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  • il y a 1 heure
Chaque jour, Marc Fauvelle vous accompagne de 19h à 20h dans 60 minutes Fauvelle sur BFMTV.

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00:00:00Générique
00:00:06...
00:00:07Bonsoir à tous, ravis de vous retrouver.
00:00:09Sommes-nous revenus 6 ans en arrière au moment de l'arrivée du Covid ?
00:00:12La France est désormais touchée par l'antavirus.
00:00:15Premier cas confirmé, une femme qui est hospitalisée à Paris.
00:00:18Ce soir, le gouvernement annonce un durcissement du protocole sanitaire
00:00:22concernant les cas contacts.
00:00:23Il y en a une vingtaine à ce jour en France.
00:00:26Que sait-on de ce virus ?
00:00:28Comment s'en protéger ?
00:00:29Et cette fois, avons-nous vraiment les masques si besoin ?
00:00:32C'est l'événement de 60 Minutes.
00:00:33L'autre actualité du jour, c'est Donald Trump qui enterre quasiment le cessez-le-feu avec l'Iran.
00:00:39Il n'a qu'un pour cent de chances de survie, dit ce soir le président américain.
00:00:43L'invité de 60 Minutes sera le spécialiste en géopolitique, Frédéric Ancel.
00:00:47D'abord donc, ce virus qui en rappelle forcément un autre,
00:00:50même si on va le voir, il y a beaucoup de différences avec le Covid.
00:00:52L'antavirus est arrivé sur le sol en France, avec ce premier cas confirmé.
00:00:57Depuis, les réunions d'urgence se multiplient du côté de Matignon,
00:01:00où nous serons dans quelques instants les images du jour.
00:01:02Tout d'abord avec Stéphanie Zenati et Sophie Arbet.
00:01:07Une Française testée positive a l'antavirus.
00:01:10Une passagère de la fameuse croisière à bord du Hondus a rapatrié hier.
00:01:14Elle a commencé à présenter des symptômes, elle a développé de la fièvre lors du vol de rapatriement.
00:01:19Elle s'est malheureusement dégradée cette nuit.
00:01:22Quatre autres Français ont été rapatriés du bateau de croisière et vont rester en confinement au minimum 15 jours.
00:01:28On va surveiller l'arrivée d'éventuels symptômes.
00:01:32Les symptômes initiaux sont assez spécifiques.
00:01:35Vous allez avoir de la fièvre, vous allez avoir des courbatures, vous allez avoir une gêne, une atteinte un peu
00:01:38respiratoire avec de la toux.
00:01:40C'est la course contre la menthe pour les cas contacts.
00:01:42Il y a 22 Français qui ont été identifiés comme des cas contacts.
00:01:46Nouvelle réunion à Matignon pour suivre au plus près l'évolution de la situation.
00:01:50Une réunion présidée par Sébastien Lecornu autour du Premier ministre et ministre de la Santé, le ministre de l'Intérieur.
00:01:56On prend des mesures drastiques de manière assumée, les plus dures de l'Union Européenne, avec un seul objectif, c
00:02:03'est de protéger les Français.
00:02:04Si la question est est-ce qu'on a un risque d'épidémie, la réponse est à l'heure actuelle
00:02:08non.
00:02:10Alors que sait-on précisément de ce virus ? Sommes-nous ou non au début d'une nouvelle épidémie ?
00:02:16Et si c'est le cas, comment s'en protéger ?
00:02:17Et on va tenter de répondre à toutes ces questions ce soir avec les spécialistes de la rédaction de BFM
00:02:21TV, Margot Defauville.
00:02:23Bonsoir, chef du service santé à vos côtés.
00:02:25Raphaël Grabli, journaliste à la rédaction.
00:02:28Bruno Jeudy, le patron de la Tribune dimanche, est avec nous également.
00:02:31Bonsoir à tous les trois.
00:02:32On sera dans un instant avec Christophe Rapp qui est infectiologue à l'hôpital américain de Paris.
00:02:38Et dans quelques minutes également avec l'une des membres de la direction de l'Organisation mondiale de la santé.
00:02:43Puisqu'on se pose beaucoup de questions en ce moment en France.
00:02:46Mais aussi, bien sûr, à l'échelle de la planète.
00:02:48On va d'abord prendre la direction de l'hôpital Bichat à Paris.
00:02:51Puisque c'est là que sont accueillis depuis hier les cinq Français qui participaient à cette fameuse croisière
00:02:57pendant laquelle trois passagers sont morts.
00:03:00Parmi eux, il y a donc une femme, Jocelyn Azot, qui a contracté le virus.
00:03:06D'abord, comment va-t-elle ce soir ?
00:03:10Eh bien ce soir, Marc, elle est toujours en réanimation, hospitalisée ici à l'hôpital Bichat à Paris.
00:03:15Mais dans un état stable.
00:03:17C'est ce que vient d'annoncer à l'instant le Premier ministre Sébastien Lecornu.
00:03:20Son état s'était dégradé à cette passagère du Hondiou ces dernières heures.
00:03:25Elle était rapatriée en France.
00:03:27Dans l'avion, elle avait eu des premiers symptômes.
00:03:30Elle s'était déclarée lorsqu'elle avait atterri au Bourget.
00:03:33Elle souffre de symptômes aigus.
00:03:35Et son état s'était donc subitement dégradé ces dernières heures.
00:03:39Ce que l'on sait aussi ce soir, c'est qu'elle est la première patiente française
00:03:43avec un test positif à cet antivirus.
00:03:45Son test PCR est revenu positif.
00:03:48Elle est donc hospitalisée avec cinq autres patients ici à l'hôpital Bichat.
00:03:51Quatre qui sont donc pour l'instant négatifs, mais qui sont très surveillés.
00:03:55Car vous le savez, c'est la particularité de cet antivirus.
00:03:58La durée d'incubation est particulièrement longue.
00:04:00Ils sont donc tous hospitalisés jusqu'à nouvel ordre.
00:04:03Et ils ne pourront sortir que, et uniquement dans un seul cas, sur avis médical.
00:04:07Jocelyne Azonil-Solcène, devant cet hôpital Bichat à Paris.
00:04:11Margot de Frouville, le gouvernement, par la voix de Sébastien Lecornu,
00:04:14qui, je le disais, multiplie les réunions avec les infectiologues,
00:04:18avec les membres de son gouvernement,
00:04:19vient de faire une annonce sur le protocole sanitaire des cas contacts.
00:04:23Quel est le changement ?
00:04:24De certains cas contacts.
00:04:25Des huit cas contacts qui avaient emprunté le vol entre Sainte-Hélène et Johannesburg,
00:04:30le 25 avril dernier.
00:04:32Vol sur lequel avait voyagé la Néerlandaise de 69 ans,
00:04:35qui est décédée le lendemain,
00:04:36et qui n'avait pas pu faire le second vol Johannesburg-Amsterdam.
00:04:41Donc pour ces huit cas contacts,
00:04:43qui d'ailleurs ont donné lieu à un cas confirmé en Suisse,
00:04:47qu'à Zurich, c'était l'un des passagers de cet avion,
00:04:49le protocole est renforcé, à savoir que l'on ne parle plus d'isolement à domicile,
00:04:54d'auto-isolement, mais d'un isolement renforcé en milieu hospitalier,
00:04:58comme l'a dit Sébastien Lecornu.
00:05:00Ça vient répondre aussi à des querelles un peu au niveau des infectiologues,
00:05:05des épidémiologistes sur la stratégie adoptée.
00:05:07Certains étaient partisans d'une ligne très stricte, très dure,
00:05:10où on traiterait les cas contacts comme les cas symptomatiques.
00:05:14Et là, on va rejoindre cette ligne,
00:05:16qui était avant beaucoup plus laxiste avec les cas contacts.
00:05:19Raphaël Grablik ?
00:05:20Sachant qu'il y a 14 autres cas contacts,
00:05:21qui étaient cette fois dans le second vol de Johannesburg vers Amsterdam,
00:05:25où est montée brièvement cette passagère,
00:05:27qui était déjà malade à l'époque,
00:05:29qui est ressortie de l'avion avant le décollage.
00:05:30Et ces 14 cas contacts, eux, ne sont pas soumis à l'isolement.
00:05:34Et il faut dire qu'ils doivent se déclarer,
00:05:37mais ils ne sont pas, entre guillemets,
00:05:38les autorités sanitaires ne les ont pas sous la main, entre guillemets.
00:05:41Je reprends les chiffres, il y a une malade en France,
00:05:43donc cette femme qui est soignée en ce moment à Bichat,
00:05:4622 cas contacts, on a vraiment l'impression d'être 6 ans en arrière,
00:05:49même quand on pose ces questions.
00:05:50Ils sont tous identifiés, les passagers de cet avion ?
00:05:53Alors, les passagers, les 5 Français, bien sûr.
00:05:56Il y a 3 femmes, selon nos informations, et 2 hommes.
00:05:59Là, la femme qui présente des symptômes depuis maintenant 24 heures
00:06:03est une femme qui a donc été placée au départ un peu en prévention,
00:06:07en réanimation, et finalement, son état s'est dégradé dans la nuit.
00:06:10Et elle est dans un état grave, mais stable.
00:06:13Et puis, pour les 4 autres Français,
00:06:15ils sont pour l'instant à l'hôpital Bichat,
00:06:17toujours dans des chambres à pression négative, à l'isolement.
00:06:19Il était prévu initialement, hier encore, qu'il y reste 72 heures.
00:06:24Finalement, ce sera au moins 15 jours.
00:06:27Et avant l'inconnu, est-ce qu'ils vont pouvoir regagner leur domicile
00:06:30à l'issue de ces 15 jours ? Cela paraît en l'état plus probable.
00:06:34Le professeur Christophe Rapp est avec nous.
00:06:36Bonsoir.
00:06:37Professeur, vous êtes infectiologue à l'hôpital américain de Paris.
00:06:40Je vous pose la question, si vous le permettez, professeur,
00:06:42comme cela pose sans doute beaucoup de gens ces derniers jours.
00:06:45Est-ce qu'on s'inquiète ou pas ?
00:06:48Bonsoir. Non, non.
00:06:49Il ne faut pas s'inquiéter.
00:06:50Il ne faut pas paniquer.
00:06:51On n'est pas du tout dans un scénario de Covid-19
00:06:54avec un risque de diffusion en population générale.
00:06:57On est sur quelque chose de circonscrit, qui est rare, spectaculaire,
00:07:02mais qui ne dépassera pas une vingtaine de cas dans le monde au maximum.
00:07:06Pas plus de 20 cas dans le monde.
00:07:08C'est une certitude que vous avez ?
00:07:11C'est un pronostic ?
00:07:13C'est un pronostic, oui.
00:07:15En effet, compte tenu de la durée d'incubation,
00:07:18de la durée d'exposition des sujets
00:07:20et du fait que maintenant on va isoler dans les différents pays
00:07:23les sujets contacts, on ne devrait pas avoir beaucoup plus de cas.
00:07:29Ça peut au maximum être quelques dizaines.
00:07:31Donc on est dans ce qu'on appelle un cluster.
00:07:34C'est par définition une épidémie, mais c'est une grappe de cas.
00:07:37Et on pourrait parler d'épidémie si on avait des cas
00:07:39qui n'ont aucun lien épidémiologique
00:07:42avec le navire de croisière ou les vols aériens.
00:07:45C'est là que ça devient embêtant.
00:07:48C'est pour ça que l'attitude du gouvernement et des experts français
00:07:51est d'être maximaliste parce que si on fait une véritable quarantaine
00:07:55très surveillée, on évite toute diffusion potentielle du virus
00:07:59sur le territoire.
00:08:00Et là, on voit que l'État a tiré les leçons du passé.
00:08:03Mais on sait qu'on dépend tous dans ces cas-là aussi
00:08:06de ce qui se passe chez nos voisins et parfois même à l'autre bout du monde.
00:08:09Est-ce qu'on peut dire avec certitude que le nombre de cas
00:08:12n'explosera jamais, qu'il n'y aura pas d'autres clusters,
00:08:14par exemple comme ce bateau ?
00:08:16Alors vous avez raison.
00:08:18Il y a une attitude qui a été un peu coordonnée par l'OMS.
00:08:21C'est déjà une bonne réponse.
00:08:23Mais après, chaque pays est souverain.
00:08:25Et effectivement, il va y avoir des conditions de tracing des contacts
00:08:30et de surveillance des contacts différentes selon les pays.
00:08:33Et il pourrait y avoir effectivement potentielle diffusion du virus
00:08:37dans des pays qui choisissent une attitude plus laxiste.
00:08:41Donc c'est pour ça qu'il faut être prudent.
00:08:42Donc il y a un mois d'incertitude pour voir un peu comment les choses vont tourner.
00:08:47Mais ça serait extrêmement improbable qu'on soit sur une épidémie de grande ampleur,
00:08:52même si elle est extrêmement spectaculaire.
00:08:55Bonsoir professeur.
00:08:56Depuis la semaine dernière, il y a beaucoup de spécialistes qui nous expliquent
00:08:58qu'il faut vraiment un contact prolongé et rapproché pour qu'il y ait transmission du virus.
00:09:04Mais là, on est déjà à 9 cas, dont 7 confirmés.
00:09:08L'un des spécialistes me disait soit il y avait un super propagateur à bord,
00:09:14soit c'est peut-être un peu plus contagieux qu'on ne le pensait initialement.
00:09:16Est-ce que vous êtes d'accord avec cette analyse ?
00:09:19Oui, bonsoir Margot.
00:09:20Oui, vous avez raison.
00:09:21C'est ça les deux hypothèses.
00:09:22Il y a, comme ça a été décrit dans nos épidémies, probablement un super spreader.
00:09:26Le super spreader, c'est peut-être d'ailleurs l'épouse du premier patient décédé
00:09:32qui, elle, est décédée après avoir pris l'avion de Sainte-Hélène à Johannesbourg
00:09:37et tenté d'aller en Hollande.
00:09:39Cette femme, elle a été en contact avec beaucoup de gens du bateau
00:09:42qui sont venus la consoler après le décès de son mari.
00:09:44Elle avait peut-être beaucoup d'hérus.
00:09:47Ça, c'est la première chose.
00:09:48Et la deuxième chose, c'est que la transmission dans un navire,
00:09:51c'est quelque chose d'expérimental avec une promiscuité,
00:09:53un confinement et une aération des repas fréquents,
00:09:57des gens qui ont échangé.
00:09:58Et donc, on est dans vraiment l'archétype de la diffusion épidémique sur un navire.
00:10:03Donc, on a deux conditions probablement qui expliquent le nombre de cas rapides.
00:10:09Quand je vous disais qu'on avait plein de questions à vous poser,
00:10:11Bruno Jeudy en a une également, professeur.
00:10:12Bonsoir, professeur Bruno Jeudy.
00:10:15Je voudrais revenir sur la décision initiale de chaque pays
00:10:18de récupérer ses ressortissants et de les ramener sur leur territoire.
00:10:23Est-ce que là, il n'y a pas quelque chose d'un peu surprenant ?
00:10:25C'est vraiment une question de déossien de ne pas avoir maintenu
00:10:28toutes les personnes sur le bateau et pas les débarquer comme ça a été fait hier.
00:10:33Est-ce qu'on a dispersé un cluster ?
00:10:37Alors, sur le plan théorique, vous avez raison.
00:10:39Ça aurait été intuitif de confiner tout le monde 42 jours dans le bâtiment.
00:10:44Mais c'était aussi l'occasion de favoriser, compte tenu de la difficulté,
00:10:48des contraintes, des mesures de précaution.
00:10:50Il a peut-être de finalement contaminer, d'infecter plus de voyageurs
00:10:55et plus de personnel du bateau.
00:10:57Alors qu'en extrayant tout le monde et en les mettant en quarantaine
00:11:01pour les cas contacts à haut risque et au moins en surveillance,
00:11:03même si c'est un auto-isolement à domicile,
00:11:07on aura au final sans doute moins de cas.
00:11:08Et ça, c'est la première raison.
00:11:10Et la deuxième raison, c'est que sur le plan humain,
00:11:12c'est absolument pas applicable.
00:11:13Là, on va déjà entendre parler de cette quarantaine imposée à l'hôpital.
00:11:17C'est psychologiquement très compliqué.
00:11:19Et donc humainement, compte tenu du bruit médiatique, etc.,
00:11:23c'était impossible de laisser ce bateau errer sur la mer
00:11:27avec un potentiel risque de cas supplémentaires sans moyens médicaux importants.
00:11:32Là, les sujets qui sont hospitalisés,
00:11:34on l'a vu avec notre compatriote française,
00:11:37elles sont déjà au cœur de la réanimation avec les meilleurs soins.
00:11:40Donc elles ont une chance de survie qui est supérieure.
00:11:43Donc on a pris la bonne décision.
00:11:46Évidemment, quand on entend parler de clusters, de cas contacts, de tests positifs,
00:11:51tout le monde a pensé à la même chose.
00:11:52Et je suis sûr que c'est votre cas également, professeur.
00:11:55Est-ce qu'il faut comparer avec le Covid
00:11:57ou est-ce que ça n'a aucun sens en termes de dangerosité de transmission ?
00:12:02Non, on ne peut pas comparer avec le Covid
00:12:04parce que c'est un agent pathogène qui est connu,
00:12:06parce que c'est un agent qui se transmet moins bien,
00:12:08parce qu'il y a un lien épidémiologique assez précis pour l'instant,
00:12:11même si on n'a pas encore tous les éléments de l'enquête.
00:12:14Et donc on n'est pas du tout dans le même scénario.
00:12:17Par contre, ça illustre un élément important des maladies infectieuses
00:12:21qui est le monde interconnecté.
00:12:23Les gens se transportent avec leur virus
00:12:25et maintenant à une vitesse extrêmement rapide.
00:12:27Donc ça, c'est la première chose.
00:12:28Et la deuxième chose, ça illustre l'importance d'une coordination par l'OMS
00:12:32et d'une réponse des différents États
00:12:35quand il y a une menace sanitaire nouvelle
00:12:37avec un système de surveillance épidémiologique.
00:12:39Et notamment, on a vu qu'au Cap Vert, ce n'était pas possible.
00:12:42Il faut aider les pays émergents, les pays fragiles
00:12:45à avoir des systèmes de surveillance pour contrer.
00:12:47Et donc on est complètement dans ce qu'on discute en ce moment,
00:12:50c'est-à-dire l'approche une seule santé.
00:12:53L'homme interagit avec l'environnement
00:12:55et donc il y a des risques nouveaux.
00:12:57Ces risques nouveaux, ils sont très compliqués à appréhender.
00:13:00En plus, sur un navire de croisière
00:13:02où là, on n'est pas armé,
00:13:03on n'est pas préparé à cette riposte sanitaire.
00:13:08Est-ce qu'on va en pharmacie demain matin racheter des masques ?
00:13:10Oui ou non ?
00:13:11Non, absolument pas.
00:13:14Merci beaucoup.
00:13:15On entend votre propos plutôt rassurant.
00:13:17Merci beaucoup, professeur Rapp, d'avoir été avec nous ce soir.
00:13:21Qu'est-ce qu'on sait de ce virus ?
00:13:23Donc extrêmement mortel, enfin très mortel,
00:13:26moins contagieux que le Covid ?
00:13:28A priori.
00:13:29A priori.
00:13:29Il y a le a priori qui est important.
00:13:31Et il y a aussi tout un débat scientifique
00:13:33autour de la contagiosité
00:13:36et du moment où l'on devient contagieux.
00:13:40Jusqu'à présent, les experts disaient plutôt
00:13:42au début, pas avant le début des symptômes,
00:13:45ce qui tranchait avec la grippe ou le Covid,
00:13:47on est contagieux.
00:13:48Ce qui serait embêtant si on pouvait le transmettre
00:13:49avant même de savoir qu'on est malade.
00:13:51Mais là, visiblement, il y a quand même une contagiosité.
00:13:54Alors dans une période qu'on appelle prodronique,
00:13:56c'est un nouveau mot.
00:13:57Ah, celui-là, je ne le connaissais pas.
00:14:00C'est en gros une apparition de la transmission
00:14:03dès les premiers symptômes.
00:14:04Un peu ce qu'on pourrait définir
00:14:05comme les signes avant-coureurs.
00:14:06Vous savez, vous ne vous sentez pas au top.
00:14:08Un bon coup de fatigue avant de manifester la fièvre
00:14:11ou des signes digestifs ou autres.
00:14:14Le petit coup de barre d'avant
00:14:15pourrait marquer le début de la contagiosité.
00:14:18Le fameux petit coup de barre.
00:14:19Raphaël Graby, on le connaît depuis des années,
00:14:21ce virus, les scientifiques.
00:14:22En tout cas, il y a eu des études poussées déjà
00:14:24sur tout ça, sur le mode de contamination ?
00:14:26Il y a eu une étude qui fait clairement consensus,
00:14:29qui a été notamment co-signée par Gustavo Palacios,
00:14:32qui est un chercheur sur une épidémie en Patagonie,
00:14:36puisque c'est l'antavirus des Andes.
00:14:38Une épidémie en novembre 2018
00:14:40qui s'est étendue jusqu'en février 2019.
00:14:43Il y a eu 34 palades pour 11 décès.
00:14:45Donc, on voit là le taux de létalité.
00:14:47Et il y a quelques enseignements
00:14:49sur ce cas qui a été extrêmement étudié,
00:14:51notamment sur l'incubation.
00:14:53On voit que moins de deux semaines, c'est assez limité, 15%.
00:14:57Entre deux et trois semaines d'incubation, ça grimpe, vous voyez, près de 30%.
00:15:00Et entre trois semaines et un mois, on est à 38%.
00:15:03Donc, ça grimpe assez largement.
00:15:04Et puis, plus d'un mois, ça redescend.
00:15:06Ça peut aller jusqu'à six semaines,
00:15:07d'où les fameux 42 jours dont on parle d'isolement.
00:15:11Il y a aussi les modes de contamination,
00:15:12on en a beaucoup parlé,
00:15:14qui sont un petit peu décrits.
00:15:16Je vous les ai mis en pourcentage
00:15:18sur les 34 personnes infectées.
00:15:20Il y a la zoonose, donc en fait, c'est tout simplement le patient zéro
00:15:23qui est en contact, lui, avec l'animal, avec un rongeur.
00:15:27Donc, c'est une personne.
00:15:28Il y a une personne pour laquelle le mode de contamination est inconnu.
00:15:32On voit que pour l'essentiel, sur 26 personnes,
00:15:36donc ça fait 67%, c'est ce qu'on appelle le contact rapproché,
00:15:40donc notamment des proches avec qui on vit.
00:15:43Et pour six personnes, c'est soit des gouttelettes,
00:15:47soit des aérosols.
00:15:49Et ce mot aérosol est présent dans l'étude.
00:15:52C'est vrai que c'est un peu ce qui peut faire peur,
00:15:54parce qu'aérosol, là, on pense Covid,
00:15:55là, on pense contamination potentiellement plus éloignée,
00:15:59d'où les précautions, notamment sur les passagers des avions.
00:16:05Et dans cette étude, il y a d'ailleurs un visuel
00:16:07qui est très intéressant, que j'ai retrouvé dans les annexes
00:16:09de cette étude, sur un soir,
00:16:11comment ce patient zéro a contaminé les premières personnes.
00:16:15En fait, il était déjà infecté, il était déjà symptomatique,
00:16:19très important, il était malade, il avait de la fièvre.
00:16:21Il est allé à une soirée d'anniversaire.
00:16:22Il se rend à une soirée d'anniversaire,
00:16:24alors il reste une heure et demie,
00:16:25parce qu'au bout d'un moment, il s'en va, il se sent trop mal.
00:16:27Mais on le voit à l'écran, c'est intéressant,
00:16:29parce qu'il contamine deux personnes qui sont à sa table,
00:16:33mais il contamine aussi d'autres personnes
00:16:36qui se trouvent parfois jusqu'à 2,5 mètres.
00:16:38C'est la flèche qui part tout à droite.
00:16:41Et c'est effectivement ce qui peut laisser penser
00:16:43à des contaminations un peu plus éloignées,
00:16:45sachant que ces personnes ont pu être croisées.
00:16:48Je veux dire, cette étude ne sait pas tout,
00:16:50on peut être croisé à un moment donné.
00:16:52Donc, c'est, on va dire, le mot aérosol qui peut faire peur.
00:16:56Je termine quand même avec une citation du co-auteur de cette étude,
00:17:01qui elle aussi est quand même plutôt rassurante.
00:17:03Il a été interviewé par Le Monde il y a trois jours,
00:17:05Gustavo Palacios, j'ai tendance à être d'accord
00:17:08avec la plupart des gens qui pensent qu'il n'y a aucun risque
00:17:11de pandémie, de pandémie, pas d'épidémie,
00:17:13de pandémie mondiale due à ce virus.
00:17:16Et cette étude qui montre aussi un autre élément
00:17:18qui est quand même assez rassurant,
00:17:19c'est que cette épidémie, elle a été contenue justement
00:17:21grâce au traçage et grâce à l'isolement.
00:17:24Vous savez ce que je vous propose ?
00:17:25On va être dans quelques instants avec Sylvie Briand,
00:17:27qui est membre de la direction de l'Organisation mondiale de la santé,
00:17:31qui a un regard évidemment global sur ce virus
00:17:33qui nous dira si elle est aussi rassurante
00:17:35que ce que nous disait le professeur Rapp il y a quelques instants.
00:17:38Évidemment, on voit bien que cette question,
00:17:39elle dépasse largement la France.
00:17:40C'est Maéva Lamy qui va nous rejoindre à présent.
00:17:42On va tenter de dézoomer, parce que depuis tout à l'heure,
00:17:44on parle des malades et des cas contacts chez nous en France.
00:17:48Combien de personnes aujourd'hui sont touchées par ce virus,
00:17:52Maéva, à l'échelle du monde ?
00:17:53Alors à l'échelle du monde, Marc, on va commencer par les décès.
00:17:56À ce stade, il y a donc trois personnes
00:17:58qui sont décédées de ce virus sur ce bateau de croisière,
00:18:02selon l'Organisation mondiale de la santé.
00:18:05Deux cas qui sont confirmés, le troisième étant un cas probable.
00:18:08Donc ça, c'est bien pour les décès.
00:18:10Ensuite, il y a le nombre de cas, plus largement.
00:18:13Toujours d'après l'OMS, il y a neuf cas qui ont été recensés,
00:18:17dont sept confirmés, deux probables.
00:18:19Probables, ça veut dire qu'en fait, il y a les symptômes,
00:18:21mais que les tests n'ont pas encore donné les résultats définitifs,
00:18:24mais qu'il y a bien ces symptômes.
00:18:26Parmi ces neuf cas confirmés à l'échelle du globe,
00:18:29il y a donc une française.
00:18:30On le sait qui, elle, a bien eu un test positif.
00:18:33Et donc au total, en plus de la France,
00:18:35il y a donc six pays, incluant la France,
00:18:37six pays qui sont touchés pour le moment.
00:18:39Je complique ma question.
00:18:40Qu'en est-il des cas contacts à l'échelle du globe ?
00:18:42Alors toujours d'après l'Organisation mondiale de la santé.
00:18:45C'est toujours effectivement un peu plus compliqué
00:18:47parce qu'il y a tous les occupants du navire
00:18:50qui est parti le 1er avril d'Argentine
00:18:53qui sont considérés comme des contacts à haut risque
00:18:56et qui donc doivent faire l'objet d'une surveillance pendant 42 jours.
00:19:00Ça, ça représente 175 personnes d'après la compagnie qui exploite ce navire.
00:19:06Donc ça, c'est vraiment des cas contacts à haut risque.
00:19:08Et il y a aussi les autres cas contacts
00:19:10qui n'étaient pas forcément dans ce bateau.
00:19:12Par exemple, en France, il y a ces 22 personnes
00:19:14qui sont montées dans des vols dans lesquels se trouvait une personne
00:19:18qui étaient contaminées par l'antavirus.
00:19:20Ça, c'est rien que pour la France, mais il y a donc pour tous les autres pays.
00:19:23Et puis, il faut ajouter que parmi ces 22 cas français,
00:19:25il n'y en a que 8 qui sont actuellement à l'isolement.
00:19:28Il y en a donc 14 autres qu'il faut retrouver le plus rapidement possible.
00:19:32Et donc, c'est ça, le travail de recherche qui se fait dans tous les pays.
00:19:36Retrouver le plus rapidement possible ces cas contacts
00:19:38pour casser la chaîne de contamination.
00:19:40Merci beaucoup, Maëva.
00:19:41Bonsoir, Sylvie Bruyant.
00:19:42Vous êtes membre de la direction de l'Organisation mondiale de la santé,
00:19:46ancienne directrice du département prévention et préparation
00:19:48aux épidémies et pandémies de l'OMS.
00:19:51On voit bien ces dernières heures qu'on essaie de comprendre
00:19:54ce qui nous arrive.
00:19:55Je redonne les chiffres.
00:19:569 cas à l'échelle de la planète,
00:19:58dont un cas confirmé en France.
00:20:00Cette femme qui est soignée en ce moment à Paris.
00:20:036 pays touchés.
00:20:05Que dit l'OMS aujourd'hui sur cet antavirus ?
00:20:08Est-ce qu'il est potentiellement dangereux ?
00:20:11Est-ce qu'il est sous contrôle ?
00:20:14Alors, c'est un virus, effectivement, qui est d'origine animale.
00:20:18Donc, on le connaît depuis longtemps.
00:20:21Mais il provoque rarement des épidémies.
00:20:24C'est plutôt des cas sporadiques, normalement.
00:20:26Mais là, on est dans une situation totalement inédite,
00:20:29puisque c'est des gens qui étaient sur un bateau.
00:20:31Donc, évidemment, la promiscuité a favorisé la transmission
00:20:35entre les différentes personnes.
00:20:36Donc, maintenant, les mesures qui ont été prises
00:20:40pour évacuer les passagers
00:20:42et pour les mettre en quarantaine, en fait,
00:20:46dans différents pays,
00:20:47je pense que c'est des mesures qui nous permettent,
00:20:50en fait, de contrôler cette épidémie naissante.
00:20:55Mais nous ne sommes pas du tout dans une situation désespérée,
00:21:00parce qu'au contraire, on a pris ça très, très tôt,
00:21:03grâce aux notifications des différents pays
00:21:05et aux règlements sanitaires internationaux.
00:21:07On a pu, dès le début, savoir ce qui était en train de se passer,
00:21:10faire les diagnostics,
00:21:12distribuer les réactifs aux pays qui en avaient besoin.
00:21:15Donc, c'est une opération coordonnée
00:21:18de contrôle du risque
00:21:19et qui, pour l'instant, est très positive.
00:21:22Est-ce que vous pouvez dire, est-ce qu'on peut dire avec certitude
00:21:26que tout ça ne va pas se transformer en épidémie ?
00:21:28Ou est-ce que vous préférez rester extrêmement prudent ce soir
00:21:31en disant, on le découvre encore, ce virus,
00:21:35on ne sait pas tout et on va rester prudent
00:21:37sans savoir si ça va se terminer dans quelques jours
00:21:40ou si ça va durer ?
00:21:42– Mais en fait, c'est ça qui est l'important
00:21:45dans la préparation aux épidémies.
00:21:47C'est qu'on peut faire des tas de scénarios sur l'avenir.
00:21:51Personne ne peut prévenir l'avenir.
00:21:53Par contre, on sait où sont les risques
00:21:56et comment les contrôler.
00:21:58Et c'est ce qui est en train d'être fait.
00:22:00Je pense que vous avez tous vu les images
00:22:02de comment ces passagers ont été débarqués,
00:22:05de toutes les précautions qui ont été prises pendant le transport.
00:22:09Maintenant, le suivi de tous ces personnes-contact
00:22:13qui, entre guillemets, ne sont pas tous des cas-contact.
00:22:17Beaucoup de personnes sur ce bateau
00:22:18probablement n'ont pas attrapé ce virus.
00:22:21Donc, on parle de personnes qui ont été en contact,
00:22:26mais ça ne veut pas dire qu'elles sont infectées.
00:22:28Donc, je pense que toutes les précautions sont mises en œuvre
00:22:30pour stopper cette transmission.
00:22:32Et c'est un virus qui ne se transmet pas très facilement.
00:22:35C'est un virus animal.
00:22:37Donc, il n'est pas adapté à l'homme.
00:22:39Et donc, la transmission interhumaine n'est pas aussi facile
00:22:42que, par exemple, le Covid ou la grippe.
00:22:45Ce n'est pas du tout.
00:22:45On n'est pas du tout dans le même scénario.
00:22:48Est-ce qu'il faut, par précaution, Madame Briand,
00:22:51commencer à remettre de côté des masques ?
00:22:53Je ne parle pas des particuliers, mais des États.
00:22:55Est-ce qu'il faut commencer tout de même,
00:22:57au cas où, à faire des stocks ?
00:23:00Non, je pense que déjà, la plupart des pays dans le monde
00:23:04ont pris les leçons de Covid.
00:23:06Donc, on comprit qu'il fallait réagir vite, très tôt,
00:23:09et que le plus rapide on était, le mieux, c'était pour contrôler ces virus
00:23:15qui sont rares, très, très rares d'habitude,
00:23:18mais qui peuvent effectivement faire des petites épidémies localisées.
00:23:22Donc, je pense que la plupart des pays ont pris ces leçons
00:23:25et ont mis en place les mesures qui s'imposent.
00:23:28Ce n'est certainement pas du tout une bonne idée de paniquer maintenant,
00:23:33parce que je pense que la meilleure façon de répondre aux crises,
00:23:36c'est justement de faire une analyse régulière du risque,
00:23:40savoir où on en est aujourd'hui,
00:23:43et prendre les mesures qui s'imposent pour éviter, justement,
00:23:46que les choses ne s'enveniment.
00:23:48Et c'est ce qui a été fait actuellement.
00:23:49Donc, on ne se précipite pas, la pharmacie, ce soir ou demain matin.
00:23:53Margot ?
00:23:53Bonsoir, Sylvie Briand.
00:23:55A-t-on une idée précise maintenant du séquençage du génome de cette souche,
00:24:01notamment à partir du cas hospitalisé en Suisse ou d'un autre cas confirmé ?
00:24:05Et sait-on s'il a muté par rapport aux cas que vous, scientifiques,
00:24:09connaissez de l'épidémie argentine 2018-2019 ?
00:24:14Alors, pour l'instant, les premiers résultats ne montrent pas de différence.
00:24:19Mais évidemment, les premiers séquençages ont été faits sur un seul virus.
00:24:25Donc, on attend maintenant de savoir ce que les autres pays trouvent
00:24:28et de partager, en fait, nos résultats pour avoir une meilleure évaluation
00:24:33de ce qui est en train de se passer.
00:24:35Merci beaucoup, Sylvie Briand.
00:24:37Merci d'avoir pris quelques minutes, donc membre de la direction de l'Organisation mondiale de la santé.
00:24:41On va filer à Matignon, à présent, pour voir comment le gouvernement a pris en charge ce dossier de l
00:24:48'antavirus.
00:24:49C'est Edgar Becket qui est sur place pour BFM TV.
00:24:52Où c'est simple, Sébastien Lecornu a quasiment consacré l'après-midi à cette question.
00:24:56Il a enchaîné les réunions toute l'après-midi.
00:25:00Oui, d'ailleurs, deux réunions de coordination ministérielle auront lieu chaque jour à Matignon.
00:25:06C'est ce qu'annonce ce soir Sébastien Lecornu.
00:25:07C'était le cas aujourd'hui.
00:25:09À l'issue d'une première réunion, Sébastien Lecornu a annoncé un renforcement des mesures d'isolement.
00:25:15Pour tous les cas contacts, ce sera quarantaine renforcée à l'hôpital.
00:25:20Le chef du gouvernement qui annonce également que la française testée positive est toujours en réanimation dans un état stable.
00:25:29Le chef du gouvernement qui va enchaîner dans une vingtaine de minutes sur une deuxième réunion.
00:25:34Cette fois avec des épidémiologistes.
00:25:37Et lors de cette réunion, on va revoir des visages qui ne nous rappellent pas de très bons souvenirs.
00:25:41Comme Jean-François Delfraissy, personnalité que l'on a beaucoup vu et que l'on a beaucoup entendu lors de
00:25:47la pandémie de Covid-19.
00:25:49Mais ne parlons pas de pandémie pour le moment.
00:25:52Le gouvernement se veut rassurant.
00:25:54Et rassurant, il faut l'être.
00:25:55Surtout quand on entend de nouveau des termes comme quarantaine, cas contacts ou encore test positif.
00:26:01Merci Edgar Becket avec Rémi Soula derrière la caméra.
00:26:04On embrasse Jean-François Delfraissy.
00:26:06Évidemment, ça faisait sourire.
00:26:08Margot, on a compris que le gouvernement, il veut éviter ce qui s'est passé il y a six ans.
00:26:12C'est-à-dire les critiques en absence de réaction, les couacs des premiers jours, le masque, on le met,
00:26:17on ne le met pas.
00:26:17Oui, et surtout les hésitations même jusqu'à la décision brutale qui avait été prise un samedi soir de confinement
00:26:24par le Premier ministre.
00:26:26Le Premier ministre actuel, Sébastien Lecornu, il a communiqué de manière brève mais efficace avec deux tweets.
00:26:33L'un hier, l'autre aujourd'hui, assez long, assez détaillé.
00:26:37Hier pour expliquer ce qui allait se passer avec le rapatriement.
00:26:41La décision du décret, puisqu'il faut prendre un décret pour placer des gens en protection, isolement.
00:26:47Ce n'est pas forcément le bon terme mais c'est celui qui...
00:26:50Il faut faire un décret, ce qu'a fait le Premier ministre.
00:26:53Et puis aujourd'hui, toute la journée, quasiment consacrée à ce sujet avec autour de lui,
00:26:57la ministre de la Santé, Stéphanie Riste, le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez,
00:27:02la porte-parole, Maude Bréjon, le directeur général de la Santé.
00:27:06Donc, il n'y avait pas un petit côté réunion de crise.
00:27:08Mais enfin, aujourd'hui, on voit que le Premier ministre a décidé de prendre les choses de manière assez carrée,
00:27:13tirant les leçons sans doute.
00:27:14Vous avez raison de ce qui s'est passé en février 2020.
00:27:18Pour être honnête, pour un gouvernement, il n'y a que des coups à prendre.
00:27:20Soit il en fait trop, soit il n'en fait pas assez, non ?
00:27:22Oui, mais là, je pense qu'il a plutôt pris la bonne mesure.
00:27:26Il vaut mieux en faire beaucoup quand même.
00:27:27Parce que c'est vrai que la dégradation cet après-midi, comme le disait tout à l'heure Margot,
00:27:33la dégradation de la santé de cette personne,
00:27:36ne va sûrement pas rassurer les Français ce soir quand ils vont apprendre cette nouvelle.
00:27:42D'ici ce soir, les gens rentrent du travail.
00:27:44Donc, c'est normal.
00:27:45Je pense que le Premier ministre, d'abord, c'est lui qui prend les choses un peu, qui pilote.
00:27:52La fois précédente, ça avait été un peu dilué au début.
00:27:56Donc, on voit là, il y a un pilotage matignonnesque dans cette affaire.
00:27:59Matignonnesque.
00:28:00Après, on verra.
00:28:01Après, on verra.
00:28:01Mais je pense que oui, c'est des choses, comme dans tous les pays.
00:28:05Et là, tous les pays qui sont concernés, les Pays-Bas, tous ceux qui sont...
00:28:07À mon avis, il doit y avoir à peu près la même réaction des gouvernements
00:28:11par rapport à ces cas de virus.
00:28:14Alors, on n'est pas dans un cas de pandémie.
00:28:18Enfin, il faut y aller quand même...
00:28:20Il ne faut pas mettre la panique.
00:28:22Ce n'est pas ça.
00:28:22Mais c'est normal que...
00:28:23Je crois qu'on a tenté d'expliquer ce soir.
00:28:25Ce soir, ce sont les épidémiologistes qui défilent à Matignon, c'est ça ?
00:28:29Dans 15 minutes.
00:28:30Dans 15 minutes.
00:28:30Qu'est-ce qu'il va faire ?
00:28:31Il va les écouter, il va prendre des avis.
00:28:32Oui, je voudrais trouver ça plus logique, d'ailleurs, de faire la réunion
00:28:34avec les épidémiologistes et infectiologues.
00:28:36Et de faire les annonces après.
00:28:37Et après, de faire la réunion interministérielle.
00:28:39Mais ce n'est peut-être pas possible au niveau agenda.
00:28:41Oui, c'est vrai que c'est étonnant.
00:28:42Les annonces sur les cas contacts sont faites avant de rencontrer les scientifiques.
00:28:44J'imagine qu'il y avait une réunion aussi de l'ANRS,
00:28:47l'agence de santé autonome de l'INSERM, cet après-midi.
00:28:50Donc, j'imagine qu'ils se sont parlé quand même en visio avant.
00:28:52Il y avait un cadre général de la santé quand même.
00:28:54Absolument.
00:28:55Bon, on surveillera évidemment ce qui se passe à l'usine de cette réunion à Matignon.
00:28:58Margot, vous restez sur le pont.
00:29:00On va voir, on espère évidemment que tout ça ne va pas se terminer en épidémie.
00:29:05Ça a beaucoup évolué en 24 heures déjà.
00:29:07Oui.
00:29:07On va en reparler peut-être dans les heures et dans les jours qui viennent.
00:29:10Merci beaucoup à tous les trois d'être venus ce soir sur le plateau de 60 minutes.
00:29:14L'autre titre ce soir, c'est bien sûr l'impasse.
00:29:16L'impasse toujours au Moyen-Orient.
00:29:18Donald Trump a rejeté les toutes dernières propositions de l'Iran.
00:29:23Et il affirme ce soir que le cessez-le-feu est quasiment mort et enterré.
00:29:28Il prévient aussi d'ailleurs qu'il pourrait relancer l'opération de déblocage du détroit d'Ormuz.
00:29:33On va en parler ce soir avec les spécialistes de BFM TV, Elsa Vidal.
00:29:37Bonsoir Elsa.
00:29:37Avec Didier François qui nous rejoint également spécialiste des questions de défense.
00:29:42Bonsoir Didier.
00:29:43Avec le général Philippe Sidos.
00:29:44Bonsoir général ancien chef du bureau de liaison de la Finule.
00:29:48Et avec Olivier Lasmole qui est officier de réserve.
00:29:50Bonsoir.
00:29:51Officier de réserve opérationnelle de la Marine nationale et professeur de droit maritime.
00:29:56Tout à fait.
00:29:56Eh bien ça, je n'ai pas dit de bêtises, ça part plutôt bien.
00:29:58On va d'abord prendre la direction de Washington aux Etats-Unis et Axel Monnier.
00:30:02Ces dernières déclarations du président américain qui s'expriment au sujet du cessez-le-feu.
00:30:08Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'y croit plus beaucoup ou plus du tout.
00:30:15Non, et pourtant il était celui qui, depuis le début, disait que ce cessez-le-feu tenait bon.
00:30:20Malgré les échanges de tirs entre iraniens et américains ces derniers jours autour du détroit d'Hormuz.
00:30:25Mais effectivement, cette fois, il frappe fort.
00:30:28Il estime que ce cessez-le-feu est en état de mort cérébrale.
00:30:31Il ajoute même, c'est comme lorsque le médecin vient vous dire que l'un de vos proches n'a
00:30:35plus qu'un pourcent de chance à vivre.
00:30:38Il faut dire que Donald Trump a redit dans le bureau Oval tout à l'heure son mécontentement face à
00:30:43la proposition,
00:30:44la contre-proposition iranienne qu'il a qualifiée de torchon.
00:30:47Il dit ne même pas l'avoir lu jusqu'au bout et parce que c'était la plus faible qu
00:30:51'il ait jamais lu.
00:30:52Bref, Donald Trump peut-il donc reprendre les frappes ?
00:30:55Lui qui l'a souvent dit, qui l'a souvent menacé, alors que, effectivement, ce cessez-le-feu semble être
00:31:02à l'état de point mort.
00:31:04En tout cas, il a souligné qu'il voulait relancer le projet Liberté dans une version plus musclée.
00:31:09Il ne s'agira pas seulement, selon lui, de guider les navires à travers le détroit d'Hormuz.
00:31:14Donald Trump qui continue à laisser penser qu'il a encore plusieurs options dans sa manche.
00:31:19On verra lesquelles seront choisies dans les prochaines heures.
00:31:22Il est actuellement en réunion avec son état-major et avec son conseil de sécurité nationale
00:31:27pour savoir quelle suite a donné à ce conflit en Iran.
00:31:29Voilà, Donald Trump qui consulte ses proches.
00:31:32Merci beaucoup, Axel Mounier.
00:31:34Général, le cessez-le-feu en état de mort cérébrale, il a filé la métaphore.
00:31:37Il n'a plus qu'une 1% de chance de survie.
00:31:40Bluff ou pas, de la part de Donald Trump ?
00:31:42A priori, bluff jusqu'à la visite en Chine.
00:31:45C'est-à-dire que...
00:31:46Après, oui.
00:31:47Mercredi, il est en Chine.
00:31:48Sa voiture est déjà arrivée.
00:31:49La bête est déjà arrivée.
00:31:51Donc maintenant, il n'y a plus que l'homme qui doit arriver dans la bête
00:31:54pour négocier avec la Chine.
00:31:55Donc je ne pense pas que dans les deux jours qui viennent,
00:31:57il va relancer un projet Freedom Plus.
00:32:01Parce que là, ce serait relancer effectivement une opération 4-5 destroyer
00:32:06qui affronterait forcément le feu des Iraniens.
00:32:08Et donc, pour quel résultat ?
00:32:09Faire passer 3-4 bateaux, ce n'est pas vraiment la réouverture.
00:32:12Donc je pense qu'il va patienter jusqu'à la conclusion de quelques entretiens en Chine.
00:32:18Qui d'ailleurs n'apporterait pas forcément des résultats mirabolants.
00:32:20Là, il ne faut pas s'attendre à ce que ce soit le Graal qui va découvrir à Pékin.
00:32:26Certainement pas.
00:32:27Ça va être très mesuré.
00:32:28D'autant plus que les Chinois, à mon avis, se gargarisent de voir l'US Navy
00:32:32dans une certaine difficulté, ne pas avoir de progrès.
00:32:36Les puissantes forces aériennes américaines en 40 jours
00:32:39n'ont pas fait plier le gouvernement iranien.
00:32:42L'US Navy n'a pas rouvert le détroit d'Hormuz.
00:32:46Donc ça fait quand même deux éléments
00:32:48qui sont plutôt un handicap pour le président Trump
00:32:51quand il va aller en Chine.
00:32:52Donc pas de relance des hostilités éventuelles
00:32:54avant son retour de Pékin.
00:32:56C'est-à-dire avant de la semaine prochaine pour vous,
00:32:57pour vous général.
00:32:59Olivier Lasmole, quand Donald Trump dit aujourd'hui
00:33:01on pourrait relancer ce projet Liberté
00:33:03qui a consisté pendant un peu plus de 24 heures
00:33:06parce que ça s'est arrêté assez vite
00:33:07à sécuriser le détroit d'Hormuz.
00:33:10Il a finalement fait marche arrière Donald Trump.
00:33:13Vous y croyez à une opération 2.0 de libération du détroit ?
00:33:17On a dit à plusieurs reprises sur ce plateau
00:33:20que plus Donald Trump vociférait
00:33:23moins il y avait d'action
00:33:24et quand il se taisait, il y avait de l'action.
00:33:26Donc là il parle, il ne va rien se passer ?
00:33:28Ça me paraît compliqué.
00:33:29Alors il peut y avoir des événements sporadiques
00:33:31pour faire monter la pression
00:33:33mais je crois qu'il attend malgré tout
00:33:36de la Chine, beaucoup de choses.
00:33:38Et ce qui plaît à la Chine
00:33:40parce qu'elle se retrouve maintenant
00:33:41au centre du jeu, très clairement.
00:33:43La France et l'Angleterre avec le consortium
00:33:45essayent de, genre, avancent leur pion
00:33:47mais la Chine, clairement, est au centre du jeu.
00:33:50L'Angleterre s'est apesée sur la diplomatie avec l'Iran.
00:33:52Elle refuse d'être un garant officiel
00:33:54comme lui demande l'Iran.
00:33:56Mais elle veut quelque chose en retour
00:33:58de la part des États-Unis
00:33:59sur les levées, vous savez,
00:34:01des sanctions financières.
00:34:03Les avoir gelées à l'étranger.
00:34:05Entre autres.
00:34:05Et puis le fait que toute entreprise chinoise
00:34:08qui travaille avec l'Iran
00:34:11n'a plus le droit de travailler en dollars.
00:34:14Et ça, la Chine a dit,
00:34:15ça c'est hors de question.
00:34:16Donc bref, il y a un jeu de la part de la Chine.
00:34:19Et donc, je pense que Trump, pour l'instant,
00:34:20va être sur sa retenue
00:34:22ou du moins retenue par son État-major.
00:34:23Didier-François El Zavidal,
00:34:25est-ce que Donald Trump peut débloquer le Détroit
00:34:29sans passer par la diplomatie ?
00:34:31Ça me paraît difficile,
00:34:32mais le problème c'est que c'est pas
00:34:33franc-majou-déceur.
00:34:35Parce que s'il n'a pas de cartes
00:34:38dans sa main qui sont des cartes militaires,
00:34:41les Iraniens n'ont aucune raison
00:34:42de lui faire le cadeau de l'ouvrir.
00:34:44Donc, on ne peut pas opposer les deux.
00:34:47Ce qu'on peut remarquer,
00:34:48c'est qu'aujourd'hui, c'était très calme.
00:34:50Et ça faisait longtemps que c'était pareil.
00:34:52Aucun bateau attaqué aujourd'hui.
00:34:54Moi, je ne suis pas Mamad Irma,
00:34:55donc je ne sais pas ce qu'il va faire.
00:34:56Mais il a dit qu'il allait le relancer,
00:34:57peut-être qu'il le relancera, il le sera.
00:34:58Honnêtement, la dernière fois,
00:34:59tout le monde avait dit qu'il avait arrêté,
00:35:00il a rebalancé trois navires dedans,
00:35:03il a testé et c'est passé.
00:35:05Et il a pris ce risque-là.
00:35:07Il a pris le risque d'une attaque majeure.
00:35:09Et il a frappé et répondu
00:35:11d'une manière extrêmement ferme et extrêmement forte.
00:35:13Donc, attention avec Trump.
00:35:15Moi, je préfère commenter ce qu'il fait
00:35:16que prévoir ce qu'il va faire.
00:35:18Et là, honnêtement, on ne sait pas.
00:35:20Pareil, il ne peut pas arriver
00:35:22totalement chez Xi Jinping avec rien à la main.
00:35:24Sinon, il est trop en poids.
00:35:25Donc, attention, les deux arguments se valent.
00:35:30Quand vous dites qu'il ne peut pas arriver
00:35:31avec rien à la main,
00:35:32il faut qu'il s'avance un petit peu
00:35:34dans la discussion
00:35:36quand il ira à serrer la main du président chinois.
00:35:38Je crains qu'on ne voit qu'une partie de l'affaire,
00:35:41comme d'habitude.
00:35:41Et que, par ailleurs,
00:35:42sur les négociations, ça continue.
00:35:44Il y a des choses qu'on ne voit pas
00:35:45puisqu'il y a des navettes qui se font.
00:35:47Puisqu'ils se disent
00:35:48on n'est pas d'accord,
00:35:48je ne suis pas content avec ce qu'ils m'ont envoyé,
00:35:50la proposition n'est pas faite.
00:35:51Mais il y a quand même 14 points.
00:35:53Les 14 points ne sont finalement pas si loin
00:35:55de ce qui avait été négocié
00:35:56dans le Mémorandum of Understanding.
00:35:58Donc, il y a un problème sur le tempo,
00:35:59la temporalité.
00:36:00C'est-à-dire, est-ce que,
00:36:01évidemment, les Iraniens aimeraient bien
00:36:03avoir tout de suite la levée des sanctions
00:36:05et le retour de leur argent ?
00:36:06Ça, ils ne l'auront pas.
00:36:07Il ne faut pas rêver.
00:36:08Sinon, ça ne serait pas des négociations.
00:36:09Les Américains aimeraient bien
00:36:10avoir une ouverture immédiate du détroit.
00:36:13Ils ne l'auront pas non plus
00:36:14parce que sinon,
00:36:15ils auraient gagné l'affaire
00:36:16et les Iraniens ne pourraient toujours pas
00:36:18les tenir à la gorge.
00:36:20Donc, on voit bien
00:36:20que c'est autour de ça que ça se passe.
00:36:22Mais on a quand même assez bien dégagé
00:36:23les deux grandes questions
00:36:25qui vont être discutées,
00:36:26qui sont d'un côté,
00:36:27pour les Américains,
00:36:28la question nucléaire fondamentale
00:36:30et qui ne bougera pas.
00:36:31Et pour les Iraniens,
00:36:32la retour de leur argent
00:36:34qui est bloquée depuis
00:36:35what's millions d'années maintenant
00:36:37et donc qui ne bougera pas non plus.
00:36:39Là, effectivement,
00:36:40les Chinois peuvent essayer de passer.
00:36:42On voit qu'ils ont fait
00:36:43une proposition en quatre points,
00:36:44qu'ils n'ont pas encore rendu public,
00:36:45qui sera certainement discutée.
00:36:47En fait, tout le monde a besoin.
00:36:48C'est pareil sur la question.
00:36:49Les Russes vont essayer de jouer.
00:36:51Nous, on va essayer de jouer.
00:36:52C'est pour ça qu'on a mis le porte-avions
00:36:52pour ne pas être totalement mis sur la touche.
00:36:55Les pays du Golfe vont essayer de jouer.
00:36:57Donc, en fait, rien n'est terminé.
00:36:59Ni la menace militaire.
00:37:00Et on voit que ça continue à monter
00:37:02en termes de capacité militaire
00:37:04pour les Américains.
00:37:06Les Iraniens le font aussi.
00:37:07Mais ça n'a, à ce stade,
00:37:09jamais arrêté les négociations.
00:37:10Elsa Vidal, on va parler de la France
00:37:11et on va parler du Charles de Gaulle
00:37:13qui continue son petit bonhomme de chemin.
00:37:15Il a quitté aujourd'hui la mer Rouge.
00:37:18Il est donc officiellement arrivé
00:37:19dans l'océan Indien
00:37:20avec une invitée surprise à bord
00:37:23qui a même publié une vidéo aujourd'hui.
00:37:25C'est Catherine Vautrin,
00:37:26la ministre de la Défense.
00:37:29Quel est le message ?
00:37:30Est-ce que c'est une réponse aux Iraniens
00:37:32qui, hier, disaient
00:37:32si vous vous approchez d'Hormuz,
00:37:34attention, la France sera une cible ?
00:37:37Je ne crois pas que ce soit simplement
00:37:38un message aux Iraniens.
00:37:39Le message, il a commencé d'abord
00:37:41à être destiné à Donald Trump
00:37:43au début de cette guerre,
00:37:45à Donald Trump et à Benjamin Netanyahou.
00:37:47et ça continue d'être le fait
00:37:49que la France suit une politique
00:37:51qu'elle détermine,
00:37:52qu'elle détermine avec ses partenaires
00:37:54et qu'elle ne peut pas être
00:37:56ni sommée d'intervenir
00:37:58ni interdite d'intervenir,
00:38:00que ce soit par les États-Unis
00:38:02ou par l'Iran.
00:38:02Mais il y a un moment
00:38:03où il va falloir savoir
00:38:04où se positionne ce bateau.
00:38:06Là, il est à deux jours,
00:38:07deux, trois jours.
00:38:08Il ne va pas aller dans le détroit d'Hormuz.
00:38:09On ne voit pas trop pourquoi
00:38:10il irait s'enferrer dans le détroit d'Hormuz.
00:38:12Pour le moment, il y a du signalement
00:38:14et ce signalement, c'est aussi
00:38:15que si les négociations aboutissent,
00:38:18alors nous sommes prépositionnés
00:38:19pour intervenir et sécuriser la navigation,
00:38:22chose que nous avons toujours avancée
00:38:25et répétée récemment.
00:38:26Demain, il y aura une réunion à Paris
00:38:28à ce sujet avec les partenaires.
00:38:30Une quarantaine d'entre eux
00:38:31a commencé par les Britanniques.
00:38:32Est-ce que c'est de la com',
00:38:33Olivier Lasmole,
00:38:34quand le porte-avions se rapproche
00:38:36ou est-ce que ça va compter
00:38:37le jour où il faudra sécuriser le détroit ?
00:38:40C'est un symbole politique très fort,
00:38:44géopolitique,
00:38:45diplomatique très fort.
00:38:47Et Maude Bréjohn a redit ce matin
00:38:49que le détroit d'Hormuz
00:38:51devait être rétrouvert de manière pacifique.
00:38:54Donc il y a une puissance diplomatique
00:38:57qui est très importante.
00:39:00Maintenant...
00:39:00Pardon, je vous interromps.
00:39:01Pacifique, on n'en voit pas forcément
00:39:02un porte-avions.
00:39:03Ah, je sais bien.
00:39:05Sauf que...
00:39:08Si vous voulez la paix,
00:39:10vous préparez la guerre.
00:39:11Je m'y attendais un peu en retour.
00:39:12C'est évident.
00:39:13Mais c'est tentant à avouer.
00:39:15J'enfonce une porte ouverte.
00:39:16Mais si vous arrivez avec un chalutier,
00:39:18évidemment, vous direz,
00:39:19je veux ouvrir pacifiquement,
00:39:20on va vous rironer.
00:39:21Là, il faut arriver avec quand même
00:39:22le groupe aéronaval.
00:39:23Il faut arriver avec le destroyer britannique.
00:39:26D'autres navires vont sûrement arriver.
00:39:27Demain, il y a une réunion
00:39:28au Royaume-Uni qui va se tenir
00:39:30sous l'égide de la France
00:39:31et de la Grande-Bretagne.
00:39:32Donc il y a quelque chose
00:39:33qui monte en puissance.
00:39:34Mais on ne peut pas en même temps dire,
00:39:35si on n'avait envoyé
00:39:37aucun bâtiment de guerre,
00:39:38on nous aurait dit,
00:39:38mais où est la France ?
00:39:40Où sont les États de l'Union européenne ?
00:39:42Et puis si on envoie quelque chose,
00:39:43on dit, à quoi ça sert ?
00:39:44On est là au cas où.
00:39:46Général, on va revoir,
00:39:47si vous le permettez,
00:39:48la carte de la région
00:39:50avec désormais ce porte-avions
00:39:52Charles de Gaulle
00:39:52qui a franchi,
00:39:53on le voit là tout en bas de la carte,
00:39:54le détroit de Babel-Mandeb aujourd'hui
00:39:57qui est dans le golfe d'Aden.
00:39:58On ne sait pas jusqu'où
00:40:00il va s'approcher du golfe d'Aumans
00:40:03et du détroit,
00:40:04pas pour l'instant,
00:40:05c'est ce qu'a redit hier Emmanuel Macron.
00:40:06Quelle est la bonne situation pour lui ?
00:40:08Jusqu'où il doit aller
00:40:09pour ne pas provoquer les Iraniens ?
00:40:11Il doit d'abord faire connaître
00:40:13sa localisation.
00:40:14Ça, je crois que c'est clair aujourd'hui.
00:40:16La ministre de la Défense
00:40:17qui publie la vidéo,
00:40:17je pense que c'est arrivé
00:40:18jusqu'à Tléran.
00:40:19Autant, on n'a pas du tout
00:40:20communiqué sur l'action
00:40:23dans le cadre de l'accord de défense
00:40:24avec les Émirats arabes unis
00:40:25et l'action des Rafales français.
00:40:27Pas du tout,
00:40:28aucune communication.
00:40:29Autant là,
00:40:30c'est un véritable pavé dans la mare,
00:40:31ce porte-avions.
00:40:32Donc c'est une nouvelle approche.
00:40:34Alors bien évidemment,
00:40:34il faut qu'ils restent quand même loin,
00:40:36à la fois loin de la flotte américaine,
00:40:37qu'ils soient indépendants.
00:40:39Je vais vous montrer
00:40:39qu'on n'est pas allié
00:40:40avec eux dans cette guerre.
00:40:41Déjà, le président Trump
00:40:42n'a pas du tout remarqué
00:40:43que le groupe aéronaval,
00:40:45accompagné de bâtiments,
00:40:46potentiellement d'autres bâtiments étrangers,
00:40:48est arrivé dans la zone.
00:40:49Il n'a absolument pas
00:40:50communiqué là-dessus.
00:40:52Je sais bien que l'OTAN
00:40:52n'existe pas,
00:40:54c'est un tigre de papier,
00:40:55qu'on est tous des lâches.
00:40:56Mais enfin là,
00:40:56il y a quand même
00:40:5740 000 tonnes d'acier
00:40:59qui s'expriment.
00:41:00Vous vous dites
00:41:00que Donald Trump
00:41:01ne s'est pas rendu compte
00:41:02que la France était là.
00:41:02C'est évidemment un peu
00:41:04ironique, je suppose.
00:41:05Les Iraniens l'ont bien vu.
00:41:06Ah, les Iraniens, oui.
00:41:06Et de quelle manière ?
00:41:07Les Iraniens savent
00:41:08qu'on ne va pas envoyer
00:41:09le porte-avions
00:41:10demain matin en mousse.
00:41:11Pourquoi se communiquer
00:41:15ultra-violent hier ?
00:41:16Ils ont quand même
00:41:17besoin de l'exprimer,
00:41:17ils ont quand même
00:41:18besoin de le dire,
00:41:18ils ont besoin de communiquer
00:41:19et pour effectivement dire
00:41:21attention,
00:41:22vous ne faites pas partie
00:41:23de la coalition américaine,
00:41:25israélo-américaine,
00:41:26donc surtout
00:41:27ne vous mêlez pas
00:41:28de cette affaire-là.
00:41:29D'autant plus
00:41:30qu'ils ont quand même
00:41:31bien réinsisté
00:41:32dans leurs 14 points
00:41:33et dans le message
00:41:34de Moustabar Khamenei
00:41:35pour dire que le détroit
00:41:36d'Ormus, c'était à eux
00:41:38et que la gestion
00:41:38était régionale.
00:41:38Et ils ont compris
00:41:39qu'on n'allait pas libérer
00:41:40les Iraniens,
00:41:40ils ne sont pas stupides.
00:41:41C'est même pour ça
00:41:42d'ailleurs qu'ils le font.
00:41:43Ils considèrent
00:41:44qu'on est faibles,
00:41:45les Iraniens,
00:41:45toujours,
00:41:46depuis 82.
00:41:47Parce qu'à chaque fois,
00:41:49on hésite,
00:41:50quand on est face à l'Iran,
00:41:51à appeler un chat un chat.
00:41:53Donc on l'a fait
00:41:54sur la question du Liban,
00:41:55on l'a fait...
00:41:56Ils le savent parfaitement
00:41:57qu'on ne va pas y aller
00:41:58contre eux.
00:41:58Ils le savent.
00:41:58D'abord, il y a des canottes
00:41:59ouverts,
00:42:00on l'a dit 40 000 fois,
00:42:01ils en rajoutent une couche.
00:42:02Parce que tant qu'on ne leur
00:42:03aura pas dit les choses
00:42:04en face,
00:42:05c'est un peu le problème
00:42:06avec les Iraniens.
00:42:07Ils comprennent le rapport
00:42:07de force.
00:42:08C'est pour ça que je disais
00:42:09qu'on ne peut pas simplement
00:42:10attendre pour des négociations.
00:42:12Je ne dis pas qu'il faut
00:42:12leur faire la guerre,
00:42:13ça n'a aucun sens.
00:42:14Il ne faut pas être
00:42:14dans une logique de confrontation,
00:42:15ce n'est pas le problème.
00:42:16Mais il faut les deux leviers.
00:42:16Mais il faut quand même
00:42:26pour faible.
00:42:27Or, ils savent parfaitement
00:42:28que justement,
00:42:29quand on a mis le porte-avions,
00:42:30c'était pour construire.
00:42:31Pourquoi on a mis
00:42:32un porte-avions ?
00:42:34Effectivement,
00:42:34pour faire de la diplomatie.
00:42:36Parce que si on veut
00:42:37faire une diplomatie active
00:42:38et qu'on veut que les gens
00:42:39viennent autour de nous,
00:42:40c'est le seul qui a
00:42:41les capacités de renseignement,
00:42:42de commandement,
00:42:43de mettre autour
00:42:45l'ensemble des marines
00:42:47internationales
00:42:47qui n'ont pas cet outil-là.
00:42:49Donc derrière,
00:42:50les Iraniens,
00:42:50ils ont parfaitement compris.
00:42:51Ils nous menacent
00:42:53pour faire peur à tout le monde.
00:42:54Et si on ne répond pas
00:42:54au bon niveau,
00:42:56on n'agrégera pas
00:42:57autour de nous.
00:42:58Faire attention à ça.
00:42:59On va prendre également
00:43:00la température du côté d'Israël.
00:43:01Ce soir encore,
00:43:02c'est Clémence Renard
00:43:03qui est à Tel Aviv
00:43:04avec Benjamin Danan.
00:43:06Israël,
00:43:06donc Premier ministre
00:43:07Benjamin Netanyahou,
00:43:10pousse clairement
00:43:10Donald Trump
00:43:11à reprendre la guerre.
00:43:12Il a eu ses mots hier.
00:43:14La guerre n'est pas finie.
00:43:16Jusqu'où est-ce qu'il est prêt
00:43:17à tenter de convaincre
00:43:18Donald Trump ?
00:43:21En tout cas,
00:43:22ce que l'on sait,
00:43:23c'est qu'hier soir,
00:43:24Benjamin Netanyahou
00:43:25a proposé un plan
00:43:26de reprise des frappes
00:43:27en Iran.
00:43:28Un plan d'une à deux semaines
00:43:30qui est précis
00:43:31puisque le Premier ministre
00:43:32israélien
00:43:33a plusieurs personnes
00:43:34dans son viseur,
00:43:35à commencer par le commandant
00:43:37en chef des gardiens
00:43:37de la révolution islamique
00:43:38ainsi que d'autres
00:43:39haut-gradés
00:43:40de cette unité.
00:43:42Le Premier ministre israélien
00:43:43qui a donc présenté,
00:43:45proposé ce plan
00:43:46à Donald Trump
00:43:47lors de leur entretien
00:43:48téléphonique hier soir.
00:43:49Il faut rappeler qu'Israël
00:43:50de toute façon
00:43:51plaide pour une reprise
00:43:52des frappes en Iran
00:43:53depuis le début du cessez-le-feu
00:43:55mais que le pays
00:43:55ne peut pas faire cavalier seul.
00:43:57Il doit donc
00:43:57attendre un aval,
00:43:59un feu vert des Américains
00:44:00d'où la nécessité
00:44:01pour Benjamin Netanyahou
00:44:03d'essayer
00:44:03de les convaincre.
00:44:05Benjamin Netanyahou
00:44:05qui, vous l'avez dit,
00:44:06déclarait hier
00:44:07que la guerre n'est pas finie
00:44:08et reprendre l'offensive
00:44:10est la seule solution
00:44:11pour lui,
00:44:11pour lui permettre
00:44:12d'atteindre
00:44:13l'un de ses principaux
00:44:14buts de guerre,
00:44:15affaiblir le régime iranien
00:44:17notamment par le biais
00:44:18du retrait
00:44:19de son stock d'uranium
00:44:20enrichi.
00:44:22Merci beaucoup
00:44:22Clément Saunard.
00:44:23Ça compte
00:44:24ce que dit
00:44:26Benjamin Netanyahou,
00:44:27sa proposition
00:44:28de reprendre les frappes
00:44:29où en ce moment
00:44:29de toute façon
00:44:30Donald Trump
00:44:30a assez de soucis à gérer
00:44:31pour ne pas écouter
00:44:33ce que dit son allié ?
00:44:34Non, ça compte.
00:44:35Ça compte énormément.
00:44:36Vraiment ?
00:44:36Oui, ça compte très lourdement.
00:44:38Les Etats-Unis et Israël
00:44:39sont alliés au Moyen-Orient
00:44:41depuis très longtemps
00:44:42et Donald Trump
00:44:43est un fervent soutien
00:44:45d'Israël
00:44:46et de la politique
00:44:47de Benjamin Netanyahou.
00:44:48Si vous voulez en revanche
00:44:49savoir s'il va reprendre
00:44:51les frappes
00:44:52avant d'aller voir Xi Jinping,
00:44:54non, je ne le pense pas.
00:44:55Ce serait un calcul politique
00:44:57extrêmement dangereux.
00:44:58Il faudrait qu'il ait
00:44:58la quasi-certitude
00:44:59d'obtenir en ces quelques jours
00:45:01ce qu'il n'a pas pu obtenir
00:45:03en 73 jours.
00:45:04En revanche,
00:45:05cette très longue interview
00:45:06de Benjamin Netanyahou,
00:45:07elle était très claire,
00:45:08elle donnait à entendre
00:45:10sa détermination
00:45:11et surtout sa croyance
00:45:13que la force armée israélienne
00:45:15ont les capacités
00:45:16d'aller chercher
00:45:17l'uranium enrichi
00:45:18et de le ramener,
00:45:20de lui faire quitter le territoire.
00:45:22Et ça,
00:45:22c'est véritablement
00:45:23un argument
00:45:24qui peut intéresser
00:45:25les Etats-Unis.
00:45:25C'est ce qu'écrit
00:45:26le Wall Street Journal
00:45:28aujourd'hui.
00:45:29Dans son plan,
00:45:30l'Iran propose
00:45:30de diluer,
00:45:32c'est le terme
00:45:32qu'a utilisé,
00:45:33une partie de son uranium
00:45:34enrichi à 60%.
00:45:35Je rappelle qu'il faut
00:45:36de l'uranium
00:45:37à 90%
00:45:38pour faire une bombe.
00:45:40Donc,
00:45:40diluer une partie
00:45:41de cet uranium
00:45:42enrichi
00:45:42et de transférer
00:45:43le reste
00:45:44vers un pays tiers.
00:45:45Est-ce que ça,
00:45:46déjà,
00:45:48ce serait un gros
00:45:49renoncement de l'Iran ?
00:45:50Oui,
00:45:50mais ce n'est pas mal.
00:45:51Il lâche.
00:45:52C'est pour ça que...
00:45:52Il lâche.
00:45:53On ne va pas lâcher.
00:45:54C'est une proposition
00:45:54de l'Iran,
00:45:55je rappelle.
00:45:55Oui,
00:45:56absolument.
00:45:56C'est pour ça
00:45:57que je vous dis
00:45:57que les négociations
00:45:58sont plus avancées
00:45:59qu'on ne le croit.
00:46:00Parce que c'est
00:46:01un des sujets fondamentaux.
00:46:03Savoir ce qu'on va faire
00:46:03de ces 440 kg
00:46:04d'uranium
00:46:06enrichi à 60%,
00:46:08pour passer à 90,
00:46:09c'est rapide.
00:46:09Il y a aussi
00:46:10une tonne derrière
00:46:11enrichie à 20%.
00:46:12Il faut combien de temps
00:46:13pour passer du 20%
00:46:14au 60 ?
00:46:14Au 60,
00:46:15on est sur,
00:46:16grosso modo,
00:46:17en temps supplémentaire,
00:46:19c'est 8%.
00:46:21En capacité.
00:46:22Si les capacités...
00:46:23Je m'excuse,
00:46:24c'est un peu technique.
00:46:24Oui, mais c'est important.
00:46:25Mais si les capacités
00:46:26de centrifugeuses
00:46:30sont restées les mêmes
00:46:31que celles
00:46:32qui ont eu lieu
00:46:32avant les frappes.
00:46:33C'est pour ça
00:46:35qu'on est sur
00:46:35des estimations...
00:46:39Faire du 90%,
00:46:40c'est assez rapide
00:46:40quand on est à 60.
00:46:41C'est pour ça
00:46:42qu'on estime
00:46:42qu'avec 440 kg,
00:46:44on est sur,
00:46:45grosso modo,
00:46:46la capacité
00:46:46de faire 11 têtes nucléaires
00:46:48s'ils rentrent là-dessus.
00:46:49Attention,
00:46:50en matériel,
00:46:51ça ne veut pas dire
00:46:51que derrière,
00:46:52la militarisation,
00:46:54la question du détonateur,
00:46:55la question de la militarisation,
00:46:57tout ça n'est pas réglé.
00:46:59Et c'est pour ça
00:46:59qu'on est sur des évaluations
00:47:00entre 9 mois et 1 an.
00:47:02Mais en fait,
00:47:03pour passer de 60 à 90,
00:47:04ce n'est pas le plus difficile
00:47:05si les conditions,
00:47:07si les cascades
00:47:08de centrifugeuses
00:47:09sont toujours
00:47:10en état de marche.
00:47:11Mais ce qui veut dire aussi
00:47:12que malgré,
00:47:13ou grâce
00:47:13au discours belliqueux
00:47:15d'un côté
00:47:15ou de l'autre,
00:47:16remenacent
00:47:16d'un côté
00:47:17ou de l'autre,
00:47:18en coulisses,
00:47:19derrière tout ça,
00:47:20on avance.
00:47:21On n'en était pas là
00:47:22il y a deux mois
00:47:22dans les discussions.
00:47:24Ah mais c'est un jeu de majonk,
00:47:25si je reprends ce jeu chinois,
00:47:26où on ne voit pas,
00:47:28ou un jeu de domino,
00:47:29ou d'échec,
00:47:29comme vous voulez,
00:47:30où il y a
00:47:31beaucoup d'acteurs
00:47:32qui jouent
00:47:33en arrière-plan.
00:47:34Les Chinois,
00:47:35on a eu aussi
00:47:35les Russes,
00:47:36les eaux mannés,
00:47:38les eaux mannés,
00:47:38et qui sont très importants,
00:47:40les eaux mannés,
00:47:41et donc,
00:47:42tout ce qu'on voit là,
00:47:44quand même,
00:47:44c'est un signal
00:47:45quand même
00:47:45qui est positif
00:47:46malgré tout.
00:47:47On part de très loin,
00:47:48il faut bien le voir,
00:47:49c'est quand même,
00:47:50parce que les Chinois,
00:47:51ça ne m'amuse pas à dire ça,
00:47:52mais les Chinois reviennent
00:47:52une fois de plus
00:47:53au cœur,
00:47:54au centre,
00:47:54parce qu'ils veulent,
00:47:56n'oublions pas,
00:47:56les nouvelles routes
00:47:57de la soie.
00:47:58Et si on pense
00:47:58qu'on va le route
00:47:59de la soie,
00:47:59ça veut dire
00:48:00qu'ils ont besoin
00:48:02de ce pétrole.
00:48:03Mais ce pétrole,
00:48:05mais les entreprises chinoises
00:48:07sont sanctionnées
00:48:08par les Etats-Unis
00:48:09parce qu'ils achètent
00:48:10à l'Iran,
00:48:11et donc,
00:48:11qu'est-ce que vont
00:48:12dire les Chinois ?
00:48:13Ok,
00:48:13à ce moment-là,
00:48:14les Américains,
00:48:14vous levez les sanctions
00:48:15et nous,
00:48:16on va faire le nécessaire.
00:48:17Et c'est tout,
00:48:19plutôt,
00:48:19c'est l'un des enjeux
00:48:20de cette visite
00:48:20de Donald Trump
00:48:21en Chine,
00:48:22ce sera mercredi
00:48:23et jeudi.
00:48:24Merci beaucoup
00:48:24à tous les quatre
00:48:25d'être venus ce soir
00:48:26sur le plateau
00:48:26de 60 Minutes.
00:48:27On va poursuivre
00:48:27cette discussion
00:48:30tout de suite
00:48:30sur l'avenir de la guerre,
00:48:31sur le détroit d'Hormuz,
00:48:32sur ses conséquences
00:48:34en Europe,
00:48:35dans le reste du monde
00:48:35avec l'invité de 60 Minutes
00:48:37qui nous rejoint à présent,
00:48:38c'est Frédéric Ancel.
00:48:40Bonsoir Frédéric Ancel,
00:48:41je vous laisse vous installer
00:48:42tranquillement
00:48:43et prendre place
00:48:44à mes côtés.
00:48:44Bonsoir.
00:48:45Bonsoir.
00:48:45Ravi de vous retrouver,
00:48:46professeur de géopolitique
00:48:47à Sciences Po
00:48:48et à la Paris School of Business,
00:48:49auteur du livre
00:48:50La guerre mondiale
00:48:51n'aura pas lieu
00:48:52aux éditions Odile Jacob.
00:48:55Et la situation
00:48:56est figée à Hormuz,
00:48:57même si aujourd'hui
00:48:58il n'y a pas eu
00:48:59d'attaques
00:49:01ni iraniennes
00:49:02ni américaines
00:49:02contre des bateaux.
00:49:03C'est notable,
00:49:03ça faisait plusieurs jours
00:49:04que ça n'était pas arrivé.
00:49:06Donald Trump a rejeté
00:49:07les dernières propositions
00:49:08de l'Iran.
00:49:09On rentrera dans le détail
00:49:10avec vous dans quelques minutes.
00:49:11Et ce soir,
00:49:12il menace assez clairement
00:49:13d'une reprise de la guerre.
00:49:13On l'écoute
00:49:14et je vous demanderai
00:49:15ce que vous en pensez
00:49:16dans un instant
00:49:16si vous voulez bien.
00:49:19Pour l'instant,
00:49:20le cessez-le-feu
00:49:20tient toujours ?
00:49:24Il est incroyablement faible,
00:49:25je dirais.
00:49:26Je dirais que c'est
00:49:27le plus faible en ce moment
00:49:28après avoir lu
00:49:29cette saleté
00:49:30qu'ils nous ont envoyé.
00:49:31Je n'ai même pas fini
00:49:32de la lire.
00:49:32J'ai dit
00:49:33je ne vais pas perdre
00:49:34mon temps à lire ça.
00:49:35Je dirais qu'il est
00:49:36au plus bas en ce moment.
00:49:37Il est sous assistance
00:49:38respiratoire.
00:49:40Eux comprennent.
00:49:41Ce sont toutes des personnes
00:49:42du milieu médical.
00:49:44Docteur Rose,
00:49:45être sous assistance
00:49:46respiratoire,
00:49:46ce n'est pas bon.
00:49:47Vous êtes d'accord ?
00:49:48Je dirais que le cessez-le-feu
00:49:49est sous assistance
00:49:50respiratoire massive.
00:49:52Je vous voyais sourire.
00:49:53Oui, on a affaire
00:49:55à l'une des formules
00:49:56très intéressantes,
00:49:58assez clownesques
00:49:59d'ailleurs,
00:49:59de Donald Trump.
00:50:00Ça ne veut pas dire
00:50:00qu'il dit n'importe quoi.
00:50:01Mais ça signifie que là,
00:50:03il emploie un langage
00:50:04volontiers médical
00:50:06pour considérer
00:50:07comme intolérable
00:50:09ce que les Iraniens
00:50:10lui ont proposé.
00:50:11Ce qui à ses yeux
00:50:12est parfaitement exact.
00:50:13C'est intolérable.
00:50:13Pourquoi ?
00:50:14Parce que le rapport
00:50:14de force militaire
00:50:15il est très en faveur
00:50:17des Etats-Unis.
00:50:18On a beau depuis
00:50:19plusieurs semaines
00:50:20et à juste titre
00:50:21dire que les Iraniens,
00:50:22le pouvoir,
00:50:23le régime iranien
00:50:24est toujours en place,
00:50:25certes,
00:50:25mais je ne cesse
00:50:26de dire et d'écrire
00:50:27que c'est là
00:50:28sa principale victoire.
00:50:29Parce que fondamentalement,
00:50:30sur le plan stratégique
00:50:32d'une part,
00:50:32sur le plan politique
00:50:34d'autre part,
00:50:34l'Iran étant absolument
00:50:36seul dans la région
00:50:37et non seulement seul
00:50:38dans la région,
00:50:39mais je pense qu'on va
00:50:39y revenir,
00:50:40même Moscou et Pékin
00:50:41en réalité n'ont pas
00:50:42soutenu sérieusement
00:50:43l'Iran.
00:50:43Donc au regard de tout cela,
00:50:45effectivement,
00:50:46ce qu'ont contre-proposé
00:50:47les Iraniens
00:50:48n'est évidemment pas suffisant.
00:50:50J'ajoute un point important,
00:50:51me semble-t-il,
00:50:52même si on ne refait pas l'histoire,
00:50:53je pense que pour un autre
00:50:54président américain,
00:50:55ça n'aurait pas non plus
00:50:55été suffisant
00:50:56parce qu'encore une fois,
00:50:57le rapport de force générale,
00:50:58il est vraiment
00:50:58en faveur des Etats-Unis.
00:50:59Vous dites que Moscou et Pékin
00:51:01n'ont pas tant que ça
00:51:02soutenu l'Iran,
00:51:03est-ce qu'ils pourraient
00:51:04lâcher leurs alliés ?
00:51:06Est-ce qu'ils l'ont déjà
00:51:07lâché aujourd'hui ?
00:51:08Est-ce que vous considérez
00:51:08que finalement,
00:51:09Téhéran est seul
00:51:10face à Donald Trump ?
00:51:11Eh bien oui,
00:51:12d'abord la Russie a déjà
00:51:13lâché l'Iran,
00:51:14comme la Russie avait lâché
00:51:15l'Arménie en 2020
00:51:16face à l'Azerbaïdjan,
00:51:17comme la Russie a lâché
00:51:18Bachar el-Assad
00:51:18en décembre 2024,
00:51:20comme la Russie lâche
00:51:21systématiquement ses partenaires
00:51:22et ses prétendus alliés.
00:51:24Et ça,
00:51:24c'est totalement authentique
00:51:25puisque en principe,
00:51:26au regard d'un traité stratégique,
00:51:28alors ce n'est pas
00:51:28une alliance militaire,
00:51:29mais un traité stratégique
00:51:30quand même,
00:51:31qui liait Moscou et Téhéran,
00:51:33notamment avec la vente
00:51:33de missiles anti-aériens
00:51:35S-300 et S-400
00:51:36très performants,
00:51:37eh bien en vertu
00:51:37de cet accord stratégique,
00:51:39la Russie devait venir
00:51:40en aide à l'Iran
00:51:41si l'Iran était attaqué.
00:51:42Alors pourquoi Vladimir Poutine
00:51:44aujourd'hui
00:51:44n'applique pas cet accord ?
00:51:45Alors, deux points,
00:51:46d'abord un strictement
00:51:47matériel et technique.
00:51:48Aujourd'hui,
00:51:49toutes les armes
00:51:49qui sortent des usines
00:51:52de fabrication d'armement russe
00:51:54partent directement en Ukraine
00:51:55où la situation
00:51:56est extrêmement mauvaise.
00:51:57Ça, c'est le premier point technique.
00:51:59Deuxième point,
00:52:01Poutine est absolument duplice.
00:52:03En fait,
00:52:03il ne soutient que des alliés
00:52:05pour aller au secours
00:52:06de la victoire,
00:52:06en quelque sorte,
00:52:07comme on dit
00:52:07de manière un petit peu ironique.
00:52:08Mais dès qu'un allié
00:52:09a besoin de lui
00:52:10et que ça ne l'intéresse pas
00:52:11ou qu'il considère
00:52:12que c'est beaucoup trop dangereux
00:52:14d'aller le soutenir,
00:52:15par exemple en ce moment
00:52:16face à la force aéronavale américaine,
00:52:19eh bien simplement,
00:52:20il ne le fait pas.
00:52:21Quant à Pékin,
00:52:22la Chine n'était pas signataire.
00:52:24C'est-à-dire d'un traité d'alliance
00:52:25ni d'ailleurs stratégique
00:52:26avec Téhéran.
00:52:27Néanmoins,
00:52:28ça a été très bien dit
00:52:29sur votre plateau,
00:52:30les Chinois achètent
00:52:31des quantités très importantes
00:52:32de pétrole de la région
00:52:33et notamment en provenance d'Iran.
00:52:35Oui, mais voilà,
00:52:36la Chine est une puissance
00:52:37ultra-conservatrice
00:52:38sur le dossier nucléaire.
00:52:40Les Chinois ne veulent pas...
00:52:41Ils n'ont pas du tout envie
00:52:42d'une bombe iranienne.
00:52:43Non seulement,
00:52:44ils ne veulent pas
00:52:44d'une bombe iranienne,
00:52:45mais à quatre reprises,
00:52:47lorsque depuis l'invasion
00:52:48de l'Ukraine par la Russie,
00:52:49à quatre reprises déjà,
00:52:50Poutine avait menacé
00:52:52de l'Occident d'apocalypse.
00:52:54C'est le mot qu'il emploie souvent
00:52:55pour éviter d'utiliser justement
00:52:56et pour cause,
00:52:57celui de nucléaire.
00:52:58Et à quatre reprises,
00:52:59Xi Jinping l'a publiquement,
00:53:01je dis bien publiquement,
00:53:02humilié.
00:53:03Les Chinois ne veulent pas
00:53:04entendre parler
00:53:05d'une modification
00:53:06de l'architecture
00:53:07de la paix nucléaire mondiale
00:53:08qui repose sur le traité
00:53:10de non-prolifération de 68.
00:53:11Autrement dit,
00:53:12lorsque les Iraniens mentent
00:53:14sur...
00:53:14Et ils le font depuis 2002,
00:53:15aux yeux de l'AIEA,
00:53:16de l'Agence internationale
00:53:17pour l'énergie atomique,
00:53:18donc de l'ONU.
00:53:18Lorsque les Iraniens mentent,
00:53:20les Chinois ne les soutiennent pas,
00:53:23en tout cas sur ce dossier-là.
00:53:24Pour la première fois
00:53:24depuis quasiment dix ans,
00:53:26un président américain
00:53:26va poser le pied à Pékin.
00:53:28Après-demain,
00:53:29Donald Trump,
00:53:30tous les analystes
00:53:30sont d'accord pour dire
00:53:31que ce voyage
00:53:32est absolument essentiel
00:53:34et peut-être même crucial.
00:53:35Qu'est-ce qui peut se passer
00:53:36dans le secret du tête-à-tête
00:53:38entre Xi Jinping
00:53:39et Donald Trump ?
00:53:40Alors, un deal,
00:53:41comme souvent,
00:53:41de toute façon,
00:53:42c'est ce que souhaite
00:53:43Donald Trump,
00:53:44un deal au sens
00:53:45le plus économique
00:53:45et le plus mercantiliste
00:53:47du terme.
00:53:47Je rappelle toujours
00:53:48que sur le plan politique,
00:53:49diplomatique et militaire,
00:53:50il est à la fois incompétent
00:53:52et assez erratique
00:53:53et parfois,
00:53:54sa variable principale
00:53:55de prise de décision
00:53:56relève du n'importe quoi.
00:53:58En revanche,
00:53:59sur le plan économique
00:54:00et encore plus précisément,
00:54:01je le répète,
00:54:02sur le plan du mercantilisme,
00:54:03il ne dit pas du tout
00:54:04n'importe quoi.
00:54:05Il est au contraire,
00:54:06c'est un peu le nord
00:54:06de sa boussole.
00:54:07Et donc,
00:54:08avec la Chine,
00:54:09ça fait de très longues années
00:54:11et avant lui,
00:54:11plusieurs de ses prédécesseurs
00:54:12d'ailleurs,
00:54:13qu'il existe
00:54:13un véritable contentieux.
00:54:14Alors,
00:54:15je le dis d'un chiffre,
00:54:15vous avez chaque année
00:54:17environ 700 milliards
00:54:18de dollars
00:54:19de services
00:54:20et de produits
00:54:20qui sont échangés
00:54:21entre la Chine
00:54:21et les Etats-Unis.
00:54:22Un peu plus des trois quarts
00:54:23au fond,
00:54:24en faveur de la Chine.
00:54:25Je veux dire
00:54:25que la balance commerciale
00:54:26américaine
00:54:27est extrêmement
00:54:28et structurellement déficitaire
00:54:29face à Pékin.
00:54:30Ça,
00:54:30Trump n'en veut plus.
00:54:32Les Chinois
00:54:32en sont tout à fait conscients.
00:54:34Donc,
00:54:34les Chinois peuvent
00:54:34là-dessus,
00:54:35éventuellement,
00:54:36faire des efforts
00:54:38moyennant quand même,
00:54:39par exemple,
00:54:39aller au hasard,
00:54:40la sécurisation
00:54:41d'une partie
00:54:42de leur approvisionnement
00:54:43en brut.
00:54:43Vraiment au hasard.
00:54:45Alors,
00:54:45la France et l'Iran,
00:54:47Frédéric Ancel.
00:54:47Hier,
00:54:48Téhéran a menacé
00:54:48directement la France.
00:54:50Si le porte-avions
00:54:51Charles de Gaulle
00:54:52venait à se rapprocher
00:54:53du détroit d'Hormuz,
00:54:55il est arrivé aujourd'hui
00:54:56dans l'incéan indien
00:54:57après avoir traversé
00:54:58ces derniers jours
00:55:00la mer Rouge,
00:55:01est-ce que cette approche
00:55:03du fleuron
00:55:04de la marine française
00:55:04nous met en danger ?
00:55:05La réponse est non.
00:55:07Ce serait presque
00:55:08le contraire.
00:55:09Un aveu de faiblesse
00:55:10mettrait davantage en danger
00:55:12la France et d'ailleurs
00:55:13entre parenthèses
00:55:14d'autres pays.
00:55:15Je veux dire par là
00:55:16que la crédibilité dissuasive
00:55:17vous confère
00:55:18face à n'importe quel adversaire
00:55:20à peu près cornacé,
00:55:21à peu près rationnel
00:55:22et pragmatique.
00:55:23Et c'est le cas des Iraniens.
00:55:25Ils ont beau être fanatiques,
00:55:26je parle évidemment du pouvoir,
00:55:27je ne parle pas de la population,
00:55:28ils sont en général
00:55:29assez pragmatiques.
00:55:30La crédibilité dissuasive,
00:55:32ils la comprennent très bien
00:55:33les Iraniens.
00:55:34Alors ça,
00:55:34c'est le premier point.
00:55:34Le deuxième point...
00:55:35Donc, vous voulez dire
00:55:35que c'est une bonne nouvelle
00:55:36qu'ils soient fâchés ?
00:55:37Ils nous respectent ?
00:55:38Alors, fâchés,
00:55:39et ce qu'on est...
00:55:40Alors, on est fâchés avec eux,
00:55:41évidemment,
00:55:41parce que c'est un régime assassin,
00:55:43mais on n'est pas en guerre.
00:55:46Officiellement,
00:55:46on n'est pas en guerre du tout.
00:55:47Et officieusement ?
00:55:48Alors, officieusement,
00:55:49les relations sont
00:55:51extrêmement mauvaises,
00:55:52mais on n'est réellement
00:55:53pas en guerre.
00:55:54Alors, sauf à la marge
00:55:56sur le plan défensif
00:55:57avec les Émirats arabes unis.
00:55:59Parce que je rappelle
00:56:00que depuis 2009,
00:56:00nous sommes,
00:56:01et on le rappelle suffisamment
00:56:02sur ce plateau,
00:56:02vous avez bien raison de le faire,
00:56:04que nous avons,
00:56:04alors pour le coup,
00:56:05un accord de défense mutuelle.
00:56:07Et là, la France,
00:56:08et ça a été très bien rappelé
00:56:09tout à l'heure,
00:56:09le fait de manière
00:56:10extrêmement sérieuse
00:56:11et les Émirats en sont très heureux.
00:56:12Alors, évidemment,
00:56:13on les défend contre qui ?
00:56:14Contre les Iraniens.
00:56:15Mais c'est à titre,
00:56:16encore une fois,
00:56:17exclusivement défensif.
00:56:18Par exemple, la France,
00:56:18à ce jour,
00:56:19n'a jamais frappé
00:56:20une cible située
00:56:22sur le territoire iranien
00:56:23du moins officiellement.
00:56:24Mais je crois que c'est assez
00:56:26authentique.
00:56:26Maintenant, pour revenir
00:56:27d'un mot sur le porte-avions,
00:56:29sur lequel la ministre
00:56:31de la Défense,
00:56:32Catherine Votrin,
00:56:33s'est invitée aujourd'hui
00:56:34en publiant au passage,
00:56:35on voit un message aujourd'hui.
00:56:37Ce qui ajoute du poids politique,
00:56:38d'ailleurs.
00:56:38Prévenir, c'est quand même assez rare.
00:56:40On m'a toujours expliqué
00:56:41que les porte-avions,
00:56:42évidemment, parfois,
00:56:43ils longent les côtes
00:56:43et on peut prendre des photographies,
00:56:44mais normalement,
00:56:45c'est censé rester un peu secret.
00:56:46Là, on a une ministre
00:56:47de la Défense
00:56:47qui s'invite à bord,
00:56:49qui publie une très belle vidéo
00:56:50pour dire la France est là,
00:56:51la France arrive
00:56:52dans l'océan Indien.
00:56:53Est-ce que c'est un message
00:56:54destiné aux Français
00:56:55pour dire
00:56:56« Voilà où va l'argent
00:56:57de vos impôts,
00:56:59c'est grâce à ça,
00:57:00aux impôts que vous payez
00:57:01qu'on a un bon porte-avions
00:57:02qui est utile aujourd'hui ? »
00:57:03Est-ce que c'est un message
00:57:03à Donald Trump
00:57:04pour lui dire
00:57:04« On n'a pas voulu aller
00:57:06dans ta guerre,
00:57:07mais tu vois,
00:57:07le jour où il faudra sécuriser,
00:57:09on sera là »
00:57:09ou est-ce que c'est un message
00:57:11à l'Iran
00:57:11pour dire « Vous nous cherchez,
00:57:13vous nous trouverez ? »
00:57:13– C'est les trois.
00:57:14– Les trois.
00:57:15– C'est les trois.
00:57:15Et j'ajoute d'ailleurs
00:57:16un message adressé
00:57:18à nos alliés contemporains,
00:57:20notamment les Émirats,
00:57:21pour leur dire
00:57:22« Regardez, on ne vous ment pas,
00:57:23non seulement on vous protège
00:57:23via nos rafales,
00:57:25mais on vient
00:57:25avec notre fleuron,
00:57:26mais éventuellement
00:57:27d'autres alliés à venir. »
00:57:29Et effectivement,
00:57:30on dit tout cela,
00:57:31mais on dit notamment cela
00:57:32aux Iraniens
00:57:33parce que ce porte-avions,
00:57:35il est quand même
00:57:35dans les eaux internationales.
00:57:36Alors pardon,
00:57:37les Iraniens,
00:57:38mais n'ont pas à se mêler
00:57:40en aucun cas
00:57:41de ce que fait la France
00:57:43sur le plan civil et militaire
00:57:44dans les eaux internationales.
00:57:46Et à ma connaissance,
00:57:47pour l'instant,
00:57:47notre fleuron
00:57:48n'a pas franchi,
00:57:49bien évidemment,
00:57:50les eaux territoriales
00:57:51souveraines de l'Iran.
00:57:53– Donc il va falloir surveiller
00:57:54dans les jours qui viennent
00:57:55l'endroit où il s'arrête,
00:57:56le porte-avions ?
00:57:57– Oui,
00:57:58parce que sa localisation géographique
00:58:00dit quelque chose de politique.
00:58:01De la même manière
00:58:02que vous avez bien fait de rappeler
00:58:02que la ministre,
00:58:03ce qui n'est pas rien tout de même
00:58:04de la défense,
00:58:05se trouve dessus,
00:58:06ce qui est relativement rare d'ailleurs
00:58:07pour un porte-avions en opération,
00:58:10ça veut dire que la France
00:58:12est prête à jouer un rôle.
00:58:14Alors on est en droit
00:58:16de ne pas dire exactement lequel,
00:58:18mais je rappelle quand même
00:58:18qu'à la tête
00:58:19de la coalition internationale
00:58:22et notamment européenne,
00:58:23qui s'est mise en place
00:58:26d'ailleurs depuis déjà
00:58:27pas mal d'années,
00:58:28parce que ça fait longtemps
00:58:28qu'on est en mer rouge,
00:58:29je veux dire les Européens
00:58:30notamment dans le cadre
00:58:31d'Atalante, etc.,
00:58:32pour chasser les pirates.
00:58:33Mais là en l'occurrence,
00:58:35la France est au sein
00:58:36de l'Union Européenne
00:58:37et d'ailleurs parmi les pays
00:58:39européens de l'OTAN,
00:58:40aujourd'hui incontestablement
00:58:42sur le plan militaire,
00:58:42la première puissance militaire.
00:58:44si on ne le faisait pas,
00:58:46j'inverse la question et le postulat,
00:58:49si on ne le faisait pas,
00:58:49ça serait un signe de faiblesse.
00:58:51C'est-à-dire, vous voulez dire
00:58:51que les Français découvrent
00:58:53pour certains
00:58:53ou peuvent redécouvrir
00:58:56que malgré l'état
00:58:57de notre armée,
00:58:58ça fait des années qu'on dit,
00:58:59même si l'effort budgétaire
00:59:00était très important
00:59:01ces dernières années,
00:59:02que l'armée française
00:59:03reste l'armée
00:59:04d'une très grande nation ?
00:59:06En tout cas,
00:59:07d'une grande nation ?
00:59:08Oui, c'est ce qu'on appelle
00:59:09une moyenne grande puissance.
00:59:11Il y a 193 États.
00:59:13Si nous ne sommes
00:59:13qu'une moyenne grande puissance,
00:59:15alors moi je veux bien,
00:59:16mais parmi les seules
00:59:17grandes puissances,
00:59:18en fait,
00:59:19on va trouver les États-Unis,
00:59:20peut-être, peut-être,
00:59:21la Chine certainement pas,
00:59:22d'ailleurs,
00:59:23sur le plan mondial.
00:59:23Si on était en Ligue 1,
00:59:25on serait où ?
00:59:25Le champion de France,
00:59:27le champion sans les États-Unis,
00:59:28on serait où aujourd'hui ?
00:59:29Alors, en termes de,
00:59:30alors tout dépend des critères
00:59:31que vous choisissez,
00:59:32mais en termes de capacité
00:59:33de projection,
00:59:34on est aujourd'hui
00:59:35parmi le top 3
00:59:36des armées mondiales.
00:59:37On est en Ligue des champions.
00:59:38Oui, bien sûr.
00:59:39pour finir la métaphore
00:59:41footballistique.
00:59:42Le patron d'Aramco,
00:59:43la grande, très grande
00:59:43compagnie pétrolière saoudienne,
00:59:45dit,
00:59:46aujourd'hui,
00:59:47cette guerre au Moyen-Orient
00:59:48a déclenché
00:59:48le plus grand choc énergétique
00:59:50jamais connu.
00:59:52Est-ce qu'il en rajoute un peu
00:59:54ou est-ce qu'effectivement,
00:59:55c'est un choc aujourd'hui
00:59:56bien plus important
00:59:57que celui qu'on a pu connaître
00:59:59à deux reprises
01:00:00dans les années 70 ?
01:00:01Alors justement,
01:00:02pour reprendre
01:00:02votre très juste métaphore,
01:00:03je dirais que
01:00:04c'est plutôt
01:00:05médaille d'argent.
01:00:06La formule n'est pas très heureuse.
01:00:08Non, non, je pense que 73,
01:00:09ça a été plus fort.
01:00:10Parce qu'en 73,
01:00:11après la guerre du Kippour,
01:00:13les prix du baril de brut
01:00:15sont multipliés par 4.
01:00:17Alors, ce n'est pas
01:00:17ce qu'on a connu, là.
01:00:18Là, on est plutôt x2.
01:00:19On était autour de 60.
01:00:21On est remonté un peu
01:00:22au-dessus de 100 aujourd'hui.
01:00:23Voilà, un petit peu moins de x2.
01:00:24Là, c'était x4.
01:00:25Et vous attendez encore
01:00:26quelques années,
01:00:27c'est encore x2.
01:00:28Ça, c'est le premier point.
01:00:29Et le deuxième point
01:00:29qu'on oublie trop souvent,
01:00:30c'est que dans les années 70,
01:00:33le pétrole,
01:00:33on n'en a pas tant que ça.
01:00:34Aujourd'hui,
01:00:35les réserves d'hydrocarbures
01:00:36de manière générale,
01:00:37c'est-à-dire de pétrole,
01:00:38mais sous ses différentes formes.
01:00:39Et là, j'inclus évidemment
01:00:40les schistes
01:00:42d'Amérique du Nord.
01:00:43On en trouve franchement
01:00:44un petit peu partout.
01:00:45C'est la raison pour laquelle
01:00:46je dirais que c'est,
01:00:47malgré tout,
01:00:47sur le plan planétaire,
01:00:48un peu moins grave
01:00:50qu'en 73.
01:00:51Juste alors, quand même,
01:00:52une incise et une nuance
01:00:53par rapport à ce que je viens de dire.
01:00:54N'oublions pas,
01:00:55ces centaines de millions,
01:00:56j'ai bien dit des centaines de millions,
01:00:58d'agriculteurs
01:00:59et de familles d'agriculteurs,
01:01:00notamment sur le continent africain,
01:01:01qui souffrent de cette crise.
01:01:03Alors, pour le coup,
01:01:03davantage qu'en 73.
01:01:04Pourquoi ?
01:01:05Parce qu'eux,
01:01:05ils ont cruellement besoin
01:01:07d'engrais qui sont,
01:01:08on le sait,
01:01:09souvent d'origine.
01:01:09Et qui a une nouvelle alerte
01:01:10aujourd'hui en disant
01:01:11tout l'engrais qui ne sort plus
01:01:12du Golfe et du Détroit,
01:01:14ce sont des récoltes en moins
01:01:16cette année,
01:01:17l'année prochaine,
01:01:17et qui a un risque,
01:01:18effectivement,
01:01:19de millions,
01:01:19dizaines de millions de personnes
01:01:20qui n'arriveront plus
01:01:21à faire pousser
01:01:22du blé ou autre chose.
01:01:23Et c'est vrai pour l'Afrique
01:01:24et c'est vrai notamment
01:01:25pour l'Asie.
01:01:26Ça, il ne faut pas l'oublier.
01:01:27Oui.
01:01:27Un mot sur Benyamin Netanyahou,
01:01:29Frédéric Ancel,
01:01:30qui tente de convaincre
01:01:32Donald Trump
01:01:32de relancer
01:01:33les opérations militaires
01:01:34contre l'Iran.
01:01:35Il a présenté hier,
01:01:35d'après la presse américaine,
01:01:37un plan pour une à deux semaines
01:01:39de frappe contre l'Iran.
01:01:40La guerre n'est pas finie.
01:01:41C'est ce que dit
01:01:42le Premier ministre israélien.
01:01:44Est-ce qu'il peut,
01:01:45effectivement,
01:01:45convaincre Donald Trump
01:01:46ou est-ce qu'aujourd'hui,
01:01:47Benyamin Netanyahou
01:01:48prêche dans le désert ?
01:01:49Alors, il ne prêche pas
01:01:50dans le désert.
01:01:51Il a manifestement
01:01:52une forme d'influence
01:01:53dont il a usé
01:01:54sur Trump
01:01:55qui n'est pas
01:01:56un enfant de cœur
01:01:57ni un perdre de l'année.
01:01:58C'est-à-dire que je crois
01:01:58qu'il ne faut pas fantasmer
01:01:59le fait que Trump
01:02:00va écouter tel ou tel
01:02:01chef d'État ou gouvernement,
01:02:02y compris israélien.
01:02:03Mais n'oublions pas
01:02:05qu'à usage interne,
01:02:07Netanyahou fait dorénavant
01:02:08ses discours.
01:02:10Les élections législatives
01:02:11ont lieu dans quelques mois.
01:02:12Il a besoin
01:02:14de montrer à sa population
01:02:15au moins une victoire
01:02:17relativement décisive.
01:02:18Pour l'instant,
01:02:19il a remporté
01:02:19ces dernières années
01:02:20plusieurs victoires
01:02:21incontestables
01:02:21contre le Hezbollah,
01:02:23contre l'Iran d'ailleurs,
01:02:24notamment l'an dernier.
01:02:25Elles ne sont pas
01:02:26totalement décisives
01:02:27en quelque sorte.
01:02:28Or, il en a besoin
01:02:29et c'est la raison
01:02:29pour laquelle
01:02:30il reste encore
01:02:31extrêmement déterminé
01:02:33et très combatif
01:02:35ou bout de feu,
01:02:35appelez ça comme vous voulez,
01:02:36notamment sur le plan
01:02:37lexical et discursif.
01:02:38Merci beaucoup.
01:02:39Jérémy Kansel,
01:02:40la guerre mondiale
01:02:40n'aura pas lieu,
01:02:41c'est chez Odile Jacob.
01:02:42Merci d'avoir été
01:02:43avec nous ce soir.
01:02:44Bonsoir Julie Hamet.
01:02:45Bonsoir Marc.
01:02:46Bonsoir à tous.
01:02:47Le programme du 20h
01:02:48dans une poignée de secondes.
01:02:50Sur ce premier cas
01:02:51d'antavirus en France,
01:02:52on a plein de questions
01:02:52à poser,
01:02:53notamment à l'infectiologue
01:02:54Jean-Daniel Lelièvre
01:02:55et puis Donald Trump
01:02:56peut-il refrapper l'Iran
01:02:58voire même lancer
01:02:58une opération terrestre ?
01:03:00Notre invité à 20h30
01:03:01c'est Alain Boer.
01:03:02A tout de suite.
01:03:02L'info continue.
01:03:03Restez avec nous.
01:03:04Belle soirée à tous sur BFM.
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