- il y a 6 minutes
C'est sa première prise de parole depuis son retrait du 20h de France 2 après l'annonce de la candidature de son compagnon à l'élection présidentielle. Comment Léa Salamé a-t-elle vécu ces dernières semaines ? Quelle place entend-elle désormais occuper à l'antenne ? À quelques jours de son retour avec un prime spécial et la cinquième saison de "Quelle Époque !", Léa Salamé est face à Marc-Olivier Fogiel.
Regardez Face à Fogiel du 14 septembre 2026.
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00:01RTL Matin, 7h, 9h30, c'est avec Céline Landreau.
00:06Et Marc-Olivier Fogiel à 8h16, depuis son retrait du 20h de France 2 cet été,
00:11elle ne s'était encore jamais exprimée, elle a choisi RTL pour le faire ce matin,
00:16alors qu'elle revient à l'antenne cette semaine.
00:18Léa Salamé est donc votre invitée, Marc-Olivier Fogiel.
00:21Bonjour Léa Salamé, merci d'être là.
00:22Bonjour à tous les deux, merci de me recevoir.
00:25C'est donc la rentrée, pas celle que vous imaginiez.
00:27Demain, vous rentrez sur France 2 pour une émission spéciale incendie, on va y venir.
00:31Le retour de quelle époque ? Mais plus au 20h, alors que la campagne a commencé,
00:35les candidatures se déclarent, un premier débat même déjà eu lieu.
00:38Il y a encore quelques mois, vous interrogiez les responsables politiques au 20h.
00:42Cette fois, vous allez suivre tout ça dans votre canapé.
00:44Est-ce que c'est pas trop dur, Léa Salamé ?
00:47Je vais pas vous mentir, c'est pas forcément facile, mais cette décision, elle s'est imposée à moi.
00:52Elle s'est imposée à moi parce que les choses ont toujours été très claires
00:55et que j'ai toujours été claire et transparente.
00:57J'avais dit dès le début, si jamais mon compagnon venait à être candidat à l'élection présidentielle,
01:03eh bien je me retirerais du 20h.
01:05Et c'est ce que j'ai fait quelques minutes après sa déclaration.
01:07On a vu ça, on va y venir, Raphaël Glucksmann qui annonce sa candidature quelques minutes après le tweet.
01:13Mais vous, personnellement, racontez-moi, Léa Salamé, quand vous dites, je vais pas vous mentir, dites la vérité.
01:19Je vous dis la vérité, sinon je ne serai pas là, je vous dis la vérité.
01:21Mais la vérité, elle est que pourquoi j'ai fait ça ? Pourquoi j'ai fait ça ? Parce que
01:25je sais que ma décision a fait beaucoup réagir.
01:27Je l'ai fait pour deux raisons au fond.
01:29D'abord, pour ne pas abîmer le lien très particulier que j'ai avec des millions de téléspectateurs et d
01:34'auditeurs
01:34et que j'ai construit pendant des années.
01:36Et qu'on est dans une période de défiance généralisée, où les attaques sur les journalistes n'ont jamais été
01:40aussi grandes.
01:41Et je ne voulais pas que l'air du soupçon, que le moindre soupçon, le moindre doute, pèse sur mon
01:46métier, sur mon travail.
01:47Alors, on y vient, mais vous, comment vous le vivez ? Dans votre canapé, quand vous voyez ?
01:53Je vais vous le dire, mais il faut que les gens comprennent qu'à l'origine, ce que je fais,
01:57c'est que je ne veux pas que le moindre soupçon vienne entacher.
02:00Parce que le 20h, ce n'est pas que la présentatrice.
02:02Je comprends bien, on va y venir.
02:03C'est la rédaction.
02:04Comment vous le vivez d'être finalement en train de regarder, vous qui êtes normalement au cœur des choses, l
02:10'actualité et voir les autres la faire ?
02:13Je la vis de manière calme.
02:15Je la vis, ce qui n'est pas tout à fait mon caractère en général, mais je dois vous dire,
02:19et c'est la vérité, je la vis de manière calme.
02:21C'est une décision, c'est une possibilité qui est devenue une probabilité, qui est devenue un fait.
02:27Je l'ai accepté.
02:30Ça a été dur, vous avez dû discuter longtemps avec lui.
02:32Vous avez eu votre mot à dire en fait ?
02:34Mais oui, j'ai eu mon mot à dire bien sûr, mais comme dans tous les couples en fait, on
02:38a beaucoup discuté.
02:39On a beaucoup discuté parce qu'une décision comme ça, surtout quand elle implique et qu'elle coûte à la
02:44personne avec qui vous vivez,
02:46et aussi aux enfants, à une famille en fait, se déclarer à la candidature à la présidentielle, ce n'est
02:51pas neutre.
02:52Évidemment qu'on a énormément discuté, mais j'ai envie de vous dire, comme dans tous les couples,
02:55aujourd'hui, vous vivriez à Amiens et l'un des deux, votre partenaire, a une très belle proposition à Marseille.
03:04Eh bien, ça va changer votre vie.
03:05Vous discutez pendant longtemps.
03:07Sans faire offense à Raphaël Glucksmann, quand on voit les sondages, on va dire qu'il y a peu de
03:10chances qu'il soit à l'Elysée.
03:12Vous ne lui avez pas dit, sincèrement, écoute, t'es gentil, tu vas faire un tour de piste, c'est
03:17intéressant, mais t'es en train de planter ma carrière ?
03:19Non, je n'ai pas dit ça. La vérité, c'est qu'on a discuté, et la vérité, c'est
03:23qu'il y a un moment où chacun prend ses responsabilités.
03:26C'est une décision qui est solitaire, même si on en parle en couple.
03:30Et ce qui compte dans un couple, si vous me permettez, pour que ça dure un couple, il faut de
03:34l'amour, mais aussi il faut du travail sur soi.
03:37Il faut des compromis, Marc-Olivier Fugel.
03:38Donc vous avez fait un compromis ?
03:39Il faut parfois des renoncements.
03:41Oui, il y a une forme de compromis, mais il faut que ce soit équilibré.
03:45Lui aussi, il en a fait des compromis.
03:47Lui aussi, à des moments, non mais c'est important, à des moments de ma carrière, si vous me permettez,
03:51à des moments de ma carrière où il fallait qu'il soit là.
03:54Par exemple, la matinale, je suis contente de me retrouver chez vous, mais moi pendant 10 ans, je partais aux
03:58aurores.
03:59Et bien c'est lui qui aussi a fait des compromis pour s'occuper des enfants.
04:02L'année dernière, aux 20h, le 20h, moi je ne le savais pas avant de le faire, c'est ultra
04:06chronophage.
04:06Vous arrivez à 9h, vous rentrez tous les soirs à 22h chez vous.
04:10Et bien c'est lui qui a fait des compromis pour s'occuper des enfants, la douche, les devoirs, etc.
04:13Donc quand c'est équilibré, c'est acceptable.
04:18Mais est-ce que finalement, sur ce débat, ce n'est pas un peu foucu ?
04:21Puisque depuis qu'il est candidat, d'un coup, il y a la suspicion, il l'était avant.
04:26Quand vous interrogiez au 20h, Jean-Luc Mélenchon, votre compagnon, il était déjà en compétition face à lui.
04:31Et donc cette suspicion, si elle a lieu, elle existait avant.
04:33Est-ce que finalement, renoncer parce qu'il est candidat, c'est quoi le problème avant et après ?
04:39Vous avez exactement la même difficulté. Si suspicion il y a, la candidature, elle changerait en fait ?
04:44C'est une question que beaucoup de gens...
04:46J'ai reçu énormément de messages en fait, depuis que j'ai annoncé ça, que je me retirais.
04:51Il y a beaucoup de gens qui m'ont dit, un peu comme vous, mais pourquoi tu te retires ?
04:54Pourquoi en 2026, une femme doit se retirer ?
04:57Une femme qui n'a pas forcément les opinions de son compagnon.
05:00Une femme qui a toujours montré qu'elle était indépendante.
05:02D'autres ont dit, mais attends la fin de la primaire !
05:04Attends de voir s'il est désigné avant de te retirer.
05:06D'autres aussi m'ont dit, regarde Béatrice Schoenberg, elle est restée jusqu'à la période officielle.
05:12C'est-à-dire six semaines avant le vote, elle était avec Jean-Louis Borloo.
05:15Elle est restée, il était ministre, il faisait campagne.
05:17Mais moi j'ai voulu, les choses sont nettes chez moi.
05:20En fait j'aime bien que ce soit net, j'aime bien que ce soit clair.
05:22Et j'ai voulu préempter tout ça et protéger ma rédaction et protéger les 400 journalistes.
05:26Un mot sur décision difficile.
05:28Il faut dire que le 20h ça a été la galère au début, les trois premiers mois.
05:31Est-ce qu'on peut dire que même vous n'aimiez pas ça au début ?
05:34Non, on ne peut pas dire ça.
05:36C'était dur ?
05:37Oui, ça a été dur.
05:38Et finalement ça a marché.
05:39Quand vous êtes parti, la dernière semaine, c'est même une semaine de record.
05:43Est-ce que vous ne dites pas que c'est gâché ?
05:46Non, je ne dis pas ça.
05:48Bien sûr qu'il y a un goût d'inachevé au bout d'un an de quitter le 20h.
05:52Mais le 20h, vous savez, avoir la chance d'apprendre un nouvel exercice
05:56quand vous avez 15-20 ans de carrière.
05:58Et c'est vraiment ce qui s'est passé pour moi.
05:59Parce que quand vous n'avez pas fait le 20h, vous ne pouvez pas imaginer ce que c'est.
06:02Et en fait, c'est diamétralement opposé à ce que vous faites vous, Marc-Olivier Fogel,
06:05et que je faisais moi.
06:07C'est-à-dire, par exemple, ce matin, ce n'est pas l'interview d'8h15, c'est face à
06:10Fogel.
06:11L'incarnation, on vient écouter votre style, on vient écouter votre signature.
06:14Et c'est ce que je faisais à la matinale d'Inter.
06:15Les talk shows, c'est la même chose comme quelle époque ?
06:17Quand vous regardez quotidien, c'est parce que vous l'écoutez, Yann Barthès ou Cyril Hanouna.
06:21Là, vous êtes au service de l'information.
06:22Là, en fait, il faut du temps pour tâtonner.
06:25C'est de comprendre, Marc-Olivier Fogel, que le travail de la présentatrice du 20h,
06:30de celle qui l'anime, c'est de mettre en valeur le travail et le reportage des reporters.
06:36Et ça, je vais vous dire, j'ai adoré ça.
06:39J'ai adoré ça.
06:39Alors justement, est-ce que vous allez retrouver le siège du 20h s'il perd la primaire ?
06:42Écoutez, on verra, ça appartient à ma direction.
06:45Oui, mais est-ce que vous avez déjà un accord avec eux ?
06:47Est-ce que vous vous retrouvez le 20h, franchement ?
06:50Oui, franchement, tout est franchement.
06:54Les choses ont été très claires et discutées.
06:56Mais comme à chaque fois, vous savez, je m'étais retirée aux Européennes et j'avais retrouvé mon poste.
06:59Et là, je pense que c'est très clair.
07:01Quand il est candidat, je m'efface.
07:03Quand il n'est plus candidat, je retrouve mon poste.
07:05Et comment on vit cette ambivalence ?
07:07J'imagine que vous ne voulez pas qu'il se plante et en même temps, vous voulez retrouver le 20h.
07:10Comment on vit ça ?
07:11On le vit calmement.
07:14Non, mais au-delà de calmement, est-ce que vous vous dites à un moment donné,
07:17je veux retrouver le 20h, il aura essayé la primaire.
07:20Est-ce que vous souhaitez son succès ou son échec ?
07:23Ça, je ne vais pas me prononcer sur la campagne présidentielle de savoir si je souhaite son échec.
07:28Non, là, vous ne m'emmènerez pas sur ça.
07:30Mais comment vous direz l'ambivalence ?
07:32Il y a une ambivalence certaine, mais ce n'est pas essentiel.
07:35L'important, c'est d'être calme.
07:37L'important, c'est de rester journaliste aussi.
07:38Moi, j'ai pris mes responsabilités, mais je reste journaliste.
07:41Et je vous remercie de m'inviter parce que je suis là aussi pour parler d'un sujet qui m
07:46'importe énormément.
07:47C'est cette grande émission qu'on va faire demain avec Hugo Clément sur le service public.
07:50Et vous me demandez, mais c'est dur, Léa Salamé, c'est difficile.
07:53Vous savez, j'ai été, après l'été dévastateur qu'on a vécu, j'ai été sur le terrain la
07:57semaine dernière.
07:58J'ai rencontré un jeune couple, Justine et Jules, avec leur gamine de 6 ans.
08:02Ils avaient mis toutes leurs économies pendant 7 ans pour bâtir leur maison.
08:06Et en quelques minutes, leur maison, elle est partie en fumée.
08:09Ça, c'est difficile.
08:11Moi, ça va.
08:12Moi, ça va, Marc-Olivier Fogel.
08:14Moi, j'ai tissé ce lien avec les auditeurs et les téléspectateurs qui m'ont toujours suivi.
08:19Et qui ont toujours compris qu'à des moments, justement pour protéger ce lien,
08:22pour protéger les équipes, pour ne pas rajouter du soupçon, je m'écarte un peu.
08:26Mais s'il n'est plus candidat, ben oui, je retrouve mon travail.
08:29Parce que sinon, voilà.
08:30Donc demain, vous le dites, il y a cette émission sur les forêts.
08:34Vous allez aussi vous occuper du dispositif exceptionnel autour du pape.
08:38Est-ce qu'en attendant qu'il est en course, vous avez d'autres rendez-vous comme ça avec France
08:422 ?
08:42Il y en aura d'autres, sans doute.
08:45La direction de l'info, Philippe Corbet, qui la dirige, m'a demandé d'être dans le dispositif du pape.
08:51Il y aura sans doute d'autres choses.
08:52Vous avez un rendez-vous régulier qui vient en attendant ?
08:55Il n'y a qu'à l'époque qui est mon rendez-vous régulier.
08:57Je suis très contente de le reprendre, ça commence samedi.
08:59Tout l'été, les gens m'ont demandé, mais tu continues de quelle époque ?
09:02Tu continues de quelle époque ?
09:03C'est quand même un rendez-vous qui me tient énormément à cœur,
09:05parce qu'on a réussi à installer ça le samedi soir avec toute l'équipe, avec Hugo Clément.
09:10Ce rendez-vous avec Philippe Cavrébière qui m'a dit.
09:13Mais sans invité politique ?
09:14Non, sans invité politique.
09:15Mais ce que j'avais fait au moment des Européennes, j'avais continué qu'à l'époque sans invité politique.
09:20Oui, mais on parlera de l'actualité, on parlera des faits de société, on parlera de la culture.
09:25Et on l'a fait, on l'a déjà fait, et les téléspectateurs étaient là.
09:28Et un autre rendez-vous régulier qui vient en attendant ?
09:30Non, mais par contre, je réfléchis, ça m'a fait du bien.
09:33Vous savez, ça fait longtemps que j'étais dans des studios, comme ici, à la matinale d'Inter, dans des
09:38studios télé.
09:38J'ai été sur le terrain la semaine dernière, en Gironde.
09:41Parce que quand on a vu les images des feux à la télé, c'était choquant.
09:44Mais quand vous les voyez, pour de vrai, quand sur des kilomètres vous voyez ces forêts brûler,
09:50ces maisons détruites, je me suis demandé, et je suis en train de réfléchir avec eux,
09:55sur pourquoi pas faire un documentaire sur des sujets qui ne sont pas liés à la campagne présidentielle.
09:59Pourquoi pas sur le Moyen-Orient, des régions que je connais bien, ou sur autre chose.
10:04Vous parliez de la matinale d'Inter, à laquelle vous avez plus que participé,
10:09contribué à son succès en grève ce matin.
10:11Parce que Charles Sapin, éditorialiste, même numéro 2 de Valeurs Actuelles, fait un édito le dimanche.
10:17Est-ce que vous auriez été en grève ce matin si vous étiez encore à France Inter ?
10:19Oh je sais pas, j'ai pas envie, je suis plus à France Inter, donc j'ai pas envie de...
10:23Vous me disiez que vous parliez franchement.
10:24Oui, oui, je parle.
10:25Est-ce que ça vous choque qu'un interdice de Valeurs Actuelles intègre une rédaction de service public ?
10:30Ce que je sais, c'est que je comprends l'émotion de tous ceux qui travaillent dans le service public
10:34de l'audiovisuel,
10:35que ce soit la radio ou que ce soit la télévision, après les 6 mois de commission d'enquête.
10:38Mais vous partagez leur émotion.
10:40Il faut comprendre, il faut comprendre que pendant 6 mois, ils ont été critiqués, vilipendés, insultés par certains titres de
10:46presse, quasiment tout le temps.
10:48Donc je peux comprendre cela.
10:49En même temps, j'ai entendu les explications de la directrice de France Inter qui dit qu'à l'origine,
10:53Charles Sapin,
10:53ils l'ont embauché parce que c'était le point et qu'il leur a dit, moi je change la
10:57Valeurs Actuelles.
10:58Et donc, vous savez, moi à France Inter ou à France 2, j'étais connue pour être celle qui défendait
11:02le pluralisme au maximum,
11:04qui ouvrait les portes et les fenêtres et qui invitait toutes les sensibilités politiques.
11:07Donc voilà.
11:08Merci Léa Salmé d'avoir réservé à RTL vos premiers mots ce matin et demain, donc France 2, l'émission
11:13spéciale Incendie.
11:15Merci à vous.
11:16Merci à tous les deux.
11:17Merci Marc.
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