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  • il y a 9 heures
Ce jeudi 9 juillet, Yannick Lopez, directeur des gestions Taux et Solutions de Trésorerie chez OFI Invest, a abordé les besoins de financement que l’Allemagne aura en 2027, soit une hausse de 7% par rapport à cette année, qui sont de 375 milliards d’euros, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00Yannick Lopez non joint, bonjour Yannick, directeur des gestions de taux et solutions de trésorerie pour OfiInvest.
00:05Votre chiffre pour illustrer la montée en puissance allemande sur le marché de la dette,
00:08les Allemands enlèvent de plus en plus de la dette, votre chiffre 375 milliards d'euros, de quoi s'agit
00:12-il ?
00:13Oui, j'ai pris 375 milliards, j'aurais pu en sortir d'autres,
00:17mais en fait c'est le montant probable, possible, que l'État allemand va devoir lever sur les marchés obligataires
00:25l'année prochaine.
00:27Je vous parle de 375 milliards parce que cette année c'était 350 milliards et l'année précédente c'était
00:32290 milliards.
00:33Donc on parle souvent de la rigueur allemande, du frein à l'endettement, etc.
00:38Mais en fait les Allemands ils ont besoin d'argent, ils ont besoin de beaucoup d'argent.
00:44Vous vous souvenez en fait l'année dernière, c'était en mars l'année dernière,
00:46le nouveau chancelier Merz explique qu'en fait pour redynamiser l'économie allemande durant de la compétitivité,
00:54il fallait absolument lancer un très vaste plan d'investissement, notamment en infrastructure.
01:00Tout ça, ça a nécessité des hausses de financement.
01:03Et le problème de l'Allemagne, pas que de l'Allemagne, mais le problème de l'Allemagne,
01:08c'est que la croissance cette année elle n'est pas du tout au rendez-vous.
01:11Ils avaient 1% d'objectifs je crois en début d'année, ils sont rendus à 0,5%,
01:16donc ils avaient moins de rentrées fiscales.
01:17Et du coup, là il y a 3 jours, le chancelier a entériné un projet de budget qui va être
01:24soumis au Parlement en septembre,
01:26mais un nouveau projet de budget 2027 qui voit des dépenses en hausse et donc des besoins d'endettement en
01:34hausse.
01:35Ce qui fait que l'Allemagne est un très gros lever de dettes sur le marché.
01:41Et ça va continuer, ça va continuer parce qu'à la lumière de ce que Merz justement a annoncé il
01:46y a 3 jours,
01:47il y a une banque américaine qui a fait des projections plutôt réalistes en estimant que d'à 2030,
01:54l'État allemand va devoir atteindre 460 milliards de levées de dettes annuelles.
01:59Donc on passe entre 2024 à 2030, on passe de 290 milliards à 460 milliards de levées de dettes.
02:07C'est vraiment énorme.
02:09Mais alors du coup, avec ces montants quand même colossaux, est-ce que ça ne va pas, on va dire,
02:14avoir un impact sur les taux allemands et sur la valeur faciale des obligations allemandes ?
02:19Est-ce que le profil de dettes allemand ne va pas se fragiliser globalement ?
02:24En tout cas, lors de l'annonce l'année dernière, les taux allemands ont pris une gifle.
02:30Et on a pris quelque chose comme 25 à 30 centimes de hausse de taux sur cette perspective-là.
02:36C'est vrai que depuis cette date-là et jusqu'à l'entrée en guerre, on a eu une compression
02:41des spreads intra-zone euro.
02:43Donc c'est-à-dire que la dette allemande a sous-performé, la française même, malgré les sous-bosseaux en
02:50France,
02:51l'italienne, l'espagnole et toutes les autres.
02:53Donc effectivement, les taux allemands, de ce point de vue-là, ont été les sous-performeurs de la zone euro.
03:01Après, la guerre a un peu changé la donne et on a retrouvé depuis mars un regain d'attractivité sur
03:08quelque part le meilleur élève,
03:10malgré tout, parce que l'État allemand continue à être l'État qui emprunte le moins cher sur les marchés
03:14de dettes.
03:15Donc les spreads se sont réécartés, mais la tendance, elle est probablement à la compression,
03:21parce qu'effectivement, comme je vous disais, l'État allemand lève des tons gros de dettes et il faut le
03:25financer.
03:25Et ça, ça exerce quand même une pression par rapport à ses homologues et voisins.
03:31Yannick Lopez pour Offi Invest.
03:33Oui, la concurrence allemande sur le marché de la dette qui participe à faire monter aussi les taux français.
03:39Vincent Yac, toujours avec nous.
03:40Justement, on verra si cet automne, le Parlement parvient à voter un budget convaincant,
03:44mais en pleine campagne présidentielle, ce n'est pas évident.
03:46Donc les taux obligataires risquent de se tendre encore à l'approche de cette présidentielle.
03:50Vous, vous avez un message à faire passer en tant qu'investisseur vert sur cette campagne, dans cette campagne qui
03:55démarre ?
03:55Oui, je pense qu'il y a un vrai enjeu de faire converger les sujets de climat, de transition et
04:00d'épargne.
04:01On en a quand même beaucoup en France d'épargne, 6 000 milliards à minima.
04:05Il y a un gros problème d'accès aux produits qui financent la transition.
04:09C'est trop compliqué.
04:11Chez les assureurs, il y a des contraintes qui sont posées sur les durées de détention,
04:15sur la capacité de souscrire certains produits de manière assez libre.
04:19Et il y a par contre beaucoup de facilités pour acheter des produits qui ne permettent simplement que d'acheter
04:24en bourse des actions.
04:26Donc si on veut mobiliser cette épargne, il va falloir trouver des solutions et ouvrir les produits de transition.
04:31Les produits evergreen, des produits pour financer d'ailleurs pas que la transition verte, ça peut être la transition sociale.
04:37Je pense que c'est vraiment aux Français de financer tout ça.
04:40Il faut redonner, repersonnaliser, je dirais, le geste d'épargne avec des produits qui soient...
04:47Là, très récemment, on a répondu à une consultation de l'EMF qui proposait d'élargir les OPCVM aux cryptos,
04:54aux matières premières et à l'or.
04:56Je ne sais pas si c'est le bon calendrier par rapport à tout ce qui se passe aujourd'hui.
05:02La consultation s'est terminée le 3 juillet.
05:04Je pense que dans l'ordre des choses, il faudrait ouvrir et libérer complètement la possibilité de souscrire des produits
05:10de transition.
05:12Peut-être dans sa part...
05:13Oui, mais ça ne va pas trop avec l'idée de la gamification.
05:16Parce que vous citiez, ouvrir des OPCVM en Bitcoin, c'est un peu la gamification du marché.
05:21C'est la nouvelle génération qui arrive.
05:23Ça ne va pas solutionner les transitions.
05:26Il y a énormément de transitions de choses à faire, de flécher l'argent vers les bonnes solutions.
05:31Et ce n'est pas en achetant des ETF cryptos qu'on va y arriver.
05:33Je ne dis pas qu'il ne faut pas le faire, mais je dis qu'il y a plein de
05:36choses qui sont à faire.
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