- il y a 2 mois
2. L'utilisation de l'agent orange
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00:04Et maintenant, il n'y a plus de bombardements au Vietnam, mais la guerre continue avec les
00:14séquences de l'agent Orange. Donc c'est pour ça que des fois on me demande pourquoi tu fais
00:22revivre le passé. Mais sans le passé, est-ce qu'il y a de l'aujourd'hui ? Et si
00:30on oublie
00:32le passé, si on oublie le passé, alors l'avenir serait encore pire. Je vous cite l'exemple
00:42de l'agent Orange. C'est parce qu'on ne parle pas beaucoup de l'agent Orange, même si
00:51on parle maintenant avec notre combat, on parle beaucoup, on commence à connaître les
00:57conséquences atroces de l'agent Orange. Mais l'agent Orange est comme l'ancêtre des
01:03pesticides d'aujourd'hui. Donc si on ne parle pas de l'agent Orange, on n'aurait pas le
01:10courage de montrer aussi les atrocités des pesticides, de la chlordécone et puis on ne
01:16serait pas aussi fort pour notre combat que pour l'environnement. Alors que le 22 juin
01:28dernier, le tribunal pour l'accord de l'école a eu le verdict de non-lieu. Donc les injustices
01:42continuent, continuent. Donc il faut quand même se battre, même s'il n'y a pas de
01:48bombardements, il n'y a rien, mais il y a toujours la guerre. On ne parle pas de la
01:53guerre actuelle dans d'autres pays, mais même en France. Pourquoi les Français, les
01:59jeunes Français sont tués, sont morts dans d'autres pays ? Est-ce qu'ils demandent
02:06d'y aller ? Moi je ne pense pas. Je ne pense pas. Alors il faut donc se battre contre
02:14les guerres, toutes les guerres.
02:16Tom peut-être tu peux parler d'abord de ton association qui est exactement dans le droit
02:23fil de ce que vient de nous dire Nga. Et puis vas-y, on t'écoute avec grand intérêt.
02:30Merci beaucoup déjà pour l'invitation. Donc moi je m'appelle Tom, je fais partie du
02:34collectif Vietnam Dioxine, qui est un collectif qui lutte pour les victimes de l'âge orange
02:39pour à la fois reconnaître ce drame, cet écocide, on reviendra sur ça. Et aussi finalement
02:45pour se battre pour tous les victimes de l'âge orange, que ce soit Nia qui porte plainte
02:49depuis 2014, mais qui dans le combat date aussi depuis 2009 comme tu disais, avec le tribunal
02:54d'opinion. Et on s'inscrit aussi dans la lignée de toutes les personnes qui ont lutté
02:59à l'époque contre la guerre, que ce soit la première, seconde guerre d'Indo-Chine comme
03:02on dit. Aussi finalement contre l'âge orange parce qu'il y a plein d'associations qui ont
03:08lutté pour. Là on est au petit musc, au siège de l'Union Générale des Viennames
03:12de France, c'est quand même assez historique. Que ce soit l'association d'amitié franco-vietnamienne,
03:16que ce soit André Bouni aussi, qu'on salue. Donc voilà, nous on est un collectif et maintenant
03:25on essaie aussi de politiser ça, c'est-à-dire de se dire quel est le point en commun avec
03:29tous les autres luttes qui peuvent lutter contre ces injustices-là. Tu as parlé de Chlordécone,
03:33donc on essaie de faire le lien avec tous les luttes qui luttent qu'on les écocide.
03:37C'est pour ça que le 22 juin on a fait un renseignement pour les victimes de l'âge orange
03:42et pour les victimes de Chlordécone parce qu'ensemble on est plus fort. Et voilà, on dit qu'aussi
03:47qu'on lutte pour une écologie qu'on appelle décoloniale, c'est-à-dire qu'on essaie de faire la
03:52continuité
03:52historique entre toutes les injustices coloniales, que ce soit la France, des guerres, etc.
04:00Et aussi donc là on rassemble, on est entre 30 et 50 militants militantes par un trou en France
04:06et on essaie de faire vivre en tout cas, comme dit Ligna, on est un peu la jeune armée
04:11aussi de Nia, mais aussi pour contre les guerres. Donc aussi essayer de faire le lien entre ce qui se
04:18passe au
04:19Vietnam et ce qui se passe aujourd'hui en Palestine. Parce que l'exemple, donc l'âge orange qui est
04:23l'effoliant par le Nia, qui a fait plus de 3 millions de victimes au Vietnam, on pense aussi au
04:29Cambodge,
04:29au Laos et finalement dans tous les pays, les pays alliés. Parce qu'en Corée du Sud il y a
04:33des vétérans
04:33qui ont porté plainte. Parce que il y a des vétérans états-duisens qui ont essayé aussi de...
04:40qui ont été indemnisés à hauteur de 180 millions de dollars en 1984, enfin voilà.
04:45Et en fait on se rend compte que Monsanto par exemple, qui a produit l'inge orange, produit encore aujourd
04:50'hui
04:50du phosphore blanc. C'est un des premiers producteurs du phosphore blanc qui est utilisé encore aujourd'hui
04:55à Gaza, etc. Et produit aussi des herbicides tactiques qui sont utilisés, ça a été documenté
05:00par Forehandic Architecture, qui a été documenté, l'usage a été documenté au Liban par exemple, au
05:06Sud-Liban ou à Gaza. Donc en fait il y a plein de continuités et on essaie aussi de se
05:10battre
05:10contre les guerres. Alors on fait partie d'un collectif qui s'appelle Guerre à la Guerre,
05:14où par exemple l'année dernière il y avait le Salon du Bourget, où il y avait plein de fournisseurs
05:21d'armes, etc. Et on a manifesté contre. Cette année il y avait aussi le Salon Oro Satori.
05:27On a essayé aussi de faire le lien, de dire que voilà, le Vietnam c'était important.
05:30Ça a quand même mené à des luttes comme mai 68 aussi, et qu'on continue les luttes internationalistes
05:35aujourd'hui. Donc on essaie de faire le lien avec toutes les forces politiques, en tout cas
05:39syndicales ou autres, qui aujourd'hui continuent de lutter contre ça.
05:43Mais notre premier combat c'est quand même l'Age Orange. Donc voilà, on essaie de se mobiliser
05:47voilà, au sein du comité de soutien à Trintonia et pour l'Age Orange, pour soutenir,
05:53ben voilà, il y a de son procès.
05:55Merci de rappeler ça et nous c'est un petit peu notre raison d'être, je dis nous, l'histoire
06:03coloniale. L'histoire n'est pas une science froide. L'histoire est une science qui est en
06:08permanence en contact avec l'actualité. Et le fait que tu aies parlé à l'instant de la
06:13Palestine nous convient parfaitement. Le combat pour la dénonciation de l'impérialisme
06:23américain, j'assume le terme, c'est un combat qui est comparable à celui de tous nos amis
06:33qui luttent contre le sionisme et contre les crimes de l'armée israélienne en
06:42Palestine, à Gaza, au Liban aujourd'hui. Donc voilà, bien sûr ce n'est pas le thème
06:47central de notre discussion, mais ces passerelles sont toujours nécessaires et elles s'imposent
06:56naturellement à notre respect. J'en profite pour dire à nos auditeurs que nous avons déjà
07:02bien entamé la discussion et que, évidemment, nous allons la continuer, mais qu'ils sont
07:06invités à poser des questions par chat. Je ne sais jamais si je prononce bien ce terme
07:13barbare. En tout cas, en tout état de cause, interrogez-nous, posez des questions. Nous sommes
07:21pour répondre dans toute la mesure de non. Mais on va évidemment reprendre avec un
07:26gars. Peut-être nous rappeler également la spécificité et plus précisément la
07:34surprise terrible que tu as eue lorsque tu as constaté à postériori les dégâts de
07:41l'agent orange, puisque tu nous as souvent raconté que quand tu marchais sur la
07:45piste au chimique, évidemment, tu ne pouvais pas imaginer que cette saloperie qui tombait
07:50du ciel était un poison sur plusieurs générations.
07:55Oui. Moi, j'étais formée pour être chimiste. Mais quand j'ai reçu ce poison en direct, la
08:09première fois à Gouty, quand j'étais avec ma mère. Donc, la première fois, alors que j'étais déjà…
08:19commencé le métier de journaliste, donc chaque jour, dans les actualités, je dis aujourd'hui, à telle
08:26heure, dans telle région, il y a les déversements de… des défoliants qui font beaucoup de victimes. Mais moi,
08:34quand j'ai reçu ça, je n'ai jamais pensé à la conséquence de ce que j'ai reçu. Même
08:41quand j'ai mis au monde
08:43ma fille qui est née avec une malformation terrible, c'est la tétralogie de Fallot, c'est-à-dire qu
08:49'elle a quatre défauts
08:50dans son cœur. Moi, je me reprochais d'être une mauvaise mère et cette reproche, je le garde pendant plus
08:59de 30 ans.
08:59Voilà. Donc, personne ne pensait que ce poison tue aussi l'humain. Même si le président Nguyen
09:10Houtan, le président du Front National de Libération, en 1965, il a rencontré le journaliste
09:21Berchette, il a parlé déjà de ce crime, de ce drame de l'agent orange. Mais personne n'a fait
09:28attention à ça.
09:31Donc, on a commencé à parler depuis le début des déversements. Mais jusqu'en 1975, après la guerre, on ne
09:43commençait que
09:44parler un tout petit peu de ça. Mais surtout grâce aux recherches internationales, pas au Vietnam.
09:53Alors qu'au Vietnam, le drame commence à dévaster la population vietnamienne parce que les soldats qui revenaient de
10:04front, qui ont reçu ces défoliants et qui ont ramené ces défoliants dans leur corps, dans leur pays natal,
10:13qui, ces jeunes gens qui ont fondé leur famille et qui ont mis au monde des monstres, comme on dit,
10:20c'est-à-dire
10:21qu'il y a certains qui n'ont pas la forme humaine, des boules de chair comme ça, ou bien
10:30des enfants qui sont nés
10:32avec des malformations partout, quoi. Voilà. Alors là, comme moi, quand j'ai mis au monde ma fille, alors les
10:42premières
10:42familles qui, après la guerre, qui ont mis au monde des enfants déformés, malformés, alors ils ont été repoussés par
10:50tout le village
10:51en disant comme quoi c'est la punition du ciel, de Dieu, pour avoir fait des choses mauvaises pendant leur
11:06vie antécédente, par exemple.
11:07Donc, les victimes de l'agent orange, les victimes de la guerre chimique, là, tout d'abord, ont beaucoup souffert.
11:16Ils ont été repoussés. Et c'était seulement après, des années après, qu'on commence à reconnaître, à comprendre
11:26ce que c'est que le drame de l'agent orange. Et maintenant, là, selon les recherches scientifiques,
11:33ont dit que maintenant, le drame continue jusqu'à peut-être après 100 ans, après 100 ans. Alors qu'avant,
11:43on disait
11:44que peut-être après 20 ans, ça va se terminer. Mais quand j'ai commencé un autre combat contre l
11:51'agent orange,
11:51le chiffre qui m'a bien surpris, qui m'a poussé à faire ce combat, c'est qu'en 2009,
12:00il y avait 3 millions de victimes
12:02d'agent orange. Alors qu'aujourd'hui, on ne dit pas le chiffre exact, mais on est déjà à plus
12:10de 4 millions, 5 millions de victimes,
12:13voire à la 4ème génération déjà, les victimes. Et le drame, c'était non seulement que les malformations,
12:24les maladies continuent, mais il y a un autre drame qu'on ne parle pas. Mais vous savez que le
12:32président
12:32Guillaume Tchir, qui est lui aussi victime de l'agent orange, il a dit que les victimes de l'agent
12:39orange du Vietnam
12:40sont les plus malheureux parmi les malheureux, sont les plus pauvres parmi les pauvres, sont les plus souffrants
12:47parmi les souffrants. Voilà. Mais le gouvernement nous donne une petite subvention seulement. Mais ce n'est pas
12:58très juste encore, parce qu'il ne donne une subvention que jusqu'à la 2ème génération seulement. Alors qu'on
13:06est
13:06déjà à la 4ème, 5ème génération, mais les 3ème, 4ème génération n'ont pas reçu la subvention de l'État.
13:17Mais même pour une petite subvention, mais il y a des familles qui ont des filles, des jeunes filles,
13:26alors ils n'osent même pas déclarer victime. Parce que si on déclare qu'il y a des victimes dans
13:33la famille,
13:34la fille ne pourrait pas se marier. Là aussi, moi je pense que c'est plus malheureux que la malformation.
13:45Et puis il faut aussi vous représenter que, dans la famille, s'il y a un enfant victime, la maman
13:55perd toute sa vie.
13:58Elle perd toute sa jeunesse, perd toute sa vie parce qu'elle doit s'occuper de son enfant.
14:04Donc il n'y a pas de joie, il n'y a pas de rien, il n'y a rien
14:08pour sa vie que souffrir avec son enfant.
14:14Et puis garder son enfant, donc elle ne peut rien faire quoi. Elle ne peut pas vivre...
14:22Déjà, le mari, en rentrant de la guerre, apporte, amène avec lui ses pathologies.
14:31Donc le mari est déjà très fragilisé de santé et la femme qui doit s'occuper d'un seul enfant
14:39alors qu'il y a des familles où il y a trois ou quatre enfants.
14:43Donc c'est au destin de la femme que je pense beaucoup aussi.
14:52Voilà. Alors que je vous raconte une histoire, par exemple.
14:59Une femme que j'ai rencontrée m'a dit, « Grande sœur, j'étais allée pour me suicider trois fois.
15:12Par trois fois, j'étais allée à la rivière pour me noyer là,
15:16puis pour me sauver de toute cette vie malheureuse.
15:22Mais quand je pense à mes deux enfants qui n'ont pas de mémoire, qui n'ont pas de cervelle,
15:27et mon mari qui est allité, alors je suis revenue.
15:32Et voilà. Comment on peut vivre une survie comme ça, une vivote comme ça ?
15:37Mais je parle aussi pour nos auditeurs que les victimes de la genre orange souffrent beaucoup,
15:46mais ils ont aussi la soif de vivre comme normalement, quoi.
15:53Alors c'est aussi quand j'ai rencontré ces jeunes, ou bien ces victimes,
16:01me montrer son courage, leur courage.
16:04Parce qu'une fois, j'ai rencontré un garçon de 30 ans déjà, mais il a une bosse devant, une
16:12bosse derrière.
16:13Et puis les mains tordues, bras et jambes, il ne pouvait pas partir, parler même.
16:19Alors j'ai éclaté un sanglot, alors c'est avec son doigt qu'il m'a essayé mes larmes.
16:26Et il m'a dit, maman, ne pleure pas, je suis bien.
16:31Alors c'est pour ça que, même si vous ne me demandez pas, mais pourquoi je mène ce combat ?
16:37C'est parce qu'il y a tous ceux qui souffrent, qui attendent déjà notre compassion, notre compréhension,
16:46et notre aide morale, tout d'abord morale, et puis si on peut leur donner, leur aider pour avoir, par
16:58exemple, un métier.
16:59Mais si vous venez au Vietnam, par exemple, vous verrez que dans les centres d'accueil,
17:06les victimes qui sont sourds et muets, mais ils ont leurs mains,
17:12donc ils font des fleurs pour travailler, ils font des colliers.
17:19Ici, les bras sont déformés, mais ils restent leurs jambes, ils travaillent avec leurs jambes.
17:28Donc c'est à nous de leur venir en aide pour qu'ils vivent dignement leur vie.
17:36Si tu permets, ça m'inspire une réflexion.
17:41Je pense sur ce qui est appelé au Vietnam le village de l'amitié.
17:46Moi, ça a été une grande surprise de constater, effectivement,
17:50parce qu'on a sous les yeux et on n'y va pas par mauvaise idée,
17:57mais on y va pour témoigner de notre solidarité.
18:01Mais évidemment, on arrive avec beaucoup d'appréhension.
18:04Et dites-moi l'un et l'autre, si je me trompe, moi, j'ai trouvé des gens joyeux.
18:10Ce que tu décris, il y a une sorte de volonté, une frénésie de surmonter tout ça,
18:18parce qu'ils sont tous dans une situation terrible et pas toujours bien encadrés, d'ailleurs, parce que les moyens
18:26manquent.
18:27Mais cette frénésie de vivre est une leçon.
18:31Oui, mais si vous venez au Vietnam, par exemple, au village d'amitié,
18:35si vous osez vous rapprocher d'eux, ils vont vous sauter dans vos bras parce qu'ils ont soif aussi
18:44d'affection.
18:50Alors, c'est vrai qu'il y a aussi des gens qui ont peur parce que les déformités, c'est
18:57une chose qu'on n'a pas très peur.
18:59Mais il y a aussi d'autres, par exemple, la chlore-acné.
19:03Moi, j'ai la chance que la chlore-acné est sous-cutanée.
19:07Mais souvent, les autres victimes, c'est ce qu'on dégale.
19:11Donc, on a peur de s'approcher.
19:14Et puis, je connais une autre fille qui a deux kilos de chair, qui masque son visage.
19:26Et quand elle est née, elle était comme ça déjà.
19:29Et la maman est partie la laisser avec son père.
19:32Et c'est son papa qui l'a gardé, qui l'a nourri.
19:39Et aujourd'hui, elle a plus de 30 ans.
19:43Et avec tout ça sur son visage, même mes amis américains qui étaient venus,
19:48ils n'osaient pas s'approcher parce que ça fait très peur, c'est vrai.
19:51Mais elle, avec son courage, elle vend des tamboulas et une vie comme ça, de son labeur avec son père.
19:59Vous voyez ?
20:00Donc, moi, j'ai toutes ces photos-là.
20:02Je peux vous montrer.
20:03Et on a bien aidé, l'aider à couper un peu sa chair, la chair-là.
20:15Mais ça repousse, ça repousse.
20:18Mais quand je viens, elle a tout de suite dit,
20:20« Ah, maman est arrivée, maman est arrivée ! »
20:23Moi, ça me met en larmes.
20:25Mais elle, elle souriait toujours, quoi.
20:29Donc, honnêtement, je vous dis que depuis le début de notre combat jusqu'à présent,
20:36c'est-à-dire cela fait déjà 17 ans qu'on se bat contre ce poison-là.
20:41Mais ça m'a beaucoup aussi, ça a beaucoup amélioré aussi, même mon caractère, mon tempérament.
20:50Ça m'a beaucoup aidé à bien vivre aussi et à être…
20:56Mais si vous vous dites que je suis courageuse, je dirais que ce n'est pas vrai.
21:01C'est le soutien de tout le monde.
21:05Et c'est surtout, c'est l'exemple de ces victimes qui m'aident à être toujours debout, fière, tout
21:16droite.
21:17Voilà.
21:18Et surtout, je suis très heureuse parce que quand ils me voient, ils m'appellent toujours « Maman ».
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