00:00Prends le temps d'apprécier, encore un peu, encore un peu, encore un peu, encore un peu de Juraflor, Juraflor,
00:09encore et encore.
00:10Et pour les fondues de fondues, découvrez la fondue Juraflor aux Trois-Comtés.
00:16RTL Soir, Vincent Parizeau.
00:20Bonsoir Monsieur Turcot.
00:21Bonsoir Monsieur.
00:22Merci beaucoup d'être avec nous ce soir sur RTL.
00:26On est très fiers, on vous adresse nos félicitations.
00:28Vous êtes devenu hier le doyen des Français.
00:32Vous êtes né le 19 décembre 1917.
00:35On va parler de vous et de votre vie, mais avant cela, qu'est-ce que ça vous fait d
00:40'être le plus âgé des hommes de ce pays ?
00:43Écoutez, j'en suis très fier.
00:47Ça prouve que j'ai mené une vie correcte, sans excès.
00:55Mais de toute façon, j'ai quand même vécu, normalement.
01:00C'est-à-dire que vous ne vous êtes pas privé, mais vous avez toujours mené une vie saine ?
01:05Vous n'avez pas fumé, vous n'avez pas trop bu ?
01:08Par contre, j'ai fumé jusqu'à l'âge de 72 ans.
01:13C'est bien précis, déjà.
01:15Et là, j'ai décidé d'arrêter.
01:17Et j'ai arrêté net.
01:20On dit que c'est difficile, effectivement.
01:23Mais avec un peu de volonté, on y arrive.
01:26Alors, Jean Turcot, vous n'êtes pas un inconnu.
01:30Certains vous ont peut-être vu, il y a un an et demi, lorsque vous avez porté la flamme olympique
01:35à l'Assemblée.
01:37Vous vous en souvenez ? C'était un moment important pour vous ?
01:40Très, très important, parce que c'est la présidente de l'Assemblée qui me l'a demandé.
01:47Elle ne pouvait pas le confier à un membre d'un parti sans crier, sans faire des histoires.
01:57Il fallait quelqu'un de neutre.
01:59Donc, elle m'a demandé si j'acceptais de porter la flamme.
02:05Et j'imagine que c'était une grande fierté.
02:07C'est une grande fierté.
02:10J'ai même dû m'entraîner à faire attention et de pouvoir la porter,
02:20parce que cette flamme, c'est quand même 2 kilos.
02:23Alors, je me suis entraîné avec des petits haltères
02:30pour voir si je pouvais vraiment porter ces 2 kilos sans difficulté.
02:36C'est ce que vous avez réussi à faire.
02:37Mais bon, l'Assemblée, vous la connaissez bien.
02:40Vous avez été député de Paris dans les années 70, député UDR, donc gaulliste.
02:46Vous suivez la politique aujourd'hui encore ?
02:49Contrairement à ce que j'ai connu, je ne reconnais pas l'Assemblée nationale.
02:54Parce qu'à mon époque, on considérait que l'Assemblée nationale représentait la France.
03:02Il y avait une certaine dignité qui n'existe plus.
03:06Quand on voit certaines personnes, je ne citerai pas, qui viennent me rendir des affiches,
03:16c'est quand même scandaleux.
03:21Là, vous n'êtes pas obligé de les citer, mais effectivement, on voit à qui vous faites référence,
03:27notamment à ceux de la France insoumise.
03:29Mais qu'est-ce que vous inspire justement cette vie politique de 2026
03:33qui semble être devenue très radicale, radicalisée,
03:37entre d'un côté l'extrême droite et de l'autre l'extrême gauche ?
03:41Personnellement, je ne suis ni de l'un, ni de l'autre.
03:46Je pense que les extrêmes sont à éviter.
03:52Monsieur Turcot, on vit aujourd'hui avec la guerre en Europe, en Ukraine,
03:57guerre qui dure depuis 4 ans,
04:00presque autant que la Deuxième Guerre mondiale que vous avez faite vous-même,
04:04puisque vous faisiez votre service militaire au moment de la déclaration de guerre.
04:08Qu'est-ce que vous avez envie de dire à ce sujet ?
04:11Est-ce qu'elle vous fait peur, cette guerre, aux portes de l'Europe ?
04:15Écoutez, il y a une phrase qui a été reprise.
04:19Je l'ai dit, rien n'est pire que la guerre.
04:23On sait quand elle commence, on ne sait pas quand elle finit et comment.
04:29En tout cas, vous avez servi la France.
04:31Elle vous l'a rendue, à vous, le fils d'immigrés italiens ?
04:34Oui, j'ai d'ailleurs dit que je suis très fier de ça.
04:40Je l'ai dit ouvertement, je dois être tout à la France.
04:43Qui m'a permis de faire mes études ?
04:46Je vais commencer par ce certificat d'études.
04:50Après, je me suis retrouvé en RICAT.
04:52Et après, j'ai fait une école d'ingénieur.
04:55Et tout ça, on peut dire que ça, la France...
04:58Vous l'avez vu changer, la France, pendant toutes ces années, Jean Turcot ?
05:02Il y a eu mai 68, il y a eu mai 81.
05:06Les mentalités ont changé.
05:07La manière de voir l'éducation, par exemple, le rapport à l'autorité.
05:11Qu'est-ce que vous en pensez ?
05:13Je ne pense pas que c'est une bonne chose.
05:16Parce qu'il a toujours fallu un peu, sans exagération, bien sûr,
05:22il a toujours fallu un peu d'autorité pour faire marcher,
05:27que ce soit une entreprise, que ce soit une machine, que ce soit un pays.
05:32Et les jeunes doivent l'accepter, cette autorité ?
05:35Ce n'est plus le cas, d'après vous, aujourd'hui ?
05:37Écoutez, j'ai réussi à passer trois générations.
05:41À chaque fois, on a dit, on ne sait pas comment ils vont se débrouiller.
05:46Finalement, ça s'est très bien arrangé à chaque fois.
05:50C'est à eux, aux jeunes actuels, de trouver une solution pour vivre ensemble.
05:56Qu'est-ce que vous diriez aujourd'hui à un jeune garçon ou une jeune fille de 18 ans qui
06:02serait devant vous ?
06:03Une jeune fille de 18 ans de mon temps, c'était quelqu'un de prude.
06:10Il y a absolument beaucoup moins de pudeur, ça c'est sûr.
06:15Ça, c'est comme je vous répète, cette génération-là, peut-être qu'elle s'en sortira.
06:23Les autres s'en sont sortis.
06:25Parce que j'en ai connu trois avant qui s'en sont sortis.
06:29Si vous regardez bien, la guerre, l'après-guerre, 68, etc.
06:35À chaque fois, on disait, oh là là, ça va, on ne s'en sortira pas.
06:41Et finalement, ça s'est arrangé.
06:43Vous leur faites confiance à ces jeunes aujourd'hui ?
06:45Je leur dis que c'est à eux, c'est à eux de se faire confiance.
06:49C'est très important.
06:51Merci beaucoup.
06:51On est très fiers de vous avoir entendu écouter, M. Turcot.
06:56Né, je le rappelle, le 19 décembre 1917, nouveau doyen des Français.
07:03Évidemment, on vous souhaite longue vie, M. Turcot.
07:05Très, très longue vie encore.
07:07Oui, je suis né à Villejuif.
07:10Et donc, je suis un vrai Parisien.
07:13C'était un plaisir, un bonheur de partager ce moment avec vous sur RTL.
07:17Et merci à vous.
07:21Et merci à lui, surtout.
07:23Une interview enregistrée un peu plus tôt dans l'après-midi.
07:26Et après cette belle leçon de vie de M. Turcot.
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