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  • il y a 7 heures
Clélie Mathias, accompagnée de la rédaction d’Europe 1, propose à la mi-journée un point complet sur l’actualité suivi de débats entre invités et auditeurs.

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Transcription
00:00Bienvenue, on va commencer par ce vote.
00:02Le droit à l'aide à mourir, une réforme sociétale majeure de la présidence d'Emmanuel Macron
00:05a été enterrinée hier soir par l'Assemblée Nationale
00:08sous les applaudissements des partisans du texte.
00:11C'était la quatrième fois en un an que l'Assemblée Nationale approuvait ce texte.
00:16291 contre 241, 29 abstentions.
00:20C'est un peu plus serré que les fois précédentes.
00:24Le Conseil Constitutionnel, on va en parler, devrait rendre sa décision autour de la mi-août.
00:28Il pourrait, en théorie, censurer tout ou une partie de ce texte.
00:32Mais avant cela, avant d'en parler, écoutez, sur Europe 1 ce matin,
00:36le politologue Dominique Régnier qui a estimé qu'il faudrait un référendum sur cette question.
00:40Quand le Sénat n'approuve pas une proposition de loi, c'était le cas.
00:45Que le Premier ministre saisit le Conseil Constitutionnel,
00:47que le Président du Sénat saisit le Conseil Constitutionnel,
00:50que des députés et des sénateurs vont le saisir également,
00:52qu'il y a une majorité de 50,4% des députés inscrits
00:56qui adoptent seulement cette proposition de loi,
01:00l'évidence, c'est qu'il faut un référendum ou bien suspendre cette proposition.
01:04C'est ce que j'appelle, moi, un coup de force législatif.
01:07Est-ce qu'on est vraiment dans le cadre d'un coup de force législatif, là ?
01:10Je suis totalement d'accord.
01:12D'ailleurs, on en a beaucoup parlé à ce micro depuis plusieurs semaines.
01:14Et je vous avais dit à plusieurs reprises que j'avais un problème démocratique.
01:18Plus que sur le fond.
01:19On peut débattre du fond pendant des heures
01:20sur la légitimité ou non de statuées sur la fin de vie.
01:25Oui, chacun a son avis aussi.
01:26En fait, il y a son vécu, éthique, religieux, etc.
01:29Mais j'ai un problème démocratique.
01:30Mais pourquoi ? Parce qu'il y a eu deux ans de débat.
01:32Mais je n'arrivais pas à trouver exactement pourquoi.
01:34Et en fait, j'ai eu une révélation hier soir.
01:36J'ai eu une révélation quand j'ai entendu myriades de députés
01:40qui ont passé à travers les plateaux télé pour dire
01:43« c'était extrêmement difficile, mais chacun a voté en âme et conscience ».
01:47Et c'est là que j'ai compris en réalité.
01:48C'est qu'en fait, hier soir, ce ne sont pas 577 députés
01:52qui ont voté ou non pour la fin de vie.
01:54Ce sont 577 citoyens en âme et conscience.
01:58Et ça change tout.
01:59Parce qu'on ne statue pas sur la fin de vie
02:02en donnant pour avis juste 577 députés
02:07qui parlent en tant que citoyens.
02:09Vous voulez dire qu'on ne leur a pas donné mandat
02:11pour représenter nos propres voix en tant que citoyens
02:13pour débattre de ce sujet ?
02:15Évidemment, il y a cette question-là du fait que
02:17cette Assemblée a été élue après la dissolution
02:20et qu'au moment des législatives, à aucun moment donné,
02:23il a été question de l'euthanasie.
02:24Et donc, les Français n'ont pas élu des députés
02:26en fonction de leur avis ou non sur l'euthanasie.
02:29Mais plus globalement, c'est cette idée...
02:31Sur d'autres sujets, sur d'autres textes, peut-être moins fondamentaux et philosophiques.
02:35Mais surtout, il y a cette idée qu'on avait le choix
02:37entre demander l'avis à 68 millions de citoyens libres et éclairés
02:42sur cette question-là, et on a préféré demander l'avis
02:46à 577 citoyens et non-députés qui ont chacun voté en âme et conscience.
02:51Ce n'est pas ça, la démocratie.
02:53Ce n'est pas ça, le parlementarisme.
02:55Pour moi, c'est ça, la clé, en réalité.
02:57C'est que le fait que chaque groupe politique ait donné la liberté de vote
03:01montre bien que ce n'était pas à l'Assemblée de statuer.
03:05Parce que l'Assemblée, elle statue sur des questions politiques
03:07avec des clivages politiques.
03:09Là, on était sur des clivages humains, personnels.
03:12Et dans ce cas-là, si on est sur le clivage personnel,
03:15alors ce sont à tous les Français de s'exprimer sur cette question-là.
03:18Alors, il y a le président du Sénat, Gérard Larcher,
03:21puis le Premier ministre, Sébastien Lecornu,
03:23qui a annoncé à leur début, il a dit que c'était une initiative personnelle.
03:25Et puis, hier, la porte-parole du gouvernement,
03:27Baud Bréjean, a dit que c'était en concertation avec l'Elysée.
03:30Donc, ils ont tous les deux saisi le constitutionnel
03:32qui devrait rendre une décision d'ici, quoi ?
03:34Quinze jours, à peu près, ou trois semaines, environ ?
03:37J'imagine qu'ils veulent le faire avant le mois d'août et la pause estivale.
03:41Exactement.
03:41Qu'est-ce qu'il peut faire ?
03:42Expliquez-nous, puisque les opposants ont mis beaucoup d'espoir
03:46dans une décision du Conseil constitutionnel.
03:48Le faut-il ?
03:49Alors, est-ce que le Conseil constitutionnel, dans les faits,
03:52peut censurer le texte ?
03:54Oui, il a le droit, s'il le veut.
03:55Il peut censurer totalement le texte, il peut le censurer en partie.
03:58Maintenant, un, c'est hautement improbable.
04:00Et deuxièmement, je crois qu'encore une fois, c'est se tromper de sujet.
04:02Parce que quand les opposants à ce texte
04:04en réfèrent au Conseil constitutionnel,
04:07ça revient à dire que la question de l'euthanasie
04:09est au fond une question de constitution.
04:12Moi, je ne suis pas d'accord avec ça.
04:13L'avis des sages du Conseil constitutionnel sur l'euthanasie,
04:16je m'en moque.
04:17Ce n'est pas une question de constitution
04:18ou est-ce que ce texte est en accord ou non avec le texte de 50 ans ?
04:23Oui, mais on a bien compris que vous étiez contre.
04:24S'il censure, ça pourrait aller dans votre sens,
04:26même si ce n'est pas...
04:28Mais ils ne peuvent pas censurer tout le texte
04:30parce que le texte est sur la forme bien fait.
04:33Il est sur la forme plutôt en adéquation avec la constitution.
04:38Donc, en réalité, si on se place d'un point de vue purement constitutionnel,
04:42le texte va passer.
04:43Mais ce n'est pas ça la question.
04:45C'est le fait qu'est-ce qu'on se résout à demander à la constitution
04:50de statuer sur une question sociétale
04:51qui dépasse largement la constitution de 58 ?
04:54Quand De Gaulle et Debré, ils ont créé cette constitution
04:57et qu'ils ont créé le Conseil constitutionnel,
04:59je ne pense pas qu'il était dans leur esprit question
05:01qu'un jour le Conseil constitutionnel soit le sauveur
05:04ou le dernier coup de tampon sur une loi, sur la fin de vie.
05:08Ce n'était pas l'objectif initial.
05:11Autre parmi les opposants,
05:13hier, vous avez certainement vu le communiqué
05:15des représentants de l'Église de France.
05:17Ils disent, ils dénoncent une rupture grave
05:19dans l'histoire de notre pays.
05:21Et Marc Helle, qui est évêque de Bayonne,
05:24estime que les députés qui ont voté d'ailleurs pour ce texte
05:27ne peuvent plus communier.
05:29Alors, c'est en phase avec le dogme catholique.
05:32Mais ça a été jugé maladroit par beaucoup,
05:35notamment des politiques.
05:37Le député Sylvain Maillard a dit
05:38que l'évêque donne son avis d'accord,
05:40mais il ne fait pas encore la loi.
05:42Qu'en pensez-vous ?
05:43Ça peut être perçu comme maladroit.
05:45Je pense que sur cette question-là,
05:46il ne faut pas se placer sur le point de vue du dogme religieux.
05:50Évidemment que chacun a son opinion.
05:51Moi, ça me dérange toujours un petit peu
05:52quand la religion s'immisce dans l'affaire politique.
05:56Maintenant, ça prouve, je pense,
05:58exactement ce que je vous disais.
05:59C'est-à-dire que si l'Église refuse
06:02de communier avec ces députés-là,
06:04c'est bien qu'ils ne les jugent pas en tant que députés,
06:06mais en tant que citoyens,
06:07et que d'un point de vue purement de citoyenneté,
06:10d'hommes à religion, il y a un problème d'indéquation.
06:13C'est tout le problème.
06:14Et encore une fois,
06:15si on avait demandé simplement en français,
06:16on n'aurait pas eu cette question-là.
06:18Parce que là, ça jette un trouble sur la loi.
06:20Peut-être que cette loi,
06:21si elle avait été votée par une majorité de Français,
06:23on n'aurait pas tous ces débats.
06:25On ne les aurait pas,
06:26parce que la démocratie aurait tranché.
06:28Là, ça jette le trouble sur ce texte
06:30qui, de fait, passe pour un texte
06:32qui a été mal voté ou pas assez bien voté.
06:33Je rappelle que la loi Léonétide 2005,
06:36qui statuait déjà sur les soins palliatifs et la fin de vie,
06:40elle avait été votée à l'unanimité.
06:42Voilà.
06:42Là, ce n'est absolument pas le cas.
06:43Donc ça jette le trouble sur la loi,
06:45sur les députés qui sont sortis de leur rôle,
06:47et évidemment sur toute la société,
06:49parce que ça va fracturer la société.
06:50Et cette déclaration de l'évêque de Bayonne,
06:52c'est juste une fracture en plus qu'on aurait pu éviter.
06:54Henri.
06:54Sous-titrage Société Radio
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