00:00On parle de Marine Le Pen et de Jordan Bardella, parce que ma chère Catherine,
00:03hier Marine Le Pen a annoncé qu'elle ne ferait pas campagne si la justice lui infligeait une peine de
00:08bracelet électronique.
00:10C'est même plus la question d'être éligible ou pas éligible maintenant.
00:13C'est la question de bracelet électronique, pas bracelet électronique.
00:16Aujourd'hui, il y a eu une démonstration de Jordan Bardella et de Marine Le Pen,
00:19ils se sont affichés ensemble, ce qui n'était pas arrivé depuis longtemps au salon d'agriculture.
00:24On va écouter ce que dit Jordan Bardella.
00:25Il dit qu'on fait campagne ensemble, et vous allez nous livrer votre analyse ensuite.
00:31Nous avons toujours fait bloc, et je crois que personne n'en doute.
00:36Nous travaillons ensemble main dans la main, et je vais vous faire un scoop.
00:39Nous allons continuer à travailler main dans la main dans les prochains mois
00:43pour offrir à la France et aux Français le changement qu'ils sont en droit d'attendre aujourd'hui
00:48compte tenu des urgences économiques, sociaux et sécuritaires qui pèsent sur la France et sur le pays.
00:53Je me prépare à devenir chef du gouvernement, et Marine se prépare à devenir présidente de la République.
01:00Nous travaillons ensemble main dans la main avec l'objectif de remporter les futures élections présidentielles et législatives,
01:06et nous serons là, quoi qu'il arrive.
01:08Voilà, Jordan Bardella, et je dis pour nos auditeurs, Marine Le Pen est juste à côté.
01:11Elle n'a parlé que de questions d'agriculture, Catherine, sur cette visite du salon d'agriculture en même temps.
01:17Qu'est-ce que ça dit pour vous, cette image des deux qui s'affichent ensemble, Catherine Ney ?
01:20Ça fait deux fois que le body language de Mme Le Pen dit des choses.
01:26Le langage corporel.
01:28Quand elle est sortie du deuxième procès en appel, et qu'elle a entendu le réquisitoire,
01:35vous savez, la première fois, elle sortait, c'était une guerrière qui allait se battre.
01:39Elle marchait droit, comme ça, elle avait l'air énervée.
01:42Tandis que là, elle est repartie, elle avait une cape, elle s'était éloignée, et elle était voûtée.
01:48On sentait qu'elle en avait pris vraiment un coup très fort dans le dos, et qu'elle n'y
01:52croyait plus.
01:53Et là, quand on voit, c'est lui et elle qui s'entendent, et lui, il a sincèrement envie qu
02:00'elle soit présidente et lui premier ministre,
02:03mais on voit, elle est régeante, là.
02:07D'accord, vous avez l'impression que c'est pas elle qui parle.
02:10Quelque chose s'est passé.
02:11C'est lui qui est candidat, d'ailleurs, d'après ce que j'ai lu et entendu, les gens crient
02:17« Jordan, on t'attend ».
02:18Donc, c'est comme si les choses, et le fait comme si les choses roulaient, que c'était une évidence
02:24qui allait s'imposer,
02:26et puis, est-ce qu'elle en a envie quand elle dit, c'est avec un bracelet électronique, évidemment,
02:31elle ne peut pas faire campagne, il faut qu'elle soit rentrée chez elle à 19h, c'est une autre
02:34forme d'empêchement.
02:36Et je pense qu'elle craint cette solution-là, qui, évidemment, sera la pire pour elle,
02:40et je pense que, ben voilà, elle a préparé un plan B, c'est la seule à avoir fait ça.
02:47C'est la seule.
02:48Et donc, il faut saluer ce geste, parce qu'il avait 23 ans quand elle a commencé à le former,
02:56bon, maintenant, évidemment, il est encore jeune, mais moi, je pense qu'elle a renoncé.
03:03– Bon, alors, qui partage cet avis ? Ou qui n'est pas d'accord du tout ?
03:07– Non, c'est pas ça, c'est d'abord, il faut rappeler qu'elle vit quelque chose de terrible,
03:11c'est-à-dire qu'au moment où elle atteignait le but de sa vie, le sol se dérobe sous
03:15ses pieds, voilà.
03:16Alors après, ils essayent quand même de gérer une situation qui est un peu impossible,
03:19parce qu'ils font semblant d'y croire encore.
03:22M. Bardella ne dit pas, moi, je me prépare à être président de la République,
03:24il dit, je me prépare à être chef du gouvernement.
03:26Ils perdent encore du temps, parce qu'en fait, la campagne aurait déjà dû commencer,
03:30ils devraient déjà être en ordre. Donc, ils essayent de s'adapter à une situation qui est impossible.
03:35Et elle, je pense que oui, il y a une forme de résignation qui gagne en elle,
03:39elle sait que ça ne sera pas, elle, la candidate du RN, mais qu'il faut donner le change.
03:43Je ne sais pas si c'est la bonne stratégie, peut-être qu'elle aurait dû renoncer vraiment formellement,
03:48dès aujourd'hui, afin que le RN puisse faire campagne normalement,
03:52parce qu'elle va encore perdre plusieurs mois.
03:53– Bien sûr, parce que André Valigny, s'il y a une peine d'inigibilité, c'est une chose,
03:58s'il y a une peine de bracelet électronique, ça, évidemment, c'est pour tout le monde,
04:03pareil, il faut rentrer, on a des heures de sortie,
04:05et on ne peut pas faire une campagne présidentielle dans ces cas-là.
04:08– Oui, ça dépend de ce qui est indiqué par les juges dans le jugement.
04:12Bracelet électronique avec certaines obligations,
04:15de ne pas s'éloigner de plus de tant de kilomètres de son domicile,
04:19de devoir pointer régulièrement au commissariat de police,
04:21ça dépend, le régime du bracelet électronique peut être plus ou moins souple.
04:25– Oui, mais bon, c'est pour faire une campagne présidentielle,
04:28vous connaissez quelques-unes.
04:29– Le symbole est terrible, ce n'est pas les horaires, c'est le symbole.
04:31– François Puponi.
04:32– Non, je pense qu'elle a compris,
04:34là, elle passe encore les derniers messages en espérant,
04:37enfin, elle passe un message au juge en disant,
04:39voilà, si vous m'obligez à un bracelet électronique,
04:41je ne pourrais pas faire campagne, donc voilà.
04:43En fait, ils essayent de dire, vous allez nous empêcher d'être candidate.
04:45Je pense qu'elle a, en tout cas, elle le formalise aussi,
04:48enfin, on voit bien qu'elle a compris.
04:50Après, le problème pour Jordan Bardella,
04:51c'est que lui aussi, ce n'est pas simple non plus,
04:53parce que c'est bien beau de se retrouver candidat à une présidentielle,
04:55mais il faut être capable de tenir une campagne et de la mener.
04:58Et donc, ils sont dans une situation
05:00où celle qui était préparée, qui aurait dû, qui aurait pu,
05:03et qui avait, je pense, les capacités de le faire,
05:05ne pourra pas le faire,
05:06et puis celui qui n'était pas préparé à ça tout de suite
05:08va avoir l'obligation de le faire.
05:11Il part très haut dans les sondages,
05:13mais on est sûr de rien.
05:13Une campagne, ça a toujours un intérêt.
05:15– Michel Fayad, qu'est-ce que vous pensez ?
05:17– Moi, je ne pense pas qu'en fait,
05:19le fait qu'on n'ait pas vraiment défini encore le candidat,
05:22que ce soit entre Marine Le Pen ou Jordan Bardella,
05:24que ça porte vraiment préjudice à leur campagne.
05:26Parce que je pense que Jean-Luc Mélenchon les aide beaucoup.
05:28C'est parce qu'en cristallisant tout ce qu'il fait autour de l'FI,
05:33les gens se disent,
05:34le RN est le mieux placé pour faire rempart à l'FI,
05:38donc on votera pour le RN, quel que soit le candidat.
05:40D'ailleurs, on voit dans tous les types de sondages,
05:43les deux à peu près au même score.
05:45Donc finalement, les gens sont préparés psychologiquement.
05:48Il n'y aura pas forcément une campagne sur le projet, malheureusement.
05:52Il y aura peut-être une campagne qui sera plutôt justement,
05:54est-ce que vous êtes avec l'FI ou vous êtes contre l'FI ?
05:56– Contre l'FI, comme toujours.
05:57Catherine Ney ?
05:58– Oui, non mais ce que vous dites est vrai,
06:00mais il y aura aussi toujours le fait qu'elle,
06:03quand même, en 2017, elle avait six députés.
06:07Aujourd'hui, elle en a 140.
06:09Donc, vous voyez, le parcours extraordinaire,
06:12le groupe qui se tient, ils ont travaillé,
06:15et de voir que peut-être que ça lui échappe.
06:19D'ailleurs, je me demande par moments si elle en avait envie,
06:22parce que quelquefois, quand elle vient avec un petit chat
06:25qui va mourir pour rencontrer le Premier ministre dans un panier,
06:28parce qu'elle veut nourrir toi les deux heures,
06:30moi, je me suis dit, c'est aussi la preuve qu'il y a une vie ailleurs.
06:32Oui.
06:33Il y a une vie ailleurs de la politique,
06:34et que peut-être c'est la chose qui montre qu'elle a du cœur,
06:38qu'elle aime ses petites bêtes.
06:40Et bon, c'est sympathique, un peu de douceur dans ce monde de brut.
06:44Mais moi, je pense qu'elle a déjà fait son deuil de cette histoire.
06:49Elle est auprès d'un garçon qui est doué,
06:52mais je veux dire, qui a une jeunesse pour lui.
06:55Mais je pense qu'aux abords de la présidentielle,
06:59ce qui sera un avantage d'être jeune,
07:02on voit aussi qu'on a élu un président le plus jeune pour la première fois,
07:05et que quelquefois, l'expérience...
07:08Ça fait...
07:09Voilà, et le président, en étant élu, le président Macron,
07:12n'a pas tué l'idée que l'expérience, ça peut servir aussi, vous voyez.
07:18Donc, c'est compliqué, et on ne fait pas de pari.
07:23Écoutons juste, Jordan Bardella,
07:24alors vous évoquiez Michel Le Verriat de Jean-Luc Mélenchon
07:26sur ce fameux cordon sanitaire qu'il appelle à mettre en place contre les vies.
07:32Il faut un cordon sanitaire contre la France insoumise,
07:34et il faut que les formations républicaines,
07:38toutes les formations républicaines, et notamment le Parti socialiste,
07:41rompent avec ce syndrome de Stockholm qu'ils ont aujourd'hui à l'égard de gens
07:45qui sont des gens dangereux,
07:46et qui cherchent encore une fois à briser la cohésion sociale,
07:50à abîmer la paix civile,
07:51pour importer dans le débat public et dans le débat démocratique
07:54à la fois une forme de violence désormais physique,
07:57mais aussi un désaccord avec le processus électoral
08:01et le processus institutionnel.
08:02La République, c'est nous.
08:03La République, c'est nous, dit Jordan Bardella.
08:06Une référence explicite à ce qu'avait dit Jean-Luc Mélenchon
08:08dans les perquisitions aussi de la France insoumise, Eric Nolo.
08:11Le cordon sanitaire, comment ça marche alors ?
08:13C'est-à-dire que le RN va se retirer ?
08:15Ben oui.
08:15S'il y a des risques ?
08:16C'est-ce qu'ils disent ?
08:17Non, non, ils ne se retireront pas.
08:19Marine Le Pen a dit qu'elle ne se retirerait pas.
08:20Le cordon sanitaire, c'est ça.
08:21Alors, à ce moment-là, ce n'est pas le cordon sanitaire.
08:24Donc, ça soit tout le monde ou personne.
08:25Elle a été explicite.
08:26Elle a été très explicite.
08:27Là, à mon avis, ils se sont mis dans un piège.
08:30André Valigny ?
08:31Oui, parce qu'elle ne dit pas ça, Marine Le Pen.
08:33Elle dit qu'au deuxième tour, même en étant sûre de perdre,
08:36elle veut quand même avoir des conseillers municipaux
08:38et que donc ces listes se maintiendront au deuxième tour.
08:41Alors, le cordon sanitaire dont parle Bardella, ce n'est pas ça.
08:43Ça veut dire que tout le monde se retire, si nécessaire,
08:46pour empêcher la flûte de gagner.
08:48Donc, il y a une contradiction entre Marine Le Pen et Jordan Bardella.
08:50Vous voyez, on parlait d'expérience.
08:52Ça, c'est une première erreur, par exemple.
08:55Ça, c'est une première erreur parce que c'est très facile
08:57de retourner l'argument contre lui en disant,
08:58mais M. Bardella, le cordon sanitaire, on est pour.
09:01Retirez tous vos candidats si vous pensez que LFI est mieux placé.
09:04Et il ne le fera pas.
09:05Oui, non, je pense qu'effectivement, il y a une discussion,
09:08mais ça va se passer où ?
09:10Ça peut se passer en Seine-Saint-Denis, où LFI peut gagner.
09:15Donc, s'il y a deux, trois villes où le RN peut, entre guillemets,
09:18faire le coup en disant, je me retire parce que je ne veux pas
09:21que ce soit LFI, que je préfère que ce soit quelqu'un d'autre,
09:22ils vont le tenter parce que ça va, ils vont perdre quoi ?
09:25Ils vont perdre 10...
09:26Parce qu'on parle de deux, trois villes, on est d'accord.
09:28Où la France-Saint-Denis pourrait arriver en tête ?
09:29À peine, à peine.
09:31Donc, ils vont perdre quoi ?
09:32Une dizaine de conseillers municipaux d'opposition ?
09:35Je pense que là, ils prendront le risque pour dire,
09:36voilà, nous, on l'a fait.
09:37On est capables de se retirer.
09:39Alors, ils n'en feront pas une doctrine nationale,
09:41mais ils diront, vous voyez, on l'a fait,
09:42alors que les socialistes vont s'allier avec LFI.
09:45Enfin, voilà, nous, on est responsables.
09:46Et vous, qu'est-ce que vous faites ?
09:47Donc, ça, je pense qu'ils sont capables de faire une opération comme celle-là.
09:50Vous avez déjà acté que les socialistes s'allieront avec la France insoumise.
09:53Je crois que je suis.
09:54Vous connaissez bien les socialistes.
09:55André Valéry aussi.
09:56Ceux qui sont comptes, ils ne sont pas grandis, là.
09:59Vous avez remarqué ?
09:59Ils ne sont pas candidats municipaux.
10:01Et puis les autres, ils...
10:02Comme François Hollande.
10:03Voilà, oui, c'est ça.
10:04André, pas de doute non plus, le PS, la France insoumise ?
10:06Je pense que ça ne se passera pas partout.
10:09Il va y avoir des différentes stratégies selon les villes, selon les contextes.
10:12Vous savez, les municipales, c'est très particulier.
10:16Même si c'est très politisé dans les grandes villes et que l'étiquette compte,
10:19ça se joue aussi beaucoup sur le contexte local,
10:22ce qu'a fait le maire sortant, ce que proposent les candidats,
10:24même dans les grandes villes.
10:25Moi, je pense qu'on parle beaucoup de Bournazel par rapport à Édouard Philippe, Horizon.
10:30Mais je pense que les Parisiens n'écoutent pas tellement ce que dit Édouard Philippe.
10:33Ils ont envie de voter Dati ou Emmanuel Grégoire ou alors ni l'un ni l'autre.
10:37Et c'est Bournazel.
10:38Peu importe ce que dit Édouard Philippe, je crois.
10:41Après, c'est vrai que...
10:42Bien entendu, mais c'est vrai que le dimanche soir du premier tour,
10:46si le Rassemblement National peut gagner Marseille,
10:50bien entendu que Bruno Payan ira appeler de Logu pour dire
10:53comment on fait pour se mettre d'accord et empêcher le RN d'arrivée.
10:56Et à Paris, si effectivement Emmanuel Grégoire a une chance de gagner,
11:00ils appelleront la candidate de la France insoumise pour dire
11:03mettons-nous d'accord.
11:05– Là, justement, je pense qu'il y a une nuance,
11:08parce que Payan n'a pas fermé la porte à cette éventualité.
11:11En revanche, Emmanuel Grégoire a déjà dit qu'il ne ferait pas de fusion,
11:14même au deuxième prix.
11:15– Éric ?
11:16– Rien ne change, donc le 7 octobre n'a rien changé,
11:19la mort de Quentin n'a rien changé, rien ne change rien,
11:22les déclarations de panneaux sur lesquelles mon ami André Valigny et moi
11:25avant des interprétations différentes n'ont rien changé,
11:28ce parti est hors de la République,
11:29mais on va quand même faire des petites magouilles avec eux.
11:31– Allez, on va faire une pause.
11:33– Ce ne sera peut-être pas une fusion à Paris,
11:35mais s'il va convaincre la candidate à Téléfi de se retirer,
11:38de ne pas se maintenir,
11:39c'est les voix de Téléfi qui iront chez Emmanuel Grégoire.
11:42– Petite pause, on se retrouve dans un instant,
11:44on évoquera ce meeting à Lyon ce soir de Jean-Luc Mélenchon,
11:47sous haute tension, un très important dispositif policier est déployé,
11:51et puis on évoquera Emmanuel Macron aussi,
11:53avec une consoeur qui a écrit un livre sur lui,
11:56accrédité 7 ans en Palais de Macron,
11:58des éditions du CERN, à tout de suite.
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