blocus que les Américains avaient imposé, ou ont
09:56imposé sur les étoiles d'Hormuz, asphyxie l'économie iranienne, donc c'était pour but
10:03de mettre la pression sur la Chine, parce que la Chine achète 90% du pétrole iranien
10:07quand même, pour que la Chine mette la pression sur l'Iran, pour que l'Iran ouvre les étoiles
10:11d'Hormuz.
10:12Donc sur ce plan-là, c'est réussi.
10:14Mais sur le fond, qu'est-ce qu'on a obtenu dans cette guerre ? On n'a pas obtenu
10:17un changement
10:18de régime en Iran, c'est toujours sur place, on n'a pas obtenu que l'Iran soit complètement
10:23écrasé, on n'a pas obtenu l'écrasement de Hezbollah qui existe toujours, maintenant
10:27il y a un cessez-le-feu au Liban imposé par Donald Trump, c'est Donald Trump qui a pris
10:35la place de Benjamin Netanyahou, qui a poussé les Américains à intervenir pour bombarder
10:40l'Iran, c'est maintenant Donald Trump qui prend le relais derrière, qui impose au Premier
10:44ministre israélien, de mettre fin à la guerre au Liban.
10:48Donc qu'est-ce qu'on a obtenu à la fin de tout ça ? Beaucoup d'ennuis, beaucoup
10:51de frais, mais sur le fond, pas beaucoup de progrès.
10:55Et aussi une situation au Liban où encore une fois l'Europe sort perdante parce que la
11:00France a été exclue de cesser le feu et elle est encore une fois écartée, malgré
11:06le fait que dans le passé elle avait eu un rôle important, diplomatique, dans ce qui
11:11s'est passé au Liban, et encore une fois l'Europe perdante sur ce front.
11:16Mais c'est vrai qu'objectivement, c'est vrai qu'il y a les rôles de la France, la présence
11:21de la France dans ces conflits est tout à fait marginale.
11:24Ça ne plaît pas, ce n'est pas très agréable à dire.
11:27La France est l'Europe, non ?
11:28Oui, la France est l'Europe, mais la France c'est quand même l'ex-puissance coloniale,
11:35il y a des liaisons historiques qui lient ces deux pays, il y a souvent des ambitions
11:40des leaders français, des gauches et des droites depuis des décennies, qui partent
11:44de cette grande sœur, de ces grands pays que nous aimons, etc.
11:48Donc c'est disons plus pénible, du point de vue français, d'être face à l'impuissance
11:53que pour la Grande-Bretagne, ou l'Italie, ou l'Espagne, ou la Belgique.
11:59La France, quand on est au rôle de spectateur, et bien justement, dans un instant, on va
12:03parler de l'automobile européenne, est-ce qu'elle est condamnée à regarder les voitures
12:07chinoises sortir d'usines et nous à réparer les pièces, à tout de suite.
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12:16Ils refont la France sur RTL, avec Vincent Derosier.
12:20À 19h30 sur RTL, le point sur l'info avec vous Flora Granchette.
12:25Le Liban travaille à un accord permanent après le cessez-le-feu de 10 jours avec Israël.
12:30Annonce du président libanais José Faouni il y a quelques minutes.
12:33Un accord très proche également entre l'Iran et les Etats-Unis, selon Donald Trump.
12:37Le détroit d'Hormuz qui est désormais ouvert pendant les 10 jours de cessez-le-feu.
12:41Mais sous conditions iraniennes, seuls les navires civils peuvent passer le détroit avec l'aval de Téhéran.
12:46Les Américains poursuivent quant à eux leur blocus des ports iraniens.
12:50Des espoirs d'apaisement au Moyen-Orient qui se répercutent déjà sur l'économie mondiale.
12:54Les cours de pétrole ont chuté de 10% à l'annonce de l'ouverture du Détroit cet après-midi.
12:58Le prix du baril de Bren se négocie désormais à moins de 88 dollars.
13:02Et puis en Géorgie, les judokas français continuent de rafler des médailles au championnat d'Europe de judo.
13:08Chez les hommes, Diane Boulême-Tafès a créé la surprise chez les moins de 73 kilos face à son compatriote
13:13Johan Benjamin-Gaba.
13:14Chez les femmes, Manon Deketter décroche l'argent au moins de 63 kilos.
13:19Sarah Léonie-Sizik décroche quant à elle le bronze.
13:22Merci Flora Grandchette, vous revenez à 20h.
13:25Vincent Derosier, ils refont la France sur RTL.
13:29J'ai encore 20 ans de travail à faire donc je vais aller les faire roux.
13:33Moi j'ai toujours connu ici, ça va être compliqué pour la suite.
13:36J'ai une famille, j'ai trois enfants, j'ai une maison, j'ai un crédit.
13:40Si on perd notre boulot ici, on va faire quoi ?
13:43Redouane, ouvrier de chez Stellantis à Poissy dans les Yvelines.
13:46Il vient d'apprendre que Poissy et les voitures c'est fini, la production s'arrêtera en 2028.
13:51Sur le site historique, dernière usine d'assemblage automobile d'Île-de-France, le site produisait 90 000 véhicules par
13:57an.
13:58Le groupe italo-franco-américain va investir 100 millions d'euros pour lancer à la place un centre de fabrication
14:03de pièces et de déconstruction de véhicules.
14:05Dans une logique, je cite, d'économie circulaire.
14:08Eva Morleto, c'est ça maintenant l'Europe ? On va réparer des voitures ?
14:11Alors que le marché de l'automobile soit en crise en Europe, ça c'est un fait.
14:15Après le drame des licenciés de Stellantis, c'est-à-dire c'est un drame annoncé.
14:21Parce qu'en février, on se rappelle que Stellantis avait quand même eu une dépréciation de 22 milliards de ses
14:27actifs.
14:28Pourquoi ? Parce qu'il faut voir un peu quelle est la stratégie de l'automobile européenne.
14:33Donc c'était un peu le premier marché qui a voulu viser sur l'électrique, sur le tout électrique.
14:41Notamment Stellantis et ils se sont rendu compte qu'ils se sont plantés.
14:45Parce que les consommateurs ne sont encore pas prêts.
14:48Parce que le virage vers l'électrique s'est révélé beaucoup plus coûteux que ce qu'on attendait.
14:54Et du coup, voilà, on fait marche arrière et on a des pertes liées à ça.
15:01Ça concerne un peu tous les marques.
15:03Il a été arrêté par qui le virage de l'électrique ? L'Europe entière ? L'Italie ?
15:06Oui, toutes les marques, regardez l'Allemagne, Volkswagen, en fait, prévoient dans les prochaines 5 années
15:12des licenciements pour 50 000 travailleurs.
15:15Donc on est quand même dans une situation...
15:16Un autre indicateur très puissant, c'est les voitures de luxe.
15:20Normalement, les segments des voitures de luxe, c'est un segment très peu impacté par les crises économiques.
15:25C'est très peu sensible à la volatilité des marchés.
15:29Parce que les gens qui les achètent n'ont pas normalement de problème selon s'il y a des crises
15:34géopolitiques ou pas.
15:36Eh bien, on a des marques comme Ferrari, dont le carnet de commande est plein.
15:40Et par contre, on a d'autres marques comme Porsche ou Bentley.
15:44Porsche, en 2025, il a quand même perdu 9% des bénéfices.
15:47Donc il y a cette crise.
15:49Après, il faut voir quelle est la stratégie qu'on va mettre en place.
15:51Et là, on a déjà quand même des petites portes de sortie.
15:54On voit par exemple qu'Audi avec Porsche, ils mutualisent les plateformes technologiques
16:00pour mutualiser leur savoir-faire et leur technologie.
16:05Ça peut être des portes de sortie.
16:07Là maintenant, on commence à se rendre compte que ce virage à l'électrique pose problème
16:12et on est en train d'envisager d'autres portes de sortie.
16:16Après, qu'est-ce que ça donnera en futur ?
16:19C'est encore un point d'interrogation.
16:21Philippe Thurl, le virage au Royaume-Uni, ça a été une sortie de route aussi ?
16:24Je vous dirais que la France est en train de vivre ce que le Royaume-Uni a vécu
16:29il y a déjà plusieurs décennies dans l'industrie automobile.
16:33Quand j'étais gamin, on roulait tous en Austin, en Morris, en Hoover.
16:38Et tout a disparu.
16:39Plus aucun marque presque reste de l'époque.
16:43Il y a des marques qui ont survécu, mais comment ils ont survécu ?
16:45Parce qu'ils étaient rachetés par des grosses entreprises à l'étranger.
16:49Donc, par exemple, Jaguar appartient aux Indiens.
16:54Rolls-Royce appartient à BMW.
16:57Mini, c'est allemand aussi.
16:59Donc, toutes les grandes marques ont été vendues.
17:02Et j'ai beau chercher aujourd'hui une marque britannique, voiture connue,
17:06qui est entièrement britannique et n'en a plus.
17:08C'est toutes petites marques qui fabriquent très très très peu de voitures que personne ne connaît.
17:13Mais toutes les marques connues appartiennent tous à des grands groupes étrangers.
17:18Et donc, il y a de la fabrication en Grande-Bretagne.
17:20Mais à l'époque, on disait qu'avec les grèves, avec les problèmes industriels,
17:25avec la fabrication qui n'était pas à la hauteur, même si les voitures étaient très belles,
17:31on s'est fait écraser d'abord par les Allemands et aussi par les Japonais.
17:34Et les Japonais sont venus en masse sur le marché britannique.
17:36Et les gens disaient, entre une voiture japonaise qui est très fiable, qui mange très bien,
17:40et une voiture britannique qui va tomber en panne au premier carrefour,
17:43et bien je prends une japonaise.
17:44Et on est en train de vivre, malheureusement en France, la même chose.
17:48Pas parce que les voitures françaises tombent en panne, ce n'est pas du tout la même époque,
17:51mais parce que les voitures chinoises sont bien construites,
17:55le marché a été ouvert, ils peuvent venir en masse et ils ne sont pas chers.
17:59Et donc les gens disent, on va acheter cette voiture-là,
18:01et peut-être encore mieux adaptée et plus moderne
18:06que certains modèles en France et en Europe qui ne peuvent pas se moderniser
18:11parce qu'ils manquent d'argent.
18:12Et donc c'est très compliqué, mais la France a encore une industrie automobile,
18:17il faut faire le maximum pour l'entretenir,
18:21pour qu'on ne vit pas la même chose qu'on avait en Grande-Bretagne,
18:24qui était quand même une énorme souffrance pour les Britanniques.
18:26Et c'est Goulsert, les voitures électriques chinoises qui vont se recharger en quelques minutes,
18:30on peut lutter contre ça ?
18:32Je ne sais pas si on peut lutter, mais ce qu'Eva a dit est très juste,
18:38c'est-à-dire que ce n'est pas un mouvement qui vient de nous tomber dessus,
18:43on le voit depuis longtemps,
18:44mais aussi ces licenciements malheureusement et ces fermetures d'usines,
18:48c'est quelque chose qu'on voit aux Etats-Unis aussi,
18:50c'est juste pour dire que malheureusement dans cette histoire,
18:52on est ensemble dans le sens où General Motors par exemple aux Etats-Unis
18:57a licencié énormément d'ouvriers.
19:00Après pour Stellantis, ce ne sera pas de licenciement,
19:03il y a des parts à la retraite et de la reconversion.
19:05C'est ce qu'ils disent pour l'instant, voilà.
19:07Mais aux Etats-Unis, c'était la même chose.
19:10Et je souligne le fait que pour les Etats-Unis,
19:13parce qu'aux Etats-Unis, la voiture, c'est un symbole.
19:16C'est-à-dire que la voiture, c'est le American Dream.
19:19L'Américain lambda rêve d'une petite maison et d'une voiture.
19:24Aux Etats-Unis, sans voiture, vous n'existez pas, entre guillemets.
19:27Donc le fait qu'on voit qu'aujourd'hui, depuis les cinq dernières années,
19:31donc ce n'est pas juste Trump,
19:33il y a de moins en moins de 20% de moins de ventes de voitures aux Etats-Unis,
19:38quel que soit l'État, c'est quelque chose qui en dit beaucoup.
19:41Et dernièrement, j'ai regardé les chiffres pour Stellantis,
19:44et c'est là où je revenais à ce qu'Eva disait.
19:49C'est-à-dire qu'au milieu des années 1970,
19:52il y avait 27 000 personnes qui travaillaient dans cette usine.
19:57En 1990, c'était 9 000.
20:00En 2015, c'était 6 000.
20:02En 2026, en 2028, on parle de 1 500 peut-être.
20:07Donc c'est là où on voit aussi qu'il y a tout,
20:09avec le IA, avec l'écologie, avec l'électrique,
20:13qui est en train de changer.
20:15Mais malheureusement, la voie que vous avez fait passer
20:17au début de votre émission était la bonne.
20:18C'est-à-dire que c'est l'ouvrier qui paye le prix fort,
20:21celui qui va être licencié
20:23ou qui va devoir prendre un gros chèque pour partir.
20:25Les réparations, quand même,
20:27Yoav Toker, ça va dans le sens de l'histoire aussi ?
20:29Réparer, garder ?
20:31Oui, ça va dans le sens de l'histoire,
20:33mais il y a beaucoup de choses qui vont dans le sens de l'histoire,
20:35dans cet ensemble.
20:37Si on élargit un petit peu,
20:38on voit que depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale,
20:43on a des hauts et des bas,
20:45une demi-dizaine de puissances,
20:48enfin de pays qui sont très puissants
20:51côté industrie automobile.
20:53C'est la Grande-Bretagne, c'est la France,
20:56c'est l'Italie, c'est l'Allemagne, bien évidemment,
20:58les Japon, les Etats-Unis,
21:00et nous avons tous les...
21:02Je ne sais pas, que ce soit une décade, deux décades,
21:04tout d'un coup, à un passage dur,
21:08et puis l'industrie japonaise se met dans un état dur,
21:12les autres en profitent,
21:14et puis 15 ans plus tard,
21:15les choses changent.
21:16Je crois que quelque chose de cette nature,
21:19même si les paramètres du haut et du bas seront différents,
21:23nous attend maintenant, non pas au court terme,
21:26au court terme, c'est clair que c'est de l'importation chinoise.
21:31Tout le monde va rouler chinois.
21:31Je ne sais pas si tout le monde va rouler chinois.
21:33D'abord, je voudrais savoir,
21:35qu'est-ce qui se passe,
21:36juste, peut-être quelqu'un ici peut nous rassurer,
21:38avec la législation européenne,
21:40parce qu'il était question d'interdire des voitures thermiques en 1935,
21:45puis il était question de le faire pour 1930,
21:47puis j'ai vu une autre version,
21:48comme si ça allait être aussi vite que 1928.
21:52Est-ce que vous savez à quel moment
21:53l'Union Européenne avait formalisé
21:58l'introduction de l'interdiction de vente de voitures thermiques ?
22:03A ma connaissance, ce n'est pas encore clair,
22:06il y aura des délibérations à Bruxelles et ailleurs.
22:09Et il y a un autre élément, le dernier,
22:12la voiture électrique, ce n'est pas le miracle absolu.
22:16Vous savez que, non pas parmi les industriels,
22:20ni parmi les concessionnaires,
22:22qui profitent effectivement de subventions chinoises
22:26et des prix effectivement très accessibles,
22:28mais les scientifiques ne savent pas exactement ce qu'ils pensent
22:32de ces batteries et de leur long terme et de leur vieillesse,
22:36la vieillesse des batteries et quoi faire avec des voitures plus âgées.
22:40Apparemment, les batteries et les véhicules électriques
22:43vieillissent plus vite que les voitures thermiques.
22:46Et qu'est-ce que nous allons, nous, nous tous,
22:49qu'est-ce que nous allons faire avec des millions et des millions de voitures
22:53qui arrivent à la fin de leur vie et qui, du point de vue écologique et économique,
22:59les batteries poseront problème.
23:02Et la crise, elle va peut-être accélérer l'électrique aussi ?
23:04Oui, mais ce que je voulais dire,
23:06c'est que probablement on aura une crise parallèle,
23:08c'est-à-dire d'un côté une crise de l'automobile,
23:10pour les raisons qu'on a évoquées,
23:12mais aussi une crise de l'emploi,
23:14parce que l'industrie automobile est une des industries
23:17les plus sensibles au développement de l'intelligence artificielle.
23:20Donc, ça peut être aussi que l'industrie automobile
23:22s'est remis sur pied et les chiffres d'affaires remontent.
23:26Mais parallèlement, on continue de licencier du monde
23:28parce qu'il y aura des rôles de techniciens
23:31qui ne seront plus indispensables.
23:33Donc, il faut tenir compte de ça aussi.
23:34Il y a une voiture du futur, peut-être.
23:36Bon, dans un instant, on ne va pas monter dans une voiture du futur,
23:38aller plutôt dans une Peugeot 205.
23:40On va regarder dans le rétro, dans les années 80,
23:42la nostalgie a envahi la France.
23:45Mais pourquoi ?
23:46Et puis, est-ce que c'est le cas aussi dans vos pays respectifs ?
23:48On en parle, à tout de suite.
23:51Le matin
23:52Le midi
23:54Le soir
23:56C'est RTL
24:01RTL
24:02Ils refont la France
24:04Avec Vincent Derosier
24:15Voilà, ça, ça permet de reposer le débat
24:18sans rappeler qu'on va parler des années 80.
24:20Mais que nous arrive-t-il ?
24:21C'est le grand bond réconfortant en arrière
24:24au cinéma.
24:25Il y a le dernier film de Nakash et Toledano,
24:27Juste une illusion, qui nous replonge en 1995.
24:29Et puis, il y a les Walkman, les BMX,
24:31qui ont refait surface dans Stranger Things sur Netflix.
24:39Alors, je ne sais pas qui veut commencer,
24:41mais est-ce que cette nostalgie des années 80,
24:43est-ce qu'elle est spécifique à la France ?
24:46Ou elle est partout ?
24:47Je peux commencer ?
24:48C'est un peu généralisé.
24:50Oui, en Italie aussi, on est en plein...
24:53Déjà, il y a une mauvaise nouvelle,
24:54c'est que les années 80 sont devenues vintage.
24:56Donc, pour qui les a vécues comme moi,
24:58je ne sais pas si c'est exactement une bonne nouvelle,
25:00parce que ça veut dire que je suis vintage moi aussi.
25:02Mais en tout cas, c'est un peu une caractéristique
25:04de toutes les générations, on va dire,
25:06de glorifier une décennie passée.
25:08Alors que peut-être, il n'y a pas toutes les raisons pour les faire.
25:11Les années 80 symbolisent un peu l'insouciance, etc.
25:14Mais bon, il y avait la guerre froide,
25:16il y avait pas mal de problématiques encore,
25:17qui étaient des conflits, des problématiques en place.
25:20Nous, on avait, à notre époque, glorifié les années 70,
25:24comme si c'était une longue décennie,
25:26un long festival Woodstock avec Pissin Love.
25:29Alors que, franchement, il y avait quand même
25:31les dictatures féroces en Amérique du Sud,
25:33la guerre du Vietnam.
25:34En Italie, il y avait du terrorisme interne.
25:36Mais ça fait partie un peu de chaque génération
25:39d'avoir cette loupe d'idéalisation
25:41avec laquelle, regardez, les décennies passées.
25:45Et c'est plutôt ça.
25:46Et de la part de cette génération, je peux aussi comprendre,
25:48parce que finalement, c'est une période assez difficile,
25:50je veux dire, les conflits,
25:53l'épée de Damoclès écologique,
25:55les addictions numériques,
25:57je veux dire, ça fait beaucoup.
25:58Et puis, il y a une chose qui se rajoute aussi,
25:59c'est le fait qu'aujourd'hui, les gens,
26:01et surtout les jeunes,
26:02regardent un peu le présent avec le prisme
26:05des réseaux sociaux,
26:06où il y a des idéaux de vie complètement inatteignables.
26:09Et donc, finalement, avoir une époque insouciante,
26:11sereine, ça fait un peu rêver,
26:13et on va la pêcher dans le passé.
26:14Et vous, Eva Morleto,
26:15vous nous avez dit que vous aviez connu les années 80,
26:17vous écoutiez ça ?
26:21Je précise, ce n'est pas ma chanson préférée,
26:24voilà, je dois une explication,
26:26parce qu'ils sont tous les noirs, comme moi,
26:27même s'ils chantent en espagnol,
26:29parce que dans les années 80...
26:30J'allais dire, on a reconnu l'espagnol, là, donc...
26:31Voilà, dans les années 80,
26:33en Italie, on chantait en anglais,
26:35notamment Boys, Boys, Boys,
26:37et puis, on chantait en espagnol,
26:39parce que ça faisait cool,
26:40et ça faisait partie,
26:42donc c'était cette courante un peu insouciante
26:44liée à cette époque.
26:45Et c'est la chanson que vous avez choisie,
26:46Aïssé Goulsert,
26:48Jérôme Fourquet, le politologue,
26:50dit dans un article du Point
26:51que les années 80,
26:52c'est les derniers feux d'un monde analogique
26:54où les choses allaient moins vite qu'aujourd'hui.
26:56C'est une des explications ?
26:58Oui, mais c'est intéressant,
26:59parce que les années 80 en Turquie,
27:00donc moi, je suis née,
27:01je suis femme des années 80,
27:04enfant des années 80, en tout cas.
27:05On a installé la chanson.
27:06Non, non, non.
27:08Et en Turquie, à l'époque,
27:10c'était vraiment les années noires,
27:11les années 80,
27:12c'est-à-dire qu'on a eu
27:14le coup d'État le plus sanglant
27:15de l'histoire de la Turquie,
27:16mais tout était noir,
27:18tout était, voilà,
27:19c'était sous le putsch
27:21jusqu'en 86.
27:23Mais on regardait beaucoup aux États-Unis.
27:25Et les États-Unis,
27:26les années 80,
27:27je pense que c'était le soft power
27:29qui nous a atteints.
27:30C'est-à-dire que moi,
27:31je me rappelle très bien,
27:32c'était les séries,
27:33c'était Dallas,
27:34c'était Miami Vice,
27:35c'était Michael en musique,
27:36c'était Michael Jackson,
27:38c'était Prince,
27:38c'était Madonna.
27:39Il y avait quelque chose
27:40de très libérateur
27:41qui venait des États-Unis.
27:42C'était même les jeans,
27:44les vice 501,
27:46c'était les T-shirts Gap.
27:47C'est le monde d'aujourd'hui, en fait.
27:49Oui, tout à fait.
27:50Mais le monde n'était pas encore
27:52aussi globalisé qu'aujourd'hui.
27:54Et donc,
27:54il y avait une libération,
27:56une étiquette de libération
27:58qui est dans les années 80,
27:59je pense.
27:59En tout cas,
28:00moi,
28:00pour les années 80,
28:02ça m'a fait toujours penser
28:03à une sorte de liberté,
28:05un souffle de liberté
28:07qui venait à travers,
28:11malheureusement,
28:11le côté musique,
28:15séries et habits
28:16que les Américains,
28:17ils nous donnaient envie.
28:19C'est amusant
28:19que vous parliez de liberté
28:20parce qu'en fait,
28:21aujourd'hui,
28:21on a accès à beaucoup plus
28:22de séries,
28:23on peut se déplacer,
28:24voyager partout.
28:25Ce n'était pas le cas
28:25forcément en 1980.
28:26Oui, c'est vrai.
28:28Mais il y avait quelque chose
28:29d'autre.
28:30C'était MTV,
28:31vous venez de commencer.
28:31Moi, je me rappelle.
28:34En Turquie,
28:34on découvrait les choses
28:36dix ans plus tard,
28:37bien sûr.
28:38Mais il y a eu quelque chose
28:40qui a changé.
28:41Les cartes de crédit
28:42ont commencé,
28:42en tout cas,
28:43moi, je ne peux pas parler
28:44des Etats-Unis,
28:45pardon,
28:45de la Turquie.
28:47En fin des années 80,
28:49il y avait des cartes de crédit.
28:50Donc,
28:50tout ce qui,
28:51aujourd'hui,
28:51nous est tellement commun,
28:54dans les années 80,
28:55on les découvrait.
28:56Et donc,
28:56ils avaient beaucoup de valeur
28:57et je pense qu'ils nous ont marqués.
28:59Et moi,
29:00la chanson que j'ai choisie...
29:01Oui, j'allais le dire.
29:02Vous écoutez ça, vous ?
29:09Ça, c'était 1980.
29:11Ajda Pekan,
29:13qui est notre Dalida nationale
29:14en Turquie,
29:15qui avait choisi cette chanson
29:16pour nous représenter
29:18à l'Eurovision 1980.
29:21Malheureusement,
29:22le résultat était très décevant,
29:24mais c'était une façon
29:25de la Turquie
29:26de dire aux Européens
29:27qu'on existe
29:28et en plus,
29:29il ne faut pas oublier
29:29que c'était juste après
29:30le crash pétrolier.
29:32Ça parle de pétrole.
29:33Voilà, exactement.
29:34C'est pétrole.
29:34Voilà,
29:35donc,
29:35c'est vrai que
29:36ça nous est resté
29:37et j'ai choisi cette chanson
29:38parce que c'est intéressant
29:40qu'on pourrait l'écouter
29:41à nouveau en 2026
29:42avec tout ce qui se passe
29:43avec le Moyen-Orient,
29:44avec le pétrole
29:45et un peu de Ajda Pekan
29:47qui a 80 ans aujourd'hui,
29:48ça ne fait pas de mal.
29:51You have to care,
29:52ça veut dire
29:52que c'était mieux avant
29:53ou pas ?
29:54C'était une nostalgie ?
29:55Mieux avant,
29:56c'est une vérité abstraite
29:59qu'on peut appliquer
30:00à volonté
30:02par rapport
30:03à l'axe du temps
30:04mais aussi
30:05à l'axe
30:05de sa propre psychologie,
30:07sa propre vie,
30:07etc.
30:08Et moi,
30:08je soupçonne d'ailleurs
30:09sans être parano,
30:11j'espère,
30:12que quand on tourne
30:15vers les années 80
30:16ou 70
30:16ou 90,
30:17il y a quand même
30:18des grosses,
30:19grosses forces
30:21du marché,
30:24des fabricants
30:25qui sont intéressés,
30:26qui poussent vers
30:27et que ça marche.
30:29Parce que si ce n'est pas
30:30les années 80,
30:30c'est les années 70
30:31et après,
30:33c'était les années 60
30:34pendant une longue période,
30:35etc.
30:36Mais pourquoi pas ?
30:37J'ai l'impression
30:38que les années 80
30:39n'étaient pas particulièrement joyeuses.
30:41C'était des années...
30:42Vous nous dites
30:43qu'on est en train
30:43de nous provoquer
30:44cette nostalgie
30:45des années 80.
30:46Oui, provoquer
30:49ou manager,
30:50disons,
30:51parce que ce sont
30:51les managers,
30:52le manager du monde
30:53de la publicité,
30:55de la promotion commerciale.
30:58Donc,
30:58un ingrédient
30:59comme ce que vous avez
31:01mentionné
31:02par rapport
31:02à ces syndromes américains.
31:04L'effet que
31:04ce qui se passe
31:05au sein de la société américaine
31:07traverse l'océan,
31:09les océans
31:10et arrive
31:11quelques années plus tard
31:12ou un peu plus
31:13quelques années plus tard
31:14que ce soit
31:15en Europe occidentale,
31:16que ce soit
31:16en Turquie,
31:17que ce soit
31:17en Inde,
31:18au Japon,
31:18etc.
31:19Donc,
31:20oui,
31:20je crois que c'est
31:21quelque chose-là
31:21qui fait partie
31:23du bouillonnement
31:24comme ça
31:25de l'envie
31:26des individus
31:28et des collectivités.
31:30Alors,
31:30pourquoi pas
31:30les années 80 ?
31:31Ça ne me pose pas de problème.
31:32Sauf que j'ai des doutes
31:34par rapport
31:34à la virginité
31:36des qualités
31:38des années 80.
31:39Les jeunes
31:39du chômage,
31:40en France,
31:41c'était la désillusion
31:42après...
31:43Vous avez le droit
31:43de ne pas être nostalgique.
31:44D'ailleurs,
31:44vous ne nous avez pas
31:45choisi de chanson.
31:45Je suis souvent nostalgique
31:48par rapport
31:48à ma propre vie.
31:49Et la chanson,
31:50alors,
31:50il y a After Cœur.
31:51Quelle chanson ?
31:52Quelle chanson vous écoute ?
31:54Des années 80 ?
31:55Vous avez le temps
31:56de réfléchir,
31:56on va essayer
31:57de la trouver d'ici.
31:57Oui,
31:58laissez-moi réfléchir
31:59les temps que...
32:00Moi,
32:00j'en ai plein,
32:01si vous voulez.
32:01Je vous promets.
32:02Je vous promets.
32:03Un boulonnaire.
32:04je vous promets.
32:06Philippe Teurl,
32:07les années 80.
32:08Je me souviens très bien
32:09les années 80.
32:10Ce qui est drôle,
32:11à l'époque,
32:11les gens disaient
32:12vous savez,
32:12c'était beaucoup mieux
32:13dans les années 60.
32:15Oui,
32:15aujourd'hui,
32:16rien ne va.
32:17Il y a la guerre froide.
32:19Et en plus,
32:19il y a le sida.
32:20Donc,
32:20c'était le grand chagrin
32:22du début des années 80.
32:24Moi,
32:25j'ai perdu des amis
32:27du sida à l'époque.
32:28Et il est vrai
32:29qu'on avait tous,
32:30quand j'avais la vingtaine,
32:31peur de sortir,
32:33de vivre une vie normale
32:34de jeunes.
32:35parce que cette peur
32:37était au-dessus de nu
32:38en disant
32:38vous ne pouvez l'attraper
32:39à aucune façon
32:40de trouver une remède.
32:42Donc,
32:42vous êtes condamnés.
32:44Et je pense que
32:46c'était un énorme frein
32:48pour beaucoup de jeunes
32:49à l'époque
32:49et quelque chose
32:50de terrible à vivre.
32:52Donc,
32:52les années 80,
32:53pour moi,
32:54c'était les années
32:54Thatcher en Grande-Bretagne.
32:55Donc,
32:56c'était aussi très dur.
32:57On a eu des grèves,
32:58on a eu des manifestations,
32:59on a eu des manifs
33:00très violents,
33:00on a eu la grève
33:01des mineurs en 1984
33:04qui étaient très très violents
33:05pour écraser les syndicats.
33:07Donc,
33:07j'ai un souvenir mitigé.
33:09C'est la décennie
33:10où je suis venu
33:11m'installer en France.
33:12J'ai commencé
33:13dans les radios libres.
33:14C'était une époque formidable.
33:15J'ai acheté mes 45 tours
33:16à la FNAC
33:17parce qu'il n'y avait pas
33:17de disques pour la radio.
33:19Donc,
33:19il fallait passer
33:19mes propres disques
33:20pour attirer les auditeurs.
33:22Je pense qu'il n'y en avait pas.
33:23Ça aussi,
33:24on le voit beaucoup
33:24dans les séries.
33:25Allez,
33:2545 tours.
33:26Pour ça,
33:27c'est une époque formidable.
33:28Mais,
33:29je ne suis pas sûr
33:30que c'était mieux
33:31dans les années 80.
33:32Ce qui est sûr aujourd'hui,
33:34c'est que nous vivons
33:34une époque
33:35beaucoup plus anxiogène
33:36qu'on a vécu à l'époque.
33:39Je pense que
33:40le contexte international,
33:42Donald Trump,
33:43la guerre en Iran,
33:44le rechauffement climatique,
33:46tout ça,
33:46pour les jeunes gens,
33:47je ne suis pas convaincu
33:48qu'aujourd'hui,
33:48c'est plus facile
33:49pour les jeunes
33:50que ça a été à l'époque
33:50dans les années 80.
33:52Mais,
33:52c'est très facile
33:53de regarder en arrière
33:54pour dire
33:54que c'était beaucoup mieux avant.
33:56Et,
33:56il y a une chose
33:57qui est certaine,
33:58c'est que
33:58les Français sont très nostalgiques.
34:00C'est quelque chose
34:01que j'ai appris
34:01depuis que j'ai vu en France.
34:02Quand les Français
34:03aiment bien dire
34:04« Oh,
34:04c'était tellement mieux avant ! »
34:06« Oh,
34:06c'est pas comme avant ! »
34:07« Oh,
34:07qu'est-ce qu'on était meilleurs ! »
34:09Ça permet de mieux
34:09râler dans le présent,
34:10vous voulez dire ?
34:10C'est pas nécessairement
34:11vrai dans la vraie vie,
34:14mais c'est toujours bien
34:15de regarder en arrière
34:17pour dire
34:17« Est-ce que les choses vont mieux ? »
34:19Je ne suis pas convaincu
34:20que ça va mieux aujourd'hui,
34:21mais bon,
34:21il faut vivre son époque.
34:22Il ne faut pas toujours vivre
34:23dans l'époque
34:24d'hier 40 ans
34:24parce qu'on n'avance pas
34:25et donc
34:27vivre en son époque
34:28fait le mieux avec
34:29et puis ça ira mieux
34:31peut-être
34:31dans quelques années.
34:32Et vous,
34:32Philippe Turley,
34:33il y avait quoi
34:33sur votre tour de disque ?
34:34J'ai choisi
34:35« Frankie Goes to Hollywood
34:36» avec « Relax »
34:36pour la simple raison
34:37pour le sida d'abord
34:38et deuxièmement
34:40parce qu'à l'époque
34:42ce disque est sorti
34:43et on se dit
34:43« Mais qu'est-ce que c'est
34:44que ce groupe ? »
34:45C'est un disque très très long
34:46que c'est un maxi 45 tours
34:48et c'était monté
34:50dans le top 50
34:51en Grande-Bretagne
34:51et il y a un animateur
34:52à la BBC
34:53qui a écouté les paroles
34:54un jour
34:54qui est allé voir la direction
34:55en disant
34:56« Mais vous vous rendez compte
34:56de quoi d'apprendre
34:57dans ce disque ?
34:58Relax,
34:58c'est des histoires
34:59d'homosexuels etc. »
35:00La BBC a dit
35:01« Ah ben on ne savait pas ! »
35:02Et bien on interdit le disque.
35:04Donc le disque est passé
35:05sur la première chaîne
35:06de Radio Pop
35:07et tout d'un coup
35:07une annonce tombe
35:08et bien on ne passe plus.
35:09Et bien ce qu'est-ce qui se passait
35:10le week-end d'après
35:11le disque était numéro 1
35:13dans le 30-50
35:13et il est resté
35:14au moins 9 semaines.
35:16Je sens que vous avez fait
35:17de la radio libre
35:18on pourrait vous écouter
35:19des heures.
35:20En fait d'un mot
35:21il nous reste 20 secondes.
35:22Les années 80
35:22c'est un peu un doudou
35:23qu'on a idéalisé
35:25et qui revient là
35:26ponctuellement
35:27maintenant nous rassurer.
35:28On va renouveler
35:29ou changer
35:29d'ici 3 semaines,
35:316 semaines,
35:3230 semaines.
35:33Et c'est bien.
35:35Les grands mérites
35:35d'ailleurs des années 80
35:37il n'a pas encore été mentionné.
35:38C'est les toutes dernières
35:39semaines de l'année.
35:41C'est la chute
35:41du mur de Berlin.
35:44Tout à fait à la fin
35:45de cette décennie
35:46qui a changé les mondes
35:48et qui malheureusement
35:49aujourd'hui
35:51est dans un état
35:52plutôt pitoyable.
35:54Merci beaucoup
35:54d'avoir refait la France.
35:56Eric Silvestro
35:57est rentré dans ce studio
35:58parce que c'est
35:59le retour du foot.
36:00Ah oui, salut à tous.
36:00Les années 80, 84
36:01l'Euro,
36:02Michel Hidalgo,
36:03l'équipe de France,
36:03Michel Platini
36:04après Séville 82.
36:05Voilà, moi c'est ça
36:06les années 80.
36:06J'aurais dû vous inviter Eric.
36:07Les premières sensations
36:09de football.
36:09Lance Toulouse
36:10ce soir Vincent.
36:11Merci.
36:12RTL Foot des 20h
36:13à tout de suite.
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