00:00On change de registre, on quitte le sport pour la politique,
00:02on va s'intéresser à l'entrée en campagne de Marine Le Pen,
00:05qui est allée hier dans la Sarthe, à la Flèche,
00:08premier déplacement sur le terrain perturbé par des militants et des filles.
00:11Et évidemment, cette candidature, qui a été annoncée au 20h de TF1,
00:16continue de bousculer le lenderno politique.
00:18Écoutez, Gabriel Attal, c'est votre candidat, Sylvain Maillard ?
00:22C'est mon tout cas, mon président de groupe, oui.
00:24Tout d'un coup, j'ai senti une petite hésitation.
00:26J'écoute tout ce que...
00:27Très bien, et lui qui dénonce, enfin, qui se lamente un peu
00:31sur le fait qu'on est dans une chronique judiciaire permanente sur cette campagne de l'État.
00:34Oui, oui, une petite hésitation.
00:37On connaît bien mon positionnement.
00:39Moi, ce qui est très important pour moi, ce que j'ai toujours dit,
00:42moi, je souhaite vraiment qu'il y ait un candidat et très rapidement.
00:44Je crois que la chronique des médias va être comme ce qu'on a vécu en 2024
00:49dans la législative suite à dissolution,
00:52c'est-à-dire un combat très vite entre le RN et l'FI
00:55et qu'il est très important qu'on ait une seule candidature
00:57pour pouvoir rester dessus.
00:59Non, moi, je veux...
01:00Attal ou Philippe ?
01:01Moi, je suis renaissance.
01:02C'est important qu'il y ait un candidat qui...
01:04Mode Bréjou, aussi, renaissance.
01:05Mais en tout cas, ce que je fais, c'est très vite, après les sénatoriales...
01:08D'accord.
01:09Donc là, vous n'avez pas choisi, en fait.
01:10Et début...
01:11Ce que je veux, c'est qu'il n'y ait pas des mini-phrases,
01:13les uns contre les autres, en permanence.
01:15Je suis un député parisien, je viens de vivre les élections parisiennes,
01:18et je n'ai pas envie, à l'échelle nationale, d'en vivre la même chose.
01:20De toute façon, écoute au Cabriel Attal sur la condamnation de Marine Le Pen.
01:25La campagne présidentielle qui démarre se résume à une chronique judiciaire
01:29plutôt que de parler de fond et de vision pour le pays.
01:32Et ça, je pense que ça fatigue déjà les Français.
01:35Par ailleurs, il faut en revenir aux bases.
01:36Je pense qu'il y a des Français qui nous écoutent,
01:38qui passent leur temps à expliquer à leurs enfants
01:40qu'il faut respecter les règles, qu'il faut respecter la loi,
01:42qu'il ne faut pas tricher.
01:44Il y a des Français qui nous écoutent, par ailleurs,
01:45qui savent qu'ils doivent respecter la loi
01:46et qui sont pénalisés au premier écart.
01:48Et ils entendent une responsable politique
01:51candidate à l'élection présidentielle
01:54qui s'attaque à des décisions de justice
01:56et qui même intimide la justice.
01:58On voit les pressions qui sont faites
02:00pour que la réincastation ne tombe pas avant l'élection présidentielle.
02:04Comment vous voulez expliquer à des jeunes délinquants
02:06qu'il faut respecter la loi, qu'il faut respecter les règles
02:08quand vous avez des responsables politiques
02:10qui, eux-mêmes, ne sont pas capables de les respecter ?
02:12François Drugy, qu'est-ce que vous pensez de cette déclaration ?
02:14Moi, je ne crois pas du tout
02:15que la chronique judiciaire remplace le débat politique.
02:18Je dirais même que c'est derrière nous.
02:20Et je l'ai dit tout à l'heure sur un autre débat,
02:22je ne souhaite pas justement que la justice soit instrumentalisée
02:25dans une période électorale.
02:27Et maintenant, le décor, il est planté.
02:29On sait qui est candidat pour le Rassemblement National,
02:31qui est aujourd'hui le premier parti de France.
02:33C'est une réalité électorale et aussi en intention de vote.
02:36Donc, c'est Marine Le Pen.
02:37On sait que Jean-Luc Mélenchon, lui aussi, il est candidat.
02:40Et d'ailleurs, on voit qu'il progresse dans les intentions de vote
02:43au détriment des autres candidats de gauche.
02:46Il y a au centre et à droite trois candidats déclarés.
02:49Il y en a quand même un qui dépasse plus que d'une tête.
02:52Les autres, c'est Édouard Philippe.
02:53Donc, la question, elle est là.
02:54C'est est-ce que les uns et les autres vont présenter leurs propositions,
02:57leurs projets, et moi, je le souhaite profondément,
03:00et qu'est-ce qu'il y aura un deuxième tour entre Marine Le Pen,
03:03qui est quasiment aujourd'hui, en tout cas,
03:05assurée d'être qualifiée au deuxième tour,
03:07et Jean-Luc Mélenchon, ou un candidat de la droite et du centre.
03:11Voilà, il est là, l'enjeu.
03:12Et là, sondage après sondage, c'est frappant.
03:14Il n'y a pas de changement.
03:15Le fait que Marine Le Pen ait été,
03:18parce que la condamnation, elle a été, il faut le rappeler,
03:20elle l'a été condamnée,
03:21mais elle est moindre, une moindre peine que ce qui avait été fait
03:24en première instance, et elle se pourvient en cassation.
03:27Mais la justice a de nouveau considéré
03:29qu'une infraction avait été commise.
03:30Bon, bah, elle n'a pas perdu de points dans les sondages.
03:33C'est ça la réalité des Français d'aujourd'hui.
03:35De même que Jean-Luc Mélenchon, après toutes ses déclarations,
03:37tout ça, il est encore le premier candidat de gauche,
03:39de très loin, par rapport aux autres.
03:41Donc, voilà, sondage après sondage,
03:43les données du problème sont là.
03:45Est-ce qu'on veut un deuxième tour, Mélenchon-Le Pen,
03:47ou est-ce qu'on veut un deuxième tour entre Marine Le Pen
03:50et un candidat de la droite et du centre ?
03:52Ce qui est amusant, c'est que Gabriel Attal semble déplorer
03:54que ça tourne à la chronique judiciaire,
03:56tout en lui-même, ne parlant pas du fond,
03:57mais de la condamnation de Marine Le Pen,
03:59et en l'attaquant là-dessus, comme une délinquante.
04:02Moi, je n'ai pas du tout le sentiment
04:04que dans le pays, l'opinion des Français
04:09soit sévère envers Marine Le Pen
04:10pour les actes qu'elle a commis,
04:12à tort ou à raison, en tout cas.
04:13Ce n'est pas perçu comme un enrichissement personnel,
04:15ce n'est pas perçu comme l'affaire Fillon,
04:17avec les costumes, avec une espèce de détournement,
04:20supposée au profit de sa propre famille.
04:22Donc, je ne crois pas du tout
04:24que ça a un impact profond dans l'opinion
04:26que les Français se font de Marine Le Pen.
04:28Simplement, la question qui va être intéressante
04:30à déterminer, c'est est-ce qu'il va y avoir
04:31un changement de ligne
04:32à l'intérieur du Rassemblement national ?
04:34On avait un journal de Bardella
04:35qui avait tendance à avoir une ligne
04:36plus droitière, plus libérale.
04:38On a vu sur des plateaux télé hier
04:40des responsables du RN
04:42assumer une forme de retour à la retraite à 60 ans.
04:45Est-ce que ça veut dire qu'il y a à nouveau
04:46une ligne de Marine Le Pen plus assumée,
04:48plus sociale, plus socialiste ?
04:50C'est ça qui va être, je pense, intéressant à suivre.
04:53– Je vous passe la parole,
04:55qui était notre invité ce matin,
04:56il estime que lui, Marine Le Pen,
04:57a plus d'expérience que Jordan Le Pen.
05:00Elle a d'abord une autre épaisseur.
05:03Elle a une vraie expérience.
05:05Elle n'est pas un gamin de 30 ans
05:07qui n'a jamais bossé dans sa vie.
05:09Pardon de dire ça aussi brutalement,
05:10mais c'est ça.
05:11Moi, j'ai des divergences avec Marine Le Pen,
05:14mais je lui reconnais une suite dans les idées.
05:18Il y a des combats sur l'immigration.
05:23Mais pas que sur l'immigration,
05:24sur l'identité, le fait que les Français
05:26se sentent menacées dans ce qu'ils sont
05:28sur les questions de sécurité.
05:29– Ça, vous le partagez avec elle.
05:30– Attendez, elle a eu raison avant tout le monde.
05:32Elle posait cette question-là.
05:35Elle disait le mot immigration
05:37ou vous disiez le mot immigration,
05:38vous étiez le facho de service.
05:40C'est pas vrai, c'est elle qui a raison.
05:41Et elle porte...
05:42Aujourd'hui, les Français le disent massivement,
05:45y compris même les autres partis politiques
05:46qui se mettent à en parler.
05:48Est-ce que le jugement de la Cour d'appel
05:51constituera un handicap pour Marine Le Pen ?
05:53La réponse est dans les sondages.
05:54Clairement, les Français ne la condamnent pas.
05:57Je rappellerai d'ailleurs que deux candidats
05:59à la présidence ont été impliqués dans des affaires.
06:02François Mitterrand, en 1983,
06:03l'affaire dite des écoutes illégales.
06:05Des collaborateurs condamnés,
06:06il s'est présenté en 1988, il a gagné.
06:08Jacques Chirac, affaire dite des emplois fictifs
06:11à la mairie de Paris, 99.
06:14Il se présente en 2002 et il gagne.
06:16Donc ça veut dire que Marine Le Pen peut gagner.
06:18D'ailleurs, elle caracole en tête dans les sondages.
06:20Il y a une question qui m'intéresse.
06:21Je profite de la présence de votre indice.
06:23Allez-y, Sylvain Maillard.
06:24C'est l'entre-deux-tours.
06:25La seule question qui m'intéresse, c'est l'entre-deux-tours.
06:28Imaginez que le candidat de vos rêves,
06:30Gabriel Attal, ou peut-être Édouard Philippe,
06:32soit présent face à Marine Le Pen
06:34au second tour de l'élection présidentielle
06:36pour le temer.
06:37Est-ce que vous allez appeler au Front Républicain ?
06:41Est-ce que vous allez demander à LFI de vous soutenir ?
06:43Qu'allez-vous faire à ce moment-là ?
06:45C'est une très bonne question.
06:47Ce qui est certain, c'est qu'on va se battre
06:48surtout pour être au deuxième tour.
06:49La question, elle est de se poser
06:51comment nous sommes au deuxième tour
06:52avec un projet qui fasse que l'on gagne au deuxième tour.
06:55Quand je regarde les sondages, pour le moment,
06:57le deuxième tour, en tout cas de ce qui est sorti
06:59des dernières informations,
07:02c'est-à-dire que nous perdons au deuxième tour.
07:03Donc le calcul, il n'est pas de savoir
07:07si ça va être un joli moment ou un moment.
07:10Est-ce qu'on est capable de gagner,
07:11d'avoir une majorité de Français
07:12qui vote pour notre candidat ?
07:13Vous ne répondez pas à la question.
07:15Mais je ne m'appelle pas LFI,
07:17je combats tout le temps LFI.
07:19Non, pas vous, alors non, évidemment pas vous.
07:21Je connais votre parcours, c'est-à-dire pas vous.
07:22Je suis contre les extrêmes.
07:23Est-ce que Gabriel Attal va faire en 2027
07:25ce qu'il a fait en 2024
07:27entre les deux tours de l'élection ?
07:28Je n'en sais rien.
07:29En tout cas, ce qui est certain,
07:30c'est que je pense que toucher à LFI
07:33ou toucher au Rassemblement National
07:36est, pour nous, radioactif.
07:38Donc, faire en sorte de porter un projet,
07:41emmener des Français,
07:41c'est une élection pour les Français,
07:43c'est les Français qui votent.
07:44Et donc, on doit trouver une majorité
07:46pour faire en sorte de gagner.
07:48Donc, il n'y a pas de combine.
07:50Donc, ne pas perdre son âme
07:51au risque de perdre le deuxième tour.
07:53On est d'accord ?
07:53Eh bien, évidemment.
07:55OK, merci.
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