00:00Allez, on passe en plongée périscopique.
00:11Puisque c'est évidemment l'heure de la data room, on va commencer avec vous,
00:16Alexandre Attal, Russell Investments.
00:19On parlait des besoins en dépenses d'investissement,
00:22bon, ça atteint des sommes totalement dingues.
00:24Et donc, d'ici 2040, vous chiffrez ça à 106 000 milliards de dollars.
00:31Alors, ce n'est pas nous qui le chiffrons, c'est le Global Infrastructure Hub,
00:34qui est un organisme qui recense toutes les dépenses d'infrastructures à venir, effectivement.
00:39Et ce chiffre est estimé à 106 000 milliards de dollars.
00:44On parlait d'NVIDIA tout à l'heure, c'est 25 fois la capitalisation d'NVIDIA,
00:47c'est presque 4 fois le PIB américain.
00:50On voit finalement que d'ici 2040, il va falloir renouveler tout le parc énergétique de transport,
00:56de routes, de communication, pour soit le renouveler, soit le moderniser,
01:00soit l'adapter aux nouvelles contraintes.
01:01Là, on parle bien à l'échelle mondiale.
01:03À l'échelle mondiale.
01:04C'est-à-dire qu'on ne se focalise pas sur les Etats-Unis,
01:06il n'y a pas sur la France, mais on voit qu'on est sur l'échelle mondiale,
01:08mais avec aussi la prise en compte de toute la dynamique sur les marchés émergents,
01:11en besoin d'infrastructures.
01:13Et ce qui est intéressant lorsqu'on voit ce chiffre, c'est que,
01:15on voit l'ampleur du besoin, on voit tous les secteurs d'activité,
01:20on parle beaucoup d'IA, mais on se rend compte que finalement,
01:23il n'y a pas que l'IA à venir sur la prochaine décennie
01:26ou dans les prochaines 20 années.
01:29C'est qu'on a également toute la thématique du béton,
01:32de l'infrastructure, du concret, du physique,
01:34et pas uniquement que de la data ou que de l'IA.
01:39Donc c'est aussi pour un petit peu sortir de nos yeux,
01:44un peu de myopie où on se focalise sur l'IA, l'IA, l'IA,
01:47le biais comportemental, en disant que c'est ça qui va révolutionner, oui.
01:52Mais attention, l'économie traditionnelle revêt encore des besoins forts,
01:56et ce qui est intéressant de voir, c'est que 106 000 milliards,
01:59les États ne pourront pas les financer.
02:01Donc forcément, il va y avoir de la dette, il n'y a pas possible.
02:05Donc il va y avoir besoin d'investissements privés,
02:06donc c'est un vrai secteur d'investissement, les infrastructures,
02:09qu'on s'emploie à déployer dans nos portefeuilles,
02:12parce qu'effectivement, ça transparaît dans l'ensemble des allocations
02:15et l'ensemble des secteurs d'activité.
02:17Et puis en plus, ces sources de rendement,
02:18souvent c'est des entreprises qui fournissent pas mal de coupons.
02:21J'en veux pour preuve les FH, les Vinci, etc.
02:24Donc c'est aussi un engage...
02:25C'est souvent plus de coupons et souvent plus défensifs aussi.
02:27Donc dans les creux de marché, les thématiques d'infrastructure,
02:30c'est une thématique qui est plus résiliente,
02:31plus adossée à un profil de risque défensif.
02:35Donc là aussi, c'est dans une construction globale de portefeuille.
02:37Et avoir du concret, de l'infrastructure,
02:41c'est aussi un moyen de participer à la croissance à venir
02:43sur les 15-20 prochaines années.
02:45Alors vous êtes allé fort, 106 000 milliards de dollars,
02:47mais Daniel Gérineau, il va crever tous les plafonds.
02:51Lui, son chiffre, c'est 846 000 milliards de dollars.
02:55Et là, on parle d'un marché.
02:58Dites-nous.
02:59Oui.
03:00Alors là, on est sur le marché des dérivés OTC.
03:05Alors OTC, qu'est-ce que ça veut dire pour nos auditeurs ?
03:07C'est « over the counter », par-dessus le comptoir,
03:10c'est-à-dire un peu de gré à gré.
03:12En fait, ce sont des opérations qui servent à couvrir
03:15à la fois l'échange, le crédit, les taux d'intérêt.
03:18C'est pour montrer, c'est un niveau record absolu,
03:21c'est pour indiquer en réalité à quel point le monde
03:24rentre dans des phases d'incertitude dont on parlait tout à l'heure,
03:27où on voit que tous les opérateurs sur les marchés financiers
03:30ont besoin d'avoir des couvertures, des protections,
03:34ce qui explique cette montée.
03:35Pour donner un autre idée, le PIB du monde,
03:38c'est 110 trilliards de dollars.
03:41110 trilliards de dollars.
03:43La taille de la dette mondiale, c'est 315 trilliards de dollars.
03:48Vous voyez, c'est énorme.
03:49Et les positions prises sur les marchés des dérivés,
03:52c'est totalement pas.
03:53C'est 8 fois le PIB mondial, 8 fois.
03:56La capitalisation boursière mondiale, c'est 110 trilliards de dollars.
04:01Et le montant des obligations dans le monde, c'est 130 trilliards de dollars.
04:07Donc vous voyez la taille de ce marché qui est absolument incroyable.
04:11Et ça prouve que finalement, il y a une disproportion
04:15entre la sphère réelle et la sphère financière.
04:19Quand vous avez des ratios comme ça, ça veut dire qu'il y a quand même des choses,
04:22ce que disait Emmanuel Lechiffre tout à l'heure,
04:24il y a quand même un peu d'incertitude dans le monde.
04:26On le voit à travers ces chiffres.
04:28Et le segment, par exemple,
04:30on parlait tout à l'heure,
04:31nous partageons pas complètement la vue sur le high yield,
04:34nous on est plutôt en dehors, on préfère l'investment grade.
04:36Mais sur la partie obligataire,
04:38on a 80 trilliards de dollars d'obligations investment grade,
04:43dont 40 trilliards qui vont arriver à échéance avant 2030.
04:48Oui, c'est après-demain.
04:49En trois ans et demi.
04:50C'est après-demain, effectivement.
04:51Vous en vouliez du millier de milliards de dollars.
04:53Là, vous en avez, vous pouvez tout réécouter sur le replay, sur le podcast.
04:57Enfin, c'était absolument passionnant.
04:58Alexandre Attal, Russell Investment, Daniel Gerino, Carton Sélection.
05:02Merci d'avoir aidé avec nous.
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