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  • il y a 2 heures
Tous les matins à 7h15, le parti pris argumenté d'un invité sur un sujet d'actualité, avec les témoignages et les réactions des auditeurs de RMC en direct au 3216.

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Transcription
00:00Après le rachat de SFR, que vont devenir les 25 millions de clients de l'opérateur téléphonique et comment ça
00:06va se passer ?
00:07Bonjour Stéphane Dubreuil, merci d'être dans ce studio, vous êtes économiste, vous êtes spécialiste des télécoms.
00:12Hier donc, Orange, Bouygues Télécom et Free, les trois ensemble, se sont mis d'accord pour racheter SFR
00:19qui était en vente depuis des mois à un accord à plus de 20 milliards d'euros.
00:22C'est jamais arrivé en France qu'un opérateur soit ainsi démantelé et coupé en trois ?
00:26Alors c'est jamais arrivé en France et quasiment dans le monde puisque dans le secteur des télécoms à ma
00:31connaissance,
00:32on n'a jamais explosé un opérateur en trois parties, ce qui est extrêmement complexe d'un point de vue
00:37à la fois des clients
00:38mais également de l'infrastructure en fait du réseau.
00:40Très très complexe, on va parler des clients, on va parler des forfaits, on va parler de l'emploi.
00:45Un mot d'abord sur les infrastructures parce qu'en effet c'est des câbles, c'est des réseaux, c
00:50'est des antennes.
00:51Comment ils vont s'organiser, comment ils vont se découper le gâteau ?
00:54Alors a priori, ils ont défini des plaques, donc par exemple les villes denses, les zones denses et les zones
01:00non denses
01:01et en fonction des opérateurs, de leur intérêt, chacun a dit moi je veux récupérer cette partie-là par rapport
01:07à celle-ci.
01:07Donc en fait on éclate le réseau en fonction des zones géographiques
01:11et en fonction aussi de la répartition de l'opérateur qui achète et de son intérêt.
01:16Si on est aujourd'hui là, Stéphane Dubreuil, ceux qui nous écoutent, ils sont chez SFR, ce matin qu'est
01:22-ce qui se passe ?
01:22C'est-à-dire qu'à la place de SFR marqué dans le coin en haut du téléphone, comment ça
01:28se passe concrètement ?
01:28Est-ce que ça change la moindre chose quand on allume le téléphone ce matin ?
01:32Non, il faut rassurer les gens. Il ne va rien se passer d'ici 12 à 18 mois.
01:36Pourquoi ? Parce que ce deal-là rentre dans une négociation avec les autorités de concurrence.
01:41Aujourd'hui on ne sait pas si ça va être géré à Paris ou si ça va être géré à
01:44Bruxelles.
01:45En fonction des opérateurs, ça sera différent.
01:47Aujourd'hui, il y a une période, on va dire, d'analyse et a priori il ne se passera rien
01:52jusqu'à fin 2027, début 2028.
01:55Donc il faut rassurer vos auditeurs, a priori ça ne bougera pas trop.
01:59La question se posera après, par la suite, à la fois pour les clients, à la fois pour l'emploi.
02:03Donc ça, c'est sûr, concrètement, le téléphone, il continue à recevoir...
02:06Il n'y a pas de changement de logo.
02:08Il n'y a aucun changement, il n'y a même pas de changement de logo.
02:10Est-ce qu'il y a un changement de prix ?
02:11Et le prix, logiquement, ne bougera pas, puisqu'on est en pleine négociation.
02:15Les opérateurs n'ont aucun intérêt de rentrer dans une guerre des prix.
02:18Donc j'ai plutôt envie de dire qu'on va rentrer dans une période de gel.
02:21Il ne va strictement rien se passer.
02:23Néanmoins, il faut prendre en compte les inquiétudes des clients.
02:27Et c'est normal, beaucoup de clients vont appeler leur opérateur en disant
02:29qu'est-ce qui va se passer demain pour moi ?
02:31Est-ce que mon oeuf, je vais la garder ou pas ?
02:32Ceux qui n'écoutent pas RMC, vous voulez dire.
02:34Parce que sinon les autres auront eu les réponses ce matin.
02:37Stéphane Dubreuil, vous nous dites que ça ne change rien pendant cette période-là
02:40parce que ça va être le gel.
02:42Est-ce qu'il faut s'attendre à ce qu'à l'issue de cette période de négociation,
02:45c'est-à-dire comme vous nous le dites, d'ici en gros un an, peut-être un an et
02:47demi,
02:48est-ce qu'à ce moment-là, les forfaits vont grimper ?
02:51Alors si on fait un comparat par rapport à ce qui s'est fait avant sur l'Europe,
02:57on a remarqué effectivement une montée des prix rapide ou lente.
03:02Rapide, je vais donner cet exemple, c'est celui qui fait le plus peur,
03:05c'est celui de l'Autriche dans les années 2014-2015.
03:08Les prix ont flambé de 18,7% l'année du rachat.
03:15Fort de constater cela, la Commission européenne a mis dans leur rachat en Allemagne,
03:21la consolidation, des garanties pour éviter ça.
03:23Qu'est-ce que ça veut dire ?
03:24Ça veut dire qu'on peut, le gendarme de la concurrence,
03:27à la possibilité de mettre des garde-fous pour éviter en fait une flambée.
03:31Donc a priori pour moi, il n'y aura pas de flambée sur le moyen terme la première, deuxième année.
03:36Par contre à terme, il est évident qu'il y aura une montée qui peut aller de 10...
03:39Mais pas uniquement sur les forfaits SFR ?
03:42Sur les forfaits de l'ensemble ?
03:44SFR n'existera plus, donc sur l'ensemble en fait.
03:47Sur l'ensemble, vous dites de combien, de quel ordre ?
03:49On peut s'attendre 5 à 10 si on est optimiste
03:53et si on est dans un scénario un peu catastrophe,
03:55c'est 15 à 20% ce qu'on a vu dans les autres pays comme l'Allemagne, l'Irlande
03:59et l'Autriche.
03:59Reste la question aussi de l'emploi.
04:01Benjamin, je crois, s'en inquiéter.
04:03Bonjour Benjamin, vous nous avez appelé au 32-16, vous êtes vous-même client à SFR.
04:07Vous vivez à Bruy-et-la-Bussière, dans le Pas-de-Calais, dites-nous.
04:12Bonjour Apolline.
04:12Tout d'abord, je tenais à remercier SFR parce que ça fait plus de 20 ans qu'il m'accompagne.
04:18Oui.
04:20Et moi, ce que je dis à ce monsieur, parce que là, je suis en train de vous regarder en
04:24direct,
04:25c'est qu'en fait, il faut arrêter de prendre les clients pour des lapins de trois semaines.
04:29Parce qu'en fait, les 20 milliards d'euros qui vont être dépensés pour le rachat de SFR,
04:33là, il va bien falloir le récupérer tôt ou tard.
04:36Donc, ils ne vont pas donner 20 milliards d'euros comme ça et jamais récupérer l'argent.
04:40Moi, ce qui m'inquiète, c'est pour les emplois, parce que ce monsieur en a très bien parlé lors
04:44de votre émission.
04:45Moi, je pense aux emplois directs parce que moi, en étant client, j'ai toujours affaire à des dames charmantes
04:50ou à des messieurs charmants au téléphone.
04:54Quand j'ai un souci avec mon matériel et tout ça, je me rends en boutique SFR avec des personnes,
04:59des personnes super influentes et toujours dans la bienveillance et tout ça.
05:05Ainsi que tous les emplois indirects comme ceux qui viennent vous installer la fibre chez vous.
05:09Je vais employer une société qu'on connaît très bien qui s'appelle ERT, ERT Technologies,
05:14qui viennent chez vous, vous câblez de ça.
05:16Moi, je pense à tous ces emplois-là.
05:19Vous avez bien raison, c'est une des questions importantes, à la fois les emplois directs et les emplois indirects.
05:24Benjamin, officiellement, il reste 8000 salariés d'SFR.
05:29Qu'est-ce qu'ils vont devenir, Stéphane Dubreuil, pour reprendre la question de Benjamin ?
05:32Alors Benjamin a tout à fait raison, c'est-à-dire que le staff, les équipes à la fois techniques,
05:39commerciales, marketing, RH et comptabilité
05:41vont être réparties sur les trois opérateurs.
05:45Donc aujourd'hui, on ne sait pas exactement comment va se passer la répartition.
05:49Effectivement, quand c'est un service qui bascule directement, c'est-à-dire une fonction qui est facilement identifiable,
05:56on va dire que c'est assez facile.
05:57Quand vous êtes sur une fonction transversale, c'est beaucoup plus compliqué.
06:01Donc on ne sait pas exactement comment on va se faire.
06:03Officiellement, aujourd'hui, il leur est réservé quel sort ?
06:07Aujourd'hui, ils ne savent pas, et je pense que même les opérateurs qui rachètent ne savent pas dans le
06:11détail aujourd'hui
06:11quelle personne ils récupèrent.
06:13Il faut être assez clair.
06:14Aujourd'hui, on est sur une analyse très macroscopique.
06:17On n'est pas à dire tel individu va là ou là.
06:20Donc je peux comprendre déjà, un, l'inquiétude, ça c'est clair.
06:22Et deux, pour répondre à la question, il est évident qu'il va y avoir ce qu'on appelle dans
06:26le jargon une optimisation.
06:27C'est-à-dire qu'on risque forcément de passer de 8 000 à 4 000, voire peut-être 2
06:32000.
06:33Le vrai point, moi, c'est ce qui m'a toujours vraiment étonné,
06:36c'est que quand SFR a été racheté en 2014-2015, il y avait 15 000 personnes.
06:40À la fin, SFR va disparaître à horizon 2030, c'est une réalité.
06:45Merci beaucoup Stéphane Dubreuil, économiste et spécialiste des télécoms.
06:49Merci aussi à Benjamin qui nous appelait de brouiller la bussière dans le Pas-de-Calais.
06:53Benjamin, soyez le bienvenu, je crois que c'est la première fois que vous passez à la porte du 32
06:55-16-1.
06:56Oui, oui, oui, puis ça fait des années, des années que je vous regarde, Apolline,
07:00et ça fait des années, des années qu'il y a des sujets que vous avez arborés qui me dressaient
07:06les poils et que je souhaitais...
07:08Eh ben voilà, revenez quand vous voulez, merci.
07:12Je voudrais intervenir une dernière fois, c'est le monsieur qui parlait des prix.
07:15On disait la même chose pour les 2 euros du litre, on parlait pour la même chose pour les 2
07:20euros du litre,
07:20et en fin de compte, nous y sommes arrivés aux 2 euros du litre.
07:23On disait que ce sera impossible, et en effet, on y est.
07:25Merci beaucoup Benjamin.
07:26Merci.
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