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  • il y a 11 heures
Chaque jour, Marc Fauvelle vous accompagne de 19h à 20h dans 60 minutes Fauvelle sur BFMTV.

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00:00:00Bonsoir à tous, bonsoir, bienvenue dans 60 minutes, votre grand rendez-vous d'information du soir.
00:00:05On ira d'abord sur le front des incendies. Ce soir encore, situation très inquiétante,
00:00:10notamment dans les Pyrénées-Orientales. 5000 hectares désormais partis en fumée,
00:00:1410 000 personnes évacuées, des flammes qui progressent encore
00:00:17et les dernières images filmées à bord de l'hélicoptère BFM TV dans quelques instants.
00:00:21Ce coup de théâtre également dans l'affaire Jubilard,
00:00:245 ans après la mort de son épouse Delphine, Cédric Jubilard est passé aux aveux.
00:00:29Il reconnaît l'avoir tué, il reconnaît avoir caché le corps.
00:00:32Son avocat est l'invité ce soir de 60 minutes.
00:00:36Et puis un entretien exceptionnel également à suivre alors qu'Emmanuel Macron vient de se poser il y a quelques
00:00:40instants en Syrie.
00:00:41Le président syrien, Ahmad Al-Shara, a répondu à notre équipe sur place.
00:00:46C'est la première fois tout simplement qu'il parle à un média européen.
00:00:5160 minutes, c'est parti les incendies. Tout de suite, on part sur le terrain.
00:01:06Les Pyrénées-Orientales encore en proie aux flammes.
00:01:10Ce soir, on va aller, je vous le disais, sur le terrain retrouver Victor Pérez-Boucheron.
00:01:14Bonsoir Victor.
00:01:14Vous avez pu, alors qu'on découvre à l'image les images que vous avez pu tourner cet après-midi,
00:01:19vous avez pu donc survoler cette zone absolument immense parcourue par les flammes depuis plusieurs jours.
00:01:27Exactement. Bonsoir Marc. C'est grâce à cet hélicoptère, effectivement, vous l'avez dit,
00:01:30que nous avons pu prendre conscience de l'intensité et surtout du côté immense de ce brasier.
00:01:35Il est absolument gigantesque. En fait, il s'étale vraiment jusqu'au contrefort du Canigou,
00:01:40jusqu'à ce pan de montagne, ce contrefort, l'île-sur-Tête, évidemment, là où sont concentrés le combat contre
00:01:48le feu.
00:01:48Nous avons vu aussi beaucoup de Canadair au nombre de 5 se succéder pour venir larguer de l'eau.
00:01:54Nous avons volé un petit peu à l'écart. C'est la raison pour laquelle nous n'avons pas pu
00:01:57survoler le brasier
00:01:58car il faut évidemment laisser travailler les sapeurs-pompiers, laisser travailler les Canadair, les DASH,
00:02:03les hélicoptères bombardiers d'eau. Nous avons aussi survolé ces communes au nombre de 26
00:02:08qui sont évacuées au fur et à mesure. Ce sont 10 000 personnes qui ont été et qui sont encore
00:02:14évacuées.
00:02:14Il y a aussi ces messages d'alerte sur le téléphone.
00:02:16Mais pour revenir à l'hélicoptère, nous avons aussi pris beaucoup de vent.
00:02:19Et c'est la donnée très importante ce soir ici dans les périnées orientales.
00:02:23C'est le vent. Il va diminuer certes ces prochains jours, mais la tramontaine reste toujours très violente.
00:02:27C'est d'ailleurs ce même vent qui favorise l'expansion de ce brasier.
00:02:32Il y a aussi le taux d'humidité au sol. Il est inférieur à 10%.
00:02:35Rendez-vous compte les périnées orientales et le département qui souffre le plus de la sécheresse.
00:02:40Les sols sont très secs, sont très craquelés.
00:02:42Et ici, c'est ce qui favorise l'expansion du brasier.
00:02:45Et ce que nous avons vu, ces images terrifiantes, ces panaches de fumée en hauteur,
00:02:50c'était très impressionnant sur ces images de Valentin Rebe.
00:02:53Merci Victor. On vous retrouvera évidemment tout à l'heure.
00:02:55C'est cet incendie qui inquiète le plus ce soir en France.
00:02:59On va changer de département, partir bien plus au nord, au nord-est précisément,
00:03:03direction Lérault.
00:03:04Un autre département qui inquiète ce soir,
00:03:07c'est notre envoyée spéciale Élise Phillips qui est sur place.
00:03:10Les pompiers continuent de lutter contre les flammes dans ce département.
00:03:13On va rester prudents, extrêmement prudents.
00:03:15Mais il semble que la situation soit un petit peu en train de s'améliorer ce soir.
00:03:21Exactement. La situation est un petit peu en train de s'améliorer.
00:03:24On est en train d'ivre une accalmie.
00:03:26Mais le feu n'est pas encore fixé.
00:03:28Il est circonscrit par les pompiers qui ont lutté pendant des heures depuis hier soir.
00:03:32Ce feu a été extrêmement actif.
00:03:33Et en ce moment, les pompiers que vous voyez à l'écran sur ces images de Jérémy Paoloni
00:03:38sont en train de noyer certains points chauds dans cette végétation
00:03:41qui a été entièrement calcinée par ce feu.
00:03:44Encore une fois, très actif.
00:03:46On va rejoindre notre interlocuteur, le lieutenant Patrick Pagé.
00:03:52Vous nous avez dit tout à l'heure qu'il fallait noyer des points chauds.
00:03:55On noie aussi, vos collègues, des points où la végétation n'a pas encore brûlé, c'est ça ?
00:04:00Tout à fait. L'important dans la phase de noyage, qui est une phase longue et fastidieuse,
00:04:04mais tout aussi importante que la phase d'infection,
00:04:07c'est d'aller chercher tous les points chauds qui pourraient se cacher
00:04:09à la limite entre le brûlé et le non-brûlé.
00:04:11C'est pourquoi on vient arroser et noyer en profondeur
00:04:15tous les points chauds qui restent sur ces bordures
00:04:18et qui pourraient, en cas de relève de vent, se réactiver et refaire des foyers.
00:04:25Après plusieurs heures de lutte, on en est où ce soir ?
00:04:27Est-ce que vous êtes un petit peu plus optimiste ?
00:04:29Alors, optimiste, oui, on peut l'être,
00:04:31parce que la météo nous a laissé un petit moment de répit,
00:04:33puisque le vent s'est un peu calmé dans la journée et dans l'après-midi.
00:04:38On est actuellement avec un feu circonscrit
00:04:41et qui a parcouru environ 270 hectares.
00:04:45Circonscrit, ça veut dire que tout simplement,
00:04:47on a réussi à mettre des moyens tout autour du foyer,
00:04:51avec le concours notamment d'autres services,
00:04:54comme le conseil départemental,
00:04:56avec un service de bulldozer qui nous a permis d'ouvrir des pistes
00:05:00et d'aller chercher le feu au plus profond de la végétation
00:05:02qui était assez inaccessible, on va dire.
00:05:04On voit cette végétation qui est complètement brûlée.
00:05:07On n'est que le 6 juillet.
00:05:08Un petit mot sur cette saison des feux extrêmement précoce.
00:05:10Est-ce que vous aviez déjà vécu une saison d'incendie qui commence aussitôt ?
00:05:15On est dans le sud de la France, il fait chaud, il y a du vent.
00:05:19Là, effectivement, on a des températures de l'aveu même des météorologues
00:05:23et des climatologues qui sont au-delà des normales saisonnières.
00:05:27Donc effectivement, ça rajoute au triptyque des trois fratrantes,
00:05:31ça rajoute dans la température un facteur aggravant, on va dire.
00:05:37En plus, on vient de passer une semaine avec du vent du Nord assez soutenu.
00:05:42Il ne manque que le dernier point du triangle du feu.
00:05:45Quand on a des personnes qui s'amusent à aller allumer la forêt
00:05:49ou des inconscients qui s'amusent avec des barbecues ou autres,
00:05:53on a des situations catastrophiques comme celles qu'on vit actuellement.
00:05:56Merci beaucoup, lieutenant Patrick.
00:05:58Lager et pas pagé.
00:06:00Voilà, on voit encore sur ces images de Jérémy Paoloni,
00:06:03ces pompiers qui vont donc continuer à noyer ces points chauds.
00:06:07Ça va durer encore plusieurs heures parce que, encore une fois,
00:06:10même si la situation est un petit peu plus calme ce soir dans l'Hérault,
00:06:13ce n'est absolument pas fixé.
00:06:15Il faut rester prudent.
00:06:16La moindre braise pourrait être attisée par les vents
00:06:19si jamais il venait à être plus fort dans les heures à venir.
00:06:23Et on est vraiment, merci beaucoup Élise,
00:06:25on est vraiment avec les pompiers dans leur travail
00:06:28pour éviter donc que le feu ne reprenne du côté de l'Hérault.
00:06:31On va en parler ce soir avec le colonel Ludovic Inès.
00:06:33Bonsoir.
00:06:34Vous êtes colonel hors classe des sapeurs-pompiers professionnels
00:06:37avec Anthony Ferry pour la météo à BFM TV.
00:06:39Bonsoir.
00:06:40Et avec Gaël Musquet, spécialiste de la prévention des risques naturels.
00:06:43On va d'abord écouter ce qu'a dit il y a quelques instants
00:06:46le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez,
00:06:48qui s'est rendu dans les Pyrénées-Orientales,
00:06:50le département qui inquiète le plus ce soir.
00:06:535 000 hectares de végétation déjà ravagés par les flammes,
00:06:5710 000 personnes évacuées.
00:06:58Voici ce que dit le ministre.
00:07:00Le feu, au moment où je vous parle, n'est pas fixé.
00:07:03Donc il n'est pas stabilisé.
00:07:05Fixé, ça veut dire qu'il continue à progresser
00:07:07sur deux flancs principaux, son flanc gauche et son flanc droit.
00:07:12Le flanc droit étant, pour M. le directeur, M. le préfet,
00:07:16le plus inquiétant, puisque c'est celui qui menace des habitations,
00:07:19des villages, notamment sur la rive droite de l'île du Tête,
00:07:24l'île-sur-Tête, pardon, côté rive droite du Tête à l'île-sur-Tête
00:07:29et dans un certain nombre de communes, on a des habitations qui sont menacées.
00:07:32Donc c'est la partie qui est priorisée en priorité par le directeur,
00:07:37il parle M. le préfet des Pyrénées-Orientales.
00:07:40– Voilà, donc pour ces dernières annonces de Laurent Nunez,
00:07:42on a un peu, parfois, colonel du mal à se mesurer ce que représente un feu
00:07:45comme celui des Pyrénées-Orientales, 4900 hectares.
00:07:49Pour vous donner une idée, pendant qu'on voit encore ces images filmées
00:07:53il y a quelques minutes dans ce département, 4900 hectares, ça représente quoi ?
00:07:57Là, c'était 4600 hectares, c'était il y a une heure avant le dernier bilan de Laurent Nunez.
00:08:01Ça représente tout simplement la superficie d'une ville comme Bordeaux,
00:08:05comme si tout Bordeaux était balayé par les flammes.
00:08:09Comment est-ce qu'on vient à bout d'un incendie comme celui-ci ?
00:08:12– Alors, venir à bout, déjà, il faut se mettre dans les dispositions qui concernent,
00:08:15qui va nous présenter la météo tout à l'heure, c'est de percevoir dans les prochaines heures
00:08:19comment déjà va évoluer la météo.
00:08:22Ensuite, la stratégie opérationnelle sur un feu de cette dimension
00:08:26ne signifie pas une attaque directe de ce feu.
00:08:28Il s'agit d'abord d'en mesurer, d'en maîtriser les flancs, d'essayer de les réduire.
00:08:33Et à un moment donné, lorsque les conditions météo et que les moyens conjugués
00:08:37nous permettront de mener une action offensive,
00:08:40eh bien, à ce moment-là, nous prendrons des dispositions
00:08:42pour travailler sur ce qu'on appelle une ligne d'appui.
00:08:44– Offensif, défensif, c'est-à-dire, tant qu'on ne peut pas,
00:08:47on ne fait que contenir le feu et à un moment, on contre-attaque.
00:08:49– Absolument.
00:08:50– Pour défiler la métaphore sportive.
00:08:52– Oui, absolument.
00:08:53Et dans le cadre d'une approche de la protection des personnes,
00:08:55des biens et de l'environnement, avant tout,
00:08:57sur ces approches défensives, on est déjà sur la protection des biens.
00:09:00Là, aujourd'hui, le feu continue à évoluer.
00:09:03Le ministre le disait à l'instant, le feu n'est toujours pas fixé.
00:09:06Et il s'agit à un moment de travailler sur une conjugaison des moyens aéroterrestres
00:09:10et d'anticiper, avec les conditions météo,
00:09:14qui semblent, je suis très prudent,
00:09:16demain avoir des conditions un peu plus favorables,
00:09:18alors même que les conditions deviendraient très défavorables à partir de mercredi.
00:09:22– Gaël, tout dernier bilan fourni il y a quelques instants par le ministère de l'Intérieur.
00:09:25Et on parle uniquement du feu des Pyrénées-Orientales, encore une fois.
00:09:29Sept sapeurs-pompiers légèrement blessés,
00:09:31quatre civils légèrement blessés,
00:09:33cinquante bâtiments impactés par le passage du feu,
00:09:36pas forcément brûlés, mais disons que les flammes ont pu lécher ces bâtiments.
00:09:40C'est ce que disait le colonel il y a quelques instants.
00:09:42La priorité dans ces cas-là, c'est de défendre face aux flammes
00:09:45et d'éviter d'abord qu'il y ait des morts, qu'il y ait des blessés.
00:09:48– Tout à fait, ces aléas, il faut bien comprendre que,
00:09:52peu importe la crise que l'on va vivre,
00:09:54là on est sur du feu, mais ça n'aurait pas qu'une inondation, un orage.
00:09:57L'enjeu, c'est les vies.
00:09:58L'enjeu, c'est les sites industriels,
00:10:00ce sont les maisons, les habitations.
00:10:02Et donc, un feu qui brûle,
00:10:04même si l'environnement, il faut aussi le protéger,
00:10:06une zone où on n'a pas d'enjeu,
00:10:08évidemment, la priorité, ça va être
00:10:10vraiment, vraiment de protéger
00:10:12toutes les infrastructures, d'accompagner
00:10:14les collectivités pour qu'elles puissent accueillir,
00:10:17il faut imaginer
00:10:18toutes les personnes qui ont été évacuées.
00:10:20– 10 000 personnes. – Il faut pouvoir les accueillir,
00:10:21il faut gérer la nourriture, l'eau, les latrines,
00:10:24les familles,
00:10:25les enfants,
00:10:27toute cette logistique-là, elle ne s'improvise
00:10:30pas, donc on a évidemment
00:10:32toute l'année, ces pompiers,
00:10:34ces forces de l'ordre, ces ONG
00:10:35qui s'entraînent pour pouvoir
00:10:38faire face à ce type d'incident.
00:10:40On a des obligations aussi légales,
00:10:41les plans communaux de sauvegarde, les documents d'information
00:10:44communaux des risques majeurs.
00:10:45Bientôt, à la fin de l'année, toutes les
00:10:47agglomérations seront obligées
00:10:50d'avoir ce qu'on appelle un plan intercommunal
00:10:52de sauvegarde. Quand on voit que 25 à 26
00:10:54communes ont dû évacuer
00:10:56leurs habitants,
00:10:58il faut imaginer la solidarité,
00:11:00la coordination que ça demande sur le transport,
00:11:02les bus, les salles qui vont
00:11:04être ouvertes pour pouvoir
00:11:06héberger dans les meilleures conditions possibles ces personnes
00:11:08et leur permettre. Et là encore,
00:11:10on a un autre travail qui est plus de fond
00:11:12sur la santé mentale,
00:11:14sur le désespoir, sur la tristesse,
00:11:16tout ce que cela engendre.
00:11:18Quand on parle avec les actuaires,
00:11:19on parle d'un rapport de 5 à 15
00:11:21sur le coût de ces catastrophes naturelles,
00:11:24sur le fait d'intégrer ou pas
00:11:26juste les biens,
00:11:27si on intègre la santé mentale,
00:11:29donc les arrêts de travail,
00:11:31les dépressions,
00:11:32les suicides qui sont inhérents
00:11:34à la santé mentale des populations qui ont été victimes,
00:11:36on peut aller jusqu'à 15 fois
00:11:38ce que ça leur est demandé d'investir
00:11:40en termes de prévention.
00:11:41Je voudrais vous montrer une carte,
00:11:42si vous voulez bien, c'est la carte
00:11:44des incendies. Vous la connaissez sans doute,
00:11:45colonel, vous, mais nous on la découvre,
00:11:48on la redécouvre à cette occasion,
00:11:49c'est la carte des incendies en temps réel.
00:11:51Partout en France, c'est-à-dire
00:11:53partout où vos collègues en ce moment même
00:11:55sont en train de lutter
00:11:56d'une façon ou d'une autre
00:11:58contre les flammes,
00:11:58en train de maîtriser ou de fixer.
00:12:00Là, on voit uniquement
00:12:01une petite partie sud de la France,
00:12:03je ne sais pas si vous le voyez
00:12:04sur l'écran devant vous.
00:12:05Est-ce que vous aviez déjà connu ça
00:12:06début juillet ?
00:12:08Non, sur cette période de début juillet,
00:12:10pas forcément.
00:12:11Après, quand on constate
00:12:13sur des départements de l'arc méditerranéen
00:12:15qui connaissent ça depuis de nombreuses années,
00:12:19cette dimension-là aussi précoce ?
00:12:21Non, pas forcément.
00:12:22Mais des départements de cet arc-là,
00:12:24soit le département des Bouches-du-Rhône,
00:12:25du Var, des Alpes-Maritimes,
00:12:27sur des moments difficiles,
00:12:29on est sur 40 à 50 départs de feu par jour.
00:12:32Donc on parle souvent des feux
00:12:34qui sont à une dimension assez catastrophique.
00:12:37Par contre, n'oublions jamais quand même
00:12:39que 95% des feux
00:12:41sont éteints avant même
00:12:43qu'ils fassent 4 hectares.
00:12:45Ce qui montre quand même
00:12:45bien que cette coordination aéroterrestre
00:12:48de lutte avec des approches
00:12:49de prévention et d'anticipation
00:12:51sur l'événement,
00:12:53ça paie.
00:12:54Et ça, on doit le constater.
00:12:56Maintenant, c'est sûr que des cartes
00:12:57comme ça en début juillet...
00:13:00Est-ce que ça présage d'un été
00:13:02qui va être absolument compliqué
00:13:03pour les pompiers ?
00:13:04Vous savez, toutes les prédictions en la matière,
00:13:08ceux qui s'amusent à ce type d'analyse,
00:13:11c'est très compliqué.
00:13:12Et en même temps, on nous disait aussi
00:13:14à travers un hiver et surtout un printemps pluvieux
00:13:17que l'été ne serait pas ce qu'il est.
00:13:19Donc on voit bien que c'est vraiment
00:13:21depuis quelques jours,
00:13:23avec ce troisième épisode de canicule qui arrive,
00:13:26que finalement, on constate que l'été
00:13:27est arrivé de façon un peu plus précoce
00:13:30et pratiquement, par rapport à des conditions météo,
00:13:3215 jours à 3 semaines avant.
00:13:34On voit là sur les images
00:13:36cet hélicoptère qui est en train de larguer
00:13:38de l'eau à l'île-sur-Tête,
00:13:41qui est l'une des villes qui a dû être évacuée.
00:13:43Toute la population a été priée
00:13:46de quitter la ville.
00:13:47Et hier, Nargis Hadji,
00:13:49vous nous rejoignez justement
00:13:50parce qu'on va essayer de comprendre avec vous
00:13:52si la France a assez de moyens aériens
00:13:54aujourd'hui pour lutter contre ces feux à répétition.
00:13:57Bonsoir Marc.
00:13:57D'abord, nous commençons avec les Canadaires.
00:13:59Il y en a 12 en France pour le moment,
00:14:01mais seulement 11 seraient opérationnels.
00:14:04Un Canadair, qu'est-ce que c'est ?
00:14:05C'est un avion amphibie.
00:14:06Il a besoin de se mettre à la surface de l'eau,
00:14:09d'un lac, d'une mer par exemple,
00:14:11seulement quelques secondes
00:14:12pour absorber près de 6000 litres d'eau.
00:14:14Une fois qu'il a récupéré cette eau en quelques secondes,
00:14:17il repart larguer donc ce chargement
00:14:19comme on le voit sur ces images.
00:14:22Canadair, comme son nom l'indique,
00:14:23vient du Canada.
00:14:24Et justement, Paris a annoncé la commande
00:14:26auprès du Canada,
00:14:27donc de 4 avions bombardiers d'eau,
00:14:29Canadair supplémentaires.
00:14:31La livraison s'échelonnera jusqu'en 2033.
00:14:33Même si on ajoute donc ces 4 supplémentaires
00:14:36aux 12 que nous possédons,
00:14:37eh bien nous sommes loin de nos voisins,
00:14:39notamment l'Espagne qui a 21 Canadair
00:14:41et l'Italie qui en a 18.
00:14:42Il faut savoir qu'il existe d'autres moyens aériens
00:14:45pour combattre le feu.
00:14:46Le DASH, par exemple, lui, décolle d'une base aérienne.
00:14:49Sa capacité est presque deux fois supérieure
00:14:52à celle du Canadair,
00:14:53près des 10 000 litres d'eau ou de retardants.
00:14:56Un retardant, qu'est-ce que c'est ?
00:14:57C'est un liquide rouge que l'on voit parfois
00:14:59descendre de cet avion.
00:15:01Et ce liquide permet de ralentir
00:15:03la propagation des flammes.
00:15:04La flotte française en compte 8.
00:15:06Il y a aussi 10 hélicoptères bombardiers d'eau.
00:15:09Ils sont équipés d'un seau suspendu
00:15:12ou d'une cuve.
00:15:12C'est notamment ce qu'on vient de voir
00:15:14il y a quelques minutes sur les images
00:15:15de ce qui se passe dans les Pyrénées-Orientales.
00:15:19Et donc, ils interviennent surtout
00:15:20dans les zones qui sont difficiles d'accès,
00:15:22par exemple près de reliefs
00:15:25en appui des pompiers au sol.
00:15:27Enfin, il y a 6 avions bombardiers légers loués.
00:15:30En plus, voilà pour les moyens
00:15:32dont dispose la France pour le moment.
00:15:33Je dis pour le moment parce que,
00:15:35et c'est une information capitale,
00:15:36Laurent Nunez en déplacement
00:15:38dans les Pyrénées-Orientales
00:15:39a évoqué et a parlé du fait
00:15:42que la France allait bénéficier
00:15:43de nouveaux bombardiers d'eau.
00:15:45On écoute les ministres de l'Intérieur.
00:15:47À partir de demain,
00:15:48nous allons ici bénéficier du renfort
00:15:50de 8 avions bombardiers d'eau supplémentaires
00:15:53qui sont des airs tractors
00:15:54dont 6 proviennent du mécanisme
00:15:57de solidarité, de coopération
00:15:59de l'Union européenne.
00:16:01Donc 6 qui viendront respectivement
00:16:03de Chypre, de l'Espagne et de Suède.
00:16:05Et puis nous allons y rajouter
00:16:062 airs tractors,
00:16:07donc 2 moyens nationaux supplémentaires.
00:16:09Ce qui fait 8 avions
00:16:10qui ont une capacité de largage
00:16:11de 3100 litres.
00:16:13Ce qui veut dire que c'est l'équivalent
00:16:14de 4 Canadaires supplémentaires.
00:16:15Voilà, 8 bombardiers d'eau
00:16:17qui vont arriver à la rescousse,
00:16:18j'allais dire, de vos collègues
00:16:19en ce moment dans ce département.
00:16:22Ça veut dire que notre dispositif actuel,
00:16:25il est insuffisant, très clairement ?
00:16:27Alors c'est très difficile.
00:16:29On a compris qu'il fallait des années
00:16:30pour en commander.
00:16:31Bien sûr.
00:16:31Il y a des Canadaires qui doivent arriver.
00:16:33Le constat qui est fait aujourd'hui,
00:16:34c'est que vis-à-vis d'événements
00:16:37aussi difficiles que les feux
00:16:39que nous vivons
00:16:40et que nous avons vécu aussi en 2022,
00:16:45la lutte en soi commence malgré tout,
00:16:47et quels que soient les moyens quand même,
00:16:49à arriver à quelques limites.
00:16:52Sur les feux de l'année dernière,
00:16:54sur le feu important
00:16:56qui a eu lieu dans l'Aude,
00:16:57eh bien il faut juste se rendre compte
00:16:59que l'ensemble de la flotte aérienne française
00:17:01était sur ce feu.
00:17:02J'ai eu moi-même l'occasion de m'y rendre
00:17:04et de percevoir par rapport à l'intensité
00:17:07de ce foyer
00:17:07qu'il n'y avait pas une seule goutte d'eau
00:17:09qui arrivait au sol.
00:17:11Donc on voit bien que la notion de lutte
00:17:13à travers ces événements climatiques
00:17:15et donc l'intensité de ces feux
00:17:17commence à atteindre ces limites.
00:17:18Moi je voudrais quand même
00:17:19qu'on évoque aussi des notions
00:17:21qui sont en lien avec une approche de prévention,
00:17:24d'acculturation du citoyen,
00:17:27quelque part de travailler
00:17:28sur l'aménagement du territoire.
00:17:29Pourquoi ?
00:17:30Parce que la lutte,
00:17:31quels que soient les moyens
00:17:32que nous mettrons en face,
00:17:34eh bien sera de plus en plus difficile
00:17:35parce que nous avons une intensité de ces feux
00:17:37qui est de plus en plus importante.
00:17:40Depuis quand, Anthony,
00:17:41il n'avait pas plu
00:17:42ou il n'a pas plu
00:17:43sur les Pyrénées-Orientales ?
00:17:44Eh bien tout simplement
00:17:45depuis le 9 juin,
00:17:47c'est-à-dire depuis plus d'un mois
00:17:48et quand je dis pleuvoir,
00:17:49c'était 2 millimètres.
00:17:52Donc absolument...
00:17:53Les sols effectivement sont très secs
00:17:57et malheureusement,
00:17:58ce n'est pas près de s'arranger
00:17:59puisque sur les 10 prochains jours,
00:18:01pas une goutte de pluie à l'horizon.
00:18:03Le colonel disait il y a quelques instants,
00:18:04on espère un répit
00:18:06avec peut-être un vent qui va se calmer.
00:18:09Est-ce que c'est le cas ?
00:18:09Est-ce que ça va aller mieux cette nuit,
00:18:11demain, dans les jours qui viennent ?
00:18:12Oui, alors soyons clairs,
00:18:13les pompiers ont une fenêtre de tir,
00:18:15c'est de ce soir jusqu'à mercredi matin.
00:18:19Pourquoi ?
00:18:19Parce que le Mistral et la Tramontagne,
00:18:21donc sur l'ensemble de l'arc méditerranéen,
00:18:23vont s'estomper.
00:18:24Ça va donc permettre aux pompiers,
00:18:26effectivement,
00:18:27d'attaquer le feu par ses flancs
00:18:28et par le front
00:18:29et ça va aussi permettre aux marins,
00:18:31qui est un vent qui vient de la Méditerranée,
00:18:34d'apporter de l'humidité
00:18:35à l'intérieur des terres.
00:18:37Ce qui va donc permettre
00:18:38d'améliorer la situation.
00:18:40Malheureusement,
00:18:41à partir de mercredi,
00:18:44la Tramontagne se lève à nouveau.
00:18:46On attend mercredi après-midi
00:18:48des rafales à 50-60 km par heure
00:18:51sur les Pyrénées-Orientales.
00:18:52Le Mistral se lèvera lui aussi
00:18:54à nouveau du côté de la vallée du Rhône.
00:18:55Donc il va vraiment falloir agir vite
00:18:58avant la reprise des feux,
00:19:00malheureusement sans doute
00:19:01à partir de mercredi.
00:19:01Une fenêtre de tir peut-être,
00:19:03donc à partir de ce soir
00:19:04pour éteindre cet énorme incendie.
00:19:06Des renforts qui arrivent à partir de demain,
00:19:08huit bombardiers d'eau supplémentaires
00:19:10et la solidarité en France.
00:19:12Également, je voudrais vous montrer
00:19:13une image, colonel.
00:19:15Ce sont vos collègues corses
00:19:16qui ont communiqué aujourd'hui.
00:19:19Ils vont envoyer
00:19:22deux engins lourds
00:19:24de progression
00:19:25qui partent également
00:19:26dans ce département
00:19:26des Pyrénées-Orientales.
00:19:28Ce sont quasiment,
00:19:29pour les profanes comme moi en tout cas,
00:19:30des chars anti-incendie.
00:19:32Expliquez-nous ce que c'est,
00:19:32ce qu'on voit là.
00:19:33Oui,
00:19:34d'ailleurs,
00:19:35je les salue,
00:19:36bien évidemment,
00:19:36puisque quelque part,
00:19:38ceux qui ont imaginé
00:19:39ce type de dispositifs
00:19:40qui sont arrivés ensuite
00:19:42sur le territoire corse
00:19:43pour amener
00:19:44ce type de moyens,
00:19:47eh bien,
00:19:47c'est très difficile
00:19:47de les acheminer.
00:19:48D'ailleurs,
00:19:48on voit qu'il faut
00:19:50un porte-char,
00:19:51parce que faire travailler
00:19:53et amener
00:19:54sur les lieux d'intervention
00:19:55ce type de moyens,
00:19:56ça ne peut pas se faire
00:19:57en claquant des doigts.
00:19:58Ce sont des moyens
00:20:00qui permettent
00:20:00de projeter de l'eau
00:20:02en ayant un équipage
00:20:03en toute sécurité
00:20:05et en même temps
00:20:06de franchir des lieux
00:20:07qui seraient pratiquement
00:20:09infranchissables
00:20:10par rapport
00:20:11aux moyens classiques.
00:20:12Donc,
00:20:12on voit bien
00:20:12que ce type de dispositif
00:20:14aujourd'hui,
00:20:15eh bien,
00:20:15est intéressant
00:20:16pour compléter
00:20:17les dispositifs traditionnels
00:20:18et donc,
00:20:19de fait,
00:20:19la solidarité,
00:20:20bien sûr,
00:20:21joue.
00:20:22Européenne
00:20:22et à l'intérieur des régions.
00:20:23Mais bien sûr,
00:20:24cette solidarité
00:20:25aujourd'hui,
00:20:26elle va au-delà même
00:20:27de l'endroit
00:20:28où il y a les feux.
00:20:29Ce sont des collègues
00:20:30qui arrivent
00:20:30de toute la France,
00:20:31ce sont des collègues
00:20:32qui arrivent
00:20:32de toute l'Europe
00:20:33et donc,
00:20:34de fait,
00:20:34l'interopérabilité
00:20:35fonctionne très bien.
00:20:37On va retrouver
00:20:37l'une des envoyées spéciales
00:20:38de BFM TV
00:20:39sur le terrain,
00:20:40c'est Suzy Bernard-Ménégus
00:20:41qui est avec nous
00:20:42toujours dans ce département
00:20:43des Pyrénées-Orientales.
00:20:44Suzy,
00:20:45vous êtes avec des évacués,
00:20:46c'est-à-dire des personnes
00:20:48qui sont 10 000
00:20:49depuis hier,
00:20:50qui ont dû quitter
00:20:50leur logement
00:20:51et qui s'apprêtent
00:20:52à passer quoi ?
00:20:52Leur première,
00:20:53leur deuxième nuit
00:20:54derrière vous,
00:20:55c'est ça ?
00:20:58Alors là,
00:20:58oui,
00:20:58en effet,
00:20:59nous sommes à Vinces,
00:21:00c'est à une dizaine
00:21:02de kilomètres
00:21:02de l'île sur tête
00:21:04et donc,
00:21:04c'est ici
00:21:05que pourraient venir
00:21:05certains évacués.
00:21:06Pour l'instant,
00:21:07il n'y a personne
00:21:08parce qu'il y en a
00:21:09déjà d'autres,
00:21:09des habitants
00:21:10de la commune
00:21:11qui sont allés
00:21:12à 10 kilomètres
00:21:13d'ici,
00:21:13à la commune
00:21:14du Prades.
00:21:15Ils ont pris des bus
00:21:16pour être amenés là-bas
00:21:17mais voilà,
00:21:17donc le village
00:21:18est complètement évacué.
00:21:19Pour ceux qui voudraient rester,
00:21:20c'est ici
00:21:21qu'ils devront passer la nuit.
00:21:22Je suis avec le maire
00:21:23de la commune,
00:21:24Raymond Ruiz.
00:21:25Comment vous avez préparé
00:21:26cette évacuation ?
00:21:27C'est un peu
00:21:27une course contre la montre ?
00:21:28C'est exactement ça.
00:21:30On n'y est pas préparé.
00:21:31C'est quand même
00:21:32un traumatisme
00:21:33d'aller voir les gens
00:21:34et de leur dire
00:21:34qu'ils doivent quitter
00:21:35leur domicile.
00:21:37Pour certains,
00:21:37c'est compliqué
00:21:38mais je pense que
00:21:39l'intérêt
00:21:40de toutes ces personnes
00:21:41c'est de quitter
00:21:42leur domicile
00:21:43pour être mis en sécurité.
00:21:45Le feu
00:21:46n'est pas maîtrisé,
00:21:47loin de là.
00:21:48On a beaucoup de reprises.
00:21:51J'étais inquiet hier
00:21:52par rapport à ce feu
00:21:54qui depuis deux jours
00:21:55est poussé par la Tramontane.
00:21:57On a annoncé du marin,
00:21:58le marin qui s'est levé
00:21:59en fin de matinée
00:22:00et qui a ramené ce feu
00:22:02sur le village de Vinsa
00:22:05avec une problématique,
00:22:06un camping
00:22:07qu'on avait évacué hier
00:22:08en précaution
00:22:10avec des mobilhommes.
00:22:12Aujourd'hui,
00:22:13à l'heure que je vous parle,
00:22:14aucun mobilhomme
00:22:15n'a été impacté par le feu.
00:22:16Je tiens à saluer
00:22:17les pompiers
00:22:19de toute la France
00:22:21puisqu'aujourd'hui
00:22:22il y avait 580 pompiers
00:22:24hier
00:22:25qui avaient été engagés.
00:22:26Je crois qu'aujourd'hui
00:22:27le nombre a dû augmenter.
00:22:29Je tiens à saluer
00:22:30leur courage
00:22:32et leur efficacité
00:22:33dans cette course
00:22:34contre ce feu.
00:22:36Et c'est jamais bon
00:22:37quand on court derrière le feu
00:22:38et qu'il a toujours
00:22:39un coup d'avance.
00:22:40Et aujourd'hui,
00:22:40c'est la problématique.
00:22:41C'est ce vent
00:22:42qui change continuellement.
00:22:452300 habitants ici.
00:22:46On a vu
00:22:47tous les dispositifs
00:22:48qui avaient été mis en place.
00:22:49Les pompiers,
00:22:50les gendarmes,
00:22:51les bus aussi.
00:22:51C'est vraiment tout le monde
00:22:52qui travaille main dans la main ?
00:22:53C'est tout le monde.
00:22:54Je tiens à saluer aussi
00:22:55cet élan de solidarité
00:22:56où les 20 années
00:22:57se sont mobilisés
00:22:59pour apporter
00:23:00des aliments
00:23:01aux pompiers
00:23:02qui sont là
00:23:02depuis 3 jours
00:23:03pour leur permettre
00:23:04de pouvoir manger.
00:23:07Je sais que
00:23:07toute la nuit,
00:23:08il y a eu des pompiers
00:23:09qui sont venus
00:23:09et ils ont été accueillis
00:23:11avec de l'eau fraîche.
00:23:12Il faut saluer
00:23:13leur courage.
00:23:14Aujourd'hui,
00:23:15ils sont au bout
00:23:16de leur force.
00:23:18Ils demandent
00:23:19des renforts.
00:23:20Je crois que des renforts
00:23:21vont arriver
00:23:21pour permettre
00:23:23aux pompiers
00:23:23de pouvoir souffler un peu.
00:23:25Depuis 3 jours,
00:23:25ils sont sur la brèche.
00:23:26Oui, voilà.
00:23:273 jours,
00:23:27c'est ça.
00:23:28Depuis samedi soir
00:23:29que le feu a commencé
00:23:30ici dans les Pyrénées
00:23:31orientales.
00:23:31Plus de 4500 hectares
00:23:33déjà partis en fumée.
00:23:34Et comme disait
00:23:35M. le maire,
00:23:36ce feu n'est pour l'instant
00:23:37toujours pas fixé.
00:23:38Merci à vous,
00:23:39Suzy.
00:23:39On vous retrouvera
00:23:40dans quelques minutes.
00:23:41On est en ligne à présent
00:23:42avec un habitant
00:23:43de ce département.
00:23:44C'est Rénal
00:23:45qui est en ligne avec nous.
00:23:46Bonsoir, Rénal.
00:23:47Merci de prendre
00:23:48quelques minutes.
00:23:49Vous aussi,
00:23:49je crois,
00:23:50vous avez été évacué
00:23:51de votre petite ville
00:23:53d'Île-sur-Tête
00:23:54hier soir.
00:23:54Est-ce que vous pouvez
00:23:55nous raconter
00:23:55tout simplement
00:23:56comment ça s'est passé ?
00:23:57C'est quoi ?
00:23:57On reçoit un texto ?
00:23:58Comment ça se passe ?
00:23:59Comment on sait
00:24:00qu'il faut partir ?
00:24:01Alors moi,
00:24:02je suis arrivé
00:24:02dans ce gros village
00:24:05il y a six semaines.
00:24:06Donc je n'ai eu
00:24:08aucune information
00:24:08des dispositifs
00:24:09de sécurité alerte
00:24:10que je ne connaissais pas
00:24:11d'ailleurs.
00:24:12Même lorsque je me suis inscrit
00:24:13sur les listes électorales,
00:24:15on ne m'a rien communiqué.
00:24:17Et finalement,
00:24:18c'est grâce
00:24:19à une petite voisine
00:24:22qui me voyait
00:24:23regarder les nuages
00:24:24et le feu
00:24:24parce que j'ai découvert
00:24:25qu'on avait
00:24:26à 200 mètres de la maison,
00:24:27il y avait des grosses flammes
00:24:29et un hélicoptère
00:24:29qui tentait
00:24:30d'éteindre les flammes.
00:24:31Il m'a dit
00:24:32oui,
00:24:32il faut évacuer,
00:24:33il faut évacuer.
00:24:34Il faut évacuer,
00:24:35je ne savais.
00:24:36Donc j'ai pris ma voiture,
00:24:37je n'ai eu
00:24:38aucune information.
00:24:41Directement après,
00:24:42alors dans le village,
00:24:43dans le centre du village,
00:24:45on m'a remis
00:24:45un masque papier.
00:24:47J'étais en voiture,
00:24:47bien sûr,
00:24:48et j'ai pris la route.
00:24:50Entre temps,
00:24:50j'ai eu le temps
00:24:51de réserver un hôtel
00:24:52sur Argelès
00:24:53parce que l'air
00:24:53était irrespirable.
00:24:55Et puis,
00:24:56depuis hier soir,
00:24:57je suis à l'hôtel.
00:24:59Je ne vais pas me plaindre,
00:25:00j'ai une situation
00:25:01pas pratique,
00:25:03mais aucune information.
00:25:05J'ai laissé la maison,
00:25:06je suis parti en urgence,
00:25:07j'ai pris quelques affaires
00:25:08et puis,
00:25:09pas d'information.
00:25:11Donc,
00:25:11dans quel état est la maison,
00:25:12comment je vais retrouver,
00:25:13je ne sais pas.
00:25:14Mais vous ne savez pas du tout,
00:25:15vous ne savez pas du tout,
00:25:17Renan,
00:25:17si votre logement
00:25:18a été brûlé
00:25:20ou s'il a été épargné
00:25:21par les flammes ?
00:25:22Je ne sais pas du tout.
00:25:24J'imagine
00:25:24qu'il est encore,
00:25:26que la maison
00:25:26est encore debout
00:25:27puisque je n'ai pas,
00:25:28j'ai branché l'alarme
00:25:29et le système incendie
00:25:30et que je n'ai pas eu d'alerte,
00:25:32mais je n'ai aucune information.
00:25:34Et vous avez eu le temps
00:25:35de prendre l'essentiel
00:25:36avant de rejoindre Argelès
00:25:38ou vous êtes parti en catastrophe ?
00:25:40Qu'est-ce que vous avez emmené
00:25:40avec vous,
00:25:41là,
00:25:41par exemple ?
00:25:42J'ai pris deux shorts,
00:25:44des t-shirts,
00:25:45des polos
00:25:46et puis une trousse de toilette.
00:25:48Et puis voilà,
00:25:49j'ai oublié mon traitement,
00:25:51j'ai un gros traitement
00:25:52qu'il faudra
00:25:52que je retourne à la maison.
00:25:53Mais je n'ose imaginer
00:25:55être confronté
00:25:56à des képis
00:25:57au rond-point
00:25:58et leur expliquer
00:25:58que j'ai un traitement
00:25:59à prendre
00:25:59et qu'il est à la maison
00:26:00et que je n'ai pas pris
00:26:01l'ordonnance.
00:26:01Mais bon,
00:26:02ça fait partie
00:26:03des aléas de l'urgence.
00:26:05Est-ce que vous vous étiez
00:26:06préparé à ça
00:26:08ces dernières semaines ?
00:26:09Est-ce que vous vous étiez dit
00:26:10peut-être qu'un jour
00:26:11il faudra partir
00:26:11rapidement ?
00:26:12Ou est-ce que c'est quelque chose
00:26:14qui vous semblait
00:26:14complètement inimaginable
00:26:16jusqu'à présent ?
00:26:17C'est complètement inimaginable.
00:26:20Non,
00:26:20parce qu'en 2022,
00:26:22j'ai failli être...
00:26:22J'étais en Gironde
00:26:23au moment en juillet.
00:26:25J'ai failli être évacué,
00:26:27mais je l'avais échappé.
00:26:29Mais je n'imaginais pas
00:26:31du tout ça,
00:26:31sachant qu'en plus
00:26:32dans la commune,
00:26:32il y a eu,
00:26:33semble-t-il,
00:26:34deux incendies,
00:26:35un en 2005
00:26:36et en 2016.
00:26:37C'est ce que les voisins
00:26:38m'ont dit.
00:26:39Et que c'est...
00:26:40Voilà, apparemment,
00:26:41toutes les décades,
00:26:42tous les 10-12 ans,
00:26:44il y a ce genre d'événements.
00:26:45Il, semble-t-il,
00:26:46ont marqué les esprits
00:26:48dans le village.
00:26:49Donc,
00:26:50je ne m'attendais pas
00:26:51du tout à ça.
00:26:52Parce que le coin
00:26:53est très sympathique.
00:26:54livre avec la vue
00:26:56sur le mont canicule,
00:26:56c'est très apaisant.
00:26:57Mais là,
00:26:59je ne pensais pas
00:27:00du tout
00:27:00que ça m'arrivait.
00:27:03C'est intéressant,
00:27:03ce que dit Rénal,
00:27:04parce qu'on parle
00:27:04beaucoup d'adaptation
00:27:06ces derniers jours
00:27:06face à la canicule.
00:27:07Mais effectivement,
00:27:08c'est vrai que...
00:27:09Pardon,
00:27:09mais moi,
00:27:09le premier,
00:27:10quand on arrive quelque part,
00:27:11on ne pense pas tout de suite
00:27:12à laisser une valise
00:27:13avec l'essentiel
00:27:14au cas où.
00:27:15Mais ça va peut-être
00:27:16devenir une habitude.
00:27:17Ça doit le devenir.
00:27:18Ça fait partie
00:27:18de la culture du risque.
00:27:19On a d'ailleurs
00:27:20critiqué le gouvernement
00:27:21quand il a incité
00:27:22les Français
00:27:22à avoir un kit d'urgence
00:27:23avec ses documents,
00:27:25ses titres de propriété,
00:27:27d'assurance,
00:27:27de l'eau,
00:27:28de la nourriture,
00:27:29de quoi s'éclairer,
00:27:29de quoi se nourrir un peu.
00:27:31Tout ça,
00:27:32c'est inscrit
00:27:32dans le 10 crimes
00:27:33de lit sur tête.
00:27:35Dans le quoi, pardon ?
00:27:36De lit sur tête.
00:27:36Vous savez,
00:27:37le 10 crimes,
00:27:37le document d'information
00:27:38communale des risques majeurs
00:27:39de cette ville.
00:27:40Donc quand vous arrivez...
00:27:41Mais pardon,
00:27:41personne ne le lit.
00:27:42Oui,
00:27:42mais il est remis
00:27:43chaque fois
00:27:43quand vous achetez un logement,
00:27:44chaque fois que vous louez
00:27:45un logement,
00:27:46quand vous êtes
00:27:47un nouveau commerçant,
00:27:48on vous remet ces documents.
00:27:49Alors dans l'euphorie,
00:27:50souvent,
00:27:51on oublie de lire
00:27:51ces documents.
00:27:52Il est à la fin en général.
00:27:53On est content
00:27:54d'avoir les clés
00:27:55de sa nouvelle maison,
00:27:56de son nouveau commerce.
00:27:57Sauf que dans ce document,
00:27:59vous avez l'histoire
00:27:59de la commune,
00:28:00vous avez les numéros
00:28:01de téléphone d'urgence,
00:28:02vous avez les fréquences radio
00:28:03à écouter.
00:28:04Et tout ça est documenté.
00:28:06On est un des pays
00:28:07qui a le plus documenté
00:28:08ce qu'il faut faire
00:28:09en cas de crise.
00:28:09Donc cette culture du risque,
00:28:11ça n'arrive pas qu'aux autres.
00:28:13Et là,
00:28:13les deux témoignages
00:28:14qu'on a eus,
00:28:14à la fois de cet habitant
00:28:15et du président mien
00:28:16qui disait qu'on n'était pas prêt.
00:28:17C'est pour ça que la loi Matras
00:28:18depuis 2021
00:28:19demande tous les 5 ans
00:28:21obligatoirement aux communes
00:28:21de faire des exercices
00:28:22pour que les gens,
00:28:24que ce soit les élus
00:28:24ou les habitants,
00:28:26les commerçants,
00:28:26sachent,
00:28:27vivent dans leur chair
00:28:28ce que ça va leur demander
00:28:29de faire face
00:28:30à ce type d'incident.
00:28:31Je salue le porte-parole
00:28:32de la gendarmerie nationale
00:28:33qui vient de nous rejoindre.
00:28:34Bonsoir,
00:28:34lieutenant-colonel Erwan Coiffard.
00:28:35Merci d'être avec nous.
00:28:36Ce soir,
00:28:37vous étiez en police
00:28:38il y a quelques minutes
00:28:38quand on regardait
00:28:39la carte de France
00:28:39des incendies.
00:28:40Carte de France
00:28:41en temps réel,
00:28:4240 feux aujourd'hui,
00:28:44une grosse quarantaine de feux
00:28:45un peu partout en France.
00:28:47Porte-parole de la gendarmerie,
00:28:48inquiet quand il voit ça.
00:28:50Concerné.
00:28:51Concerné.
00:28:52Concerné.
00:28:53Inquiet, non.
00:28:55Évidemment, désolé.
00:28:56Mais on est surtout
00:28:57sur un engagement important
00:28:58et la cartographie
00:29:00représente bien
00:29:01l'étendue du terrain
00:29:02qui est à courir
00:29:03avec ce que j'aime bien dire
00:29:05aussi par ailleurs,
00:29:05c'est que la vie continue.
00:29:06Vous prenez
00:29:07les pérennées orientales.
00:29:08Elles avaient l'arrivée
00:29:09du Tour de France
00:29:10en même temps
00:29:11sans public aujourd'hui
00:29:12à gérer.
00:29:13Sans public
00:29:13avec une forte communication
00:29:14qui a été faite
00:29:15pour demander aux gens
00:29:15et je les en remercie encore
00:29:16la population
00:29:17qui vraiment a adhéré.
00:29:18Il y a eu un travail
00:29:19assez méticuleux
00:29:20qui a été fait aussi
00:29:21par les gendarmes sur place
00:29:21le long du tracé
00:29:22puisque les gens
00:29:23qui étaient relativement proches
00:29:24de leur habitation
00:29:25et du tracé
00:29:25pouvaient descendre.
00:29:26Et il y a vraiment eu
00:29:27une bonne communication
00:29:27qui s'est faite.
00:29:28Les gens ont été compréhensifs
00:29:29tant mieux.
00:29:29Mais par ailleurs,
00:29:30vous avez d'autres événements
00:29:31de la vie.
00:29:32La vie continue.
00:29:33C'est-à-dire que vous êtes
00:29:34en première ligne
00:29:34sur les incendies.
00:29:36Il faut évacuer
00:29:37les villages,
00:29:38les villes concernées
00:29:39depuis hier.
00:29:39Mais il faut aussi
00:29:41continuer à surveiller la route.
00:29:43Il faut aussi continuer
00:29:43à organiser le Tour de France.
00:29:45Voilà, puisque la route
00:29:46aujourd'hui,
00:29:47premier jour des vacances
00:29:48après le premier week-end
00:29:49qui vient de passer.
00:29:49Donc encore beaucoup
00:29:50de monde sur la route.
00:29:51Beaucoup de monde sur la route.
00:29:52Et puis oui,
00:29:53les missions en plus
00:29:54qui se rattachent
00:29:55directement aux incendies.
00:29:56Protéger la population,
00:29:57permettre l'évacuation,
00:29:58sécuriser les zones
00:29:59qui ont été évacuées,
00:30:00permettre la logistique
00:30:01de flux évidemment
00:30:02de nos camarades
00:30:03que nous appuyons,
00:30:04les pompiers
00:30:04qui sont directement
00:30:05concernés en première ligne.
00:30:06Et puis derrière,
00:30:06il y aura un travail d'enquête.
00:30:07Est-ce que vous savez,
00:30:08là on aperçoit
00:30:09les images du Tour de France,
00:30:11l'étape du jour,
00:30:11partie française
00:30:12à l'arrivée d'Espagne
00:30:13en France sans public
00:30:14à part à l'arrivée
00:30:16où les habitants
00:30:17de la ville étape
00:30:18ont eu le droit d'assister.
00:30:19Mais c'est vrai
00:30:19que les derniers kilomètres,
00:30:21personne sur le bord de la route.
00:30:22On n'avait sans doute
00:30:23jamais vu ça
00:30:23sur le Tour de France.
00:30:24Vous parliez
00:30:25il y a quelques instants
00:30:26des évacuations.
00:30:27Est-ce que tout le monde
00:30:28accepte de partir ?
00:30:29C'est particulier.
00:30:30On est vraiment
00:30:31sur un rapport aussi.
00:30:32Tout dépend déjà des lieux.
00:30:33Vous avez des zones
00:30:34qui sont des zones
00:30:34d'affluence saisonnière.
00:30:35C'est beaucoup plus facile
00:30:36quand votre valise
00:30:37est déjà prête
00:30:37puisque vous-même
00:30:38êtes en vacances de partir.
00:30:39On a des gens
00:30:39qui sont particulièrement
00:30:40attachés à leur domicile
00:30:41qui ont aussi l'expérience
00:30:42de précédents incendies
00:30:43où le feu n'est pas passé
00:30:44très loin
00:30:44mais eux,
00:30:45ils n'étaient pas partis.
00:30:46Donc ils ont parfois
00:30:47un peu du mal
00:30:48effectivement à se détacher.
00:30:49Mais il vous arrive
00:30:50de mettre des gens de force
00:30:52dans leur voiture
00:30:52en leur disant
00:30:53ça suffit,
00:30:53il ne faut pas rester là.
00:30:54Légalement,
00:30:55officiellement,
00:30:55il n'y a pas de conversation
00:30:56immédiat.
00:30:57Il faudrait que le maire
00:30:58sollicite le procureur
00:30:59qui fasse une forme
00:31:00d'ordonnance.
00:31:01Bon, nécessité fait loi.
00:31:02À partir du moment
00:31:03où l'incendie pointe son nez
00:31:05aussi partout pour l'expression
00:31:06en haut de la montagne
00:31:07que les gens le voient,
00:31:08ça devient tout de suite
00:31:08très concret.
00:31:09Mais normalement,
00:31:10c'est du bon sens.
00:31:10Non, non,
00:31:11il faut toucher un maximum
00:31:12de personnes,
00:31:12se reposer sur les élus.
00:31:13Il y a un travail énorme
00:31:14qui est fait par les communes,
00:31:15des relais entre les voisins
00:31:16pour se passer mot.
00:31:17Parfois,
00:31:17ça dépend de la mesure
00:31:19d'urgence.
00:31:19On en est à 10 000 personnes
00:31:21évacuées depuis hier,
00:31:22uniquement dans ce département
00:31:23des périodes orientales.
00:31:24Vous savez s'il y en aura
00:31:25d'autres ce soir,
00:31:27dans les jours qui viennent,
00:31:28s'il y a d'autres villages,
00:31:29d'autres villes
00:31:30où vos collègues
00:31:31vont devoir intervenir ce soir ?
00:31:32Oui,
00:31:32c'est un chiffre
00:31:32qui a appelé à évoluer.
00:31:33C'est un chiffre
00:31:33qui a appelé à évoluer
00:31:34puisque le feu n'est pas contenu.
00:31:35Donc,
00:31:35en fonction de sa progression,
00:31:37effectivement,
00:31:38ça peut augmenter.
00:31:40Je voudrais vous parler
00:31:41de deux hommes
00:31:42qui ont été arrêtés aujourd'hui.
00:31:43L'un dans l'Hérault,
00:31:44l'autre dans le Rhône,
00:31:46soupçonné à eux deux
00:31:47d'avoir allumé 17 feux.
00:31:4917 feux ces derniers jours.
00:31:51L'un d'entre eux
00:31:51a été pris avec un bidon d'essence
00:31:53et un briquet.
00:31:54Qu'est-ce que vous avez envie
00:31:54de leur dire ?
00:31:56C'est totalement inconscient,
00:31:57mais je pense qu'ils le savent déjà.
00:31:59C'est un travail,
00:32:00comme je le disais,
00:32:00c'est un vrai travail.
00:32:01Une fois que tout ce qu'on a énoncé
00:32:03de l'évacuation,
00:32:05la protection,
00:32:06il y a ce travail d'enquête
00:32:07qui arrive derrière.
00:32:08On sait que 9 feux sur 10
00:32:09sont du fait de la cause humaine.
00:32:10Il y a la main de l'homme
00:32:11derrière ça.
00:32:12Il est probable
00:32:14que l'incendie en cours
00:32:14un peu partout en France,
00:32:1530 ou 35,
00:32:16soit d'origine humaine volontaire.
00:32:18Statistiquement.
00:32:19Après, c'est pareil.
00:32:21Le travail d'enquête,
00:32:21il doit être important
00:32:22et conséquent
00:32:22parce qu'on va arriver
00:32:24sur la détermination
00:32:25du lieu de départ de l'incendie
00:32:27et ensuite,
00:32:27on va engager des moyens particuliers.
00:32:29On a par exemple des chiens
00:32:30dans les périnées orientales.
00:32:31Ils ont été sollicités
00:32:32qui ont une spécificité
00:32:34signotechnique
00:32:34qui est la recherche
00:32:35des produits accélérateurs.
00:32:37Comme ça, en fait,
00:32:37on va déjà voir
00:32:38s'il y a des matières
00:32:39qui ont été utilisées.
00:32:40Mais vous avez parfois aussi
00:32:41un travail qui peut être mené
00:32:42sur des indices
00:32:42qui pourraient mener
00:32:43à une cause
00:32:44qui serait accidentelle,
00:32:45un mégot de cigarette.
00:32:47Vers Saumur,
00:32:48l'été dernier,
00:32:49il y a un incendiaire
00:32:50qui a été interpellé
00:32:50pour plus de 10 faits
00:32:52d'incendies déclenchés.
00:32:53Son mode opératoire,
00:32:55c'était justement
00:32:55de déclencher des incendies
00:32:56avec des mégots.
00:32:57Donc, vous voyez,
00:32:57sur une cause
00:32:58qui pourrait paraître accidentelle,
00:32:59en fait,
00:32:59on est sur du criminel.
00:33:00Donc, il y a un vrai travail
00:33:00dans l'investigation.
00:33:01Vous les retrouvez souvent ?
00:33:02On a un taux qui reste
00:33:04tout ce qu'il y a de plus bon,
00:33:05je trouve positif
00:33:06par rapport à la charge de travail
00:33:07que ça représente.
00:33:09De tous les cas,
00:33:10on a, par exemple,
00:33:10sur le commandement
00:33:11de l'environnement
00:33:11et de la santé
00:33:12de la gendarmerie,
00:33:12plus de 800 personnes
00:33:13dans l'année 2025
00:33:14qui ont été interpellées
00:33:15et qui ont été mises en cause
00:33:17dans le cas d'incendies volontaires.
00:33:18Donc, on est vraiment sur un travail.
00:33:19dans ces cas-là,
00:33:19juste histoire de rappeler le message
00:33:21et peut-être encore plus
00:33:22en ce moment ?
00:33:23En fait, c'est très progressif
00:33:24si vous voulez.
00:33:24Pour faire simple,
00:33:25à partir du moment
00:33:25où vous déclenchez
00:33:26un incendie de façon volontaire
00:33:28qui a des dommages matériels,
00:33:29on va être, par exemple,
00:33:30sur 10 ans.
00:33:31Mais si vous menacez
00:33:32la vie de personnes
00:33:33ou que vous leur atteignez,
00:33:35on va passer à 20 ans,
00:33:36voire à 30 ans
00:33:36de réclusion criminelle
00:33:37si vous ôtez la vie
00:33:38de quelqu'un
00:33:39du fait d'incendie
00:33:39que vous avez déclenché.
00:33:40Un dernier mot,
00:33:41si vous le permettez,
00:33:42lieutenant-colonel,
00:33:43dans les villes
00:33:43et les villages
00:33:44qui ont été évacués,
00:33:45vous continuez
00:33:46à assurer la sécurité
00:33:47au cas où des petits malins
00:33:50auraient envie
00:33:50d'en profiter
00:33:51pour cambrioler,
00:33:51par exemple ?
00:33:52Tout à fait.
00:33:53Pour ça,
00:33:54on fait appel
00:33:54à deux forces particulières.
00:33:56Déjà,
00:33:56la réserve opérationnelle
00:33:57de la gendarmerie
00:33:57puisque dans les Pyrénées-Orientales,
00:33:59ce sont près de 50 réservistes
00:34:01qui ont déjà été sollicités.
00:34:02Et puis,
00:34:02on a aussi
00:34:02les unités de force mobile,
00:34:04escadrons de gendarmerie mobile
00:34:05et ou compagnies républicaines
00:34:07de sécurité et de la police.
00:34:09Il y a l'escadron
00:34:09de gendarmerie mobile de Grasse
00:34:11qui arrive à 20 heures,
00:34:12justement,
00:34:12dans les Pyrénées-Orientales.
00:34:13Ça fera partie de sa mission.
00:34:14Vous savez où était
00:34:14votre ministre aujourd'hui ?
00:34:16Tout à fait.
00:34:16Le ministre de l'Intérieur.
00:34:17On va prendre de ses nouvelles
00:34:18justement avec Isor de la Gorce
00:34:20qui est dans les Pyrénées-Orientales.
00:34:21Laurent Dunez
00:34:21s'est rendu sur place.
00:34:22Il y est sans doute encore
00:34:23au moment où on se parle.
00:34:24Et il est au chevet
00:34:25des sinistrés
00:34:26de ces incendies, Isor.
00:34:30Tout à fait.
00:34:31Il vient de faire
00:34:31un point de situation
00:34:32et on revoit à la hausse
00:34:34la progression du feu
00:34:35qui aurait maintenant
00:34:36parcouru 4 900 hectares.
00:34:38C'est ce que vient d'indiquer
00:34:39le ministre de l'Intérieur.
00:34:41Également un périmètre
00:34:42qui s'étale sur 30 kilomètres
00:34:44avec un risque de progression
00:34:45notamment durant la nuit
00:34:46à cause de quoi ?
00:34:47À cause de vent fort,
00:34:48des températures toujours élevées.
00:34:49Également un temps très sec
00:34:50ce qui ne facilite pas
00:34:51le travail des pompiers.
00:34:53Le bilan provisoire
00:34:54est également revu à la hausse
00:34:55avec 7 pompiers
00:34:56légèrement blessés
00:34:58mais également 4 civils.
00:34:59Une cinquantaine de bâtiments
00:35:00auraient été impactés
00:35:01par le feu.
00:35:03800 pompiers
00:35:03sont toujours présents sur place.
00:35:05Ils sont accompagnés
00:35:06de 40 pompiers
00:35:08venus notamment de Roumanie.
00:35:09Également des moyens aériens
00:35:11qui ont été renforcés
00:35:12avec 6 bombardiers d'eau
00:35:13dont 6 venus
00:35:14de l'Union Européenne.
00:35:15Merci beaucoup
00:35:16Isor Delagorse
00:35:17avec Marc Gossef
00:35:18dans les Pyrénées-Orientales.
00:35:19On va continuer évidemment
00:35:20de surveiller la situation
00:35:22tout au long de la soirée.
00:35:23On en vient maintenant
00:35:24à ce coup de théâtre,
00:35:25gros coup de théâtre
00:35:25dans l'affaire Jubilard.
00:35:275 ans après la disparition
00:35:28de son épouse Delphine
00:35:29dans le Tarn,
00:35:31Cédric Jubilard
00:35:32est passé aux aveux
00:35:33dans une lettre
00:35:33envoyée à ses avocats.
00:35:35Il reconnaît l'avoir tué,
00:35:36il reconnaît avoir ensuite
00:35:37caché son corps.
00:35:38Il dit aussi
00:35:39qu'il est prêt
00:35:39à parler à la justice.
00:35:41On sera d'ailleurs
00:35:41dans quelques instants
00:35:42avec son avocat
00:35:43qui a accepté ce soir
00:35:44l'invitation de 60 minutes.
00:35:45On file d'abord
00:35:46du côté de Cagnac-les-Mines.
00:35:47C'est là où vivait
00:35:49le couple Jubilard
00:35:50jusqu'à la disparition
00:35:51de Delphine.
00:35:52Arthur Descudet,
00:35:53vous êtes sur place.
00:35:54C'est le soulagement
00:35:55je suppose
00:35:55qui domine ce soir.
00:35:58Oui, totalement.
00:35:59Vous avez raison de le dire.
00:36:00C'est un ouf de soulagement
00:36:01ici à Cagnac-les-Mines.
00:36:03En tout cas,
00:36:03devant l'ancien domicile,
00:36:05dans l'ancienne maison
00:36:06du couple Jubilard,
00:36:07Cédric et Delphine.
00:36:08C'est ici qu'ils ont passé
00:36:09plusieurs années.
00:36:10C'est d'ailleurs dans cette maison
00:36:11que s'est déroulée le drame
00:36:13en décembre 2020.
00:36:14Vous le voyez,
00:36:15une maison qui est totalement
00:36:16tombée à l'abandon
00:36:17avec encore la voiture
00:36:19de Cédric Jubilard
00:36:20qui est restée ici.
00:36:21Mais surtout ce mémorial
00:36:22qui avait été installé
00:36:23il y a maintenant
00:36:24quelques années.
00:36:25Mémorial en hommage
00:36:26à Delphine
00:36:27qui avait disparu
00:36:28à Cagnac-les-Mines.
00:36:30On a vu tout au long
00:36:30de la journée
00:36:31plusieurs personnes
00:36:32passer ici,
00:36:33se rendre sur ce mémorial
00:36:35pour lui rendre
00:36:35un dernier hommage.
00:36:37Et surtout,
00:36:37ils étaient bien soulagés,
00:36:38comme vous le disiez,
00:36:39d'avoir pu enfin
00:36:42mettre un mot
00:36:42sur cette affaire.
00:36:44Mais ici,
00:36:44on attend toujours
00:36:45de savoir
00:36:45où a été placé
00:36:47le corps
00:36:47de Delphine Jubilard
00:36:48et surtout,
00:36:49quand est-ce que
00:36:50Cédric Jubilard
00:36:50donnera plus d'informations
00:36:52à la justice ?
00:36:53Voilà,
00:36:53le soulagement
00:36:54à Cagnac-les-Mines.
00:36:55Merci beaucoup Arthur
00:36:56pour en parler ce soir.
00:36:57Dominique Rizet,
00:36:58bonsoir,
00:36:58consultant police-justice
00:36:59à BFM TV.
00:37:00Vous avez suivi
00:37:01cette affaire
00:37:02depuis le premier jour.
00:37:03Votre dossier en témoigne,
00:37:05le livre que vous avez écrit
00:37:06sur cette affaire.
00:37:07Également à vos côtés,
00:37:08Laure Westphal,
00:37:08bonsoir.
00:37:09Vous êtes docteur
00:37:10en psychopathologie,
00:37:11enseignante à Sciences Po
00:37:13et général Jacques Fontbonne.
00:37:14Bonsoir.
00:37:15Ancien commandant
00:37:16de la section de recherche
00:37:16d'Orléans.
00:37:17On sera,
00:37:18je l'ai dit
00:37:18il y a quelques instants,
00:37:19dans cinq minutes
00:37:20à peine avec l'avocat
00:37:22de Cédric Jubilard
00:37:23qui prend la parole.
00:37:24Donc ce soir,
00:37:25d'abord,
00:37:26même question à tous les trois,
00:37:26est-ce que vous vous attendiez
00:37:28à ce coup de théâtre,
00:37:29à ce rebondissement
00:37:30deux mois avant
00:37:31le procès en appel ?
00:37:32Cédric Jubilard dit
00:37:33c'est moi.
00:37:34Évidemment non.
00:37:35On ne peut pas s'attendre
00:37:35à un rebondissement pareil.
00:37:36Il était tellement
00:37:41ancré,
00:37:42fermé
00:37:42pour reprendre
00:37:43les propos de son avocat
00:37:44dans la conférence de presse,
00:37:45au cours de la conférence de presse,
00:37:47verrouillé,
00:37:48que ça paraissait
00:37:48totalement impossible
00:37:49qu'il avoue.
00:37:50Il a été condamné,
00:37:51la justice a dit
00:37:51que c'était lui.
00:37:5230 ans.
00:37:5330 ans.
00:37:54Et c'est vrai
00:37:55qu'il sentait tellement
00:37:57la culpabilité,
00:37:58pardon pour cette expression,
00:37:59mais il était condamné
00:38:00sans aveu,
00:38:02sans corps,
00:38:03sans scène de crime.
00:38:04Il était condamné
00:38:04quand même
00:38:05parce qu'il sentait
00:38:05la culpabilité,
00:38:06et que l'intime conviction
00:38:08des jurés
00:38:08a fait qu'il était condamné.
00:38:09Mais des aveux
00:38:11comme ça
00:38:11et dans ces circonstances,
00:38:13dans ces conditions-là,
00:38:14c'est incroyable.
00:38:16Pourquoi parler
00:38:17après 5 ans ?
00:38:18Qu'est-ce qui peut être
00:38:19le déclic ?
00:38:20Oui,
00:38:20alors difficile
00:38:20était de s'y préparer,
00:38:23mais en effet,
00:38:24on sait quand même
00:38:25que des personnes
00:38:26qui sont jugées,
00:38:28incarcérées
00:38:29et qui vivent
00:38:29un certain temps
00:38:30dans le déni
00:38:31et en prison
00:38:33peuvent développer
00:38:34toute une série
00:38:34de troubles psychiques
00:38:35qu'ils peuvent déjà
00:38:36avoir eus auparavant,
00:38:37mais l'incarcération
00:38:38et les conditions
00:38:39d'incarcération,
00:38:40l'isolement,
00:38:41etc.,
00:38:42peut précipiter
00:38:43une forme
00:38:44d'effondrement psychique,
00:38:45la sortie du déni,
00:38:46parfois.
00:38:46Là, vous dites précipiter,
00:38:48mais c'est un précipité
00:38:49qui dure 5 ans.
00:38:50En fait,
00:38:51le déni initial
00:38:52qui servait quand même
00:38:55ça à sa cause,
00:38:55il se présentait
00:38:57comme innocent,
00:38:58a été invalidé,
00:39:00il a été inculpé,
00:39:02considéré comme coupable,
00:39:03donc non seulement
00:39:04sur le plan de la stratégie,
00:39:05ça ne marche plus,
00:39:05le déni,
00:39:06mais en plus,
00:39:06sur le plan clinique,
00:39:07le fait de nier
00:39:09ne fonctionne plus non plus.
00:39:11Il est incarcéré,
00:39:12il vit dans l'angoisse,
00:39:16dans la frustration,
00:39:17le sentiment d'humiliation,
00:39:18il se sent victime en plus.
00:39:19Donc, il y a toute une série
00:39:22de choses
00:39:22qui peuvent faire
00:39:23qu'il sort de son déni
00:39:24et il sort de sa position
00:39:26consistant à vouloir maintenant
00:39:28chercher réparation
00:39:29plutôt qu'à s'enliser
00:39:30dans une forme
00:39:31de culpabilité
00:39:33qui l'enliserait
00:39:34encore davantage
00:39:36les semaines qui suivent.
00:39:37Général Fonbonne,
00:39:39votre réaction ?
00:39:40Ou tout simplement,
00:39:415 ans après,
00:39:42l'homme qui a été
00:39:43l'un des plus observés
00:39:44de France,
00:39:45qui dit,
00:39:46dans une lettre envoyée
00:39:46à ses avocats,
00:39:47c'est bien moi
00:39:48qui est participé
00:39:50à la mort.
00:39:50Il ne dit pas meurtre,
00:39:51mais qui est participé
00:39:52à la mort.
00:39:53Alors, effectivement,
00:39:54je pense que personne
00:39:55ne s'attendait
00:39:55à ce coup de théâtre.
00:39:57On a avancé
00:39:58plusieurs explications.
00:39:59Comme vous le dites,
00:40:00il y a presque toujours
00:40:02dans l'aveu
00:40:03un phénomène libératoire,
00:40:04c'est-à-dire
00:40:05qu'on ne porte plus,
00:40:06sa conscience
00:40:06ne porte plus les faits.
00:40:08Et l'ajoute,
00:40:09c'est pour pouvoir affronter
00:40:10le regard de mes enfants.
00:40:11Mais moi, je trouve,
00:40:12j'irais que c'est plutôt
00:40:12une réflexion d'enquêteur
00:40:13qui a un timing parfait,
00:40:15c'est-à-dire qu'il doit
00:40:16passer en appel
00:40:17devant la cour d'assises.
00:40:18En septembre,
00:40:19dans deux mois.
00:40:19Voilà.
00:40:20Le dossier,
00:40:20comme le disait Dominique,
00:40:21n'a pas d'éléments fondamentaux.
00:40:23Il n'y a pas de corps,
00:40:24il n'y a pas de sein de crime.
00:40:25Mais il y a un faisceau d'indices
00:40:28qui tous milite
00:40:29en faveur de la culpabilité.
00:40:31Il n'y en a aucun
00:40:32qui milite
00:40:33en faveur du moindre doute.
00:40:35Donc, il se dit,
00:40:36ce ne sera pas 30 ans,
00:40:37mais ce sera 25 ou 20 ?
00:40:39Mais je pense que c'est,
00:40:40j'allais dire plus tordu,
00:40:41mais je pense que c'est
00:40:42plus stratégique que ça.
00:40:43Mais ça n'est que mon opinion.
00:40:44Il risque de repasser aux assises
00:40:46et de reprendre la même peine.
00:40:48Là, il joue un va-tout.
00:40:50C'est-à-dire qu'en avouant,
00:40:51il y a deux pistes.
00:40:52À mon avis, la première,
00:40:53c'est qu'il rentre dans le monde
00:40:55des gens normaux.
00:40:56C'est-à-dire,
00:40:57je l'ai tué,
00:40:58mais parce qu'elle me trompait,
00:40:59parce qu'elle m'a mal parlé,
00:41:00parce qu'elle s'est moqué de moi.
00:41:02Et il y a un coup qui est parti
00:41:03qui n'aurait pas dû partir.
00:41:05Et puis, à partir de ce moment-là,
00:41:07on n'est plus le vilain salaud
00:41:09qui a tué sa femme,
00:41:11mais on est un homme
00:41:12qui a une réaction d'homme violent,
00:41:15certes,
00:41:15mais que certains juraient
00:41:17que certaines personnes
00:41:18pourraient comprendre.
00:41:20Pas forcément faire,
00:41:21mais pourraient comprendre.
00:41:22Et donc,
00:41:22on peut changer
00:41:23de qualification pénale.
00:41:24C'est-à-dire que,
00:41:25domicile volontaire,
00:41:26on peut passer sur des violences
00:41:28ayant entraîné la mort
00:41:29sans intention de la donner.
00:41:31Et là, il est gagnant
00:41:31sur les deux tableaux.
00:41:33Vous savez,
00:41:33on est quand même
00:41:34dans une culture très catholique.
00:41:36Faute avouée
00:41:37est déjà pardonnée,
00:41:38est à moitié pardonnée.
00:41:39Il y a beaucoup de questions
00:41:40ce soir encore,
00:41:40on l'entend à vos propos.
00:41:41On va en poser quelques-unes
00:41:42justement à l'un des deux avocats
00:41:44de Cédric Jubilard
00:41:44qui est en ligne avec nous,
00:41:45Maître Dubuisson,
00:41:47Guy Dubuisson.
00:41:47Bonsoir,
00:41:48merci d'avoir accepté
00:41:50notre invitation.
00:41:50Vous défendez Cédric Jubilard
00:41:52avec votre fils.
00:41:54On va rentrer dans le détail
00:41:56de ce qu'il a dit,
00:41:56mais simplement,
00:41:57votre réaction d'avocat
00:41:59quand vous avez,
00:42:00il y a quelques jours,
00:42:01il y a quelques semaines,
00:42:02ouvert la lettre
00:42:02de Cédric Jubilard
00:42:04vous disant,
00:42:05à vous,
00:42:05ces avocats,
00:42:06c'est moi,
00:42:07c'est moi qui suis coupable
00:42:09de ce qui s'est passé.
00:42:10Comment vous avez réagi
00:42:11tout simplement ?
00:42:14D'abord,
00:42:15en préliminaire,
00:42:15je voudrais dire
00:42:16que les choses
00:42:17sont extrêmement simples
00:42:18et depuis ce matin,
00:42:20j'entends des réactions
00:42:21qui sont assez particulières
00:42:22et qui compliquent les choses.
00:42:23On n'est pas
00:42:23dans un domaine de complotistes.
00:42:25On est face à un homme
00:42:26qui à un certain moment
00:42:27a décidé,
00:42:28avec l'aide de ses avocats
00:42:29certainement,
00:42:31petit à petit,
00:42:32de reconnaître
00:42:33sa culpabilité
00:42:33et par voie de conséquence
00:42:35d'évoluer
00:42:36sur un terrain
00:42:37qui jusqu'à présent
00:42:37lui était fermé.
00:42:39L'intérêt,
00:42:40c'est de considérer
00:42:41qu'on a fait sauter
00:42:41le bouchon du déni.
00:42:42J'entendais tout à l'heure
00:42:43une psychiatre
00:42:44nous expliquer
00:42:44certaines choses.
00:42:45On a fait sauter
00:42:46le bouchon du déni
00:42:47parce que jusque-là
00:42:48il était bloqué
00:42:48et les choses
00:42:49doivent rester simples.
00:42:50c'est un homme
00:42:51qui a décidé
00:42:51de purger sa conscience
00:42:54de se mettre
00:42:55en conformité
00:42:56avec ce qu'il ressentait
00:42:57parce que c'est un être humain
00:42:59ce n'est pas un délinquant
00:43:00c'est un être
00:43:01qui n'avait jamais été condamné
00:43:02qui a expliqué
00:43:03qu'effectivement
00:43:04il était lié
00:43:05dans des conditions
00:43:05très particulières
00:43:06à ce qui s'est produit
00:43:08ce soir-là
00:43:08c'est-à-dire
00:43:09non pas au meurtre
00:43:10mais à un accès
00:43:12de violence
00:43:13et de fureur
00:43:14qui a fait
00:43:14que son épouse
00:43:15est décédée
00:43:15et donc restons
00:43:17sur ce terrain
00:43:17simplement
00:43:18n'allons pas chercher
00:43:19ce qui n'existe pas
00:43:20on a un homme
00:43:21qui d'abord
00:43:22pour répondre à votre question
00:43:23nous a écrit
00:43:24tout simplement
00:43:24parce qu'on l'a aidé
00:43:26à purger cette conscience
00:43:27on l'a aidé à évoluer
00:43:28et quand il a senti
00:43:29qu'il était prêt
00:43:30et qu'il nous a dit
00:43:31je suis prêt à dire
00:43:32toute la vérité
00:43:32à nos juges
00:43:33par sécurité
00:43:34parce que nous sommes
00:43:35quand même avocats
00:43:36avec une expérience certaine
00:43:37on s'est dit
00:43:38qu'il valait mieux
00:43:38avoir un écrit
00:43:39qui confirme
00:43:40tout ce qu'il nous avait expliqué
00:43:41tout ce qu'il nous avait dit
00:43:42concernant le fait
00:43:44que son épouse
00:43:45avait été tuée
00:43:45ce soir-là
00:43:46pour être bien clair
00:43:47c'est vous qui l'avez convaincu
00:43:49ou toute la démarche
00:43:50vient de lui
00:43:52toute la démarche
00:43:53vient de lui
00:43:54on a ressenti
00:43:55c'est mon fils
00:43:56qui a été saisi en premier
00:43:57Pierre de Buisson
00:43:58on a ressenti
00:43:59il m'a dit
00:44:00va le voir
00:44:00parce qu'il y a quelque chose
00:44:01qui ne colle pas
00:44:02et je suis allé le voir seul
00:44:04et donc j'ai entamé
00:44:05un système
00:44:06un peu particulier
00:44:07qui est lié
00:44:08non pas à une stratégie
00:44:09mais à une volonté
00:44:10de régler quelques problèmes
00:44:12psychologiques
00:44:12avec l'intéressé
00:44:13et moi-même
00:44:14j'ai compris
00:44:15qu'incontestablement
00:44:16il y avait quelque chose
00:44:17peut-être au niveau
00:44:18de la vérité
00:44:18de la recherche de la vérité
00:44:19il y avait quelque chose
00:44:21à faire évoluer
00:44:22notre cabinet d'avocats
00:44:24a un ADN
00:44:24et une culture
00:44:25qui sont essentiels
00:44:26c'est-à-dire qu'on ne va pas
00:44:28devant les juges
00:44:29en contestant des faits
00:44:30qui ne peuvent pas être contestés
00:44:31nous on va toujours
00:44:33à la recherche de la vérité
00:44:34d'abord parce que
00:44:35c'est un respect
00:44:36par rapport aux juges
00:44:37et on est toujours gagnant
00:44:38quand on dit la vérité
00:44:39à des juges
00:44:39on est gagnant
00:44:39par rapport au parti civil
00:44:40par rapport au procureur de la République
00:44:42si c'est un procureur
00:44:43qui joue le jeu
00:44:43et par rapport aux juges
00:44:45et donc l'intérêt
00:44:46c'était de voir
00:44:47s'il était possible
00:44:48pour répondre à votre question
00:44:49que ce garçon puisse évoluer
00:44:51puisqu'il en avait envie
00:44:52et il en avait besoin
00:44:53c'était un besoin
00:44:55chez lui
00:44:55de s'exprimer
00:44:57il était plein de remords
00:44:59ne serait-ce que vis-à-vis
00:45:00de ses enfants
00:45:01il avait besoin
00:45:01de s'expliquer
00:45:02et donc on l'a aidé
00:45:03à purger en quelque sorte
00:45:05et à faire sauter
00:45:06ce bouchon de déni
00:45:07que j'évoquais tout à l'heure
00:45:08qui incontestablement
00:45:09était bloqué
00:45:10depuis trop longtemps
00:45:11Maître
00:45:12je reprends vos mots
00:45:13il y a quelques instants
00:45:14vous avez dit
00:45:14c'est pas un meurtre
00:45:15mais un accès de fureur
00:45:17est-ce que ça veut dire
00:45:18que désormais
00:45:19pour votre client
00:45:20c'est un homicide
00:45:22involontaire ?
00:45:25Ah non
00:45:25on n'en est pas encore là
00:45:26on ne peut pas purger
00:45:27le problème strictement juridique
00:45:29au plan de la qualification
00:45:30Mais pardon
00:45:31quelle différence
00:45:32entre un meurtre
00:45:32et ce qui s'est passé ?
00:45:36Le meurtre
00:45:37c'est la volonté de tuer
00:45:38il n'a jamais eu
00:45:39la volonté de tuer son épouse
00:45:40ça ressemble
00:45:41à d'autres dossiers
00:45:42que nous avons plaidés
00:45:43où manifestement
00:45:44dans le cadre
00:45:44d'une dispute conjugale
00:45:46plus ou moins vix
00:45:48on arrive à un excès de violence
00:45:50cet excès de violence
00:45:51s'est traduit ce soir-là
00:45:52par quelque chose
00:45:53de particulier
00:45:54il n'est pas question
00:45:55ce soir
00:45:55d'ores et déjà
00:45:56avant qu'il ne se soit expliqué
00:45:57que nous choisissions
00:45:58nous avocats
00:45:59la qualification
00:46:00qui sera retenue
00:46:01nous sommes là
00:46:02pour simplement traduire
00:46:03ce qu'il nous a dit
00:46:04et ce qu'il nous a dit
00:46:05c'est que c'était pas du tout
00:46:06un meurtre
00:46:06il n'avait pas du tout
00:46:07bien sûr
00:46:07l'intention de tuer son épouse
00:46:09dans un appartement
00:46:11ou dans une maison
00:46:11où il y avait deux enfants
00:46:12en train de dormir
00:46:13qui auraient pu découvrir
00:46:14le cadavre
00:46:15il faut employer
00:46:16cette expression
00:46:16de leur mère
00:46:17et sur ce terrain
00:46:18donc
00:46:19c'est quelque chose
00:46:20de parfaitement réflexe
00:46:21de parfaitement spontané
00:46:22qui n'a pas du tout
00:46:23été organisé
00:46:24et malheureusement
00:46:25il a fallu ensuite
00:46:26donner une suite
00:46:27et la suite c'était quoi ?
00:46:28c'était ou appeler immédiatement
00:46:29la gendarmerie ou la police
00:46:30en disant
00:46:31bon j'ai fait une bêtise
00:46:32voilà ce qui s'est passé
00:46:33je crois que mon épouse
00:46:34est décédée
00:46:35venait vite
00:46:35ou au contraire
00:46:36dans un moment de panique
00:46:37ce qu'il a fait
00:46:38tenter de se réorganiser
00:46:39différemment
00:46:40et de faire en sorte
00:46:41que provisoirement
00:46:43ou définitivement
00:46:44le corps de Delphine
00:46:46disparaisse
00:46:46pour ne pas que les enfants
00:46:48se réveillent
00:46:49en voyant le cadavre
00:46:50de leur mère
00:46:50c'est l'explication
00:46:51qu'il fournit
00:46:51mais il avait besoin
00:46:52j'insiste sur ce terme
00:46:54c'est pas nous
00:46:54qui l'avons incité
00:46:55c'est lui qui avait besoin
00:46:56et on a entendu
00:46:57votre réponse
00:46:57Domine Criset
00:46:586 années ont passé
00:46:59depuis cette nuit
00:47:00du mois de décembre 2020
00:47:02bonsoir maître
00:47:036 années ont passé
00:47:04tout le monde
00:47:05lui a offert
00:47:05la possibilité
00:47:06de s'exprimer
00:47:07de parler
00:47:07d'avouer
00:47:08les enquêteurs
00:47:09ses avocats
00:47:10la cour d'assises
00:47:11on lui a posé la question
00:47:12les avocats des partis civils
00:47:14lui ont dit
00:47:14avez-vous quelque chose
00:47:15à nous dire
00:47:16dites-nous la vérité
00:47:17dites-nous
00:47:17comment se fait-il
00:47:18qu'il parle aujourd'hui
00:47:19vous dites
00:47:20il était verrouillé
00:47:21est-ce que c'est
00:47:22une réponse suffisante
00:47:23il était verrouillé
00:47:24et bloqué
00:47:26ah non mais attendez
00:47:27moi je ne suis pas
00:47:29psychanalyste
00:47:29il était verrouillé
00:47:30bien sûr
00:47:31il était bloqué
00:47:32bien sûr
00:47:32et s'il n'a pas parlé
00:47:33jusqu'à présent
00:47:34et que nous avons réussi
00:47:34à le faire parler
00:47:35et à le faire avouer
00:47:36c'est tout simplement
00:47:37parce qu'on a établi
00:47:38un climat de confiance
00:47:39et que jusque-là
00:47:40il n'y avait pas
00:47:40de climat de confiance
00:47:41vous savez mais enfin
00:47:43avec l'expérience
00:47:44qui est la vôtre
00:47:44vous ne pouvez qu'approuver
00:47:46ce que je vais dire
00:47:47il a vécu 5 ans
00:47:48à l'isolement
00:47:49comme Abdeslam le terroriste
00:47:505 ans à l'isolement
00:47:52alors que la cour européenne
00:47:53nous dit que l'isolement
00:47:54c'est un moyen de torture
00:47:55tous les matins
00:47:56quand il y avait
00:47:57le procès d'Albi
00:47:58pendant 3 semaines
00:47:59il partait de la maison d'arrêt
00:48:00de Seyss
00:48:01qui est après Toulouse
00:48:02pour rejoindre
00:48:031h30 après
00:48:03ou 2h après
00:48:04celle d'Albi
00:48:05alors qu'il y a
00:48:05une maison d'arrêt à Albi
00:48:06et le soir à 17h
00:48:08à la fin de l'audience
00:48:08vous le savez
00:48:09il repartait à Toulouse
00:48:10et le lendemain matin
00:48:11à 5h ou 5h moins le quart
00:48:12on le réveillait à nouveau
00:48:13et ça a duré 3 semaines
00:48:14avec des produits médicamenteux
00:48:16qui étaient très importants
00:48:17qui l'ont assommé
00:48:19et ça
00:48:19on a 2 certificats médicaux
00:48:21même si c'est contesté
00:48:22qui le prouve
00:48:22donc l'isolement
00:48:24les produits
00:48:25qui l'ont assommé régulièrement
00:48:27on a dit que c'était
00:48:27comme un zombie
00:48:28et qu'il était mutique
00:48:29mais bien sûr
00:48:30quand on donnera le détail
00:48:32ultérieurement
00:48:32de ce qu'on lui faisait prendre
00:48:33à l'époque
00:48:34systématiquement
00:48:35le fait de faire
00:48:36tous ses trajets
00:48:36etc
00:48:37le fait de ne pas avoir
00:48:38de courrier
00:48:39refusé
00:48:39pas de courrier
00:48:40de ses enfants
00:48:41impossible de leur adresser
00:48:42le courrier
00:48:43impossible de recevoir
00:48:44le courrier
00:48:45etc
00:48:45il n'a pas
00:48:46il n'a pas vécu 5 ans
00:48:47comme un détenu normal
00:48:49donc ça aussi
00:48:49il faudra le dire
00:48:50et le mettre en exergue
00:48:51à un certain moment
00:48:52et vous avez dit
00:48:53je crois que c'est votre fils
00:48:54plus précisément
00:48:54lors de la conférence de presse
00:48:55à la mi-journée
00:48:56s'il n'avait pas été placé
00:48:57à l'isolement
00:48:58peut-être qu'il aurait parlé
00:48:59il y a 3 ou 4 ans
00:49:00question toute simple
00:49:02maître
00:49:02est-ce qu'il vous a dit
00:49:03où est le corps ?
00:49:03est-ce qu'il vous a dit
00:49:05où est le corps ?
00:49:06si
00:49:08attendez
00:49:08il y a 2 questions
00:49:09qui sont posées
00:49:10d'abord
00:49:10la première
00:49:11effectivement
00:49:12je pense que
00:49:12s'il n'avait pas été à l'isolement
00:49:14s'il avait été en contact
00:49:15avec
00:49:16du personnel pénitentiaire
00:49:18ouvert
00:49:18avec
00:49:20d'autres détenus
00:49:21avec lesquels
00:49:21il aurait parlé
00:49:22etc
00:49:23avec éventuellement
00:49:24certains amis à lui
00:49:25qui auraient pu avoir
00:49:25la possibilité
00:49:26de venir le voir
00:49:27ce qui n'était pas le cas
00:49:28je pense qu'il aurait peut-être
00:49:29à ce moment-là
00:49:30je pense
00:49:30moi je ne suis pas à sa place
00:49:32je pense qu'il aurait peut-être
00:49:33pu déjà parler
00:49:34mais nous
00:49:34nous l'avons mis en confiance
00:49:35et je crois
00:49:36qu'on ne peut pas le retirer
00:49:38on ne peut pas toujours compliquer
00:49:39ce qui est simple
00:49:39nous l'avons mis en confiance
00:49:41parce qu'il avait besoin de parler
00:49:42à un certain moment
00:49:43il avait besoin
00:49:43il a parlé
00:49:44et donc il a fait cette lettre
00:49:46et aujourd'hui
00:49:46il avoue
00:49:47et ce n'est pas contestable
00:49:48et est-ce qu'il vous a dit
00:49:49où est le corps
00:49:50de Delphine Jubilard
00:49:53alors notre travail
00:49:54avec Pierre
00:49:55mon fils
00:49:56c'était tout simplement
00:49:57de savoir
00:49:57s'il était coupable ou pas
00:49:58à partir du moment
00:49:59où il a évolué
00:50:00et qu'il nous a avoué
00:50:01bien évidemment
00:50:02les faits
00:50:03en disant
00:50:03oui c'est moi
00:50:04qui ai eu un geste
00:50:05un comportement
00:50:06d'une violence telle
00:50:07que Delphine est décédée
00:50:09à partir de là
00:50:10je l'ai prise
00:50:10je l'ai mise dans le coffre
00:50:11de la voiture
00:50:12et nous notre rôle
00:50:13s'arrête là
00:50:13maintenant c'est au magistrat
00:50:14qui l'entendra
00:50:16vous ne lui avez pas demandé
00:50:17ce qu'il en avait fait
00:50:18naître
00:50:18non
00:50:18si bien sûr
00:50:19qu'on lui a posé
00:50:20bien sûr qu'on lui a posé
00:50:21la question
00:50:22mais Pierre a eu raison
00:50:24non
00:50:24Pierre a eu raison de dire
00:50:26ce point on le réglera
00:50:27plus tard devant les juges
00:50:28vous nous direz
00:50:29est-ce que vous êtes capable
00:50:30je crois que c'est celle-là
00:50:31pour la question qu'il faut poser
00:50:32on ne va pas faire oeuvre
00:50:34de difficultés
00:50:35je crois entre nous
00:50:36la question qu'il faut poser
00:50:38c'est est-ce qu'il vous a dit
00:50:39maître
00:50:39où était le corps
00:50:40et est-ce qu'il vous a dit
00:50:41s'il pouvait retrouver le corps
00:50:42réponse oui
00:50:43il nous a dit
00:50:44je sais où on peut retrouver le corps
00:50:47et je suis à la disposition
00:50:48de la justice
00:50:48pour tout faire
00:50:49pour qu'on le retrouve
00:50:50ça veut dire que si demain
00:50:51il est entendu à nouveau
00:50:53il ira
00:50:54là où il a caché le corps
00:50:55sans hésitation
00:50:56bien sûr
00:50:57bien sûr
00:50:58bien sûr
00:50:59il va être entendu
00:51:00un
00:51:01il va reconnaître
00:51:02deux
00:51:02on l'amènera sur place
00:51:03pour qu'il retrouve le corps
00:51:04bien évidemment
00:51:05et après il y aura
00:51:06toutes les expertises utiles
00:51:07et bien sûr
00:51:08ils nous diront
00:51:08dans quelles conditions
00:51:10Delphine a pu être tuée
00:51:11maître de Buisson
00:51:12comment se fait-il
00:51:13que les enquêteurs
00:51:14n'aient pas trouvé
00:51:15le corps de Delphine Jubilard
00:51:16ils l'ont cherché
00:51:17partout
00:51:21vous savez
00:51:21mon cher ami
00:51:23j'ai deux exemples
00:51:25à proximité
00:51:25j'étais parti civil
00:51:26dans le dossier
00:51:27du professeur Viguier
00:51:28qui a été accusé
00:51:30d'avoir tué sa femme
00:51:31dans les mêmes conditions
00:51:32on a dit que c'était
00:51:33une dispute conjugale
00:51:34etc
00:51:34on n'a jamais retrouvé le corps
00:51:35elle a disparu
00:51:36on sait qu'elle est morte
00:51:36on n'a jamais retrouvé le corps
00:51:38il a été acquitté
00:51:39c'est une bonne chose
00:51:39j'étais parti civil également
00:51:41dans la disparition
00:51:42vous le savez
00:51:42d'Amandine Estrabo
00:51:43cette demoiselle
00:51:45qui a disparu
00:51:45dans le Tarn
00:51:46il y a quelques années
00:51:47l'intéressé a été condamné
00:51:49moi j'étais parti civil
00:51:50il y a 30 ans
00:51:50on n'a jamais retrouvé le corps
00:51:52dans des conditions
00:51:53très particulières
00:51:53et si on faisait
00:51:54le point de tous les dossiers
00:51:55pour lesquels
00:51:56les corps
00:51:57des victimes
00:51:58ou des disparus
00:51:58n'ont pas été retrouvés
00:52:00on serait très surpris
00:52:01par leur nombre
00:52:02merci
00:52:03donc si les enquêteurs
00:52:04ne l'ont pas retrouvé
00:52:05on ne peut pas en faire
00:52:06un grief
00:52:06à l'encontre de l'intéressé
00:52:08merci beaucoup
00:52:09maître
00:52:09d'avoir pris quelques minutes
00:52:11avec nous ce soir
00:52:12en direct
00:52:12sur BFM
00:52:13Laure Zesfal
00:52:14un mot sur ce qu'on vient d'entendre
00:52:15seconde
00:52:15puisque j'entends beaucoup
00:52:16parler de psychopathologie
00:52:17aujourd'hui
00:52:18vous avez parlé d'accès de fureur
00:52:19j'ai entendu parler de crime passionnel
00:52:21j'ai repris les mots de l'avocat
00:52:21qui a dit
00:52:22ce n'est pas un meurtre
00:52:22c'est un accès de fureur
00:52:23si eu crime passionnel
00:52:24des termes un peu d'un autre temps
00:52:26qui ramènent surtout
00:52:27à la psychiatrie classique
00:52:29et qui vont dans
00:52:30qui laissent penser
00:52:31qu'il y aurait
00:52:32une sorte d'abolition
00:52:32du discernement
00:52:33or on n'est pas du tout
00:52:34là dedans
00:52:35le déni dont on parle
00:52:36dans le cas de Cédric Jubilat
00:52:38est à plutôt avoir
00:52:39quelque chose
00:52:40de l'ordre
00:52:40de la psychopathie
00:52:42c'est à dire
00:52:42quelqu'un qui est parfaitement
00:52:43conscient de ce qu'il a fait
00:52:44donc ce serait vraiment
00:52:45important de faire
00:52:46une distinction
00:52:47entre
00:52:49psychopathologique
00:52:49entre quelqu'un
00:52:50qui n'a pas conscience
00:52:50de ce qu'il fait
00:52:51et quelqu'un qui a conscience
00:52:52de ce qu'il fait
00:52:52et j'ajoute que les médicaments
00:52:54dont on parle
00:52:55ne sont pas
00:52:56une contention chimique
00:52:58qui empêche de parler
00:52:59vraiment c'est important
00:53:00de le souligner
00:53:00merci beaucoup à tous les trois
00:53:02procès en appel prévu
00:53:03à l'heure où on se parle
00:53:04en septembre prochain
00:53:05on verra
00:53:05le 21 septembre
00:53:07mais qui n'aura pas lieu
00:53:08dit déjà le général Fonbonne
00:53:09merci beaucoup
00:53:10à tous les trois
00:53:11vous regardez 60 minutes
00:53:13un entretien exceptionnel
00:53:14à présent
00:53:14à l'occasion de la visite
00:53:16d'Emmanuel Macron en Syrie
00:53:17où le président est arrivé
00:53:18il y a quelques minutes
00:53:19le président syrien
00:53:20Ahmad Al-Chara
00:53:20a répondu aux questions
00:53:22de BFM
00:53:23c'est la première fois
00:53:24qu'il s'exprime devant
00:53:25un média européen
00:53:26c'est lui pour mémoire
00:53:27qui a contribué
00:53:28à renverser le dictateur
00:53:29Bachar Al-Assad
00:53:30il y a un peu plus
00:53:31d'un an et demi
00:53:32bonsoir Patrick Sos
00:53:33bonsoir Marc
00:53:33il faut mettre un peu
00:53:34de contexte
00:53:35l'homme qu'on va entendre
00:53:36est un homme surveillé
00:53:37de très près
00:53:38par la communauté internationale
00:53:40ancien djihadiste
00:53:41aujourd'hui repenti
00:53:42et qui dirige
00:53:43donc la Syrie
00:53:44qui dirige
00:53:44de façon désormais démocratique
00:53:46c'était un président
00:53:47de transition
00:53:47depuis le 8 décembre 2024
00:53:49et il essaye de montrer
00:53:51le meilleur visage
00:53:52de son pays
00:53:53qui est pour partie
00:53:55occupé au sud
00:53:56par les israéliens
00:53:57par les turcs
00:53:59au nord-ouest
00:54:00vous avez des volontés
00:54:01également russes
00:54:01qui ont repris leur base
00:54:02ça n'est pas facile
00:54:03sans compter bien évidemment
00:54:05la question des minorités
00:54:06je pense aux Kurdes
00:54:07aux druzes
00:54:07les alaouites
00:54:08il y a eu un certain nombre
00:54:09de morts
00:54:10lors d'affrontements
00:54:11ça a l'air de se calmer
00:54:12un petit peu
00:54:13et surtout
00:54:13c'est alors que
00:54:14vous l'avez dit
00:54:15la venue d'un premier
00:54:17dirigeant occidental
00:54:18il va essayer de faire
00:54:19en gros
00:54:20le VRP
00:54:21de son pays
00:54:22on l'écoute
00:54:22on écoute cet entretien
00:54:24exclusif
00:54:25donc avec le président syrien
00:54:26Ahmad al-Shara
00:54:27interrogé au palais
00:54:28présidentiel de Damas
00:54:29par Igor Saïri
00:54:32Monsieur le Président
00:54:33tout d'abord
00:54:34merci beaucoup
00:54:35de m'accueillir ici
00:54:36au palais présidentiel
00:54:38merci
00:54:39de nous accorder
00:54:39une interview
00:54:40pour BFM TV
00:54:42c'est important pour moi
00:54:43car j'étais en Syrie
00:54:44au mois de décembre
00:54:462024
00:54:46pour observer
00:54:47combien les Syriens
00:54:49étaient heureux
00:54:49de voir leur pays libéré
00:54:51de voir l'ancien régime
00:54:53tomber
00:54:54aujourd'hui
00:54:55c'est peut-être
00:54:55une date très importante
00:54:57car le président français
00:54:58vient en Syrie
00:55:01il sera ici
00:55:02dans le palais présidentiel
00:55:03dans quelques heures
00:55:04et c'est le premier président
00:55:06premier chef d'état européen
00:55:08à venir
00:55:09depuis que vous avez
00:55:10libéré le pays
00:55:11qu'est-ce que représente
00:55:13cette visite
00:55:14d'Emmanuel Macron
00:55:15pour vous
00:55:16Armel Al-Shahra
00:55:20bienvenue
00:55:20c'était une bonne opportunité
00:55:22pour vous
00:55:23d'être présent
00:55:23à ce moment là
00:55:24que vous soyez témoin
00:55:25de l'histoire moderne
00:55:27de la Syrie
00:55:27avec le début
00:55:28de la libération
00:55:29de Damas
00:55:31une bataille
00:55:32comme vous le savez
00:55:33a eu lieu
00:55:34à Alep
00:55:34et à Idlib
00:55:35avant que l'on émerge
00:55:38la France a été considérée
00:55:40comme un ami
00:55:41du peuple syrien
00:55:42depuis la révolution syrienne
00:55:43et la France
00:55:45a soutenu
00:55:45le mouvement
00:55:46de la révolution syrienne
00:55:47afin que le peuple
00:55:48qui était tyrannisé
00:55:50par l'ancien régime
00:55:51retrouve sa liberté
00:55:52et sa dignité
00:55:57depuis le début
00:55:58de la libération
00:55:58le président Macron
00:55:59a veillé
00:56:00à maintenir
00:56:01une communication
00:56:02avec nous
00:56:02au fur et à mesure
00:56:03des étapes
00:56:04de la transition
00:56:05en Syrie
00:56:05le président Macron
00:56:07a soutenu
00:56:07la renaissance
00:56:08de la Syrie
00:56:09et le nouveau règne
00:56:10la France
00:56:12est un membre
00:56:13permanent
00:56:13du conseil
00:56:14des nations unies
00:56:15elle a aidé
00:56:16la Syrie
00:56:16à lever les sanctions
00:56:17qui lui étaient imposées
00:56:18la Syrie
00:56:19qui subissait
00:56:20d'énormes pressions
00:56:21et des sanctions
00:56:22à cause des exactions
00:56:23de l'ancien régime
00:56:26et la France
00:56:27a eu un rôle
00:56:28très constructif
00:56:32je suis venu
00:56:33à Paris
00:56:33l'année dernière
00:56:34c'était l'un
00:56:35de mes premiers voyages
00:56:36mon premier arrêt
00:56:37en Europe
00:56:38j'ai reçu
00:56:39un excellent accueil
00:56:40du président Macron
00:56:41c'était un premier pas
00:56:42dans la bonne direction
00:56:47j'estime
00:56:48que la Syrie
00:56:48a surmonté
00:56:49énormément
00:56:50d'obstacles
00:56:50ces derniers mois
00:56:51et a bâti
00:56:52de bonnes relations
00:56:53internationales
00:56:54au niveau régional
00:56:55et international
00:56:57avec l'aide
00:56:57de toutes les nations
00:56:58amies
00:56:58qui se sont préoccupées
00:57:00du problème syrien
00:57:05elles ont permis
00:57:07de lever les sanctions
00:57:07de créer une ouverture
00:57:09pour le peuple syrien
00:57:10alors pour aider
00:57:11à résoudre
00:57:12les problèmes économiques
00:57:13et migratoires
00:57:14la visite du président Macron
00:57:15dans ce contexte
00:57:16représente une avancée
00:57:18pour renforcer
00:57:19les relations
00:57:19entre la Syrie
00:57:20et la France
00:57:24la France veut jouer
00:57:27un rôle majeur
00:57:28dans la reconstruction
00:57:29de la Syrie
00:57:30quel rôle
00:57:31souhaiteriez-vous
00:57:32pour la France
00:57:33qu'est-ce qui vous paraît
00:57:34le plus important
00:57:34en tant que France
00:57:36en tant que nation
00:57:37pour l'aide
00:57:38à destination
00:57:39de la Syrie
00:57:43la Syrie vit aujourd'hui
00:57:44une période
00:57:45de reconstruction
00:57:47c'est un pays
00:57:48qui a à la fois
00:57:49beaucoup d'atouts
00:57:50et qui a subi
00:57:51énormément
00:57:52de destructions
00:57:53pendant la guerre civile
00:57:54qui a duré 14 ans
00:57:58la France est considérée
00:58:00comme un des pays
00:58:00les plus modernes
00:58:01et les plus avancés
00:58:02en termes de reconstruction
00:58:04nous sommes en train
00:58:06de reconstruire
00:58:06les institutions
00:58:07en Syrie
00:58:08nous avons besoin
00:58:09de beaucoup de partenariats
00:58:10avec des sociétés
00:58:12dans différents secteurs
00:58:13comme les compagnies
00:58:14d'aviation
00:58:15par exemple
00:58:18la Syrie
00:58:19est par exemple
00:58:20en train de signer
00:58:22un contrat
00:58:22pour une commande
00:58:23de 8 Airbus
00:58:24et je pense
00:58:25qu'ils vont être livrés
00:58:26rapidement
00:58:30aussi la France
00:58:32va participer
00:58:32à la reconstruction
00:58:33d'infrastructures
00:58:34dans des secteurs
00:58:35comme le tourisme
00:58:36l'agriculture
00:58:37l'industrie
00:58:38et bien sûr
00:58:39le secteur financier
00:58:40a besoin également
00:58:41de restructuration
00:58:44et puis éventuellement
00:58:46des grandes entreprises
00:58:47françaises
00:58:48pourraient y contribuer
00:58:48il y a plein de secteurs
00:58:50où la France
00:58:51pourrait soutenir la Syrie
00:58:52il y a des intérêts
00:58:53communs
00:58:54entre nos deux nations
00:58:55sur le plan économique
00:59:00et sur le plan régional
00:59:01les flux migratoires
00:59:02ont nuit
00:59:03à l'image de la Syrie
00:59:05notre pays
00:59:06a réussi
00:59:06à réduire
00:59:08drastiquement
00:59:08le flux de migrants
00:59:09vers l'Europe
00:59:10qui était causé
00:59:11par l'ancien régime
00:59:13et puis
00:59:13la Syrie a réussi
00:59:14à faire revenir
00:59:15beaucoup de ses ressortissants
00:59:16plus d'un million et demi
00:59:18de Syriens
00:59:19sont revenus
00:59:19des pays limitrophes
00:59:25l'ancien régime
00:59:27se basait
00:59:28sur le trafic
00:59:28de drogue
00:59:29la Syrie
00:59:29était devenue
00:59:30une plaque tournante
00:59:31de fabrication
00:59:32de drogue
00:59:33alors dès notre arrivée
00:59:35à Damas
00:59:35nous avons commencé
00:59:37à démanteler
00:59:37les trafics
00:59:44nous partageons
00:59:46des objectifs
00:59:46communs
00:59:47sécuritaires
00:59:47avec la France
00:59:48actés
00:59:49avec cette visite
00:59:50et grâce
00:59:51à notre relation
00:59:52partagée
00:59:53depuis l'année dernière
00:59:54avec la France
00:59:54nous sommes en phase
00:59:56d'exécution
00:59:57des différentes étapes
01:00:04c'est ce qui explique
01:00:06la visite du président Macron
01:00:07et les accords
01:00:08que nous conclurons
01:00:09à cette occasion
01:00:16on connaît l'importance
01:00:18de la question géopolitique
01:00:20dans la région
01:00:21et notamment
01:00:22pour la Syrie
01:00:24on sait que la Syrie
01:00:25est en reconstruction
01:00:26que le chantier
01:00:26est immense
01:00:27dans les infrastructures
01:00:28dans l'eau
01:00:29dans l'électricité
01:00:30où est-ce que la France
01:00:32où est-ce que l'Europe
01:00:33doit investir
01:00:34en Syrie
01:00:35quelles sont les priorités
01:00:37de la présidence syrienne
01:00:39aujourd'hui
01:00:44la reconstruction
01:00:45de la Syrie
01:00:46repose sur plusieurs priorités
01:00:48en même temps
01:00:48comme l'énergie
01:00:50l'industrie
01:00:51l'agriculture
01:00:52les ressources humaines
01:00:54l'éducation
01:00:59actuellement
01:00:59nous travaillons
01:01:00pour mettre en place
01:01:01un programme
01:01:02de remise à niveau
01:01:03des institutions
01:01:04l'année dernière
01:01:05nous avons signé
01:01:07plusieurs contrats
01:01:07dans le secteur
01:01:08de l'énergie
01:01:09pour produire
01:01:105000 mégawatts
01:01:11et reconstruire
01:01:12les centrales énergétiques
01:01:17il y a tant de priorités
01:01:19qu'un seul pays
01:01:19ne peut assumer
01:01:20tout seul
01:01:21alors il y a
01:01:22plusieurs pays alliés
01:01:23qui sont prêts
01:01:24à nous aider
01:01:24à reconstruire
01:01:25et à investir
01:01:30investir en Syrie
01:01:31c'est une énorme opportunité
01:01:33pour les grands consortiums
01:01:34étrangers
01:01:35qui cherchent
01:01:35à fructifier
01:01:36et à se développer
01:01:37pour reconstruire
01:01:38les infrastructures
01:01:39détruites
01:01:40les 14 dernières années
01:01:45Merci beaucoup
01:01:46Monsieur le Président
01:01:47pour cette interview
01:01:48donnée
01:01:49pour BFM TV
01:01:50merci de nous avoir accueillis
01:01:51encore une fois
01:01:52dans ce palais présidentiel
01:01:54et bonne visite
01:01:55bon accueil
01:01:56du Président français
01:01:57Emmanuel Macron
01:01:58Voilà donc
01:01:59pour cet entretien
01:02:01exclusif
01:02:01avec le Président
01:02:02syrien
01:02:02Ahmad Al-Shara
01:02:04qui salue
01:02:05le rôle
01:02:06de la France
01:02:07je cite
01:02:07le rôle très constructif
01:02:09de la France
01:02:09ami du peuple syrien
01:02:11on va vous retrouver
01:02:11d'ailleurs
01:02:12Igor Saïri
01:02:13c'est vous qui avez réalisé
01:02:14cet entretien
01:02:15racontez-nous
01:02:16simplement
01:02:17on était dans le palais
01:02:18présidentiel de Damas
01:02:19avec vous il y a quelques instants
01:02:20les coulisses
01:02:21de cet entretien
01:02:22on est dans un pays
01:02:23la Syrie
01:02:23encore marquée
01:02:24par des attentats
01:02:26régulières
01:02:26l'attentat
01:02:27à la bombe
01:02:27a fait 10 morts
01:02:28il y a quelques jours
01:02:29je suppose notamment
01:02:29qu'il y avait des mesures
01:02:30de sécurité particulières
01:02:34écoutez
01:02:35c'est une interview
01:02:36qui s'est réalisée
01:02:36dans des conditions
01:02:37très particulières
01:02:38parce que vous le savez
01:02:39Ahmed Al-Shara
01:02:40le président syrien
01:02:41est relativement peu bavard
01:02:42auprès des médias
01:02:43notamment auprès des médias
01:02:45occidentaux
01:02:45et il a accepté
01:02:46à l'occasion
01:02:47de cette visite
01:02:48du président français
01:02:49de me recevoir
01:02:50avec Théo Touché
01:02:51en plein coeur
01:02:52du palais présidentiel
01:02:53pendant une petite
01:02:55demi-heure
01:02:56et ce qui était
01:02:56assez spectaculaire
01:02:58c'est que lorsque
01:02:58nous sommes rentrés
01:02:59dans le palais présidentiel
01:03:00il y avait évidemment
01:03:01énormément de militaires
01:03:04évidemment
01:03:04beaucoup de policiers
01:03:05beaucoup de gardes du corps
01:03:07qui entouraient
01:03:08Ahmed Al-Shara
01:03:10notamment lorsqu'il est
01:03:11descendu
01:03:12de son bureau
01:03:13pour se rendre
01:03:14dans le hall principal
01:03:15du palais présidentiel
01:03:16et qu'il s'est assis
01:03:17en face de moi
01:03:18tout a été contrôlé
01:03:20tout a été maîtrisé
01:03:21par son équipe
01:03:22de communication
01:03:23et par les agents
01:03:25de sécurité
01:03:26lorsque la caméra
01:03:27s'est mise en marche
01:03:28et bien là
01:03:29Ahmed Al-Shara
01:03:30a décidé
01:03:31d'être relativement
01:03:33ouvert et offensif
01:03:34auprès des investisseurs
01:03:36étrangers
01:03:36et notamment
01:03:37auprès des investisseurs
01:03:38français
01:03:38Ahmed Al-Shara
01:03:39a besoin
01:03:40que son pays
01:03:41soit reconstruit
01:03:42on rappelle que
01:03:4290% de la population
01:03:44vit en dessous
01:03:45du seuil de pauvreté
01:03:45que les infrastructures
01:03:46sont presque toutes détruites
01:03:48il y a donc besoin
01:03:49pour ce pays
01:03:50de reconstruire
01:03:51de reconstruire
01:03:52dans les prochaines années
01:03:53pour que d'après lui
01:03:54la Syrie devienne
01:03:55un agent stabilisateur
01:03:57pour la région
01:03:58entière
01:03:59à la fois pour le Liban
01:04:00à la fois vis-à-vis d'Israël
01:04:01même à la fois vis-à-vis
01:04:02de l'Iran
01:04:03la Syrie doit jouer
01:04:04un rôle fondamental
01:04:05dans la région
01:04:06au Proche-Orient
01:04:07et ce sera d'ailleurs
01:04:08merci beaucoup Igor
01:04:09l'un des enjeux
01:04:10de cette visite
01:04:10d'Emmanuel Macron
01:04:11qui vient de poser le pied
01:04:12à Damas en Syrie
01:04:13le 20h à suivre
01:04:14avec Julia Met
01:04:15ne bougez pas
01:04:16l'info continue
01:04:17sur BFM
01:04:17bonne soirée à tous
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