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  • il y a 1 jour
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00Générique
00:04Nous allons tout de suite dans le Tarn à Villeneuve-sur-Vert retrouver Jean-Wilfrid Forkest pour BFM TV.
00:11Bonsoir puisqu'on a retrouvé des ossements mais les fouilles continuent.
00:18Oui effectivement les fouilles continuent ici nous sommes à l'intersection de la départementale 600 et de la départementale 25.
00:25Nous sommes sur la commune vous l'avez dit de Villeneuve-sur-Vert et les fouilles se poursuivent sur un
00:30chemin, un chemin très étroit situé entre deux champs, un champ de colzaille et un champ de blé.
00:36C'est à proximité de ce champ de blé en lisière du bois et du champ que les enquêteurs ont
00:42découvert ce matin des ossements, ossements de la partie basse du corps effectivement de Delphine Jubilard.
00:47Ils ne sont pas venus ici par hasard, ils sont venus tout simplement parce que Cédric Jubilard a donné des
00:54enquêteurs hier aux magistrats et aux gendarmes de la section de recherche de Toulouse à l'occasion d'une audition
00:59au palais de justice, au palais judiciaire de Toulouse.
01:03Ils sont venus donc ce matin, ils l'ont accompagné et il les a conduits dans ce chemin à l
01:08'endroit précis où il avait enfoui le corps de sa femme il y a quasiment six ans, vous l'avez
01:14dit, c'était en december 2020.
01:16Jusqu'à présent, les fouilles n'avaient jamais eu lieu dans ce secteur, elles avaient eu lieu à proximité de
01:21son domicile à Cagnac-les-Mines.
01:23Nous sommes ici précisément à 10 kilomètres, 10 kilomètres très exactement, Olivier, du domicile de Cédric Jubilard.
01:31Il peut emprunter des chemins assez rapides, des routes départementales, il connaît par cœur cette région dans son premier temps.
01:39Les enquêteurs avaient fouillé, avaient entrepris des recherches à proximité de son domicile, mais en fait, il fallait venir chercher
01:46ici.
01:46Et c'est Cédric Jubilard qui les a conduits ce matin dans ce champ pour faire cette découverte.
01:51Les fouilles, vous l'avez dit, les fouilles continuent à l'heure qu'il y a, les fouilles pour trouver
01:55d'autres éléments qui pourront être essentiels dans la poursuite de cette enquête.
02:00On le sait, il y a un procès en appel le 21 septembre prochain qui se déroulera à Toulouse, mais
02:05il y a encore besoin d'éléments, d'éléments essentiels.
02:09Pourquoi il a caché le corps de sa femme ici ? Est-ce qu'il l'avait prémédité ? C
02:13'est certainement une autre version que défendront ses conseils prochainement.
02:17Va-t-on trouver des objets du quotidien de Delphine, son portable, un sac à main ? Ça fait partie
02:23des questions, ça fait partie des interrogations.
02:25C'est pour ça que les fouilles se poursuivent toujours à l'heure qu'il est.
02:28– Merci Jean-Wilfrid, Forkès. Première réaction des proches de Delphine Jubilard, BFMTV a réussi à joindre l'oncle de
02:37Delphine. Écoutez.
02:38– C'est dévasté, complètement retourné. Le soulagement, il viendra certainement plus tard, mais pour l'instant, je suis vraiment
02:46effondré.
02:46Mon avocat m'a envoyé un message comme quoi il y avait des recherches aujourd'hui.
02:49J'ai appelé le cabinet et le cabinet m'a dit oui, il a été retendu hier.
02:54Et ce matin, ils sont partis faire les recherches et à 11h, c'était clôturé.
02:59– Vous avez parlé au reste de la famille, comment vous vous sentez tous ?
03:02– Mais là, on n'arrêtera pas de se téléphoner les uns et les autres. On est tous bouleversés.
03:07Pour l'instant, ce n'est pas un soulagement. On n'avait aucun doute sur le décès de Delphine.
03:13On savait très bien qu'il avait tué. Ce qu'il faudra, c'est que quand on aura la confirmation,
03:19qu'on puisse faire la sépulture.
03:22– Vous attendez le procès en appel, je suppose, maintenant ?
03:26– Bien sûr.
03:27– Qu'est-ce que vous en espérez ?
03:28– Qu'il prenne perpétrin et qu'il soit à juger pour meurtre.
03:32Tout le temps, on pense aux enfants et aux petits-enfants. Enfin, les enfants de Delphine et mes neveux et
03:37niens, c'est-à-dire ?
03:37Qu'est-ce que je peux leur dire ? Qu'ils ne reviendront plus leur maman, que leur père soit
03:42un assassin.
03:44– Alexandra González, bonsoir. On va refaire le fil de la journée avec vous.
03:49Donc, en fait, Cédric Jubilard a été extrait de sa cellule. Il a été présenté à la justice.
03:54Et là, il a avoué directement. Il l'avait fait déjà par courrier, mais il l'a fait directement physiquement.
03:58– Oui, convoqué hier pour un interrogatoire. Ils étaient trois dans cette pièce.
04:04Il y avait la magistrate, qui est celle qui devait présider son procès en appel à partir de septembre prochain,
04:10lui-même et son avocat.
04:12Et donc, lors de cet interrogatoire hier, il a réitéré les aveux qu'il avait pu faire à son avocat
04:17en disant qu'il était bien impliqué dans la mort de Delphine Jubilard.
04:22Et il a indiqué également qu'il pouvait amener les enquêteurs sur un lieu précis
04:27où il avait enterré le corps de sa femme.
04:30La justice n'a pas attendu. Dès ce matin, elle l'a extrait de nouveau de sa cellule de prison
04:36pour l'amener avec des enquêteurs, des magistrats sur le terrain, à l'endroit précis que lui indiquait.
04:42Et en peu de temps, parce que c'était peu avant 10 heures,
04:46ils ont découvert des ossements qui sont désormais en cours d'analyse
04:50pour s'assurer qu'il s'agit bien de Delphine Jubilard.
04:52Mais en réalité, il y a assez peu de doutes, puisque ce sont sur ces indications précises à lui
04:57qu'ils ont pu retrouver ces ossements.
04:59Alors, on attend l'identification définitive et formelle des ossements.
05:03Qui pourrait intervenir quand ?
05:05Tout dépend de ce qu'ils ont trouvé.
05:07Ça peut être rapide. En moins de 24 heures, si par exemple, la mâchoire a été retrouvée
05:12et qu'ils peuvent faire une comparaison avec une radiodentaire réalisée du vivant de Delphine Jubilard,
05:18en moins de 24 heures, il peut y avoir une identification formelle.
05:21Là, c'est plutôt la partie basse du corps qu'on a retrouvée ?
05:23Alors, si en revanche, ce sont des ossements éparses et pas le squelette en entier,
05:28là, ça peut prendre plus de temps.
05:29Et ce que vont pouvoir faire les anthropologues et les médecins légistes,
05:32c'est donner le sexe et une tranche d'âge.
05:37Et à partir de là, évaluer s'il s'agit bien d'elle ou non.
05:41Dominique Rizet, bonsoir.
05:42On a donc un Cédric Jubilard très coopératif.
05:45Il a précisément indiqué l'endroit où il avait caché le corps de son épouse.
05:51Oui, moi, je me pose la question, pourquoi maintenant ?
05:53Cinq ans et demi après les faits.
05:54Pourquoi maintenant ? On est presque six ans après les faits.
05:57C'était la nuit du 15 au 16 décembre, donc dans six mois.
06:02Et son procès en appel, la cour d'assises d'appel allait le revoir.
06:06Il a été condamné à 30 ans de prison pour le maire de son épouse en premier instant.
06:1030 ans.
06:11La cour d'assises devait le revoir le 21 septembre.
06:14Et là, il avoue, donc le 15 juillet, il avoue par un courrier qu'il adresse à ses avocats.
06:22Confirmé chez le juge d'instruction hier, Alexandra Gonzales nous l'a raconté à l'instant,
06:27en présence de son avocat.
06:28Très vite, on va sur place et on découvre très vraisemblablement ce qui sera le corps de Delphine.
06:33Il y a assez peu de probabilités.
06:34Mais qu'est-ce qu'il a derrière la tête ? Pourquoi est-il décidé de s'avouer maintenant ?
06:39Parce que vous savez, dans les termes même du courrier que nous révèlent ENT et ses deux avocats,
06:45messieurs de Buisson, père et fils, Pierre et Guy,
06:48eh bien il y a cette petite phrase glissée qui est...
06:55Il reconnaît qu'il a une responsabilité dans la mort de sa femme.
06:58Et les avocats nous parlent d'un meurtre passionné.
07:00Il n'y a pas de passion dans le meurtre, on le sait très bien, ça n'existe plus.
07:04Plus personne ne veut en entendre parler.
07:05Et encore plus, ma voisine à droite, maître, il n'y a pas de passion dans les crimes.
07:09Donc cet inféminicide, c'est clairement un type qui tue sa femme.
07:12Il espère quoi ? Il espère des circonstances atténuantes parce qu'il aura coopéré ?
07:16Il espère qu'on va requalifier, il espère qu'on va requalifier en violence volontaire
07:19ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
07:22Il va nous expliquer, c'est comme si c'était fait, que cette nuit-là il n'a pas voulu,
07:26que cette nuit-là ils ont eu une énième dispute,
07:28parce qu'elle allait le quitter, parce qu'il ne supportait pas,
07:30parce qu'elle était sa chose, qu'il ne supportait pas qu'elle le quitte,
07:34que ça a dérapé, qu'il n'a jamais eu l'intention de faire ça,
07:36qu'ensuite le discours, pourquoi il cache le corps et il ment pendant 5 ans et demi ?
07:42Eh bien il y a la réponse, à ce moment-là ce soir il panique
07:45parce que ses enfants sont dans la maison,
07:47ils risquent de se réveiller et de voir leur maman morte sur le sol du salon.
07:51Donc il cache le corps ?
07:52Et donc il va mettre le corps dans la voiture.
07:53C'est ce qu'il d'ailleurs il explique dans le courrier,
07:55il ne voulait pas que ses enfants tombent sur le corps de sa femme.
07:56Absolument, il l'emmène quelque part, et puis alors maintenant, mystère,
07:58pourquoi est-ce qu'il n'avoue pas pendant 5 ans ?
08:00Peut-être parce qu'il espère s'en sortir avec de bons avocats qu'il avait,
08:03qui l'ont défendu pied à pied,
08:05et donc peut-être qu'il espère s'en sortir,
08:07c'est ce qu'il croit.
08:08Mais en tout cas cette fois-ci, c'est vrai que la peine encourue
08:10pour violences volontaires c'est 15 ans.
08:12C'est 20 ans parce que la circonstance agravante c'est par conjoint,
08:16mais c'est 15 ans donc, et 20 possiblement.
08:19C'est plus 30.
08:20Donc ça peut être divisé par deux.
08:21Ça peut marcher, mais ça peut marcher.
08:22Alors on va revenir sur les motivations de ces déjubilaires,
08:24mais tout d'abord sur les recherches.
08:25On avait pourtant quadrillé le terrain,
08:29on a une dizaine à 10 kilomètres, disait Jean Wilfrid,
08:32de son domicile, mais on n'a pas fouillé cet endroit.
08:34– Vous imaginez ce que c'est 10 kilomètres de distance ?
08:37Après il faut faire un périmètre,
08:39c'est un périmètre de 10 kilomètres.
08:40On est à la campagne, on n'est pas dans un petit périmètre,
08:43on n'est pas dans quelque chose où il y a peu d'endroits.
08:45Non, partout on peut enterrer un corps
08:48dès lors qu'on connaît bien la région, et c'est son cas.
08:51Non mais ça soulève plein de choses.
08:53Alors bien évidemment il faut continuer l'extraction des ossements,
08:56il faut le faire avec prudence,
08:57parce qu'il ne faut pas abîmer les ossements qu'on peut trouver
09:00pour ne pas créer des traces et des lésions
09:02qui n'auraient pas existé auparavant.
09:04– Parce que pardon, si on retrouve les ossements,
09:08on peut aussi déterminer la cause du décès ?
09:11– Bien sûr, si vous retrouvez des fractures,
09:12si vous retrouvez des vertèbres avec des fractures,
09:14le crâne fracturé, tout de suite ça va vous donner une orientation,
09:17là encore une nouvelle orientation sur la version qui peut nous opposer.
09:20Mais enfin ce qu'il faut retenir de ça, de mon point de vue,
09:23c'est que vous avez quand même 4 avocats
09:24qui doivent se regarder un petit peu dans la glace aujourd'hui.
09:27et grâce à lui, ou à cause de lui, suivant le regard qu'on lance sur cette affaire.
09:33Déjà ces deux premiers avocats, et ça répond un peu à l'interrogation
09:37un peu provocatrice de Dominique, pourquoi 5 ans après ?
09:39Tout simplement parce qu'il a été condamné à 30 ans,
09:41et que ces deux premiers avocats avaient basé toute leur stratégie de défense
09:45pour obtenir l'acquittement, au motif que le dossier selon eux était vide,
09:49qu'il n'y avait pas d'éléments matériels.
09:51– On n'avait pas retrouvé le corps.
09:52– Non mais il n'y avait pas non plus d'éléments matériels
09:56pouvant, je dirais, affirmer sa culpabilité absolue.
09:58Et puis vous avez cette déclaration lunaire qu'on a commentée ici aussi d'ailleurs,
10:02où on a entendu parler d'enquête bâclée,
10:05des pressions émotionnelles mises sur Jubilat
10:08qui l'auraient empêché de faire des confidences auparavant,
10:11qui sont complètement, c'est même insultant au niveau de la justice,
10:14et là pour le coup, eh bien en avouant et en amenant,
10:18je dirais les enquêteurs et les magistrats surtout,
10:20à l'endroit où il l'a enterré,
10:21il démontre que l'enquête n'a pas du tout été bâclée,
10:24que les enquêteurs ont fait un super boulot avant,
10:26y compris les magistrats.
10:27Donc vous voyez, tout ça, ça renvoie tout le monde à ses chères études
10:30et surtout un peu de pudeur, si vous me permettez.
10:32– On va retrouver sur place Arthur Descudet.
10:35Arthur, lui, il est à Pontoise.
10:37Et c'est à Pontoise que les ossements, en ce moment, sont analysés.
10:41Arthur, c'est ça ?
10:44– Oui, tout à fait.
10:45Les ossements vont être analysés dans les prochaines heures ici.
10:47L'IRCPN, c'est l'Institut de Recherche Criminelle
10:50de la Gendarmerie Nationale de Cergy-Pontoise.
10:53Ils vont être analysés par deux médecins,
10:55au moins un médecin légiste et un anthropologue,
10:58un médecin qui est spécialiste des ossements.
11:00Alors comment elles vont être faites, ces analyses ?
11:02Eh bien dans un premier temps,
11:02si la mâchoire de Delphine Jubilard est retrouvée,
11:05eh bien elle va pouvoir être comparée.
11:07Une ancienne radio dentaire qu'elle avait pu faire de son vivant.
11:10Ces analyses pourraient prendre 24 heures
11:12pour donner au moins un résultat.
11:14Si ça ne marche pas, eh bien les ossements vont pouvoir,
11:16eux aussi, être analysés.
11:18En 24 heures, ils vont pouvoir donner, eh bien tout simplement,
11:20le sexe et une tranche d'âge
11:22pour savoir s'il s'agit ou non de Delphine Jubilard.
11:25Et enfin, il y a également ces vêtements,
11:27ces vêtements qui vont être analysés.
11:28Ils pourront être comparés à l'ADN de Delphine Jubilard.
11:32Cela pourrait prendre également aussi 24 heures
11:35pour avoir un résultat.
11:36En tout cas, ce qu'il faut retenir,
11:38c'est qu'en 48 heures,
11:39la famille de Delphine Jubilard pourrait être fixée
11:42pour savoir s'il s'agit de son corps ou non.
11:44En tout cas, ici, on attend toujours
11:46les ossements de Delphine Jubilard.
11:48C'est ici qu'ils vont être analysés à Sergi Pontoise.
11:51Merci, Arthur Descudet.
11:52Nous sommes également avec l'avocate,
11:53Julienne de Philippi.
11:54Bonsoir, Julienne.
11:55Avocate pénaliste au barreau de Paris
11:56et coprésident de l'association Action Juridique Femmes.
11:59On se souvient d'un Cédric Jubilard
12:01qui niait être responsable de la disparition de Delphine,
12:04mais ça, c'était le temps d'avant.
12:05Désormais, on a un Cédric Jubilard
12:06qui avoue le meurtre
12:08et qui indique précisément
12:10où il a caché, enterré le corps de sa femme
12:14cinq ans et demi après les faits.
12:16Alors, l'explication de Dominique,
12:18c'est qu'il essaye peut-être d'expliquer
12:20qu'en fait, c'est une bagarre,
12:22une dispute conjugale qui a mal tourné,
12:24qu'il a caché le corps
12:24parce qu'il ne voulait pas que ses enfants tombent dessus
12:26et que, pris de remords peut-être des années après,
12:29il avoue.
12:30Vous croyez à ce qu'on est en train de raconter ?
12:34Déjà, je crois qu'il n'a pas avoué,
12:36à proprement parler, le meurtre,
12:37mais le fait d'avoir donné des coups
12:40et des blessures
12:41sans intention, pour autant,
12:43de donner la mort.
12:44C'est ce qui a été dit.
12:44Il n'a pas dit qu'il voulait la tuer.
12:46Voilà.
12:46J'ajoute que si les mineurs,
12:48donc si un des mineurs a assisté
12:50à ses coups et blessures
12:51et en a entraîné la mort,
12:52la condamnation peut même monter
12:53quand même jusqu'à 30 ans.
12:53Et a priori, il y avait quand même
12:54des enfants au domicile.
12:56Alors, son fils avait témoigné,
12:58avait dit qu'il avait entendu
12:59ses parents se disputer ce soir-là.
13:00C'est à fait.
13:01Et par rapport à ses arguments en défense,
13:03bon, ce n'est pas étonnant malheureusement,
13:05mais ça dit quelque chose aussi
13:06de notre société.
13:06Ça veut dire qu'on se sent autorisé
13:08à revenir à des arguments
13:10de crime passionnel.
13:12Par exemple, ses avocats parlent
13:14du fait qu'il aurait exposé
13:16ses, je cite,
13:17« regrets profonds et sincères »
13:19et qu'il va révéler, entre guillemets,
13:21sa sensibilité et toujours,
13:22entre guillemets,
13:22ses qualités d'homme.
13:24C'est quoi ses qualités d'homme ?
13:25On aimerait bien savoir.
13:27Bon, on voit tout de suite...
13:28C'est un féminicide.
13:29Oui, tout à fait.
13:30On n'est évidemment pas
13:31dans un crime passionnel.
13:32Ce terme-là,
13:32il est complètement dépassé aujourd'hui.
13:34Il était très populaire
13:35dans les tribunaux avant.
13:36Oui, avant.
13:37Au 19e siècle.
13:38Même pas au 19e siècle.
13:40Je suis un peu plus jeune.
13:41Je me souviens d'avoir assis
13:42à des procès
13:43où on invoquait
13:45le crime passionnel
13:46et on obtenait
13:47des circonstances atténuantes
13:49en disant
13:50que c'était un crime d'amour.
13:51Et ça permettait souvent
13:52d'avoir des peines
13:53moins dures.
13:55Mais c'est là
13:55où on attendrait presque
13:56quelque chose de différent
13:57au niveau de la défense.
13:58Et là, je ne critique pas
13:58mes confrères,
13:59mais plutôt, bien sûr,
14:01l'accusé.
14:02C'est-à-dire que
14:03ne serait-il pas plus intéressant
14:04de dire, en réalité,
14:06si on arrive à tuer des femmes
14:07par possession,
14:08par domination,
14:09par jalousie,
14:10c'est aussi le fruit
14:11d'un système.
14:12Donc ça aurait été intéressant
14:12de savoir comment est-ce
14:13qu'il a été sociabilisé,
14:14cet homme.
14:15Est-ce qu'il a été victime
14:16de violences
14:16quand il était petit ?
14:18Quels sont d'autres éléments
14:19qui viendraient éclairer ?
14:19A priori, ça avait été dit
14:20qu'il avait une enfance
14:21assez dure.
14:22Mais ça ne peut pas excuser.
14:23Ah non, ça n'excuse rien.
14:24Mais en tout cas,
14:25ça permettrait
14:26d'éclairer différemment
14:28une situation
14:28que de revenir encore
14:29au crime passionnel
14:30et il est triste,
14:31il a été maltraité
14:31par les enquêteurs, etc.
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