00:00Europe 1, Pascal Proébou.
00:02Élise Lucet est interrogée par la commission d'enquête parlementaire sur l'audiovisuel public depuis 16h30.
00:08Audition attendue de la présentatrice des émissions Cache, Investigation et Envoyé Spécial sur France 2.
00:13C'est vrai qu'elle donne des leçons sur le métier.
00:15Elle attaque souvent des réussites françaises comme LVMH et Bernard Arnault.
00:20Par contre, quand elle parlait de France Télévisions, ces dernières années, tout allait très bien, rien à signaler.
00:24C'était un peu le sens de la chronique de ce matin que j'entendais de Laurent Tessier.
00:30Je vous propose peut-être d'écouter Élise Lucet et Sonia Mabrouk en mars 2023 dans l'émission Quelle époque ?
00:35Elle attend à Cache, Investigation sur France Télévisions.
00:39Je voudrais bien, mais il n'y a pas grand-chose à faire et à dire sur France Télévisions.
00:43Certaines, je vois ce que c'est de la Sonia.
00:44Faisons une enquête pour voir s'il y a un Cache, Investigation.
00:46Mais ne vous inquiétez pas, Sonia.
00:49Effectivement, je regarde ce qui se passe à France Télévisions
00:52et je peux vous dire que s'il y avait des choses à dire sur France Télévisions,
00:55je le dirais très franchement sur la manière dont fonctionne France Télévisions.
01:00Les dérives que j'ai constatées dans les entreprises sur lesquelles nous avons enquêté
01:04ne se passent pas à France Télévisions.
01:06Pas grand-chose à dire.
01:07Selon le rapport de la Cour des comptes, il y a un déficit de 80 millions d'euros pour France Télévisions
01:11entre 2017 et 2024.
01:13Une situation financière critique.
01:14Mais Élise Lucet n'a rien vu, elle n'a rien dit.
01:17Depuis 2009, six rapports d'audit interne se sont succédés
01:20et on parlait d'une situation préoccupante des pratiques de l'entreprise.
01:23Sur ces méthodes, les caméras cachées, les enregistrements dans les émissions
01:27comme Cache, Investigation, écoutez ce qu'Élise Lucet disait.
01:31Dans quelles circonstances on a le droit de filmer les gens à leur insu
01:35ou de les enregistrer au téléphone à leur insu ?
01:37Si le sujet est d'intérêt général,
01:39que tout ce que je vais obtenir grâce à la caméra cachée
01:42ou à mon enregistrement téléphonique peut faire avancer l'enquête
01:46et que ça donne véritablement des informations à qui ?
01:48À vous.
01:49Là, j'ai le droit d'utiliser une caméra cachée.
01:52Bon, elle a le droit quand ça l'intéresse.
01:54Mais Patrick Coet et Thomas Legrand,
01:56enregistrant en juillet dernier dans un café parisien
01:58avec deux responsables du PS,
01:59écoutez ce qu'ils disaient en commission d'enquête parlementaire.
02:02Une vidéo tournée à mon insu.
02:03Notre discussion a été enregistrée à notre insu.
02:05L'espionnage déguisé en journalisme
02:07avec des méthodes de barbeau.
02:09Bon, donc voilà, c'est selon quoi.
02:13Quand ça les concerne, on n'a pas le droit.
02:16En fait, c'est toujours pareil.
02:17Ça fait plusieurs fois que j'utilise la même image.
02:19Il y a un film qui s'appelle Zed.
02:20Bon, et Jean-Louis Trintignant, c'est le juge.
02:23Et tout d'un coup, il interview les colonels Zed.
02:26C'est un film de Costa Gavra.
02:27Et ces colonels...
02:27Une dictature grecque.
02:28Une dictature des colonels en Grèce.
02:30Exactement.
02:30Et ces colonels ne sont pas habitués à être interrogés.
02:33Ils disent, mais comment c'est possible ?
02:34D'habitude, c'est nous qui interrogeons les ans.
02:35Et bien là, on est dans la même situation.
02:37C'est-à-dire qu'Élise Lucet, Patrick Cohen,
02:39tous ceux qui, d'habitude, interrogent, donnent la leçon.
02:41Pour la première fois de leur vie, ils sont, entre guillemets, sur la sellette.
02:45Alors, que a dit Madame Lucet aujourd'hui ?
02:48La conversation va tout de suite sur le salaire d'Élise Lucet.
02:52Je lis cela, puisqu'on ne peut pas l'entendre.
02:54J'ai toujours été plutôt transparente, dit-elle, sur ce sujet.
02:57Rappelant qu'elle a 42 ans de métier.
02:59Elle explique ensuite que sa rémunération correspond à son expérience,
03:02son exposition à l'antenne,
03:03ses responsabilités en tant que rédactrice en chef de cash,
03:05investigation et envoyé spécial.
03:08Cette rémunération est visée par un contrôleur de l'État
03:10qui dépend de Bercy.
03:11Mais est-ce qu'elle a donné, Olivier et Laurent Tessier,
03:14est-ce qu'elle a donné...
03:15En 2018, elle avait confirmé dans une interview
03:18que sa rémunération approchait des 25 000 euros bruts mensuels.
03:22Écoutez, c'est beaucoup d'argent.
03:24C'est beaucoup d'argent.
03:25Ça correspond à un peu plus que la moyenne, j'ai le sentiment, du métier dans le service public.
03:34C'est trois fois plus qu'un ministre.
03:36Oui.
03:37Ah, c'est seulement un peu plus que la moyenne ? 25 000 ?
03:39Un ministre, c'est 9 000 euros par mois.
03:41Bah, c'est...
03:42En fait, les salaires dans la profession sont toujours moins importants qu'on ne le pense.
03:54Les gens qui nous écoutent pensent qu'on gagne plus notre vie, mieux notre vie, que la réalité.
03:59C'est-à-dire qu'ils seraient surpris parfois de connaître le salaire des journalistes.
04:02Les journalistes, c'est une population qui est déclassée, comme les professeurs,
04:06comme beaucoup de...
04:07Il y a des très très gros écarts, ça dépend.
04:09C'est vrai qu'il y a des très gros écarts.
04:10Les journalistes, par exemple, gagnent très mal leur vie.
04:12Bah, c'est vrai.
04:12Et les encormains, la gagnent...
04:14C'est vrai aussi, vous avez parfaitement raison.
04:16Quand vous êtes devant une caméra, vous gagnez plus votre vie que quand vous êtes légiste
04:18entre différentes rédactions écrites.
04:20Mais ce que je veux vous dire, c'est qu'un journaliste dans les années 70-80, c'était
04:25un notable.
04:26C'était un notable dans une province, par exemple, un journaliste à Ouest-France, un journaliste
04:29à Presse-Océan.
04:30Il gagnait beaucoup plus.
04:31C'était un notable.
04:32C'est comme les avocats, il y a disparu.
04:34C'était quelqu'un...
04:36Pourquoi ? Parce que les journaux gagnaient de l'argent.
04:38Aujourd'hui, ils n'en gagnent plus.
04:39Et aujourd'hui, c'est vrai que c'est comme, je fais un parallèle avec les professeurs,
04:45les salaires sont plus faibles.
04:49J'ai souvent cité...
04:50Il y a un film qui s'appelle La Gifle, de Claude Pinotto.
04:55Lino Ventura joue un professeur d'histoire.
04:58Bon, il vit dans un appartement bourgeois osmanien.
05:00Il est en train d'acheter un appartement sur plan qu'il montre à Isabelle Adjani.
05:03Bon, ben, cette situation n'est plus possible.
05:05Un prof d'histoire, aujourd'hui, il vit à 50 bandes de Paris.
05:08Tout à fait.
05:08C'est pire qu'au journaliste, parce qu'il y a des profs au lycée.
05:10Il y a des journalistes qui gagnent bien leur vie, alors qu'il n'y a pas un prof qui gagne bien sa vie.
05:14Oui, exactement.
05:15Vous avez parfaitement...
05:16Et avocats, c'est exactement la même chose.
05:17Vous avez plein d'avocats qui sont déclassés, alors que vous avez des avocats qui gagnent des fortunes.
05:21Oui, c'est complètement.
05:22Donc, oui, c'est un peu plus quand même 25 000 euros que la moyenne.
05:26Son salaire ne vous choque pas, en tout cas ?
05:28Ça ne me choque pas.
05:30C'est de l'argent public.
05:31C'est très élevé.
05:35L'Assemblée Nationale, c'est plus que le Président de la République ?
05:37Mais bien sûr.
05:38C'est plus que le procureur général, que la première Présidente de la Cour des Comptes.
05:41Et puis, la question, c'est qu'est-ce qu'on fait de cet argent public ?
05:44Qui on cible dans les reportages d'Élise Lucet ?
05:47Qui on choisit ?
05:48C'est-à-dire que c'est toujours pareil.
05:49C'est-à-dire que les enquêtes, souvent, c'est les grands patrons, c'est le capitalisme.
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