- il y a 16 minutes
Chaque jour, Marc Fauvelle vous accompagne de 19h à 20h dans 60 minutes Fauvelle sur BFMTV.
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00:00:01Générique
00:00:04...
00:00:10Bonsoir, bonsoir à tous.
00:00:11C'est l'image du jour.
00:00:12Alors que Donald Trump a renoncé à débloquer par la force le détroit d'Hormuz,
00:00:16la France avance ses pions.
00:00:18Et même son porte-avions, le Charles de Gaulle,
00:00:20qui a franchi aujourd'hui le canal de Suez direction la mer Rouge.
00:00:23La France qui se dit prête s'il le faut à l'envoyer
00:00:26pour participer à la sécurisation du détroit d'Hormuz.
00:00:29On va en parler dans un instant.
00:00:31La France n'était pas visée.
00:00:33Ce sont les mots d'Emmanuel Macron après l'attaque subie par un cargo
00:00:35appartenant au groupe CMA-CGM.
00:00:38C'est le groupe qui possède également BFM-TV.
00:00:40Il a été touché par un missile iranien.
00:00:43Il y a plusieurs blessés à bord.
00:00:44Ils ont dû être évacués.
00:00:45Et puis l'autre info du jour, là c'est plutôt une bonne nouvelle.
00:00:48C'est la dégringolade du pétrole dans la foulée des dernières annonces de Donald Trump.
00:00:52Est-ce le début de la fin du choc pétrolier ?
00:00:55À quand la baisse à la pompe ?
00:00:56Et que faire des bénéfices record de total ?
00:00:59Ce sera le débat de 60 minutes tout à l'heure.
00:01:00D'abord les images du jour.
00:01:02Un bateau français attaqué.
00:01:04Un porte-avions qui pointe le bout de son nez.
00:01:06Il m'a chigné Bertrand Séguier et Raphaël Redon.
00:01:11Un cargo français a été touché par un projectile dans le détroit d'Hormuz.
00:01:16C'est un cargo du groupe CMA-CGM, propriétaire de BFM-TV.
00:01:20Selon CBS News, cette attaque a été menée avec un missile de croisière iranien.
00:01:27Il y a des dégâts, il y a aussi des marins blessés.
00:01:32Maude Bréjon, la porte-parole du gouvernement, qui dit que ce n'était pas la France directement qui était visée.
00:01:38Il s'agissait d'un pavillon maltais avec un équipage philippin.
00:01:42La France se prépare en prévision.
00:01:44Le porte-avions français Charles de Gaulle vient de franchir le canal de Suez.
00:01:48Il va se positionner au large du Yémen.
00:01:50Ça prouve que ça continue à tirer dans le détroit d'Hormuz.
00:01:53Ça démontre qu'il n'y a aucune sécurité.
00:01:55Donc en fait, la situation est bloquée dans le détroit.
00:01:58On apprend dans le même temps, selon deux hauts responsables, un nouveau projet d'accord est sur la table.
00:02:03Cette feuille de route prévoit d'abord la réouverture du détroit d'Hormuz.
00:02:07Puis ce texte comprend évidemment un gros volet sur le nucléaire.
00:02:11Désormais, la volonté américaine, c'est plutôt de donner sa chance à la diplomatie.
00:02:15Il n'y a plus véritablement d'appétit pour reprendre une opération militaire à grande échelle.
00:02:21Pour les principales images du jour, ravi de vous retrouver.
00:02:24Bienvenue dans 60 minutes.
00:02:25C'est votre rendez-vous d'infos et de décryptage.
00:02:28À mes côtés ce soir, les experts de BFM TV.
00:02:30Elsa Vidal, Didier François.
00:02:32Bonsoir.
00:02:32Didier Elsa, ravi de vous retrouver.
00:02:34À vos côtés ce soir également, Jean-Louis Bourlange.
00:02:36Bonsoir.
00:02:37Bonsoir.
00:02:37Ancien président de la commission des affaires étrangères de l'Assemblée nationale.
00:02:41Maya Cadra, bonsoir.
00:02:42Enseignante, journaliste spécialiste du Moyen-Orient.
00:02:45Et Michel Olagaraille, bonsoir.
00:02:46Vice-amiral.
00:02:47Bonsoir.
00:02:47Ancien directeur du Centre des Hautes Études Militaires.
00:02:50L'image du jour et l'info du jour également aujourd'hui, c'est une arrivée dans la mer Rouge.
00:02:57C'est l'arrivée du Charles de Gaulle, le porte-avions français.
00:03:00Et on va, si vous voulez bien, Didier François.
00:03:03Avec plaisir.
00:03:04Vous allez m'accompagner, le porte-avions, le fleuron de la marine française qui a donc franchi aujourd'hui le
00:03:11canal de Suez, c'est-à-dire traversé une partie de l'Égypte pour arriver en mer Rouge.
00:03:15Le voici.
00:03:16Voilà.
00:03:16Alors là, celui qui vient de passer à travers l'Égypte, vous verrez qu'il a un peu plus d
00:03:20'avions à bord.
00:03:21Alors là, on voit deux de ces navires d'escorte, une frégate qui s'appelle une FREM, donc qui est
00:03:27une multimission, qui va ouvrir la voie.
00:03:29Et derrière, c'est un ravitailleur.
00:03:31Et là, vous voyez les avions qui sont à bord du Charles.
00:03:34Il y a une vingtaine de ces rafales, qui sont des rafales marines.
00:03:37Ce sont donc des avions d'un multi-role aussi.
00:03:39Et l'avion qu'on voyait avec l'espèce de pizza sur la tête, c'est un neoyac, c'est
00:03:46un petit awax, un E2, qui sert.
00:03:48Et donc, vous voyez bien là, l'escorte, le ravitailleur, le pétrolier ravitailleur est devant le Charles, qui est en
00:03:55train de sortir du canal de Suez.
00:03:57Didier, pour être parfaitement clair, il va où ?
00:03:59Alors, il va se mettre dans le golfe d'Omane.
00:04:01Grosso modo, il faut comprendre.
00:04:03Là, donc, quand il passe, vous voyez, à peu près, si vous sortez de là, et que vous arrivez jusqu
00:04:08'au tour de Djibouti, par là, vers...
00:04:10Vous, c'est, allez, à la louche, on est sur 1200 nautiques, donc 2300, je ne connais pas le 1000
00:04:19nautiques, mais c'est écrit derrière vous.
00:04:212300 kilomètres.
00:04:22Pour être sûr de ne pas dire de bêtises devant l'amiral.
00:04:23Je te laisse dans tes bêtises.
00:04:24Et à la louche, si on fait du 15 nœuds pour aller à peu près à la vitesse des bateaux
00:04:30-escorteurs, il lui faut, allez, disons, une centaine d'heures.
00:04:33Et là, il va se positionner.
00:04:35Hop, désolé.
00:04:36Voilà, c'est ce qu'il avait avant.
00:04:37On peut revenir, ça ne vous dérange pas ?
00:04:38On revient sur la carte.
00:04:39Tout le monde vous écoute.
00:04:40Là, il se positionne.
00:04:41Regardez pourquoi c'est intéressant de dire ça.
00:04:42C'est qu'il est vraiment à deux, à un endroit stratégique.
00:04:45Il n'est pas très loin de Djibouti.
00:04:46S'il y a besoin de faire des allers-retours, s'il y a besoin de faire un petit peu
00:04:49de ravitaillement, etc.
00:04:51C'est quand même à côté d'une grosse base.
00:04:52On a l'habitude de le faire, c'est pas mal.
00:04:54Il est face au Yémen et donc au risque outil à protéger le détroit de Bamère-Bandel.
00:05:00Il est évidemment hors de portée.
00:05:02Mais il est aussi très rapidement, c'est ce qu'on appelle la poignée de l'éventail.
00:05:05Il peut très rapidement arriver sur le détroit d'Hormuz.
00:05:07Quand vous dites très rapidement ?
00:05:0948 heures.
00:05:10En 48 heures, on va le laisser arriver, le Charles de Gaulle.
00:05:13Il est là aujourd'hui.
00:05:14Dans deux, trois jours, il est là.
00:05:15Et en deux jours, il peut être quasiment à Hormuz.
00:05:17Il peut très rapidement, voilà, il peut.
00:05:20Et pourquoi ?
00:05:20Parce que, enfin, c'est ce qui est annoncé dans le communiqué de l'état-major des armées.
00:05:24Alors, je ne pense pas qu'il rentre dedans directement.
00:05:26Il se mettra plutôt par ici.
00:05:28Mais l'idée étant que de se positionner, vu qu'il y a une évolution diplomatique
00:05:35qui pourrait amener à une solution pour libérer ou ouvrir le passage maritime dans le détroit d'Hormuz,
00:05:44c'est pour pouvoir justement concrétiser la réunion qu'il y avait eue à Paris avec 51 pays,
00:05:49une quarantaine de pays avec les Britanniques,
00:05:51pour justement donner des moyens supplémentaires dans un cadre de droit international,
00:05:55et non dans un cadre de guerre, mais dans un cadre de négociation,
00:05:58qui permettrait justement d'assurer ou de donner les options négociées
00:06:03pour accompagner une réouverture du détroit d'Hormuz,
00:06:06ce qui est évidemment une demande et une envie françaises et des 40 pays de la région.
00:06:12Et pas uniquement français.
00:06:13Parce qu'on voit bien le poids que pèse ce blocage du détroit sur l'économie mondiale et sur notre
00:06:21économie.
00:06:21Et je reviens parce qu'on dit effectivement que c'est le Charles de Gaulle.
00:06:23Il n'est pas seul. Il est vraiment escorté, accompagné par des hélicoptères.
00:06:28Il a deux choses. En fait, il y a trois frégates.
00:06:31Il y a deux frégates, ce qu'on appelle les FREM, que je vous ai montré tout à l'heure,
00:06:34plus une frégate de défense antiaérienne.
00:06:35Donc il est capable d'avoir sa propre bulle de protection en défense antiaérienne.
00:06:39Il y a deux de ces FREM qui font aussi de l'antimissile,
00:06:41avec des missiles à la terre. Enfin, une FREM et une frégate d'horizon.
00:06:46Donc en fait, il y a trois frégates qui font sa protection immédiate.
00:06:49Il y a le péter-reli-ravitailleur. Alors ça, c'est l'ancienne version.
00:06:52Maintenant, il y en a une nouvelle.
00:06:53Il y a un sous-marin nucléaire d'attaque qu'on ne voit jamais,
00:06:55mais qui est toujours là pour protéger les abords.
00:06:57Mais Michel, vous l'expliquerez.
00:06:58– Pardon, question, il y a un sous-marin qui vient de passer dans le canal de Suez ?
00:07:01– Alors, il a bien fallu qu'il passe par quelque part.
00:07:03Et qu'il n'a pas abandonné son navire.
00:07:07Une vingtaine de rafales à bord.
00:07:09Les avions de surveillance et de commandement.
00:07:11Et des hélicoptères. Alors, il y a deux hélicoptères Panthère.
00:07:14Et là, le NH90 qui permet soit de faire de l'assaut,
00:07:18soit surtout pour les deux hélicoptères Panthère
00:07:19de se mettre en position quand il y a les catapultages et les amérissages
00:07:23pour faire ce qu'on appelle le PEDRO.
00:07:24C'est-à-dire la capacité de récupérer les pilotes en mer s'il y avait un pépin.
00:07:29On croise les doigts, il n'y en a pas, donc il ne devrait pas y en avoir.
00:07:31Mais bon, le principe dans les armées, c'est qu'on prépare tout, y compris l'impensable.
00:07:36– Merci, évidemment. – Voilà où on est.
00:07:37– Merci beaucoup Didier François, voilà Didier François.
00:07:41Voilà où on est, vice-amérale.
00:07:43Le message de la France, c'est de dire, on n'est pas partie prenante dans cette guerre,
00:07:48on n'a pas voulu se lancer aux côtés de Donald Trump,
00:07:49mais on est prêt, s'il le faut, très rapidement,
00:07:52à y aller à Hormuz pour libérer tout ça.
00:07:54– C'est un peu un message de la France, mais c'est aussi un message de la coalition.
00:08:01La France ne va pas seule, elle a une posture défensive,
00:08:04mais elle représente une force qui s'est créée plus ou moins par cette réunion de l'Elysée
00:08:10avec 49 participants, à la réunion de Londres avec une planification militaire,
00:08:15c'est-à-dire qui va contribuer à quoi.
00:08:17Donc objectif politique qui a dû être fixé à l'Elysée et qui doit être en train d'être affiné,
00:08:22moyens militaires, planification, quoi faire, avec qui ?
00:08:27Jamais, certainement jamais la France seule.
00:08:29Donc ça n'est pas un message de la France,
00:08:31c'est peut-être bien un message de l'ensemble du monde
00:08:34qui veut que le commerce international reprenne ses droits
00:08:37et puisse se développer normalement.
00:08:40Donc c'est un geste politique très fort et la France dispose,
00:08:44il faut quand même le dire, en votre présence, je suis ravi de le dire,
00:08:47que la France a voté, a entretenu une force aéronavale,
00:08:51on s'est quelquefois demandé pourquoi.
00:08:53On se demande parfois à quoi elle sert.
00:08:54Eh bien, nous, nous voyons toujours, les barins,
00:08:57et j'espère aussi la représentation nationale, mais pas toujours,
00:09:00voient un peu plus loin parce que c'est nécessaire.
00:09:02Construire une force qui est indispensable du pouvoir politique,
00:09:05ça prend du temps et c'est scandaleux parfois
00:09:07de voir de quelle façon les forces nécessaires à la France,
00:09:11et pas simplement à la marine, à la marée, à la terre, etc.,
00:09:14sont quelquefois négligées.
00:09:15Vous parlez de la France, vice-amirale.
00:09:18Il y a quelques instants, Emmanuel Macron a publié sur ses réseaux sociaux
00:09:21ce message que je vais découvrir avec vous,
00:09:23au sujet justement, pardon, on écoute Donald Trump,
00:09:26à la Maison Blanche tout d'abord.
00:09:28Je pense que les maires de soldats souhaitent entendre ce genre d'informations.
00:09:33C'est approprié, n'est-ce pas ?
00:09:34Je pense que les maires de soldats souhaitent entendre parler de cela.
00:09:41Nous avons la plus grande armée de l'histoire de notre pays.
00:09:47Nous avons la plus grande armée au monde, de loin.
00:09:50Personne ne nous arrive à la cheville.
00:09:52Nous l'avons montré.
00:09:53J'ai construit notre armée pendant mon premier mandat.
00:09:56J'ai hérité d'une armée comme j'ai hérité de la situation à la frontière.
00:10:01C'était la catastrophe et l'armée était dans une situation catastrophique également.
00:10:06Vous étiez là, vous l'avez vu.
00:10:08Et à présent, nous avons l'armée la plus forte que nous n'ayons jamais eue.
00:10:161 500 milliards de dollars ont été approuvés pour améliorer davantage notre armée.
00:10:23Pendant mon premier mandat, nous avons eu un très très bon mandat.
00:10:26Nous avions également la meilleure situation économique avec des chiffres records.
00:10:32Aujourd'hui, nous allons à nouveau battre ces records.
00:10:34Nous les battons aujourd'hui.
00:10:38J'ai construit notre armée pendant notre premier mandat avec l'aide des amiraux.
00:10:45Et je ne pensais pas m'en servir autant.
00:10:49Mais tout va bien.
00:10:51Dans le cas de l'Iran, nous n'allons pas laisser l'Iran acquérir l'arme nucléaire.
00:10:56Nous n'allons pas laisser ce genre de choses se faire.
00:10:58Cela ne se passera pas comme ça.
00:11:01Nous traitons avec des personnes qui souhaitent conclure un accord.
00:11:04Nous allons voir s'il est possible de trouver un accord qui nous satisfait.
00:11:09La situation est sous contrôle.
00:11:11Le blocus est incroyable.
00:11:13La marine a été formidable.
00:11:15Le travail qu'ils font est extraordinaire.
00:11:17C'est comme un mur d'acier infranchissable.
00:11:20Les Iraniens n'arrivent pas à faire passer quoi que ce soit.
00:11:23Et donc, les affaires vont mal pour eux.
00:11:25Et nous allons voir si les Iraniens sont d'accord.
00:11:29S'ils ne sont pas d'accord, eh bien, ils vont vite être d'accord.
00:11:35Voilà.
00:11:36Les fake news sont heureux à présent, car ils ont entendu ce que nous avions à dire.
00:11:43J.D. fait du très, très bon travail.
00:11:45Il travaille avec nous.
00:11:50Lui et toute l'équipe, Marco, Steve Whitkoff, Jared, les généraux, le général Kane, Pete XS également, incroyable.
00:12:03Nous avons un formidable groupe de personnes.
00:12:05La CIA avec John Radcliffe, très bon travail.
00:12:08Mme Radcliffe est là également, je crois.
00:12:10Mme Radcliffe, est-ce que vous êtes là ?
00:12:13Oui, mais nous avons de formidables personnes, une armée extraordinaire.
00:12:20Et on voit ce qu'elle fait aujourd'hui.
00:12:25On aimerait éviter la situation, mais bon, elle est là.
00:12:29La plus grande armée au monde.
00:12:32Et le monde a les yeux tournés sur nous.
00:12:36Nous avons le respect du monde, ce que nous n'avions pas.
00:12:39Et il y a deux ans, vous savez, nous étions la risée du monde.
00:12:41Aujourd'hui, nous sommes le pays le plus attractif au monde.
00:12:45Et je tenais à vous féliciter toutes et tous, car c'est en grande partie grâce à vous.
00:12:51Je tenais également à te remercier, Mélania.
00:12:55Merci beaucoup pour ton travail.
00:12:56Elle a fait un petit film.
00:12:58Il était premier du box-office.
00:13:01Et je ne peux pas exagérer, parce que si j'exagère,
00:13:04les fake news vont dire non, ce n'était pas numéro 1, c'était numéro 2, numéro 5.
00:13:10Donc je dois faire très attention à ce que je dis.
00:13:12Ensuite, c'est passé en streaming.
00:13:15Là, c'est un tout nouveau monde.
00:13:17C'est devenu le premier film en streaming également.
00:13:20Alors félicitations, c'était une très, très belle réussite.
00:13:26Plus important encore, elle a fait du très, très bon travail en tant que première dame.
00:13:32C'est une mère formidable également.
00:13:37Elle a un petit garçon qui est très grand.
00:13:40C'est un petit garçon pour nous, mais il est très, très grand.
00:13:42Et baronne, baronne qui est extraordinaire également.
00:13:45Elle s'occupe très, très bien de lui.
00:13:46Merci, une très, très bonne mère.
00:13:48Aujourd'hui, nous avons l'honneur d'accueillir à la Maison-Blanche un groupe de femmes fortes et résidentes
00:13:55qui représentent ce que notre pays a de mieux à offrir.
00:13:58Les mères de soldats, de militaires qui sont très importantes, nous tenons à vous remercier d'être là.
00:14:04Je vous connais, je vous reconnais en grande partie.
00:14:08Il n'y a rien de mieux qu'être à la Maison-Blanche, n'est-ce pas ?
00:14:10Et à ce propos, juste derrière moi, vous voyez ça ?
00:14:13Vous appelez ça, vous pouvez appeler ça un rideau, mais...
00:14:19Voilà, donc pour cette intervention de Donald Trump depuis la Maison-Blanche,
00:14:24Elsa Vidal, pardon, j'ai adoré la phrase prononcée, le blocus dormouze est sous contrôle.
00:14:30Oui, mais de qui l'histoire ne le dit pas ?
00:14:33En revanche, ce que le président a dit de manière abondante, comme à son habitude,
00:14:37c'est qu'il avait restauré la grandeur de l'Amérique,
00:14:40une Amérique qui était en décadence aux mains des précédents présidents,
00:14:44et qu'il avait restauré la grandeur également de l'armée américaine
00:14:47pour laquelle il obtient un budget record,
00:14:51il a sollicité un budget record de 1500 milliards de dollars,
00:14:54ce qui établira la suprématie en termes de dépenses, en tout cas,
00:14:58de l'armée américaine dans le monde.
00:15:01Et il a répété que les Iraniens avaient intérêt à négocier
00:15:04et que s'ils n'étaient pas d'accord, alors ils seraient vite d'accord.
00:15:07Jean-Louis Bourlange, on est à quel moment aujourd'hui ?
00:15:10Je rappelle qu'en 24 heures, les États-Unis ont suspendu
00:15:13le déblocage par la force du détroit d'Hormuz, le projet Liberté.
00:15:17Les opérations militaires sont officiellement terminées
00:15:20dans leur phase offensive contre l'Iran,
00:15:22c'est ce qu'a dit Marc Rubio.
00:15:24Est-ce que la guerre est finie ?
00:15:26Je crois que c'est une question à laquelle je m'en garderai bien de répondre,
00:15:30mais moi, je veux dire que je suis toujours de plus en plus insupporté,
00:15:36si je puis dire, par ce mélange de violence, d'ostentation de la force
00:15:40et de niaiserie fondamentale des discours de Trump
00:15:44qui n'indiquent jamais rien de précis, de concret
00:15:47et qui sont simplement des numéros d'exaltation de son propre égo.
00:15:52C'est pour ça que dans ma question, je m'en suis tenu au fait.
00:15:55Je crois que dans la question que vous posiez tout à l'heure,
00:15:59sur la phrase qui vous plaisait tant,
00:16:03le blocus est sous contrôle.
00:16:07Le blocus du golfe est sous contrôle.
00:16:10Ce qui est une phrase intéressante,
00:16:11parce que ça veut dire que ce n'est pas le golfe qui est sous contrôle,
00:16:15mais le blocus, ce qui évidemment ne signifie absolument rien.
00:16:18On ne contrôle pas le blocus, on le fait ou on ne le fait pas.
00:16:21Et ça prouve...
00:16:23Non, moi je crois que pour répondre sérieusement à votre question,
00:16:26je pense qu'on en est toujours, jour après jour, à la même chose.
00:16:30C'est-à-dire que le président Trump sait que la relance d'un conflit massif,
00:16:36des bombardements, etc., est un risque politique à la fois international,
00:16:43avec la flambée du pétrole économique,
00:16:46est un risque politique pour lui extrêmement grave.
00:16:49Donc on voit bien qu'il recule, il recule, il recule.
00:16:52C'est pour ça d'ailleurs qu'il met en avant sa force.
00:16:56Il essaie de montrer sa force pour se dispenser d'avoir à l'utiliser.
00:17:01Mais à côté de ça, il annonce,
00:17:03et alors là on est toujours dans l'incertitude avec lui,
00:17:07il annonce qu'il a les bases d'un accord avec l'Iran,
00:17:11et ça, personne n'en sait rien,
00:17:14personne ne sait sur quoi cet accord porterait.
00:17:19La libération du détroit d'Hormuz, ce n'est pas un but de guerre,
00:17:22puisque ce sera le rétablissement de la situation antérieure à la guerre.
00:17:26C'est donc le problème des matières fissiles.
00:17:29Est-ce qu'il y a l'ombre d'un accord entre les Iraniens et les Américains sur ce point
00:17:35?
00:17:35Il y a eu une petite réaction positive des Iraniens, ce qui est assez rare,
00:17:40mais tout est là, s'il n'y a pas d'accord,
00:17:44Trump est dans une situation absolument impossible politiquement,
00:17:49et sur le plan national, et sur le plan international.
00:17:54Et donc on sent bien à quel point il est agacé,
00:18:00profondément impatient de sortir de cette espèce de trou de souris
00:18:06dans lequel il s'est enfermé.
00:18:08Maïa Kadra, est-ce que vous avez compris, vous,
00:18:11pourquoi Donald Trump a lancé une opération des blocages du Détroit
00:18:15avant d'y renoncer, combien, 36 heures plus tard, El Zavidal ?
00:18:18C'est ça, 36 heures plus tard ?
00:18:20Un peu moins, même.
00:18:20Un peu moins, bon, j'ai arrondi.
00:18:23Ce qui a supporté aussi bien les Iraniens que les Américains,
00:18:26que Donald Trump, c'est l'inertie de la situation.
00:18:29C'était ça, c'était ce délai dilatoire, sans borne temporelle,
00:18:34qui est celui des négociations.
00:18:36Le premier tour n'a pas marché, on s'attaque à un deuxième tour,
00:18:39mais on annule quand même le voyage de Sivitkoff et Jared Kushner.
00:18:44Et pour une fois, il fallait qu'il se passe quelque chose pour les Américains,
00:18:48et même pour les Iraniens, il fallait qu'il se passe quelque chose,
00:18:51pour une raison très simple, c'est que les Iraniens se sont longtemps maintenus
00:18:55avec cette stratégie du fil à retordre.
00:18:57À chaque fois, ils gagnaient du temps, etc.
00:18:58Et cette fois-ci, Donald Trump leur a fait gagner du temps sans effort.
00:19:01Et donc, ils se sont retrouvés un peu cornerisés.
00:19:04Qu'est-ce qu'on fait avec ce temps dilatoire, avec ce temps qui se prolonge,
00:19:08avec un blocus qui est ferme aussi, et qui est plus ou moins maintenu ?
00:19:13Et donc, c'est une inertie qui était insupportable pour les Iraniens.
00:19:17C'est pour cela que dans leur proposition, il y a quelques jours,
00:19:20les 14 points qu'ils ont proposés aux Pakistanais,
00:19:22il y avait une petite idée disant qu'il faut que les négociations se passent
00:19:29dans un délai d'un mois.
00:19:30Pour une fois, les Iraniens eux-mêmes, ils fixent un délai
00:19:33parce que c'était insupportable de s'inscrire dans la durée.
00:19:36Pour une fois, face à ce blocus-là,
00:19:39et pour Donald Trump, il y a cette question qui est centrale quand même,
00:19:43de son impatience.
00:19:44Il veut voir les choses bouger.
00:19:45C'est pour cela qu'il a lancé cette initiative, peut-être pour tester un peu
00:19:51les lignes de blocage politique, peut-être européenne, de ses alliés.
00:19:56Mais de ce point de vue-là, c'est un succès ou pas ?
00:19:57Non, ce n'est pas un succès.
00:19:58C'est un prototype, c'est un essai.
00:20:00Comme, voilà, on essaye une mission.
00:20:03Elle a escorté quelques navires commerciaux.
00:20:06Il y en a qui ont réussi quand même à sortir.
00:20:08Deux ou trois qui sont passés.
00:20:09Voilà, il y a eu des accidents aussi.
00:20:11Et donc, c'est un premier essai.
00:20:12Et voilà, et on va voir si, plus tard, les Européens vont rejoindre cette mission.
00:20:17Je trouve toujours que c'est improbable, mais ils testent les limites.
00:20:21Et on va parler dans un instant de l'attaque contre un bateau français.
00:20:22Il y a quand même une chose qui est éliminée, c'est le cours du pétrole.
00:20:26C'est-à-dire que toutes ces manœuvres, il a lancé Projet Liberté en disant
00:20:29ça va faire baisser le pétrole, comme ça n'a pas très bien marché.
00:20:31Ça a risqué de le faire monter, et donc il fait baisser la tension.
00:20:34Aujourd'hui, en revanche, ça a marché de manière spectaculaire.
00:20:36Comment ?
00:20:36Aujourd'hui, ça a marché de manière spectaculaire.
00:20:38Et je crois que c'est quand même ça l'objectif tactique premier de ces déclarations.
00:20:42Allez, on va prendre des nouvelles de Donald Trump avec Laurence Haïm du côté de la Maison Blanche.
00:20:47Bonsoir.
00:20:47Laurence, on parlait ici en plateau de sa décision de suspendre l'opération de déblocage du Détroit.
00:20:53Dans le même temps, le président américain continue de mettre la pression sur l'Iran.
00:20:58Ce sera des frappes encore plus intenses si Teheran ne conclut pas un accord.
00:21:02C'est ce qu'il dit aujourd'hui.
00:21:05Alors, c'est ce qu'il dit aujourd'hui, mais en même temps, je peux vous assurer avec Valentine Reap,
00:21:09qui est avec moi, qui suit la situation aussi, c'est qu'on a vraiment le sentiment que Donald Trump
00:21:14veut,
00:21:14comme il le dit à ses conseillers, faire un deal de la paix et sortir au plus vite possible de
00:21:20cette histoire iranienne.
00:21:21Pourquoi ? Parce que les sondages baissent, parce que le prix de l'essence a considérablement augmenté,
00:21:25et parce qu'en fait, Donald Trump se dit, voilà, ce n'est pas possible.
00:21:29On a sécurisé dans une mission humanitaire, comme il ne cesse de le répéter, le Détroit d'Hormuz,
00:21:34mais maintenant, eh bien, c'est à d'autres pays de le faire.
00:21:36Donc nous, notre rôle, il doit se terminer rapidement.
00:21:39Et c'est vraiment le sens du message qu'on entend.
00:21:41Il y a aussi une proposition américaine et iranienne qui est étudiée.
00:21:45Ce matin, les journalistes américains ont eu une page sur cette proposition
00:21:50qui doit faire partie des prochaines négociations.
00:21:53L'uranium est mentionné, avec de l'uranium qui ne pourrait pas être conservé par les Iraniens
00:21:59pendant plus de 10 à 15 ans, donc avec un délai de temps,
00:22:03alors que Donald Trump voulait que les Iraniens suppriment totalement l'uranium.
00:22:07En tout cas, il y a une proposition d'une page.
00:22:10Il y a Donald Trump qui veut sortir au plus vite de l'histoire iranienne.
00:22:13Et c'est vraiment ce qu'on entend ici, à Washington.
00:22:16Merci beaucoup, Laurence Aime, avec Valentine Ribes, à la Maison Blanche, pour BFM TV.
00:22:21On va aller dans un instant du côté du détroit d'Ormouz,
00:22:25après l'attaque qui a eu lieu la nuit dernière contre un bateau qui appartient au groupe CMA-CGM.
00:22:30Je le précise à chaque fois qu'on en parle, le groupe CMA-CGM,
00:22:33c'est également le groupe propriétaire de BFM TV.
00:22:35Ça n'empêche pas, évidemment, d'en parler,
00:22:37mais je me dois de le signaler à chaque fois que nous abordons ce qui s'est passé.
00:22:42Il veut sortir à tout prix de la guerre, aujourd'hui, Elsa Vidal, Donald Trump.
00:22:46Tous les moyens sont bons.
00:22:47C'est-à-dire lancer une opération de déblocage, arrêter le lendemain, il n'en peut plus ?
00:22:52Il est face à un agenda qui se rapproche et qui est de plus en plus pressant.
00:22:58La semaine prochaine, et il l'a dit lui-même,
00:23:00il aimerait avoir conclu des négociations avec les Iraniens
00:23:02avant de se rendre à Pékin, rencontrer Xi Jinping,
00:23:06que le ministre des Affaires étrangères iranien a déjà vu
00:23:09et avec lequel il a rappelé qu'il entendait justement arriver à une solution pacifique.
00:23:16Donc Pékin, posé, reconsidéré comme partenaire stratégique de l'Iran
00:23:21et finalement homologue maintenant des États-Unis
00:23:24et peut-être même plus facteur de stabilité que les États-Unis,
00:23:28ce qui est quand même un grand changement et certainement un coup pour Donald Trump.
00:23:32Et puis à venir dans la foulée, ce 250e anniversaire de la déclaration d'indépendance des États-Unis,
00:23:39ça ce sera le 4 juillet et un tout petit peu plus tard, le 3 novembre,
00:23:43les mid-terms, ce qu'il doit absolument remporter.
00:23:46Il y a une très faible marge en nombre de députés.
00:23:48Et pour l'instant, les sondages aux États-Unis sont mauvais.
00:23:51Il y a 61% d'Américains qui ont une opinion défavorable de la politique de Donald Trump,
00:23:57précisément en lien avec sa manière de gérer la guerre au Moyen-Orient.
00:24:00Allez, on va aller comme promis du côté du Qatar à Doha.
00:24:03C'est Laura Kambo que nous attend avec Mathieu Le Peignet
00:24:06pour revenir sur ce qui s'est passé la nuit dernière,
00:24:09c'est-à-dire cette attaque iranienne contre un bateau appartenant à un groupe français,
00:24:14au groupe CMA-CGM.
00:24:15Attaque grave puisqu'il y a eu des blessés à bord qui ont dû être soignés.
00:24:20Qu'est-ce qu'on sait exactement, Laura, de cette attaque ?
00:24:25Eh bien, on sait que cette attaque, elle a eu lieu hier soir, vous le disiez,
00:24:29à 20h30 française au sein du détroit d'Ormouz.
00:24:32On n'en sait pas plus exactement sur la géolocalisation.
00:24:35Mais ce qu'on sait, c'est que ce navire, c'est un porte-conteneur CMA-CGM.
00:24:38En effet, il s'appelle le San Antonio.
00:24:41Il mesure 220 mètres de long.
00:24:43Il bat pavillon maltais.
00:24:44Et il y avait à son bord un équipage de nationalité philippine.
00:24:49CMA-CGM, propriétaire de BFMTV, vous le disiez,
00:24:52a publié un communiqué en expliquant que le bateau avait été endommagé
00:24:57et également qu'il y avait plusieurs blessés au sein de cet équipage.
00:25:01Des blessés qui ont donc été pris en charge selon l'armateur français.
00:25:05En tout cas, ce qu'on peut vous dire, c'est que CBS News affirme
00:25:08que c'est un missile iranien qui aurait été lancé contre ce bateau.
00:25:12Le gouvernement français s'est exprimé sur la question.
00:25:15Et selon le gouvernement, ce n'est pas la France qui a été touchée
00:25:18puisque les membres de l'équipage n'étaient pas français
00:25:20et qu'ils battaient pavillon maltais.
00:25:23Ce n'était donc pas un bateau français.
00:25:24Merci beaucoup, Laura.
00:25:25Vice-amiral, pourquoi ce bateau-là ?
00:25:29Bonne question.
00:25:31Je vous la pose.
00:25:32Pourquoi ce bateau ?
00:25:34Écoutez, il me semble que quand même, ce bâtiment s'est aventuré
00:25:38à un moment où tout est encore très flou.
00:25:43Le projet d'escorter les bâtiments, une quantité de choses,
00:25:48tout ça n'est pas stabilisé et n'est absolument pas propice
00:25:52à des prises de décision qui comportent des risques.
00:25:55Lorsqu'un bâtiment appartenant à un armateur
00:25:58prend la décision de franchir ce détroit d'Orbouze,
00:26:03comment est-ce que ça se passe ?
00:26:04Ça ne dépend pas des autorités du pavillon,
00:26:07parce que là, le pavillon était maltais.
00:26:09Il m'étonnerait fort qu'on ait consulté la présidence maltaise.
00:26:14Ça dépend bien sûr aussi des assureurs,
00:26:18mais là, pas mal de compagnies prennent le risque de n'être pas assurées,
00:26:23parce que certaines sont littéralement étranglées,
00:26:25ce qui ne me paraît pas être le cas de ce bâtiment-là.
00:26:28Donc, il y a eu un flou.
00:26:30La marine française n'est certainement pas concernée,
00:26:33en tout cas, elle ne donne pas un avis formel.
00:26:36C'est une responsabilité de l'armateur qui a été prise,
00:26:39et cette responsabilité ne peut être contestée que par le capitaine des navires,
00:26:43qui, lui, a la responsabilité de ce navire.
00:26:45Mais alors, entendre le capitaine des navires dire
00:26:47« je ne veux pas y aller », c'est à peu près comme quand un militaire
00:26:50qui a le droit déclare qu'un ordre qu'on lui donne est illégal.
00:26:53C'est compliqué à analyser.
00:26:56Mais là, on n'est pas dans l'escarmouche.
00:26:59Effectivement, comme le dit cette chaîne de télé américaine,
00:27:01c'est un missile.
00:27:02C'est un acte de guerre.
00:27:03C'est un missile mer-mer ou sol-mer.
00:27:06C'est un missile anti-navier.
00:27:07Mais il a percé la coque du navire,
00:27:09il a explosé dans la salle des machines,
00:27:12et on ne sait pas quelle est sa charge.
00:27:14Il y a des charges modulables.
00:27:15Il a des missiles avec des charges de 30 kg,
00:27:17qui ne font pas énormément de dégâts,
00:27:19qui en font quand même beaucoup,
00:27:20puis ceux de 130 kg.
00:27:21Et là, ça peut faire beaucoup de dégâts avec l'incendie, etc.
00:27:24Pour l'instant, ce navire-là n'est pas manœuvrant.
00:27:26Alors, on n'en parle pas.
00:27:28Mais que devient-il ?
00:27:29Il est, comme vous l'avez vu,
00:27:30dans plein d'étroits d'Hormuz,
00:27:31juste au milieu, là-haut,
00:27:33en face d'Aumant, entre Aumant et l'Iran.
00:27:35Il n'est pas manœuvrant.
00:27:36On a évacué à peu près un tiers de son équipage,
00:27:39puisque huit personnes, à ma connaissance,
00:27:41ont été blessées.
00:27:42Donc, oui, il est blessé.
00:27:43Un grièvement.
00:27:44Et donc, il lui reste deux tiers de l'équipage,
00:27:46et il n'est pas manœuvrant.
00:27:47Donc, c'est un problème dans l'étroits d'Hormuz.
00:27:50Il va falloir le remorquer éventuellement.
00:27:52Quelqu'un va le prendre en charge, le remorquer.
00:27:54Enfin, j'imagine que l'armateur va s'en occuper.
00:27:56C'est bien évident.
00:27:57Mais ça pose un problème extraordinaire
00:27:59de confiance, en tout cas, dans cette navigation-là.
00:28:02Et c'est de nature à paralyser une bonne partie,
00:28:05pour un bon moment,
00:28:06une bonne partie de ce commerce international.
00:28:08En tout cas, c'est extraordinairement rare
00:28:10de voir un bâtiment de commerce
00:28:13attaqué directement par une puissance militaire.
00:28:15– Maïa Kadral, Emmanuel Macron,
00:28:18aujourd'hui en Conseil des ministres,
00:28:20et par la voix de la porte-parole, Maude Bréjon,
00:28:21a dit que ce n'est pas la France qui a été visée.
00:28:23Est-ce que ça veut dire que les Iraniens ont tiré au hasard ?
00:28:26– Il y a une ambiguïté autour de ça,
00:28:28parce que les membres de l'équipage
00:28:30ne sont pas français, en effet,
00:28:32mais l'armateur est français,
00:28:33c'est CMA-CGM,
00:28:34on l'a répété plusieurs fois,
00:28:36on sait très bien qu'il y a un navire CMA-CGM aussi
00:28:39qui est passé par le détroit d'Hormuz
00:28:41il y a quelques semaines,
00:28:42il n'a pas été visé.
00:28:43Pourquoi aujourd'hui, ce navire-là est visé ?
00:28:46Ça me rappelle un peu,
00:28:47et permettez-moi ce rapprochement,
00:28:49l'incident qu'il y a eu,
00:28:50le guet-apens qu'il y a eu au sud du Liban
00:28:52contre les deux soldats de la finule français,
00:28:56contre les casques bleus.
00:28:57Il y a eu une accusation plus ou moins directe
00:28:59contre le Hezbollah,
00:29:01le président français a dit
00:29:02c'est vraisemblablement le Hezbollah,
00:29:04mais l'ambiguïté,
00:29:06elle était maintenue à ce que c'est la France.
00:29:08– Il avait dit que c'est la France qui a été visée.
00:29:10– Oui, mais il y a eu beaucoup de débats autour de ça,
00:29:13beaucoup de débats.
00:29:13Est-ce que ce sont…
00:29:14– Ah pardon, je dis que vous avez raison
00:29:16de me reprendre l'idée, François.
00:29:16Sur le Liban, sur les casques bleus français,
00:29:18Emmanuel Macron avait dit
00:29:19ce n'est pas la France qui a été visée,
00:29:20comme dans le cas de ce pétrolier.
00:29:22– Merci Didier.
00:29:23– Merci Didier,
00:29:25parce qu'il a très clairement dit
00:29:27que c'est vraisemblablement le Hezbollah,
00:29:28mais il n'a pas dit que c'était la France
00:29:30qui était directement visée.
00:29:31Et donc, l'ambiguïté était autour du fait
00:29:34que, est-ce que c'est les soldats de la Finule
00:29:36qui sont visés,
00:29:37parce qu'ils sont des soldats de la Finule
00:29:38ou des soldats français.
00:29:40Pareil, là, on peut maintenir cette ambiguïté
00:29:42autour de ce même navire aussi,
00:29:44parce qu'on ne veut pas autant,
00:29:46on ne veut pas participer à cette guerre,
00:29:48on ne veut pas participer non plus
00:29:50à l'offensive rhétorique,
00:29:52à l'offensive discursive aussi.
00:29:54Et je pense que la France,
00:29:55elle est vraiment dans une attitude défensive,
00:29:58mais qu'elle n'est pas paralysée.
00:30:00Pour autant, on voit très bien
00:30:01que le Charles de Gaulle,
00:30:03il va franchir le canal du Suez,
00:30:05il est en mer Rouge aussi,
00:30:07pour une mission bien précise
00:30:09liée à ce conflit,
00:30:11mais pour le moment,
00:30:12il y a une forme de réserve discursive.
00:30:14Et j'ajoute cette précision donnée
00:30:15il y a quelques instants par le SENCOM,
00:30:17le commandant des forces américaines,
00:30:19qui dit que les Américains,
00:30:20eux aussi, aujourd'hui,
00:30:21ont tiré sur un pétrolier
00:30:22qui tentait de contourner,
00:30:25de forcer le blocus américain.
00:30:27On voit que tout n'est pas tout à fait apaisé.
00:30:30– Dans la région, Didier François.
00:30:31– Non, ce n'est pas totalement apaisé.
00:30:32Pour mettre les pieds dans le plat,
00:30:34la vraie question qui se pose,
00:30:35c'est quel était le statut
00:30:36et sous quoi…
00:30:41Le cargo touché n'était pas sous pavillon français,
00:30:45mais les Iraniens savaient parfaitement
00:30:46à qui il appartenait.
00:30:47Il n'y avait strictement aucun doute.
00:30:48La vraie question, elle était de savoir
00:30:50est-ce qu'il était ou non escorté
00:30:51par les Américains
00:30:51dans le cadre de l'opération Project Freedom.
00:30:55Donc dans ce cas-là,
00:30:56les Iraniens ont voulu faire un exemple,
00:30:58et c'est la raison pour laquelle, d'ailleurs,
00:31:00comme la question ne se pose pas
00:31:02pour les Français,
00:31:04il n'était pas sous pavillon français
00:31:05parce que, justement,
00:31:06la France veut garder ses canaux ouverts
00:31:08avec les Iraniens
00:31:09parce qu'elle a gardé…
00:31:10Regardez, le président Macron
00:31:12vient d'appeler le président Pesachian
00:31:14pour lui expliquer
00:31:15pourquoi il a envoyé son porte-avions
00:31:16avant même d'avoir appelé Donald Trump,
00:31:21puisque même dans le communiqué,
00:31:21il dit qu'il appellera plus tard.
00:31:22Donc vous voyez bien
00:31:23que les Français sur cette question-là
00:31:24essayent de se démarquer.
00:31:25Donc là, il y a peut-être
00:31:31non pas une divergence,
00:31:32mais pas tout à fait
00:31:33une même appréciation de situation
00:31:34entre l'armateur et le quai d'Orsay.
00:31:37C'est pour ça que
00:31:39la porte-parole du gouvernement
00:31:41a expliqué que ce n'était pas
00:31:42une décision française
00:31:44que de faire passer ce bateau.
00:31:45Voilà ce que dit précisément
00:31:46Emmanuel Macron,
00:31:47parce que quand j'ai tenté
00:31:48tout à l'heure d'expliquer,
00:31:49on a été coupé
00:31:50par l'intervention de Donald Trump,
00:31:52voilà ce que dit donc
00:31:52le chef de l'État ce soir
00:31:54sur ses réseaux sociaux.
00:31:56Toutes les parties doivent lever
00:31:56le blocus du Détroit
00:31:58sans délai, sans condition.
00:31:59Il faut revenir durablement
00:32:00au régime de pleine liberté
00:32:01de navigation
00:32:02qui prévalait avant ce conflit.
00:32:05Il le dit donc
00:32:05après un entretien au téléphone
00:32:07qu'il a eu
00:32:07avec son homologue iranien,
00:32:11ce qui explique aussi
00:32:13le message affiché aujourd'hui
00:32:15par la France,
00:32:15c'est-à-dire l'envoi
00:32:16du Charles de Gaulle,
00:32:17pas tout à fait dans cette région,
00:32:19puisqu'il arrive tranquillement
00:32:20en mer rouge
00:32:21et qui reste encore
00:32:21quelques milliers de kilomètres
00:32:22avant d'arriver éventuellement
00:32:24vers le détroit d'Hormuz.
00:32:25Jean-Louis Bourlange,
00:32:27la participation de la France
00:32:28à une sécurisation de ce détroit,
00:32:30est-ce qu'elle vous semble possible ?
00:32:32Est-ce qu'elle vous semble souhaitable ?
00:32:33Est-ce qu'elle vous semble risquée ?
00:32:35Je vais d'abord intervenir
00:32:35sur le passage précédent ?
00:32:37Oui.
00:32:38Parce que je crois
00:32:39qu'il y a deux choses à voir.
00:32:41D'abord, le fait
00:32:42que la France
00:32:43a-t-elle été visée ou pas.
00:32:46Le président dit que non.
00:32:47Devait-il le dire ou pas ?
00:32:48J'en sais rien.
00:32:49Mais ce qui est certain,
00:32:50c'est que nous sommes en face
00:32:51d'un État terroriste
00:32:52qui, depuis le début,
00:32:54attaque tout le monde.
00:32:56Pas seulement ses adversaires
00:32:59officiels,
00:32:59qui sont les Américains
00:33:00et les Israéliens,
00:33:01attaque tout le monde
00:33:02dès lors qu'ils considèrent
00:33:03que ça a un intérêt tactique.
00:33:04Là, le navire en question
00:33:08était-il français,
00:33:09pas français,
00:33:09le pavillon, l'armateur,
00:33:11tout ça, il s'en fiche.
00:33:12L'armateur ou le draponon ?
00:33:13En revanche, le but,
00:33:14et il a été parfaitement atteint,
00:33:17c'était de démontrer
00:33:18que le projet Liberté, etc.,
00:33:20ne fonctionnait pas.
00:33:22C'est-à-dire qu'il n'était pas possible
00:33:23d'imaginer des flux abondants
00:33:27avec des dizaines et des dizaines
00:33:29de tankers,
00:33:32de pétroliers
00:33:33qui passeraient comme ça.
00:33:34Non, on a vu
00:33:35la vulnérabilité du système
00:33:37et je crois que c'est
00:33:38une des raisons
00:33:39du revirement
00:33:41du président Trump
00:33:42qui a très bien compris
00:33:43qu'il y aurait un incident
00:33:45très fort
00:33:46sur le pétrole,
00:33:47sur le cours du pétrole,
00:33:49sur la situation internationale,
00:33:51s'il ne prenait pas
00:33:52une autre initiative.
00:33:53Je crois,
00:33:54de ce point de vue-là,
00:33:54que les Iraniens
00:33:55ont vraiment marqué un point
00:33:57sur ce point.
00:33:57Alors, les Iraniens
00:33:58ont marqué un point,
00:33:59c'est ce que vous dites.
00:33:59On va retrouver Laura Kambo,
00:34:00si vous voulez bien,
00:34:01qui se trouve au Qatar,
00:34:01puisqu'on apprend
00:34:03d'autres choses aujourd'hui,
00:34:04c'est que les Iraniens
00:34:04très clairement
00:34:05sont en train de fixer
00:34:06les règles du jeu
00:34:07dans ce détroit d'Hormuz.
00:34:08Vous allez me dire
00:34:08que ça ne date pas
00:34:10forcément d'aujourd'hui,
00:34:11mais ils ont quasiment
00:34:12écrit le règlement
00:34:13désormais pour les bateaux
00:34:14qui voudraient entrer
00:34:16ou sortir dans le golfe.
00:34:17Laura, expliquez-nous
00:34:18comment ça se passe.
00:34:19Quel est le mode d'emploi ?
00:34:23Oui, en effet,
00:34:24les gardiens de la révolution
00:34:25ont expliqué un peu
00:34:26ce mode d'emploi.
00:34:27Ça a été diffusé
00:34:28à la télévision
00:34:29d'État iranienne.
00:34:30Alors, on sait
00:34:31qu'il y a un organisme
00:34:32spécifique pour gérer
00:34:33ce pH qui a été créé.
00:34:35Ça s'appelle
00:34:35l'autorité du détroit
00:34:37du golfe Persique.
00:34:38On sait que les bateaux
00:34:40qui vont vouloir passer
00:34:41vont devoir envoyer
00:34:42un e-mail à cette autorité,
00:34:43l'autorité qui leur répondra
00:34:45en leur donnant
00:34:46plusieurs consignes.
00:34:47Parmi les consignes,
00:34:48on sait qu'il y aura
00:34:49l'obligation de payer
00:34:51le pH du détroit d'Hormuz
00:34:53avec de la monnaie iranienne,
00:34:55c'est-à-dire avec des rials iraniens.
00:34:56On sait également
00:34:58que les bateaux
00:34:59qui appartiennent
00:34:59à des pays considérés
00:35:01comme ennemis
00:35:01n'auront pas l'autorisation
00:35:02de passer.
00:35:03On imagine que ce sera
00:35:04donc compliqué
00:35:04pour les bateaux américains
00:35:05ou pour les bateaux israéliens.
00:35:08En tout cas,
00:35:09si les conditions
00:35:09ne sont pas remplies,
00:35:10les gardiens de la révolution
00:35:11précisent bien
00:35:12qu'ils pourront saisir
00:35:14le bateau
00:35:15et même donner des amendes.
00:35:17Voilà.
00:35:17Tout ça,
00:35:17c'est en train
00:35:18d'être précisé.
00:35:19Ça fait maintenant
00:35:20plusieurs semaines
00:35:21que Téhéran
00:35:22affirme sa souveraineté
00:35:22sur ce détroit d'Hormuz.
00:35:23Ça va donc prendre
00:35:24la forme
00:35:25de cet organisme,
00:35:26de l'autorité
00:35:27du détroit
00:35:28du Golfe Persique.
00:35:29Pas sûr que Donald Trump
00:35:30apprécie,
00:35:31lui qui défend
00:35:31depuis des mois
00:35:32la liberté de navigation
00:35:33et de circulation
00:35:34au sein de cette voie maritime.
00:35:36Effectivement,
00:35:36pas sûr que Donald Trump
00:35:37apprécie.
00:35:38Merci Laura Cambo.
00:35:38Vice-amiral,
00:35:40désormais,
00:35:40pour passer le détroit,
00:35:41on envoie un mail.
00:35:42Une adresse a été créée.
00:35:44Il y a un office iranien
00:35:47parfaitement légal
00:35:47qui récolte l'argent.
00:35:48Merci de payer
00:35:49en devise iranienne
00:35:50si c'est possible.
00:35:50Ça nous arrange,
00:35:51ça évite de faire du change.
00:35:52Ils ont gagné,
00:35:53les Iraniens, là.
00:35:54C'est une très bonne chose.
00:35:54On a place maintenant
00:35:55à l'administratif, quand même.
00:35:57Vous voulez dire,
00:35:57mieux vaut de l'administratif
00:35:58que du militaire.
00:35:59Je voulais vous délivrer
00:36:00un message légèrement optimiste.
00:36:01Pas vraiment d'espoir,
00:36:02mais légèrement optimiste.
00:36:04Les deux parties
00:36:05sont d'accord
00:36:06pour circonscrire
00:36:08géographiquement
00:36:08la conflictualité
00:36:10au détroit d'Hormuz.
00:36:11Si on est optimiste,
00:36:12on se dit
00:36:12qu'il n'y a plus
00:36:13de bons bailleurs.
00:36:14Attendez.
00:36:16Première chose,
00:36:18on circonscrit.
00:36:19Très bien.
00:36:19Et c'est vrai
00:36:20qu'il n'y a pas eu
00:36:20de frappe iranienne
00:36:21aujourd'hui
00:36:21sur les Émirats arabes unis,
00:36:22contrairement
00:36:22aux deux jours précédents.
00:36:24Mais même,
00:36:25la grande tendance,
00:36:26c'est qu'on circonscrit.
00:36:27Maintenant,
00:36:27tout se passe.
00:36:28La mère des batailles,
00:36:29c'est Hormuz.
00:36:30La deuxième chose,
00:36:31les négociations continuent.
00:36:33C'est une très bonne chose aussi
00:36:35et nous sentons bien
00:36:36qu'elles sont approfondies
00:36:37quand même.
00:36:38Elles n'aboutiront peut-être
00:36:39que sur un demi-mémorandum.
00:36:40On va y venir dans quelques minutes.
00:36:41Et la troisième chose,
00:36:42c'est que,
00:36:43comme pour toute négociation,
00:36:45l'intérêt,
00:36:46c'est que l'un,
00:36:48l'une des deux parties,
00:36:49ne prenne pas le pas
00:36:50sur l'autre
00:36:51parce qu'elle aurait intérêt,
00:36:52elle,
00:36:52à repousser la négociation
00:36:53et donc à pousser son avantage.
00:36:56J'ai l'impression
00:36:57qu'en ce moment,
00:36:57les deux parties
00:36:58sont un peu
00:36:59arc-boutées
00:37:00l'une contre l'autre.
00:37:01C'est le moment
00:37:02de la négociation,
00:37:03c'est le moment
00:37:04de l'aboutissement.
00:37:05Difficile, certes,
00:37:06mais c'est le moment
00:37:07de la négociation.
00:37:09Partager l'optimisme
00:37:10et qu'on est passé
00:37:10d'une guerre régionale
00:37:12à...
00:37:12Le général n'est pas optimiste.
00:37:14Ah ben si !
00:37:14Il donnait un élément positif.
00:37:16Oui, oui.
00:37:16Vous dites qu'on est passé
00:37:18d'une guerre régionale à...
00:37:19Je crois que les Iraniens
00:37:20jouent très bien
00:37:21sur ce plan
00:37:22parce qu'ils sortent
00:37:23un truc acceptable
00:37:24ou pas acceptable
00:37:25mais ils en font
00:37:26l'objet de la négociation.
00:37:28Donc,
00:37:29les concessions
00:37:30des uns et des autres
00:37:31seront faites là-dessus.
00:37:32Or ça,
00:37:33les Iraniens
00:37:33sont évidemment prêts
00:37:34à concéder sur ce point.
00:37:36Donc,
00:37:37ça attire
00:37:38la négociation
00:37:39sur des bases
00:37:40effectivement administratives
00:37:41comme vous le dites
00:37:42très justement
00:37:42et sur des bases
00:37:44dans lesquelles
00:37:44on peut s'entendre.
00:37:45Mais il reste
00:37:46qu'il y a
00:37:47en arrière-plan
00:37:48le surplomb
00:37:50des 440 kilos
00:37:52de...
00:37:55Et là,
00:37:56c'est toujours
00:37:58l'éléphant
00:37:59au milieu de la pièce.
00:38:00Un gros éléphant
00:38:01de 440 kilos.
00:38:02Raphaël Grabli
00:38:02nous a rejoint
00:38:03parce qu'on va s'intéresser
00:38:03bonsoir Raphaël
00:38:04à ce qui s'est passé
00:38:06pendant le conflit
00:38:07si on considère
00:38:08qu'on n'est plus
00:38:08aujourd'hui
00:38:09tout à fait
00:38:10en guerre.
00:38:11Les journaux américains
00:38:12en ce moment
00:38:12multiplient les enquêtes
00:38:13sur les véritables dégâts
00:38:16des frappes iraniennes
00:38:17sur les sites américains
00:38:18dans la région.
00:38:19On découvre qu'il y en a eu
00:38:19sans doute
00:38:20un peu ou beaucoup plus
00:38:21ce qu'annoncée.
00:38:22Exactement.
00:38:22228 infrastructures
00:38:24détruites par l'Iran
00:38:25sur une quinzaine
00:38:25de sites militaires
00:38:27selon plusieurs médias américains
00:38:28qui ont enquêté
00:38:29sur le sujet.
00:38:30Des attaques
00:38:30qui, je précise,
00:38:31ont tué au total
00:38:327 soldats américains
00:38:33qui ont provoqué
00:38:34de très lourds dégâts.
00:38:35On le voit apparaître
00:38:36sur la carte.
00:38:37Les bases touchées
00:38:38dans le Golfe,
00:38:39les bases américaines
00:38:40sont nombreuses
00:38:41au Bahreïn,
00:38:42au Koweït,
00:38:42au Qatar,
00:38:43en Irak ou à Abu Dhabi.
00:38:44La liste n'est pas exhaustive.
00:38:46Et puis parmi les nombreuses
00:38:47cibles,
00:38:47des dépôts de carburants,
00:38:49des hangars,
00:38:50des entrepôts,
00:38:50des systèmes radars
00:38:51hors de prix,
00:38:52mais aussi des gymnases,
00:38:54des restaurants
00:38:54ou des casernes
00:38:55avec des frappes
00:38:56souvent très précises.
00:38:57Là, vous voyez apparaître
00:38:58toutes les images satellites
00:39:00sur ces frappes.
00:39:02C'est justement
00:39:03ces photos satellites
00:39:04qui ont été consultées
00:39:05par la presse américaine
00:39:07alors que les services
00:39:08d'imagerie satellite
00:39:09américains ont été priés
00:39:10de ne plus publier
00:39:12de clichés détaillés
00:39:13par l'administration Trump.
00:39:15Alors comment ont fait
00:39:15les journalistes
00:39:16pour enquêter ?
00:39:16Ils ont regardé
00:39:17la propagande iranienne
00:39:19qui se vantait évidemment
00:39:21de ces destructions
00:39:22notamment sur les réseaux sociaux.
00:39:24Mais ils ont quand même vérifié.
00:39:25Alors exactement.
00:39:26Ils sont partis
00:39:26des images satellites
00:39:27de la propagande iranienne
00:39:29notamment prises
00:39:29par des satellites chinois
00:39:31pour montrer l'ampleur
00:39:32des dégâts.
00:39:33Et puis ces photos justement,
00:39:34les journalistes
00:39:34les ont comparées
00:39:35avec ce qu'ils avaient
00:39:36en l'occurrence
00:39:37des images satellites européennes.
00:39:39Et dans l'immense majorité
00:39:40des cas,
00:39:41ce que montrait l'Iran
00:39:41était authentique.
00:39:43Par exemple,
00:39:44cette photo,
00:39:45vous le voyez,
00:39:45c'est cette avant-après,
00:39:47c'est une base américaine
00:39:48aérienne,
00:39:49Ali Al-Salem,
00:39:49au Koweït.
00:39:50Et vous le voyez,
00:39:51sur 10 réservoirs
00:39:52de carburant,
00:39:53vous en avez à droite
00:39:539 qui ont été touchés.
00:39:55Cette photo,
00:39:56elle avait été largement relayée
00:39:58par la propagande iranienne
00:39:59au mois de mars.
00:40:00Eh bien,
00:40:01elle se trouve
00:40:01qu'elle est parfaitement authentique.
00:40:02Didier François,
00:40:03est-ce que ces dégâts
00:40:05expliquent aussi,
00:40:05comment dire,
00:40:06la prudence
00:40:07de Donald Trump
00:40:08avant de rappuyer sur le bouton ?
00:40:09Non, parce qu'en fait,
00:40:10ces dégâts-là,
00:40:11ils ont été faits,
00:40:11mais on les a vus.
00:40:15surpris,
00:40:15sur les 8 premiers jours,
00:40:17ils avaient réussi
00:40:17à taper 8 radars,
00:40:19qui étaient les radars
00:40:20de défense anti-balistique.
00:40:22C'était dès le 8 mars,
00:40:24on savait
00:40:24qu'ils avaient frappé
00:40:25de manière systématique
00:40:26et de manière efficace
00:40:28des radars
00:40:29de défense anti-balistique
00:40:30pour essayer de créer
00:40:30des trous,
00:40:31y compris dans la défense
00:40:34anti-balistique israélienne.
00:40:35Et donc,
00:40:36on l'avait vu,
00:40:37on l'avait dit sur le plateau,
00:40:39on l'avait expliqué sur le plateau.
00:40:40Alors maintenant,
00:40:40la différence,
00:40:41c'est qu'il y a les photos
00:40:42qui sont...
00:40:43Pourquoi ?
00:40:44Parce que
00:40:45ça,
00:40:45c'est la première chose.
00:40:47La deuxième chose,
00:40:48c'est qu'on avait dit aussi
00:40:49pour les images,
00:40:50rappelez-vous,
00:40:51quand il y avait eu
00:40:51l'avion à wax
00:40:54qui avait été touché
00:40:56sur la fameuse base,
00:40:57la même que celle-là,
00:40:58la prince sultane,
00:40:59d'accord ?
00:41:00Alors que justement,
00:41:01il n'était pas
00:41:01sur le parking habituel,
00:41:03mais qu'il était caché
00:41:04sur une piste
00:41:06de délestage.
00:41:07Et que donc,
00:41:08ce renseignement,
00:41:09puisque c'était une cible
00:41:10de fait mobile
00:41:12et non pas fixe,
00:41:12ça voulait dire qu'il fallait avoir
00:41:13un renseignement
00:41:14qui était un renseignement
00:41:15d'une nature
00:41:16que les Iraniens ne pouvaient pas
00:41:17avoir eu seul
00:41:18et que ça voulait dire
00:41:19qu'ils avaient à la fois
00:41:20du renseignement électromagnétique
00:41:21donné par les Russes
00:41:22et du renseignement images
00:41:24donné par les Chinois.
00:41:25Et donc,
00:41:26on a fait des soirées
00:41:27pour expliquer ça.
00:41:28Alors là,
00:41:28nos amis américains
00:41:29de la presse
00:41:30ont ramené toutes les images
00:41:31parce qu'en fait,
00:41:33les Américains n'ont pas
00:41:33interdit les images.
00:41:34Ils avaient reporté
00:41:35de 96 heures
00:41:36leur publication.
00:41:38Ils avaient demandé
00:41:38aux entreprises
00:41:39qui étaient les entreprises
00:41:41publiques,
00:41:41enfin privées
00:41:42d'imagerie satellitaire,
00:41:43de ne pas faire en réel
00:41:45la diffusion.
00:41:46Pourquoi ?
00:41:47Parce que justement,
00:41:48parce que sinon,
00:41:48c'est du renseignement
00:41:50opérationnel.
00:41:50Si en 96 heures,
00:41:51quand on fait ce qu'on appelle
00:41:52le BDA,
00:41:53les Battle Damage Assessment,
00:41:54c'est-à-dire le fait
00:41:54de savoir si oui,
00:41:56on en a touché,
00:41:56si vous rendez bien compte
00:41:58que si vous prenez une cible,
00:41:59vous tapez,
00:42:00vous n'avez pas
00:42:00des moyens autonomes
00:42:01de faire de l'imagerie satellitaire
00:42:03pour vérifier que votre frappe
00:42:04a été bonne,
00:42:05mais que vous pouvez utiliser
00:42:07l'imagerie privée
00:42:08pour vous rendre compte
00:42:09qu'en fait,
00:42:10vous étiez décalé
00:42:10de 5 mètres
00:42:11ou de 20 mètres
00:42:12ou de 100 mètres.
00:42:12Le coup d'après,
00:42:13vous rentrez toutes les coordonnées
00:42:15dans votre affaire
00:42:15et boum,
00:42:16quand ça tape,
00:42:17ça tape juste.
00:42:17Donc c'est pour ça
00:42:18qu'aujourd'hui,
00:42:19on peut le faire
00:42:20sur le long terme
00:42:20et que la presse américaine,
00:42:21je pense aussi,
00:42:22peut le faire maintenant
00:42:22parce qu'ils ont été
00:42:24relativement discrets,
00:42:25parce que ça reste
00:42:26la presse américaine.
00:42:27Donc ils ont aussi
00:42:28une déontologie
00:42:29qui fait que normalement,
00:42:30on n'est pas en danger
00:42:32par ces informations.
00:42:33Vous le fermez la télé
00:42:33d'un mois en fait,
00:42:34on prend les images.
00:42:34Et donc c'est assez logique.
00:42:36Alors maintenant,
00:42:36on en parle parce que
00:42:37ils le font
00:42:38parce que la guerre est arrêtée,
00:42:39mais c'est vrai que normalement,
00:42:40c'est le genre de choses
00:42:41qu'on ne publie pas
00:42:41pendant que des opérations
00:42:43sont en cours.
00:42:44Donc effectivement,
00:42:45c'est intéressant,
00:42:45mais on avait vu,
00:42:46et c'est ce qu'on avait dit
00:42:47dès le départ,
00:42:48qu'ils avaient surpris
00:42:49dans leur première riposte
00:42:51par la qualité
00:42:52de leur riposte,
00:42:53l'intelligence
00:42:54du faible au fort,
00:42:56mais aussi dans le ciblage,
00:42:57c'est ça qui avait surpris
00:42:58et le fait qu'ils tapent
00:42:59plus finalement
00:43:0160% sur les pays du Golfe
00:43:02que sur Israël.
00:43:04Donc on avait bien vu
00:43:05toute l'affaire.
00:43:06Maintenant,
00:43:06on a les images.
00:43:07Ça, c'est le fameux avion,
00:43:08rappelez-vous,
00:43:09c'est le fameux avion
00:43:10qui avait été détruit
00:43:11et on avait d'ailleurs
00:43:12publié ces images aussi.
00:43:14Qui est plus construit.
00:43:15Je voudrais qu'on en revienne
00:43:16à ce qui se passe en coulisses,
00:43:17c'est-à-dire
00:43:18les discussions
00:43:18entre Iraniens
00:43:20et Américains.
00:43:20Il y a eu une déclaration
00:43:21intéressante.
00:43:22Attendez,
00:43:23je vais quand même,
00:43:23allez-y,
00:43:24mais je vais quand même
00:43:25d'un mot dire,
00:43:25on nous dit qu'il y a
00:43:26un protocole aujourd'hui.
00:43:27D'accord,
00:43:28le site Axios,
00:43:28qui est l'un des mieux
00:43:29renseignés aux Etats-Unis,
00:43:30dit que les Etats-Unis
00:43:31sont quasiment prêts
00:43:32à signer un protocole
00:43:35qui ne réglerait évidemment
00:43:36pas toutes les questions,
00:43:37d'autant que ce protocole,
00:43:38si on suit bien Axios,
00:43:40fait une page.
00:43:41Oui, mais c'est justement
00:43:41ça qui est intéressant.
00:43:42C'est court comme...
00:43:43Un protocole
00:43:43au mémorandum,
00:43:45on a une réaction
00:43:46de la part du porte-parole
00:43:48de la Commission
00:43:49de la Sécurité nationale
00:43:50au Parlement iranien,
00:43:52Ebrahim Rezaï,
00:43:53qui a dit que la liste
00:43:54diffusée par Axios
00:43:56est la liste de vœux
00:43:57américaine.
00:43:57Et ce que les Américains
00:43:58n'ont pas obtenu
00:43:59pendant la guerre,
00:44:00ils ne vont pas
00:44:01l'obtenir aujourd'hui
00:44:03au moment où
00:44:04ils ont perdu la guerre.
00:44:05Et donc ça,
00:44:05je trouve déjà
00:44:06que c'est une première sortie
00:44:08assez hostile
00:44:09pour torpiller
00:44:11un peu le simulacre
00:44:12de protocole
00:44:14qui se profilait déjà.
00:44:16Ça ne veut absolument
00:44:16rien dire
00:44:17du moment où
00:44:18il y a tellement
00:44:19de divisions
00:44:20et tellement
00:44:21de sorties
00:44:22complètement dissonantes
00:44:23et contradictoires
00:44:24de la part
00:44:24des Iraniens.
00:44:26Il y a Araqchi
00:44:26qui dit une chose,
00:44:28Rezaï
00:44:28qui dit autre chose
00:44:29et le président
00:44:30de la République
00:44:31iranien,
00:44:31Pézek Cheon,
00:44:32que notre président
00:44:33a appelé aujourd'hui,
00:44:34qui est complètement
00:44:35marginalisé
00:44:35de ce processus.
00:44:36Et pour compliquer
00:44:37encore un tout petit peu
00:44:38plus ça,
00:44:38Jean-Louis Bourlange,
00:44:39la position de
00:44:40Benyamin Netanyahoul,
00:44:41premier ministre israélien
00:44:42qui estime,
00:44:43et ça ressort également
00:44:44dans les médias israéliens
00:44:45aujourd'hui,
00:44:45que ça ne va pas assez loin,
00:44:47notamment sur la question
00:44:48du nucléaire,
00:44:50ce moratoire
00:44:50de 12 ans
00:44:51à 15 ans.
00:44:52Benyamin Netanyahoul
00:44:53dit à Donald Trump,
00:44:55vous êtes en train
00:44:56de lâcher là-dessus.
00:44:57On ne sait pas du tout
00:44:58ce que les Iraniens
00:45:00sont prêts à accepter,
00:45:01enfin en tout cas,
00:45:02mais on voit bien,
00:45:03et ça Netanyahoul
00:45:04le sent parfaitement,
00:45:05on voit bien
00:45:06que Trump veut,
00:45:07comme vous le disiez
00:45:07tout à l'heure,
00:45:08conclure au plus vite
00:45:09et sortir de ce guet-pied.
00:45:11Et ça, Netanyahou,
00:45:12qui est quand même
00:45:12le mauvais génie
00:45:13de toute cette affaire,
00:45:14qui a quand même
00:45:15conduit les Américains
00:45:16dans cette impasse
00:45:17dès le début,
00:45:18il est très conscient
00:45:20du fait que le divorce
00:45:22est très profond
00:45:23entre Trump et lui,
00:45:25donc il est inquiet,
00:45:26il veut aller plus loin.
00:45:27Netanyahou a des objectifs précis,
00:45:29il n'a jamais eu l'objectif
00:45:31de libérer le peuple iranien,
00:45:32contrairement à ce qu'on dit,
00:45:33mais il avait l'objectif
00:45:34de détruire le régime iranien
00:45:36et l'objectif surtout
00:45:37de régler définitivement
00:45:39le problème des 440 kg d'uranium.
00:45:42Et il sent bien
00:45:43que Trump n'est pas sur cette ligne,
00:45:46même s'il est contraire.
00:45:47Et Trump lui-même
00:45:48ne sait pas où il en est,
00:45:49apparemment,
00:45:50parce qu'il ne peut pas renoncer
00:45:52à une victoire sur l'uranium
00:45:56et les Iraniens
00:45:58ne sont, semble-t-il,
00:45:59pas du tout prêts à le donner.
00:46:00C'est vraiment un jeu.
00:46:01Vous n'imaginez absolument pas
00:46:02les Iraniens accepter,
00:46:03par exemple,
00:46:04de confier à un pays tiers
00:46:06ce qui reste de leur uranium
00:46:07et en Russie ?
00:46:08On peut discuter,
00:46:09et ils peuvent...
00:46:09Si, là-dessus,
00:46:10il pourrait l'acheter.
00:46:10Je ne sais rien,
00:46:11mais ils peuvent inventer.
00:46:12On peut inventer des choses,
00:46:13mais ce n'est certainement pas
00:46:14ce que veulent les Israéliens.
00:46:16Didier-François,
00:46:16il faut...
00:46:18D'abord, rappelons les faits.
00:46:20C'est ce qu'ils ont signé,
00:46:22ceux sur lesquels ils négocient.
00:46:24C'est quand même...
00:46:25Évidemment,
00:46:25il y a des gens
00:46:26qui ne seront pas d'accord en Israël,
00:46:27il y a des gens
00:46:27qui ne seront pas d'accord
00:46:28aux Émirats abîmides
00:46:29et il y a des gens
00:46:29qui ne seront pas d'accord
00:46:30dans le régime iranien.
00:46:31Néanmoins,
00:46:32ce qui est en cours
00:46:33de négociation,
00:46:34et ça, c'est important,
00:46:35ce n'est pas l'accord final,
00:46:36c'est ce qu'on appelle
00:46:37un mémorandum d'entente.
00:46:39Un mémorandum d'entente,
00:46:40en fait,
00:46:41c'est pour ça que ce n'est qu'une page,
00:46:43c'est comment...
00:46:44La première chose importante dedans,
00:46:45c'est qu'on ouvre
00:46:47des négociations
00:46:48pendant 30 jours.
00:46:49Et ouvrir pendant 30 jours,
00:46:51déjà, c'est bien
00:46:52de fixer un cadre de négociation
00:46:54et de lui mettre
00:46:55un cadre de temps
00:46:56parce que ça oblige
00:46:57tout le monde
00:46:58à venir sur les points derrière
00:47:00qui seront les points discutés.
00:47:02Ensuite, évidemment,
00:47:03ne sont pas encore dits
00:47:04combien de temps,
00:47:06comment...
00:47:06Mais toutes les questions,
00:47:08et c'était bien ça le problème
00:47:09et qui avait le bras de fer,
00:47:10toutes les questions
00:47:11sont dans ce mémorandum.
00:47:12Le nucléaire,
00:47:14les 450 kilos,
00:47:16ce n'est pas réglé,
00:47:17mais ils seront discutés,
00:47:19ce que ne voulaient pas
00:47:19discuter les Iraniens au départ.
00:47:22Parallèlement,
00:47:22pendant 30 jours,
00:47:24il y aura liberté,
00:47:25normalement,
00:47:25de circulation.
00:47:26Et s'il n'y a pas
00:47:27liberté de circulation,
00:47:28ça repousse de temps.
00:47:30Et ça aussi,
00:47:30il y a des mécanismes,
00:47:31et c'est ça qui est nouveau,
00:47:32il y a dans le mémorandum
00:47:34un mécanisme de blocage
00:47:36qui permet de prendre
00:47:37des mesures de rétorsion
00:47:38si les règles du mémorandum
00:47:40ne sont pas acceptées.
00:47:41Donc on avance
00:47:42un peu.
00:47:42On avance un peu.
00:47:44Ça ne veut pas dire
00:47:45que c'est fini.
00:47:47Quand je résume
00:47:48ce que dit Edith et François,
00:47:49c'est très simple.
00:47:50Trump est le seul cas connu
00:47:51d'un patient
00:47:52qui veut gagner du temps.
00:47:54Ça, c'est quelque chose
00:47:55d'absolument étonnant
00:47:56parce qu'il sait
00:47:57qu'il n'y a pas de solution immédiate
00:47:58donc il faut gagner du temps
00:47:59et il veut résoudre
00:48:00le problème immédiatement.
00:48:01Donc il est vraiment
00:48:02dans une contradiction profonde.
00:48:04Parce qu'il y a aussi
00:48:04sa visite en Chine,
00:48:05donc bientôt,
00:48:06dans les prochains jours,
00:48:07il ne peut pas arriver
00:48:09à un accord
00:48:09et il ne peut pas non plus
00:48:11entre-temps relancer
00:48:12les bombardements.
00:48:14Donc il a besoin
00:48:14de ce mémorandum.
00:48:16puisque la Chine devra voter
00:48:18au Conseil de sécurité
00:48:19et devra ou pas
00:48:20faire pression sur les Iraniens
00:48:21qui sont des gens
00:48:22qui lui fournissent du pétrole
00:48:23mais ils ne peuvent pas non plus
00:48:25aller contre l'ensemble
00:48:26de la communauté internationale
00:48:26en disant qu'ils ne veulent pas
00:48:28d'accord de paix.
00:48:29C'est ça l'astuce pour l'instant.
00:48:30Ça ne veut pas dire
00:48:30que c'est fini.
00:48:31Voilà ce que vous pouvez dire ce soir.
00:48:32Merci beaucoup à tous les six.
00:48:34Voilà ce qu'on pouvait dire
00:48:35sur le plan militaire,
00:48:36sur le plan diplomatique.
00:48:38Également, merci d'avoir été
00:48:39à la table de 60 minutes ce soir.
00:48:41En tout cas, il y a un secteur
00:48:42aujourd'hui
00:48:43qui a retrouvé le sourire
00:48:44et pas qu'un peu.
00:48:45Ce sont les bourses.
00:48:46Journée euphorique
00:48:47sur les places financières
00:48:49de toute la planète.
00:48:50Journée euphorique également
00:48:51sur le pétrole.
00:48:53Regardez ce chiffre.
00:48:54Ce soir, c'est le cours
00:48:55du pétrole brut.
00:48:58Ce soir, 7% de baisse
00:49:00aujourd'hui pour le brut.
00:49:01102 dollars.
00:49:02On n'est pas loin de revenir
00:49:03sous les 100 dollars.
00:49:04Je rappelle qu'au plus haut,
00:49:06on était monté,
00:49:07on va en parler dans un instant,
00:49:09je crois à 160 dollars.
00:49:10Alors qu'avant la guerre,
00:49:10on était plutôt à 60-70.
00:49:13C'est Philippe de Certine
00:49:14qui ne souffle la bonne réponse.
00:49:15Bonsoir, économiste.
00:49:16Bonsoir.
00:49:17Directeur de l'Institut
00:49:17de haute finance à Paris,
00:49:18ancien membre du Haut conseil
00:49:20des finances publiques.
00:49:20A vos côtés ce soir,
00:49:21Anne-Laure Delatte.
00:49:22Bonsoir.
00:49:22Bonsoir.
00:49:23Économiste, chercheuse au CNRS,
00:49:24professeur associé
00:49:25à l'université Paris-Dauphine,
00:49:27Yves Tréhard.
00:49:27Bonsoir.
00:49:28Bonsoir.
00:49:28Éditorialiste politique
00:49:29à BFM TV.
00:49:31Juste quand on voit ce chiffre,
00:49:32Philippe de Certine,
00:49:33102 dollars,
00:49:347% de baisse
00:49:36sur le cours du pétrole.
00:49:37Est-ce que c'est le début
00:49:38de la fin du choc pétrolier
00:49:39ou ce que vous allez me dire ?
00:49:41Marc, calmez-vous un peu.
00:49:43Oui, non.
00:49:43Il faut rester calme
00:49:44puisqu'on l'a vu baisser
00:49:46en dessous des 100 dollars
00:49:47pendant la crise.
00:49:48Donc, on a des fluctuations,
00:49:50on a beaucoup de volatilité.
00:49:52Là, on voit,
00:49:52on est plutôt dans une phase
00:49:53de bonne nouvelle a priori.
00:49:55On vient de l'évoquer
00:49:55parce que si on va vers un accord,
00:49:57on va vers une baisse
00:49:58évidemment des tensions
00:49:59sur la production pétrolière
00:50:01et sur les prix du marché.
00:50:02La réouverture du détroit d'Ormouz
00:50:04devra être évidemment
00:50:05un élément très important.
00:50:07Cela étant,
00:50:08ce qui serait très important
00:50:09aussi pour l'économie
00:50:10et là, on n'y est pas du tout,
00:50:11c'est revenir au prix
00:50:12d'avant la crise,
00:50:13c'est-à-dire 60-70 dollars.
00:50:14Est-ce que ça va arriver ?
00:50:15Non, pas pour le moment.
00:50:16Honnêtement,
00:50:17on va être sur une base,
00:50:18on est aujourd'hui
00:50:19avec un scénario central
00:50:20qui va être sur un prix
00:50:21à 80-90 dollars
00:50:22si tout va bien.
00:50:23Ce qui veut dire effectivement
00:50:24un coût élevé,
00:50:25ce qui veut dire encore
00:50:26de l'inflation pour nos pays,
00:50:27c'est-à-dire des conséquences économiques.
00:50:28Oui, parce qu'il y a
00:50:29un autre chiffre aujourd'hui
00:50:29dans l'actualité.
00:50:30Il y a le cours du Brent,
00:50:32la matière première
00:50:33qui finit dans nos réservoirs
00:50:35qui baissent,
00:50:36mais à la pompe,
00:50:37on a atteint aujourd'hui
00:50:37les prix records
00:50:38pour le coup
00:50:39depuis le début de la guerre.
00:50:40On est à 2 euros,
00:50:42allez,
00:50:42on a mis beaucoup de chiffres
00:50:43après la véhicule,
00:50:442,04 euros
00:50:45pour le 100 plomb 95,
00:50:462,12 pour le 98,
00:50:482,22 pour le gazole.
00:50:50Anne-Laure Delatte,
00:50:52est-ce qu'on a là aussi
00:50:52atteint le pic ?
00:50:54Est-ce que la baisse du Brent,
00:50:56du brut qu'on vient de voir,
00:50:57va bientôt arriver à la pompe ?
00:51:00Il n'y a pas forcément
00:51:01une transmission directe
00:51:02comme on a pu le voir,
00:51:03en tout cas,
00:51:04quand les prix...
00:51:06Enfin, non,
00:51:07il n'y a pas de transmission directe
00:51:08et il me semble plutôt
00:51:10que ce que vient de dire Philippe,
00:51:13c'est qu'on va avoir
00:51:14un scénario central
00:51:15autour de 80, 90 dollars
00:51:17le baril.
00:51:18Et donc au-delà...
00:51:19C'est vrai que quand on fait le plein,
00:51:21on pense rarement
00:51:21au prix du Brent,
00:51:22on est plutôt fixé
00:51:23sur la barre des 2 ou des 1,80.
00:51:24Tout à fait,
00:51:25mais justement,
00:51:25en fait,
00:51:27ça c'est pour les automobilistes
00:51:28et ils sont majoritaires
00:51:29en France,
00:51:29mais en général,
00:51:31l'augmentation du prix du Brent
00:51:32et des hydrocarbures
00:51:33va avoir un effet
00:51:34pour tous les Français
00:51:35et les Françaises.
00:51:36On estime le coût budgétaire
00:51:38à 6 milliards de dollars,
00:51:40donc 6 milliards d'euros,
00:51:41pardon.
00:51:42Donc voilà,
00:51:43je crois que c'est plutôt ça
00:51:44qu'il faut avoir en tête,
00:51:44c'est-à-dire qu'on va avoir
00:51:46de l'inflation pour tout le monde,
00:51:47une augmentation des prix
00:51:48pour les industriels
00:51:50et donc des effets
00:51:51qui vont coûter
00:51:526 milliards d'euros.
00:51:53Mais est-ce que les deux fins connaisseurs
00:51:55de l'économie que vous êtes,
00:51:56vous pourriez dire ce soir
00:51:57à nos téléspectateurs,
00:51:58le pire en ce qui concerne
00:51:59les carburants,
00:52:00le pire derrière nous ?
00:52:01C'est impossible.
00:52:02Oui, c'est impossible.
00:52:03Je m'attendais à cette réponse,
00:52:04mais je voulais vous la poser quand même.
00:52:05Non, non,
00:52:06ce qu'on peut dire,
00:52:07c'est que le pire,
00:52:08ça aurait été que ça continue.
00:52:10Et pour le moment,
00:52:10c'est pas encore exclu.
00:52:11Ça aurait pu être pire ?
00:52:12C'est-à-dire que le scénario noir
00:52:12du FMI,
00:52:13c'est de dire que ça va continuer
00:52:14encore sur plusieurs semaines,
00:52:16plusieurs mois,
00:52:16parce que là, pour le coup,
00:52:18les conséquences en termes économiques,
00:52:20et on parle de la pompe
00:52:21parce que c'est ce que voient
00:52:22les Français tout de suite,
00:52:22mais on l'évoque avec Anne-Laure,
00:52:24il y aura beaucoup d'autres conséquences,
00:52:25il y a beaucoup d'autres conséquences,
00:52:26y compris en termes de chômage,
00:52:28y compris en termes d'endettement,
00:52:30d'activité, de croissance.
00:52:31Ça, elles sont devant nous.
00:52:32Et si on continuait comme ça,
00:52:34elles allaient être très très lourdes.
00:52:35Elles restent lourdes
00:52:36et on n'est pas du tout
00:52:38dans le scénario
00:52:39où tout le monde plaisante
00:52:40et rigole en disant
00:52:41tout va bien,
00:52:41maintenant on va revenir
00:52:42très très vite à la normale.
00:52:43Il y a une entreprise en ce moment
00:52:44dont on n'a jamais sans doute
00:52:45autant prononcé le nom,
00:52:46c'est Total,
00:52:47dont le PDG Total Energy,
00:52:48dont le PDG Patrick Pouyanné
00:52:49a dit hier,
00:52:51si on taxe,
00:52:52si on instaure,
00:52:52si le gouvernement instaure
00:52:53une surtaxe
00:52:54sur les bénéfices exceptionnels
00:52:55du groupe,
00:52:563 milliards d'euros
00:52:56au premier trimestre,
00:52:58je ne serai plus en mesure
00:52:59de plafonner les prix
00:53:00de mes carburants,
00:53:01la fameuse ristourne
00:53:02qui a été mise en place
00:53:02il y a plusieurs semaines maintenant.
00:53:05Voici Skandine,
00:53:05patron du Parti Socialiste,
00:53:07Olivier Faure,
00:53:08on va en parler juste après.
00:53:10En réalité,
00:53:11quand Total et d'autres
00:53:13font des super profits,
00:53:14ils ne les font pas
00:53:15parce qu'ils ont augmenté
00:53:16leur production,
00:53:17ils ne le font pas
00:53:17parce qu'ils ont créé
00:53:19des produits nouveaux,
00:53:20ils ne font pas des profits
00:53:21parce qu'ils ont un génie particulier,
00:53:23ils le font simplement
00:53:24parce que la crise géopolitique
00:53:26est là
00:53:26et qu'ils en profitent.
00:53:28Total dit qu'il plafonne les prix,
00:53:29ce qui est vrai,
00:53:30mais ce que je vois aussi,
00:53:32c'est qu'en dépit
00:53:33de ce plafonnement,
00:53:34il vient de faire
00:53:346 milliards de dollars
00:53:35de bénéfices supplémentaires.
00:53:37Ce que je dis simplement
00:53:37au gouvernement,
00:53:38c'est qu'il ne peut pas céder
00:53:39au chantage.
00:53:40Yves Tréhard,
00:53:41est-ce que Patrick Pouyanné
00:53:41fait du chantage au gouvernement ?
00:53:43Absolument pas.
00:53:44Je dirais que ces propos-là,
00:53:46pour reprendre la formule
00:53:47d'un de mes confrères,
00:53:48Gaëtan de Capelle,
00:53:49c'est totalement démagogique,
00:53:51je veux dire.
00:53:52Ça, c'est typiquement français.
00:53:53Dès qu'une entreprise,
00:53:55qui est une entreprise privée,
00:53:56il faut le rappeler,
00:53:57qui a toujours été privée,
00:53:58on nous dit
00:53:59mais elle a été publique.
00:54:00Non, c'est elle,
00:54:01Fakitaine,
00:54:01qui a été publique.
00:54:02Ce n'est pas Total
00:54:03qui ont fusionné après.
00:54:05Une entreprise fait des gains
00:54:07dans notre pays,
00:54:08il faut tout de suite
00:54:09qu'on se jette dessus.
00:54:11Il faut savoir que Total
00:54:13fait des gains
00:54:14à la production.
00:54:16C'est là qu'elle fait des gains.
00:54:17Donc à l'étranger.
00:54:17Et ce n'est pas en France,
00:54:18c'est à l'étranger.
00:54:19Et qu'au contraire,
00:54:20le raffinage,
00:54:21et elle a fermé malheureusement
00:54:22pas mal de raffineries,
00:54:23et la distribution
00:54:24lui coûtent de l'argent.
00:54:26Et il faut savoir aussi
00:54:27qu'on est dans une économie
00:54:29de marché
00:54:29à laquelle Total
00:54:32participe complètement.
00:54:33Il y a une centaine
00:54:33de compagnies
00:54:36dans le monde
00:54:37qui est de compagnies pétrolières
00:54:40qui font toutes d'ailleurs
00:54:41actuellement
00:54:41quelques bénéfices évidemment
00:54:43avec la production.
00:54:45Mais il faut raison garder.
00:54:47Si on en est là
00:54:48nous aujourd'hui en France,
00:54:49ce n'est pas à cause de Total.
00:54:51C'est à cause d'un gouvernement
00:54:52et d'un État
00:54:55qui est complètement exempt,
00:54:57qui n'a pas d'argent,
00:54:58contrairement aux Espagnols,
00:55:00contrairement,
00:55:00d'ailleurs les Espagnols
00:55:01ils n'ont pas d'argent non plus
00:55:02d'ailleurs,
00:55:03mais contrairement aux Allemands
00:55:03ou contrairement aux Italiens
00:55:05qui eux peuvent baisser
00:55:06un peu les taxes.
00:55:07Le gouvernement en France
00:55:08ne peut pas se le permettre.
00:55:10Donc ce qu'il faut comprendre,
00:55:12c'est que c'est aussi
00:55:14peut-être le moment,
00:55:15et bien,
00:55:16et même si c'est difficile
00:55:17à entendre pour certains
00:55:18ménages,
00:55:19pour certains foyers,
00:55:20c'est que la fameuse
00:55:21transition écologique
00:55:23dont on n'arrête pas
00:55:23de bassiner les Français,
00:55:25c'est aujourd'hui
00:55:26qui peut probablement
00:55:27la réaliser.
00:55:28Anne-Laure Delatte,
00:55:29est-ce que vous dites
00:55:29comme Yves Tréhard
00:55:30et un peu comme Sébastien Lecornu aussi
00:55:32« halt au total bashing »
00:55:33ou est-ce que vous estimez
00:55:35qu'aujourd'hui
00:55:35une entreprise
00:55:36qui fait des bénéfices
00:55:37aussi importants
00:55:38devrait être d'une manière
00:55:39ou d'une autre
00:55:40un peu plus taxée ?
00:55:41Oui,
00:55:41il me semble que le problème
00:55:42n'est pas le fait
00:55:43qu'il fasse des bénéfices importants,
00:55:44c'est qu'il fasse des bénéfices
00:55:45sans avoir fait d'investissement
00:55:47ou d'innovation particulière
00:55:49pour dégager ses marges.
00:55:50Les Anglais appellent ça
00:55:51le « windfall profit »,
00:55:53c'est-à-dire des fruits
00:55:54qui tombent de l'arbre
00:55:55sous le coup du vent.
00:55:58En réalité,
00:56:01Total,
00:56:01comme Shell,
00:56:02comme Exxon,
00:56:03sont des entreprises
00:56:04qui contrôlent
00:56:05toute la chaîne
00:56:06de l'extraction
00:56:07à la vente.
00:56:09Le coût de l'extraction
00:56:10de baril,
00:56:11c'est 5 dollars,
00:56:13le baril.
00:56:14Que vous ayez une guerre
00:56:16ou pas,
00:56:16c'est toujours 5 dollars.
00:56:17En revanche,
00:56:18le prix du baril,
00:56:20il est passé
00:56:22de 70 à 110.
00:56:23Et donc,
00:56:24ces super profits
00:56:25ou cet effet de rente,
00:56:27en fait,
00:56:27c'est ça qu'on interroge
00:56:29aujourd'hui.
00:56:30Le coût d'extraction,
00:56:31il ne change jamais ?
00:56:32Non,
00:56:32il ne change pas.
00:56:33C'est comme si vous étiez,
00:56:34c'est comme si vous aviez
00:56:35un champ de muguets
00:56:36à côté de chez vous.
00:56:37Un muguet un peu noir.
00:56:38Voilà.
00:56:39Non,
00:56:40mais j'essaye de vous donner
00:56:41une image.
00:56:43Vous avez un champ à côté
00:56:44et vous pouvez les cueillir.
00:56:46le premier mai,
00:56:47les prix augmentent.
00:56:48Ça ne vous coûte pas plus cher,
00:56:49en réalité.
00:56:50Donc,
00:56:51en fait,
00:56:52c'est la raison principale
00:56:55pour laquelle
00:56:55ils ont fait plus 51 %
00:56:57de profit
00:56:59ce trimestre
00:57:00par rapport
00:57:01au trimestre 2025.
00:57:03C'est cet effet de rente.
00:57:05Encore une fois,
00:57:06on n'est pas du tout
00:57:07les seuls en France
00:57:08à regarder ça.
00:57:09Il me semble que
00:57:10l'Allemagne,
00:57:11l'Espagne,
00:57:12on est plusieurs pays
00:57:13en Europe,
00:57:13enfin pas on,
00:57:14il y a plusieurs pays
00:57:16en Europe
00:57:16qui demandent
00:57:18à ce qu'il y ait
00:57:18une coordination fiscale
00:57:19au niveau européen
00:57:20pour essayer
00:57:21de récupérer
00:57:23un peu de ressources fiscales
00:57:24sur ces bénéfices
00:57:25qui tombent du ciel.
00:57:27Est-ce qu'il faut taxer
00:57:27ou non total,
00:57:28Philippe de Sertine ?
00:57:29La France,
00:57:29d'ailleurs,
00:57:29n'est pas dans la coalition
00:57:31des 5-6 pays.
00:57:32On a écrit une lettre
00:57:33avec 33 économistes
00:57:34hier au Premier ministre
00:57:36pour demander
00:57:36à faire partie
00:57:37de cet effort.
00:57:38Philippe de Sertine,
00:57:39est-ce qu'il faut
00:57:40faire payer un peu plus total
00:57:41en ce moment
00:57:41ou est-ce que Patouche,
00:57:42c'est du privé,
00:57:43comme dit Yves Tréa ?
00:57:44Non, je crois que...
00:57:45Moi, je pense que
00:57:46ce n'est pas forcément
00:57:47la meilleure idée possible
00:57:48aujourd'hui.
00:57:49Si on revient,
00:57:50donc total, par exemple,
00:57:51a perdu 7 milliards
00:57:52en 2020.
00:57:53Est-ce qu'on est venu
00:57:54à son secours ?
00:57:55Non, la réponse est non.
00:57:56C'est-à-dire que l'entreprise,
00:57:57elle a dû se débrouiller.
00:57:59Aujourd'hui,
00:57:59est-ce que total
00:58:00a un financement public ?
00:58:02Alors, il y a un tout petit peu
00:58:03par la Caisse des dépôts
00:58:04et consignations,
00:58:05mais je dirais
00:58:06total, effectivement,
00:58:06n'est pas financé
00:58:07par le public
00:58:08et même financé
00:58:08à plus de 40%,
00:58:1043%
00:58:11par des capitaux américains.
00:58:13La vraie question
00:58:13qui peut se poser,
00:58:14c'est de dire
00:58:15donc, qu'est-ce que va faire ?
00:58:16Qu'est-ce que fait total ?
00:58:17Par exemple, aujourd'hui,
00:58:18quand les marchés
00:58:19montent très fort,
00:58:20total a beaucoup perdu.
00:58:21C'est la plus grosse perte
00:58:22sur le CAC 40.
00:58:24Donc, ce qui veut dire
00:58:24que les actionnaires,
00:58:25ils ont perdu plus de 3%
00:58:26dans la journée.
00:58:27Donc, on est avec
00:58:27une volatilité très forte,
00:58:29avec des fluctuations
00:58:30très importantes
00:58:30et avec l'idée de dire
00:58:32qu'est-ce qui se passe
00:58:32si total n'est plus en France ?
00:58:34C'est-à-dire,
00:58:34est-ce que c'est à cause de total
00:58:35qu'on paie plus cher ?
00:58:36La réponse, non.
00:58:37Ce n'est pas forcément
00:58:37grâce à eux
00:58:38qu'on paierait moins cher
00:58:40parce que les prix,
00:58:41ils sont fixés
00:58:41par un marché international.
00:58:42Ce n'est pas Total
00:58:43qui a modifié les prix.
00:58:45Ils sont associés
00:58:46à la tension géopolitique
00:58:47et c'est très important
00:58:49que les Européens
00:58:49conservent une souveraineté
00:58:51par rapport
00:58:51à cette notion d'énergie.
00:58:53La souveraineté
00:58:54va supposer des investissements.
00:58:55Donc, la vraie question
00:58:56qui se pose après,
00:58:57c'est la distribution
00:58:58des dividendes,
00:58:59les types d'investissements
00:59:00que fait Total,
00:59:01la manière dont, en fait,
00:59:02l'activité totale
00:59:03se répartit.
00:59:04Alors, c'est un peu technique,
00:59:05mais il y a effectivement
00:59:06tout ce qui va être
00:59:08prospection et extraction.
00:59:10Il y a le raffinage
00:59:10que vous avez évoqué
00:59:11sur lequel on perd de l'argent
00:59:12et vous avez Total
00:59:14à une forte activité,
00:59:15ce qu'on appelle
00:59:15trading de commerce,
00:59:16c'est-à-dire de gestion
00:59:17de toute l'énergie
00:59:18du point de vue mondial.
00:59:18C'est là-dessus
00:59:19qu'il gagne beaucoup.
00:59:20Ce n'est pas vraiment
00:59:21là quelque chose
00:59:22qui va avoir des conséquences
00:59:23pour le citoyen.
00:59:24Donc, c'est ça
00:59:24toute la complexité.
00:59:25Lève la main
00:59:26très poliment pour parler.
00:59:27Oui, je voudrais ajouter
00:59:28deux choses quand même.
00:59:29C'est que, d'abord,
00:59:30Total,
00:59:31entreprise privée,
00:59:32encore une fois,
00:59:35ne veut plus de cette société,
00:59:37elle prend ses clics
00:59:38et ses claques.
00:59:39Ça n'a dit ça.
00:59:40Personne n'a demandé
00:59:40à Total de...
00:59:41Non, non, mais d'accord.
00:59:42Eux y pensent.
00:59:43Eux y pensent.
00:59:43Si, si, il y en a...
00:59:44Eux y pensent.
00:59:44Il y en a...
00:59:45Mais oui, il y en a,
00:59:46bien sûr.
00:59:46Mais il y en a, par exemple,
00:59:47qui veulent la nationaliser
00:59:48comme la France insoumise,
00:59:50par exemple.
00:59:51Bon, alors, vous me tendez
00:59:51la perche.
00:59:52Vous savez ce qu'on va faire ?
00:59:53On écoute Mathilde Panot.
00:59:54Tant pis, je vous ai coupé
00:59:55la parole, ça arrive.
00:59:56C'est rare.
00:59:57C'est rare.
00:59:57Mathilde Panot,
00:59:58chef de file des députés insoumises
00:59:59qui était sur ce plateau
01:00:00des députés insoumis
01:00:01qui était sur ce plateau
01:00:01il y a quelques jours.
01:00:02Je lui ai demandé,
01:00:03effectivement,
01:00:03si elle était prête
01:00:04si les insoumis arrivent au pouvoir
01:00:05à nationaliser Total.
01:00:08La nationaliser Total,
01:00:09Oui, bien sûr.
01:00:10Vous savez,
01:00:11alors on a regardé
01:00:11sur uniquement
01:00:13en raffinerie réseau de distribution,
01:00:14c'est entre 8 et 10 milliards
01:00:15et je vous assure
01:00:16que ça serait rentabilisé à 6.
01:00:16Ah, vous nationalisez
01:00:17juste un petit bout de Total, en fait.
01:00:19Non, mais c'est dingue.
01:00:20C'est-à-dire que
01:00:20M. Arnaud,
01:00:21il va partir.
01:00:22Enfin, tous ceux qui,
01:00:24aujourd'hui,
01:00:25font, je dirais,
01:00:26les joyaux de la couronne,
01:00:30si vous me permettez,
01:00:31à ce moment-là,
01:00:31ils vont tous partir.
01:00:32Donc Total,
01:00:33c'est très simple.
01:00:34Si on veut la nationaliser
01:00:35ou si on lui cherche des noises,
01:00:37ça se fait en deux secondes.
01:00:38Ils vont s'installer
01:00:39à New York ou à Washington.
01:00:40Première chose.
01:00:41Deuxième chose,
01:00:42je voudrais quand même dire
01:00:42sur l'extraction,
01:00:45le transport.
01:00:46Ils sont obligés,
01:00:47une compagnie comme Total,
01:00:48d'investir.
01:00:49Et ils investissent
01:00:50beaucoup d'argent.
01:00:51Beaucoup,
01:00:52beaucoup d'argent.
01:00:53Et en plus,
01:00:54pourquoi ils en investissent
01:00:56beaucoup ?
01:00:56Parce que ce sont aussi
01:00:57des zones à risque,
01:00:58là où ils prennent
01:00:59leurs sources d'énergie.
01:01:01Donc,
01:01:01il ne faut pas oublier ça,
01:01:03quand même.
01:01:03Je voudrais entendre
01:01:04Anne-Laure Delatte
01:01:04sur l'idée de nationaliser Total
01:01:06et sur le chiffre
01:01:06donné par Mathilde Panneau.
01:01:08Alors,
01:01:08nationaliser Total,
01:01:10il me semble qu'il y a
01:01:10une solution
01:01:11entre les deux,
01:01:12enfin,
01:01:13intermédiaire.
01:01:13Et je suis étonnée
01:01:14que vous défendiez Total
01:01:16puisque,
01:01:18en réalité,
01:01:18c'est une entreprise
01:01:20qui vend beaucoup
01:01:21en France.
01:01:22Sur l'ensemble
01:01:23de ses ventes,
01:01:24la France représente 20%.
01:01:25D'accord ?
01:01:26On fait 20%
01:01:28des ventes de Total.
01:01:29En revanche,
01:01:30elle ne fait pas
01:01:31de bénéfice en France.
01:01:32Pourquoi elle ne fait pas
01:01:33de bénéfice en France ?
01:01:33il y a un récit
01:01:36autour du problème
01:01:39de raffinerie,
01:01:40mais en réalité,
01:01:43le Total optimise
01:01:45son bénéfice
01:01:46et la localisation
01:01:47de ses bénéfices.
01:01:48Elle localise
01:01:48les profits
01:01:49dans des paradis fiscaux.
01:01:52En particulier,
01:01:53il y a une filiale
01:01:54en Suisse
01:01:55qui va,
01:01:56en fait,
01:01:56vous avez,
01:01:57vous faites l'extraction
01:01:58au Nigeria
01:01:59et vous vendez en France.
01:02:01Mais au lieu que le Nigeria
01:02:02vende directement en France,
01:02:04le Nigeria
01:02:04ne vend pas cher
01:02:06à la Suisse
01:02:07et la Suisse
01:02:08vend cher
01:02:09à la France.
01:02:10Qu'est-ce qui s'est passé ?
01:02:11On a aspiré
01:02:12les profits
01:02:13dans la filiale suisse
01:02:14et ça,
01:02:15vous pouvez le retrouver
01:02:16dans les rapports financiers.
01:02:18Vous avez 33%
01:02:20des bénéfices mondiaux
01:02:22qui sont concentrés
01:02:23dans un autre pays
01:02:25dans lequel
01:02:25il y a la Suisse.
01:02:27Une fois que vous avez
01:02:28concentré
01:02:28tous vos bénéfices
01:02:29en Suisse
01:02:30où le taux d'imposition
01:02:32est en moyenne
01:02:32de 4%
01:02:34versus 25%
01:02:35en France,
01:02:35vous vous retrouvez
01:02:36avec effectivement
01:02:38des pertes nettes
01:02:38en France
01:02:39et vous dites
01:02:40que vous ne payez pas
01:02:40d'impôts.
01:02:41Merci beaucoup
01:02:42à tous les trois.
01:02:43Au-delà du cas total,
01:02:43j'ai quand même retenu
01:02:44dans notre conversation
01:02:45qu'on n'était pas prêt
01:02:46de voir les prix
01:02:47des carburants
01:02:47revenir au temps d'avant
01:02:50la guerre en Iran.
01:02:51Merci beaucoup
01:02:52d'être venu ce soir
01:02:52sur le plateau de 60 Minutes.
01:02:54Dans un instant,
01:02:54vous allez faire le plein d'impôts.
01:02:56Je ne suis pas très sûr
01:02:56de celle-là.
01:02:57Avec vous,
01:02:57Julien Mette,
01:02:58Bonsoir.
01:02:59Bonsoir Marc.
01:03:00Plus d'informations
01:03:01ce soir sur les circonstances
01:03:03dans lesquelles
01:03:03le navire du groupe
01:03:04CMA-CGM
01:03:06propriétaire de BFM TV
01:03:07a été touché
01:03:07dans le détroit d'Hormuz.
01:03:09On a désormais
01:03:09la confirmation.
01:03:10Il était bien escorté
01:03:12dans le cadre
01:03:12du projet Liberté américain.
01:03:14On y reviendra évidemment
01:03:15notamment avec notre invité
01:03:16à 20h30,
01:03:17le général Patrick Dutard.
01:03:19Restez avec nous.
01:03:19L'info continue
01:03:20sur BFM TV.
01:03:21Belle soirée à tous.
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